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Intelligence artificielle Discussion :

La pression populaire entrave les projets de centres de données et menace la souveraineté numérique


Sujet :

Intelligence artificielle

Vue hybride

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  1. #1
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    Par défaut Les gens préfèrent avoir des centrales nucléaires dans leur région plutôt que des centres de données
    Les gens préfèrent avoir des centrales nucléaires dans leur région plutôt que des centres de données dédiés à l'IA, une perception alimentée par les inquiétudes liées à la consommation d'eau et d'électricité

    L'essor des outils d'intelligence artificielle (IA) ces dernières années a conduit les entreprises à installer d'énormes centres de données partout dans le monde. Bien qu'ils soient conçus pour aider les modèles d'IA à fonctionner de manière optimale, une perception négative des centres de données s'est discrètement développée, alimentée par des inquiétudes concernant leur consommation massive d'eau et d'électricité. Selon une nouvelle enquête, 71 % des Américains s'opposent aux centres de données d'IA pour des raisons environnementales. Ces résultats sont particulièrement significatifs étant donné que seulement 53 % des personnes interrogées s'opposaient à la construction d'une centrale nucléaire dans leur région.

    Un centre de données est une installation destinée à héberger des systèmes informatiques et les composants associés, tels que les systèmes de télécommunications et de stockage. Les centres de données constituent une infrastructure essentielle pour le stockage et le traitement de l'information ; ils soutiennent le système financier mondial, les services cloud, l'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle (IA).

    La croissance rapide des infrastructures de centres de données a suscité des débats réglementaires dans de nombreuses juridictions concernant les incitations fiscales, les impacts sur le réseau électrique, la consommation d'eau et la compatibilité avec les engagements climatiques nationaux et régionaux. La croissance rapide du secteur entraîne également une pression sur les réseaux électriques et une augmentation des coûts de l'électricité pour les consommateurs. Cela a à son tour suscité une opposition croissante aux nouveaux centres de données de la part des populations locales.

    Selon de récents rapports, jusqu'à 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions de centre de données, dont quatre ont adopté des mesures définitives. Les habitants dénoncent la hausse des prix de l'électricité, les avantages fiscaux excessifs et la menace que l'IA fait peser sur l'emploi. Face à ces blocages politiques et sociaux croissants, de grands projets sont désormais annulés ou suspendus dans plusieurs États. Cette résistance généralisée pousse certains experts à envisager le transfert de ces infrastructures vers l'espace orbital. De son côté le milliardaire Kevin O'Leary estime que les opposants aux projets de centre de données sont des payés pour le faire.

    Selon un sondage récemment publié par Gallup, 71 % des Américains sont plutôt ou fortement opposés à la construction de centres de données d'IA dans leur région, principalement en raison de leur impact environnemental. Ces résultats sont particulièrement significatifs étant donné que seulement 53 % des personnes interrogées s'opposaient à la construction d'une centrale nucléaire dans leur région.

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    « Depuis que Gallup a posé pour la première fois la question sur les centrales nucléaires en 2001, le pic d'opposition a été de 63 % », souligne le sondage, ajoutant que 46 % des personnes interrogées étaient très préoccupées par l'impact environnemental des centres de données d'IA. Les centres de données d'IA reposent sur des systèmes de refroidissement pouvant consommer des millions de litres d'eau, en particulier dans les régions chaudes. Cela a soulevé des questions quant à la durabilité, notamment dans les zones déjà confrontées à un stress hydrique.

    En avril, une étude qui n'a pas encore fait l'objet d'une évaluation par les pairs a souligné qu'outre leur consommation massive d'eau et d'électricité, ces centres de données créent également des « îlots de chaleur », réchauffant les terres environnantes de deux degrés Celsius en moyenne, ce qui rend la vie plus difficile pour plus de 340 millions de personnes. « Nous estimons que la température à la surface du sol augmente en moyenne de 2 degrés Celsius après la mise en service d’un centre de données d’IA, créant ainsi des microclimats locaux, que nous appelons l’effet d’îlot de chaleur des données », souligne l’étude, ajoutant que dans les cas extrêmes, cette augmentation peut atteindre 9 degrés Celsius.

    L'augmentation de température provoquée par ces centres de données d'IA a affecté des zones situées jusqu'à 9,9 km de distance, selon les conclusions de la recherche, touchant plus de 340 millions de personnes. Selon des scientifiques de l’Université de Californie, on estime que chaque requête IA de 100 mots consomme environ une bouteille d’eau (soit 519 millilitres). Auparavant, l’Environmental and Energy Study Institute (EESI) avait déclaré que les centres de données de taille moyenne peuvent consommer jusqu’à environ 110 millions de gallons d’eau par an à des fins de refroidissement, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’eau d’environ 1 000 foyers.

    Une situation qui provoque des tensions autour des centres de données. En Utah, la colère des populations est montée d'un cran après l'approbation récente de Stratos, un méga centre de données dont la superficie doublerait celle de Manhattan. Ce projet colossal, soutenu par l'investisseur Kevin O’Leary, suscite une vive opposition locale en raison de ses besoins énergétiques et hydrauliques démesurés. Les critiques s'inquiètent de la survie de l'écosystème déjà fragile du Grand Lac Salé et de l'augmentation prévisible de la pollution thermique, déclarant « la consommation d'eau et d'énergie à une telle échelle est irresponsable ». La rébellion s'organise en dépit des promesses de création d'emplois et de souveraineté technologique.

    Voici un extrait du rapport de Gallup :

    Les Américains s'opposent à l'implantation de centres de données dédiés à l'IA dans leur région

    Sept Américains sur dix s'opposent à la construction de centres de données dédiés à l'intelligence artificielle dans leur région, dont près de la moitié (48 %) y sont fermement opposés. À peine un quart d'entre eux sont favorables à ces projets, dont 7 % y sont très favorables.

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    Ces résultats, issus d'un sondage Gallup réalisé du 2 au 18 mars, marquent la première fois que Gallup interroge les Américains sur la construction de centres de données, un sujet qui a suscité une vive opposition de la part des habitants dans de nombreuses régions du pays. Ces centres de données abritent du matériel informatique qui alimente les technologies d'IA utilisées par les entreprises, les universités et d'autres institutions. Ces centres occupent de vastes superficies, nécessitent d’énormes quantités d’électricité pour fonctionner et ont besoin de beaucoup d’eau pour refroidir les équipements, ce qui soulève des inquiétudes quant à leur impact sur l’environnement et sur les factures d’électricité locales.

    La question sur les centres de données reprend la formulation utilisée par Gallup pour interroger les gens sur la construction de centrales nucléaires locales. Dans ce même sondage de mars, 53 % des Américains se disent opposés à la construction d’une centrale nucléaire dans leur région, un chiffre bien inférieur aux 71 % opposés à la construction de centres de données. Depuis que Gallup a posé pour la première fois la question sur les centrales nucléaires en 2001, le pic d'opposition a été de 63 %.

    Une opposition liée aux préoccupations environnementales et à la qualité de vie

    Le sondage de mars a demandé aux personnes interrogées d'évaluer leur niveau de préoccupation concernant l'impact environnemental des centres de données d'IA. Quarante-six pour cent se disent très inquiets et 24 % assez inquiets, ce qui reflète largement les degrés d'opposition à la construction de centres de données.

    Afin de mieux comprendre les raisons pour lesquelles les gens sont favorables ou opposés à la construction de centres de données dans leur région, Gallup a posé une question ouverte lors d’un sondage en ligne réalisé en avril à l’aide du Gallup Panel. Les Américains favorables à la construction d’un centre de données dans leur région invoquent principalement les avantages économiques potentiels. Les opposants aux centres de données ont des raisons plus variées pour justifier leur position, mais ils se concentrent principalement sur des préoccupations environnementales.

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    La moitié des opposants mentionnent l'utilisation excessive de ressources par les centres de données, dont 18 % citent respectivement leur consommation d'eau et d'énergie. Seize pour cent évoquent des préoccupations environnementales liées à la pollution, notamment la pollution sonore, atmosphérique et de l'eau.

    Environ un opposant sur cinq s'inquiète de l'impact sur la qualité de vie locale, notamment l'augmentation de la population, l'augmentation du trafic et le fait de préférer que le terrain soit utilisé à d'autres fins. Une proportion similaire mentionne des conséquences économiques potentiellement négatives, notamment des factures de services publics plus élevées, une augmentation du coût de la vie et le coût de construction des centres de données (qui pourrait impliquer l'utilisation de fonds publics).

    La plupart des opposants restants expriment des préoccupations générales ou spécifiques concernant l'intelligence artificielle.

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    Par ailleurs, les deux tiers des personnes favorables à la construction de centres de données dans leur région invoquent les avantages économiques, dont 55 % mentionnent spécifiquement la création d'emplois. D'autres évoquent l'augmentation des recettes fiscales (13 %), le développement du logement et des infrastructures, ainsi que des avantages économiques généraux.

    Une proportion plus faible des partisans des centres de données mentionne les avantages potentiels de l'IA pour la technologie ou pour eux-mêmes, à titre personnel.

    Source : Rapport de Gallup

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Avocate de Microsoft : « Personne ne veut vraiment d'un centre de données dans son jardin », elle fait écho aux préoccupations de communautés en réponse aux projets de centres de données financés par Microsoft

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental

    « C'est comme si l'on n'existait pas » : près de 50 000 habitants de la région de Lake Tahoe risquent une coupure d'électricité alors que le fournisseur réachemine les lignes vers des centres de données IA
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  2. #2
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    Par défaut Un centre de données a consommé 114 millions de litres d'eau sans que personne s'en aperçoive
    Un centre de données dans l'État de Géorgie a consommé environ 114 millions de litres d'eau sans que personne s'en aperçoive, jusqu'à ce que les habitants se plaignent d'une faible pression d'eau

    L'État de Géorgie est au cœur d'un scandale écologique majeur : la prolifération des centres de données assoiffe ses rivières et épuise ses réserves hydriques. Un centre de données a consommé environ 114 millions de litres (30 millions de gallons) d'eau sans surveillance ni facturation initiale. Alors que les infrastructures locales peinent à suivre cette demande massive, les résidents subissent des restrictions de consommation et dénoncent un traitement de faveur accordé aux Big Tech. Face à ces enjeux environnementaux, les populations locales exigent une réglementation plus stricte et une transparence accrue avant l'approbation de nouveaux projets.

    Aux États-Unis, l'État de Géorgie est l'un des principaux hubs de centres de données du Sud-Est américain. Il bénéficie d'une infrastructure réseau dense, d'une énergie relativement bon marché et d'une position géographique centrale qui en fait un carrefour logistique numérique. Les Big Tech comme Google et Amazon y sont implantés. C'est un marché attractif pour la colocation, avec des opérateurs tels que Quality Technology Services (QTS).

    L'explosion de ces infrastructures menace désormais les réserves hydriques de l'État. Un centre de données de QTS situé dans le comté de Fayette, en Géorgie, a consommé 114 millions de litres d'eau sans être facturé ni surveillé par les autorités locales. L'indignation a commencé à monter l'année dernière lorsque les habitants d'un lotissement huppé appelé Annelise Park, à Fayetteville, en Géorgie, ont remarqué que la pression de l'eau était anormalement faible.

    Cette situation exceptionnelle a été rendue possible par la présence de deux raccordements industriels non déclarés ou non reliés au compte de l'entreprise. L'incident a suscité l'indignation des résidents, d'autant plus qu'il s'est produit en pleine période de sécheresse, alors que la population invitée à restreindre leur propre consommation d'eau. Pendant ce temps, QTS pompait gratuitement les réserves d'eau afin de refroidir les serveurs.

    L'impact environnemental grandissant des centres de données

    Ce cas sert d’avertissement aux régions américaines qui approuvent à la hâte des projets de centres de données sans avoir préalablement modernisé leurs réseaux d’approvisionnement en eau afin de mieux surveiller les pics de consommation importants. Une enquête des services publics du comté de Fayette a révélé que le site de QTS disposait de deux raccordements industriels non surveillés. L'entreprise s'est servie pendant plusieurs années.

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    213 centres de données répartis sur 16 marchés sont actuellement répertoriés en Géorgie

    « Un raccordement à l'eau avait été installé à l'insu des services publics, et l'autre n'était pas lié au compte de l'entreprise et n'était donc pas facturé », a rapporté Politico. QTS a finalement payé environ 150 000 dollars, mais le comté a choisi de ne pas imposer d'amendes, expliquant cette clémence par un manque de personnel, une transition informatique compliquée et la volonté de maintenir de bonnes relations avec son « plus gros client ».

    La directrice du réseau d'approvisionnement en eau du comté de Fayette, Vanessa Tigert, a expliqué que cette décision s'expliquait en partie par le fait que le comté s'en voulait et ne souhaitait pas froisser QTS. « C’est notre plus gros client, et nous devons être partenaires. C’est ce qu’on appelle le service client », a déclaré Vanessa Tigert. La situation a suscité la colère des résidents, qui accusent le comté de « favoritisme envers les Big Tech ».

    De son côté, QTS affirme qu’il est « faux et inexact » de laisser entendre que « le site avait utilisé l’eau de manière abusive ». « Dès que ce problème de facturation a été signalé, QTS a réglé l’intégralité des frais. Toute la consommation d’eau était conforme à la réglementation en vigueur », a déclaré QTS. Le comté a confirmé une surveillance renforcée des raccordements de QTS, qui prévoit une nette réduction de sa consommation d'eau.

    Les habitants dénoncent le traitement réservé aux entreprises

    Les habitants ont encore du mal à digérer les avis envoyés par le comté leur recommandant de limiter leur consommation d’eau en raison de la sécheresse qui sévit actuellement dans la région. Certains ont même perdu confiance tant envers QTS qu’envers le comté. James Clifton, avocat et défenseur des droits de propriété, a été le premier à révéler la controverse entourant QTS après avoir déposé une demande d’accès aux documents publics.

    Il a déclaré qu’il était indigné que QTS ne subisse aucune conséquence simplement parce que « la plupart des mois », l’entreprise est le « premier client » du comté. « La première chose qu’ils font, c’est de faire pression sur les particuliers et les citoyens pour qu’ils réduisent leur consommation d’eau, alors que QTS nous épuise littéralement », a déclaré l'avocat. Certains craignent de devoir payer la facture de ces grands opérateurs à l'avenir.

    « Il n'y a aucune chance que les résidents ne finissent pas par payer la note pour ces monstres. Préparez-vous à voir vos factures d'électricité et d'eau grimper en flèche », a déclaré un critique. Mais les problèmes ne se limitent pas là. L'impact de l'IA sur les ressources en eau dépasse largement les seuls centres de données pour inclure les usines de fabrication de semiconducteurs et les centrales électriques nécessaires à leur fonctionnement.

    Le simple fait de générer l'électricité indispensable pour alimenter ces installations requiert des millions de litres d'eau. Les récentes prévisions des chercheurs indiquent que l'utilisation de l'eau liée à l'industrie de l'IA devrait plus que doubler au cours des 25 prochaines années, ce qui est particulièrement alarmant sachant qu'environ 40 % des centres de données mondiaux se trouvent déjà dans des régions soumises à un grand stress hydrique.

    Le secteur de l'IA n'est pas capable de résoudre la crise de l'eau

    La demande croissante en eau pour alimenter les ambitions américaines en matière d'IA survient alors même que les réseaux d'approvisionnement en eau, qui se détériorent à travers le pays, ont besoin d'être modernisés. Sans surprise, de nombreuses entreprises du secteur s'attendent à ce que l'IA contribue à résoudre les problèmes d'approvisionnement en eau. Selon les experts, si rien n’est fait, les conséquences pourraient être dramatiques.

    Dans un récent rapport, The Information a expliqué pourquoi « la question de l’approvisionnement en eau est un problème que l’ensemble du secteur de l’IA doit résoudre », et pas seulement les centres de données. L'empreinte hydrique de l'IA est bien plus importante dans les usines de semiconducteurs et les centrales électriques qui alimentent la fabrication de puces et le calcul informatique que dans les centres de données eux-mêmes ».

    Toutefois, selon les experts, à mesure que les centres de données hyperscales s'appuieront sans doute de plus en plus sur l'électricité pour leur refroidissement, la demande en eau destinée au refroidissement des centrales électriques va exploser. Une solution pour compenser en partie ce déficit pourrait consister à récupérer environ 30 % de l’eau perdue dans le monde à cause des fuites et des vols. Mais les solutions tardent à se concrétiser.

    Certaines entreprises spécialisées dans l’IA, comme Microsoft, financent l’installation de « systèmes de détection des fuites d’eau de haute technologie » conçus par FIDO Tech. En intégrant les données des capteurs à l'IA, les compteurs intelligents avancés peuvent détecter et localiser les fuites, accélérant les réparations et limitant les pertes d'eau. Ces derniers permettent également de prioriser les interventions les plus urgentes sur le réseau.

    La mobilisation massive des citoyens et les pistes d'amélioration

    En Arizona, une région déjà en proie à la sécheresse, un groupe de défense à but non lucratif appelé Ceres a rapporté que « les centres de données autour de Phoenix utilisent déjà environ 1,46 milliard de litres d'eau par an pour leurs besoins directs en refroidissement ». Une fois que tous les centres de données de cette région seront opérationnels, « ce chiffre grimpera en flèche pour atteindre environ 14 milliards de litres par an », a prédit Ceres.

    Face à la pression exercée sur les infrastructures locales, les communautés commencent à s'organiser pour défendre leurs ressources naturelles. Dans l'Utah, des milliers de résidents se sont cotisés pour bloquer avec succès une demande de transfert d'eau destinée à un centre de données. Les terres de l'Utah sont actuellement convoitées par les hyperscaleurs. À l'échelle du pays, 69 collectivités locales ont bloqué les nouvelles constructions.

    En outre, plus de 120 organisations ont récemment fait pression sur le Congrès pour exiger des évaluations environnementales exhaustives avant la construction de ces immenses complexes, dénonçant également l'utilisation de produits chimiques toxiques dans certains systèmes de refroidissement.

    En réponse, l'industrie technologique tente de développer des solutions novatrices, allant de la récupération des eaux de pluie à l'utilisation de systèmes d'IA avancés pour détecter rapidement et repérer les fuites dans les réseaux municipaux vieillissants. Les services publics de ces régions explorent également ces nouvelles technologies avec intérêt, bien qu'ils restent extrêmement prudents face aux risques en matière de cybersécurité.

    Le désastre sanitaire induit par les centres de données pour l'IA

    Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.

    Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

    Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

    Nicholas Muller fait référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

    Sources : Gregory Pierce, directeur du Groupe des ressources en eau de l'UCLA ; Politico

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    QTS a consommé environ 144 millions de litres d'eau sans que personne ne le sache. Qu'en pensez-vous ?
    Quid de la façon dont les autorités locales ont réglé l'incident ? Comprenez-vous les raisons évoquées ? Est-ce favoritisme ?

    Voir aussi

    « La consommation d'eau et d'énergie à une telle échelle est irresponsable » : l'Utah fait face à une vive contestation populaire après l'approbation d'un centre de données IA deux fois plus grand que Manhattan

    Les gens préfèrent avoir des centrales nucléaires dans leur quartier plutôt que des centres de données dédiés à l'IA, une perception alimentée par les inquiétudes liées à la consommation d'eau et d'électricité

    Les centres de données dédiés à l'IA émettent des infrasons inaudibles et indétectables aux sonomètres, mais « ressentis » : les résidents se plaignent que ces sons ont des effets néfastes sur la santé

  3. #3
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    Il faut aussi éviter de tomber dans le “data centers = méchants”. Aujourd’hui, tout le monde utilise le cloud, le streaming, l’IA, les services bancaires en ligne ou les réseaux sociaux, donc les centres de données sont devenus des infrastructures essentielles au fonctionnement de nos sociétés.

    Les centres de données apportent aussi des emplois, des investissements et des services numériques utilisés quotidiennement par les habitants eux-mêmes. L’objectif doit donc être un équilibre intelligent entre développement technologique et préservation des ressources locales.

    Il existe plusieurs appareils pour compenser une baisse de pression d’eau dans une maison. Le plus courant s’appelle un surpresseur d’eau : c’est une pompe qui augmente et stabilise la pression dans le réseau domestique. C’est souvent utilisé quand la pression du réseau public est trop faible ou varie selon les heures.
    Il existe aussi des Pommeau de Douche Haute Pression pour moins de 20€.

    il faut aussi être réaliste, l’IA est le prochain immense tournant technologique mondial, et les centres de données sont l’infrastructure qui la rend possible. C’est un mal nécessaire, parce que le pays ou les entreprises qui maîtriseront cette technologie domineront l’économie, l’innovation et l’influence mondiale dans les décennies à venir.
    C'est un enjeux géostratégique et qui impose des sacrifices.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  4. #4
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    Une centrale nucléaire fluviale avec circuit de refroidissement fermé prélève environ 3500 litres d'eau par MWh électrique produit.

    Quant aux centrales plus anciennes avec circuit ouvert, on monte à 150000l. Alors certes, l'eau est rejetée ensuite, sauf qu'elle a été filtrée et javelisée entre-temps pour éviter que les algues et autres micro-organismes ne viennent encrasser les tuyauteries.

    Tout ça pour dire qu'une centale nucléaire crée des conflits d'usage bien plus importants qu'un data center.

  5. #5
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    Tout ça pour dire qu'une centale nucléaire crée des conflits d'usage bien plus importants qu'un data center.
    Oui, mais si on informait les gens qui répondent, on aurait probablement la même réponse en France.

    Certes, les gens sont très sensibles à l'écologie ... mais une centrale nucléaire c'est aussi une source d'emplois et de retombées économiques majeures pour son territoire. Alors qu'un data center, moins il y a d'humains pour apporter de la poussière dedans mieux c'est limite. Et ça nécessite peu d'interventions directes après la construction et beaucoup à distance.

    Pour finir, comparer l'impact d'une centrale nucléaire à un data center, je pense que si on met les choses à l'échelle c'est le data center qui perd (parce qu'il faudrait disons comparer 4 GW de puissance nucléaire produite à 4GW de puissance consommée en data center pour équilibrer le jeu, sinon on compare un porte avion et un avion.).

    Perso, je préfèrerais habiter à côté d'une centrale nucléaire en France même pour le risque nucléaire. Déjà c'est pas un RBMK, et c'est là qu'on aurait des pastilles d'iodes et du personnel compétent si un nuage radioactif venait d'un autre pays. C'est encore l'endroit où on serait averti en 1er grâce aux détecteurs (c'est ce qui s'était passé avec tchernobyl). C'est aussi un endroit moins risqué que d'autres pour les bombardements (versus habiter à côté d'un noeud ferroviaire ou d'une métropole)

  6. #6
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    Par défaut Une ville californienne vote à une large majorité pour une interdiction définitive des centres de données
    Pour la première fois, une ville californienne vote à une écrasante majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant des effets négatifs sur l'environnement, de la hausse des tarifs des services publics et de la proximité avec les habitations

    Monterey Park, en Californie, est devenue la première ville américaine à adopter une interdiction définitive des centres de données. Les habitants ont approuvé à une écrasante majorité la mesure NDC (No Data Centers), invoquant des préoccupations liées à la demande en électricité, à la qualité de l'air, à la consommation d'eau et à la hausse du coût des services publics. Cette décision fait suite à des mois d'opposition à un projet de centre de données de 23 000 mètres carrés dédié à l'intelligence artificielle (IA) et marque un précédent dans la résistance locale à ce type d'infrastructures. Les experts préviennent que cela pourrait signaler une opposition croissante à l'échelle nationale.

    Un centre de données est une installation destinée à héberger des systèmes informatiques et les composants associés, tels que les systèmes de télécommunications et de stockage. Les centres de données constituent une infrastructure essentielle pour le stockage et le traitement de l'information ; ils soutiennent le système financier mondial, les services cloud, l'apprentissage automatique et l'IA.

    Les électeurs de Monterey Park, en Californie, ont approuvé le mardi 4 juin une proposition de loi interdisant l'implantation de centres de données sur le territoire de la ville, instaurant ainsi ce qui semble être la première interdiction municipale, adoptée par les électeurs, visant le développement de centres de données aux États-Unis. La proposition a été adoptée avec environ 86 % des voix.

    Ce vote intervient alors que la rébellion contre les centres de données IA gagne du terrain aux États-Unis. Selon plusieurs rapports, 69 collectivités locales ont bloqué de nouvelles constructions, tandis que quatre d'entre elles ont adopté des restrictions permanentes. Les habitants dénoncent notamment la hausse du prix de l'électricité, les avantages fiscaux excessifs et la menace que l'IA fait peser sur l'emploi. Cette mobilisation croissante a déjà conduit à l'annulation ou à la suspension de plusieurs projets d'envergure dans différents États.


    Le vote de Monterey Park met ainsi fin à une bataille qui a duré plusieurs mois autour d'un projet de centre de données de 23 000 m², soutenu par la société d'investissement australienne HMC StratCap. Prévu sur un terrain de 6,4 hectares au sein du Saturn Business Park de la ville, le site aurait été situé à moins de 150 mètres de l'habitation la plus proche et aurait nécessité environ 50 MW d'électricité en période de pointe.

    Le projet a suscité de vives polémiques dans cette ville d’environ 60 000 habitants. Alors que le promoteur mettait en avant les recettes fiscales, la création d’emplois et les investissements dans les infrastructures, les opposants ont exprimé leurs inquiétudes concernant la demande en électricité, les générateurs diesel, le bruit, la qualité de l’air, la consommation d’eau, les coûts de l’électricité et la valeur des biens immobiliers. Le projet prévoyait la construction d’une nouvelle sous-station et d’une infrastructure de production d’électricité de secours.

    Du moratoire à l'interdiction

    L'opposition publique s'est rapidement intensifiée lorsque les habitants ont pris connaissance de ce projet. En janvier 2026, le conseil municipal de Monterey Park a approuvé à l'unanimité un moratoire de 45 jours sur la construction de centres de données, le temps d'évaluer les options stratégiques à long terme. Le conseil a ensuite prolongé ce moratoire, proposé une interdiction définitive et inscrit la mesure NDC au scrutin de juin.

    Le promoteur a retiré son projet en mars dernier, alors que l'opposition s'intensifiait et que les responsables municipaux s'orientaient vers une interdiction définitive. Mais les responsables municipaux ont continué à faire avancer la proposition de référendum, arguant qu'une interdiction approuvée par les électeurs serait plus difficile à annuler qu'une simple ordonnance.

    « Si un conseil municipal adopte une ordonnance, un futur conseil peut également l'annuler », a déclaré la maire Elizabeth Yang. « Avec la mesure soumise au vote, il est beaucoup plus difficile de lever l'interdiction, car il faut que toute la ville se prononce à ce sujet. »

    La mesure NDC modifie le cadre d'aménagement du territoire de Monterey Park afin d'interdire les centres de données sur l'ensemble du territoire municipal, à moins que les électeurs ne décident ultérieurement d'abroger cette restriction. Le texte de la mesure précise que celle-ci vise à protéger la qualité de l'air, les ressources en eau potable, la santé publique et les tarifs des services publics.

    David Spence, professeur à la faculté de droit de l'université du Texas spécialisé dans les politiques énergétiques et d'infrastructure, a déclaré que l'opposition aux centres de données semblait dépasser le cadre de conflits locaux isolés. « Partout, les gens semblent se mobiliser contre les centres de données », a déclaré David Spence.

    Selon lui, cette réticence pourrait s'expliquer par des inquiétudes liées à la hausse des coûts énergétiques, par une méfiance envers les entreprises technologiques ou par des craintes concernant les répercussions de l'intelligence artificielle sur la société.

    « Les gens associent ces technologies à une augmentation des coûts énergétiques... ou à des milliardaires du secteur technologique qui semblent faire la sourde oreille aux préoccupations du grand public », a-t-il déclaré. « Ou peut-être craignent-ils ce que l'IA pourrait nous faire, ce qui n'est pas une crainte déraisonnable. »

    Un coup de semonce pour le secteur

    Au début de l'année, des chercheurs qui suivaient l'évolution de l'opposition à l'implantation de centres de données ont mis en évidence des mouvements de résistance organisés au sein de centaines de collectifs locaux à travers tout le pays. Les communautés ont fait pression pour obtenir des moratoires, des refus de permis et de nouvelles restrictions, alors que les inquiétudes liées à l'expansion des infrastructures liées à l'IA s'étendent désormais au-delà des marchés traditionnels des centres de données.

    Cette tendance a commencé à redéfinir la manière dont le secteur envisage le choix des sites. Dans une récente interview, Steven Carlini, cadre chez Schneider Electric, a déclaré que « le soutien de la communauté est devenu tout aussi déterminant que la faisabilité technique », alors que les promoteurs cherchent à implanter des campus de plus grande envergure axés sur l'IA.

    Jack Gold, président et analyste principal chez J. Gold Associates, a déclaré qu'il s'attendait à ce que Monterey Park ne soit pas la dernière collectivité à s'opposer au développement de centres de données. « Je pense que ce n'est pas un cas isolé », a-t-il déclaré.

    L'analyste de J. Gold Associates a indiqué que les habitants s'inquiétaient de plus en plus des ressources nécessaires au fonctionnement des infrastructures d'IA, notamment la consommation d'électricité et d'eau, tout en s'interrogeant sur les avantages économiques à long terme.

    « Les usagers sont en colère à cause du coût que cela leur imposera et des ressources que cela privera la communauté », a-t-il déclaré. « Sans compter le nombre relativement faible d'emplois que cela créera pour assurer le fonctionnement à long terme des centres de données. »

    Ihab Osman, un stratège indépendant spécialisé dans les centres de données et les infrastructures critiques, a déclaré que le vote de Monterey Park devait être considéré comme un signal d'alerte pour le secteur plutôt que comme un différend local isolé.

    « C'est un coup de semonce pour le marché », a-t-il affirmé. « Les infrastructures d'IA se développent plus rapidement que le modèle de consentement local. »

    Ihab Osman a ajouté que les futurs projets devront démontrer des avantages évidents pour les communautés d'accueil avant que l'opposition ne s'enracine sur le plan politique. « Les projets viables seront ceux qui pourront prouver la logique du réseau électrique, la gestion rigoureuse de l'eau, la valeur économique et la légitimité publique avant que l'opposition ne se traduise par une loi », a-t-il déclaré.

    La plupart des conflits locaux ont porté sur des projets ponctuels ou des suspensions temporaires. Monterey Park est allé plus loin. Les électeurs ont approuvé une interdiction qui ne pourra être levée que par un nouveau vote à l'échelle de la ville. Les collectivités ont contesté des projets, retardé des autorisations et obtenu des moratoires. Monterey Park a imposé une interdiction.

    Alors que la demande en capacités de calcul ne cesse d'augmenter, les promoteurs de centres de données se heurtent à une opposition locale de plus en plus marquée. La Virginie illustre parfaitement cette tendance. Un récent sondage du Washington Post et de l'école Schar indique que seuls 35 % des électeurs de Virginie soutiennent désormais la construction d'un nouveau centre de données dans leur localité, contre 69 % il y a deux ans.

    Ce recul est survenu alors que le conseil du comté de Prince William a abandonné ses recours en faveur du projet Digital Gateway, mettant ainsi fin à plusieurs années d'efforts visant à relancer un campus de 850 hectares comprenant 37 bâtiments, qui aurait figuré parmi les plus vastes complexes de centres de données au monde.

    Source : Résultats de l'élection à Monterey Park

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous cette initiative de la ville de Monterey Park crédible ou pertinente ?

    Voir aussi :

    Les Big Tech qui cherchent à investir des milliards $ dans des centres de données pour alimenter l'IA et le cloud computing perdent de plus en plus la bataille dans les communautés où les habitants s'y opposent

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental

    Une commune agricole du Michigan a rejeté la construction d'un méga centre de données OpenAI-Oracle. Quelques semaines plus tard, les travaux ont commencé. Il bénéficie d'appuis financiers et politiques

    Les gens préfèrent avoir des centrales nucléaires dans leur quartier plutôt que des centres de données dédiés à l'IA, une perception alimentée par les inquiétudes liées à la consommation d'eau et d'électricité
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  7. #7
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    Cela fait plaisir de voir que la population ne voit pas à court terme (revenu important, emploi) mais plus sur le long terme. Cela va permettre de ralentir cette frénésie de l'IA, peut être que l'on verra un jour des systèmes pour limiter l'usage de l'IA

  8. #8
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    Citation Envoyé par weed Voir le message
    Cela fait plaisir de voir que la population ne voit pas à court terme (revenu important, emploi) mais plus sur le long terme. Cela va permettre de ralentir cette frénésie de l'IA, peut être que l'on verra un jour des systèmes pour limiter l'usage de l'IA
    ce sera juste construit dans un état voisin ou dans un pays étranger, mais le datacenter sera construit.
    et comble de l'hypocrisie, ces habitants de Californie seront les 1er a l'utiliser...
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  9. #9
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    à toutes et tous,

    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    ce sera juste construit dans un état voisin ou dans un pays étranger, mais le datacenter sera construit.
    et comble de l'hypocrisie, ces habitants de Californie seront les 1er a l'utiliser...
    C'est une évidence pour tout le monde que la vue à court terme implique des dégâts sur le long terme. Toute innovation humaine crée une "balance" entre des aspects positifs et des aspect négatifs. Ce qui pose soucis, c'est que cela crée également une autre "balance" entre qui profite et qui paye.

    Si l'on place ces deux "balances" l'une derrière l'autre, on voit généralement ceci :

    balance avant profiteurs (peu) positif balance arrière
    balance arrière négatif payeurs (beaucoup) balance avant

    Bref, les profiteurs sont peu nombreux, et les payeurs sont légions,
    Et le positif c'est pour les profiteurs et le négatif pour les payeurs.

    Ce n'est pas nouveau, il en toujours été ainsi. On peu mettre ce que l'on veut dans le positif ou le négatif, les deux balances placées l'une derrière l'autre avaient, ont et auront toujours le même déséquilibre. C'est malheureux, mais c'est ainsi, c'est dans la nature humaine.

    Par contre, le système (dirigé par les profiteurs s'abreuvant des payeurs) met ici en place, lentement mais sûrement, un moyen pour faire taire toute opposition à leur système. Et pour un oui où pour un non, les payeurs qui se plaignent finiront dans un Goulag ou à Guentalamo...

    Lorsque ce système est appliqué à l'ordre mondial, une poignées concentre les profiteurs, et une masse énorme de payeurs.

    Nous nous dirigeons petit à petit vers une dystopie totalitarisme, non pas des états (au service des profiteurs, commission au passage), mais des profiteurs, c'est a dire quelques individus. On les connait, ils se réunissent chaque année à Davos, pour adapter au mieux ce système.

    Même si nous naissons tous libres et égaux, dès la 2ème seconde de notre vie, le déséquilibre du système s'applique à nous, et l'on ne peut rien y faire.

    Sauf toi, l'ami calvaire, bien évidemment... les autres sont trop (mettre ici ce que tu veux...) pour faire comme toi...

    BàV et à l'ami calvaire (et son ego surdimensionné) et Peace & Love.

  10. #10
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    Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
    Lorsque ce système est appliqué à l'ordre mondial, une poignées concentre les profiteurs, et une masse énorme de payeurs.

    Nous nous dirigeons petit à petit vers une dystopie totalitarisme, non pas des états (au service des profiteurs, commission au passage), mais des profiteurs, c'est a dire quelques individus. On les connait, ils se réunissent chaque année à Davos, pour adapter au mieux ce système.
    Oula vous regardez trop de site complotiste vous.
    Les « profiteurs » sont en réalité des millions de citoyens : des retraités américains et japonais (via les géants CalPERS et GPIF), des retraités canadiens et néerlandais (via le CPPIB et l'ABP), ou encore des citoyens de Norvège, de Singapour et des Émirats arabes unis, dont les modèles sociaux et les services publics sont directement financés par leurs fonds souverains mondiaux (GPFG, Temasek, ADIA).

    En gros vous voulez par exemple priver de retraite moi et des millions d'américains à travers le monde ? de priver de santé et de tous services publique aux norvégiens ?
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  11. #11
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    Par défaut Utah : des habitants et une organisation à but non lucratif intentent un procès contre le projet Stratos
    Des habitants de l'Utah s'associent à une organisation à but non lucratif pour intenter un procès contre le projet de construction d'un énorme campus de centres de données IA, Stratos, porté par Kevin O’Leary

    L'« Alliance for a Better Utah », une association progressiste à but non lucratif de l'Utah, et cinq habitants du comté de Box Elder ont engagé une action en justice contre la Military Installation Development Authority (MIDA) au sujet du projet Stratos, un immense complexe de centres de données dédié à l'intelligence artificielle (IA) et soutenu par l'investisseur Kevin O'Leary. Déposée devant la 3e cour de district de l'Utah, la plainte affirme que le cadre réglementaire de la MIDA porte atteinte au droit de référendum des citoyens, car il les empêche de contester les décisions relatives à des projets d'aménagement d'envergure par le biais de mesures de démocratie directe. Ce projet suscite une opposition croissante de la part des habitants, en raison de son ampleur et de ses répercussions potentielles sur l'environnement et la communauté.

    Cette contestation survient alors que le projet Stratos est devenu l'un des symboles les plus controversés de la course aux infrastructures d'IA aux États-Unis. En avril 2026, l'Utah a approuvé un accord de développement autorisant la construction d'un centre de données colossal de 9 GW dans le comté de Box Elder, soit plus du double de la consommation électrique moyenne actuelle de l'État. Soutenu par l'investisseur Kevin O'Leary, ce projet prévoit une alimentation énergétique hors réseau, principalement basée sur le gaz naturel, ainsi que des avantages fiscaux importants et la création d'emplois.

    L'approbation du projet a rapidement alimenté une vive contestation populaire. Les opposants dénoncent l'ampleur exceptionnelle du campus Stratos, dont la superficie dépasserait celle de Manhattan, ainsi que ses besoins considérables en eau et en énergie. Plusieurs organisations et habitants du comté de Box Elder affirment que le projet pourrait accentuer les pressions sur l'écosystème déjà fragile du Grand Lac Salé et aggraver certaines formes de pollution environnementale. Ces inquiétudes persistent malgré les arguments avancés par les promoteurs du projet, qui mettent en avant les retombées économiques attendues et le renforcement de la souveraineté technologique américaine.

    À mesure que la contestation s'est amplifiée, les échanges entre les promoteurs et les opposants se sont également durcis. Après l'approbation unanime du projet par les commissaires du comté de Box Elder, Kevin O'Leary a affirmé que les opposants à son projet étaient des « manifestants payés pour le faire », acheminés par bus depuis d'autres États. Selon lui, la campagne de protestation en ligne serait lancée en partie par l'IA. Ces déclarations ont renforcé la polémique entourant un projet déjà critiqué pour sa dépendance au gaz naturel et ses conséquences environnementales potentiellement catastrophiques.

    Dans le cadre d'un nouveau rebondissement, une association à but non lucratif progressiste a engagé une action en justice contre l'Autorité chargée du développement des installations militaires (MIDA) au sujet du projet Stratos, un immense complexe de centres de données dont la construction est prévue dans le comté de Box Elder. Mais le recours ne se limite pas à ce projet spécifique : il fait également valoir que le cadre réglementaire de l'Autorité est inconstitutionnel et prive les citoyens de leurs droits législatifs.

    L'« Alliance for a Better Utah » et cinq habitants du comté de Box Elder, dont l'identité n'a pas été révélée, affirment que la Constitution de l'Utah confère aux citoyens de l'État un pouvoir législatif par le biais d'initiatives populaires et de référendums. Cependant, lorsque les représentants des collectivités locales valident une zone de projet de la MIDA, leur consentement devient irrévocable, conformément au cadre réglementaire de cette entité.

    Selon la plainte, cela prive les citoyens du comté de Box Elder de leur droit d'organiser un référendum pour contester l'accord.

    Il s'agit de la deuxième action en justice à laquelle le projet Stratos a dû faire face au cours de la première semaine de juin 2026.

    Nom : utah centres de donnees IA fig 1.png
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    La Constitution « confère à l’Assemblée législative de l’État de l’Utah un pouvoir limité pour réglementer les moyens par lesquels les citoyens peuvent exercer leurs droits à la démocratie directe, mais elle n’autorise pas et ne peut autoriser cet organe, par le biais d’une loi telle que la loi MIDA, à supprimer entièrement ces droits préexistants ».

    Le président du Sénat, Stuart Adams, et le sénateur Jerry Stevenson, tous deux républicains de Layton et membres du conseil d'administration de la MIDA, ainsi que la Commission du comté de Box Elder sont également cités dans la plainte déposée devant la 3e cour de district de l'Utah.

    Les porte-parole de la MIDA et du Sénat de l'Utah ont déclaré que les défendeurs examinaient actuellement la plainte et n'avaient aucun commentaire à faire à ce sujet.

    « Des répercussions considérables » sur la vie des citoyens

    La plainte dénonce également le fait que les membres du conseil d'administration de la MIDA, qui ne résident pas dans la région et n'ont pas été élus par les citoyens locaux, seraient chargés de gérer une grande partie du comté, la livrant ainsi à des projets immobiliers privés.

    « Ce projet pourrait avoir des répercussions considérables sur la qualité de vie de tous les citoyens du nord de l’Utah, notamment parce qu’il risque de faire baisser encore davantage le niveau d’eau du Grand Lac Salé. Il pourrait nuire à la qualité de l’air, réduire la disponibilité en eau et avoir d’autres répercussions sur l’environnement. Il pourrait également entraîner une augmentation de la densité de population, de la criminalité urbaine et de la charge fiscale », indique la plainte.

    Le projet Stratos, une initiative soutenue par le célèbre investisseur Kevin O’Leary et rendue publique ces derniers mois, a fait grand bruit dans l’État. Les habitants de l’Utah ont été pris au dépourvu par la rapidité du processus d’approbation du campus, par son ampleur et par ses répercussions environnementales potentielles.

    L'indignation générale qui a secoué tout l'État a conduit les élus qui avaient farouchement défendu le projet, dont le gouverneur Spencer Cox, à revenir sur leurs déclarations et à prendre de nouveaux engagements visant à ralentir la délivrance des permis pour les centres de données. Kevin O’Leary a également accepté de réduire de moitié l'empreinte du projet, la faisant passer de près de 16 000 hectares à environ 8 000 hectares, à la suite d'un appel lancé par Stuart Adams.

    « Une atteinte grave » aux droits

    La plainte qualifie le statut de la MIDA, qui a permis l’approbation rapide de l’accord entre la MIDA et le comté de Box Elder, d’« atteinte grave aux droits des habitants du comté de Box Elder à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur, sans garantir que ces droits soient protégés par le consentement des gouvernés au travers des principes fondamentaux de la démocratie représentative inscrits dans la Constitution de l’Utah ».

    Selon la plainte, les mesures prises par la MIDA et la Commission du comté de Box Elder « confèrent également le pouvoir législatif en matière de santé publique, de sécurité, de bien-être, de mœurs, de fiscalité, de zonage, d’aménagement du territoire et autres questions similaires, concernant une partie importante du territoire du comté, à un conseil d’administration non élu de la MIDA et à la commission spéciale prévue par l’accord intercommunal ».

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    Les plaignants font également valoir que la décision du conseil d'administration de la MIDA d'approuver le projet Stratos devrait être annulée, car, selon eux, la nomination de Stuart Adams et de Jerry Stevenson au conseil d'administration de la MIDA est contraire à la Constitution, « qui interdit aux législateurs de l'État de l'Utah d'exercer plusieurs mandats simultanément ».

    « L'un des objectifs – parmi d'autres – visés par ces dispositions constitutionnelles est de prévenir les conflits d'intérêts », indique la plainte. « En siégeant à la fois au conseil d'administration de la MIDA et à l'Assemblée législative de l'État, Adams et Stevenson servent plusieurs maîtres dont les intérêts sont distincts et souvent contradictoires. »

    Alors que le projet Stratos illustre l'expansion rapide des infrastructures nécessaires à l'IA, cette croissance exerce déjà une pression croissante sur les chaînes d'approvisionnement technologiques mondiales. Selon de récentes prévisions, les centres de données devraient absorber près de 70 % des puces mémoire produites en 2026, alimentant une pénurie de RAM qui pourrait se prolonger au moins jusqu'en 2029.

    L'essor des charges de travail liées à l'IA perturbe déjà plusieurs marchés, notamment ceux des smartphones, des PC, des consoles de jeux et des objets connectés. La capacité mondiale de production de RAM prévue pour 2028 étant déjà entièrement réservée, les prix de la mémoire DDR5 ont plus que quadruplé depuis septembre 2025, laissant entrevoir de nouvelles hausses pour les consommateurs au cours des prochaines années.

    Sources : Kevin O’Leary, Sénat de l'Utah

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous cette initiative des habitants de l'Utah crédible ou pertinente ?

    Voir aussi :

    Les centres de données causent des dommages cachés à l'environnement et à la santé publique, ce qui coûte 25 milliards de dollars à l'économie chaque année, mais de nouveaux projets continuent de voir le jour

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental

    Les Big Tech qui cherchent à investir des milliards $ dans des centres de données pour alimenter l'IA et le cloud computing perdent de plus en plus la bataille dans les communautés où les habitants s'y opposent
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  12. #12
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    Par défaut Les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 Mds $ en 2026
    Les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 milliards de $ en 2026, et le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé pour atteindre 833

    L'opposition aux centres de données a atteint un niveau record en 2026, les opposants ayant réussi à bloquer ou à retarder des projets d'une valeur de près de 130 milliards de dollars au cours du premier trimestre, selon une étude de Data Center Watch. L'organisation a également révélé dans son rapport que le nombre de groupes d'opposition actifs avait doublé par rapport à l'année précédente, pour atteindre 833 dans 49 États. Cette tendance met en évidence les obstacles de plus en plus importants auxquels se heurte l'expansion des infrastructures d'intelligence artificielle (IA) aux États-Unis.

    L’ampleur de cette mobilisation s’inscrit dans un contexte où les centres de données font déjà l’objet de critiques concernant leurs effets sur les communautés locales. L’expansion rapide des infrastructures dédiées à l’IA est associée à des coûts environnementaux et sanitaires évalués à 25 milliards de dollars par an. Leur importante demande énergétique est accusée d'aggraver la pollution de l'air, ce qui pourrait avoir des effets sur la santé des riverains. Les communautés concernées redoutent également des répercussions sur le coût de l'énergie, l'emploi et les soins de santé.

    Ces inquiétudes ont trouvé un écho au sein même de l'industrie technologique. Une avocate de Microsoft a ainsi reconnu que « personne ne veut vraiment d'un centre de données dans son jardin ». Cette déclaration témoigne à la fois de l'arrogance et du malaise d'une industrie qui peine à concilier puissance technologique, impératifs écologiques et acceptation sociale. À mesure que les besoins liés au cloud et à l’IA augmentent, ces tensions deviennent un enjeu central pour le développement de nouveaux projets.

    Si vous vous interrogez sur l'impact des centres de données sur l'environnement, les coûts énergétiques ou la qualité de vie en général, il y a de fortes chances que l'Américain moyen partage votre avis. Selon un nouveau rapport, cette opposition généralisée aux centres de données se traduit plus que jamais par des conséquences concrètes.

    Nom : DCW 2026.png
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    Selon une étude de Data Center Watch, les opposants aux centres de données ont réussi à bloquer ou à retarder des projets d'une valeur totale de près de 130 milliards de dollars au cours du premier trimestre de cette année. Ces résultats indiquent que le premier trimestre 2026 a été le plus fructueux jamais enregistré en matière de blocage de projets de centres de données depuis que le groupe a commencé à en recenser les données en 2023.

    Data Center Watch a attribué ce changement au fait que « les communautés ont intégré le mode opératoire de l'opposition » et que « les sessions législatives ont introduit une incertitude réglementaire officielle ».

    L'organisation, qui fait partie de la société d'IA 10a Labs, a également souligné que le nombre de groupes d'opposition actifs avait fortement augmenté, doublant d'une année sur l'autre pour atteindre 833 dans 49 États. À titre de comparaison, des projets d'une valeur de 156 milliards de dollars ont été bloqués sur l'ensemble de l'année 2025.

    Le rapport estime que 300 projets de loi relatifs aux centres de données ont été déposés au cours des six premières semaines de 2026, et que des propositions de moratoire à l'échelle de l'État ont été présentées dans 14 États. En avril, le Maine a manqué de peu de devenir le premier État de l'histoire à imposer une interdiction des centres de données sur l'ensemble de son territoire, après que la gouverneure Janet Mills eut opposé son veto au projet de loi.

    Les grandes manifestations contre les centres de données ne semblent pas près de s'arrêter. En mai dernier, des centaines de personnes se sont rassemblées devant le Capitole de l'État de l'Utah pour protester contre le projet Stratos, un campus de centres de données de 16 000 hectares qui devrait être construit dans le comté de Box Elder.

    Certains ont avancé que le sentiment hostile aux centres de données était attisé depuis l'étranger. Au début de la semaine du 8 juin 2026, un groupe de législateurs républicains a signé une lettre affirmant que des adversaires étrangers, notamment des entités soutenues par le Parti communiste chinois, « financent la campagne de désinformation visant à bloquer les infrastructures essentielles » nécessaires au développement de l'IA, telles que les centres de données. Cette lettre était adressée aux coprésidents du Conseil présidentiel des conseillers en science et technologie ainsi qu'au directeur du FBI, Kash Patel.

    Cependant, la société d'analyse des réseaux sociaux Graphika a déclaré qu'elle n'avait relevé aucun signe de manipulation étrangère dans le cadre de sa surveillance des réseaux sociaux.

    Les principales conclusions de l'étude de Data Center Watch sont présentées ci-dessous :

    « Le premier trimestre 2026 a enregistré le plus grand nombre jamais observé de projets de centres de données bloqués ou retardés en un seul trimestre, avec au moins 75 projets d'une valeur totale d'environ 130 milliards de dollars perturbés par l'opposition locale. Ce trimestre a reflété un changement structurel plutôt qu'un pic conjoncturel : les communautés ont intégré les stratégies d'opposition, les sessions législatives ont introduit une incertitude réglementaire officielle, et le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé dans 49 États.

    Période de l'étude : janvier 2026 - mars 2026.

    Points clés à retenir :

    1. Le premier trimestre 2026 a été marqué par une augmentation sans précédent du nombre de projets bloqués ou retardés. Au moins 75 projets de centres de données, représentant environ 130 milliards de dollars, ont été bloqués ou retardés en un seul trimestre — un chiffre qui correspond à peu près à celui de l'ensemble de l'année 2025, en seulement trois mois.
    2. Les moratoires sont passés du statut d'exceptions locales à celui d'une bataille politique menée sur plusieurs fronts. Plus de 300 projets de loi relatifs aux centres de données ont été déposés au niveau des États rien qu'au cours des six premières semaines de 2026, et des propositions de moratoire à l'échelle de l'État ont été présentées dans 14 États, émanant des deux camps politiques. Le Maine est passé à un vote près à la Chambre des représentants de devenir le premier État de l'histoire des États-Unis à imposer une interdiction des centres de données à l'échelle de l'État.
    3. Le mouvement d'opposition populaire a pris une ampleur nationale. Le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé depuis la fin du quatrième trimestre 2025, s'étendant désormais à 49 États. Le nombre de signatures recueillies pour les pétitions au cours de ce seul trimestre équivaut presque à celui de tout le second semestre 2025. Alors que la contestation des centres de données se généralise, l'opposition s'étend au-delà des groupes locaux dans les communautés accueillant de nouveaux projets, attirant des organisations à l'échelle de l'État, des groupes de défense et des voix nationales axées sur l'énergie, l'eau, l'utilisation des sols et les répercussions sur les contribuables.

    »

    Alors que l'essor des centres de données suscite une opposition croissante aux États-Unis, plusieurs acteurs européens appellent l'Europe à freiner l'expansion de ces infrastructures d'IA avant que l'eau et l'électricité ne viennent à manquer. La société danoise Grundfos a récemment attiré l'attention sur la pression croissante exercée par les centres de données sur les réseaux d'eau et d'électricité, estimant que leur expansion pourrait mettre à rude épreuve les infrastructures européennes d'ici 2030.

    L'entreprise a plaidé en faveur de l'adoption de normes d'efficacité énergétique plus strictes et de solutions de refroidissement durables, afin de concilier développement numérique et préservation des ressources. Cette approche fait toutefois débat, certains acteurs du secteur estimant que de nouvelles contraintes réglementaires risqueraient de freiner la compétitivité de l'Europe dans la course mondiale à l'IA.

    Source : Data Center Watch

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous les conclusions de cette étude de Data Center Watch crédibles ou pertinentes ?

    Voir aussi :

    La rébellion contre les centres de données dédiés à l'IA prend de l'ampleur aux États-Unis : 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions, dont quatre ont adopté des mesures définitives

    Pour la première fois, une ville californienne vote à une large majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant de leurs effets négatifs sur l'environnement

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental
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  13. #13
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    Par défaut Google promet de restituer plus d’eau que ses datacenters ne consomment d'ici à 2030
    Google promet de restituer plus d’eau que ses datacenters ne consomment mais des observateurs estiment que le projet qui est beau sur le papier s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone »

    Ces derniers mois, l’impact environnemental des centres de données dédiés à l’IA sur les communautés locales est au centre de vives critiques. La consommation d’eau est l’un des points qui revient en boucle sur les tables de discussion. Ainsi, dans le cadre de l’extension de ses programmes dits de « gestion responsable de l’eau », Google prend des engagements, notamment celui de réinjecter plus d’eau que l’entreprise ne consomme sur les sites de ses centres de données. Des observateurs estiment pour diverses raisons que le projet est beau sur le papier mais s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone. »


    Restituer 120 % de l’eau que ses centres de données consomment d’ici à 2030 : C’est la nouvelle promesse de Google qui se heurte au scepticisme des observateurs pour diverses raisons

    Le scepticisme auquel se heurte l'engagement de Google à restituer plus d'eau que l’entreprise ne consomme dans ses centres de données trouve son origine dans les inquiétudes du public concernant les besoins considérables en refroidissement du matériel dédié à l'intelligence artificielle. Les détracteurs, les hydrologues et les communautés locales remettent en question la faisabilité de ces objectifs, invoquant les complexités logistiques, techniques et géographiques liées à la compensation de la consommation d'eau.

    En effet, les centres de données utilisent de l'eau pour leurs tours de refroidissement qui évaporent en permanence dans l'atmosphère des millions de gallons d'eau potable locale de grande qualité. Les observateurs émettent des doutes sur les mesures de compensation qui consistent souvent en des mesures indirectes — telles que la réparation de fuites dans les systèmes d'irrigation agricole ou la restauration de zones humides éloignées — et sur leur capacité à réinjecter la même eau potable dans les aquifères locaux sur lesquels les centres de données s’approvisionnent.

    Google utilise aussi des systèmes de refroidissement par air ou à « circuit fermé » dans les bassins versants à haut risque. Ces derniers consomment moins d’eau, mais lorsque les serveurs recourent à d’énormes ventilateurs pour leur refroidissement par air, ils consomment nettement plus d’électricité, ce qui nécessite par conséquent davantage d’eau pour la production d’électricité en amont.

    Pour garantir leur efficacité et prévenir la corrosion des canalisations, les systèmes de refroidissement « en circuit fermé » ou par évaporation nécessitent des traitements chimiques. Lorsque ces systèmes sont vidangés, ils rejettent une concentration de produits chimiques susceptible, à terme, de dégrader la qualité de l'eau locale.

    C’est pour ce lot de raisons (liste non exhaustive) que les observateurs estiment que le projet de Google est beau sur le papier mais s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone. »

    Réduire la consommation d'eau des centres de données est reconnu comme un défi de taille

    Les opérateurs de centres de données sont confrontés à de nombreuses difficultés pour réduire leur consommation d'eau face à la demande croissante en serveurs gourmands en énergie. Une récente étude de Maplecroft indique que de nombreux centres de données parmi les plus importants au monde sont menacés par la hausse mondiale des températures, les besoins croissants en eau entraînant une augmentation des coûts et de la consommation d'eau.

    Selon ses estimations, une installation de taille moyenne consomme en moyenne environ 300 000 gallons (environ 1,4 million de litres) d'eau par jour, et ces besoins devraient augmenter avec la hausse des températures. La pénurie d'eau devient une préoccupation majeure pour les centres de données en Europe.

    Toutefois, le groupe industriel CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe) a averti au début de l'été que les exigences réglementaires contraignantes de la Commission européenne visant à réduire l'utilisation de l'eau pourraient inciter les opérateurs à choisir d'implanter leurs immenses centres de données ailleurs. Le CISPE a présenté ses propres recommandations sur la manière de mettre en œuvre la stratégie de résilience hydrique de l'UE.

    Par ailleurs, le géant du cloud Google a récemment publié une évaluation interne de sa consommation d'eau, affirmant que l'utilisation de l'eau par les systèmes d'IA a été largement exagérée, bien que cette affirmation ait été accueillie avec scepticisme et critiques en raison de sa méthodologie de test. Selon Google, le traitement d'un prompt par l'assistant d'IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau.

    Cependant, ces estimations sont controversées. Selon Shaolei Ren, professeur agrégé en génie électrique et informatique à l'université de Californie à Riverside, les affirmations de Google sont trompeuses, car elles établissent une fausse équivalence entre la consommation d'eau sur site et la consommation totale. Pour comprendre pourquoi, il est important de savoir que les centres de données consomment de l'eau à la fois sur site et hors site.

    Shaolei Ren souligne que le problème n'est pas que Google n'ait pas pris en compte la consommation d'eau hors site. C'est que Google a comparé des pommes et des oranges : « son nouveau chiffre ne concerne que la consommation sur site, tandis que le chiffre discrédité incluait toute la consommation d'eau ».


    Conclusion

    La croissance rapide des centres de données, stimulée par le développement de l’IA, entre en tension avec les ressources en eau disponibles en Europe. Pour faire face à ce problème, le secteur réfléchit à des solutions telles que l’amélioration de l’efficacité des systèmes de refroidissement, le recyclage des eaux usées et la mise en place de normes minimales de consommation d’eau par l’Union européenne. Cette réglementation est prévue pour fin 2026.

    GlobalData souligne que, chaque fois qu'un défi majeur se présente, l'industrie trouve en général des solutions. Mais dans ce cas précis, le problème de la pénurie d'eau est une question politique et sociale, et pas seulement une préoccupation technologique. Les experts affirment qu'il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation technologique et préservation des ressources naturelles pour garantir un futur numérique durable.

    Source : Google

    Et vous ?

    Ces projets de compensation des ressources en eau peuvent-ils tenir le rythme sachant que la seule écriture par ChatGPT de 100 mots équivaut à la consommation par un centre de données d'une bouteille d'eau ?
    Partagez-vous le scepticisme des observateurs quant à la promesse de Google de restituer 120 % de l’eau que ses centres de données consomment d’ici à 2030 ? Si oui, pour quelles raisons ?

    Voir aussi :

    Un data center révolutionnaire qui revalorise 100% de son énergie pour chauffer 6000 logements, une avancée majeure écoresponsable de l'hébergeur Web et Cloud Infomaniak

    Les outils d'IA consomment jusqu'à 4 fois plus d'eau que prévu, d'après une étude de l'Université de Californie

    Google déclare que le traitement d'un prompt par son IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau, mais les experts affirment que ces chiffres sont sous-estimés
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  14. #14
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    Google promet de restituer plus d’eau que ses datacenters ne consomment
    Concept intéressant... Les derniers à avoir promis ce genre de farces étaient certaines religions!!! Je ne la citerai pas mais "la multiplication des pains et la transformation miraculeuse de l'eau en vin", cela ne rappelle rien?

  15. #15
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    Ils vont racheter Nestlé ?

    Ou ils viennent d'inventer un nouveau concept, le water washing pour laver plus blanc que blanc.
    Ma page sur developpez.com : http://chrtophe.developpez.com/ (avec mes articles)
    Mon article sur le P2V, mon article sur le cloud
    Consultez nos FAQ : Windows, Linux, Virtualisation

  16. #16
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    c'est le même principe que la neutralité carbone. Ou il y'a de la compensation via des projets.
    L’entreprise finance ou réalise des projets qui permettent d’économiser, de restaurer ou de recharger davantage d’eau dans les bassins versants que la quantité qu’elle consomme. Cela peut inclure :
    La restauration de zones humides qui améliorent la recharge des nappes phréatiques.
    La réduction des fuites dans les réseaux d’eau municipaux.
    L’amélioration de l’irrigation agricole pour diminuer les prélèvements d’eau.
    Des projets de récupération des eaux de pluie.
    La réutilisation des eaux usées traitées.


    C’est un bilan comptable de l’eau, pas un retour direct de la même eau consommée.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  17. #17
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    Par défaut Trop de bruit sur Internet
    1) Ce sujet suscite tellement de discussions en ligne qu’il est difficile de croire qu’il ne soit pas influencé.
    Il est évident que des entreprises ou des États soutiennent cette thématique, dans un sens ou dans l’autre, pour servir leurs propres intérêts.
    Je reconnais que les data centers ne sont pas la solution écologique idéale, mais ce ne sont pas non plus des raffineries ou des aéroports.

    2) À mon avis, investir dans un méga data center est actuellement un pari risqué, voire irréfléchi.
    a) Trump et les États-Unis fournissent toutes les raisons de remettre en question l’hypercentralisation.
    b) Les performances des modèles d’IA embarqués open source progressent de manière exponentielle. Surtout, des entreprises ont tout intérêt à ce que ces modèles deviennent plus performants.
    D’ailleurs, les besoins en mémoire et en puissance de calcul ne font que diminuer.
    Il est probable que Nvidia, Intel, AMD et ARM gagnent davantage d’argent en équipant des micro-ordinateurs avec des solutions d’IA embarquée, plutôt qu’en vendant des systèmes à des entreprises qui, actuellement, vendent leurs tokens à perte.
    Selon moi, cela explique pourquoi Nvidia et ARM ont annoncé produire leurs propres processeurs : ils ont compris qu’ils devaient construire un écosystème favorable pour capter le futur marché de l’IA embarquée dans les PC.

  18. #18
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    Citation Envoyé par Jsaintyv Voir le message
    1) Ce sujet suscite tellement de discussions en ligne qu’il est difficile de croire qu’il ne soit pas influencé.
    Il est évident que des entreprises ou des États soutiennent cette thématique, dans un sens ou dans l’autre, pour servir leurs propres intérêts.
    Je reconnais que les data centers ne sont pas la solution écologique idéale, mais ce ne sont pas non plus des raffineries ou des aéroports.

    2) À mon avis, investir dans un méga data center est actuellement un pari risqué, voire irréfléchi.
    a) Trump et les États-Unis fournissent toutes les raisons de remettre en question l’hypercentralisation.
    b) Les performances des modèles d’IA embarqués open source progressent de manière exponentielle. Surtout, des entreprises ont tout intérêt à ce que ces modèles deviennent plus performants.
    D’ailleurs, les besoins en mémoire et en puissance de calcul ne font que diminuer.
    Il est probable que Nvidia, Intel, AMD et ARM gagnent davantage d’argent en équipant des micro-ordinateurs avec des solutions d’IA embarquée, plutôt qu’en vendant des systèmes à des entreprises qui, actuellement, vendent leurs tokens à perte.
    Selon moi, cela explique pourquoi Nvidia et ARM ont annoncé produire leurs propres processeurs : ils ont compris qu’ils devaient construire un écosystème favorable pour capter le futur marché de l’IA embarquée dans les PC.
    Pour ma part, je pense que la France a un tel déficit en matière de datacenters qu'il n'y a aucun risque à investir dedans.

    Même si la bulle IA s'effondre, on pourra toujours offrir du cloud, et rapatrier nos données de ce côté de l'Atlantique. Parce que la menace est réele : si l'administration américaine décide du jour au lendemain d'interdire aux entreprises françaises d'utiliser AWS et autres, cela va provoquer une crise majeure.

  19. #19
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    Par défaut La pression populaire entrave les projets de centres de données et menace la souveraineté numérique
    « La vague de rejet de l'IA ne fait que commencer » : elle entrave les projets de centres de données et menace la souveraineté technologique
    laissant les États à la recherche de solutions équilibristes

    Les analystes suggèrent que la résistance citoyenne face à l'IA ne fait que commencer. Ce phénomène est marqué par des protestations contre les centres de données et une méfiance politique croissante. Bien que les préoccupations concernant l'emploi et la sécurité soient réelles, un rejet massif risquerait de freiner des progrès sociétaux majeurs et de compromettre la compétitivité nationale. Pour désamorcer cette hostilité populaire, certains analystes proposent de partager plus largement les bénéfices économiques générés par cette technologie tout en imposant des réglementations strictes sur les risques critiques liés aux infrastructures d'IA.

    L'IA suscite une inquiétude grandissante au sein de la population occidentale, provoquant de vives oppositions. Aux États-Unis, les protestations ont déjà fait échouer des projets de centres de données d'une valeur de plus de 100 milliards de dollars, et jusqu'à 40 % des électeurs souhaiteraient même voir l'IA bannie de la plupart des secteurs industriels. Des politiques ont perdu des élections en raison de leur soutien aux centres de données.

    Cette hostilité n'en est qu'à ses débuts, et la construction de centres de données génère paradoxalement plus de rejet local que l'installation de réacteurs nucléaires. Cette méfiance généralisée s'explique en grande partie par les avertissements alarmistes des patrons du secteur eux-mêmes, qui évoquent souvent des suppressions d'emplois ou des menaces existentielles pour la survie de l'humanité face à de potentiels super-virus générés par l'IA.

    Selon un récent rapport de The Economist, la levée de boucliers ne fait que commencer, car la technologie n’en est elle-même qu’à ses débuts. En raison de cette hostilité populaire croissante, les candidats aux élections, en Europe et aux États-Unis, font de moins en moins allusion à l'IA dans leurs discours.

    La pression populaire face aux dangers d'un freinage technologique

    Autrefois présentés par les politiciens comme de formidables opportunités de développement économique, les centres de données d'IA sont aujourd'hui perçus comme une menace majeure par les citoyens. Les opposants dénoncent l'impact environnemental de ces infrastructures, pointant du doigt leurs surconsommations d'électricité et d'eau. En Europe, les dirigeants sont appelés à protéger les ressources naturelles déjà surexploitées.


    Les données statistiques illustrent un rejet écrasant de ces infrastructures. Une enquête Reuters/Ipsos révèle que 57 % des Américains s'opposent catégoriquement à la construction d'un centre de données dans leur région, tandis qu'un maigre 14 % se sent à l'aise à l'idée de vivre à proximité de telles installations.

    Les gouvernements et politiciens se retrouvent face à un choix difficile : cesser de promouvoir la construction de ces infrastructures gigantesques ou continuer à les soutenir au risque de perdre les votes de leurs électeurs. The Economist met en garde : céder à cette pression populaire et entraver le développement de l'IA par des réglementations excessives ou en limitant la puissance de calcul représente un risque économique et stratégique majeur.

    Selon les patrons de l'industrie, l'IA possède le potentiel de stimuler considérablement la productivité et les revenus, d'améliorer les technologies vertes ou encore d'aider à trouver des remèdes à des maladies aujourd'hui incurables, de la même manière que l'électricité ou la machine à vapeur ont transformé le monde en leur temps. De ce fait, entraver le développement de l'IA sous la pression populaire représente un risque majeur pour les pays.

    Sur le plan géopolitique, si les États-Unis freinent leurs avancées sous la pression de l'opinion publique, ils risquent de céder leur avance technologique, cybernétique et militaire à des nations comme la Chine. Pour l'Europe et le Canada, déjà prudents, s'isoler pendant que le reste du monde progresse pourrait entraîner un retard irrattrapable. En France, des élus proposent d'ériger les centres de données en « projets d'intérêt national majeurs ».

    L'Europe est appelée à protéger ses ressources déjà surexploitées

    La demande croissante en eau pour alimenter les ambitions américaines en matière d'IA survient alors même que les réseaux d'approvisionnement en eau, qui se détériorent à travers le pays, ont besoin d'être modernisés. Sans surprise, de nombreuses entreprises du secteur s'attendent à ce que l'IA contribue à résoudre les problèmes d'approvisionnement en eau. Selon les experts, si rien n’est fait, les conséquences pourraient être dramatiques.

    En Europe, les analystes préviennent que les besoins en eau pourraient dépasser l'offre à mesure que les vagues de chaleur s'intensifient. Selon un rapport de Grundfos, les besoins énergétiques des centres de données européens devraient plus que tripler d'ici à 2030, passant de 10 à 35 gigawatts. Leur part dans la consommation totale d'électricité en Europe, aujourd'hui d'environ 3 %, pourrait grimper entre 7 et 9 % à la fin de la décennie.

    Cette croissance rapide fait peser une pression considérable sur les ressources locales ; les systèmes de refroidissement absorbent environ 38 % de l'électricité de ces installations et mobilisent d'énormes quantités d'eau. Grundfos estime que les besoins des centres de données peuvent atteindre entre 11 356 et 18 927 mètres cubes d'eau par jour pour les plus grandes infrastructures, soit l'équivalent de la consommation 155 000 foyers européens.

    Grundfos affirme que l'Europe doit impérativement concilier ses ambitions en matière d'IA et de cloud computing avec les limites de ses ressources en eau et en énergie. L'entreprise a déclaré que si le développement de ces infrastructures numériques n'est pas rigoureusement coordonné, la mauvaise implantation ou l'inefficacité des centres risquent d'aggraver les problèmes d'approvisionnement et de susciter une vive opposition de la part du public.

    Le cimetière politique des élus favorables aux centres de données

    La colère face à ces projets jugés destructeurs s'est rapidement transformée en une arme politique redoutable, balayant de nombreux élus qui avaient osé les soutenir. Dans l'Utah, le puissant président du Sénat de l'État et plusieurs fonctionnaires ont été battus lors des primaires pour avoir fait avancer le tentaculaire projet Stratos en ignorant les préoccupations exprimées par les communautés locales. Une situation qui profite à l'opposition.

    « Est-ce que je pense que mon vote en faveur du centre de données m’a coûté mon élection ? Oui, je le pense », a déclaré l’ancien commissaire du comté de Box Elder, Lee Perry, après avoir reconnu sa défaite aux primaires, alors qu’il avait voté en faveur du projet Stratos, une initiative très controversée.

    Dan Cassino, professeur de sciences politiques à l'université Fairleigh Dickinson et directeur du FDU Poll, a fait valoir que les centres de données sont déjà devenus un enjeu majeur dans les primaires, l'accessibilité financière étant désormais au cœur de la politique américaine et les prix de l'énergie étant devenus « le symbole actuel de l'accessibilité financière ». Selon lui, ces projets imposent un compromis inacceptable pour les résidents.

    « Rien de tout cela n’aurait d’importance si les électeurs appréciaient ce que leur apportent les centres de données, mais ils n’en voient pas l’intérêt. “Vous paierez l’énergie plus cher, mais soit vous perdrez votre emploi, soit votre plan d’épargne retraite s’effondrera” : ce n’est pas un compromis que la plupart des électeurs sont prêts à accepter », a ajouté Dan Cassino. Les politiques évoquent désormais de moins en moins l'IA dans leurs discours.

    Le désastre sanitaire causé par les centres de données pour l'IA

    Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.

    Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

    Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

    Nicholas Muller fait référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

    Sortir de l'impasse par une approche politique pragmatique et ciblée

    Selon le rapport de The Economist sur la situation, face à ces enjeux colossaux, les gouvernements doivent adopter une approche incrémentale et flexible, en avançant pas à pas pour gérer les défis au fur et à mesure qu'ils se présentent, plutôt que de chercher à définir de grands contrats sociaux illusoires. Selon le média, la première stratégie fondamentale consiste à « répartir le plus largement possible les bénéfices de l'IA au sein de la société ».

    Cela passe par un soutien financier direct aux municipalités accueillant des infrastructures technologiques et par des politiques d'accompagnement, comme l'assurance salariale, pour aider les travailleurs à s'adapter aux bouleversements. Ensuite, les analystes estiment qu'il est également crucial de réglementer de manière très stricte les menaces réelles et graves liées à technologie, telles que le bioterrorisme ou les cyberattaques facilitées par l'IA.

    « S'attaquer sérieusement à ces vrais dangers permettrait de désamorcer les arguments en faveur d'une interdiction totale et aveugle de la technologie ». Il est également essentiel de mesurer l'impact réel de la technologie et de s'appuyer sur des statistiques fiables pour dissiper les craintes souvent infondées.

    Par exemple, la consommation d'eau des centres de données est devenue une préoccupation majeure, alors qu'elle resterait globalement bien inférieure à celle des terrains de golf américains. Enfin, l'État doit lui-même intégrer l'IA pour améliorer l'efficacité de ses services publics. Les citoyens seraient bien plus enclins à accepter cette disruption s'ils constataient qu'elle contribue à guérir leurs proches ou à faciliter l'apprentissage de leurs enfants.

    Persuader la population que cette technologie sert ses intérêts est devenu tout aussi crucial que l'amélioration des modèles d'IA eux-mêmes. En fin de compte, la réussite de cette transition dépendra de la capacité des dirigeants à instaurer une confiance durable plutôt qu'à simplement optimiser les modèles techniques.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'opposition croissante aux centres de données d'IA ?
    Que pensez-vous des approches proposées ci-dessus pour sortir de cette impasse ?
    L'État peut-il réellement démontrer l'utilité de l'IA à travers son intégration dans les services publics ?
    Une proposition appelle à répartir le plus largement possible les bénéfices de l'IA dans la société. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    « Mon vote en faveur du centre de données m'a coûté l'élection » : les centres de données énergivores suscitent la colère des électeurs et deviennent le cimetière politique des élus qui soutiennent ces projets

    Les protestations contre les datacenters, portés par l'explosion des besoins en IA et les ambitions de chaque pays d'être représentatif dans la filière, se multiplient à l'échelle mondiale

    Les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 milliards de $ en 2026, et le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé pour atteindre 833

  20. #20
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    La pression populaire entrave les projets de centres de données et menace la souveraineté numérique

    Alors là, c'est la meilleure de l'année!!!

    1. Ce ne sont pas les centres de données qui sont refusés par la population, ce sont des centres de données gigantesques dédiées à l'IA... Nuance!

    2. Sans la pression populaire, le cloud, les datacenters et autres IA sont déjà majoritairement sous le contrôle des USA et de la Chine. Elle est où la souveraineté numérique?

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