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    Par défaut Satya Nadella raconte que Bill Gates lui avait dit que son pari sur OpenAI serait un échec
    OpenAI vient de perdre son plus grand partenaire : Microsoft abandonne le navire en perdition pour poursuivre son autonomie,
    tandis que la startup de Sam Altman brûle un milliard de dollars par mois

    En confirmant au Financial Times son intention de développer ses propres modèles d'IA frontier, Mustafa Suleyman, directeur de l'IA chez Microsoft, vient d'envoyer un signal sismique à l'ensemble de l'industrie. Après des années de dépendance assumée envers OpenAI, le géant de Redmond se prépare à voler de ses propres ailes — et à transformer son partenaire de toujours en concurrent direct. Une rupture stratégique aux implications colossales, qui survient au pire moment possible pour Sam Altman et ses équipes.

    Pour comprendre l'ampleur de ce qui se joue aujourd'hui, il faut revenir à la genèse de l'une des collaborations les plus structurantes de l'histoire récente de l'informatique. Dès 2019, Microsoft investissait un premier milliard de dollars dans OpenAI, alors encore une startup prometteuse mais confidentielle. La suite est connue : GPT-3, puis GPT-4, puis ChatGPT — qui explose en 2022 et propulse les deux entreprises au sommet des conversations mondiales sur l'IA générative. En tout, Microsoft aura injecté près de 13 milliards de dollars dans la société de Sam Altman, obtenant en échange un accès quasi-exclusif à ses modèles les plus avancés, une participation de 27 % dans la nouvelle branche commerciale d'OpenAI, ainsi que des droits de propriété intellectuelle sur les modèles courant jusqu'en 2032.

    Cette relation symbiotique a permis à Microsoft de déployer en un temps record des fonctionnalités d'IA générative à travers tout son écosystème produit : Copilot dans Microsoft 365, GitHub Copilot pour les développeurs, intégration de DALL-E 3 dans Designer, et l'ensemble des offres Azure AI. Pendant que Google tâtonnait encore avec Bard et que Meta misait sur l'open-source, Microsoft caracolait en tête grâce à l'infrastructure technologique d'OpenAI. Une avance stratégique achetée à prix d'or, certes, mais qui semblait alors pleinement justifiée.

    Octobre 2025 : le premier signal du dégel

    Le tournant s'amorce discrètement en octobre 2025, lorsque les deux sociétés renégocient les termes de leur partenariat. Les clauses d'exclusivité sont assouplies dans les deux sens : OpenAI peut désormais chercher de la puissance de calcul auprès d'autres fournisseurs cloud comme AWS ou Google Cloud, tandis que Microsoft se libère de l'obligation de recourir systématiquement aux modèles OpenAI. En apparence, il s'agit d'une simple modernisation contractuelle. En réalité, Mustafa Suleyman le confie lui-même au Financial Times quelques mois plus tard : c'est à ce moment précis que Microsoft a décidé de passer à l'action. Comme l'explique Suleyman, c'est trois ou quatre mois après la renégociation du partenariat que l'entreprise a décidé que le moment était venu de concrétiser une véritable autosuffisance en matière d'IA.

    MAI, Maia 200 : les preuves tangibles de l'émancipation

    La stratégie de Microsoft ne se limite pas aux grandes déclarations. L'entreprise présente des preuves concrètes et techniquement substantielles de son autonomisation. En août 2025, Microsoft a présenté MAI-1-preview, un modèle maison basé sur une architecture de mélange d'experts (MoE), pré-entraîné sur environ 15 000 GPU NVIDIA H100. Selon des informations rapportées par The Information, la famille de modèles MAI rivaliserait déjà avec les technologies d'OpenAI et d'Anthropic lors des tests internes.

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    Sur le front matériel, le coup est tout aussi significatif. Dévoilée en janvier 2026, la Maia 200 est la nouvelle puce construite par Microsoft pour accélérer l'inférence des modèles d'IA. Elle intègre plus de 100 milliards de transistors et revendique des performances supérieures en précision 4 bits et en 8 bits. L'objectif déclaré est de réduire drastiquement la dépendance à NVIDIA pour l'inférence — phase qui représente le poste de coûts le plus explosif à mesure que l'adoption des outils IA s'accélère. Une puce propriétaire dédiée, c'est la promesse de reprendre le contrôle économique de bout en bout.

    Microsoft prévoit par ailleurs 140 milliards de dollars de dépenses d'investissement pour son exercice fiscal se terminant en juin 2026, principalement pour construire l'infrastructure nécessaire à l'IA. Un chiffre vertigineux qui traduit une conviction sans ambiguïté : l'IA n'est pas un gadget, c'est le cœur du réacteur.

    La stratégie de la diversification totale

    Le mouvement de Microsoft s'inscrit dans une logique plus large que la simple rupture avec OpenAI. Il s'agit de passer du statut de client captif à celui d'orchestrateur de modèles. L'entreprise a déjà intégré les modèles d'Anthropic (Claude) dans ses outils Microsoft 365 Copilot et héberge également des modèles de xAI, Meta, Mistral et Black Forest Labs. En clair, Microsoft se positionne comme une plateforme neutre capable d'acheminer les requêtes vers le modèle le plus adapté selon le contexte, le coût, et les exigences de conformité du client.

    Cette approche multi-sources transforme Microsoft en orchestrateur de modèles plutôt qu'en client captif. L'entreprise peut basculer entre fournisseurs selon les performances, les coûts ou les besoins spécifiques de chaque produit, éliminant le risque de point de défaillance unique. Du point de vue de l'architecture système et de la résilience opérationnelle, la logique est imparable. Aucun DSI sérieux ne dépendrait à 100 % d'un fournisseur unique pour sa couche d'inférence.

    Paradoxalement, Microsoft se retrouve ainsi dans une position inédite : investisseur à 27 % dans OpenAI, client stratégique, partenaire contractuel jusqu'en 2032, et désormais concurrent direct. La situation est inédite, car Microsoft reste à la fois investisseur majeur d'OpenAI, client stratégique… et futur concurrent direct.


    Microsoft encourage désormais une partie significative de ses équipes internes à utiliser Claude Code

    Microsoft avait commencé à intégrer les modèles Claude Sonnet dans sa division développeurs dès l’an dernier. Ce mouvement s’est accéléré avec une adoption progressive dans les offres payantes de GitHub Copilot. Mais la dynamique actuelle va plus loin : Claude Code est désormais expérimenté à grande échelle dans plusieurs divisions stratégiques.

    La nouvelle équipe CoreAI, dirigée par Jay Parikh, teste activement l’outil. Plus récemment, la division Experiences + Devices, responsable de Windows, Microsoft 365, Outlook, Teams, Bing, Edge ou encore Surface, a été invitée à l’installer et à l’utiliser. Même les équipes travaillant sur les Copilot métiers ont reçu l’autorisation de l’employer sur l’ensemble de leurs dépôts de code.

    Dans les faits, les ingénieurs sont désormais encouragés à utiliser à la fois Claude Code et GitHub Copilot, puis à comparer les deux. Cette démarche comparative interne est révélatrice : Microsoft cherche moins un remplacement immédiat qu’une compréhension fine des complémentarités et des limites de chaque solution.

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    OpenAI : la tempête parfaite

    Cette annonce tombe au moment le plus critique pour OpenAI. La startup de Sam Altman a jusqu'ici survécu grâce à un cocktail de levées de fonds massives et d'un soutien indéfectible de Microsoft. Mais les signaux d'alarme s'accumulent. OpenAI dépense actuellement près d'un milliard de dollars par mois, et sa viabilité financière est remise en question. Des analystes du Council on Foreign Relations n'hésitent pas à évoquer une faillite possible d'ici 18 mois. La firme est engagée dans des contrats de compute représentant plus d'un trillion de dollars sur le long terme, une ardoise que les grandes technologies de la Silicon Valley maintiennent artificiellement sous perfusion.

    À cela s'ajoutent des batailles juridiques multifronts : le New York Times poursuit OpenAI pour violation de droits d'auteur à grande échelle, pendant qu'Elon Musk et son entité xAI multiplient les attaques en justice. NVIDIA, malgré des rumeurs d'un investissement à 100 milliards de dollars, a finalement décliné. Et désormais, son plus grand protecteur technologique signale qu'il prépare sa sortie progressive. L'annonce de Microsoft arrive au pire moment possible pour OpenAI, qui perd son plus gros client et protecteur au moment où sa survie financière est questionnée.

    OpenAI tente de diversifier ses propres appuis en négociant avec CoreWeave, un fournisseur cloud spécialisé GPU, pour un contrat de 11,9 milliards de dollars sur cinq ans. Mais c'est un pansement sur une hémorragie structurelle.


    Le Copilot blues : un échec commercial qui accélère la rupture

    Ironie de l'histoire : c'est en partie l'échec commercial de Copilot qui pousse Microsoft à reprendre les commandes. Malgré des dépenses en capital de 88,7 milliards de dollars sur l'année fiscale 2025, Copilot plafonne à 1,1 % de parts de marché derrière ChatGPT et Gemini. Pire encore, seulement 3,3 % des abonnés Microsoft 365 paient pour les fonctionnalités Copilot.

    Par ailleurs, d’après plusieurs ingénieurs interrogés, Copilot ne serait pas un réflexe quotidien en interne. Certains l’ouvrent occasionnellement, d’autres l’ont simplement désactivé. Non par rejet idéologique de l’IA, mais parce que l’outil n’apporterait pas, dans leur pratique concrète, un gain suffisant pour justifier son usage systématique.

    Ce constat est d’autant plus frappant que Microsoft dispose d’un vivier d’utilisateurs internes ultra-qualifiés, parfaitement au fait des capacités et des limites des modèles. Si Copilot ne parvient pas à convaincre ses propres créateurs et mainteneurs, la question se pose inévitablement de sa valeur réelle pour des utilisateurs moins techniques, moins exigeants ou simplement moins tolérants aux approximations.

    Le grand public, lui, s'est emparé du mème « Microslop » pour railler l'intégration jugée hasardeuse de l'IA dans Windows 11. Les investisseurs ont sanctionné : le titre Microsoft a perdu plus de 10 % sur les derniers mois, les marchés commençant à douter de la conversion du capex en revenus.

    Cette débâcle relative a une vertu : elle convainc Microsoft qu'une dépendance totale à un partenaire externe ne permet pas d'optimiser suffisamment les modèles pour les cas d'usage spécifiques de l'entreprise. Un modèle maison, entraîné et fine-tuné directement pour Copilot, Azure et les workloads Enterprise, offre un potentiel d'optimisation que le catalogue généraliste d'OpenAI ne peut pas égaler.

    Vers une « super-intelligence médicale » et des agents autonomes

    Au-delà des jeux de pouvoir, Suleyman a dessiné au Financial Times une vision ambitieuse des usages que Microsoft entend développer avec ses modèles propriétaires. L'entreprise annonce travailler sur ce qu'elle appelle une « super-intelligence médicale » — des outils d'IA capables d'assister les professionnels de santé à un niveau jusqu'ici inédit. Elle mise aussi massivement sur les agents IA dans Azure, des systèmes capables d'automatiser des workflows complexes tout en respectant les contraintes de conformité légale et réglementaire des grandes entreprises.

    Dans le même souffle, Suleyman a déclaré que l'ensemble des emplois de cols blancs pourrait être automatisé dans les 18 prochains mois — une affirmation qui soulève autant d'inquiétudes légitimes qu'elle n'appelle de précautions rhétoriques. Le ton général est celui d'une entreprise qui croit profondément en la transformation radicale du travail intellectuel par l'IA, et qui se positionne pour en être le principal architecte.

    L'ère de la coopétition souveraine

    Ce que révèle ce tournant dépasse la simple querelle entre deux géants de la tech. Il annonce l'entrée dans une nouvelle phase de l'industrie de l'IA : celle où les grandes plateformes technologiques refusent de déléguer la couche la plus stratégique de leur stack à des tiers, aussi brillants soient-ils. Google n'a jamais abandonné le développement de Gemini au profit d'un fournisseur externe. Amazon investit massivement dans Anthropic mais développe en parallèle ses propres modèles Nova. Apple construit Apple Intelligence en gardant la main sur l'architecture. Microsoft était la grande exception. Elle ne le sera bientôt plus.

    La bascule vers l'autosuffisance n'est pas qu'un message aux investisseurs : c'est une manœuvre d'intégration verticale pour sécuriser données, compute et talent, réduire la prime payée aux partenaires modèles et mieux aligner l'IA sur les priorités produits d'Azure et Windows.

    Pour OpenAI, l'heure de vérité approche. La startup devra prouver que ChatGPT et ses successeurs peuvent conquérir un marché payant suffisamment large pour financer seuls leur propre développement — sans le filet de sécurité d'un Microsoft omnipotent. Un défi existentiel que Sam Altman devra relever dans un contexte de coûts structurellement écrasants et d'une concurrence qui ne lui accordera aucun répit.

    Source : Interview de Mustafa Suleyman par le Financial Times

    Et vous ?

    Microsoft a investi 13 milliards de dollars dans OpenAI tout en préparant son émancipation : s'agit-il de la stratégie de coopétition la plus cynique de l'histoire de la tech, ou d'une simple prudence industrielle légitime ?

    Les modèles MAI de Microsoft, entraînés sur du matériel propriétaire (Maia 200), peuvent-ils réalistement rivaliser avec GPT-5 ou Gemini Ultra en termes de performance absolue, ou seront-ils cantonnés à des workloads Enterprise optimisés ?

    Si OpenAI perd effectivement Microsoft comme client principal d'ici 2027, quels acteurs — Apple, Amazon, un investisseur saoudien, voire Google — seraient susceptibles de reprendre le flambeau financier ?
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  2. #2
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    Microsoft est confronté à la vraie vie depuis trente ans. Sam Altman est un illusionniste de talent, qui a su emballer très efficacement les balbutiements des LLMs et provoquer une frénésie de peur de manquer le mouvement chez les investisseurs.
    Aujourd'hui, OpenAI persiste dans son approche initiale, que beaucoup considèrent comme une impasse (Yann LeCun entre autres) plutôt que de changer de braquet et viser l'efficacité plutôt que la chimère d'une IA générale, qui ne sera jamais atteinte par un système synthétique vivant dans des armoires sans contact avec la réalité.
    Il est rassurant de voir que la réalité s'immisce jusque dans les cercles très fermés des investisseurs séduits par Altman.

  4. #4
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    Intéressant de voir OpenAI être largué. Je pense que c'est peut-être de la fin des promesses insensées. Le marché et les investisseurs commencent à se rendent compte que l'efficacité et la fiabilité de l'IA n'est pas au rendez-vous et que c'est un handicap majeur à l'adoption de cette technologie. Le véritable défi n'est pas de créé un IA argentique mais de développer des applications "simples" qui ont une efficacité et fiabilité irréprochable. Ces nouvelles applications "simples" sont aujourd'hui toutefois encore hors de notre porté et elles exigeront plusieurs années de développement. Une nouvelle réalité qui n'est pas très sexy pour des investisseurs...

  5. #5
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    Par défaut Satya Nadella raconte que Bill Gates lui avait dit que son pari sur OpenAI serait un échec
    Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, raconte que Bill Gates lui avait dit que son pari sur OpenAI serait un échec : « oui, tu vas gaspiller ce milliard de dollars ».
    Le partenariat commence à se désintégrer

    Microsoft est le principal bailleur de fonds d'OpenAI. La firme de Redmond a investi un milliard de dollars dans OpenAI en 2019, puis plus de 10 milliards de dollars supplémentaires en 2023. Elle fournit également une part importante de la puissance de calcul nécessaire au fonctionnement des modèles d'IA d'OpenAI. En retour, Microsoft bénéficie d'un accès privilégié aux technologies d'IA de la startup. Mais cet accord a toujours fait l'objet de critiques, y compris de la part de Bill Gates, cofondateur et PDG initial de Microsoft. Dès le départ, il était sceptique quant à son succès. Environ 7 ans plus tard, Microsoft tente de prendre ses distances vis-à-vis d'OpenAI.

    Le pari de Satya Nadella sur OpenAI a un objectif stratégique double : prendre position très tôt dans l’IA avancée et renforcer l’attractivité de la plateforme Azure comme infrastructure de calcul pour l’entraînement des modèles. Un milliard de dollars ont été initialement investis. À ce stade, l’opération n’est pas conçue comme un pari financier à rendement rapide, mais comme un accès privilégié à une technologie émergente dont l’issue reste incertaine.

    Lors d'une interview avec la chaîne YouTube TBPN, Satya Nadella a confié avoir essuyé des critiques de la part de Bill Gates lorsqu'il avait pris cette décision. « N'oubliez pas qu'il s'agissait d'une organisation à but non lucratif, et je crois que Bill [Gates] a même dit : "oui, tu vas brûler ce milliard de dollars" », a-t-il déclaré.

    Pourquoi Bill Gates s'est montré initialement sceptique sur ce deal

    La réaction de Bill Gates s’explique par le profil atypique d’OpenAI à l’époque, son absence de modèle économique clair et le niveau de risque associé à la recherche de l'intelligence artificielle générale (AGI). Pourtant, Satya Nadella et l'équipe Microsoft ne se sont pas laissés influencer par cette opposition. Il a souligné qu'il devait passer par les voies officielles et obtenir l'accord du conseil d'administration en raison de l'importance de l'investissement.


    Satya Nadella a déclaré que malgré le risque, « il n'était pas si difficile de convaincre quiconque qu'il s'agissait d'un domaine important ». « Nous avions une certaine tolérance au risque et nous avons dit : « nous voulons tenter le coup » », a-t-il ajouté. Cependant, selon Satya Nadella, personne n'aurait pu prédire les bases jetées par ce premier investissement, qui a finalement conduit Microsoft à investir 13 milliards de dollars dans le laboratoire d'IA.

    Malgré ses hésitations initiales, Bill Gates s'est ensuite laissé convaincre par l'IA et son développement rapide en seulement quelques années. Lors d'une apparition dans l'émission The Tonight Show l'année dernière, Bill Gates a déclaré à l'animateur Jimmy Fallon que grâce à l'essor de l'IA, les humains ne seraient finalement plus nécessaires pour la plupart des tâches. Cependant, ce point de vue est controversé en raison des limites actuelles de l'IA.

    Selon un rapport de Bloomberg, OpenAI prévoit désormais que son chiffre d'affaires connaîtra une croissance rapide au cours des prochaines années et dépassera les 280 milliards de dollars en 2030. Sarah Friar, directrice financière d'OpenAI, a déclaré que le chiffre d'affaires annualisé de la société avait dépassé les 20 milliards de dollars en 2025, contre environ 6 milliards de dollars en 2024. Mais OpenAI continue de brûler énormément d'argent.

    Microsoft tente désormais de se défaire de dépendance à OpenAI

    OpenAI a procédé à une restructuration l'année dernière. Une entité à but lucratif a été créée à partir de l'organisation à but non lucratif de départ. Cette dernière continue d'assurer le contrôle de la nouvelle entreprise. Avec l’essor de ChatGPT et la généralisation des modèles génératifs, OpenAI devient l’une des entreprises privées les plus valorisées au monde. Microsoft a commencé à récolter les fruits de ses investissements colossaux en octobre.

    À la suite de la restructuration, Microsoft a obtenu une participation de 27 % dans la société à but lucratif, d'une valeur d'environ 135 milliards de dollars. Microsoft a renoncé à son exclusivité sur le cloud avec OpenAI, mais a conclu un accord qui prévoit qu’OpenAI achète progressivement pour 250 milliards de dollars de services Azure. En janvier, Microsoft a annoncé qu'OpenAI avait augmenté son revenu net à hauteur de 7,6 milliards de dollars.

    Selon The Information, OpenAI versera 20 % de ses revenus jusqu'en 2032 à son grand soutien technologique dans le cadre d'un accord révisé qui donne également au laboratoire d'IA plus de flexibilité quant à l'origine de ses ressources informatiques, y compris auprès d'entreprises autres que Microsoft.

    Le mois dernier, Mustafa Suleyman, patron de Microsoft AI, a envoyé un signal sismique à l'ensemble de l'industrie en confirmant son intention de développer ses propres modèles d'IA de base. Après des années de dépendance assumée envers OpenAI, Microsoft se prépare à voler de ses propres ailes. Il s'agit d'une rupture stratégique aux implications colossales qui survient au pire moment possible pour le PDG Sam Altman et ses collaborateurs.

    OpenAI face à l’enjeu de la durabilité de son modèle économique

    Le financement du service gratuit provient de plusieurs canaux payants. Les abonnements premium constituent une source directe de revenus récurrents. Les entreprises et développeurs paient aussi pour l’accès aux API, ce qui constitue une part importante de la monétisation. À cela s’ajoute l’écosystème de modèles personnalisés via une place de marché dédiée. Ces flux compensent partiellement le coût de l’accès gratuit accordé au grand public.

    À la mi-2025, l'offre ChatGPT Plus comptait environ 10 millions d'utilisateurs. OpenAI comptait 3 millions d'utilisateurs professionnels payants dans les catégories Entreprise, Équipe et Éducation. Le nombre total d'abonnés payants était estimé à environ 35 millions. Et le taux de conversion des utilisateurs gratuits en utilisateurs payants était d'environ 5 à 6 %. Ces revenus sont encore loin de couvrir les dépenses d'exploitation colossales d'OpenAI.

    La société a déclaré un chiffre d'affaires annuel de plus de 2 milliards de dollars en 2023. Depuis lors, sa croissance s'est considérablement accélérée. OpenAI a déclaré en 2025 que son chiffre d'affaires annualisé dépassait les 20 milliards de dollars, soit une augmentation de 233 % par rapport à 2024, où le chiffre d'affaires était passé de 2 milliards de dollars en 2023 à 6 milliards de dollars en 2024. Cependant, les pertes continuent à augmenter.

    Malgré cette croissance historique, le fabricant de ChatGPT dépenserait plus de 17 milliards de dollars par an. Rien qu'au premier semestre 2025, OpenAI a brûlé environ 13,5 milliards de dollars, contre des revenus modestes de 4,3 milliards de dollars, mais la startup vaut désormais 500 milliards de dollars.

    Derrière l’image d’une entreprise toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle de financement sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son patron, OpenAI incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais très loin d’être rentable.

    Des publicités et une introduction en bourse comme perspectives

    Pendant des années, Sam Altman a publiquement exprimé son malaise vis-à-vis de la publicité. Il a un jour déclaré qu'il détestait les publicités, les qualifiant de « dernier recours » et décrivant leur combinaison avec l'IA comme « particulièrement dérangeante ». Cette époque est révolue. En 2025, il a assoupli sa position, affirmant qu'il n'était pas « totalement contre » les publicités, mais qu'il faudrait « faire très attention pour bien les utiliser ».

    Depuis février 2026, OpenAI teste des publicités dans ChatGPT pour les utilisateurs gratuits et les utilisateurs de la formule « Go » à 8 dollars par mois aux États-Unis. OpenAI a déclaré que les publicités sont pertinentes par rapport au contexte, clairement identifiées et séparées des réponses du chat, et qu'elles préservent la confidentialité des utilisateurs. L'entreprise espère en tirer davantage de revenus pour améliorer la soutenabilité financière.

    Avec 800 à 900 millions d'utilisateurs actifs par semaine, dont la majorité ne paie pas, et des coûts d'infrastructure se chiffrant en milliards chaque année, subventionner indéfiniment l'utilisation gratuite n'est pas viable financièrement pour OpenAI s'il ne trouve pas des sources de revenus supplémentaires.

    Une introduction en bourse est également évoquée comme option à long terme pour lever des capitaux supplémentaires. OpenAI espérerait une entrée en bourse dès la fin 2026 ou en 2027, en partie pour accéder aux marchés capables de financer des besoins informatiques en constante évolution et la concurrence avec des rivaux tels qu'Anthropic. Mais le scepticisme règne quant à l'avenir d'OpenAI, certains estimant qu'il est en train de s'effondrer.

    OpenAI est confronté à la menace permanente d'un effondrement

    Les risques financiers liés à OpenAI suscitent une attention particulière. Bien qu'OpenAI soit devenu un acteur majeur dans le domaine de l'intelligence artificielle, Jason Furman, économiste américain de renom et professeur à l'université Harvard, a clairement déclaré que l'entreprise n'est pas trop grande pour faire faillite. Le point de vue de Jason Furman a suscité des discussions sur le potentiel futur et la position sur le marché d'OpenAI.

    Les produits d'OpenAI sont aujourd’hui intégrés dans des milliers d’outils professionnels, de plateformes logicielles et de services numériques à travers le monde. Cette centralité alimente l’idée que l'entreprise serait devenue indispensable. Pourtant, cette dépendance est en grande partie circonstancielle.

    Les entreprises utilisent OpenAI parce qu’elle est performante, accessible et largement adoptée, non parce qu'il est irremplaçable. D’autres modèles, d’autres laboratoires et d’autres approches existent déjà ou émergent rapidement. Ainsi, des analystes économiques affirment qu'en cas de choc majeur, le marché ne s’effondrerait pas ; il se reconfigurerait autour d’alternatives, quitte à accepter une phase transitoire de dégradation des performances.

    « Je n'ai aucune raison de penser qu'OpenAI ou toute autre entreprise de ce secteur va faire faillite. Mais si c'était le cas, ce ne sont pas des banques. Elles ne sont pas trop grandes pour faire faillite », a déclaré Jason Furman. Il a déclaré qu'il voit des similitudes entre l'essor actuel de l'IA et l'ère des dotcoms, mais il a toutefois précisé qu'il pense que l'économie pourrait résister à l'éclatement de la bulle de l'IA, si et quand cela se produirait.

    Il a ajouté qu'il n'est pas aussi inquiet que certains au sujet du nombre croissant de transactions circulaires dans le secteur de l'IA. Ce qui le préoccupe, c'est la perspective d'une intervention financière du gouvernement. « Le gouvernement ne devrait pas s'impliquer financièrement. Le secteur dispose de fonds largement suffisants pour subvenir à ses besoins, et il n'y a aucune raison pour que le gouvernement intervienne », a-t-il déclaré.

    La bulle actuelle dans l'IA est bien pire que la bulle des dotcoms

    Edward (Ed) Benjamin Zitron, auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais, a rapporté le mois dernier : « la situation actuelle est bien pire que celle qui prévalait lors de la bulle Internet ». De nombreux PDG ont admis qu'ils ne tirent aucun bénéfice des investissements dans l'IA. Au lieu de cela, une gigantesque bulle s'est formée autour de l'IA et son éclatement pourrait effacer des centaines de milliards de dollars d'investissements.

    Il a rappelé quelques chiffres clés de la bulle Internet d'il y a vingt ans. Le capital-risque américain a investi 11,49 milliards de dollars (23,08 milliards de dollars actuels) en 1997, 14,27 milliards de dollars (28,21 milliards de dollars actuels) en 1998, 48,3 milliards de dollars (95,50 milliards de dollars actuels) en 1999 et plus de 100 milliards de dollars (197,71 milliards de dollars) en 2000, pour un total de 344,49 milliards de dollars (en dollars actuels).

    Ce montant représente seulement 6,174 milliards de dollars de plus que les 338,3 milliards de dollars levés en 2025, dont 40 à 50 % (environ 168 milliards de dollars) ont été investis dans l'IA générative. En 2024, les startups nord-américaines spécialisées dans l'IA ont levé environ 106 milliards de dollars.

    À partir de ces données, Edward Zitron explique que la bulle actuelle est en fait « bien pire » que la bulle Internet, parce que les sommes investies sont presque aussi importantes et que l’écart entre promesse et réalité économique semble encore plus grand. Selon le New York Times, « 48 % des entreprises de l'ère des dotcoms créées depuis 1996 existaient encore fin 2004, soit plus de quatre ans après le pic atteint par le Nasdaq en mars 2000 »

    Conclusion : une technologie qui peine à tenir ses promesses initiales

    La relation symbiotique entre Microsoft et OpenAI a permis à la firme de Redmond de déployer en un temps record des fonctionnalités d'IA à travers tout son écosystème produit : Microsoft 365 Copilot, GitHub Copilot pour les développeurs, intégration de DALL-E 3 dans Designer, et les offres Azure AI. Pendant que Google tâtonnait encore avec Bard et que Meta misait sur l'ope source, Microsoft caracolait en tête grâce à la pile technologique d'OpenAI.

    Une avance stratégique achetée à prix d'or, certes, mais qui semblait alors pleinement justifiée. Copilot n'a jamais pu s'imposer sur le marché et s'est distancé par Gemini de Google et d'autres concurrents. Aujourd'hui, Microsoft choisit d'abandonner le navire OpenAI en perdition pour poursuivre son autonomie.

    En 2025, OpenAI a essuyé une perte nette de 13,5 milliards de dollars au cours du seul premier semestre, malgré 4,3 milliards de revenus sur la même période. Pourtant, la stratégie d'OpenAI reste celle d'une croissance à tout prix : Sam Altman projette d'atteindre la rentabilité d'ici 2030. OpenAI a conclu un tour de financement de 100 milliards de dollars, officiellement pour renforcer ses capacités, mais surtout en réalité pour couvrir ses énormes pertes.

    OpenAI explore désormais la publicité et une potentielle introduction en bourse afin d'élargir ses sources de financement. Cependant, le choix porté sur la publicité crée des divergences au sein de l'entreprise. Zoë Hitzig, chercheuse d'OpenAI, a récemment démissionné à cause de l'introduction des publicités dans ChatGPT. « OpenAI commet les mêmes erreurs que Facebook », a-t-elle déclaré le jour même où OpenAI a commencé à tester les publicités.

    Source : Satya Nadella, PDG de Microsoft

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du pari de Satya Nadella sur OpenAI ? Était-ce un pari gagnant ?
    Microsoft s'éloigne progressivement d'OpenAI pour construire ses propres modèles. Qu'en pensez-vous ?
    L'IA générative va-t-elle tenir ses promesses ? Les centaines de milliards investis vont-ils générer les revenus attendus ?

    Voir aussi

    OpenAI vient de perdre son plus grand partenaire : Microsoft abandonne le navire en perdition pour poursuivre son autonomie, tandis que la startup de Sam Altman brûle un milliard de dollars par mois

    Microsoft annonce un nouvel investissement de plusieurs milliards de dollars dans OpenAI, le créateur de ChatGPT, afin d'accélérer les percées dans le domaine de l'IA

    Le secteur de l'IA s'apprête à passer un test crucial en 2026 : la vitesse à laquelle OpenAI brûle sa trésorerie pourrait être l'une des grandes questions pour savoir si la bulle éclatera

  6. #6
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Malgré ses hésitations initiales, Bill Gates s'est ensuite laissé convaincre par l'IA et son développement rapide en seulement quelques années. Lors d'une apparition dans l'émission The Tonight Show l'année dernière, Bill Gates a déclaré à l'animateur Jimmy Fallon que grâce à l'essor de l'IA, les humains ne seraient finalement plus nécessaires pour la plupart des tâches. Cependant, ce point de vue est controversé en raison des limites actuelles de l'IA.
    Bill Gates fait parti des gens convaincu que l'IA finira par devenir un outil surpuissant.

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Selon The Information, OpenAI versera 20 % de ses revenus jusqu'en 2032 à son grand soutien technologique dans le cadre d'un accord révisé qui donne également au laboratoire d'IA plus de flexibilité quant à l'origine de ses ressources informatiques, y compris auprès d'entreprises autres que Microsoft.
    OpenAI ne survivra peut-être pas jusqu'en 2032, les revenus ne vont probablement pas être énorme.

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    « Je n'ai aucune raison de penser qu'OpenAI ou toute autre entreprise de ce secteur va faire faillite. Mais si c'était le cas, ce ne sont pas des banques. Elles ne sont pas trop grandes pour faire faillite », a déclaré Jason Furman. Il a déclaré qu'il voit des similitudes entre l'essor actuel de l'IA et l'ère des dotcoms, mais il a toutefois précisé qu'il pense que l'économie pourrait résister à l'éclatement de la bulle de l'IA, si et quand cela se produirait.
    Pourtant la raison est simple :
    - beaucoup de dépenses
    - peu de revenus
    Quand il y a plus d'argent qui sort que d'argent qui rentre au bout d'un moment il n'y a plus d'argent...

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Microsoft s'éloigne progressivement d'OpenAI pour construire ses propres modèles. Qu'en pensez-vous ?
    Microsoft est beaucoup trop en retard...
    ♫♪ Des solutions aux problèmes des jeunes d'aujourd'hui ♪♫

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