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Emploi Discussion :

Les licenciements liés à l'IA ressemblent de plus en plus à une fiction d'entreprise


Sujet :

Emploi

  1. #101
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    Par défaut Le génie logiciel se montre plus résilient face à l'IA malgré le battage médiatique, selon une étude
    L’examen de 180 millions d’offres d’emploi révèle une baisse globale de 8 % en 2025 par rapport à 2024, tandis que le génie logiciel se montre plus résilient face à l'IA malgré le battage médiatique

    Les entreprises technologiques ont supprimé des centaines de milliers d'emplois ces trois dernières années sous l'effet de facteurs économiques et de l'intégration de l'IA. Dans le même temps, une étude du Budget Lab de Yale affirme que l’IA n’a eu aucun impact mesurable sur l’emploi jusqu’à présent, ce qui contredit un autre rapport faisant état de plus de 80 000 licenciements en 2025 attribués à l’adoption de l’IA. Une nouvelle analyse révèle que les offres d'emploi ont baissé de 8 % en 2025 par rapport à la même période en 2024. Selon l'auteur de l'étude, l'IA est en partie responsable de cette situation, mais elle n'est pas le seul facteur.

    L'IA a impacté des pans de l'ingénierie logicielle, du support et des fonctions administratives. Les entreprises investissent massivement dans l'automatisation afin d'améliorer leur efficacité et de réduire leurs coûts. La frénésie d'embauche de 2020-2022, alimentée par le télétravail et la transformation numérique, a conduit à un gonflement des effectifs. Mais à mesure que la croissance se normalise, les entreprises réévaluent leurs besoins en personnel.

    Une nouvelle analyse portant sur 180 millions d'offres d'emploi met en lumière l'impact de l'IA sur le marché du travail. Ces offres d'emploi ont été publiées dans le monde entre janvier 2023 et octobre 2025, comme le soulignent les données fournies par Revealera, un fournisseur de données sur l'emploi.

    Dans un premier temps, l'analyse des données révèle que les offres d'emploi ont diminué de 8 % en 2025 par rapport à la même période en 2024. Indeed a récemment fait état d'une baisse de 7,3 % d'une année sur l'autre pour les emplois aux États-Unis, ce qui permet de vérifier la pertinence des données et a confirmé qu'elles étaient très probablement exhaustives. Pourquoi ce chiffre de 8 % est-il important ? Il s'agit de la référence de l'étude.

    Nom : Jobs-with-the-biggest-declines-in-new-job-postings-from-2024-to-2025-3.png
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    L'analyse en question a été publiée le 3 novembre 2025 par Henley Wing Chiu, directeur technique chez Revealera et Bloomberry (un produit Revealera). Bloomberry est un produit de données destiné aux plateformes de vente ou aux équipes GTM qui souhaitent obtenir des informations sur les produits B2B que les entreprises achètent ou abandonnent, ainsi que sur les talents qu'elles recrutent. Avant Revealera, il était directeur technique chez BuzzSumo.

    D'après l'auteur de l'analyse, l'IA pourrait-elle être en partie responsable de cette baisse globale de 8 %. Toutefois, il est presque impossible de la dissocier des facteurs macroéconomiques. Son analyse se concentre donc sur les emplois qui s'écartent considérablement de la tendance du marché, où l'impact de l'IA est le plus évident. Selon Wing Chiu, le graphique ci-dessus indique les emplois qui connaîtront les plus fortes baisses d'une année sur l'autre.

    Les professions d’exécution créatives connaissent un déclin rapide

    L’expression « professions d’exécution créatives » employée par l'auteur désigne les métiers créatifs où l’on applique ou exécute des consignes artistiques ou de contenu, plutôt que d’en définir la stratégie ou la direction. Autrement dit, ce sont des postes de production créative, souvent à un niveau opérationnel. À titre d'exemple, un graphiste qui conçoit des visuels selon un brief donné ou un rédacteur qui produit des textes à partir de directives précises.

    Ces métiers se distinguent des postes créatifs de direction (comme directeur artistique, directeur de création ou stratège de contenu), qui impliquent davantage de conception, de supervision et de décisions globales. Dans le contexte de l’étude menée par Wing Chiu, les professions d’exécution créatives sont celles que l’IA commence le plus à automatiser, grâce à des outils capables de générer textes, images ou vidéos sans intervention humaine directe.

    Parmi les 10 postes les plus touchés par le déclin, 3 sont des postes créatifs : infographistes (-33 %), photographes (-28 %) et rédacteurs (-28 %). Les infographistes comprennent des postes tels que les artistes techniques, les artistes 3D et les artistes VFX. Les rédacteurs comprennent les rédacteurs publicitaires, les réviseurs et les rédacteurs techniques. Juste en dehors du top 10, les journalistes/reporters (-22 %) connaissent également un déclin.

    Malheureusement, il ne s'agit pas d'un phénomène ponctuel. Il semble s'agir d'une baisse sur deux ans. Les graphistes ont connu une baisse pendant deux années consécutives (12 % en 2024, puis 33 % en 2025). Les photographes et les écrivains ont suivi la même tendance.

    Les rôles impliquant la direction/stratégie créative résistent mieux

    Tous les postes créatifs ne souffrent pas autant, par rapport à la référence de -8 %. Les données examinées révèlent que les métiers d’exécution créative sont en déclin, tandis que les rôles de direction créative se maintiennent. Les professions impliquant la direction/stratégie créative sont beaucoup plus résistants à l'IA. Ainsi, les postes tels que directeur créatif, responsable créatif et producteur créatif s'en sortent mieux que les postes d'exécution.

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    De même, Selon les données, les postes qui impliquent une prise de décision plus complexe et des interactions avec les clients s'en sortent mieux. Par exemple, un graphiste passe beaucoup de temps à interpréter les commentaires des clients et à itérer. Il en va de même pour les concepteurs de produits. Leur travail consiste à mener des recherches sur les utilisateurs et à prendre des décisions stratégiques sur ce qu'il faut construire et pourquoi.

    Le thème ici n'est donc pas que les « emplois créatifs » sont en déclin, mais plutôt que les emplois d'exécution créative sont en déclin, tandis que les emplois de direction créative stratégique se portent bien. Ce qui suggère que l'IA a encore du mal à concevoir les idées, définir les stratégies et superviser le travail des autres.

    Le marché de l’emploi pour les développeurs en France est en nette contraction. Le nombre d’offres d’emploi pour développeur publiées sur Indeed en France a fortement baissé en deux ans. L’indice montre que les annonces ont dégringolé de plus de 80 % entre janvier 2023 et juillet 2025. La situation en France reflète la tendance globale du marché de l'emploi dans l'industrie, confrontée à des vagues de licenciements massifs depuis 2022.

    D'autres professions qui connaissent un déclin en raison de l'IA

    Un autre groupe en repli comprend les métiers liés à la conformité, la durabilité et l’environnement, avec une baisse autour de -26 % à -29 %. Ces tendances semblent moins liées directement à l’IA qu’à des facteurs économiques ou réglementaires. Selon l'étude, ces baisses sont encore plus marquées que celles des postes créatifs, et elles s'accélèrent. Les spécialistes de la conformité d'entreprise ont chuté de 6 % en 2024, puis de 29 % en 2025.

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    Enfin, certaines professions très spécifiques, comme les scribes médicaux, voient également leurs offres diminuer d’environ -20 %, probablement en raison de la généralisation d’outils d’IA de transcription dans le secteur de la santé. Si l'on compare les scribes médicaux à des professions similaires dans l'administration des soins de santé, on ne constate pas de baisse similaire. Les codeurs médicaux ? Pratiquement stables, avec une baisse de 0,02 %.

    Les assistants médicaux ? Ils n'ont baissé que de 6 %, soit un peu mieux que le marché global. Les outils de documentation basés sur l'IA, qui peuvent désormais écouter les conversations des patients et générer automatiquement des notes cliniques, pourraient être les coupables évidents. Selon l'analyste, les scribes médicaux font un travail précieux, mais il s'agit d'un type de tâche de documentation structurée dans laquelle l'IA s'améliore rapidement.

    Cela dit, la situation n'est pas très claire. En effet, les emplois de scribes médicaux n'ont baissé que de 2 % entre 2023 et 2024, avant la baisse de cette année. Selon Wing Chiu, cela suggère que l'IA pourrait supprimer des emplois de scribes médicaux, mais il est trop tôt pour le dire.

    Les postes pour les talents en IA connaissent une augmentation

    Les entreprises technologiques se battent pour attirer les talents en IA. Dans un premier temps, les offres d'emploi pour les ingénieurs en apprentissage automatique ont bondi de 40 % entre 2024 et 2025, soit la plus forte augmentation parmi tous les postes. Cela s'ajoute à une augmentation de 78 % en 2024. Et cela ne concerne pas uniquement les ingénieurs en apprentissage automatique. L'ensemble de l'infrastructure de l'IA est en plein essor.

    • ingénieurs en robotique : +11 % (l'IA passe des écrans au monde physique) ;
    • chercheurs/scientifiques appliqués dans le domaine technologique : +11 % (les entreprises créent leurs propres modèles, elles ne se contentent pas d'utiliser l'API d'OpenAI) ;
    • ingénieurs de centres de données : +9 % (toutes ces inférences d'IA nécessitent une infrastructure informatique massive).


    Les entreprises ont besoin de chercheurs pour développer des modèles, d'ingénieurs en apprentissage automatique pour les déployer, d'ingénieurs en robotique pour les mettre en place dans les entrepôts et les usines, et d'ingénieurs en centres de données pour alimenter l'ensemble de l'opération.

    La demande de cadres supérieurs connaît une forte augmentation

    Selon les données de l'étude, alors que le marché de l'emploi global a reculé de 8 %, les offres d'emploi pour les cadres supérieurs n'ont pratiquement pas diminué. La demande en cadres supérieurs est beaucoup plus forte que celle en cadres intermédiaires et en collaborateurs individuels. En regroupant les directeurs, vice-présidents et cadres dirigeants sous la catégorie « cadres supérieurs », Wing Chiu dégage les informations suivantes :

    • cadres supérieurs : -1,7 % (surpassant le marché de 6,3 points de pourcentage) ;
    • postes de gestionnaires : -5,7 % (surpassant le marché de 2,3 points de pourcentage, mais toujours moins bien que les cadres supérieurs) ;
    • postes de collaborateurs individuels : -9 %.


    Il y a donc un écart de 4 points de pourcentage entre les cadres supérieurs et les gestionnaires. Les deux groupes obtiennent des résultats supérieurs à la moyenne, mais plus on monte dans la hiérarchie, meilleurs sont les résultats. Parmi les 10 postes qui connaissent la plus forte croissance, cinq sont des postes de directeur ou supérieurs :

    • directeur de l'ingénierie des données : +23 % ;
    • directeur immobilier : +21 % ;
    • directeur juridique : +21 % ;
    • directeur de l'ingénierie logicielle : +14 % ;
    • vice-président de l'ingénierie : +12 %.


    Que se passe-t-il ? Selon l'auteur, il se peut que les entreprises renforcent leur leadership stratégique tout en se montrant plus sélectives en matière de gestion opérationnelle. Les entreprises veulent davantage de personnes pour décider de ce qu'il faut faire, moins de personnes pour gérer la manière dont cela doit être fait, et encore moins de personnes pour l'exécuter. Une partie de cette restructuration est rendue possible grâce à l'IA générative.

    Par exemple, un directeur ou un vice-président peut désormais utiliser des outils d'IA de codage pour prototyper rapidement des idées sans avoir besoin d'une équipe d'ingénieurs. Ces outils permettent aux cadres supérieurs d'opérer de manière plus indépendante. Un vice-président produit capable de créer un prototype fonctionnel dans Cursor ou de valider une approche technique avec Claude n'a pas besoin d'autant de collaborateurs sous ses ordres.

    Le marketing d'influence connaît une croissance inattendue

    Le métier d'influenceur marketing était l'un des rares emplois en marketing à connaître une croissance. Dans l'ensemble, les emplois dans le domaine du marketing ont fait preuve d'une bonne résilience. La plupart se sont maintenus autour de la valeur de référence. Mais un poste dans le marketing s'est démarqué : les postes de spécialiste en marketing d'influence ont bondi de 18,3 % par rapport en 2025, contre une hausse de 10 % l'année précédente.

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    Pourquoi cette observation ? En effet, il est désormais presque impossible de savoir si les publications sur les réseaux sociaux ou sur le Web sont réellement écrites par des humains. Le Web est inondé de contenus, d’illustrations photoréalistes ou d’avatars de synthèse générés par l'IA. Ce qui alimente une crise de confiance dans les interactions en ligne. En plus, le contenu du Web devient moins fiable à cause des données synthétiques générées par l'IA.

    Selon l'auteur, alors que les gens inondent Internet de contenu généré par l'IA, les canaux traditionnels perdent le peu de confiance qui leur restait. Les résultats de recherche ? De plus en plus de contenu généré par l'IA. Les publicités display ? Toujours agaçantes, elles sont désormais potentiellement conçues par l'IA générative. Les e-mails non sollicités ? Au fur et à mesure que l'IA se popularise, les gens une immunité à tout ce qui se trouve sur Internet.

    Cependant, une vidéo sur les soins de la peau réalisée par un créateur TikTok de leur âge ? Cela leur semble toujours réel et authentique. Ce qui pourrait donc expliquer pourquoi le marketing d'influence connaît une croissance fulgurante ces dernières années. Les interactions humaines sont toujours importantes. Par ailleurs, l'étude rapporte que les emplois de représentants du service clientèle ne sont pas remplacés en masse par l'IA pour l'instant.

    Dans l'ensemble, les postes dans la vente affichent de meilleurs résultats que la référence globale du marché, qui est de -8 %. La plupart des postes dans la vente n'ont connu qu'une légère baisse, voire une augmentation. Les emplois dans la vente restent stables, mais aucune tendance claire ne se dégage.

    Les emplois dans le domaine du génie logiciel sont résilients

    Selon l'auteur, alors que l'on a beaucoup parlé du remplacement des ingénieurs logiciels par l'IA, les données suggèrent le contraire : le nombre d'emplois dans le domaine du génie logiciel n'a pas beaucoup changé depuis 2024. La plupart des postes d'ingénieurs sont en croissance ou se maintiennent près du niveau de référence. Cela se produit alors que GitHub Copilot, Claude Code, etc. sont censés rendre les programmeurs humains obsolètes.

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    Pour l'auteur, l'explication évidente est que les outils d'IA rendent les ingénieurs plus productifs, et non superflus. « Lorsque vous donnez Copilot à un développeur, celui-ci ne devient pas inutile : il livre plus rapidement des fonctionnalités, s'attaque à des problèmes plus complexes et passe moins de temps sur le code standard », a-t-il écrit. Mais d'autres études récentes ont souligné que les outils d'IA augmentent la charge de travail des développeurs.

    Conclusion

    L’étude conclut que l’IA ne remplace pas massivement les emplois, mais qu’elle transforme sélectivement certaines catégories. Mais il serait illusoire de prétendre que l'IA n'a aucun impact sur les emplois. Les données de l'étude montrent que les tâches de routine, de production ou standardisées de contenu sont les plus menacées, tandis que les fonctions nécessitant créativité stratégique, jugement humain ou leadership restent plus stables.

    Enfin, nous assistons à une bifurcation dans tous les domaines. Le travail créatif se divise entre les rôles stratégiques (qui restent stables) et les rôles d'exécution (en déclin). Le marketing se divise entre les emplois traditionnels (en recul) et les emplois liés au marketing d'influence (en croissance).

    Les emplois de cadres supérieurs restent stables, ceux de cadres intermédiaires sont moins bien lotis, tandis que les emplois de contributeurs individuels sont les moins performants. Même dans le domaine technologique, la complexité du backend est valorisée, tandis que le travail du front-end devient un peu plus banalisé.

    Source : billet de blogue

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'état global du marché du travail en 2025 ?
    Les rôles d’exécution seraient en proie à un déclin rapide ? Qu'en pensez-vous ?
    Les emplois dans le domaine du génie logiciel semblent plus résilients en 2025. Qu'en pensez-vous ?
    La demande de cadres supérieurs connaît une forte augmentation en 2025. Que pensez-vous de cette tendance ?

    Voir aussi

    Les offres d'emploi pour les développeurs ont chuté de 80 % en France depuis 2023 pendant que le secteur technologique mondial est confronté à des vagues de licenciements massifs, d'après une étude

    Déjà plus de 80 000 licenciements dans le secteur tech en 2025 : Intel, Microsoft, Meta et d'autres suppriment des milliers d'emplois sous l'effet de facteurs économiques et de l'intégration de l'IA

    Geoffrey Hinton, parrain de l'IA, affirme que les géants de la technologie ne peuvent tirer profit de leurs investissements astronomiques que si la main-d'œuvre humaine est remplacée

  2. #102
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    Par défaut L'intelligence artificielle citée dans près de 50 000 suppressions d'emplois aux États-Unis cette année
    L'IA citée dans près de 50 000 suppressions d'emplois cette année alors que les géants de la technologie accélèrent l'automatisation
    mais le rôle de l'IA dans ces réductions d'effectifs reste parfois flou

    Le boom de l'IA a entraîné une réduction importante du nombre d’emplois dans des entreprises de tout bord. Certaines catégories de travailleurs, comme les jeunes diplômés et les cols blancs, sont particulièrement vulnérables à l'adoption de cette technologie. Un récent rapport indique que les entreprises technologiques ont invoqué l'IA pour justifier 48 414 suppressions d'emplois aux États-Unis cette année, dont 31 000 annoncées rien qu'en octobre. Les offres d'emploi pour les développeurs ont chuté de 80 % en France depuis 2023. Mais ces réductions sont-elles l’effet de l’IA sur l’emploi ou cachent-elles d'autres facteurs économiques ?

    Pendant une grande partie du boom de l'IA, de nombreuses entreprises ont hésité à attribuer les suppressions d'emplois à l'IA, de peur d'attirer des titres négatifs dans la presse et d'attiser les critiques sur la toile. Mais ces derniers mois, de nombreuses entreprises de tous les secteurs et de toutes les régions géographiques se sont exprimées plus ouvertement, affirmant que l'IA leur permettait de supprimer des postes et de réduire les embauches.

    Selon Dominik Asam, directeur financier du géant des logiciels SAP, dont le chiffre d'affaires s'élève à 320 milliards de dollars, l'entreprise aura probablement besoin de moins d'ingénieurs pour fournir un rendement identique, voire supérieur. « Il y a tout simplement plus d'automatisation. Certaines tâches sont automatisées et, pour un volume de production identique, nous pouvons nous permettre d'avoir moins de personnel », a déclaré ce cadre.

    À la fin du mois de septembre 2025, le groupe aérien allemand Deutsche Lufthansa AG a annoncé aux analystes et aux investisseurs son intention de supprimer 4 000 postes administratifs d'ici la fin de la décennie. Parmi les raisons invoquées figurait « l'utilisation accrue de l'IA ». Dans la foulée, le prêteur néerlandais ING Group NV a déclaré que près de 1 000 postes étaient menacés par « la numérisation, l'IA et l'évolution des besoins des clients ».


    Et début novembre, Krafton Inc., une société sud-coréenne de jeux vidéo, a annoncé son intention de geler les embauches afin de se concentrer sur une approche de développement « axée sur l'IA ». De plus en plus d'entreprises de l'industrie du jeu vidéo expérimentent l'IA dans le processus de développement.

    Dans les rapports financiers, les présentations aux investisseurs et les notes de service, les dirigeants vantent les avantages de l'IA et présentent la réduction ou la stabilisation des effectifs comme une préparation à une économie de plus en plus axée sur l'IA. Selon une estimation récente du cabinet Challenger, Gray & Christmas, l'IA a été citée comme raison de 48 414 suppressions d'emplois annoncées aux États-Unis depuis le début de l'année.

    Parmi celles-ci, 31 039 suppressions d'emplois liées à l'IA ont été annoncées rien qu'au mois d'octobre. Intel a supprimé 35 500 emplois en moins de deux ans, dont 20 500 récemment, dans le cadre de la restructuration menée par son PDG Lip-Bu Tan pour améliorer l'efficacité et rivaliser dans le domaine de l'IA. En outre, Amazon prévoit de supprimer environ 30 000 emplois dans ses services administratifs afin de « réduire ses coûts grâce à l'IA ».

    L'IA est-elle à l'origine des suppressions massives d'emplois ?

    L'IA a été citée comme facteur dans environ un cinquième du total des licenciements aux États-Unis en octobre 2025. L'examen récent de 180 millions d'offres d'emploi révèle une baisse globale de 8 % en 2025 par rapport à 2024 ; l'IA est en partie responsable de cette situation, mais elle n'est pas le seul facteur. La vague d'annonces spécifiques à l'IA a suscité des inquiétudes auprès des travailleurs et a attiré l'attention des décideurs politiques.

    Elle a également déclenché un débat sur la question de savoir si les entreprises profitent des progrès de l'IA pour maintenir leurs coûts à un niveau bas dans une économie mondiale incertaine, ou si elles invoquent simplement l'IA comme facteur pour justifier des réductions d'effectifs motivées par des raisons plus complexes et peut-être moins flatteuses, dans des termes qui plaisent aux investisseurs. La réponse est peut-être un peu des deux.

    Les entreprises qui avaient accumulé des employés dans un marché du travail caractérisé par « peu d'embauches et peu de licenciements » réduisent maintenant leurs effectifs face aux risques persistants liés aux droits de douane, aux guerres commerciales et à la détérioration du moral des consommateurs.

    « De nombreuses grandes entreprises, en particulier dans le secteur technologique, ont également connu une expansion excessive pendant le boom post-pandémique et se sont retrouvées avec une main-d'œuvre très importante », a déclaré George Denlinger, président opérationnel de l'agence de recrutement Robert Half. C’est pourquoi se concentrer uniquement sur l’IA peut être trompeur et ne reflète pas vraiment l’état réel du marché.

    « Ils parlent d'utiliser l'IA pour effectuer ces tâches à l'avenir, ce qui peut s'apparenter à une sorte de AI-washing. Ils rejettent la faute sur l'IA, même si ce n'est pas la seule raison pour laquelle des licenciements ont lieu », a-t-il déclaré. Selon Martha Gimbel, directrice exécutive du Budget Lab de l'université de Yale, « extrapoler à partir des déclarations des dirigeants est probablement la pire façon de déterminer les effets de l'IA sur l'emploi ».

    Ambiguïtés autour du rôle de l'IA dans les licenciements

    Selon Martha Gimbel, la dynamique propre à chaque entreprise joue souvent un rôle. Ces motivations confuses sont visibles dans les Big Tech comme Amazon. En juin 2025, le PDG du géant du commerce électronique, Andy Jassy, a indiqué que les effectifs de l'entreprise diminueront dans les prochaines années, car l'IA prendra en charge davantage de tâches. Quatre mois plus tard, le géant de Seattle a annoncé la suppression de 14 000 emplois.

    Andy Jessy a déclaré que « cette décision n'est pas vraiment motivée par l'IA, du moins pas pour l'instant ». Il a plutôt attribué cette décision à une bureaucratie trop lourde. Amazon, Microsoft et Oracle ont tous pris des mesures pour réduire et limiter les dépenses dans d'autres secteurs de leurs activités, tout en augmentant les dépenses dans les centres de données, les puces et les talents pour soutenir la création de systèmes d'IA plus puissants.

    Les économistes du Budget Lab de Yale, un groupe de recherche politique non partisan, ont examiné l'évolution de l'emploi aux États-Unis depuis le lancement de ChatGPT en novembre 2022 et la sortie successive d'autres modèles d'IA générative. Leur conclusion : « l'IA n'a pas eu d'effet sur l'emploi jusqu'à présent ». Elle contraste avec un autre rapport faisant état de plus de 80 000 licenciements en 2025 attribués à l’adoption croissante de l’IA.

    Même lorsque les entreprises ne disent pas que l'IA contribue à supprimer des postes, elles la mentionnent comme une raison pour relever le niveau d'exigence lors du recrutement de nouveaux employés. Par exemple, au début d'année, le PDG de Shopify, Tobi Lutke, a informé ses employés que « les équipes doivent démontrer pourquoi elles ne peuvent pas atteindre leurs objectifs en utilisant l'IA » avant de demander des effectifs supplémentaires.

    Des humains embauchés pour nettoyer le code écrit par l'IA

    Les systèmes d'IA n'en sont qu'à leurs débuts. Les entreprises s'efforcent de créer des outils d'IA capables d'automatiser davantage le travail des analystes de recherche, des banquiers juniors, des consultants et des ingénieurs logiciels. Parallèlement, elles tentent de clarifier les avantages économiques de leurs outils, alors que le scepticisme persiste quant à la capacité de cette technologie à faire autre chose que produire des « travaux inutiles ».

    Avec l'essor d'outils d'IA tels que ChatGPT, il est désormais possible de décrire un programme en langage naturel (français par exemple) et de demander au modèle d'IA de le traduire en code fonctionnel. Andrej Karpathy, ancien chercheur d'OpenAI, a donné un nom à cette pratique : le « vibe coding ». Cette pratique gagne rapidement du terrain dans les milieux technologiques. Et Google a même déclaré que 25 % de son code est généré par l'IA.

    Le vibe coding attire l'attention parce qu'elle pourrait abaisser la barrière à l'entrée de la création de logiciels. Mais des questions subsistent quant à la capacité de cette approche à produire de manière fiable un code adapté aux applications du monde réel. Les études montrent que l'IA est loin d'être à la hauteur.

    C'est là que des entreprises comme Harsh Kumar interviennent. Harsh Kumar explique que ses clients lui mettent souvent à disposition des applications ou sites Web générés par une IA et qui se sont avérés instables ou totalement inutilisables. Son rôle : réparer la casse ou remettre de l’ordre dans le code généré par l’IA afin d’aboutir à un produit logiciel fonctionnel. Cette entreprise basée en Inde a déclaré qu'elle a un nombre important de clients.

    Harsh Kumar entre ainsi dans la nouvelle catégorie de titre d’emploi dénommée spécialiste en nettoyage de code généré par l’IA. L’humain revient donc au secours de l’IA que les entreprises tentent de vendre comme une révolution et sur laquelle certains dirigeants s'appuient pour réduire leurs effectifs.

    Grande incertitude quant à l'utilité des outils et agents d'IA

    À l'heure actuelle, la plupart des projets d'IA échouent. Selon le MIT, le taux d'échec de 95 %. Malgré la ruée vers l'intégration de nouveaux modèles d'IA puissants, environ 5 % des programmes pilotes d'IA parviennent à accélérer rapidement leurs revenus ; la grande majorité stagne, n'ayant que peu ou pas d'impact mesurable sur le compte de résultat. Ce constat amer fait écho à des études récentes selon lesquelles les capacités de l'IA sont surestimées.

    Les clients ne savent pas comment tirer profit des outils d'IA. « Il existe une incertitude quant à l'utilité de ces outils et à la manière de les intégrer dans le travail quotidien. Ils s'améliorent, mais le mode d'emploi est encore en cours d'élaboration », a déclaré Tom Case, recruteur chez Atticus Growth Partners.

    Si les fournisseurs de grands modèles de langage (LLM) parviennent à dissiper cette incertitude, cela pourrait ouvrir la voie à une adoption plus large de l'IA générative par les entreprises. Cet état de choses pourrait également pousser les entreprises à réduire davantage leurs effectifs. Goldman Sachs prévoit déjà que l'IA conduira ses clients à réduire leurs effectifs de 4 % en 2026, ce chiffre devant passer à 11 % au cours des trois prochaines années.

    La banque d'investissement semble prête à suivre cette tendance. En octobre 2025, Goldman Sachs a annoncé à ses employés qu'ils devaient s'attendre à davantage de suppressions d'emplois au cours des prochains mois, car elle s'efforce de « tirer pleinement parti du potentiel de l'IA ».

    Conclusion

    L’IA apparaît comme un levier central dans les décisions de réduction des effectifs des Big Tech. Toutefois, si elle permet d’automatiser des tâches répétitives, son impact réel sur le marché de l'emploi reste parfois flou, certains observateurs parlant même un « IA-washing ». L'expression désigne une situation où une entreprise met en avant l’IA pour améliorer son image ou justifier certaines décisions, alors que l’usage réel de l’IA est limité ou secondaire.

    Morgan Frank, professeur adjoint à l'université de Pittsburgh, a étudié le risque de chômage par profession et a constaté que les seuls travailleurs touchés par le lancement de ChatGPT d'OpenAI en novembre 2022 sont ceux du secteur administratif et du soutien administratif. Morgan Frank rapporte que pour ces travailleurs, la probabilité de se retrouver au chômage a bondi début 2023 immédiatement après l'arrivée du chatbot développé par OpenAI.

    Mais pour les professions liées à l'informatique et aux mathématiques, « il n'y a pas de changement perceptible dans la tendance autour du lancement de ChatGPT », ce qui contredit plusieurs études. Morgan Frank a ajouté : « les travailleurs du secteur technologique et les employés administratifs se trouvent dans un marché de l'emploi plus difficile qu'il y a quelques années. Je doute cependant que l'IA soit la seule responsable de cette situation ».

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    L'IA est-elle la seule responsable de l'état actuel du marché de l'emploi ?
    Pourquoi les dirigeants citent l'IA comme le levier central des décisions de réduction d'effectifs ?
    Les entreprises licencient les développeurs, puis les réembauchent peu de temps après. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    « L'IA n'a pas eu d'effet sur l'emploi jusqu'à présent », d'après une étude en contradiction avec un rapport qui fait état de plus de 80 000 licenciements d'IT en 2025 en raison de l'intégration de l'IA

    Le directeur financier d'un géant des logiciels pesant 320 milliards de dollars : « l'IA nous aidera à réduire nos effectifs sans perte financière, mais si nous nous y prenons mal, ce sera un désastre »

    Déjà plus de 80 000 licenciements dans le secteur tech en 2025 : Intel, Microsoft, Meta et d'autres suppriment des milliers d'emplois sous l'effet de facteurs économiques et de l'intégration de l'IA

  3. #103
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    Le vrai problème, c'est que les ingénieurs et assimilés sont incultes concernant l'économie et la finance, alors qu'en entreprise 90% des décisions en découlent.

    Dans le contexte actuel, il a été décidé qu'il fallait sabrer les postes administratifs et les fonctions connexes, que cela représentait une dépense inutile. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir : IA, automatisation, outsourcing, etc... Ça n'a rien de rationnel mais c'est comme ça.

    Or les ingénieurs sont trop rationnels, ils ne peuvent juste pas comprendre. Les plus imbéciles d'entre-eux pensent que même s'ils sont virés maintenant, les décideurs reconnaîtront leur erreur, et les entreprises les ré-embaucheront plus tard. Ça n'est vraiment pas comme ça que ça marche !

  4. #104
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    Par défaut Amazon exhorte ses collaborateurs à considérer ses outils d'IA comme des collègues, mais supprime des emplois
    Amazon exhorte ses collaborateurs à considérer ses outils d'IA comme des collègues tout en supprimant des emplois,
    les détracteurs estime que cette intégration de l'IA accélère la suppression d'emplois plutôt que de la soutenir

    À l’heure où l’intelligence artificielle redessine les contours du travail dans l’industrie numérique, Amazon orchestre l’un des virages les plus radicaux de son histoire : Amazon a décidé de faire la promotion des outils d'IA comme des « collègues » collaboratifs afin d'améliorer l'efficacité des opérations telles que le service client et la logistique. Cependant, alors qu'elle investit massivement dans l'IA, l'entreprise se prépare à supprimer jusqu'à 30 000 emplois, suscitant la colère de ses employés qui s'inquiètent des licenciements, des inégalités et des impacts environnementaux. Cela met en évidence les tensions entre innovation et stabilité de la main-d'œuvre.

    En mars 2025, un rapport a indiqué que le géant du commerce électronique Amazon prévoit de licencier jusqu'à 14 000 manageurs. Cette réduction représente une baisse de 13 % de l'effectif mondial de manageurs d'Amazon, dont le nombre passera de 105 770 à 91 936. Cela permettrait à Amazon d'économiser 3,6 milliards de dollars par an. Cette mesure suggère que ces rôles de manageurs étaient probablement superflus, complexifiaient la chaîne décisionnelle et augmentaient les coûts de l'entreprise. En outre, elle intervient dans un contexte d'adoption accrue de l'IA et fait suite à des licenciements récents dans les unités de communication d'Amazon.

    Puis en septembre 2025, les sénateurs Grassley et Durbin ont accusé Amazon et d'autres géants de la technologie tels que Meta, Apple, Google et Microsoft d'invoquer l'IA pour licencier massivement des travailleurs américains, dans le seul but d'embaucher des titulaires de visas H-1B moins chers. Ils exigent des données sur les embauches et des détails sur les salaires, dans un contexte de craintes de pression sur les salaires.

    En effet, Amazon a licencié des milliers d'employés ces dernières années, attribuant ces réductions aux progrès de l'IA qui ont automatisé des tâches dans des domaines tels que le codage et le service à la clientèle. Pourtant, peu après ces suppressions d'emplois, l'entreprise a déposé de nombreuses demandes de visas H-1B, ce qui soulève des questions quant à savoir si ces visas sont utilisés pour réduire les salaires américains plutôt que pour pallier une véritable pénurie de compétences.

    Puis, en août, nous avons appris que la même entreprise se préparait à supprimer environ 30 000 emplois. Les suppressions d'emplois touchent toutes les divisions de l'entreprise, d'Amazon Web Services (AWS) aux opérations, en passant par les appareils, les services et les ressources humaines (People Experience and Technology ou PXT). Des sources internes ont déclaré que la division PXT pourrait à elle seule perdre jusqu'à 15 % de son personnel. Le PDG Andy Jassy met en œuvre un programme de « gestion allégée » visant à supprimer les couches bureaucratiques, à renforcer la responsabilité et à tirer parti de l'efficacité offerte par l'intelligence artificielle. Ses initiatives ont déjà conduit à des centaines de changements de processus et à la suppression de plusieurs postes de cadres intermédiaires.


    Amazon vante l’IA comme collègue pendant qu’elle restructure

    Dans les couloirs de l'empire tentaculaire d'Amazon, une révolution silencieuse est en marche. Le géant du commerce électronique promeut activement l'intelligence artificielle comme une force collaborative sur le lieu de travail, positionnant les outils d'IA non pas comme des remplaçants des travailleurs humains, mais comme des « collègues » indispensables qui améliorent la productivité et la prise de décision. Cependant, ce discours intervient dans un contexte de suppressions d'emplois massives, ce qui soulève des questions pertinentes sur les véritables implications de l'automatisation pour la main-d'œuvre. Les récentes annonces d'Amazon mettent en évidence une double stratégie : investir massivement dans l'IA pour rationaliser les opérations tout en réduisant les effectifs afin de parvenir à ce que les dirigeants décrivent comme une organisation plus légère et plus efficace.

    Cette initiative intervient à un moment où le secteur technologique est confronté aux effets plus larges de l'adoption de l'IA. Les dirigeants d'Amazon, dont le PDG Andy Jassy, ont publiquement souligné comment l'IA générative peut renforcer les rôles humains, permettant aux employés de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. Par exemple, des outils tels que l'assistant IA interne d'Amazon, Amelia, sont conçus pour traiter les requêtes courantes, rédiger des documents et même aider au codage, libérant ainsi du temps pour la résolution créative de problèmes. Cependant, les actions de l'entreprise révèlent une réalité plus complexe, avec la suppression de milliers de postes au cours des derniers mois dans le cadre d'une initiative plus large de réduction des coûts directement liée aux investissements dans l'IA.

    Pour les détracteurs, cette intégration de l'IA accélère la suppression d'emplois plutôt que de la soutenir

    Les détracteurs, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise, affirment que cette intégration de l'IA accélère la suppression d'emplois plutôt que de simplement soutenir les rôles existants. Des groupes d'employés ont fait part de leurs inquiétudes dans des lettres ouvertes, mettant en garde contre le risque que l'IA aggrave les inégalités et les problèmes environnementaux.

    Des milliers d'employés d'Amazon ont signé une lettre ouverte adressée au PDG Andy Jassy. La lettre met en garde l'entreprise contre son évolution « rapide » vers l'IA. Signée par plus de 1 000 employés d'Amazon, la lettre ouverte reproche à Amazon de privilégier ses investissements dans l'IA au détriment du climat et de la main-d'œuvre humaine.

    Les signataires de la lettre occupent des postes très variés au sein de l'entreprise, notamment de nombreux ingénieurs logiciels, et même des employés spécialisés dans la création de systèmes d'IA. « Nous pensons que l'approche du développement de l'IA, qui justifie tous les coûts et avance à une vitesse fulgurante, causera des dommages considérables à la démocratie, à nos emplois et à la planète », écrivent les auteurs de la lettre. Ils ajoutent : « Nous sommes les employés qui développons, formons et utilisons l'IA, nous avons donc la responsabilité d'intervenir. »

    Alors qu'Amazon s'aventure sur ce terrain, la tension entre innovation et stabilité de l'emploi devient de plus en plus évidente, suscitant l'attention des défenseurs des droits des travailleurs, des investisseurs et des décideurs politiques.

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    Le rôle de l'IA dans la recherche d'efficacité d'Amazon

    En examinant de plus près la stratégie d'Amazon, on constate que l'entreprise a clairement exprimé sa vision de l'IA comme partenaire dans ses opérations quotidiennes. Dans une note interne récente, les dirigeants ont décrit les systèmes d'IA comme des « collègues » qui collaborent de manière transparente avec les équipes humaines, en prenant en charge les tâches répétitives afin d'améliorer la rapidité et la précision globales. Cette approche est évidente dans des domaines tels que le service client, où des chatbots IA gèrent les demandes, et la logistique, où des algorithmes optimisent les flux de travail dans les entrepôts. Selon un article de Bloomberg, Amazon présente ces outils comme essentiels pour conserver un avantage concurrentiel dans un environnement de vente au détail en rapide évolution.

    Cependant, cet enthousiasme pour l'IA coïncide avec d'importantes réductions d'effectifs, réaffectant ses ressources au développement de l'IA générative. Ces suppressions d'emplois sont présentées comme des efforts visant à réduire la bureaucratie et à favoriser l'innovation, mais elles ont suscité des réactions négatives. Les documents examinés par CNBC révèlent qu'une partie importante de ces suppressions de postes visait les cadres intermédiaires et les ingénieurs, précisément les domaines dans lesquels l'IA est déployée pour automatiser les processus.

    Les observateurs ne manquent pas de relever l'ironie de la situation : alors qu'Amazon vante les mérites de l'IA en tant que collaboratrice, les licenciements suggèrent un effet de substitution. Les analystes du secteur soulignent que cela reflète les tendances observées dans d'autres secteurs, où l'automatisation promettait initialement des gains d'efficacité, mais a conduit à des pertes nettes d'emplois. Pour Amazon, qui emploie plus de 1,5 million de personnes à travers le monde, ces changements pourraient remodeler non seulement la dynamique interne, mais aussi le marché de l'emploi dans les secteurs de la technologie et de la vente au détail.

    Les mesures prises par Amazon s'inscrivent dans une tendance plus large au sein du secteur technologique

    Des entreprises telles que Microsoft et Intel ont également annoncé d'importants licenciements en 2025, les attribuant à l'efficacité de l'IA et à la restructuration. Une analyse de la BBC s'interroge sur le fait de savoir si ces réductions sont réellement dues à l'IA ou à des pressions économiques cycliques, mais la corrélation est difficile à ignorer. Dans le cas d'Amazon, l'accent mis sur les emplois de cols blancs, tels que les cadres et les ingénieurs, remet en question l'hypothèse selon laquelle l'automatisation touche principalement les emplois de cols bleus, comme le soulignent les discussions sur des plateformes telles que X, où les utilisateurs débattent de l'avenir des cadres intermédiaires.

    Sur le plan financier, la logique est claire : Amazon a déclaré avoir investi des milliards dans l'infrastructure d'IA, dans le but de récupérer ses investissements grâce à des gains de productivité. La couverture par Reuters des licenciements d'octobre souligne le lien entre ces réductions et l'adoption de l'IA, l'entreprise visant une structure plus légère pour soutenir des projets ambitieux tels que la robotique avancée dans les entrepôts. Cette stratégie a été saluée par les investisseurs pour sa discipline en matière de coûts, mais elle soulève des questions quant à sa durabilité si elle nuit au moral des employés et à l'innovation.

    À titre de comparaison, les autres acteurs du secteur adoptent des tactiques similaires. Par exemple, les géants de la distribution tirent parti de l'IA pour réduire leurs effectifs saisonniers, l'automatisation prenant en charge jusqu'à 30 % du traitement des retours, comme le détaillent les récents rapports de Fox Business. L'intégration de l'IA dans le recrutement et les opérations positionne Amazon comme un leader, mais elle amplifie également les risques d'aliénation de la main-d'œuvre.

    Innovations technologiques et implications futures

    Au cœur de la stratégie d'Amazon en matière d'IA se trouvent des outils spécifiques qui remodèlent les flux de travail. Les plateformes d'IA générative de l'entreprise, notamment les assistants de codage et les analyses prédictives, sont conçues pour agir comme des membres virtuels de l'équipe, fournissant des informations en temps réel et automatisant les arbres de décision. Selon des sources internes, ces systèmes ont déjà amélioré l'efficacité dans des domaines tels que la gestion de la chaîne d'approvisionnement, où l'IA prédit les fluctuations de la demande avec une précision sans précédent.

    Cependant, les suppressions d'emplois révèlent un inconvénient potentiel : une dépendance excessive à l'IA pourrait étouffer la créativité humaine et entraîner une atrophie des compétences. WIRED a examiné comment l'approche « tous les coûts justifiés » d'Amazon en matière de développement de l'IA privilégie la rapidité au détriment des considérations éthiques, ce qui pourrait exacerber la précarité de l'emploi. Les employés avertissent que sans mesures de protection, cela pourrait entraîner un appauvrissement de la main-d'œuvre, où seuls les rôles spécialisés survivraient.

    À l'avenir, la trajectoire d'Amazon pourrait influencer les réponses réglementaires. Les décideurs politiques sont de plus en plus attentifs aux impacts de l'IA sur le travail et réclament des lignes directrices sur les pratiques d'automatisation transparentes. Si Amazon continue à présenter l'IA comme un collègue tout en réduisant ses effectifs, cela pourrait créer un précédent sur la manière dont les entreprises équilibrent progrès technologique et équité en matière d'emploi.

    Source : Amazon

    Et vous ?

    Amazon peut-il réellement soutenir la narration d’une IA « co-travailleuse » tout en supprimant des milliers d’emplois, ou s’agit-il d’un repositionnement rhétorique visant à rendre socialement acceptables des réductions massives de coûts ?

    La direction d’Amazon utilise-t-elle l’IA comme un levier stratégique pour accélérer des restructurations déjà planifiées, ou ces mouvements révèlent-ils une dépendance accrue à l’automatisation pour maintenir la compétitivité du groupe face à Microsoft et Google ?

    L’automatisation accélérée dans les grandes entreprises technologiques constitue-t-elle une opportunité de montée en gamme des métiers humains, ou un risque de déstabilisation du marché mondial de l’emploi qualifié ?

    Face à l’ampleur des licenciements dans le secteur, peut-on encore parler de l’IA comme d’une technologie « complémentaire » plutôt que substitutive, ou le discours d’augmentation du travail est-il devenu obsolète ?

    La société est-elle prête à accepter un monde dans lequel les agents IA exercent des fonctions traditionnellement attribuées à des humains qualifiés, et si oui, sous quelles conditions éthiques, réglementaires ou économiques ?
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  5. #105
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    Le vrai problème, c'est que les ingénieurs et assimilés sont incultes concernant l'économie et la finance, alors qu'en entreprise 90% des décisions en découlent.

    Dans le contexte actuel, il a été décidé qu'il fallait sabrer les postes administratifs et les fonctions connexes, que cela représentait une dépense inutile. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir : IA, automatisation, outsourcing, etc... Ça n'a rien de rationnel mais c'est comme ça.

    Or les ingénieurs sont trop rationnels, ils ne peuvent juste pas comprendre. Les plus imbéciles d'entre-eux pensent que même s'ils sont virés maintenant, les décideurs reconnaîtront leur erreur, et les entreprises les ré-embaucheront plus tard. Ça n'est vraiment pas comme ça que ça marche !

    Et vous ce que vous ne comprenez pas c'est qu'une entreprise gérée au moyen du tableur excel finit immanquablement par se casser la gueule!

  6. #106
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    Promouvoir l'IA comme un "collègue" est une hérésie. Elle doit être présentée comme un "outil". Déjà parce qu'on ne peut pas attendre de cet outil qu'il fasse ce que fait un humain, aussi handicapé soit-il, ensuite parce que cet outil n'est, lui, jamais responsable de ce qu'il génère, contrairement à l'humain.
    Site perso
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    Références récurrentes :
    The Cambridge Handbook of Expertise and Expert Performance
    L’Art d’avoir toujours raison (ou ce qu'il faut éviter pour pas que je vous saute à la gorge {^_^})

  7. #107
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    Citation Envoyé par Matthieu Vergne Voir le message
    Promouvoir l'IA comme un "collègue" est une hérésie. Elle doit être présentée comme un "outil". Déjà parce qu'on ne peut pas attendre de cet outil qu'il fasse ce que fait un humain, aussi handicapé soit-il, ensuite parce que cet outil n'est, lui, jamais responsable de ce qu'il génère, contrairement à l'humain.
    Un salarié n'est il pas un outil ? l’entreprise paye un abonnement chaque mois pour l'utiliser et quand il n'en a plus besoin ou qu'il est malade tombe en panne il s'en débarrasse.
    La seul différence c'est que l'humain doit aller physiquement au bureau et peut être poursuivie en justice en cas de faute et etre lourdement sanctionné, donc finalement il est préférable d’être une ia dans le monde du travail: full remote et responsable de rien.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  8. #108
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    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    Un salarié n'est il pas un outil ?
    ah bon ? Vous avez une façon singulière de voir les choses.
    Et les membres de votre famille c'est aussi des outils ?
    Dites-moi

  9. #109
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    Un salarié n'est il pas un outil ? l’entreprise paye un abonnement chaque mois pour l'utiliser et quand il n'en a plus besoin ou qu'il est malade tombe en panne il s'en débarrasse.
    Les champions du monde ne semblent pas au courant qu'on ne peux se "débarrasser" d'un salarié comme d'un outil.
    Le salarié a des droits, un employeur qui licencie un employé malade se retrouve direct aux prud'hommes.
    Mon marteau, mon PC, ma chaise de bureau, aucun n'a de "droit du travail" ni aucune protection sociale.
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    Je ne répondrai à aucune question en MP
    - Si c'est simple tu dis que c'est compliqué et tu le fait
    - Si c'est compliqué tu dis que c'est simple et tu le sous-traite ou le fait faire par un stagiaire.

  10. #110
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    Et pourtant...
    Certaines boîtes mettent une bonne pression psychologique sur un salarié dont elles veulent se débarrasser pour le pousser à la démission.
    Pas de prime au licenciement, pas de prud'hommes puisque il s'agit d'une démission.
    Simple et efficace. Malheureusement.

    Dans ma boîte actuelle ça s'est traduit en plusieurs burn-out (mon second pointe gentillement le bout de son nez) qui ont conduit à plusieurs démissions, et un turn-over impressionnant.
    Avec les "anciens" on en vient à en "plaisanter" (pas de départ cette semaine ?! Zut, pas de croissant).

    Tatayo

  11. #111
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    Citation Envoyé par shenron666 Voir le message
    Les champions du monde ne semblent pas au courant qu'on ne peux se "débarrasser" d'un salarié comme d'un outil.
    Le salarié a des droits, un employeur qui licencie un employé malade se retrouve direct aux prud'hommes.
    Mon marteau, mon PC, ma chaise de bureau, aucun n'a de "droit du travail" ni aucune protection sociale.
    alors de 1, c'est pas le cas partous, en suisse ou singapour ou usa c'est bien plus flexible que cela.
    et de 2, en france il y'a pleins de technique pour t'inciter a te casser, te mettre au placard, geler ton salaire, rendre ton travail infernal...etc. On va te pourrir en validant pas tes congés, en changeant tes horaires, en te donnant un taff pas intéressant/le plus chiant possible...etc. Il vaut mieux je pense se faire virer que de subir pendant des mois cela jusqu’à ce que tu comprenne toi même que tu n'est plus désiré ici. Évidement, tous ce fait sans trace/preuve, afin que tu ne puisse pas porter l'affaire au prud homme.
    C'est bien plus toxique en france, le CDI n'est en aucun cas une sécurité.

    Pour l'avoir vu quand j'étais encore en france y'a 1.5ans, les esn française ont abondamment pratiquer les ruptures conventionnelle pour dégager les consultants en inter contrat.

    Une de mes ancienne boite (une grosse du cac40) ou j'ai encore des contact, fait bien comprendre aux salariés qu'ils sont trop nombreux. Ils ont réduit de moitié les bureaux avec le télétravail et vont désormais changer les avenants télétravail, 1j max au lieu de 3. Ce qui fait que les salariés ont pas tous de la place et doivent se foutre dans les salles de réunions.
    Leurs locaux sont en plus dans une banlieue de merde à paris, ou les agents de sécurités sont obligé d'escorter les salariés femmes jusqu'au métro pour pas qu'elles se fassent agresser par les chances pour la france... Le gèle des salaires depuis 3ans (alors que la boite se porte bien), la suppressions de toute les primes, et une prime obligatoire d’intéressement le minimum légale (ce qui n'était pas le cas, largement au dessus) , au niveau national les effectifs baissent naturellement et sans faire de mauvaise pub avec un plan social ou des licenciements.
    Du coup, entre un amazon qui dit cash qu'on dégage 20000 salariés dans les 3mois, ou ça, je préfère amazon qui est au moins transparente et honnete.

    En parlant des chances pour la france, c'est d’ailleurs pas un cas isolé, je vois que de plus en plus de boite dans les journaux qui osent prendre la parole et dénoncer cela, ici ou la par exemple.
    Même aller bosser désormais c'est un risque pour sa vie en France... ca devient du n'importe quoi.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  12. #112
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    Par défaut Le PDG de Google déclare que nous allons tous devoir souffrir pendant que l'IA met la société à rude épreuve
    Alors que l'IA supprime des emplois, le PDG de Google, Sundar Pichai, estime qu'il appartient aux citoyens lambda de s'adapter en conséquence : « nous devrons faire face à des bouleversements sociétaux »

    Le PDG de Google déclare que nous allons tous devoir souffrir pendant que l'IA met la société à rude épreuve. Alors que la technologie continue de progresser, Sundar Pichai a souligné qu'elle créera de nouvelles opportunités, tout en ajoutant que certains postes seront supprimés. Un rapport de novembre 2025 a révélé que les offres d'emploi ont baissé de 8 % en 2025 par rapport à 2024. Il suggère que l'IA est en partie responsable de cette situation, mais elle n'est pas le seul facteur. L'automatisation par l'IA assèche également les postes de premier échelon, l'embauche de jeunes diplômés en informatique ayant chuté de 50 % au cours des trois dernières années.

    Sundar Pichai est aux premières loges pour observer comment l'IA va bouleverser le monde. À ses yeux, tout le monde pourrait être touché par cette nouvelle technologie, y compris lui-même. Il avait déclaré précédemment que le poste de PDG est l'une des « tâches les plus faciles » que l'IA pourrait bientôt remplacer. Le PDG de Google affirme que l'IA bouleversera profondément la société que les gens devront simplement s'adapter en conséquence.

    « L'IA est la technologie la plus profonde sur laquelle l'humanité ait jamais travaillé, elle recèle un potentiel extraordinaire, mais nous devrons faire face à des bouleversements sociétaux. Elle entraînera une évolution et une transition de certains emplois. Les gens devront s'adapter, et certains domaines seront touchés. Je pense donc qu'en tant que société, nous devons avoir ces discussions », a-t-il déclaré dans une récente interview avec la BBC.


    Les gens pensent peut-être que seuls certains postes de débutants sont automatisés, comme les représentants du service clientèle ou les analystes juniors, mais Sundar Pichai est catégorique : tous les postes seront touchés par la technologie, y compris le poste de PDG. Aucun secteur ni aucun poste à haute responsabilité n'échappe à l'ère de l'IA, mais ceux qui adopteront ces outils seront ceux qui réussiront. Ceux-ci seront plus à même de s'adapter.

    « Je pense que les personnes qui apprendront à adopter et à s'adapter à l'IA s'en sortiront mieux », a-t-il déclaré. « Peu importe que vous souhaitiez devenir enseignant ou médecin, toutes ces professions existeront toujours, mais les personnes qui réussiront dans chacune d'entre elles seront celles qui auront appris à utiliser ces outils ». L'IA supprime des emplois, mais Sundar Pichai estime quand même que les jeunes ne doivent pas changer d'orientation.

    Diplômés et sans avenir ? L'IA en concurrence avec les jeunes

    L’industrie technologique reposait depuis des années sur un modèle d’intégration bien rodé. Les jeunes diplômés entraient par des postes techniques intermédiaires, souvent peu visibles, mais essentiels : correction de bogues, tests logiciels, maintenance applicative, etc. Ces tâches formaient un sas d’entrée, un espace d’apprentissage progressif permettant d’acquérir la rigueur, la compréhension des systèmes complexes et les réflexes du métier.

    Mais ce modèle est aujourd’hui profondément remis en cause par l’automatisation accélérée portée par l’IA. Selon de nombreux témoignages relayés à l’échelle mondiale, les ingénieurs juniors font désormais face à une contraction brutale des opportunités. L'IA accapare les postes de premier échelon.

    Les tâches historiquement confiées aux débutants sont de plus en plus absorbées par des outils d’IA capables de générer du code, détecter des anomalies, exécuter des batteries de tests automatisés ou proposer des correctifs fonctionnels en quelques secondes. Selon un rapport, au cours des trois dernières années, le nombre de jeunes diplômés embauchés par les grandes entreprises technologiques à l'échelle mondiale a diminué de plus de 50 %.

    Les jeunes professionnels prometteurs pourraient entendre la prédiction de Sundar Pichai et se demander s'ils ont choisi la bonne voie professionnelle. Après tout, ils sortent de l'université et entrent sur un marché du travail incertain. Selon les données de la Réserve fédérale américaine, les offres d'emploi aux États-Unis ont chuté d'environ 32 % depuis l'arrivée de ChatGPT sur le marché, les entreprises déployant des outils d'IA pour gagner en efficacité.

    Les cabinets de conseil ont gelé pour la troisième année consécutive les salaires de départ des jeunes diplômés et nouvelles recrues. Cette situation découle de leur choix de confier une partie des tâches de premier échelon à l’IA plutôt qu’aux débutants. L'IA oblige les entreprises à repenser leur structure pyramidale traditionnelle, c’est-à-dire un modèle avec beaucoup de juniors en bas, puis de moins en moins de personnes à mesure qu’on remonte l'échelle.

    Les diplômes universitaires perdent-ils en importance à l'ère de l’IA ?

    Le pourcentage d'employés de la génération Z dans les grandes entreprises technologiques publiques a été réduit de moitié au cours des deux dernières années ; des carrières autrefois lucratives, comme la programmation informatique, ont atteint des niveaux d'emploi historiquement bas ; et aujourd'hui, des robots humanoïdes sont même conçus pour effectuer des tâches physiques. Des tendances similaires s'observent aussi en France.

    C'est une situation désastreuse qui a contraint de nombreux aspirants de la génération Z à se demander si les diplômes universitaires coûteux valent la peine au vu des salaires en baisse, voire à se tourner vers des carrières manuelles apparemment plus à l'abri de l'automatisation par l'IA. Mais Sundar Pichai affirme qu'il n'existe pas de filière universitaire ou de profession miracle qui garantisse une protection contre l'IA. Il déconseille la réorientation.

    Le PDG de Google estime que les gens devraient poursuivre la carrière qu'ils souhaitent, indépendamment de la manière dont la technologie modifie le paysage professionnel. « D'après ce que je constate, je ne changerais rien à notre façon de penser », a déclaré Sundar Pichai en référence à la manière dont les parents devraient conseiller leurs enfants. « Je pense qu'il y aura une grande variété de disciplines qui finiront par avoir de l'importance ».

    Il a ajouté : « j'encourage la prochaine génération à adopter la technologie, à apprendre à l'utiliser dans le contexte de ce qu'elle fait ». Mais dans ce cas, comment faire face à une perturbation sociale lorsque cette perturbation sociale est un manque d'emplois ? Les gens doivent subvenir à leurs besoins.

    Des rapports relativisent toutefois l'impact de l'IA sur l'emploi

    Voici une vue d'ensemble de l'état du marché de l'emploi : des mois et des mois de croissance stagnante de l'emploi ont conduit à une « économie à faible embauche », une situation dans laquelle les travailleurs ont peu d'influence sur les entreprises, ce qui se traduit par une faible croissance des salaires, une augmentation du nombre de contrats freelance par rapport aux contrats à temps plein et une détérioration constante des avantages sociaux.

    Dans le même temps, l'IA n'a jamais été aussi en vogue. Même si les gains d'efficacité dans le monde réel semblent ralentir, les sommes consacrées à l'IA ne cessent d'augmenter, comme en témoignent les investissements colossaux dans les centres de données et l'essor du marché boursier.

    En conséquence, nombreux sont ceux qui s'interrogent sur le lien entre l'essor de l'IA et la stagnation du marché du travail. Alors que des économistes comme Daron Acemoglu affirment que l'impact de l'IA sur les travailleurs ne se fera pas sentir avant une décennie, voire pas du tout, les PDG des entreprises technologiques tiennent un discours différent qui est parfois alarmant : l'IA est sur le point de bouleverser profondément notre monde.

    L'un des dirigeants du secteur technologique qui soutient ce discours sur l'IA est Sundar Pichai, qui estime qu'aucun emploi n'est sûr, pas même le sien. En revanche, une étude du Budget Lab de Yale affirme que l’IA n’a eu aucun impact mesurable sur l’emploi jusqu’à présent. « Nos indicateurs montrent que le marché du travail dans son ensemble n'a pas connu de perturbation notable depuis le lancement de ChatGPT il y a 33 mois », rapporte l'étude.

    Les emplois dans le domaine du génie logiciel sont résilients

    Une récente analyse portant sur 180 millions d'offres d'emploi a mis en lumière l'impact de l'IA sur le marché du travail. Ces offres d'emploi ont été publiées dans le monde entre janvier 2023 et octobre 2025, comme le soulignent les données fournies par Revealera, un fournisseur de données sur l'emploi. Dans un premier temps, l'analyse des données révèle que les offres d'emploi ont diminué de 8 % en 2025 par rapport à la même période en 2024.

    Selon l'auteur, alors que l'on a beaucoup parlé du remplacement des ingénieurs logiciels par l'IA, les données suggèrent le contraire : le nombre d'emplois dans le domaine du génie logiciel n'a pas beaucoup changé depuis 2024. La plupart des postes d'ingénieurs sont en croissance ou se maintiennent près du niveau de référence. Cela se produit alors que GitHub Copilot, Claude Code, etc. sont censés rendre les programmeurs humains obsolètes.

    Pour l'auteur, l'explication évidente est que les outils d'IA rendent les ingénieurs plus productifs, et non superflus. « Lorsque vous donnez Copilot à un développeur, celui-ci ne devient pas inutile : il livre plus rapidement des fonctionnalités, s'attaque à des problèmes plus complexes et passe moins de temps sur le code standard », a-t-il écrit. Mais d'autres études récentes ont souligné que les outils d'IA augmentent la charge de travail des développeurs.

    Les postes pour les talents en IA connaissent une augmentation

    Les entreprises technologiques se battent pour attirer les talents en IA. Dans un premier temps, les offres d'emploi pour les ingénieurs en apprentissage automatique ont bondi de 40 % entre 2024 et 2025, soit la plus forte augmentation parmi tous les postes. Cela s'ajoute à une augmentation de 78 % en 2024. Et cela ne concerne pas uniquement les ingénieurs en apprentissage automatique. L'ensemble de l'infrastructure de l'IA est en plein essor.

    • ingénieurs en robotique : +11 % (l'IA passe des écrans au monde physique) ;
    • chercheurs/scientifiques appliqués dans le domaine technologique : +11 % (les entreprises créent leurs propres modèles, elles ne se contentent pas d'utiliser l'API d'OpenAI) ;
    • ingénieurs de centres de données : +9 % (toutes ces inférences d'IA nécessitent une infrastructure informatique massive).


    Les entreprises ont besoin de chercheurs pour développer des modèles, d'ingénieurs en apprentissage automatique pour les déployer, d'ingénieurs en robotique pour les mettre en place dans les entrepôts et les usines, et d'ingénieurs en centres de données pour alimenter l'ensemble de l'opération.

    Conclusion

    Bien qu'il prenne soin de ne pas s'emballer outre mesure, contrairement à certains autres dirigeants du secteur technologique, Sundar Pichai prône un fatalisme bien connu en matière d'IA. En substance, l'IA est inévitable et elle va bouleverser tous nos emplois, que cela nous plaise ou non. Sundar Pichai, qui est récemment devenu milliardaire, estime même que son rôle de PDG sera « l'une des tâches les plus faciles » à prendre en charge par l'IA.

    Cependant, des études suggèrent que l’IA ne remplace pas massivement les emplois ; elle transforme sélectivement certaines catégories. Mais il serait illusoire de prétendre que l'IA n'a aucun impact sur les emplois. Des données récentes montrent que les tâches de routine, de production ou standardisées de contenu sont les plus menacées, tandis que les fonctions nécessitant créativité stratégique, jugement humain ou leadership restent plus stables.

    Enfin, nous assistons à une bifurcation dans tous les domaines. Le travail créatif se divise entre les rôles stratégiques (qui restent stables) et les rôles d'exécution (en déclin). Le marketing se divise entre les emplois traditionnels (en recul) et les emplois liés au marketing d'influence (en croissance).

    Les emplois de cadres supérieurs restent stables, ceux de cadres intermédiaires sont moins bien lotis, tandis que les emplois de contributeurs individuels sont les moins performants. Même dans le domaine technologique, la complexité du backend est valorisée, tandis que le travail du front-end devient un peu plus banalisé.

    Source : Sundar Pichai, PDG de Google et d'Alphabet

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  13. #113
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    Par défaut PDG = inutilités
    La seule chose que cette arnaque d'IA "pourrait" apporter c'est de remplacer les parasites par des entités beaucoup moins onéreuse, comme par exemple.... les PDG !

  14. #114
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    « L'IA est la technologie la plus profonde sur laquelle l'humanité ait jamais travaillé, elle recèle un potentiel extraordinaire, mais nous devrons faire face à des bouleversements sociétaux. Elle entraînera une évolution et une transition de certains emplois. Les gens devront s'adapter, et certains domaines seront touchés. Je pense donc qu'en tant que société, nous devons avoir ces discussions »
    Encore une fois, c'est atterrant de prétention et de manque de recul.
    Je suis sûr qu'on peut tous facilement trouver des dizaines d'inventions qui ont eu un impact bien plus important sur l'humanité que les LLM n'en auront jamais. La roue, l'imprimerie, la machine à vapeur, l'optique ou la pierre taillée par exemple.
    Après, c'est sûr qu'en terme de destruction (de l'environnement ou de nos bases de connaissances), on fait pas mieux.
    Heureusement, il y a des pans entier de l'économie qui ne seront absolument pas impactés par ces foutus LLM. Ouf, j'en fais partie. En plus du cerveau, les mains et les jambes sont indispensables dans mon métier.

    Enfin je pense que le monsieur n'est pas aussi bête qu'il prétend l'être, on commence à avoir l'habitude de leurs discours pour flatter les investisseurs.

  15. #115
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    ras le bol de ce discours prétentieux de nouveaux seigneurs féodaux.
    je les résume TOUS: "vous allez tous en baver sauf moi".
    correctif républicain: on va remettre en place les bons vieux principes : l'inverse.
    dire que certains critiquent 200 ans après les actions des sans culottes et voudraient réinstaurer l'ancien régime
    des centaines d'années à se supporter la géhenne il y a de quoi voir rouge vif
    quand ca va exploser de partout car tout système finit par se réguler et plus la pression est forte plus l'explosion est grande
    ca va faire très très mal

  16. #116
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    Par défaut Les licenciements liés à l'IA ressemblent de plus en plus à une fiction d'entreprise
    Les licenciements liés à l'IA ressemblent de plus en plus à une fiction d'entreprise qui masque une réalité plus sombre :
    un capitalisme en quête de nouveaux boucs émissaires technologiques, suggère Oxford Economics

    Les licenciements « causés par l’IA » sont devenus l’un des récits les plus commodes de l’économie numérique contemporaine. À chaque annonce de plan social, l’intelligence artificielle est invoquée comme une force inexorable, presque naturelle, qui rendrait certaines compétences obsolètes du jour au lendemain. Pourtant, selon une analyse récente de Oxford Economics, cette explication est pourtant largement exagérée : ce discours tient davantage de la fiction corporate que de la réalité économique mesurable. Derrière l’argument technologique se cache une vérité plus dérangeante pour les directions : les suppressions de postes reflètent avant tout des choix stratégiques, financiers et organisationnels.

    Toutefois, affirmer que l’IA sert souvent d’alibi narratif ne signifie pas qu’elle soit toujours étrangère aux suppressions de postes. Dans un nombre croissant de situations, l’intelligence artificielle joue bel et bien un rôle direct dans la réduction de certains effectifs. La nuance est essentielle : il ne s’agit pas d’un remplacement massif et généralisé, mais d’un impact ciblé, fonction par fonction.


    Depuis deux ans, une formule revient avec une régularité presque mécanique dans les communiqués de presse des grandes entreprises technologiques : les suppressions de postes seraient la conséquence directe de l’adoption accélérée de l’intelligence artificielle. Et les cas se multiplient.

    Selon Dominik Asam, directeur financier du géant des logiciels SAP, dont le chiffre d'affaires s'élève à 320 milliards de dollars, l'entreprise aura probablement besoin de moins d'ingénieurs pour fournir un rendement identique, voire supérieur. « Il y a tout simplement plus d'automatisation. Certaines tâches sont automatisées et, pour un volume de production identique, nous pouvons nous permettre d'avoir moins de personnel », a déclaré ce cadre.

    À la fin du mois de septembre 2025, le groupe aérien allemand Deutsche Lufthansa AG a annoncé aux analystes et aux investisseurs son intention de supprimer 4 000 postes administratifs d'ici la fin de la décennie. Parmi les raisons invoquées figurait « l'utilisation accrue de l'IA ». Dans la foulée, le prêteur néerlandais ING Group NV a déclaré que près de 1 000 postes étaient menacés par « la numérisation, l'IA et l'évolution des besoins des clients ».

    Et début novembre, Krafton Inc., une société sud-coréenne de jeux vidéo, a annoncé son intention de geler les embauches afin de se concentrer sur une approche de développement « axée sur l'IA ». De plus en plus d'entreprises de l'industrie du jeu vidéo expérimentent l'IA dans le processus de développement.

    Dans les rapports financiers, les présentations aux investisseurs et les notes de service, les dirigeants vantent les avantages de l'IA et présentent la réduction ou la stabilisation des effectifs comme une préparation à une économie de plus en plus axée sur l'IA. Selon une estimation datant de novembre du cabinet Challenger, Gray & Christmas, l'IA a été citée comme raison de 48 414 suppressions d'emplois annoncées aux États-Unis depuis le début de l'année 2025.

    À en croire ce discours, les algorithmes remplaceraient les humains à une vitesse telle que les directions n’auraient d’autre choix que de réduire leurs effectifs. Pourtant, une analyse récente de Oxford Economics invite à regarder derrière cette narration bien huilée. Et ce que l’on y découvre ressemble moins à une révolution technologique qu’à une construction rhétorique soigneusement entretenue.


    Quand l’IA sert de paravent stratégique

    Pour les entreprises, invoquer l’IA comme cause principale des licenciements présente un avantage évident : cela permet de dépersonnaliser la décision. Le problème n’est plus une stratégie discutable, une anticipation excessive de la croissance ou une erreur de pilotage, mais une force technologique quasi naturelle, inéluctable.

    Malgré les gros titres alarmistes annonçant la prise de pouvoir des robots sur le marché du travail, une nouvelle étude d'Oxford Economics remet en question l'idée selon laquelle l'intelligence artificielle serait actuellement à l'origine d'un chômage de masse. Selon l'analyse du cabinet, « les entreprises ne semblent pas remplacer leurs employés par l'IA à grande échelle », suggérant plutôt que celles-ci pourraient utiliser cette technologie comme prétexte pour réduire leurs effectifs de manière systématique.

    Dans un rapport publié le 7 janvier, le cabinet d'études affirme que, bien qu'il existe des preuves anecdotiques de suppressions d'emplois, les données macroéconomiques ne corroborent pas l'idée d'un changement structurel de l'emploi causé par l'automatisation. Il met plutôt en évidence une stratégie d'entreprise plus cynique : « Nous soupçonnons certaines entreprises d'essayer de présenter les licenciements comme une bonne nouvelle plutôt que comme une mauvaise nouvelle, comme par exemple les embauches excessives passées. »

    Les données de productivité et d’adoption réelle de l’IA montrent que, dans la majorité des secteurs, l’automatisation est encore marginale et loin de justifier des coupes massives dans l’emploi. Autrement dit, l’IA joue ici le rôle d’un alibi moderne. Elle permet de masquer des réalités plus prosaïques : fin de l’argent gratuit, pression des marchés financiers, nécessité de restaurer des marges après des années de recrutements agressifs. Dans ce contexte, parler d’IA est plus vendeur – et politiquement plus acceptable – que d’admettre une correction stratégique.

    Le récit des entreprises est orienté vers les investisseurs

    La principale motivation derrière cette nouvelle image donnée aux suppressions d'emplois semble être les relations avec les investisseurs. Le rapport souligne qu'attribuer les réductions d'effectifs à l'adoption de l'IA « transmet un message plus positif aux investisseurs » que d'admettre des échecs commerciaux traditionnels, tels qu'une faible demande des consommateurs ou « des embauches excessives dans le passé ». En présentant les licenciements comme un pivot technologique, les entreprises peuvent se présenter comme des innovateurs avant-gardistes plutôt que comme des entreprises aux prises avec des ralentissements conjoncturels.

    Dans une récente interview, Peter Cappelli, professeur de gestion à Wharton, a déclaré qu'il avait vu des études montrant que, comme les marchés saluent généralement les annonces de suppressions d'emplois, les entreprises annoncent des « licenciements fantômes » qui n'ont jamais lieu. Les entreprises tiraient profit de la réaction positive du marché boursier à l'annonce d'un licenciement potentiel, mais « il y a quelques décennies, le marché a cessé de progresser parce que [les investisseurs] ont commencé à se rendre compte que les entreprises ne procédaient même pas aux licenciements qu'elles avaient annoncés ».

    Interrogé sur le lien supposé entre l'IA et les licenciements, Cappelli a exhorté les gens à examiner attentivement les annonces. « Le titre est : "C'est à cause de l'IA", mais si vous lisez ce qu'ils disent réellement, ils disent : "Nous pensons que l'IA prendra en charge ce travail". Ils ne l'ont pas fait. Ils espèrent simplement. Et ils le disent parce que c'est ce qu'ils pensent que les investisseurs veulent entendre ».

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    Les données derrière le battage médiatique

    Le rapport d'Oxford a mis en avant les données de Challenger, Gray & Christmas, l'agence de recrutement qui est l'un des principaux fournisseurs de données sur les licenciements, afin d'illustrer le fossé entre la perception et la réalité. Alors que l'IA a été citée comme la raison de près de 55 000 suppressions d'emplois aux États-Unis au cours des 11 premiers mois de 2025, soit plus de 75 % de toutes les suppressions liées à l'IA signalées depuis 2023, ce chiffre ne représente que 4,5 % du total des pertes d'emplois signalées.

    En comparaison, les pertes d'emploi attribuées aux « conditions économiques et de marché » standard ont été quatre fois plus importantes, totalisant 245 000 suppressions. Si l'on considère le contexte plus large du marché du travail américain, où 1,5 à 1,8 million de travailleurs perdent leur emploi chaque mois, « les pertes d'emploi liées à l'IA restent relativement limitées ».

    Une productivité qui ne suit pas le discours

    L’un des points centraux de l’analyse repose sur un constat simple : si l’IA remplaçait réellement des volumes significatifs de travail humain, cela devrait se traduire par des gains mesurables de productivité. Or, ces gains restent modestes, voire invisibles à l’échelle macroéconomique. Les outils d’IA générative améliorent certaines tâches, accélèrent des processus ou réduisent des frictions, mais ils ne transforment pas encore structurellement la production de valeur.

    Oxford propose d'ailleurs un test économique simple pour évaluer la révolution de l'IA : si les machines remplaçaient véritablement les humains à grande échelle, la production par travailleur restant devrait monter en flèche. « Si l'IA remplaçait déjà la main-d'œuvre à grande échelle, la croissance de la productivité devrait s'accélérer. Or, ce n'est généralement pas le cas. »

    Le rapport observe que la croissance récente de la productivité a en fait ralenti, une tendance qui correspond davantage à des comportements économiques cycliques qu'à un boom induit par l'IA. Bien que l'entreprise reconnaisse que les gains de productivité liés aux nouvelles technologies mettent souvent des années à se concrétiser, les données actuelles suggèrent que l'utilisation de l'IA reste « de nature expérimentale et ne remplace pas encore les travailleurs à grande échelle ».

    Pour les professionnels de l’informatique, ce décalage est particulièrement parlant. Dans les équipes techniques, l’IA agit davantage comme un amplificateur que comme un substitut : elle assiste le développeur, elle ne le remplace pas. Les suppressions de postes observées relèvent donc moins d’une automatisation radicale que d’arbitrages financiers classiques.

    Là où l’IA est réellement un facteur de licenciements

    Les premiers métiers concernés sont ceux dont la valeur repose majoritairement sur l’exécution de tâches standardisées, répétitives et fortement documentées. Dans les centres de support de niveau 1, dans certaines fonctions de back-office, de rédaction basique ou d’analyse descriptive, les outils d’IA générative et les systèmes d’automatisation avancée permettent désormais de traiter des volumes importants avec moins de ressources humaines. Dans ces cas précis, l’équation économique change réellement.

    L’IA n’agit pas toujours comme un substitut direct à un poste, mais comme un multiplicateur de productivité. Une équipe plus réduite peut produire autant, voire davantage, qu’une équipe plus large auparavant. Cette dynamique conduit mécaniquement à des arbitrages sur les effectifs, notamment lorsque la pression sur les coûts est forte. Les licenciements ne sont alors pas une fiction, mais la conséquence d’une réorganisation rendue possible par la technologie.

    Dans certains environnements très structurés, notamment les grandes entreprises de services numériques ou les plateformes numériques à forte volumétrie, l’IA permet aussi de consolider des fonctions auparavant fragmentées. Des tâches autrefois réparties entre plusieurs rôles intermédiaires sont absorbées par des outils intelligents intégrés aux chaînes de production. Les postes concernés disparaissent non pas parce qu’ils étaient inutiles, mais parce que leur périmètre a été absorbé ailleurs.

    Il existe également un effet indirect souvent sous-estimé. L’adoption de l’IA modifie les profils recherchés. Les entreprises ont moins besoin de compétences d’exécution et davantage de profils capables de piloter, d’auditer et de sécuriser des systèmes automatisés. Les licenciements liés à l’IA s’inscrivent alors dans un mouvement de recomposition des compétences, où certains postes disparaissent pendant que d’autres émergent, souvent avec des exigences plus élevées.

    Dans ces situations, le lien entre IA et licenciements est réel, mais il reste circonscrit. Il concerne des segments spécifiques du marché du travail et repose sur des cas d’usage matures, industrialisés et déjà rentables. Ce constat renforce paradoxalement l’analyse d’Oxford Economics : si l’IA provoquait aujourd’hui une destruction massive d’emplois, les signaux seraient beaucoup plus visibles, plus homogènes et surtout accompagnés de gains de productivité nets à grande échelle.

    Reconnaître que l’IA peut effectivement conduire à des suppressions de postes dans certains contextes n’affaiblit pas le débat. Au contraire, cela permet de sortir de l’opposition stérile entre mythe et réalité, et de poser la seule question qui vaille pour les décideurs comme pour les professionnels de l’informatique : où, comment et à quelles conditions l’IA transforme-t-elle réellement le travail humain ?

    Les changements sur le marché du travail seront probablement « évolutifs plutôt que révolutionnaires »

    Dans le même temps, des données récentes du Bureau of Labor Statistics confirment que le marché du travail caractérisé par « peu d'embauches et peu de licenciements » est en train de se transformer en une « expansion sans emploi », comme l'a précédemment déclaré Diane Swonk, économiste en chef chez KPMG, à Eva Roytburg.

    Cela correspond à ce que Savita Subramanian, responsable de la stratégie quantitative et des actions américaines chez Bank of America Research, a déclaré à Fortune en août dernier, à savoir que les entreprises ont appris dans les années 2020 à remplacer généralement les personnes par des processus. Dans le même temps, elle a reconnu que les mesures de productivité « ne se sont pas vraiment améliorées depuis 2001 », rappelant le célèbre « paradoxe de la productivité » identifié par l'économiste Robert Solow, lauréat du prix Nobel : « L'ère informatique est omniprésente, sauf dans les statistiques de productivité. »

    Le briefing aborde également les craintes selon lesquelles l'IA érode les emplois de cols blancs de niveau débutant. Alors que le chômage des diplômés américains a atteint un pic de 5,5 % en mars 2025, Oxford Economics a fait valoir qu'il s'agissait probablement d'un phénomène « cyclique plutôt que structurel », soulignant que la « surabondance » de diplômés était plus vraisemblablement en cause. La proportion de jeunes âgés de 22 à 27 ans ayant suivi des études universitaires aux États-Unis a atteint 35 % en 2019, avec des augmentations encore plus marquées dans la zone euro.

    En fin de compte, Oxford Economics conclut que les changements sur le marché du travail seront probablement « évolutifs plutôt que révolutionnaires ».

    Reprendre le contrôle du débat sur l’IA et l’emploi

    Plutôt que d’accepter passivement le récit des « licenciements liés à l'IA », il est temps de poser les bonnes questions. Quels usages de l’IA créent réellement de la valeur durable ? Quels métiers évoluent sans disparaître ? Et surtout, comment accompagner ces transformations sans sacrifier la confiance des équipes ?

    L’IA transformera indéniablement le travail à moyen et long terme. Mais, à ce stade, elle sert surtout de justification narrative à des décisions qui relèvent encore largement du management traditionnel. Démystifier ce discours est une étape nécessaire pour construire une approche plus honnête, plus responsable et plus crédible de la transformation numérique.

    Source : Oxford Economics

    Et vous ?

    L’argument des licenciements causés par l’IA repose-t-il sur des indicateurs objectifs de productivité ou essentiellement sur un discours de communication destiné aux marchés financiers ?

    Peut-on sérieusement parler de substitution massive de l’emploi humain par l’IA alors que les gains de productivité mesurés restent faibles, voire inexistants, à l’échelle macroéconomique ?

    Dans quelle mesure l’IA sert-elle aujourd’hui de paravent narratif pour masquer des erreurs de stratégie, des surrecrutements passés ou des choix de gouvernance discutables ?

    Les directions générales utilisent-elles l’IA comme un outil de transformation réelle du travail ou comme un levier symbolique pour légitimer des politiques de réduction des coûts ?

    Quel rôle jouent les médias économiques dans la diffusion non critique du récit des « licenciements liés à l'IA », et quelles responsabilités ont-ils dans la construction d’une peur technologique parfois déconnectée du terrain ?
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  17. #117
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    l'intelligence artificielle serait actuellement à l'origine d'un chômage de masse.
    c'est très exagéré, on est actuellement à 4.5% aux usa et 7.7% en France. On était autour de 15% en 2020 aux usa pendant le covid a titre de comparaison.
    Avec la dénatalité progressive en occident et en Asie, on peut aussi penser que si l'ia est une évolution progressive, elle va permette de compenser la baisse d'individus et maintenir/augmenter la productivités.

    l'ia et le robot optimus sont déjà les derniers espoir pour le japon et la Corée du sud.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  18. #118
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    Par défaut
    Je pense que les investisseurs comptent sur l'IA pour diminuer leurs couts salariaux pour augmenter leur marge. Ça sera le cas pour certains postes, pas pour d'autres, et partiellement pour certains postes.

    Pour le moment on est encore dans le flou sur l'impact définitif réel.

    Les choses se rationaliseront quand la bulle IA éclatera, quand on se rendra compte que l'IA ne peut pas tout, ou pour certains postes qu'il reste plus rentable d'avoir des salariés mal payés, ce qui est le cas pour beaucoup de postes en prenant en compte les salariés nivelé vers le SMIC pour la France, et les salariés employés dans les pays immergeant pour ne pas couter cher.
    Ma page sur developpez.com : http://chrtophe.developpez.com/ (avec mes articles)
    Mon article sur le P2V, mon article sur le cloud
    Consultez nos FAQ : Windows, Linux, Virtualisation

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