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Intelligence artificielle Discussion :

L'essor de l'IA entraîne une hausse inquiétante de la consommation d’eau des centres de données européens


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #1
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    Par défaut L'essor de l'IA entraîne une hausse inquiétante de la consommation d’eau des centres de données européens
    « Je ne peux pas boire l'eau » : comment l'essor des centres de données pour l'IA pollue les nappes phréatiques, rend l'eau impropre à la consommation
    et met à rude épreuve les réseaux électriques

    L'essor de l'IA générative a accéléré l’implantation massive de centres de données à l’échelle mondiale. Mais cette frénésie a entraîné un lot de problèmes pour les populations vivant dans les petites villes ou régions rurales dans lesquelles ces infrastructures sont installées. Elles sont énergivores et exercent une pression sur les réseaux électriques. Les entreprises se précipitent pour relancer les vieilles centrales à charbon pour répondre aux besoins de l'IA, accentuant ainsi les niveaux de pollution. Les centres de données nécessitent d'énormes quantités d'eau pour refroidir les serveurs, ce qui accroit la pression sur les sources d'eau et pollue les nappes phréatiques.

    En août 2024, Meta, qui développe Llama, l'un des plus grands modèles de langage (LLM) open source, a révélé qu'il aura besoin de beaucoup plus de puissance de calcul pour former ses modèles à l'avenir. Le PDG Mark Zuckerberg a déclaré lors de la conférence téléphonique sur les résultats du deuxième trimestre 2024 de Meta que pour entraîner le Llama 4, la société aura besoin de 10 fois plus de puissance de calcul que pour l'entraînement du Llama 3.

    Meta avait annoncé son intention de Llama 4 le modèle d'IA le plus avancé sur le marché en 2025. Cependant, malgré les dépenses colossales en matière d'infrastructure, Meta n'a pas réussi ce pari. Meta a publié Llama 4 en avril et a déclaré que son modèle égale les performances des meilleurs modèles du marché. Toutefois, il est apparu que Meta a truqué les tests pour donner l'impression que son modèle Llama 4 est meilleur que la concurrence.

    Meta continue de développer ses projets de centres de données afin d'augmenter ses capacités pour former les futurs modèles d'IA. Cependant, ces gigantesques infrastructures énergivores ont un impact important sur leur environnement et sur les riverains. Dans certaines régions du monde, les centres de données pour l'IA polluent les nappes phréatiques, rendent l'eau impropre à la consommation et exercent une pression sur les réseaux électriques.

    À Mansfield, en Géorgie, aux États-Unis, les habitants se plaignent de l'impact critique d'un centre de données de Meta sur leur environnement. Un récent rapport de la BBC relate la façon dont le quotidien de Beverly Morris, une habitante de la ville, est devenu difficile depuis l'installation du centre de données.


    Depuis les travaux de construction du centre de données de Meta, la source d’eau privée de Beverly Morris est devenue trouble, chargée en sédiments, et donc impropre à la consommation. Elle ne peut plus boire l’eau du robinet, mais l'utilise pour d'autres usages. Beverly Morris doit désormais s’approvisionner en eau en bouteille ou transporter manuellement de l’eau propre. Le centre de données de Meta se situe à 400 mètres de son porche.

    « Je ne peux pas vivre dans ma maison si la moitié de celle-ci fonctionne et que je n'ai pas d'eau. Je ne peux pas boire l'eau », a-t-elle déclaré. Elle explique qu'elle a dû réparer la plomberie de sa cuisine pour rétablir la pression de l'eau. Mais l'eau qui sort du robinet contient encore des résidus. « J'ai peur de boire l'eau, mais je continue à cuisiner et à me brosser les dents avec. Cela m'inquiète-t-il ? Oui », a-t-elle au journal britannique.

    La pression critique des centres de données sur les ressources en eau

    Beverly Morris s'est installée dans la petite ville de Mansfield, en Géorgie, après sa retraite en 2016. D'après ses dires, elle pensait avoir trouvé son « petit coin de paradis », mais il n'en est plus rien désormais. « C'était l'endroit idéal pour moi. Mais ce n'est plus le cas », a-t-elle déclaré. De son côté, Meta estime que son centre de données n'est pas à l'origine des problèmes rencontrés par Beverly Morris, expliquant que le bon voisinage est une priorité.

    Meta dit avoir commandé une étude indépendante sur les eaux souterraines afin d'examiner les préoccupations de Beverly Morris. Selon le rapport, l'exploitation de son centre de données n'a pas eu d'effet négatif sur les conditions des eaux souterraines dans la région. Toutefois, si Meta conteste être à l'origine des problèmes d'eau de Beverly Morris, il ne fait aucun doute, selon elle, que l'entreprise a désormais épuisé ses droits en tant que voisine.

    Il y aurait plus de 10 000 centres de données à travers le monde. L'IA étant à l'origine d'une forte augmentation de l'activité en ligne, ce nombre augmente rapidement. Et avec eux, de plus en plus de plaintes de la part des riverains. Selon un rapport du groupe Data Center Watch, 64 milliards de dollars de projets ont été retardés ou bloqués aux États-Unis en raison de nombreuses préoccupations, notamment la pression sur les ressources en eau.

    « Ce sont des processeurs très chauds. Il faut beaucoup d'eau pour les refroidir », a déclaré Mark Mills, du National Center for Energy Analytics, lors de son témoignage devant une commission du Congrès américain en avril dernier. De nombreux centres de données utilisent des systèmes de refroidissement par évaporation, où l'eau absorbe la chaleur qui s'échappe et s'évapore - de la même manière que la sueur évacue la chaleur de notre corps.

    Lors des journées chaudes, un seul centre de données peut utiliser des millions de litres d'eau. Une étude estime que les centres de données pilotés par l'IA pourraient consommer environ 6 435 milliards de litres d’eau dans le monde d'ici à 2027. Selon les observateurs, peu d'endroits illustrent cette tension aussi clairement que la Géorgie, l'un des marchés des centres de données qui connaît la croissance la plus rapide aux États-Unis et dans le monde.

    Son climat humide offre une source d'eau naturelle et plus rentable pour le refroidissement des centres de données, ce qui la rend attrayante pour les promoteurs. Les entreprises affirment que leurs installations respectent des normes environnementales strictes et rapportent des millions de dollars en recettes fiscales locales. Cependant, les experts de l'environnement s'inquiètent de l'impact négatif de la pression croissante sur les ressources en eau.

    Les centres de données deviennent l'épine dorsale de la vie moderne

    Les Big Tech affirment qu'ils sont conscients du problème et qu'ils agissent. « Notre objectif est de réinjecter, d'ici à 2030, plus d'eau dans les bassins hydrographiques et les communautés où nous exploitons des centres de données que nous n'en prélevons », a déclaré Will Hewes, responsable mondial de la gestion de l'eau chez Amazon Web Services (AWS), qui exploite plus de centres de données que n'importe quelle autre entreprise dans le monde.

    Sur le continent américain, Will Hewes précise que l'eau n'est utilisée que pendant environ 10 % des journées les plus chaudes de l'année. Pourtant, les chiffres s'additionnent. Une seule requête d'IA - par exemple, une demande au chatbot ChatGPT d'OpenAI - peut consommer autant d'eau qu'une petite bouteille achetée au magasin du coin. Si l'on multiplie ce chiffre par des milliards de requêtes par jour, l'ampleur de la tâche devient évidente.

    Le professeur Rajiv Garg enseigne le cloud computing à l'université Emory d'Atlanta. Selon lui, ces centres de données ne sont pas près de disparaître ; ils sont même en train de devenir l'épine dorsale de la vie moderne. « Il n'y a pas de retour en arrière possible », explique-t-il. Selon lui, la clé réside dans une réflexion à long terme : des systèmes de refroidissement plus intelligents, la récupération de l'eau de pluie et une infrastructure plus efficace.

    « À court terme, les centres de données créeront une énorme pression », admet-il. Mais le secteur commence à s'orienter vers la durabilité. Et pourtant, ce n'est qu'une maigre consolation pour les propriétaires comme Beverly Morris, coincés entre le rêve d'hier et l'infrastructure de demain.

    Les centres de données sont devenus plus qu'une simple tendance industrielle : ils font désormais partie de la politique nationale. Le président Donald Trump a récemment promis de construire le plus grand projet d'infrastructure d'IA de l'histoire, le qualifiant d'avenir alimenté par les données américaines. Pour alimenter l'IA, Donal Trump a décidé d'exempter les centrales à charbon les plus polluantes des États-Unis des règles en matière de pollution.

    Les réseaux électriques n'étaient pas préparés à la croissance subite de la demande

    L'IA gagne en popularité dans presque tous les domaines d'activité de la vie et a poussé les actions des entreprises technologiques vers des sommets historiques. Mais une vérité dérangeante apparaît dans de plus en plus de conversations professionnelles : l'IA est un énorme gouffre à électricité. Elon Musk, PDG de xAI, a déclaré que la demande croissante de puces d'IA gourmandes en énergie pourrait bientôt entraîner une pénurie d'électricité.

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    « L'année prochaine vous verrez qu'ils ne trouveront pas assez d'électricité pour faire fonctionner toutes les puces », a déclaré Elon Musk à la conférence Bosch ConnectedWorld en avril 2024. La croissance rapide de l'IA a fait grimper la demande en énergie à un niveau plus élevé que ce qui était prévu.

    Aux États-Unis, elle met à rude épreuve les capacités de production du pays. En 2024, Grid Strategies estime que les prévisions de croissance sur neuf ans pour l'Amérique du Nord ont doublé par rapport à l'année précédente, car les entreprises construisent des centres de données pour l'IA qui font paraître minuscules les besoins des centres de données traditionnels. Les analystes rapportent que les réseaux électriques atteignent peu à peu leur limite.

    En 2023, les prévisions à cinq ans de Grid Strategies tablaient sur une croissance de 2,6 %. Depuis, ce chiffre a presque doublé pour atteindre 4,7 % en avril 2024 et les planificateurs de Grid Strategies s'attendent à ce que la demande de pointe augmente de 38 gigawatts. Cela équivaut à la quantité d'énergie nécessaire pour alimenter 12,7 millions de foyers, soit un peu plus que le nombre total d'unités d'habitation au dans l'État américain du Texas.

    Plus inquiétant encore, les analystes pensent que ce chiffre est probablement une sous-estimation des besoins réels. L'IA est un élément majeur du problème en ce qui concerne l'augmentation de la demande. Les leaders du secteur, comme OpenAI, Amazon et Microsoft accélèrent les projets de centres de données.

    La consommation annuelle d'énergie d'un centre de données de Meta basé dans l'Iowa équivaut à celle de 7 millions d'ordinateurs portables fonctionnant huit heures par jour. L'appétit énergétique de l'IA remet aussi en question les engagements en faveur du climat. La résurgence de l'énergie fossile dans les centres de données pour répondre aux besoins de l'IA contraste fortement avec les engagements de durabilité des entreprises comme Microsoft, Google et Meta.

    Elles prévoient de supprimer entièrement leurs émissions d'ici à 2030. Cependant, l'IA remet en question ces initiatives. Ces entreprises sont les acteurs les plus importants d'une constellation de plus de 2 700 centres de données à travers les États-Unis. Et la construction de nouveaux centres de données est envisagée.

    Stargate d'OpenAI et Rainier d'Amazon : des projets surdimensionnés pour l'ère de l'IA

    Amazon construit l'un des plus grands clusters de supercalculateurs pour l'IA au monde avec le projet Rainier. Il comprendra un immense cluster composé de centaines de milliers de puces et devrait être opérationnel dans le courant de l'année dans divers sites aux États-Unis. Un site dans l'Indiana comprendra trente centres de données, chacun d'une superficie de 18 580 mètres carrés et consommant collectivement environ 2,2 gigawatts d'électricité.

    Rainier sera à terme l'une des infrastructures d'IA les plus énergivores au monde. Le site de l'Indiana pourrait consommer jusqu'à 2,2 gigawatts d’électricité. C’est plus que ce que consomme une ville moyenne. Si cette énergie provient majoritairement de centrales à charbon (comme c’est souvent encore le cas en Indiana), les émissions seront énormes. Pour l’instant, Amazon ne garantit pas une alimentation 100 % renouvelable pour le projet Rainier.

    Amazon n'a pas précisé la quantité d'énergie consommée par ses puces. Le billet de blogue ne fournit pas d'information à ce sujet. Mais en supposant que la quantité d'énergie consommée soit d'environ 500 watts, un cluster d'environ 256 000 puces Tranium2 pourrait nécessiter entre 250 et 300 mégawatts d'énergie. À titre de référence, cela correspond à peu près au supercalculateur Colossus de xAI d'Elon Musk, qui contient 200 000 GPU Hopper de Nvidia.

    En réponse aux préoccupations, Gadi Hutt, directeur de l'ingénierie produit et client chez Annapurna Labs, a déclaré : « nos équipes d'ingénieurs chargées des centres de données, qu'il s'agisse de la disposition des racks, de la distribution électrique ou des techniques de refroidissement, innovent en permanence pour améliorer l'efficacité énergétique. Quelle que soit l'échelle à laquelle AWS opère, nous gardons toujours à l'esprit nos objectifs de durabilité ».

    Le projet Rainier d'Amazon pourrait induire une nouvelle pression sur la ressource en eau dans les régions qui abriteront les différents sites. Par ailleurs, il y a l’impact de la construction elle-même. Rainier implique la fabrication de centaines de milliers de puces Trainium, la construction de dizaines de centres de données et de serveurs géants. Tout ça, c’est du béton, de l’acier, de l’électronique, des transports : une empreinte carbone massive en amont.

    Conclusion

    Les centres de données consomment d’énormes quantités d’eau pour refroidir leurs équipements informatiques. Dans plusieurs régions des États-Unis et du monde, la construction de ces installations suscite de vives critiques, notamment dans les zones déjà soumises à un stress hydrique. Avec le développement de l'IA, le défi est clair : comment alimenter le monde numérique de demain sans épuiser la ressource la plus fondamentale qui soit, l'eau ?

    Les entreprises font preuve d'un manque de transparence concernant la consommation énergétique de ces projets et l'impact sur leurs engagements climatiques. Il y a peu d’informations sur les sources d’énergie exactes utilisées et très peu de détails publics sur les mesures de compensation carbone, s’il y en a.

    De son côté, xAI vient d'obtenir un permis d'émission atmosphérique à Memphis. Le centre de données qui abrite le supercalculateur Colossus de xAI est autorisé à exploiter 15 turbines à méthane. Le permis impose à xAI le respect d'une série de restrictions destinées à minimiser la pollution, mais cette décision suscite l'indignation des communautés locales et des responsables environnementaux qui affirment que les générateurs polluent leurs quartiers.

    Selon les plaintes, l'installation de xAI libère une panoplie de gaz toxiques pour l'homme, dont le formaldéhyde, un agent cancérigène connu. Alors que xAI a obtenu un permis d'exploitation pour 15 turbines, une plainte allègue qu'au moins 24 turbines sont encore installées sur le site de xAI.

    Source : BBC

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'impact environnemental de la multiplication des centres de données pour l'IA ?
    Les centres de données deviennent l'épine dorsale de la vie moderne en dépit de leur impact environnemental. Qu'en pensez-vous ?
    Selon vous, comment l'industrie peut-elle améliorer l'efficacité énergétique des centres de données et réduire la pression sur les ressources en eau ?

    Voir aussi

    Meta va décupler sa puissance de calcul dans le cadre de la formation de Llama 4 et pourrait le lancer l'année prochaine, mais l'impact climatique de cette infrastructure potentiellement énergivore inquiète

    Project Rainier : Amazon construit un gigantesque cluster de supercalculateurs qui comprend des « centaines de milliers » de ses puces Trainium2 et est dédié à la formation des modèles d'IA d'Anthropic

    Après des mois de protestations contre la pollution, xAI a obtenu un permis d'exploitation de 15 turbines à méthane pour alimenter son superordinateur Colossus, mais l'imagerie en montre 24 sur le site

  2. #2
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    Le problème tient plus au lobbying et aux réglementations environnementales américaines défaillantes, qu'aux datacenters à proprement parler. On peut tout à fait limiter les besoins des datacenters en eau avec des systèmes de refroidissement plus performants (en combinant dry et wet cooling typiquement).

  3. #3
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    Pourquoi ne pas faire tremper tous ces composants électroniques dans de l'huile diélectrique ?

  4. #4
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    Par défaut L'essor de l'IA entraîne une hausse inquiétante de la consommation d’eau des centres de données européens
    L'essor de l'IA entraîne une hausse inquiétante de la consommation d’eau des centres de données européens alors que les ressources en eau deviennent limitées
    la situation fait craindre une pénurie d'eau

    L'expansion rapide de l'IA met à rude épreuve les réseaux électriques du monde entier et exerce une pression sur les ressources en eau. Un nouveau rapport de la société d'analyse de données et de conseil GlobalData alerte sur le cas particulier de l'Europe : la demande en eau pour refroidir les centres de données pourrait dépasser les ressources disponibles dans certaines régions. La situation fait craindre une pénurie d'eau en Europe après un été exceptionnellement chaud et sec, marqué par d'intenses vagues de chaleur dans le sud du continent. Outre-Atlantique, des voix s'élèvent pour dénoncer la pollution des nappes phréatiques par les centres de données.

    L'essor de l'IA générative a accéléré l’implantation massive de centres de données à l’échelle mondiale. Cependant, cette frénésie a entraîné un lot de problèmes pour les populations vivant dans les régions dans lesquelles ces infrastructures sont installées. Elles sont énergivores et mettent en difficulté les réseaux électriques. Les vieilles centrales à charbon sont relancées pour répondre aux besoins de l'IA, ce qui accentue les niveaux de pollution déjà élevés.

    Les centres de données nécessitent aussi d'énormes quantités d'eau pour refroidir les serveurs, ce qui accroit la pression sur les sources d'eau et pollue les nappes phréatiques. En Europe, les analystes préviennent que les besoins en eau pourraient dépasser l'offre à mesure que les vagues de chaleur s'intensifient.

    Un rapport de l'Université de Californie à Riverside indique que les outils d'IA consomment jusqu'à quatre fois plus d'eau que prévu. Il faut 2 litres d'eau pour traiter entre 10 et 50 requêtes, alors que l'estimation initiale était d'un demi-litre. Cette augmentation est due aux besoins de refroidissement des serveurs dans les centres de données. Des entreprises comme Microsoft et Google ont constaté une hausse significative de leur consommation d'eau.

    L'industrie a déployé des efforts importants afin de trouver des alternatives à l'eau pour le refroidissement et réduire la consommation globale. Mais les technologies alternatives sont complexes et coûteuses à mettre en place à grande échelle. L'eau continue donc de jouer un rôle prépondérant. Selon l’OCDE, les outils d'IA pourraient nécessiter entre 4,2 et 6,6 milliards de mètres cubes d’eau par an d’ici 2027, ce qui représente une quantité impressionnante.


    « C'est plus que la consommation annuelle totale d'un pays comme le Danemark, ou près de la moitié de celle du Royaume-Uni », a déclaré Robert Pritchard, analyste principal chez GlobalData, Enterprise Technology & Services. Selon l'analyste, le changement climatique signifie que les besoins en eau pour refroidir les centres de données en constante expansion risquent de devenir un sérieux problème à résoudre. Et les premiers effets se font déjà ressentir.

    Selon les experts, le changement climatique a perturbé les conditions météorologiques normales, rendant les incendies de forêt et les crues soudaines plus fréquents, tandis que le sol desséché et brûlé peut entraîner une diminution de l'absorption des eaux de pluie dans les aquifères.

    Réduire la consommation d'eau des datacenters : un défi de taille

    Les opérateurs de centres de données sont confrontés à de nombreuses difficultés pour réduire leur consommation d'eau face à la demande croissante en serveurs gourmands en énergie. Une récente étude de Maplecroft indique que de nombreux centres de données parmi les plus importants au monde sont menacés par la hausse mondiale des températures, les besoins croissants en eau entraînant une augmentation des coûts et de la consommation d'eau.

    Selon ses estimations, une installation de taille moyenne consomme en moyenne environ 300 000 gallons (environ 1,4 million de litres) d'eau par jour, et ces besoins devraient augmenter avec la hausse des températures. La pénurie d'eau devient une préoccupation majeure pour les centres de données en Europe.

    Toutefois, le groupe industriel CISPE (Cloud Infrastructure Service Providers in Europe) a averti au début de l'été que les exigences réglementaires contraignantes de la Commission européenne visant à réduire l'utilisation de l'eau pourraient inciter les opérateurs à choisir d'implanter leurs immenses centres de données ailleurs. Le CISPE a présenté ses propres recommandations sur la manière de mettre en œuvre la stratégie de résilience hydrique de l'UE.

    Par ailleurs, le géant du cloud Google a récemment publié une évaluation interne de sa consommation d'eau, affirmant que l'utilisation de l'eau par les systèmes d'IA a été largement exagérée, bien que cette affirmation ait été accueillie avec scepticisme et critiques en raison de sa méthodologie de test. Selon Google, le traitement d'un prompt par l'assistant d'IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau.

    Cependant, ces estimations sont controversées. Selon Shaolei Ren, professeur agrégé en génie électrique et informatique à l'université de Californie à Riverside, les affirmations de Google sont trompeuses, car elles établissent une fausse équivalence entre la consommation d'eau sur site et la consommation totale. Pour comprendre pourquoi, il est important de savoir que les centres de données consomment de l'eau à la fois sur site et hors site.

    Shaolei Ren souligne que le problème n'est pas que Google n'ait pas pris en compte la consommation d'eau hors site. C'est que Google a comparé des pommes et des oranges : « son nouveau chiffre ne concerne que la consommation sur site, tandis que le chiffre discrédité incluait toute la consommation d'eau ».

    L'IA générative pousse la Silicon Valley vers les énergies fossiles

    Il y a encore quelques années, Google, Microsoft, Amazon, et d'autres grandes entreprises technologiques étaient à l'avant-garde du monde des affaires pour reconnaître la gravité de l'urgence climatique et proposer des mesures concrètes visant à limiter les émissions de la Silicon Valley. Parmi ses nombreuses promesses en faveur du climat, Google s'est engagé en 2020 à alimenter toutes ses activités avec de l'énergie sans carbone d'ici à 2030.


    À l'époque, le PDG de Google, Sundar Pichai, avait déclaré : « nous avons jusqu'en 2030 pour définir une cause durable pour notre planète, sous peine de subir les pires conséquences du changement climatique ». Il avait présenté un plan visant à alimenter les centres de données de l'entreprise en combinant des sources d'énergie éolienne et solaire. Sundar Pichai a également annoncé que Google travaillait à augmenter son utilisation du stockage par batterie.

    Aujourd'hui, le géant de la recherche soutient farouchement le programme « d'abondance énergétique » de l'administration Trump. Ce programme largement controversé soutient le pétrole, le gaz et le charbon tout en pénalisant sévèrement les énergies renouvelables telles que l'éolien et le solaire.

    Ce revirement indique qu'à l'heure où l'action climatique est sérieusement menacée par les républicains, les Big Tech du pays hésitent à soutenir les sources d'énergie les moins chères, les plus propres et les moins émettrices de carbone. Selon ces entreprises, les énergies renouvelables telles que l'éolien et le solaire ne sont pas abondantes, car elles ont des limites géographiques et climatiques, qui peuvent influencer leur déploiement et leur efficacité.

    Cela se reflète dans les émissions de carbone de Google, qui ont augmenté de près de 50 % entre 2019 et 2024. Une étude indépendante du NewClimate Institute, une organisation allemande à but non lucratif, a remis en cause la capacité de l'entreprise à atteindre ses objectifs climatiques. L'expansion des centres de données et l'utilisation accrue de l'IA ont augmenté la demande en électricité et les émissions absolues de gaz à effet de serre de Google.

    Conclusion

    La croissance rapide des centres de données, stimulée par le développement de l’IA, entre en tension avec les ressources en eau disponibles en Europe. Pour faire face à ce problème, le secteur réfléchit à des solutions telles que l’amélioration de l’efficacité des systèmes de refroidissement, le recyclage des eaux usées et la mise en place de normes minimales de consommation d’eau par l’Union européenne. Cette réglementation est prévue pour fin 2026.

    GlobalData souligne que, chaque fois qu'un défi majeur se présente, l'industrie trouve généralement des solutions. Mais dans ce cas précis, le problème de la pénurie d'eau est une question politique et sociale, et pas seulement une préoccupation technologique. Les experts affirment qu'il est essentiel de trouver un équilibre entre innovation technologique et préservation des ressources naturelles pour garantir un futur numérique durable.

    Source : GlobalData

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Les experts alertent sur un risque de pénurie d'eau en Europe en raison de pression des centres de données pour l'IA. Qu'en pensez-vous ?
    Comment l'industrie technologique peut-elle réduire la consommation d'eau des centres de données ?

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    Les outils d'IA consomment jusqu'à 4 fois plus d'eau que prévu, d'après une étude de l'Université de Californie

    Google déclare que le traitement d'un prompt par son IA Gemini consomme désormais l'équivalent de 9 secondes de télévision et 5 gouttes d'eau, mais les experts affirment que ces chiffres sont sous-estimés

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