
Envoyé par
Mathis Lucas
[...]Cette idée emballe de nombreux milliardaires, mais les spécialistes ramènent tout le monde à la réalité. Brian McManus, ingénieur aéronautique, critique particulièrement Starcloud, une entreprise ayant levé 170 millions de dollars, en affirmant : « il semble vraiment que n'importe qui avec quelques rendus et un livre blanc rédigé par quelqu'un gonflé à bloc par une IA trop complaisante puisse obtenir un financement par capital-risque de nos jours ».
Elon Musk a tendance à verser dans l’hyperbole lorsqu’il s’agit de délais. Des voitures « entièrement autonomes » d’ici à 2017. Une première mission habitée vers Mars en 2024. Dix mille robots humanoïdes d’ici fin 2025. Et ainsi de suite. Quant aux centres de données orbitaux, qui, selon lui, seront une alternative rentable aux centres de données terrestres d’ici trois ans, les chiffres ne tiendront pas la route avant de nombreuses années, voire jamais.
Le consensus qui se dégage est que ce projet n’est pas seulement trop ambitieux ; il nécessiterait plusieurs révolutions technologiques pour surmonter des défis techniques majeurs. Selon Brian McManus, « les milliardaires tenteront de vous jeter de la poudre aux yeux et de vous convaincre que cette technologie est tout à fait pertinente, mais la réalité, c’est que cette technologie est stupide ». Brian McManus évoque les défis techniques majeurs.
Le refroidissement de ces installations est l'un des plus grands défis d'ingénierie. Dans le quasi vide de l'espace, la chaleur ne peut s'échapper facilement, ce qui nécessiterait des réseaux complexes de tuyaux de refroidissement. Brian McManus explique notamment qu'il faudrait pomper plus de 150 000 livres de glycol par seconde, un débit comparable à celui de barrages hydroélectriques, ce qui reviendrait à « vider une piscine olympique en 40 secondes ».
La taille démesurée de ces installations les rendrait extrêmement vulnérables aux millions de débris spatiaux qui encombrent déjà l'orbite terrestre, rendant la moindre réparation extrêmement coûteuse et complexe. Les coûts exploseraient rapidement. Même les plus petits débris pourraient percer un trou dans les panneaux, ce qui nécessiterait des réparations coûteuses, grandement compliquées par le voyage dans l’espace qu’elles impliqueraient.
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