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Intelligence artificielle Discussion :

Un caviardage raté dévoile la consommation colossale d'un centre de données de Google au Nebraska


Sujet :

Intelligence artificielle

Vue hybride

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  1. #1
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    Par défaut La nouvelle centrale électrique du datacenter IA d'Amazon au Texas peut devenir l'un des plus gros pollueurs
    La nouvelle centrale électrique au gaz du datacenter IA d'Amazon au Texas, d'une puissance de 7,65 GW, peut devenir la plus grande source d'émissions de CO₂ aux USA
    Avec jusqu’à 33 millions de tonnes par an

    On se posait encore il y a peu la question de savoir si la priorité doit aller à la préservation de l’environnement ou si notre focus doit porter sur l’innovation en matière d’intelligence artificielle ? La réponse semble être claire du côté du Texas dont les autorités ont validé un projet de construction d’une centrale électrique au gaz pour un datacenter d’Amazon qu’elles autorisent à polluer à hauteur de 33 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. En cela, la centrale d’une puissance annoncée de 7,65 gigawatts est susceptible de devenir la plus grade source d’émissions de gaz à effet de serre aux USA.

    Le projet d'Amazon au Texas surpasse tous les autres en termes de volumes d'émissions prévisionnels avec une centrale à gaz dédiée de 7,65 gigawatts

    Un nouveau centre de données d’Amazon est susceptible de devenir la plus grande source de pollution environnementale aux USA, selon divers rapports. Le géant de la technologie — qui exploite déjà le plus grand nombre de centres de données au monde — est en train de construire une centrale électrique au gaz naturel dans le comté de Pecos, au Texas, afin d’alimenter son nouveau centre de données situé sur le même site.

    D'après les autorisations délivrées pour le projet, la centrale produirait jusqu'à 7,65 gigawatts d'électricité grâce à 35 turbines au gaz naturel. Cette nouvelle centrale — qui brûle du gaz naturel pour produire de l'électricité — a reçu l'autorisation d'émettre 33 millions de tonnes de CO₂ par an, soit plus de gaz à effet de serre que n'importe quelle autre centrale électrique du pays.

    Le projet d'Amazon au Texas surpasse tous les autres en termes de volume d'émissions prévisionnel avec sa centrale à gaz dédiée de 7,65 gigawatts. Les campus d'IA de Meta, xAI et Microsoft s'ajoutent en tête des infrastructures individuelles les plus lourdes en gaz à effet de serre.

    Grosso modo, les classements basés sur l'empreinte carbone et l'intensité d'émissions par mégawattheure (MWh) placent les États suivants en tête des plus polluants :

    Virginie (1er) : Abrite la plus grande concentration mondiale de centres de données (notamment dans le comté de Loudoun), affichant la plus forte intensité d'émissions de CO2 équivalent par MWh en raison du volume massif de données géré.

    Texas (2e) : Connaît une expansion fulgurante, marquée par l'implantation de méga-infrastructures alimentées par des centrales à gaz dédiées hors réseau.

    Californie (3e) : Malgré un mix énergétique plus vert, le volume des activités technologiques y génère un total d'émissions élevé.

    Ohio et Illinois (4e et 5e) : Retiennent d'importantes charges de calcul dépendant encore fortement des énergies fossiles régionales.


    Grosso modo, on assiste à une multiplication de projets axés sur le soutien en matière d’innovation en intelligence artificielle et c’est l’environnement qui paie le prix fort

    La France compte environ 350 centres de données en activité et plusieurs dizaines de nouveaux projets majeurs de construction recensés (autour de 26 à 52 projets principaux rendus publics ou suivis selon les observatoires et critères de taille, adossés à plus de 60 sites pré-identifiés par l'État).

    L'Europe compte plus de 3300 centres de données opérationnels et voit se multiplier les projets de construction. Porté par le boom de l'intelligence artificielle, le marché européen enregistre des dizaines de nouveaux projets de grands centres de données planifiés ou en cours de livraison par les investisseurs et géants de la filière technologique.

    Les États-Unis comptent environ 3000 à 4000 projets ou chantiers de centres de données en cours de développement ou de construction. Les chiffres précis varient selon les plateformes de suivi : la base Cleanview dénombre près de 900 grands projets de construction majeurs, tandis que des recensements plus larges incluant les phases de planification évoquent plus de 1700 à 3000 projets face à la forte demande en intelligence artificielle.

    Les griefs à l’endroit de ces infrastructures et la mobilisation contre ces dernières sont en général les mêmes :

    Aberration écologique : Les critiques soulignent l'immense appétit énergétique des centres de données. Par exemple, le plus grand data center de France, situé à La Courneuve (Île-de-France), consomme à lui seul l'équivalent de l'électricité d'une ville de 50 000 habitants. De plus, les besoins massifs en eau pour le refroidissement et la chaleur rejetée inquiètent les riverains, comme c'est le cas pour le projet Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin)

    Artificialisation des sols : Des collectifs s'opposent à la transformation de terres agricoles ou de zones naturelles pour bâtir ces hangars géants.

    Localisation des contestations : Plusieurs implantations prévues ou en développement cristallisent la colère citoyenne. Des oppositions concrètes sont visibles dans des zones comme Petit-Landau, près de Grenoble, ou encore en Île-de-France (Vitry-sur-Seine, Wissous, Le Bourget).

    Actions sur le terrain : Les militants s'organisent via des collectifs locaux pour exiger la transparence sur les consommations et alerter l'opinion publique, aboutissant parfois à des recours juridiques ou des actions de sensibilisation.

    Les initiatives allant dans le sens de la préservation de l’environnement laissent les observateurs sceptiques. Google promet entre autres de restituer 120 % de l’eau que ses centres de données consomment d’ici 2030

    Le scepticisme auquel se heurte l'engagement de Google à restituer plus d'eau que l’entreprise ne consomme dans ses centres de données trouve son origine dans les inquiétudes du public concernant les besoins considérables en refroidissement du matériel dédié à l'intelligence artificielle. Les détracteurs, les hydrologues et les communautés locales remettent en question la faisabilité de ces objectifs, invoquant les complexités logistiques, techniques et géographiques liées à la compensation de la consommation d'eau.

    En effet, les centres de données utilisent de l'eau pour leurs tours de refroidissement qui évaporent en permanence dans l'atmosphère des millions de gallons d'eau potable locale de grande qualité. Les observateurs émettent des doutes sur les mesures de compensation qui consistent souvent en des mesures indirectes — telles que la réparation de fuites dans les systèmes d'irrigation agricole ou la restauration de zones humides éloignées — et sur leur capacité à réinjecter la même eau potable dans les aquifères locaux sur lesquels les centres de données s’approvisionnent.

    Google utilise aussi des systèmes de refroidissement par air ou à « circuit fermé » dans les bassins versants à haut risque. Ces derniers consomment moins d’eau, mais lorsque les serveurs recourent à d’énormes ventilateurs pour leur refroidissement par air, ils consomment nettement plus d’électricité, ce qui nécessite par conséquent davantage d’eau pour la production d’électricité en amont.

    Pour garantir leur efficacité et prévenir la corrosion des canalisations, les systèmes de refroidissement « en circuit fermé » ou par évaporation nécessitent des traitements chimiques. Lorsque ces systèmes sont vidangés, ils rejettent une concentration de produits chimiques susceptible, à terme, de dégrader la qualité de l'eau locale.

    C’est pour ce lot de raisons (liste non exhaustive) que les observateurs estiment que le projet de Google est beau sur le papier mais s’apparente à ce qu’ils nomment la « farce des crédits carbone. »

    La filière technologique pêche encore dans sa capacité à concilier progrès technologique et sobriété afin de sortir du dilemme entre impact environnemental de l’intelligence artificielle et besoin d’innovation

    Ca commence par l’innovation et la sobriété technologique en privilégiant des modèles plus petits et spécialisés plutôt que des modèles géants d'IA générative quand cela suffit ; en écrivant des algorithmes plus propres pour réduire le nombre de calculs et les besoins en puissance ; en utilisant des puces électroniques spécialisées à faible consommation.

    Il faudra en parallèle mettre l’accent sur la mise sur pied d’infrastructures et d’énergies vertes en implantant et alimentant les serveurs avec des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) ; en améliorant les techniques de refroidissement des centres de données pour limiter drastiquement le gaspillage massif d'eau ; en intégrant l'analyse du cycle de vie du matériel informatique dès le départ pour réduire l'extraction des terres rares.

    Il faudra enfin penser à faire un usage raisonné de l’intelligence artificielle en réservant l'IA aux applications à forte valeur ajoutée (transition énergétique, santé, science) et stopper les utilisations futiles ; en évitant que les gains d'efficacité technologique ne servent à produire encore plus de services superflus ; en exigeant des acteurs technologiques qu'ils mesurent et publient clairement leur empreinte carbone et hydrique réelle. La réglementation nationale contraignante en cours de gestation en Australie reprend une bonne partie de ces propositions.

    Et vous ?

    Ecologiste ou partisan de l'innovation et de la souveraineté numérique : De quel bord êtes-vous lorsqu'il s'agit des datacenters ?
    Pour ou contre l’implantation des centres de données IA ? Quelles sont vos raisons ?
    Quelles solutions entrevoyez-vous pour sortir du dilemme que créent les centres de données ?

    Voir aussi :

    La rébellion contre les centres de données dédiés à l'IA prend de l'ampleur aux États-Unis : 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions, dont quatre ont adopté des mesures définitives

    Pour la première fois, une ville californienne vote à une large majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant de leurs effets négatifs sur l'environnement

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental
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  2. #2
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    Par défaut L'empreinte carbone de l'IA de l'IA va bien au-delà de l'appétit énergétique des centres de données
    L'empreinte carbone de l'IA va bien au-delà de l'appétit énergétique des centres de données : elle stimule la production massive d'énergies fossiles, avec des émissions jusqu'à 13 fois supérieures

    Une nouvelle étude met en lumière une facette méconnue de l'impact climatique de l'IA : les émissions facilitées (enabled emissions). Au-delà de la consommation électrique massive des centres de données, l'IA sert de levier technologique aux compagnies pétrolières pour accroître leur productivité et leurs profits. Cette aide à l'extraction de combustibles fossiles génère une pollution bien plus importante que le fonctionnement matériel de l'IA lui-même. Bien que ces outils puissent également soutenir les énergies renouvelables, les recherches démontrent que ce bénéfice ne suffit pas à compenser les dommages environnementaux globaux.

    Jusqu’à présent, le débat public sur l'empreinte carbone de l'IA s’est concentré sur l’énorme quantité d’électricité nécessaire à son fonctionnement. La consommation électrique des centres a fait monter en flèche les émissions des entreprises technologiques, a complètement fait dérailler leurs plans climatiques et les a entraînées de plein fouet dans le secteur des combustibles fossiles. La demande de la société en combustibles fossiles est en hausse.

    Microsoft vient de signer un accord avec Chevron pour développer une immense centrale à gaz au Texas, destinée explicitement aux centres de données. Amazon prévoit de construire la plus grande centrale électrique à combustibles fossiles jamais construite aux États-Unis pour alimenter ses modèles d'IA.

    Et pourtant, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg climatique de l’IA. Car non seulement l’IA consomme des combustibles fossiles pour produire de l’électricité, mais elle aide également les plus grandes compagnies pétrolières mondiales à produire davantage de combustibles fossiles, plus rapidement, à moindre coût et avec des profits plus importants. Son efficacité actuelle profite à l'industrie pétrolière, aggravant ainsi la crise climatique.

    Au-delà des centres de données : l'impact caché de l'IA

    Une étude révisée par des pairs et publiée dans la revue scientifique NPJ Climate Action démontre que la consommation opérationnelle de l'IA n'est qu'une infime partie de son véritable impact climatique réel. L'étude a été menée sous la houlette de Will et Holly Alpine, un couple d'anciens cadres de Microsoft devenus chercheurs en développement durable. Ils ont démissionné en 2024 pour cofonder une campagne appelée « Enabled Emissions ».

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    Leur étude met en lumière un concept assez récent : « émissions facilitées » (enabled emissions). L'idée est qu'au-delà des émissions directes des centres de données, l'IA génère également des émissions indirectes en rendant certaines activités polluantes plus efficaces, en particulier l'extraction de pétrole et de gaz.

    Les émissions facilitées sont les gaz à effet de serre supplémentaires rejetés quand des compagnies pétrolières et gazières utilisent des technologies avancées pour augmenter leurs productions et leurs profits. Dans le cas l'industrie pétrolière, l'IA sert d'outil sur mesure pour localiser de nouveaux gisements, accélérer le forage des puits et maximiser l'extraction des champs existants. Elle offre des avantages comparables dans l'industrie gazière.

    Une alliance initiée en 2019 entre Microsoft et ExxonMobil visait notamment à augmenter la production de cette dernière de 50 000 barils par jour. Comme le dénonce Holly Alpine : « il y a des équipes d'ingénieurs et de commerciaux dans ces entreprises technologiques qui sont explicitement destinées à l'industrie des combustibles fossiles, programmant du code en partenariat direct avec les majors pétrolières pour étendre leur production ».

    Des chiffres qui redéfinissent l'empreinte carbone de l'IA

    Les données de l'étude mettent en évidence un immense décalage environnemental. L'usage de l'IA par les producteurs d'hydrocarbures pourrait générer une hausse des émissions mondiales de l'ordre de 0,47 à 1,8 gigatonne de CO2 par an. Pour contextualiser ces chiffres, la limite haute de 1,8 gigatonne représente environ 3 fois les émissions annuelles globales de l'Allemagne, qui est la première puissance économique et la troisième au monde.

    Les chercheurs estiment que ces émissions facilitées sont 3 à 13 fois plus élevées que la pollution déjà massive générée par l'alimentation électrique des centres de données. Si l'on compare ces chiffres à des échelles étatiques, la fourchette basse de cette pollution additionnelle équivaut aux émissions annuelles du Mexique, tandis que la fourchette haute atteint le niveau de pollution de la Russie, qui est le 4e plus grand émetteur de la planète.

    Bien que l'IA soit également déployée pour optimiser l'efficacité des énergies renouvelables comme le solaire ou l'éolien, les gains de productivité offerts aux énergies fossiles surpassent de loin ces bénéfices verts. En évaluant 64 scénarios différents, les chercheurs ont constaté que l'IA devrait aider le secteur des énergies renouvelables 4 à 5 fois plus que celui des fossiles uniquement pour que l'effet global sur les émissions mondiales soit neutre.

    L'étude met en évidence à quel point les secteurs de l’IA et des combustibles fossiles sont étroitement liés. Au fur et à mesure que l'IA progresse, les émissions facilitées pourraient s'envoler. « Il est difficile et frustrant pour nous de voir que le débat sur les véritables impacts climatiques de l’IA se limite aux seules émissions d’exploitation. Nous ne saurions trop insister sur l’importance d’inclure les utilisations de l’IA », a déclaré Holly Alpine.

    La nécessité d'élargir le débat et de poser des garde-fous

    Face à cette situation, les experts appellent à élargir la réflexion réglementaire au-delà de la seule efficacité énergétique des infrastructures informatiques. Afin d'éviter que le développement de l'IA ne pousse l'humanité vers un avenir climatique négatif, les Alpine préconisent la mise en place de règles contraignantes obligeant les Big Tech à divulguer les émissions que leurs outils facilitent et à les comptabiliser dans leurs propres bilans carbone.

    Bien que des prémisses de régulation émergent en Europe et aux États-Unis, ces démarches restent pour l'instant largement insuffisantes ou non contraignantes pour les entreprises. Il ne s'agit pas d'adopter une posture de rejet systématique de l'IA, mais d'imposer des limites politiques claires à ses usages. Pour reprendre les termes de Holly Alpine : « nous ne sommes pas catégoriquement anti-IA (...) Nous avons simplement besoin de garde-fous ».

    Prolifération des centres de données et hausse des coûts

    L’implantation des centres de données destinés à l'IA s’accompagne de problèmes et d’une opposition de la part de la population. Lors d’une réunion communautaire organisée en mai au sujet de nouveaux projets de centres de données, les habitants de Henrico, en Virginie, ont fait part de leurs inquiétudes concernant la consommation d’eau, le bruit « insupportable » des fermes de serveurs et la hausse de leurs factures d’électricité.

    Une habitante de Henrico a vu sa facture d’électricité doubler au mois de janvier, alors même qu’elle utilisait des panneaux solaires et une pompe à chaleur pour réduire ses dépenses. Les coûts de l’électricité sont en hausse pour tous les riverains. Souvent, les promoteurs de ces nouveaux projets promettent de mettre en place des infrastructures électriques pour compenser ce surcoût et éviter que ce ne soit les citoyens lambda qui en fassent les frais.

    Mais la mise en place de ces infrastructures est complexe et prend du temps ; les promoteurs ont donc souvent recours à des solutions à court terme, telles que des turbines à gaz. Dans le Mississippi, un centre de données de xAI fonctionne grâce à 27 turbines à gaz qui rejettent des polluants dans l’atmosphère.

    Dans le comté de Henrico, les responsables ont indiqué que certains des nouveaux centres de données pourraient être alimentés temporairement par plus de 300 générateurs diesel. Malgré ces efforts pour alimenter leurs propres centres de données, les développeurs doivent toujours se raccorder au réseau électrique local. Et tant qu’une infrastructure électrique adéquate n’aura pas été mise en place, ce sont les contribuables qui en font les frais.

    L’année dernière, l’Assemblée législative de l’État de Virginie a approuvé une hausse des tarifs pour les consommateurs d’énergie. Une partie de cette hausse comprenait des mesures destinées à atténuer l’impact des augmentations de tarifs subies par les particuliers en raison des centres de données. Malgré cela, les habitants ont vu leurs factures d’électricité exploser et le comté de Henrico informe ses employés qu’ils devront se serrer la ceinture.

    L’impact environnemental colossal des centres de données

    Amazon est en train de construire une centrale électrique au gaz naturel de 7,65 gigawatts dans le comté de Pecos, au Texas, afin d'alimenter son nouveau centre de données d'IA. Équipée de 35 turbines, cette grande installation a reçu l'autorisation d'émettre jusqu'à 33 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, ce qui représente un volume d'émissions prévisionnel supérieur à celui de n'importe quelle autre centrale électrique du pays.

    En autorisant un tel niveau de pollution pour soutenir l'IA, les autorités texanes illustrent une tendance lourde où l'innovation semble l'emporter sur l'écologie. Pour certains critiques , ce projet soulève une question cruciale : faut-il donner la priorité à l'environnement ou à l'innovation et la souveraineté numérique ?

    L'essor de l'IA génère des besoins énergétiques et hydriques massifs qui pèsent lourdement sur l'environnement. Aux États-Unis, la Virginie se place en tête des États les plus polluants en raison d'une concentration mondiale record de centres de données, suivie par le Texas, la Californie et l'Ohio. En France, le plus grand centre de données du pays, situé à La Courneuve, consomme à lui seul autant d'électricité qu'une ville de 50 000 habitants.

    L'implantation de ces infrastructures suscite une opposition locale de plus en plus structurée et déterminée à travers le monde. Les opposants dénoncent non seulement la consommation d'eau et d'électricité, mais aussi l'artificialisation de terres agricoles et naturelles. Aux États-Unis, 69 collectivités locales bloquent actuellement les nouvelles constructions de centres de données, et une ville californienne a voté leur interdiction définitive.

    Source : rapport de l'étude

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des émissions facilitées (permises) l'IA générative ?
    Ces émissions montrent que l'empreinte carbone réelle est sous-estimée. Qu'en pensez-vous ?
    Quelles solutions entrevoyez-vous pour sortir du dilemme que crée l'explosion des centres de données d'IA ?

    Voir aussi

    La nouvelle centrale électrique au gaz du datacenter IA d'Amazon au Texas, d'une puissance de 7,65 GW, peut devenir la plus grande source d'émissions de CO2 aux USA, avec jusqu'à 33 millions de tonnes par an

    Priorité à l'environnement ou focus sur l'innovation et la souveraineté numérique ? Les datacenters créent un dilemme qui oppose écologistes et partisans de l'innovation et de la souveraineté numérique

    Le Texas suspend les raccordements au réseau électrique des nouveaux centres de données IA afin de protéger le réseau contre les surcharges, ainsi que « la qualité de vie des Texans »

  3. #3
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    Euh, n'est-ce une partie des soucis des fuites que connait la France actuellement ? Il ne peut pas y avoir de "souveraineté numérique", cela n'existe pas. C'est une phrase vide de sens, du blabla novlang pour bobo déconnecté... mais connecté en fait

  4. #4
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    Euh, n'est-ce une partie des soucis des fuites que connait la France actuellement ? Il ne peut pas y avoir de "souveraineté numérique", cela n'existe pas. C'est une phrase vide de sens, du blabla novlang pour bobo déconnecté... mais connecté en fait
    le problème n'est pas le cloud mais l'IA qui est extrêment gourmande en énergie
    l'IA nous pompe la ram, les puces mémoires en général mais aussi elle nous pompe l'air
    Tutoriels OpenGL
    Je ne répondrai à aucune question en MP
    - Si c'est simple tu dis que c'est compliqué et tu le fait
    - Si c'est compliqué tu dis que c'est simple et tu le sous-traite ou le fait faire par un stagiaire.

  5. #5
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    Par défaut « On n’a jamais vu un tel niveau d’opposition » : l’Ecosse s’oppose à l’essor des centres de données
    « On n’a jamais vu un tel niveau d’opposition » : l’Ecosse s’oppose à l’essor des centres de données qui créent un dilemme.
    Priorité à l'environnement ou focus sur l'innovation et la souveraineté numérique ?

    L'Écosse est confrontée à une vive opposition de la part de l'opinion publique et des milieux politiques face à l'essor des projets de centres de données d'IA à très grande échelle, en raison des inquiétudes liées à leur consommation énergétique massive, à l'occupation des sols et à la pollution locale. Le cas écossais n’est pas isolé. A l’échelle globale, les datacenters créent un dilemme : faut-il donner priorité à l’environnement ou garder le focus sur l’innovation et la souveraineté numérique ?

    Partout en Écosse, les populations s'opposent farouchement à environ 23 projets de centres de données hyperscale. Par exemple, un projet de 600 MW près d’Auchtertool, dans le Fife — présenté comme pouvant devenir le deuxième plus grand centre de données au monde — a suscité 1 600 objections, tandis qu’un projet à Larbert a fait l’objet de manifestations de plus de 100 personnes et de près de 7 000 objections en ligne en raison de l’installation prévue de générateurs de secours au diesel à proximité d’une maison de retraite et d’un hôpital.

    Bien que le gouvernement écossais se soit abstenu d'imposer un gel total ou un moratoire, il a renforcé les restrictions en matière d'urbanisme. Les promoteurs qui proposent des centres de données d'une capacité supérieure à 50 MW doivent désormais en informer les ministres, et certains sites controversés (comme Auchtertool) sont tenus de présenter des études d'impact environnemental officielles.

    Des associations caritatives et des groupes tels que « Action to Protect Rural Scotland » (APRS) affirment que les promoteurs se précipitent, dans un but spéculatif, pour obtenir des raccordements au réseau électrique, et soulignent que ces installations consomment d'énormes quantités d'énergie et d'eau tout en ne créant que très peu d'emplois locaux permanents.

    Les promoteurs et les représentants du secteur défendent ces projets en les présentant comme une opportunité économique unique pour l'Écosse, soulignant que l'abondant excédent d'énergie renouvelable du pays constitue un complément idéal pour les infrastructures numériques.


    Deux grands groupes s’affrontent lorsqu’on parle d’implantation des centres de données : les écologistes qui pointent du doigt le mauvais impact environnemental de l’implantation de ces infrastructures informatiques et de l’autre côté, et certains partisans de la souveraineté numérique et de l’innovation qui militent pour une poursuite de la lancée actuelle faite de constructions à la chaîne des datacenters

    En France, des responsables comme Anne Le Hénanff défendent ces infrastructures en vantant les créations d'emplois, l'innovation en intelligence artificielle et la nécessité absolue de maîtriser les données sur le sol national.

    Xavier Bertrand (président de la région Hauts-de-France) défend l'implantation de ces infrastructures sur son territoire en mettant en avant la capacité à mobiliser une énergie stable, des ingénieurs locaux et à créer une nouvelle dynamique industrielle.

    Le président Emmanuel Macron et le gouvernement français vantent régulièrement les datacenters comme des piliers essentiels pour faire de la France un leader de l'intelligence artificielle, en s'appuyant sur l'atout d'une électricité nucléaire largement décarbonée


    En effet, au niveau de l’Union européenne, l’heure est au renforcement de la souveraineté numérique et à la réduction de la dépendance aux technologies américaines. Le cœur de cette stratégie industrielle repose sur le projet de loi européen relatif au développement du cloud et de l'IA (Cloud and AI Development Act). Ce texte prévoit d'orienter les financements publics vers des produits favorisant l'économie et l'indépendance européennes, de réduire les lourdeurs administratives pour les centres de données et de renforcer la recherche et l'innovation.


    Les opposants et les lanceurs d’alertes écologistes pointent du doigt le mauvais impact environnemental de l’implantation des centres de données

    La fronde mondiale contre l'implantation de centres de données (datacenters) s'est intensifiée de manière spectaculaire, menant à des blocages massifs de et des manifestations coordonnées dans de nombreux pays.


    L'État de New York est devenu le premier du pays à imposer un moratoire d'un an sur la construction de centres de données très énergivores (plus de 50 mégawatts). Des villes comme Monterey Park en Californie ont interdit de telles constructions par vote populaire.

    Une première initiative nationale a regroupé 142 manifestations simultanées à travers 42 États. Selon des rapports sectoriels, les opposants ont réussi à retarder ou bloquer des projets représentant près de 130 milliards de dollars.

    À Marseille, hub numérique majeur, les riverains et les autorités locales s'inquiètent des risques de saturation du réseau électrique et de la présence potentielle de polluants éternels (PFAS) dans les fluides de refroidissement. À Mulhouse, le projet d'un campus numérique sur 40 hectares de terres agricoles a provoqué une vive opposition des associations locales.

    Dans l’Oise, les habitants se mobilisent contre des projets de datacenters dédiés à l'intelligence artificielle, qualifiés de « radiateurs géants », en pointant le manque de transparence et les menaces sur les ressources.

    Les besoins massifs en électricité font redouter des hausses de factures ou des risques de coupures pour les foyers voisins. Le refroidissement des serveurs mobilise des millions de litres d'eau, accentuant les tensions dans des zones déjà touchées par la sécheresse. Le bruit permanent des ventilateurs géants, la pollution des groupes électrogènes de secours au diesel et l'artificialisation des sols cristallisent le rejet de ces projets par les riverains.

    Et vous ?

    Ecologiste ou partisan de l'innovation et de la souveraineté numérique : De quel bord êtes-vous lorsqu'il s'agit des datacenters ?
    Pour ou contre l’implantation des centres de données IA ? Quelles sont vos raisons ?
    Quelles solutions entrevoyez-vous pour sortir du dilemme que créent les centres de données ?

    Voir aussi :

    La rébellion contre les centres de données dédiés à l'IA prend de l'ampleur aux États-Unis : 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions, dont quatre ont adopté des mesures définitives

    Pour la première fois, une ville californienne vote à une large majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant de leurs effets négatifs sur l'environnement

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental
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  6. #6
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    Par défaut La demande en énergie des centres de données IA entraîne une pénurie de turbines à gaz
    La demande en énergie des centres de données IA entraîne une pénurie de turbines à gaz. Les carnets de commandes sont complets jusqu'en 2031
    et les prix de gros de l'électricité sont en hausse

    La demande massive de l'industrie de l'IA en turbines à gaz a provoqué une pénurie inattendue. Cette pression dépasse largement les capacités de production des géants industriels comme GE Vernova, dont les carnets de commandes sont complets jusqu'en 2031 au moins. Cela provoque une explosion des coûts de l'électricité et force les opérateurs à prolonger l'usage du charbon ou à se tourner vers des moteurs de secours. Malgré la pollution générée par les énergies fossiles, ce déficit est considéré comme le principal obstacle au développement de l'IA aux États-Unis. De nombreux projets numériques risquent d'être abandonnés ou retardés.

    La soif inextinguible des centres de données en ressources naturelles engendre une pression environnementale insoutenable. Le mégaprojet Stratos, prévu dans l'Utah près du Grand Lac Salé, illustre parfaitement cette folie des grandeurs : cette installation nécessiterait jusqu'à 9 gigawatts d'électricité, soit une consommation supérieure à celle de l'État de l'Utah tout entier. « Une ère dystopique s'annonce et la Terre en pâtira », note un critique.

    Selon Gartner, la consommation électrique des centres de données devrait atteindre 565 TWh en 2026, soit une hausse de 26 % par rapport à l'année précédente. Elle devrait atteindre environ 290 GW d’ici 2030, ce qui reflète l’ampleur et le rythme sans précédent de la demande stimulée par l’IA générative.

    La consommation électrique des centres de données devrait dépasser 1 200 TWh d’ici 2030. Le cabinet avertit également que l’approvisionnement du réseau sera insuffisant pour répondre aux besoins liés à la construction future de centres de données, ce qui affectera tous les utilisateurs de ces installations. Pour assurer leur approvisionnement, le secteur américain de l'IA se rue sur les turbines à gaz, qui sont désormais également en pénuries.

    Un carnet de commandes saturé pour les fabricants de turbines

    Commander aujourd'hui une turbine à gaz de grande puissance auprès de GE Vernova signifie accepter qu'elle ne sera livrée qu'en 2031. Cette réalité industrielle impacte directement tous les plans d'expansion énergétique des centres de données destinés à l'IA. Selon les données disponibles, à la fin du deuxième trimestre, GE Vernova affichait un carnet de commandes et d'accords de réservation de créneaux de 116 GW, contre 83 GW fin 2025.


    Le PDG de GE Vernova, Scott Strazik, a confirmé qu'ils prenaient actuellement des réservations pour une livraison en 2031. Face à cette demande, la capacité de production annuelle globale de l'entreprise reste limitée à environ 20 GW, avec l'ambition de monter à 24 GW d'ici 2028 et 30 GW d'ici 2030.

    Le concurrent Siemens Energy a clôturé son troisième trimestre fiscal avec un carnet de commandes fermes de 69 GW pour ses turbines à gaz, assorti de délais de livraison d'au moins trois ans. Mitsubishi Heavy Industries enregistre un carnet de commandes de 35 GW pour ses turbines de grande taille. Son directeur financier, Hiroshi Nishio, a souligné que l'entreprise devait désormais « se montrer sélective dans les projets que nous contractons ».

    Ensemble, ces trois géants totalisent un carnet cumulé de 220 GW, bien que leurs méthodes de calcul diffèrent. À l'échelle mondiale, la capacité de production du secteur oscille entre 60 et 70 GW par an, face à un volume de commandes qui a atteint un niveau record de 38 GW au cours du seul deuxième trimestre.

    L'impossible équation entre la demande de l'IA et l'offre actuelle

    L'écart de calendrier entre l'expansion rapide de l'IA et la fabrication de ces infrastructures énergétiques est saisissant. Les analystes de Goldman Sachs estiment que la demande en électricité des centres de données aux États-Unis va grimper de 31 GW en 2025 à 66 GW en 2027. Pour la seule année 2027, la hausse prévue de capacité s'élève à 36,3 GW, ce qui surpasse la capacité de production annuelle mondiale des fabricants de turbines.

    Même si GE Vernova réorientait la totalité de sa production vers les centres de données américains, cela ne parviendrait pas à couvrir une seule année de cette croissance. En outre, seulement 20 % des gigawatts sous contrat des constructeurs sont historiquement destinés aux centres de données, le reste étant réservé à d'autres projets déjà planifiés. La chaîne d'approvisionnement des turbines à gaz est extrêmement rigide et difficile à étendre.

    Les fournisseurs font face à de nombreux défis. Les pièces de fonderie critiques pour les sections chaudes proviennent de quelques usines hautement spécialisées, et la main-d'œuvre qualifiée de soudeurs et de machinistes, licenciée lors de la dernière passée, n'a jamais été reconstituée. Par conséquent, les délais de construction d'une centrale à cycle combiné sont passés d'environ trois ans et demi en 2023 à environ cinq ans actuellement.

    Cette pénurie critique d'équipements provoque une hausse historique des prix. Les projets de centrales à cycle combiné ont vu leurs coûts moyens bondir à 2 157 dollars par kilowatt en 2025, contre moins de 1 500 dollars en 2023. Les projets ciblant l'horizon 2030-2031 font état de coûts dépassant les 2 000 dollars par kilowatt. Wood Mackenzie anticipe des tarifs de turbines seules atteignant 600 dollars par kilowatt d'ici la fin de l'année 2027.

    La protection des constructeurs face aux risques de surcapacité

    Tirant les leçons du précédent cycle des années 2000, où l'essor du gaz de schiste avait entraîné un emballement général suivi d'annulations massives de commandes et de faillites en cascade, les fabricants ont instauré un système de contrats de réservation de créneaux. Ces contrats s'apparentent à des options payantes sur la production future. Si le projet du centre de données se concrétise, le client convertit cette option en commande ferme.

    S'il échoue, le constructeur d'infrastructures énergétiques conserve l'acompte et réattribue le créneau libéré à un marché de toute façon très demandeur. Ce modèle permet à GE Vernova de consolider sa trésorerie grâce à des dépôts versés pour des turbines qui ne seront peut-être jamais construites.

    Face à ces contraintes de livraison de turbines, de plus en plus de promoteurs de centres de données recherchent des alternatives rapides, notamment des moteurs alternatifs à combustion interne au gaz naturel fournis par Caterpillar et Wärtsilä, dont les carnets de commandes sont également saturés jusqu'en 2028. De surcroît, cette situation pousse au maintien en activité de vieilles centrales à charbon qui devaient initialement fermer.

    Hausse brutale des prix de gros de l'électricité aux États-Unis

    Selon les informations, les prix de gros de l'électricité sur le plus grand réseau électrique américain ont subi une hausse de 75,5 % en glissement annuel, bondissant de 77,78 à 136,53 dollars par mégawattheure. Face à cette situation critique, l'opérateur de réseau PJM Interconnection, qui gère l'électricité dans treize États américains et à Washington D.C., a soumis un projet de règlement extrêmement strict aux autorités de régulation fédérales.

    Ce texte pose un ultimatum sans détour aux nouveaux centres de données : ils doivent apporter leur propre capacité de production d'électricité. La décision de l'opérateur découle d'un déficit de production d'électricité devenu critique. Lors de sa dernière enchère de capacité, PJM a enregistré un déficit 6,8 gigawatts, ce qui représente l'équivalent de sept réacteurs nucléaires, alors même que les prix ont atteint le plafond réglementaire autorisé.

    Par ailleurs, l'arrivée massive des centres de données a grevé le marché de capacité d'un surcoût estimé à 6,3 milliards de dollars, portant la facture totale à 16,4 milliards. Ce déséquilibre est exacerbé par la mise hors service de 15 gigawatts de centrales de production depuis 2022, au moment même où l'opérateur anticipe l'intégration de 70 gigawatts de nouvelles charges énergétiques d'ici 2038, essentiellement portées par l'IA.

    Remise en question des projets spéculatifs et réglementation

    Les premiers signes d'assainissement et de régulation surviennent. L'énergéticien Exelon a drastiquement révisé ses prévisions de demande d'électricité à haute probabilité pour les centres de données, réduisant sa file d'attente de raccordement de 43 GW à 25 GW en un seul trimestre. La directrice financière Jeanne Jones affirme : « nous éliminons désormais les projets spéculatifs, et cela nous donne un aperçu proactif de ce qui est réel ».

    Au Texas, le gouverneur Greg Abbott a ordonné un audit de la file d'attente d'ERCOT, qui avait explosé à un niveau déraisonnable de 474 GW à cause des nouvelles demandes de raccordement, principalement constituées de centres de données. Ce gel réglementaire met en péril près de 50 GW de projets de centres de données américains, menacés de retards importants, alors que New York avait déjà suspendu ses nouvelles approbations en juillet.

    Goldman Sachs estime qu'à peine 50 % à 60 % des capacités de centres de données actuellement planifiées pour les deux prochaines années verront le jour à temps. Ce goulot d'étranglement historique ne se résoudra pas dans les usines de turbines, mais bien au niveau politique et réglementaire, les États et les services publics exigeant de solides garanties financières avant d'engager des études de connexion ou des infrastructures de réseau.

    L'augmentation des coûts de l'énergie pour les consommateurs

    L’implantation des centres de données destinés à l'IA s’accompagne de problèmes et d’une opposition de la part de la population. Lors d’une réunion communautaire organisée en mai au sujet de nouveaux projets de centres de données, les habitants de Henrico, en Virginie, ont fait part de leurs inquiétudes concernant la consommation d’eau, le bruit « insupportable » des fermes de serveurs et la hausse de leurs factures d’électricité.


    Une habitante de Henrico a vu sa facture d’électricité doubler au mois de janvier, alors même qu’elle utilisait des panneaux solaires et une pompe à chaleur pour réduire ses dépenses. Les coûts de l’électricité sont en hausse pour tous les riverains. Souvent, les promoteurs de ces nouveaux projets promettent de mettre en place des infrastructures électriques pour compenser ce surcoût et éviter que ce ne soit les citoyens lambda qui en fassent les frais.

    Dans le comté de Henrico, les responsables ont indiqué que certains des nouveaux centres de données pourraient être alimentés temporairement par plus de 300 générateurs diesel. Malgré ces efforts pour alimenter leurs propres centres de données, les développeurs doivent toujours se raccorder au réseau électrique local. Et tant qu’une infrastructure électrique adéquate n’aura pas été mise en place, ce sont les contribuables qui en font les frais.

    L’année dernière, l’Assemblée législative de l’État de Virginie a approuvé une hausse des tarifs pour les consommateurs d’énergie. Une partie de cette hausse comprenait des mesures destinées à atténuer l’impact des augmentations de tarifs subies par les particuliers en raison des centres de données. Malgré cela, les habitants ont vu leurs factures d’électricité exploser et le comté de Henrico informe ses employés qu’ils devront se serrer la ceinture.

    L’impact environnemental colossal des centres de données d'IA

    Amazon est en train de construire une centrale électrique au gaz naturel de 7,65 gigawatts dans le comté de Pecos, au Texas, afin d'alimenter son nouveau centre de données d'IA. Équipée de 35 turbines, cette grande installation a reçu l'autorisation d'émettre jusqu'à 33 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, ce qui représente un volume d'émissions prévisionnel supérieur à celui de n'importe quelle autre centrale électrique du pays.

    En autorisant un tel niveau de pollution pour soutenir l'IA, les autorités texanes illustrent une tendance lourde où l'innovation semble l'emporter sur l'écologie. Pour certains critiques , ce projet soulève une question cruciale : faut-il donner la priorité à l'environnement ou à l'innovation et la souveraineté numérique ?

    L'essor de l'IA génère des besoins énergétiques et hydriques massifs qui pèsent lourdement sur l'environnement. Aux États-Unis, la Virginie se place en tête des États les plus polluants en raison d'une concentration mondiale record de centres de données, suivie par le Texas, la Californie et l'Ohio. En France, le plus grand centre de données du pays, situé à La Courneuve, consomme à lui seul autant d'électricité qu'une ville de 50 000 habitants.

    L'implantation de ces infrastructures suscite une opposition locale de plus en plus structurée et déterminée à travers le monde. Les opposants dénoncent non seulement la consommation d'eau et d'électricité, mais aussi l'artificialisation de terres agricoles et naturelles. Aux États-Unis, 69 collectivités locales bloquent actuellement les nouvelles constructions de centres de données, et une ville californienne a voté leur interdiction définitive.

    Sources : PJM, GE Vernova (PDF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la pénurie de turbines à gaz provoquée par la demande de l'industrie de l'IA ?
    L'appétit énergétique des centres de données stimule la production massive d'énergies fossiles. Qu'en pensez-vous ?
    Cette demande provoque également la hausse des prix de gros et des coûts pour les consommateurs. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    La nouvelle centrale électrique au gaz du datacenter IA d'Amazon au Texas, d'une puissance de 7,65 GW, peut devenir la plus grande source d'émissions de CO2 aux USA, avec jusqu'à 33 millions de tonnes par an

    L'empreinte carbone de l'IA va bien au-delà de l'appétit énergétique des centres de données : elle stimule la production massive d'énergies fossiles, avec des émissions jusqu'à 13 fois supérieures

    La consommation électrique des centres de données dédiés à l'IA cloud devrait augmenter de 26 % en 2026, les charges de travail liées à l'IA entraînant une hausse sans précédent

  7. #7
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    Par défaut Trump et les milliardaires de la tech mènent une campagne offensive pour sauver les centres de données IA
    « Que les données règnent » : Trump et les milliardaires de la tech lancent une campagne pour sauver les centres de données IA
    après le blocage de projets estimés à 130 milliards de dollars

    Des milliardaires de la technologie financent actuellement une vaste campagne publicitaire visant à contrer l'opposition croissante des citoyens face à la construction de centres de données d'IA. Les contestataires s'inquiètent de la consommation excessive d'énergie et de l'impact environnemental de ces infrastructures massives. En réponse, le groupe de pression « Build American AI » investit des millions dans des États stratégiques afin de promouvoir les bénéfices économiques et la création d'emplois liés au secteur. Alors que plusieurs projets de construction sont déjà bloqués ou retardés, le débat devient un enjeu central des élections de mi-mandat.

    Aux États-Unis, le mouvement de contestation contre les centres de données gagne en popularité et met en péril les ambitions des Big Tech en matière d'IA. Le 18 juillet, 142 rassemblements ont été organisés dans 42 États américains, du Texas à la Californie. Derrière ces manifestations massives, menées par l'association citoyenne Humans First, se cache un public qui ne croit tout simplement pas aux arguments avancés par le secteur de l'IA.

    Les manifestants réclament plus de transparence, une meilleure protection des ressources hydriques et des mécanismes de responsabilisation des Big Tech. Pour le secteur, la problématique ne se limite plus au simple déploiement d'infrastructures, mais devient une question d'acceptabilité sociale.

    Pour contrer les mouvements sociaux, un groupe de pression soutenu par des milliardaires de la technologie a lancé une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars dans les États clés des élections américaines. Cette initiative, menée par le groupe Build American AI, liée au super PAC pro-IA Leading the Future, vise à contrer un rejet public croissant contre la construction de centres de données indispensables à la croissance du secteur.

    Une opposition publique croissante et transpartisane

    Initialement centrée sur le Kansas, l'Ohio et le Wisconsin, cette campagne cible des États où la question des centres de données pèse lourdement sur les scrutins électoraux. Parmi les principaux bailleurs de fonds de cette initiative, on retrouve les investisseurs en capital-risque Marc Andreessen et Ben Horowitz, qui ont contribué à hauteur de 50 millions de dollars combinés, un montant également égalé par le président d'OpenAI, Greg Brockman.

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    Dans une déclaration officielle, Build American AI a expliqué que « les enjeux sont trop importants pour permettre aux voix les plus fortes et extrêmes de dicter l'avenir de l'Amérique » et que « chasser les investissements responsables coûtera des emplois bien rémunérés aux Américains, affaiblira les communautés et sapera la capacité de l'Amérique à diriger ». Le groupe de pression semble minimiser l'impact de l'IA sur l'environnement.

    Les inquiétudes de la population portent principalement sur l'impact sur le coût de l'électricité, les risques de pannes de courant et la consommation d'eau. Selon des enquêtes de l'Annenberg Public Policy Center de l'Université de Pennsylvanie, l'opposition locale à la construction de nouveaux centres de données est passée de 49 % à 61 % en seulement quatre mois, avec seulement 14 % de soutien exprimé. Et la grogne continue de se propager.

    Fait marquant, ce rejet transcende les clivages politiques habituels ; la protestation rassemble 75 % des démocrates et 63 % des républicains. Les analystes soulignent que lorsque l'empreinte physique de l'IA (factures énergétiques, nuisances sonores...) s'implante concrètement dans le voisinage des habitants, les arguments abstraits sur la compétitivité nationale perdent rapidement de leur poids face à des réalités quotidiennes très spécifiques.

    Des répercussions politiques et financières majeures

    L'ampleur de cette résistance commence à paralyser les plans de développement de la Silicon Valley, qui prévoit de dépenser plus de 700 milliards de dollars dans les infrastructures d'IA. Rien qu'au premier trimestre de l'année 2026, l'opposition locale a déjà bloqué ou retardé au moins 75 projets de centres de données. D'après les analystes, ces projets d'infrastructure représentent un investissement combiné estimé à 130 milliards de dollars.

    Face à ces blocages, des États comme New York ont imposé un moratoire sur les installations géantes (hyperscale), tandis que le Texas applique un gel effectif sur les nouvelles constructions. Sur le plan politique, le Comité sénatorial national républicain (NRSC) a discrètement averti les géants de la technologie que le soutien aux centres de données est désormais devenu « toxique » pour les politiciens, qui peuvent perdre des élections locales.

    Dans une note interne, le NRSC a prévenu que le candidat démocrate au Sénat dans l'Ohio, Sherrod Brown, faisait de l'opposition aux centres de données la « pièce maîtresse » de ses attaques contre le républicain Jon Husted, avertissant que si ce dernier venait à perdre, « l'industrie en sera tenue pour responsable ».

    À l'inverse, le président Donald Trump a pris position en faveur de l'industrie technologique, déclarant sur les réseaux sociaux : « la seule raison pour laquelle les communautés à travers les États-Unis ne voudraient pas de centres de données [dans leurs régions] est qu'elles veulent finir par être arriérées et pauvres. S'ils veulent réussir et être riches, avec des impôts beaucoup plus bas et des emplois partout, que les données règnent ! ».

    Le cimetière politique des élus favorables aux datacenters

    La colère face à ces projets jugés destructeurs s'est rapidement transformée en une arme politique redoutable, balayant de nombreux élus qui avaient osé les soutenir. Dans l'Utah, le puissant président du Sénat de l'État et plusieurs fonctionnaires ont été battus lors des primaires pour avoir fait avancer le tentaculaire projet Stratos en ignorant les préoccupations exprimées par les communautés locales. Une situation qui profite à l'opposition.

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    « Est-ce que je pense que mon vote en faveur du centre de données m’a coûté mon élection ? Oui, je le pense », a déclaré l’ancien commissaire du comté de Box Elder, Lee Perry, après avoir reconnu sa défaite aux primaires, alors qu’il avait voté en faveur du projet Stratos, une initiative très controversée.

    Dan Cassino, professeur de sciences politiques à l'université Fairleigh Dickinson et directeur du FDU Poll, a fait valoir que les centres de données sont déjà devenus un enjeu majeur dans les primaires, l'accessibilité financière étant désormais au cœur de la politique américaine et les prix de l'énergie étant devenus « le symbole actuel de l'accessibilité financière ». Selon lui, ces projets imposent un compromis inacceptable pour les résidents.

    « Rien de tout cela n’aurait d’importance si les électeurs appréciaient ce que leur apportent les centres de données, mais ils n’en voient pas l’intérêt. “Vous paierez l’énergie plus cher, mais soit vous perdrez votre emploi, soit votre plan d’épargne retraite s’effondrera” : ce n’est pas un compromis que la plupart des électeurs sont prêts à accepter », a ajouté Dan Cassino. Les politiques de l'ensemble du pays commencent à ressentir cette colère :

    • Utah : le président du Sénat de l'État (J. Stuart Adams), l'ancien commissaire du comté de Box Elder (Lee Perry), ainsi que plusieurs autres fonctionnaires du comté ont perdu leurs élections primaires après avoir soutenu le vaste projet de centre de données Stratos près du Grand Lac Salé ;
    • Virginie (Warrenton) : les quatre membres du conseil municipal qui avaient approuvé un projet de centre de données pour Amazon ont perdu leur siège, remplacés au cours des deux dernières années par de nouveaux membres ayant fait campagne sur leur opposition à ces projets ;
    • Missouri (Festus) : en avril 2026, les électeurs ont évincé la moitié des membres du conseil municipal de la ville après que ces derniers ont soutenu un projet de centre de données estimé à 6 milliards de dollars ;
    • Oregon (Cascade Locks) : en juin 2023, les électeurs ont voté la révocation de deux commissaires du port de Cascade Locks parce qu'ils avaient soutenu les négociations concernant un projet de centre de données pour Roundhouse Digital Infrastructure.


    L'Europe est appelée à protéger ses ressources déjà surexploitées

    La demande croissante en eau pour alimenter les ambitions américaines en matière d'IA survient alors même que les réseaux d'approvisionnement en eau, qui se détériorent à travers le pays, ont besoin d'être modernisés. Sans surprise, de nombreuses entreprises du secteur s'attendent à ce que l'IA contribue à résoudre les problèmes d'approvisionnement en eau. Selon les experts, si rien n’est fait, les conséquences pourraient être dramatiques.

    En Europe, les analystes préviennent que les besoins en eau pourraient dépasser l'offre à mesure que les vagues de chaleur s'intensifient. Selon un rapport de Grundfos, les besoins énergétiques des centres de données européens devraient plus que tripler d'ici à 2030, passant de 10 à 35 gigawatts. Leur part dans la consommation totale d'électricité en Europe, aujourd'hui d'environ 3 %, pourrait grimper entre 7 et 9 % à la fin de la décennie.

    Cette croissance rapide fait peser une pression considérable sur les ressources locales ; les systèmes de refroidissement absorbent environ 38 % de l'électricité de ces installations et mobilisent d'énormes quantités d'eau. Grundfos estime que les besoins des centres de données peuvent atteindre entre 11 356 et 18 927 mètres cubes d'eau par jour pour les plus grandes infrastructures, soit l'équivalent de la consommation 155 000 foyers européens.

    Grundfos affirme que l'Europe doit impérativement concilier ses ambitions en matière d'IA et de cloud computing avec les limites de ses ressources en eau et en énergie. L'entreprise a déclaré que si le développement de ces infrastructures numériques n'est pas rigoureusement coordonné, la mauvaise implantation ou l'inefficacité des centres risquent d'aggraver les problèmes d'approvisionnement et de susciter une vive opposition de la part du public.

    Le désastre sanitaire causé par les centres de données pour l'IA

    Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.

    Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

    Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

    Nicholas Muller fait référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

    Sources : Build American AI, Annenberg Public Policy Center

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'initiative des milliardaires de la tech pour contrer l'opposition aux centres de données ?
    Cette campagne va-t-elle porter ses fruits ? Ou sera-t-elle submergée par la contestation citoyenne grandissante ?

    Voir aussi

    Les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 milliards de $ en 2026, et le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé pour atteindre 833

    142 manifestations contre les centres de données IA ont eu lieu dans 42 États US, alors que l'opposition s'intensifie les organisateurs qualifiant ces projets d'atteinte inacceptable à la liberté

    « Mon vote en faveur du centre de données m'a coûté l'élection » : les centres de données énergivores suscitent la colère des électeurs et deviennent le cimetière politique des élus qui soutiennent ces projets

  8. #8
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    Par défaut Sam Altman qualifie les inquiétudes concernant la consommation d'eau des datacenters de mème sans fondement
    Sam Altman, PDG d'OpenAI, qualifie les inquiétudes concernant la consommation d'eau des centres de données d'IA de « mème sans fondement » et traite les humains « d'ordinateurs de viande inefficaces »

    Sam Altman, PDG d’OpenAI, qualifie les inquiétudes sur la consommation d'eau des centres de données de « mème sans fondement » ou d'allégations « complètement fausses et folles ». Il s'appuie sur des arguments technologiques et des comparaisons d'échelle économiques. Cependant, plusieurs rapports scientifiques et réalités locales fournissent des contre-arguments solides.

    Pour balayer les critiques qui affirment qu'une seule requête ChatGPT équivaut à gaspiller une bouteille d'eau ou à laisser couler une douche pendant plusieurs heures, Sam Altman s'appuie sur deux arguments principaux

    • La comparaison avec l'agriculture (L'argument de l'amande) : Il affirme qu'il faut environ 38 000 requêtes ChatGPT pour consommer la même quantité d'eau nécessaire à la production d'une seule amande en Californie. Son but est de relativiser l'impact de la tech face à la consommation de l'industrie agroalimentaire, souvent moins pointée du doigt par le grand public
    • L'évolution technologique des infrastructures : Altman soutient que les centres de données modernes n'utilisent plus le refroidissement par évaporation (très gourmand en eau). Selon lui, ils fonctionnent désormais en circuit fermé et consomment, à l'échelle d'un bâtiment, autant d'eau qu'un simple immeuble de bureaux (pour les sanitaires et les employés).

    De nombreux chercheurs en impact environnemental, journalistes et collectivités locales opposent de sérieuses limites à cette défense

    • L’effet d’échelle mondial : Même si une seule requête ne consomme qu'une infime fraction de millilitre (environ 0,32 ml selon certaines estimations), ChatGPT compte des centaines de millions d'utilisateurs hebdomadaires générant des milliards de requêtes. Multiplié à l'échelle planétaire et combiné à tous les autres outils d'IA générative, ce "micro-usage" se transforme en millions de mètres cubes d'eau prélevés chaque année.
    • L’impact critique au niveau mondial : Comparer les centres de données à l'agriculture globale masque un problème géographique majeur. Contrairement aux bureaux, les data centers sont concentrés dans des zones spécifiques (comme la Virginie aux États-Unis ou certaines régions d'Europe). Dans des zones subissant des sécheresses ou un stress hydrique, le prélèvement de millions de litres d'eau potable directement sur le réseau public crée de fortes tensions avec les populations locales et les écosystèmes.
    • L’empreinte hydrique cachée : L'argument d'Altman omet souvent l'eau "indirecte". Pour faire fonctionner les serveurs d'IA, il faut une quantité phénoménale d'électricité. Or, les centrales électriques (nucléaires, thermiques ou hydrauliques) qui alimentent ces centres de données ont elles-mêmes besoin de milliards de litres d'eau pour refroidir leurs propres installations. C'est ce qu'on appelle l'empreinte hydrique hors-site, qui est bien supérieure à celle consommée directement dans le bâtiment de l'IA.
    • Une fausse équivalence sur l’utilité : La comparaison avec l'amande ou le bœuf suscite une critique éthique et utilitaire de la part des défenseurs de l'environnement : l'agriculture produit des ressources caloriques vitales pour nourrir l'humanité. À l'inverse, une part immense des requêtes d'IA sert à générer du divertissement, des courriels superflus ou des images "mèmes", rendant le coût environnemental plus difficile à justifier face à des ressources naturelles épuisables.

    La défense de Sam Altman semble très alambiquée dans un contexte où de nombreux observateurs s’accordent à dire que « on n’a jamais vu un tel niveau d’opposition aux projets de datacenters »

    Les datacenters font l’objet de protestations à l’échelle mondiale. Les mobilisations contre les datacenters, qui concernent une quinzaine de projets majeurs pour le seul cas de la France, reposent sur plusieurs arguments et actions clés :

    • Aberration écologique : Les critiques soulignent l'immense appétit énergétique des centres de données. Par exemple, le plus grand data center de France, situé à La Courneuve (Île-de-France), consomme à lui seul l'équivalent de l'électricité d'une ville de 50 000 habitants. De plus, les besoins massifs en eau pour le refroidissement et la chaleur rejetée inquiètent les riverains, comme c'est le cas pour le projet Microsoft à Petit-Landau (Haut-Rhin)
    • Artificialisation des sols : Des collectifs s'opposent à la transformation de terres agricoles ou de zones naturelles pour bâtir ces hangars géants.

    Plusieurs implantations prévues ou en développement cristallisent la colère citoyenne. Des oppositions concrètes sont visibles dans des zones comme Petit-Landau, près de Grenoble, ou encore en Île-de-France (Vitry-sur-Seine, Wissous, Le Bourget).

    Les militants s'organisent donc via des collectifs locaux pour exiger la transparence sur les consommations et alerter l'opinion publique, aboutissant parfois à des recours juridiques ou des actions de sensibilisation.

    L'essor de l'intelligence artificielle a multiplié les besoins en infrastructures numériques, entraînant une explosion des contestations locales. Le bilan mondial des oppositions se chiffre en milliards de dollars de projets bloqués ou retardés, illustrant un fossé grandissant entre les besoins technologiques des Gafam et les exigences citoyennes de préservation des ressources.

    L'opposition dépasse désormais le cadre des riverains directs et a rallié une grande majorité de la population. Selon les sondages, plus de 70% des Américains s'opposent à la construction de centres de données d'IA dans leurs communautés locales.

    En France, l'opposition prend également de l'ampleur, le pays comptant plus de 320 datacenters. De grands projets d'implantations (notamment en Île-de-France et en région Grand Est) provoquent des mobilisations citoyennes massives, récoltant des milliers d'avis défavorables lors d'enquêtes publiques en raison de l'accaparement de terres agricoles et des rejets de chaleur.

    Pourtant des acteurs de renom de la filière parmi lesquels on retrouve Sam Altman trouvent des moyens de défendre les projets de datacenters. Pour défendre l'explosion de la consommation électrique des infrastructures de calcul, Altman a utilisé une analogie anthropomorphique qui a fortement déplu : « On parle beaucoup de l'énergie nécessaire pour entraîner un modèle d'IA, mais il faut aussi beaucoup d'énergie pour entraîner un humain. Il faut environ 20 ans de vie — et toute la nourriture consommée pendant ce temps — avant de devenir intelligent. »


    Cette comparaison a suscité une levée de boucliers. Des critiques et des entrepreneurs du secteur technologique ont condamné ses propos, l'accusant de réduire l'existence, la conscience et la biologie humaines à de simples équivalents de « serveurs ou d'ordinateurs de viande inefficaces ».

    Et vous ?

    Que pensez-vous de l’argumentaire de Sam Altman dans un contexte de contestation généralisée et croissante à laquelle font face les projets de construction de centres de données ? Le trouvez-vous (l’argumentaire de Sam Altman) pertinent ?

    Voir aussi :

    La rébellion contre les centres de données dédiés à l'IA prend de l'ampleur aux États-Unis : 69 collectivités locales bloquent les nouvelles constructions, dont quatre ont adopté des mesures définitives

    Pour la première fois, une ville californienne vote à une large majorité en faveur d'une interdiction définitive des centres de données, les habitants s'inquiétant de leurs effets négatifs sur l'environnement

    Amazon, Microsoft et Google ont renoncé à la construction de centres de données de plusieurs milliards $ en raison de l'opposition locale et font face à des pressions concernant leur impact environnemental
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  9. #9
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    plutôt que de critiquer openai et autres, ces critiqueurs devrait simplement arrêter d'utiliser l'ia, si la majorité de l'humanité et contre ils n'ont qu'a pas l'utiliser et la construction des centres de données s’arrêtera.

    Si une majorité était réellement convaincue la voiture électrique total n'existerais plus et la Russie serait à genoux.
    Pourtant une grande majorité de consommateur aiment encore leur voitures au diesel et chaque jours aiment lancer des requêtes sur chatgpt et autres.

    Tel une démocratie au service du peuple, ces entreprises ne font que répondre aux besoins et demande de la masse.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  10. #10
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    Par défaut oui et non
    calvaire,

    on ne va pas être d'accord

    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    plutôt que de critiquer openai et autres, ces critiqueurs devrait simplement arrêter d'utiliser l'ia, si la majorité de l'humanité et contre ils n'ont qu'a pas l'utiliser et la construction des centres de données s’arrêtera.
    C'est assez facile a dire, mais en réalité, le problème est qu'il n'y a aucun choix possible. La majorité est dans une situation où ces choix ne sont sont plus possibles. La vue a court terme qui est imposée ne laisse aucun choix.

    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    Si une majorité était réellement convaincue la voiture électrique total n'existerais plus et la Russie serait à genoux.
    Pourtant une grande majorité de consommateur aiment encore leur voitures au diesel et chaque jours aiment lancer des requêtes sur chatgpt et autres.
    La voiture électrique est une hérésie, tout comme l'était la voiture thermique, tout comme il est absurde de prendre l'avion pour aller passer l'après-midi au lac de côme pour 25€ le billet et rentrer le soir. L'homme consomme trop, pour... rien en fait. Rien d'essentiel en tout cas. Le bonheur n'est pas d'avoir, et une vie plus simple amène énormément plus de joie qu'une vie passée a courir après tout et n'importe quoi. ChatGPT, les smartphones et tout ces trucs qu'on nous vend comme du progrès amènent à une régression terrible, à un abrutissement généralisé.

    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    Tel une démocratie au service du peuple, ces entreprises ne font que répondre aux besoins et demande de la masse.
    La masse ne demande rien, on lui fait croire qu'elle a besoin de toutes ces choses inutiles et néfastes. Marche ou crève. Regarde ton voisin, jalouse le, et essaye d'avoir plus a montrer que lui. Si pour ça tu dois bouffer de la m..... et que personne ne le vois, t'as réussis ta vie... Super.

    BàT et peace & love.

  11. #11
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    Par défaut Les data centers IA américains consommeront plus de gaz que l’Allemagne et le Japon réunis d’ici 2035
    Les centres de données américains spécialisés dans l'IA devraient devenir le cinquième consommateur mondial de gaz naturel d'ici 2035, dépassant l'Allemagne et le Japon réunis

    La consommation estimée de gaz naturel des centres de données aux USA devrait augmenter considérablement, ces installations s'appuyant de plus en plus sur des générateurs à turbine à gaz pour leur alimentation électrique. Les centres de données devraient consommer jusqu'à 15 milliards de pieds cubes par jour d'ici 2035, soit une hausse de 117 % par rapport aux prévisions précédentes. De nombreux projets de centres de données ont déjà pris du retard en raison du manque d'infrastructures électriques disponibles. Elon Musk a été l'un des premiers à utiliser des turbines à gaz pour alimenter un centre de données. Le déploiement de ces turbines n'est toutefois pas une bonne nouvelle pour les communautés vivant à proximité.

    En avril 2026, les Big Tech considéraient que la destruction de la planète était un compromis acceptable pour engranger des profits illimités. De nouveaux projets de construction de centres de données voyaient le jour malgré leurs impacts sur l'environnement. Leur consommation énergétique menaçait de provoquer une hausse massive des émissions de gaz à effet de serre. Afin de contourner les délais de raccordement aux réseaux électriques traditionnels, les Big Tech comme Meta et xAI construisaient leurs propres centrales au gaz naturel. Mais ces infrastructures pouvaient générer une pollution atmosphérique dépassant celle de nations entières.

    Plus récemment, en août 2026, la demande massive de l'industrie de l'IA en turbines à gaz avait provoqué une pénurie inattendue. Cette pression dépassait largement les capacités de production des géants industriels comme GE Vernova, dont les carnets de commandes étaient complets jusqu'en 2031 au moins. Cela avait entraîné une explosion des coûts de l'électricité et forcé les opérateurs à prolonger l'usage du charbon ou à se tourner vers des moteurs de secours. Malgré la pollution générée par les énergies fossiles, ce déficit était considéré comme le principal obstacle au développement de l'IA aux USA, au point que de nombreux projets numériques risquaient d'être abandonnés ou retardés.

    La consommation estimée de gaz naturel des centres de données aux USA devrait augmenter considérablement, ces installations s'appuyant de plus en plus sur des générateurs à turbine à gaz pour leur alimentation électrique. Selon Bloomberg, les centres de données devraient consommer jusqu’à 15 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2035, soit une hausse de 117 % par rapport aux prévisions précédentes, qui s’élevaient à 6,9 milliards de pieds cubes. Ce chiffre corrobore d’autres prévisions concernant les centres de données, qui indiquent que ceux-ci consommeront 20 % de l’électricité américaine d’ici 2035, soit environ 194 gigawatts.

    De nombreux projets de centres de données ont déjà pris du retard en raison du manque d’infrastructures électriques disponibles, les centrales électriques devant mettre beaucoup plus de temps à entrer en service. C’est pour cette raison que de nombreux projets se sont tournés vers des générateurs sur site, à tel point que la demande liée à l’IA vient désormais aggraver la pénurie de moteurs à réaction qui touche déjà le secteur de l’aviation.


    Elon Musk a été l’un des premiers à utiliser des turbines à gaz pour alimenter un centre de données lorsqu’il les a déployées au Memphis Supercluster en 2024, même s’il ne disposait pas des autorisations nécessaires pour certaines d’entre elles. Il semble désormais que l’homme le plus riche du monde ait pris conscience de cette tendance et ait investi un milliard de dollars pour racheter une société de location de turbines à gaz et diesel portables. Il a même annoncé que SpaceX allait se lancer dans la fabrication en interne d’aubes de turbine afin de contribuer à réduire le goulot d’étranglement qui affecte l’industrie des moteurs à réaction.

    De nouvelles technologies, telles que les petits réacteurs modulaires, sont actuellement en cours de développement pour répondre à la demande insatiable en énergie des centres de données dédiés à l’IA, à l’image du réacteur nucléaire modulaire au thorium imprimé en 3D d’Ampera ou du microréacteur nucléaire Ward 250 de Valar Atomics. De nombreux géants de l’IA, notamment Amazon, Google, Microsoft, Nvidia et Oracle, ont même investi dans des projets de ce type afin de produire d’énormes quantités d’énergie propre pour l’IA.

    Cependant, il faudra probablement encore quelques années avant qu’ils ne deviennent commercialement viables — un délai dont les géants de la technologie ne disposent pas. C’est pourquoi Musk a déclaré que « le gaz naturel restera nécessaire pour compléter et soutenir le développement de l’énergie solaire pendant plusieurs années ». Le déploiement de turbines à gaz naturel dans les centres de données n’est toutefois pas une bonne nouvelle pour les communautés vivant à proximité.

    La NAACP a indiqué dans son recours contre SpaceXAI que l’utilisation de ces turbines à Colossus 2 avait entraîné une augmentation de 111 % des émissions d’oxydes d’azote, de 83 % des particules PM2,5 et de 88 % des émissions de formaldéhyde. Bien que l’entreprise se soit déjà engagée à retirer tous ses générateurs non autorisés, ce processus prendra au moins un an, car les turbines portables sont progressivement remplacées par une centrale électrique sur site d’une puissance de 1,2 gigawatt.

    Par ailleurs, la forte demande en gaz naturel pourrait potentiellement mettre à rude épreuve l’offre, entraînant une hausse des prix qui se répercuterait sur le consommateur moyen. Les producteurs nationaux de gaz naturel devraient augmenter leur production de 35 milliards de pieds cubes par jour au cours de la prochaine décennie, mais cela resterait tout de même inférieur à la demande prévue d’environ 11 milliards de pieds cubes par jour. Ainsi, à moins que la production ne parvienne à rattraper la demande, les prix devraient monter en flèche et provoquer une ruée sur les stocks disponibles. Certains experts estiment toutefois qu’il existe encore suffisamment de gisements de gaz inexploités aux USA pour permettre au secteur d’augmenter l’offre de gaz naturel et de réduire les coûts.

    On se posait encore il y a peu la question de savoir si la priorité doit aller à la préservation de l’environnement ou si notre focus doit porter sur l’innovation en matière d’IA ? La réponse semble être claire du côté du Texas dont les autorités ont validé un projet de construction d’une centrale électrique au gaz pour un datacenter d’Amazon qu’elles autorisent à polluer à hauteur de 33 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an. En cela, la centrale d’une puissance annoncée de 7,65 gigawatts est susceptible de devenir la plus grade source d’émissions de gaz à effet de serre aux USA.

    Le secteur américain de l'IA manque d'énergie pour alimenter ses centres de données. Elon Musk prévoit de surmonter cette pénurie en fabriquant ses propres composants de turbines à gaz via SpaceX. Cette initiative vise à contourner un goulot d'étranglement industriel majeur en produisant des pièces complexes jusqu'alors réservées à un petit nombre de spécialistes mondiaux. Mais cette accélération technologique soulève de graves inquiétudes environnementales et sanitaires en raison des polluants rejetés par ces installations. Elon Musk se heurte à l'opposition farouche des communautés locales, tandis que son chatbot Grok fait l'objet de controverses.

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette information est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    La nouvelle centrale électrique au gaz du datacenter IA d'Amazon au Texas, d'une puissance de 7,65 GW, peut devenir la plus grande source d'émissions de CO2 aux USA, avec jusqu'à 33 millions de tonnes par an

    La consommation électrique des centres de données de Google double en quatre ans, pour atteindre 30,8 millions de MWh en 2024, et il reste difficile d'atteindre une alimentation sans carbone 24 h/24 et 7 j/7

    Les centres de données causent des dommages cachés à l'environnement et à la santé publique, ce qui coûte 25 milliards de dollars à l'économie chaque année, mais de nouveaux projets continuent de voir le jour
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  12. #12
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    Par défaut Les centres de données de l'Oregon en chiffres : 111 installations consomment près d'un quart de l'électricité
    Les centres de données de l'Oregon consomment près de 25 % de l'électricité de l'État, et pire encore : 32 centres de données supplémentaires sont prévus ou en cours de construction dans l'État

    n nouveau rapport publié par ECOnorthwest et l’université de Virginie, financé par la fondation Lemelson, une association à but non lucratif basée à Portland, quantifie des données fondamentales mais difficiles à trouver. Il précise notamment le nombre de centres de données que compte actuellement l’État (111), les projets en cours de réalisation (32), leur impact sur l’emploi (2 630 emplois directs) et leur consommation d’énergie (environ 23 % des ventes d’électricité au détail dans tout l’État en 2025). Le rapport met en évidence les lacunes dans les informations disponibles concernant l’impact des centres de données sur l’économie de l’État et les communautés dans lesquelles ils opèrent.

    En juillet 2026, un rapport a révélé que le comté de Henrico, en Virginie, fait face à une crise énergétique majeure en raison de la multiplication des centres de données sur son territoire. Face à une augmentation prévue de 25 % des tarifs d'électricité, les autorités locales ont demandé aux écoles et aux employés municipaux de réduire drastiquement leur consommation. Cette hausse tarifaire devrait coûter environ cinq millions de dollars supplémentaires au budget public pour 2027. Bien que la région compte déjà 37 infrastructures numériques massives, de nombreux autres projets de centres de données sont en cours de développement, et ce, malgré l'hostilité croissante des collectivités locales.

    Cette situtation est dû à une forte demande énergétique des centres de données dédiés à l'IA. Selon un rapport, la demande massive de l'industrie de l'IA en turbines à gaz a provoqué une pénurie inattendue. Cette pression dépasse largement les capacités de production des géants industriels comme GE Vernova, dont les carnets de commandes sont complets jusqu'en 2031 au moins. Cela provoque une explosion des coûts de l'électricité et force les opérateurs à prolonger l'usage du charbon ou à se tourner vers des moteurs de secours. Malgré la pollution générée par les énergies fossiles, ce déficit est considéré comme le principal obstacle au développement de l'IA aux États-Unis. De nombreux projets numériques risquent d'être abandonnés ou retardés.

    Récemment, un nouveau rapport publié par ECOnorthwest et l’université de Virginie, financé par la fondation Lemelson, une association à but non lucratif basée à Portland, quantifie des données fondamentales mais difficiles à trouver. Il précise notamment le nombre de centres de données que compte actuellement l’État (111), les projets en cours de réalisation (32), leur impact sur l’emploi (2 630 emplois directs) et leur consommation d’énergie (environ 23 % des ventes d’électricité au détail dans tout l’État en 2025).

    « L’Oregon dispose déjà d’un marché important de centres de données, avec 111 installations opérationnelles représentant environ 22,1 millions de pieds carrés de surface brute de construction », ont écrit les auteurs du rapport dans leurs principales conclusions, communiquées en exclusivité à l’OPB avant la publication. « 32 installations supplémentaires sont identifiées comme étant prévues ou en cours de construction, ce qui représente environ 6,9 millions de pieds carrés de développement futur potentiel. »


    Mais, ce qui est peut-être plus important encore, le rapport met en évidence les lacunes dans les informations disponibles concernant l’impact des centres de données sur l’économie de l’État et les communautés dans lesquelles ils opèrent. Les auteurs du rapport ont constaté que les sources de données relatives à la consommation d’eau et à d’autres informations nécessaires à l’analyse de l’impact des installations sur les paysages et les communautés environnantes étaient incohérentes, incomplètes ou indisponibles.

    Terry Wirkkala, directeur de projet et économiste appliqué chez ECOnorthwest, a déclaré à l’OPB que cette étude visait à informer le public à un moment où les centres de données font l’objet d’un vif débat. Ces dernières années, des allègements fiscaux ont contribué à stimuler le développement des centres de données dans des États comme l’Oregon. Mais au cours des derniers mois, les collectivités locales ont envisagé ou mis en place des moratoires sur ces installations, les centres de données devenant un enjeu majeur à l’approche des élections de novembre.

    Wirkkala a indiqué que l’une des principales conclusions du rapport d’ECOnorthwest est que l’Oregon compte en réalité deux marchés distincts pour les centres de données. « La partie est de l’État est actuellement plus développée que la partie ouest », a déclaré M. Wirkkala, « mais à l’avenir, le développement sera plus important dans la partie ouest de l’État que dans la partie est. » C’est dans l’est de l’Oregon que se concentrent les grands centres de données hyperscale, souvent plus vastes que plusieurs terrains de football. Les centres de données prévus, situés pour la plupart dans l’ouest de l’État, sont beaucoup plus petits, souvent utilisés par plusieurs entreprises qui louent de l’espace, et peuvent être hébergés au sein de locaux abritant également des bureaux.

    Le rapport rappelle les appels à freiner l'essor de ses centres de données IA dans le monde. En Europe, la société danoise Grundfos a notamment tiré la sonnette d'alarme sur la pression critique sur les ressources hydriques et énergétiques de l'Europe. Elle a souligné l'urgence pour l'Europe de réguler l'expansion massive des centres de données afin de préserver ses ressources vitales. La consommation d'électricité et d'eau de ces installations menace de saturer les infrastructures locales d'ici d'ici 2030. Grundfos a préconisé l'adoption de normes d'efficacité énergétique strictes et de solutions de refroidissement durables pour concilier souveraineté numérique et respect de l'environnement. Toutefois, selon les critiques, de nouvelles réglementations ralentiraient l'Europe dans la course à l'IA.

    Source : Rapport d'ECOnorthwest et de l'Université de Virginie

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Les centres de données américains spécialisés dans l'IA devraient devenir le cinquième consommateur mondial de gaz naturel d'ici 2035, dépassant l'Allemagne et le Japon réunis

    « Que les données règnent » : Trump et les milliardaires de la tech lancent une campagne pour sauver les centres de données IA, après le blocage de projets estimés à 130 milliards de dollars

    La face cachée du cloud : des chercheurs traquent les data centers fantômes qui alimentent la course à l'IA, ce que l'opacité des data centers dit des limites actuelles de la régulation technologique
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  13. #13
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    Par défaut L’essor des centres de données dédiés à l’IA se heurte à une résistance croissante
    L'essor des centres de données dédiés à l'IA se heurte à une résistance croissante : l'opposition locale a bloqué 45 projets de centres de données d'une valeur de 68 milliards $ au deuxième trimestre 2026

    La ruée des États-Unis pour construire les infrastructures nécessaires à l’IA se heurte à une force que l’argent ne peut pas facilement faire taire : l’opposition locale. Des projets de centres de données d’une valeur d’environ 68 milliards de dollars ont été bloqués ou retardés en seulement trois mois, les communautés s’opposant à l’appétit croissant du secteur en matière d’électricité, d’eau et de terrains. Le groupe de recherche Data Centre Watch a recensé 45 projets affectés entre avril et juin. Cette résistance ajoute une contrainte supplémentaire à un secteur déjà confronté à des pénuries de puces et à des problèmes de financement.

    L'opposition aux centres de données a atteint un niveau record en 2026, les opposants ayant réussi à bloquer ou à retarder des projets d'une valeur de près de 130 milliards de dollars au cours du premier trimestre, selon une étude de Data Center Watch. L'organisation a également révélé dans son rapport que le nombre de groupes d'opposition actifs avait doublé par rapport à l'année précédente, pour atteindre 833 dans 49 États. Cette tendance met en évidence les obstacles de plus en plus importants auxquels se heurte l'expansion des infrastructures d'intelligence artificielle (IA) aux États-Unis.

    Un rapport a confirmé que la ruée des États-Unis pour construire les infrastructures nécessaires à l’IA se heurte à une force que l’argent ne peut pas facilement faire taire : l’opposition locale. Des projets de centres de données d’une valeur d’environ 68 milliards de dollars ont été bloqués ou retardés en seulement trois mois, les communautés s’opposant à l’appétit croissant du secteur en matière d’électricité, d’eau et de terrains. Le groupe de recherche Data Centre Watch a recensé 45 projets affectés entre avril et juin. Le groupe a également constaté que les législateurs d’une trentaine d’États avaient proposé ou adopté des réglementations concernant l’implantation des centres de données, leur consommation d’électricité et leur utilisation de l’eau.

    L’ampleur du phénomène est remarquable, car les entreprises spécialisées dans l’IA ont considéré la capacité de calcul comme une course où la vitesse prime sur presque tout le reste. Microsoft, Google, Meta, Amazon et un nombre croissant d’opérateurs cloud spécialisés tentent de s’assurer des sites, des puces et de l’énergie avant leurs concurrents. Mais une installation prévue nécessite tout de même un raccordement au réseau électrique, des autorisations et une communauté disposée à vivre à proximité.

    Les habitants ne s’opposent pas seulement à des coûts environnementaux abstraits. Les grandes installations peuvent nécessiter de nouvelles lignes de transport d’électricité, consommer d’importantes quantités d’eau pour le refroidissement et fonctionner 24 heures sur 24. Les communautés craignent que les ménages ne voient leurs factures d’électricité augmenter, tandis qu’une grande partie de la valeur économique revient à des entreprises technologiques situées ailleurs.

    Les promoteurs promettent souvent des travaux de construction, des recettes fiscales et des investissements. La difficulté réside dans le fait que les centres de données emploient relativement peu de personnes une fois la construction achevée. Cela rend le compromis plus difficile à faire accepter lorsqu’un projet s’accompagne également de nuisances sonores, d’infrastructures lourdes et d’une concurrence pour une énergie limitée.

    Cela ne signifie pas pour autant que le développement de l’IA va s’arrêter. Cela signifie que les entreprises devront peut-être payer davantage pour une production d’électricité plus propre, un refroidissement en circuit fermé, la modernisation du réseau électrique et des avantages directs pour les communautés d’accueil. Les projets pourraient également s’orienter vers des régions disposant d’une énergie abondante ou être repensés autour d’installations plus petites et plus décentralisées.

    Cette résistance ajoute une contrainte supplémentaire à un secteur déjà confronté à des pénuries de puces et à des problèmes de financement. La couverture de l’expansion des centres de données dédiés à l’IA a montré à plusieurs reprises que le calcul devient autant une question d’énergie et d’infrastructures qu’une question de logiciels. Le chiffre de 68 milliards de dollars représente donc bien plus qu’un simple décompte des constructions retardées. C’est un avertissement : la prochaine phase de l’IA ne pourra pas se construire uniquement à coups d’annonces faites dans les salles de réunion. Les entreprises auront besoin du consentement du public, de plans environnementaux crédibles et d’une meilleure réponse lorsque les communautés demanderont ce qu’elles recevront en échange.

    Mais les protestations contre les centres de données, portés par l’explosion des besoins en intelligence artificielle et les ambitions de chaque pays d’être représentatif dans la filière, se multiplient à l’échelle mondiale. Les opposants dénoncent l'impact environnemental de ces infrastructures, pointant du doigt leur surconsommation d'électricité et d'eau. En France, des oppositions concrètes sont visibles dans des zones comme Petit-Landau, près de Grenoble, ou encore en Île-de-France (Vitry-sur-Seine, Wissous, Le Bourget).

    Source : Groupe de recherche Data Center Watch

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Un comté comptant 37 centres de données demande aux écoles de « faire des économies d'électricité » pour faire face à la hausse drastique des coûts de l'énergie provoquée par l'appétit énergétique de l'IA

    « Que les données règnent » : Trump et les milliardaires de la tech lancent une campagne pour sauver les centres de données IA, après le blocage de projets estimés à 130 milliards de dollars

    142 manifestations contre les centres de données IA ont eu lieu dans 42 États US, alors que l'opposition s'intensifie les organisateurs qualifiant ces projets d'atteinte inacceptable à la liberté
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  14. #14
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    Dans une tour humide à circuit fermé, la consommation d'eau (évaporation+ bleed off) est quand-même de 2000 litres par MWh de chaleur évacuée.

    Le centre de données de Google prévu à Châteauroux (1 GW sur 195 hectares) équivaut à la consommation annuelle de 13 ménages chaque heure, ou autant qu'une ville comme Dijon, Orléans, Nancy ou Clermont-Ferrand chaque année.

  15. #15
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    Par défaut Les Américains se montrent de plus en plus sceptiques quant aux répercussions négatives des centres de données
    Depuis début 2026, les Américains se montrent de plus en plus sceptiques quant aux éventuelles répercussions environnementales et économiques des centres de données, selon Pew Research

    Le soutien des Américains aux centres de données dédiés à l’intelligence artificielle (IA) s’érode rapidement. Une nouvelle enquête du Pew Research Center menée auprès de plus de 10 500 adultes américains a révélé que 54 % d’entre eux considèrent désormais ces infrastructures comme « globalement néfastes » pour l’environnement, ce qui représente une forte hausse par rapport aux 39 % enregistrés en janvier 2026. Seuls 4 % d’entre eux y voient un quelconque impact positif. La confiance dans les promesses d’emploi s’effrite également, les perceptions négatives ayant presque doublé depuis le début de l'année. Ce mouvement de rejet touche aussi bien les démocrates que les républicains et survient en pleine période des élections de mi-mandat aux États-Unis, alors que le président Donald Trump prône une croissance agressive des infrastructures d’IA à l’échelle nationale.

    L'érosion du soutien populaire en faveur des centres de données IA se traduit déjà par des conséquences concrètes sur le terrain. Un rapport récent de Data Centre Watch a en effet révélé que l'opposition locale avait bloqué 45 projets de centres de données d'une valeur de 68 milliards de dollars au cours du deuxième trimestre 2026. Le groupe de recherche a également constaté que des législateurs d'une trentaine d'États proposaient ou adoptaient de nouvelles réglementations encadrant l'implantation, la consommation énergétique et l'usage de l'eau de ces infrastructures.

    À l'approche des élections de mi-mandat aux États-Unis et alors que les centres de données d'IA occupent une place de plus en plus importante dans le débat politique, une nouvelle étude du Pew Research Center révèle que l'opinion des Américains à l'égard de ces installations est devenue encore plus négative au fil de l'année 2026.

    Réalisée auprès de plus de 10 500 adultes américains, cette étude a révélé que seuls 4 % d'entre eux considéraient que les centres de données avaient un impact positif sur l'environnement, les dépenses énergétiques des ménages et la qualité de vie des habitants de la région. À l'inverse, plus de la moitié (54 %) estimaient qu'ils étaient « plutôt néfastes » pour l'environnement, contre 39 % en janvier 2026, soit environ six mois auparavant, ce qui témoigne d'une augmentation marquée en très peu de temps.

    Nom : pew research data center americains.png
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    Les citoyens américains se tournent de plus en plus contre les centres de données IA

    En réalité, les Américains estiment que les centres de données américains ont un impact plus négatif qu’auparavant sur les dépenses énergétiques des ménages (50 %), la qualité de vie (49 %) et les recettes fiscales locales (21 %).

    Et alors que les hyperscalers promettent tous de créer des centaines, voire parfois des milliers d’emplois permanents, en plus des milliers d’emplois temporaires liés à la construction au niveau local, les habitants commencent même à ne plus croire à ces promesses. Il est intéressant de noter que la proportion de ressortissants considérant que les centres de données ont un impact globalement négatif sur l’emploi local a augmenté de neuf points de pourcentage, passant de 15 % au début de l’année 2026 à 24 % à la mi-année.

    Les avis sont désormais majoritairement partagés : 24 % des personnes interrogées considèrent que ces projets ont un impact globalement négatif sur l’emploi, tandis que 22 % estiment qu’ils ont un impact globalement positif. Cela signifie qu’une proportion non négligeable d’Américains – comprise entre 18 % et 32 % selon les sujets abordés – reste indécise quant à l’impact des centres de données.

    Les opinions évoluent

    Aujourd'hui, trois Américains sur cinq déclarent qu'ils ne seraient pas très à l'aise, voire pas du tout à l'aise, à l'idée qu'un nouveau centre de données soit implanté dans leur région. Les habitants des zones rurales sont plus enclins qu'auparavant à avoir une perception négative de ces projets, sans doute parce que de plus en plus de projets sont approuvés dans des zones périurbaines où l'espace est moins limité.

    L'étude se penche également sur les implications politiques, confirmant que les Américains sont de plus en plus préoccupés par les centres de données, tous profils confondus, qu'il s'agisse de l'âge, du sexe, du niveau d'études ou de l'appartenance politique. Si les démocrates ont globalement davantage tendance à avoir une opinion négative, les partisans des deux grands partis sont en réalité devenus plus mécontents tout au long de l'année 2026.

    On peut sans doute considérer que l'une des principales conclusions de ce rapport ne réside pas nécessairement dans l'origine de cette division ni dans la question de savoir si les Américains s'inquiètent des répercussions environnementales, sociales ou économiques, mais plutôt dans la rapidité avec laquelle les sentiments négatifs se sont amplifiés en à peine plus de six mois. Tout cela se déroule bien sûr à un moment crucial sur le plan politique pour les États-Unis.

    Alors que le président Trump continue de plaider en faveur du développement de l’IA et de la construction de centres de données afin que le pays devienne un leader mondial, de plus en plus d’États et de régions imposent des interdictions temporaires afin de réévaluer la législation et les répercussions locales, y compris le Texas lui-même – où se trouve le gigantesque projet « Stargate » d’OpenAI.

    Annonce du Pew Research Center

    Le communiqué du Pew Research Center, daté du 22 septembre 2026, fait état d’une préoccupation croissante aux États-Unis concernant les répercussions environnementales et économiques des centres de données. Une majorité des Américains interrogés dans le cadre de l'enquête évoquent des impacts négatifs sur l’environnement, les coûts énergétiques et la qualité de vie dans les environs. Les points clés de ce communiqué sont présentés ci-dessous.

    « Depuis le début de l'année, les Américains se montrent de plus en plus sceptiques quant aux éventuelles répercussions environnementales et économiques des centres de données. Et selon un nouveau sondage du Pew Research Center, une majorité d'entre eux affirment qu'ils se sentiraient mal à l'aise si un nouveau centre de données venait à être mis en service dans leur région.

    Cette enquête intervient alors que les manifestations contre la construction de nouveaux centres de données se multiplient et que certains responsables politiques régionaux et locaux se sont prononcés contre ces installations. De son côté, le président Donald Trump s'est toujours montré un fervent défenseur des centres de données.

    Plus de la moitié des Américains (54 %) estiment désormais que les centres de données ont un impact globalement négatif sur l'environnement, contre 39 % en janvier. La moitié d'entre eux estiment qu'ils ont un impact négatif sur la facture énergétique des ménages, contre 38 % auparavant. Et 49 % considèrent qu'ils nuisent à la qualité de vie des riverains, contre 30 % auparavant. Ce nouveau sondage a été réalisé du 20 juillet au 9 août [2026] auprès de 10 548 adultes américains.

    Seuls 4 % des Américains estiment que les centres de données ont un impact globalement positif dans chacun de ces domaines. »

    Face à cette contestation grandissante, le secteur technologique et ses soutiens politiques ont riposté par une vaste opération de communication. Donald Trump et plusieurs milliardaires de la tech financent en effet actuellement une vaste campagne publicitaire destinée à sauver les centres de données IA et à contrer l'opposition citoyenne. Le groupe de pression « Build American AI » investit des millions de dollars dans des États stratégiques afin de mettre en avant les retombées économiques et les créations d'emplois promises par le secteur. Une offensive qui intervient alors que de nombreux projets sont bloqués ou retardés, faisant de cette question un enjeu central des élections de mi-mandat.

    Source : Enquête du Pew Research Center

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous les conclusions de cette étude du Pew Research Center crédibles ou pertinentes ?

    Voir aussi :

    Les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 milliards de $ en 2026, et le nombre de groupes d'opposition actifs a plus que doublé pour atteindre 833

    142 manifestations contre les centres de données IA ont eu lieu dans 42 États US, alors que l'opposition s'intensifie les organisateurs qualifiant ces projets d'atteinte inacceptable à la liberté

    Les protestations contre les datacenters, portés par l'explosion des besoins en IA et les ambitions de chaque pays d'être représentatif dans la filière, se multiplient à l'échelle mondiale
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  16. #16
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    Par défaut Un opérateur de centres de données écope d'une amende pour avoir exploité illégalement des générateurs à gaz
    Le New Jersey inflige une amende de 1,1 million à un opérateur de centres de données pour avoir exploité illégalement 62 générateurs à gaz polluants
    à proximité de zones résidentielles

    L'État du New Jersey a récemment imposé une amende de 1,1 million de dollars à DataOne pour avoir exploité illégalement des dizaines de générateurs à gaz. Cette fraude environnementale a été révélée grâce à des images capturées par drone, montrant des installations polluantes fonctionnant sans les permis requis à proximité de zones résidentielles. Les résidents jugent toutefois cette sanction financière dérisoire face à la puissance économique des Big Tech. Ils s'inquiètent des risques sanitaires et dénoncent une violation majeure de la loi sur la pollution de l'air et un manque de transparence de la part de l'opérateur de centre de données.

    La protestation contre les centres de données dédiés à l'IA est devenue plus virulente ces derniers mois. Face à cette hostilité croissante, certains opérateurs choisissent la voie de la ruse. L'État du New Jersey a imposé une amende de 1,1 million de dollars à DataOne, exploitant d'un centre de données situé à Vineland, pour avoir installé et fait fonctionner secrètement 62 générateurs à gaz en violation de la réglementation sur la pollution de l'air.

    Cette infraction a été mise au jour grâce à une enquête menée par The Guardian et Floodlight News, dont les images thermiques capturées par drone ont prouvé que 45 générateurs tournaient simultanément sans aucun permis. Les installations de DataOne affichaient une capacité totale de 1 982 kilowatts.

    Cette consommation représenterait plus de 50 fois le seuil légal de 37 kilowatts à partir duquel une autorisation est obligatoire. Selon le département de la Protection de l'environnement du New Jersey, ces équipements émettent du dioxyde de carbone, du monoxyde de carbone et des oxydes d'azote, ainsi que des polluants atmosphériques. Ces polluants peuvent provoquer des crises d'asthme, des problèmes cardiaques ou des décès prématurés.

    L'origine de la découverte et les inquiétudes de la population

    Les promesses de rendements colossaux de l'IA générative poussent les acteurs à prendre des risques. L'existence de ces générateurs clandestins a d'abord été décelée par un agriculteur local qui photographiait un terrain de golf voisin et a aperçu ces structures sur des prises de vue aériennes. Lors de leur inspection en juillet 2026, les agents de l'État ont découvert des unités de la taille de semi-remorques qu'il était impossible de manquer.


    Ce centre de données, qui alimente les systèmes d'IA de Microsoft tels que Copilot, se trouve à proximité immédiate de terres agricoles, de zones résidentielles et de deux écoles. La proximité de ces installations suscite une forte inquiétude chez les riverains quant à la qualité de l'air et aux nuisances sonores.

    Tiffany Leone-Vespa, une résidente du quartier depuis 18 ans, a exprimé ses inquiétudes : « qu'avons-nous respiré depuis qu'ils font fonctionner ces générateurs sans permis ? » Ed Potosnak, commissaire du département de la Protection de l'environnement (DEP) du New Jersey, s'est félicité de cette mesure corrective sévère et a ajouté que « les centres de données ne seraient pas construits ni exploités en toute impunité dans cet État ».

    Un porte-parole de DataOne a indiqué que l'entreprise contestait la sanction, mais qu'elle allait déposer une demande de permis temporaire sous 45 jours, tout en préparant une transition vers des générateurs à combustible plus silencieux et moins polluant. Cependant, cette mesure ne satisfait pas les associations locales telles que Sustain SJ, qui demandent l'arrêt immédiat des générateurs pendant la période d'instruction du dossier.

    Parallèlement à cette demande, de nombreux habitants jugent cette amende « dérisoire » au regard des moyens financiers colossaux de l'entreprise. Un résident, Steve Brown, a estimé qu'il s'agissait d'une stratégie coutumière s'apparentant à « ne demandez pas la permission, demandez pardon plus tard ». Dans le Mississippi, un centre de données de xAI fonctionne grâce à 27 turbines à gaz qui rejettent des polluants dans l’atmosphère.

    Les mouvements de contestation gagnent le monde entier

    Aux États-Unis comme ailleurs dans le monde, l’implantation des centres de données destinés à l'IA s’accompagne de problèmes et d’une opposition croissante de la part de la population. Bien qu'il s'agisse de la plus forte pénalité jamais infligée à un opérateur de centres de données dans le New Jersey, l'affaire s'inscrit dans un contexte plus large où plus de 80 projets de centres de données sont prévus ou en cours de construction dans la région.

    La mobilisation citoyenne ont poussé l'État à faire marche arrière sur certains soutiens financiers, et a entrainé le vote d'une loi supprimant 250 millions de dollars d'incitations fiscales accordées à ce secteur en plein essor. Face à ces violations et au manque de transparence déploré par les riverains, les militants écologistes réclament désormais l'instauration d'un moratoire à l'échelle de l'État sur la construction de tout nouveau centre de données.

    L'IA suscite une inquiétude grandissante au sein de la population occidentale, provoquant de vives oppositions. Aux États-Unis, les protestations ont déjà fait échouer des projets de centres de données d'une valeur de plus de 100 milliards de dollars, et jusqu'à 40 % des électeurs souhaiteraient même voir l'IA bannie de la plupart des secteurs industriels. Des politiques ont perdu des élections en raison de leur soutien aux centres de données.

    Selon un rapport récent, des projets de centres de données évalués à 68 milliards de dollars ont été bloqués ou retardés en seulement trois mois. Data Centre Watch a recensé 45 projets affectés entre avril et juin. Le groupe a également constaté que les législateurs d’une trentaine d’États avaient proposé ou adopté des réglementations concernant l’implantation des centres de données, leur consommation d’électricité et leur utilisation de l’eau.

    Le Texas a suspendu les raccordements au réseau électrique des nouveaux centres de données d'IA afin de protéger le réseau contre les surcharges, ainsi que la qualité de vie des Texans. « Notre priorité absolue est de protéger la sécurité et la qualité de vie des Texans », a déclaré Greg Abbott, le gouverneur de l'État.

    L’impact environnemental colossal des centres de données

    Amazon est en train de construire une centrale électrique au gaz naturel de 7,65 gigawatts dans le comté de Pecos, au Texas, afin d'alimenter son nouveau centre de données d'IA. Équipée de 35 turbines, cette grande installation a reçu l'autorisation d'émettre jusqu'à 33 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an, ce qui représente un volume d'émissions prévisionnel supérieur à celui de n'importe quelle autre centrale électrique du pays.

    En autorisant un tel niveau de pollution pour soutenir l'IA, les autorités texanes illustrent une tendance lourde où l'innovation semble l'emporter sur l'écologie. Pour certains critiques , ce projet soulève une question cruciale : faut-il donner la priorité à l'environnement ou à l'innovation et la souveraineté numérique ?

    L'essor de l'IA génère des besoins énergétiques et hydriques massifs qui pèsent lourdement sur l'environnement. Aux États-Unis, la Virginie se place en tête des États les plus polluants en raison d'une concentration mondiale record de centres de données, suivie par le Texas, la Californie et l'Ohio. En France, le plus grand centre de données du pays, situé à La Courneuve, consomme à lui seul autant d'électricité qu'une ville de 50 000 habitants.

    L'implantation de ces infrastructures suscite une opposition locale de plus en plus structurée et déterminée à travers le monde. Les opposants dénoncent non seulement la consommation d'eau et d'électricité, mais aussi l'artificialisation de terres agricoles et naturelles. Aux États-Unis, 69 collectivités locales bloquent actuellement les nouvelles constructions de centres de données, et une ville californienne a voté leur interdiction définitive.

    Le désastre sanitaire causé par les centres de données d'IA

    Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.

    Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

    Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

    Il fait notamment référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

    Source : département de la Protection de l'environnement du New Jersey

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'amende infligée à cet opérateur par le New Jersey ?
    Comment les gouvernements peuvent-ils faire face à la prolifération des centres de données ?

    Voir aussi

    Un comté comptant 37 centres de données demande aux écoles de « faire des économies d'électricité » pour faire face à la hausse drastique des coûts de l'énergie provoquée par l'appétit énergétique de l'IA

    Le Texas suspend les raccordements au réseau électrique des nouveaux centres de données IA afin de protéger le réseau contre les surcharges, ainsi que « la qualité de vie des Texans »

    L'essor des centres de données dédiés à l'IA se heurte à une résistance croissante : l'opposition locale a bloqué 45 projets de centres de données d'une valeur de 68 milliards $ au deuxième trimestre 2026

  17. #17
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    La protestation contre les centres de données dédiés à l'IA est devenue plus virulente

    • consommation d’électricité.
    • utilisation de l’eau.


    L'essor de l'IA génère des besoins énergétiques et hydriques massifs qui pèsent lourdement sur l'environnement.
    En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie. Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations.

    • particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales,
    • notamment des maladies pulmonaires,
    • des troubles cardiaques et, dans certains cas,
    • des taux plus élevés de mortalité prématurée.
    • L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures.
    Ce que l'on ne n'entend pas beaucoup (et/ou que le lien n'est pas fait), c'est que ces dépenses énergétiques (sans même compter la consommation d'eau, une ressource plus rare qu'on ne le croit), s'ajoutent aux dégâts collatéraux des guerres Israël/Palestine/Cisjordanie, Ukraine/Russie et USA/Iran, et font partie de l'équation qui mène à la flambée des prix actuel... De même, cette course à l'IA entraîne des pénuries de RAM et autres composants...

    Bref, beaucoup de dégât dans le monde réel, là où la bulle IA va faire des ravages incalculable, qu'elle perce (chômage, etc) ou pas (pertes d'investissement si éclatement de la bulle). Ajoutons le développement d'armes boostés à l'IA, qui ne font que prolonger les guerres ci-dessus, dont les victimes sont les pauvres bougres qu'on envoie se faire dégommer dès leur arrivée au front.

    Je ne sais pas vous, mais moi, plus le temps passe, plus je pense que l'IA est un cancer qui se généralise. Il serait grand temps de n'en garder que la substantiel moelle, et d'en finir avec le reste. Vœu pieu, je sais, mais qui serait salutaire au plus grand nombre.

    C'est juste mon avis, chacun a le sien et c'est très bien ainsi.
    BàV et Peace & Love.

  18. #18
    lvr
    lvr est déconnecté
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    Par défaut
    Il me semble qu'on soit encore dans un des bons sujets NIMBY.
    Personne ne veut des data centers chez lui, de leur nuisances sonores, de leur pollution, désastre écologique, ...
    Mais tout le monde continue à l'utiliser. Pour tout et pour rien.
    A un moment, va falloir être cohérent et arrêter de les utiliser.

  19. #19
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    Par défaut oui et non
    Ivr,

    Citation Envoyé par lvr Voir le message
    Il me semble qu'on soit encore dans un des bons sujets NIMBY.
    Personne ne veut des data centers chez lui, de leur nuisances sonores, de leur pollution, désastre écologique, ...
    Mais tout le monde continue à l'utiliser. Pour tout et pour rien.
    A un moment, va falloir être cohérent et arrêter de les utiliser.
    Non, tout le monde ne l'utilise pas (l'IA), et tout le monde ne veut pas les utiliser (les datacenter), mais tout est fait pour nous forcer à cela... L'excès nuit en tout.

  20. #20
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    Par défaut Un promoteur de centre de données offre 10k $ aux habitants d'une ville de Pennsylvanie, mais ils s'y opposent
    Tous les habitants d'une ville de Pennsylvanie recevront 10 000 $ si un centre de données y est construit, soit un montant total de 45 millions $, mais ils continuent de s'y opposer

    Northpoint Development, un grand promoteur qui tient absolument à construire un centre de données près d'une ville de Pennsylvanie, aurait proposé à chaque foyer de Hazle Township un chèque de 10 000 dollars, soit un montant total de 45 millions de dollars. Cependant, la plupart des habitants ont refusé ces versements, craignant qu'il ne s'agisse d'une tentative de les soudoyer pour qu’ils acceptent la construction de l'installation. Leurs craintes portent principalement sur la pollution sonore et lumineuse, la baisse de la valeur immobilière et, plus généralement, la peur que le développement de l'intelligence artificielle (IA) entraîne des suppressions d'emplois. Cette résistance s'inscrit dans un mouvement de rejet plus large à l'échelle nationale : un sondage Gallup réalisé en mai 2026 a révélé que les Américains préféreraient accueillir une centrale nucléaire dans leur localité plutôt qu’un centre de données.

    La décision des habitants de Hazle Township témoigne d'un phénomène national bien plus vaste. Selon une étude de Data Center Watch, les opposants aux centres de données ont bloqué ou retardé 75 projets représentant près de 130 milliards de dollars au cours du premier trimestre 2026. Le nombre de groupes d'opposition actifs a lui aussi plus que doublé en un an, pour atteindre 833 groupes répartis dans 49 États, illustrant ainsi les obstacles croissants auxquels se heurte le développement des infrastructures d'IA sur l'ensemble du territoire américain.

    Dans le cadre de la procédure d'obtention des autorisations pour un projet de centre de données situé dans les contreforts des Poconos, la société Northpoint Development a envoyé cet été des courriers aux 10 460 habitants de la commune voisine de Hazle Township, leur proposant de remettre à chaque foyer un chèque à dépenser « comme bon leur semble ».

    D'un montant total de 45 millions de dollars, ces versements constitueraient un coup de pouce considérable pour de nombreux habitants de la ville, où le revenu moyen par foyer s'élève à 60 000 dollars. Ils pourraient s'en servir pour payer six mois de loyer dans un appartement de deux chambres ou pour financer leurs courses ou leur carburant pendant plusieurs mois supplémentaires, selon le Wall Street Journal.

    Mais de nombreux habitants de Pennsylvanie refusent ces indemnités, soupçonnant le promoteur de tenter de les soudoyer pour qu’ils donnent leur accord à la construction d’un centre de données susceptible de générer des nuisances sonores et une pollution lumineuse, ou simplement de contribuer à l’accélération du développement de l’IA, dont ils craignent qu’elle n’entraîne la disparition massive d’emplois.


    Jeff Fasnacht, un enseignant à la retraite qui habite près du site prévu pour le nouveau centre de données, partageait la même inquiétude que de nombreux autres habitants à travers le pays qui s'opposent à la construction de centres de données : une nouvelle forme de syndrome « NIMBY » (Not In My Backyard, « pas dans mon jardin »).

    « 10 000 dollars, ce n'est rien comparé à la chute de la valeur de ma propriété », a déclaré Jeff Fasnacht au Wall Street Journal, tout en dégustant un scotch et un cigare après une partie de golf.

    Ed Negra, un propriétaire à la retraite, a ajouté que l’offre du promoteur pourrait finir par se retourner contre lui, car elle risquait d’inciter les habitants à se pencher sur les inconvénients potentiels du centre de données. « Je pense que ça a l’effet inverse, car la plupart des gens se disent : "Hé, est-ce qu’ils essaient de nous soudoyer ?" », aurait-il déclaré.

    L'opposition aux centres de données s'est tellement renforcée que les gens préféreraient voir une centrale nucléaire s'implanter dans leur quartier plutôt qu'un centre de données, selon un sondage Gallup réalisé en mai 2026.

    Les promoteurs ont déployé des efforts sans précédent pour tenter de convaincre les propriétaires méfiants, en proposant des dizaines de millions de dollars de financement aux écoles locales, aux services de pompiers et à d'autres services.

    Lors de la fête italienne locale organisée dans le canton de Hazle, les habitants ont pu voir une pancarte indiquant « Manèges gratuits offerts par Northpoint », selon le Journal.

    Les versements directs en espèces aux habitants pourraient constituer la tentative la plus audacieuse à ce jour pour rallier l'opinion publique – même si les responsables politiques des deux bords se montrent de plus en plus réticents à l'égard des centres de données, soucieux de satisfaire leurs électeurs en vue de leur réélection.

    Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, républicain, a ordonné un gel des autorisations de construction de centres de données, tandis que la gouverneure de New York, Kathy Hochul, démocrate, a décrété un moratoire sans précédent sur la construction de centres de données à grande échelle.

    Le gouverneur démocrate de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a signé un décret interdisant les accords de confidentialité entre les collectivités locales et les entreprises exploitant des centres de données, prenant ainsi position contre ce qu’il a qualifié de promoteurs « prédateurs ».

    John Zola, qui habite près de Hazle Township, dans la ville de Sugarloaf, estime que les élus locaux de tout l’État se laissent trop facilement convaincre par les grands promoteurs – et qu’ensuite « les vannes s’ouvrent, et les communes accordent des exonérations fiscales sur dix ans ».

    Brent Miles, directeur marketing de NorthPoint, a expliqué que l’idée des chèques de 10 000 dollars était née à la suite d’une réunion publique l’année dernière, au cours de laquelle des habitants indignés avaient interrogé l’entreprise sur ce qu’ils avaient à gagner du centre de données.

    « Je pense que nous tenons là quelque chose de vraiment novateur, qui répond directement à la question : "Qu’est-ce que ça m’apporte ?" », a déclaré Brent Miles au Journal.

    L'entreprise prévoit également de verser 120 millions de dollars supplémentaires pour soutenir la ville au cours des 15 prochaines années, notamment pour financer un service de police local, a-t-il précisé.

    Charlie Leshko, un ancien agent d’entretien et de nettoyage à la retraite vivant dans une résidence pour seniors, a déclaré au Journal qu’il envisageait d’utiliser ces indemnités pour s’acheter une nouvelle voiture ou verser un apport pour l’achat d’une maison.

    « On ne gagne pas 10 000 dollars tous les jours », a déclaré Charlie Leshko. « J’ai toujours rêvé d’avoir ma propre maison. »

    Carl Majusiak, un ancien ouvrier de fonderie à la retraite, a déclaré qu’il avait lui aussi envisagé ces chèques au départ, mais qu’il avait finalement estimé que cela ne suffisait pas pour compenser le projet immobilier.

    « Au début, je me suis dit : "Bon, d’accord, je vais peut-être y réfléchir" », a expliqué Carl Majusiak, avant de conclure : « Mais j’ai fini par me dire : "On n’a pas besoin de ça par ici." »

    Face à cette contestation grandissante et aux réticences croissantes des habitants et des élus locaux, l'industrie technologique a lancé sa propre contre-offensive. Des milliardaires de la technologie ont ainsi lancé une campagne pour sauver les centres de données IA, portée par le groupe de pression « Build American AI », qui investit massivement dans des États stratégiques afin de mettre en avant les bénéfices économiques et l'emploi générés par ces centres. Un effort de communication qui traduit l'importance prise par ce dossier à l'approche des élections de mi-mandat, alors que de nombreux projets sont toujours bloqués ou retardés à travers le pays.

    Source : Wall Street Journal

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    Trouvez-vous cette initiative de la société Northpoint Development crédible ou pertinente ?

    Voir aussi :

    54 % des américains considèrent désormais les centres de données IA comme « globalement néfastes » pour l'environnement, une forte hausse par rapport aux 39 % de janvier 2026

    L'essor des centres de données dédiés à l'IA se heurte à une résistance croissante : l'opposition locale a bloqué 45 projets de centres de données d'une valeur de 68 milliards $ au deuxième trimestre 2026

    142 manifestations contre les centres de données IA ont eu lieu dans 42 États US, alors que l'opposition s'intensifie les organisateurs qualifiant ces projets d'atteinte inacceptable à la liberté
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