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Intelligence artificielle Discussion :

Les emplois sous la menace de l’IA comme réellement à disparaître, d’après des données du BLS


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #221
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    Et surtout, les employés licenciés vont venir marcher sur les plates-bandes de ceux encore en poste : concurrence accrue, baisse des salaires, etc.

    Si bien que même si vous exercez un métier qui n'est pas remplaçable par l'IA, vous allez quand-même subir indirectement ses effets.

  2. #222
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    Par défaut Dépréciation des travailleurs de la filière technologique due à l'IA: les cols blancs se sentent en insécurité
    Dépréciation des travailleurs de la filière technologique : les cols blancs ressentent une insécurité professionnelle croissante due à la montée en puissance de l’IA qui provoque leurs licenciements en masse.

    L'intelligence artificielle exerce une influence croissante sur le marché de l'emploi. Elle est devenue la principale cause de licenciements en mars 2026. De plus en plus d'entreprises choisissent de réallouer leurs budgets vers les investissements en intelligence artificielle et ce, au détriment des postes humains. Les employeurs américains ont annoncé 60 620 suppressions d'emplois en mars, soit une hausse de 25 % par rapport aux 48 307 suppressions annoncées en février. Certains rétropédalages laissent néanmoins une lueur d’espoir pour les travailleurs étant donné que ces derniers révèlent qu’il y a surestimation de la maturité des agents d’intelligence artificielle dits autonomes.

    Au cours des derniers mois, les grandes entreprises technologiques telles que Meta, Amazon, Oracle, Pinterest et Atlassian ont annoncé des suppressions massives d'emplois. Ils ont licencié plusieurs dizaines de milliers de personnes. Contrairement aux années précédentes, où les licenciements étaient attribués à des facteurs tels que les mesures de rationalisation, le sureffectif ou la restructuration de la direction, le discours actuel met l’accent sur IA comme principale justification.

    Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a souligné que « 2026 serait une année charnière pour l'IA sur le lieu de travail ». Meta prévoit de presque doubler ses investissements dans le domaine de l'IA cette année, prioriser le recrutement de profils liés à l'IA et maintenir un gel des embauches dans les autres domaines.

    Le cabinet de reclassement professionnel Challenger, Gray & Christmas a publié un nouveau rapport sur l'impact de l'IA sur le marché de l'emploi américain. Il signale que l'IA a été la principale raison invoquée pour justifier les suppressions d'emplois. Elle a été citée dans 25 % des licenciements en mars, contre 10 % en février. Il cite également d'autres facteurs tels que les fermetures d'entreprises, les restructurations, la conjoncture économique, etc.

    De récents rapports font état de l'émergence de l'intelligence artificielle comme facteur dominant des licenciements

    Selon le récent rapport de Challenger, Gray & Christmas, les licenciements dans le secteur technologique américain ont atteint leur plus haut niveau depuis le début de l'année 2023. Le cabinet rapporte que les entreprises technologiques Américains ont annoncé 52 050 suppressions d'emplois depuis le début de l'année 2026, dont 18 720 en mars. Ce chiffre pour le premier trimestre représente une hausse de 40 % par rapport à l'année précédente.

    « Les entreprises réorientent leurs budgets vers des investissements dans l'IA au détriment de l'emploi. On observe concrètement le remplacement de postes dans les entreprises technologiques, où l'IA peut se substituer aux fonctions de programmation », a noté le cabinet dans un communiqué. Dans l'ensemble, les employeurs ont annoncé 60 620 suppressions d'emplois en mars, soit une baisse de 78 % par rapport à la même période l'année dernière.

    Le nombre total de suppressions d'emplois a également diminué d'une année sur l'autre au premier trimestre. La société s'attend à de nouveaux licenciements dans le secteur technologique en 2026. (Il est important de souligner que ce chiffre global pour le secteur technologique ne tient pas compte des récents licenciements chez Oracle, pour lesquels l'éditeur de logiciels n'a pas encore révélé publiquement le nombre total d'employés concernés.)

    « À mon avis, ce n'est pas le bon moment pour travailler dans le secteur des technologies. Ce n'est tout simplement pas le cas », aurait déclaré un ancien employé d'Oracle à Business Insider. Le secteur technologique a été en tête des suppressions d'emplois tant en mars (18 720 suppressions) qu'au premier trimestre de l'année. Les transports, la santé, l'éducation, la finance et les médias ont suivi en tant que secteurs avec le plus de licenciements.

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    Depuis 2023, les travailleurs de la filière technologique sont en perte de pouvoir face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

    L'essor de l'intelligence artificielle générative permet aux entreprises d'automatiser des tâches et de rationaliser les opérations. Amazon prévoit de réduire son effectif au cours des prochaines années en raison de « l'efficacité accrue » permise par l'intelligence artificielle. Des entreprises comme Shopify et Duolingo ont indiqué que les futures embauches dépendraient de la possibilité d'automatiser les tâches, bien que certaines entreprises font marche arrière dans leur stratégie en matière d'IA.

    En avril 2025, la plateforme d'apprentissage Duolingo a annoncé qu'elle va remplacer ses travailleurs contractuels par l'intelligence artificielle. Le PDG a informé que le recrutement ne se fera que si une équipe ne peut pas automatiser une plus grande partie de son travail. Mais il a adouci son message après le tollé suscité par sa note de service sur les réseaux sociaux, précisant que son entreprise continue à recruter au même rythme qu'auparavant.

    De nombreuses entreprises s'orientent vers l'utilisation des agents d'IA, c'est-à-dire des robots autonomes capables de prendre des décisions et d'accomplir des tâches à la place des humains, comme payer une facture ou réacheminer des stocks si une catastrophe naturelle perturbe un itinéraire de transport routier. Ainsi, Walmart déploierait de tels agents d'intelligence artificielle afin de réduire jusqu'à 18 semaines le délai de production de ses vêtements en interne.

    Le PDG d'Amazon, Andy Jassy, a déclaré que les effectifs de l'entreprise diminueront dans les années à venir, à mesure qu'elle adopterait davantage d'outils et d'agents d'IA générative. « Il est difficile de savoir exactement où cela mènera à terme, mais au cours des prochaines années, nous prévoyons que cela réduira l'effectif total de notre entreprise, car nous gagnerons en efficacité en utilisant largement l'IA dans toute l'entreprise », a déclaré Andy Jassy.

    « Je suis vraiment inquiet, pratiquement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, à l'idée de finir par perdre mon emploi à cause de l'intelligence artificielle », déclare un développeur interrogé dans le cadre d’une récente enquête menée par Anthropic et de laquelle il ressort que ce sont justement ceux qui utilisent le plus l'intelligence artificielle qui craignent le plus de perdre leur emploi en raison de sa mise à contribution croissante dans les entreprises.

    Salesforce reconnaît avoir surestimé la maturité des agents autonomes lors des suppressions massives de postes au cours de l’année précédente.

    Lorsque Salesforce annonce la suppression d’environ 4 000 emplois, la communication officielle est claire : l’IA et les agents logiciels vont absorber une partie significative du travail auparavant réalisé par des équipes humaines. Support client, génération de contenus commerciaux, analyse de données ou assistance aux ventes sont présentés comme des domaines où l’automatisation progresse rapidement.

    Dans un premier temps, cette stratégie est perçue comme rationnelle d’un point de vue financier. Réduire les coûts fixes, accélérer l’exécution, proposer aux clients des services plus rapides et personnalisés : la promesse est séduisante, tant pour les actionnaires que pour les directions générales qui observent Salesforce comme un laboratoire grandeur nature.

    Mais très vite, un décalage apparaît entre la promesse technologique et la réalité opérationnelle.

    Salesforce a rencontré plusieurs problèmes techniques critiques avec les grands modèles de langage lors d'applications concrètes. Muralidhar Krishnaprasad, directeur technique d'Agentforce, a souligné que lorsqu'on leur donne plus de huit instructions, les modèles commencent à omettre des directives, ce qui constitue un grave défaut pour les tâches commerciales qui exigent de la précision.

    La société de sécurité domestique Vivint, qui utilise Agentforce pour gérer le service client de 2,5 millions de clients, a été confrontée à ces problèmes de fiabilité. Malgré des instructions claires demandant l'envoi d'enquêtes de satisfaction après chaque interaction avec un client, The Information a rapporté qu'Agentforce omettait parfois d'envoyer les enquêtes pour des raisons inexpliquées. Vivint a collaboré avec Salesforce pour mettre en place des « déclencheurs déterministes » afin de garantir l'envoi systématique des enquêtes.

    Un autre défi est apparu dans ce que le dirigeant Phil Mui a décrit comme une « dérive » de l'IA dans un article de blog publié en octobre. Lorsque les utilisateurs posent des questions non pertinentes, les agents IA perdent de vue leurs objectifs principaux. Par exemple, un chatbot conçu pour guider les utilisateurs dans le remplissage d'un formulaire peut être distrait lorsque les clients posent des questions sans rapport avec le sujet.

    L’un des enseignements clés mis en avant par les dirigeants de Salesforce tient à la maturité réelle des agents IA. Sur le papier, ces systèmes sont capables d’orchestrer plusieurs actions, de dialoguer avec des utilisateurs et d’interagir avec des bases de données complexes. Dans la pratique, leur comportement reste parfois imprévisible, leur compréhension du contexte incomplète et leur fiabilité inégale.

    Cette limite devient particulièrement problématique dans des environnements critiques comme la relation client ou la gestion de données sensibles. Une erreur humaine peut être corrigée par une discussion ou une procédure interne. Une erreur automatisée, elle, peut se reproduire à grande échelle en quelques secondes.

    C’est précisément sur ce point que la confiance, évoquée par les dirigeants, s’érode. Non pas parce que l’intelligence artificielle serait inefficace, mais parce qu’elle n’est pas encore suffisamment robuste pour remplacer massivement l’humain sans garde-fous importants.

    Source : Challenger, Gray And Christmas, Anthropic

    Et vous ?

    La volte-face de Salesforce révèle-t-elle un simple ajustement conjoncturel ou une erreur plus profonde dans l’évaluation de la maturité réelle des agents IA en entreprise ?

    Peut-on considérer que les suppressions de postes ont été décidées avant que les solutions d’IA ne soient suffisamment éprouvées sur le terrain, au risque de fragiliser l’organisation ?

    Les agents IA suppriment-ils des tâches ou créent-ils de nouvelles charges invisibles liées à la supervision, à la correction et à la gestion des erreurs automatisées ?

    Voir aussi :

    Jack Dorsey, PDG de la fintech Block, a déclaré à ses employés qu'il va faciliter le licenciement de ceux qui sont jugés sous-performants: « Je veux que nous construisions une culture d'excellence »

    Les entreprises de la tech commencent à imposer l'utilisation de l'IA : les GAFAM surveillent désormais l'utilisation de l'IA par leurs employés dans le cadre des évaluations de performance

    Les licenciements liés à l'IA ressemblent de plus en plus à une fiction d'entreprise qui masque une réalité : un capitalisme en quête de nouveaux boucs émissaires technologiques, suggère Oxford Economics
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  3. #223
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    L'IA est comme une bombe à retardement :
    • Sans parler d'une éventuelle bulle financière, l'IA appauvrit internet en générant du code qui existe déjà par ailleurs. Donc l'IA devient moins performante car ses données d'entrainement sont moins pertinentes car basées de plus en plus sur des copies de copies de copies de copies... Ses données contiennent moins de variances les unes par rapport aux autres.
    • L'IA génère beaucoup de code médiocre, ou du code qui ne correspond pas pleinement au problème traité. Il faut reprendre bien souvent ce code.
    • L'IA prend des décisions qui peuvent être contraire au objectif du projet, l'IA n'est pas un système DETERMINISTE.


    L'IA peut être ponctuellement une aide mais elle ne remplace par un être humain. L'IA agit plutôt comme un collègue de travail mais le collègue ne fera pas le travail à votre place et il se trompe parfois (ou souvent). Ceux qui lui font confiance risque d'avoir de grosses surprises à moyen terme.

  4. #224
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    Elle est devenue la principale cause de licenciements en mars 2026
    J'aurai plutôt dit "la principale excuse".
    ... une fois qu'ils auront terminés d'épurer les employés, les postes à responsabilité à qui on leur a laissé le soin de faire ce trie n'auront plus d'utilité et donc ça sera à leur tour de dire au revoir à leur entreprise...

  5. #225
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    J'ai eu les "travailleurs de la filière technologique" en face de moi en tant qu'utilisateur, et ils n'ont jamais été de mon côté.

    Toutes ces ESN savent très bien que ce n'est pas les utilisateurs qu'il faut satisfaire, mais leur manager. Tant que t'arrives à écrire un narratif qui sert les intérêts de ce dernier, t'es bon. La qualité de ton produit et la compétence de tes équipes importent peu.

    Le code foireux et la dette technique existaient avant l'IA. Rien ne va changer de ce côté là.

  6. #226
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    J'ai eu les "travailleurs de la filière technologique" en face de moi en tant qu'utilisateur, et ils n'ont jamais été de mon côté.

    Toutes ces ESN savent très bien que ce n'est pas les utilisateurs qu'il faut satisfaire, mais leur manager. Tant que t'arrives à écrire un narratif qui sert les intérêts de ce dernier, t'es bon. La qualité de ton produit et la compétence de tes équipes importent peu.

    Le code foireux et la dette technique existaient avant l'IA. Rien ne va changer de ce côté là.
    une esn réponds surtout à un apelle d'offre.
    Un manager donne les spec, le temps et le budget. Les esn doivent pondent un truc avec ca, quand le budget est bas et la deadline trop short (ce qui arrive souvent) l'esn n'a pas le choix, soit elle refuse le contrat et fait faillite à force, soit elle dit oui et sacrifie la qualité.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  7. #227
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    J'ai eu les "travailleurs de la filière technologique" en face de moi en tant qu'utilisateur, et ils n'ont jamais été de mon côté.

    Toutes ces ESN savent très bien que ce n'est pas les utilisateurs qu'il faut satisfaire, mais leur manager. Tant que t'arrives à écrire un narratif qui sert les intérêts de ce dernier, t'es bon. La qualité de ton produit et la compétence de tes équipes importent peu.

    Le code foireux et la dette technique existaient avant l'IA. Rien ne va changer de ce côté là.
    Ce qui va changer c'est l'étendue du scope, on peut être un dev 10x avec l'ia, dans le sens ou on ponds 10 fois plus de daubes.

  8. #228
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    Citation Envoyé par Jade Emy Voir le message
    Andrej Karpathy, ancien directeur de l'IA chez Tesla, a mené une analyse qui montre que des emplois de cols blancs bien rémunérés, comme les développeurs de logiciels, risquent d'être remplacés par l'IA
    ancien directeur de l'IA chez Tesla
    quand on voit à quel point "l'IA" chez Tesla est performante, tout est dit
    Tutoriels OpenGL
    Je ne répondrai à aucune question en MP
    - Si c'est simple tu dis que c'est compliqué et tu le fait
    - Si c'est compliqué tu dis que c'est simple et tu le sous-traite ou le fait faire par un stagiaire.

  9. #229
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    Par défaut Les emplois sous la menace de l’IA commencent réellement à disparaître, d’après des données du BLS
    Les emplois menacés par l’IA commencent réellement à disparaître, d’après des données sur la période 2024 à 2034 et selon lesquelles la demande en développeurs sera plus forte pour soutenir l’essor de l’IA.

    Le Bureau of Labor Statistics (BLS) (l’agence fédérale américaine rattachée au Département du Travail) vient de recenser 18 professions déjà touchées par la réduction des effectifs due à la mise à contribution croissante de l’intelligence artificielle. Ce lot représente environ 10 millions d'emplois aux États-Unis pour lesquels on a enregistré une baisse de 0,2 % entre mai 2024 et mai 2025. Les occupations en lien avec le développement informatique n’y figurent pas. Le rapport indique plutôt que la demande en développeurs informatique sera plus forte pour soutenir l’essor de l’intelligence artificielle dans la période mentionnée.

    Les développeurs informatiques ne figurent pas dans la liste des 18 métiers pour lesquels on enregistre déjà des pertes d’emplois, d’après les données du Bureau of Labor Statistics

    • Parajuristes et assistants juridiques
    • Graphistes
    • Présentateurs de télévision et animateurs radio
    • Rédacteurs techniques
    • Interprètes et traducteurs
    • Agents d'assurance
    • Représentants commerciaux de services (à l'exception de la publicité, de l'assurance, des services financiers et du voyage)
    • Représentants commerciaux, commerce de gros et industrie, produits techniques et scientifiques
    • Représentants commerciaux, commerce de gros et industrie, à l'exception des produits techniques et scientifiques
    • Mannequins
    • Ingénieurs commerciaux
    • Commis aux achats
    • Responsables de l'octroi de crédit, vérificateurs et commis
    • Chargés de clientèle
    • Secrétaires de direction et assistants administratifs de direction
    • Secrétaires juridiques et assistants administratifs
    • Secrétaires médicaux et assistants administratifs
    • Secrétaires et assistants administratifs (à l'exception des secrétaires juridiques, médicaux et de direction)


    Un rapport de la DARES paru au premier trimestre de l’année en cours parle pourtant d’apocalypse emploi développeur due à l’intelligence artificielle

    Les données officielles de la DARES semblent désormais le confirmer : l'intelligence artificielle est bien en train de provoquer une forme d'apocalypse sur le marché de l'emploi des développeurs informatiques. La preuve ? Pour la première fois depuis 2016, l'informatique n'est plus en « tension très forte » de recrutement. Le secteur enregistre en 2024 la plus forte baisse de tensions tous domaines professionnels confondus, passant du niveau 5 au niveau 4 sur l'échelle DARES. Traduction concrète : il y a désormais plus d'informaticiens disponibles que de postes à pourvoir, quand le BTP, l'industrie et la maintenance continuent de souffrir d'une pénurie record. Pendant que l'IA génère du code à la place des développeurs, elle ne réparera jamais un trou dans votre toit, comme prévenait déjà le PDG de Lowe's qui a encouragé les jeunes à se tourner vers les travaux manuels.

    le terme « tensions sur le marché du travail » est souvent mal compris — et cette incompréhension conduit à des contresens majeurs sur la situation réelle des développeurs.

    Quand la DARES mesure les « tensions de recrutement », elle évalue à quel point les entreprises peinent à trouver des candidats pour un métier donné. L'indicateur synthétique combine trois composantes : le rapport entre offres d'emploi et demandeurs disponibles, la vitesse à laquelle les chômeurs retrouvent un emploi, et le pourcentage d'employeurs anticipant des difficultés de recrutement.

    La logique est implacable et s'applique comme un marché classique :

    • Tensions FORTES (niveau 4-5) = peu de candidats pour beaucoup de postes
      • Pour les salariés : pouvoir de négociation maximal, salaires élevés, sécurité absolue de l'emploi → c'est l'eldorado
      • Pour les entreprises : galère à recruter, projets retardés, surenchère salariale → c'est la catastrophe
    • Tensions FAIBLES (niveau 1-2) = beaucoup de candidats pour peu de postes
      • Pour les salariés : concurrence féroce, salaires comprimés, difficulté à trouver un emploi → c'est la crise
      • Pour les entreprises : pléthore de candidatures, facilité de recrutement, pouvoir de négociation total → c'est le paradis


    La baisse des tensions en informatique signifie donc très précisément ceci : il y a davantage d'informaticiens disponibles que ce dont les entreprises ont besoin. L'analogie est simple. Imaginez un restaurant qui, pendant dix ans, cherchait désespérément des chefs cuisiniers et n'en trouvait pas. Puis arrive une machine qui cuisine automatiquement la moitié des plats. Soudain, le restaurant a besoin de deux chefs au lieu de cinq. Il y a maintenant trois chefs sur le carreau pour chaque poste disponible. Les tensions de recrutement « baissent ». C'est une bonne nouvelle pour le restaurateur. Pour les chefs, c'est le début de la galère.

    Les chiffres publiés par la DARES indiquent que l'informatique et les télécommunications passent en 2024 d'un niveau de tension 5 (« très forte ») maintenu depuis 2016 à un niveau 4 (« forte »). Cette dégradation d'un échelon entier représente la baisse la plus marquée observée parmi tous les domaines professionnels.

    Le graphique ci-dessous de la DARES illustre cette rupture : après avoir culminé en 2023 à son niveau le plus élevé depuis 2011, la courbe jaune de l'informatique amorce une descente notable. Parallèlement, d'autres courbes restent obstinément hautes : l'industrie (vert foncé) se maintient autour de 1,0, le BTP stagne à des niveaux très élevés.

    Globalement, six métiers sur dix demeurent en tension forte ou très forte en 2024, contre sept sur dix en 2023. Cela représente 55% de l'emploi total contre près des deux tiers l'année précédente. Un progrès donc, mais qui cache des disparités sectorielles majeures que le rapport DARES documente méticuleusement.

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    L'intelligence artificielle générative a profondément modifié l'équation de la productivité dans le secteur informatique, réduisant mécaniquement les besoins en volume de développeurs, d’après les données de la DARES

    Le rapport DARES identifie la baisse de l'intensité des embauches comme le facteur principal de la détente observée en 2024. L'indicateur d'intensité d'embauche (qui mesure le rapport entre offres d'emploi et projets de recrutement rapportés à l'emploi moyen) passe de 0,35 en 2023 à 0,18 en 2024, soit une chute de près de moitié. Globalement, les projets de recrutement ont reculé de 10% en 2024 par rapport à 2023. Et dans l'informatique, cette baisse est la plus forte de tous les secteurs.

    Les données confirment l'adoption massive de l'intelligence artificielle par les développeurs eux-mêmes. Selon le rapport Stack Overflow 2025, 90% des développeurs utilisent désormais l'IA dans leur travail quotidien, une hausse de 14,1 points par rapport à 2024. Plus de la moitié passent au moins deux heures par jour sur des outils comme GitHub Copilot, ChatGPT, Claude ou Cursor. Pour 80% d'entre eux, ces outils améliorent leur productivité.

    Sundar Pichai l'a lui-même confirmé lors de la présentation des résultats de Google : plus d'un quart de tout le nouveau code chez Google est désormais généré par l'IA, avant d'être révisé par des ingénieurs. Un développeur augmenté par l'IA produit en une journée ce qui lui prenait deux à trois jours auparavant. La logique économique est implacable : si un développeur produit désormais l'équivalent de deux ou trois développeurs d'avant, les entreprises ont besoin de deux à trois fois moins de développeurs pour le même volume de production.

    Marc Benioff, PDG de Salesforce, a été particulièrement explicite : 2025 sera la première année en 25 ans d'histoire de l'entreprise où elle ne fera pas croître son effectif d'ingénieurs logiciels. La décision n'est pas conjoncturelle, elle est stratégique. L'IA suffit à absorber la croissance des besoins. Les offres d'emploi pour développeurs ont d'ailleurs atteint en juillet 2024 leur plus bas niveau depuis près de quatre ans selon Indeed.

    À l'échelle mondiale, les signaux sont encore plus alarmants. Aux États-Unis, plus de 210 000 suppressions d'emplois ont été recensées en 2025 dans le secteur tech, dont une part significative explicitement justifiée par les gains de productivité de l'IA. Microsoft a licencié 19 000 salariés, Intel 34 000, Tata Consultancy Services 12 000 postes dans ses centres de développement. Goldman Sachs estime que 25% de toutes les heures de travail pourraient être automatisées par l'IA. Le MIT évalue que l'IA peut déjà remplacer 11,7% du marché du travail américain.

    En France, le cadre juridique protège davantage les salariés. Le droit du travail impose une obligation d'adaptation et de formation professionnelle avant tout licenciement. Mais la protection légale ne peut indéfiniment résister à une réalité économique profonde : quand les entreprises n'embauchent plus, les développeurs disponibles s'accumulent sur le marché.


    Le rapport du Bureau of Labor Statistics indique pourtant que la demande en développeurs informatique sera plus forte pour soutenir l’essor de l’intelligence artificielle dans la période mentionnée.

    « L'adoption croissante des technologies d'IA, y compris les outils d'IA générative, est un autre facteur qui stimulera une forte croissance de l'emploi dans les métiers de l'informatique et des mathématiques. Les entreprises de divers secteurs intégreront de plus en plus des systèmes basés sur l'IA dans leurs processus de travail afin d'améliorer leur productivité et d'optimiser leurs opérations. Le développement, la mise en œuvre et l'exploitation de ces technologies nécessiteront l'expertise de travailleurs formés en informatique, en programmation, en développement de logiciels et en analyse de données. Par conséquent, la demande pour des professions telles que les scientifiques des données, les chercheurs en informatique et en sciences de l'information et les développeurs de logiciels devrait augmenter considérablement au cours des prochaines années. Par exemple, on prévoit une augmentation de 33,5 % de l'emploi des scientifiques des données entre 2024 et 2034, ce qui en fera la profession en sciences mathématiques connaissant la croissance la plus rapide et la quatrième profession à la croissance la plus rapide toutes catégories confondues. Une croissance rapide de l'emploi est en sus attendue pour les chercheurs en informatique et en sciences de l'information (19,7 %), cette profession se classant parmi les 15 professions à la croissance la plus rapide », indique le BLS.

    L'intelligence artificielle : assistante ou remplaçante ?

    Au cœur de ce débat se pose une question fondamentale : l'IA est-elle un outil d'augmentation des capacités humaines ou un substitut appelé à remplacer purement et simplement les travailleurs ? La réponse varie considérablement selon les interlocuteurs.

    Les optimistes, comme Jensen Huang, patron de Nvidia, ou Mark Cuban, voient l'IA comme un formidable outil d'augmentation. Selon eux, les développeurs ne disparaîtront pas mais deviendront plus productifs. Au lieu de coder ligne par ligne, ils superviseront des systèmes automatisés, se concentrant sur l'architecture, la stratégie et les choix techniques complexes que l'IA ne peut pas encore gérer.

    Les pessimistes, à l'image de Mo Gawdat et Dario Amodei, estiment au contraire que cette période de transition sera courte. Nous vivrions actuellement une « ère de l'intelligence augmentée », brève parenthèse avant la « maîtrise par les machines » où l'IA ne complétera plus les tâches mais remplira des rôles entiers, de l'architecte à l'assistant, du développeur au product owner.

    La vérité se situe probablement quelque part entre ces deux extrêmes. Certaines tâches — la génération de code boilerplate, les tests unitaires, la documentation — sont déjà largement automatisables. D'autres — l'architecture de systèmes complexes, la compréhension fine des besoins métier, la gestion d'équipe — résistent encore. Mais pour combien de temps ?

    Sources : BLS, DARES

    Et vous ?

    Quelle lecture faites-vous des données croisées du BLS et de la DARES ? Les trouvez-vous crédibles ou pertinentes ?

    Les données DARES confirment que l'informatique sort de la catégorie « tension très forte » pour la première fois depuis 2016. Les écoles d'informatique devraient-elles dès maintenant réduire leurs effectifs ou recentrer leurs formations sur l'IA et la spécialisation ?

    Que pensez-vous des divergences entre les données du BLS et celles de la DARES, notamment, en ce qui concerne l’impact de l’essor de l’intelligence artificielle sur les emplois dans la filière du développement de logiciels ?

    Voir aussi :

    Les ingénieurs de Microsoft contraints de creuser leurs propres tombes avec l'IA. Ils sont sous pression pour concevoir et adopter des outils capables d'automatiser leurs tâches, ils sont ensuite licenciés

    Les salariés de la tech sont démoralisés face aux vagues de licenciements et à l'augmentation des heures de travail qu'elles provoquent, ils ont une liste de responsabilités plus longue pour le même salaire

    Le marché de l'emploi dans le secteur de la technologie se rétrécit alors que l'IA redéfinit les exigences de l'industrie, les postes autrefois réservés aux jeunes diplômés disparaissent au profit de l'IA
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  10. #230
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    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    Les emplois menacés par l’IA commencent réellement à disparaître, d’après des données sur la période 2024 à 2034 et selon lesquelles la demande en développeurs sera plus forte pour soutenir l’essor de l’IA.
    Ah oui, une baisse de 0.2% en un an! Vous vous rendez-compte? C'est forcément la fin du monde! Tous les vendeurs d'AI avaient raisons! L'IA va tous nous remplacer! /s

    Bon, en dehors du fait que ce soit trolldi, c'est encore une n-ième communication destinée à faire gonfler encore un peu plus la bulle. Et au bout d'un moment, il n'y a pas que la bulle que ça gonfle.

    Vivement qu'elle éclate... en espérant qu'on n'aura pas perdu l'accès à l'eau potable et à l'électricité entre temps.

  11. #231
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    Les allumeurs de réverbère ont sûrement très mal vécu l'arrivée des ampoules incandescentes en leur temps.

    Les métiers sus-mentionnés sont le reflet d'une époque qui n'aura duré qu'un bref instant à l'échelle de l'histoire humaine, et dont on ne retiendra que le côté aliénant du secteur tertiaire qui prédominait alors.

  12. #232
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    1ère fois que je vois une liste de métiers impactés par l'IA aussi crédible ! Intéressant.

    Sauf, exception, les ingénieurs commerciaux... Là, je n'imagine pas. Ça nécessite de dire un peu n'importe quoi tout en étant globalement attrayant. Bon si, j'imagine bien en fait.

  13. #233
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    et dont on ne retiendra que le côté aliénant du secteur tertiaire qui prédominait alors.
    Parce que ce ne serait pas aliénant dans les autres secteurs ?
    le concept d'aliénation fut très théorisé notamment par Karl Marx.

    Personnellement, je trouve bien moins aliénant de concevoir des architectures logicielles que de traire des vaches, planter des champs de maïs, surveiller un four industriel ou conduire un TGV. Si l'on suit votre raisonnement, aucun métier n'échappe à l'aliénation. L'agriculture maraîchère, par exemple, n'a rien de stimulant intellectuellement.

    À mes yeux, seuls deux profils échappent à cette règle :
    Le philosophe : Il interroge le sens des choses et de la vie. C’est sans doute la seule activité purement libre, mais elle n'a pas de valeur marchande directe et n'est donc pas rémunérée. Quant aux "philosophes de plateau", ce sont généralement des héritiers qui n'ont jamais eu besoin de travailler pour subsister ; la vente de leurs livres n'est qu'un bonus ou un simple indicateur de leur cote de popularité.

    Le trader ou spéculateur à son compte : Il analyse la trajectoire du monde pour parier sur l'avenir. Même dans ce domaine, la vigilance est de mise. Prenez Polymarket : le concept est séduisant, mais le marché semble biaisé par des proches de dirigeants qui manipulent les tendances. La bourse traditionnelle, bien que plus encadrée, n'échappe pas à ce capitalisme de connivence où la proximité avec le pouvoir garantit les gains.

    En fin de compte, le trader est un philosophe rémunéré. C'est peut-être sur les marchés que l'on trouve les esprits les plus affûtés : ceux qui se trompent sont immédiatement éliminés, tandis que ceux qui comprennent et prédisent avec justesse la nature humaine sont ceux qui réussissent.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  14. #234
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    2024 à 2034 ! on est déjà en 2034 !

  15. #235
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    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    En fin de compte, le trader est un philosophe rémunéré. C'est peut-être sur les marchés que l'on trouve les esprits les plus affûtés : ceux qui se trompent sont immédiatement éliminés, tandis que ceux qui comprennent et prédisent avec justesse la nature humaine sont ceux qui réussissent.
    Le trading est un opportunisme qui a existé sous différentes formes à travers l'histoire : mangorius dans l'Antiquité, radhanite au Moyen-Âge, courtier de denrées sous l'Ancien Régime, marchandeur à la révolution industrielle, etc...

    Non ! Ce qui les différencie vraiment des autres, c'est de voir à quel point ils sont glorifiés. Les historiens du futur jugeront assurément avec mépris notre époque. Votre commentaire pourrait même être repris dans les manuels d'histoire tant il est représentatif de la pensée moderne.

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