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Microsoft Office Discussion :

Le monde travaille à s’affranchir des géants technologiques américains qui servent de moyens de sanctions


Sujet :

Microsoft Office

  1. #61
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    Par défaut Le monde travaille à s’affranchir des géants technologiques américains qui servent de moyens de sanctions
    Le monde travaille à s’affranchir des géants technologiques américains qui peuvent servir de moyens de sanctions
    Comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou

    Les pays s'inquiètent de plus en plus de leur dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines car elles peuvent servir de moyens de sanctions comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou. Ce dernier a toute sa vie numérique et financière qui est désormais sévèrement restreinte en raison des sanctions globales ordonnées à son encontre par Donald Trump. Ces sanctions font suite à sa participation à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre. Les initiatives d’affranchissement des technologies américaines vont donc en se multipliant.

    La réaction hostile à l'égard des entreprises technologiques américaines s'inscrit dans une prise de conscience plus large du fait que la technologie n'est pas neutre et que les entreprises qui produisent et façonnent cet écosystème ont des intérêts sociaux et politiques en plus de leurs intérêts financiers. C’est en droite ligne avec cet état de choses que David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, annonce la généralisation de « Visio », un outil développé par la direction interministérielle du numérique (DINUM), à l'ensemble des services de l'État d'ici 2027. L'objectif : mettre fin à l'utilisation de solutions extra-européennes, garantir la sécurité et la confidentialité des communications électroniques publiques en s'appuyant sur un outil puissant et souverain.

    Même son de cloche au niveau de la Cour Pénale Internationale (CPI) où l’on a opéré le remplacement de Microsoft Office par la suite logicielle souveraine de l’UE dénommée OpenDesk. Ce changement à la CPI intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant la dépendance des organismes publics vis-à-vis des entreprises technologiques américaines pour le fonctionnement de leurs services. Ces préoccupations se sont fortement accentuées depuis le début du second mandat du président américain Donald Trump.

    Pour la CPI, ces préoccupations ne sont pas abstraites : Trump a critiqué à plusieurs reprises la cour et imposé des sanctions à son procureur général, Karim Khan. Au début de l'année, des rapports ont en sus fait état de ce que Microsoft avait supprimé le compte de messagerie électronique de Khan, une affirmation que l'entreprise nie.

    « Nous apprécions notre relation avec la CPI qui est notre client et sommes convaincus que rien n'empêche notre capacité à continuer à fournir des services à la CPI à l'avenir », a déclaré un porte-parole de Microsoft. Open Desk est développé par le Centre allemand pour la souveraineté numérique de l'administration publique (Zendis), une entreprise publique. Zendis fait partie d'une organisation au niveau européen fondée par quatre pays de l'UE dans le but de construire une infrastructure numérique souveraine.

    Grosso modo, l’on se prépare en Europe à un catastrophique dans lequel les États-Unis bloqueraient l'accès à leurs infrastructures numériques. Elle multiplie donc les initiatives destinées à asseoir la souveraineté technologique qui lui permettra de prévenir un blackout numérique.

    La Chine apparaît dans le décor comme un modèle en matière d’affranchissement des solutions technologiques américaines

    L'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier 2017 a marqué un tournant dans les relations technologiques entre les États-Unis et la Chine. En 2018, son administration a déclenché une guerre commerciale contre la Chine, à travers des droits de douane élevés et des restrictions technologiques majeures. De nombreuses entreprises technologiques chinoises telles que Huawei, ZTE, etc. ont également été placées sur liste noire par les États-Unis.

    Bien que le ton ait changé en 2021, ces mesures coercitives ont été maintenues par son successeur Joe Biden. Certaines ont même été renforcées, avec l'implication des alliés, tels que l'Europe et le Japon. Les États-Unis et leurs alliés ont imposé des restrictions sur les exportations de puces avancées vers la Chine, ainsi que sur les machines de lithographie utiliser pour produire des semiconducteurs, notamment celles fabriquées par le néerlandais ASML.

    Cependant, après environ huit années de mesures de répression contre la Chine, le constat se situe à l'opposé de celui qu'espéraient les États-Unis et leurs alliés. La Chine a pris de l'avance dans certains secteurs technologiques stratégiques et, dans d'autres cas, elle est en train de rattraper les États-Unis.

    En 2023, Huawei a attiré l'attention des États-Unis en commercialisant un smartphone haut de gamme équipé d'un processeur avancé qui, selon les analystes, a été produit localement en Chine. Huawei se prépare à tester une nouvelle puce d'IA qu'il espère plus puissante que la puce H100 de Nvidia, sortie en 2022. Lors d'une récente interview, Jensen Huang, PDG de Nvidia, a déclaré que l'industrie technologique chinoise devient plus puissante.

    « Les concurrents chinois ont évolué », a-t-il déclaré. Selon lui, Huawei qui figurait sur la liste noire du gouvernement américain est devenu « tout à fait redoutable ». Il a noté : « comme tout le monde, ils doublent, voire quadruplent leurs capacités chaque année. Et le volume augmente considérablement ».

    Jensen Huang a souligné que l'écart entre les performances des produits américains et leurs alternatives chinoises se réduit. Selon plusieurs rapports, l'industrie technologique chinoise se tourne de plus en plus vers les alternatives offertes par Huawei. Ainsi, les restrictions américaines pourraient non seulement favoriser la Chine dans la course mondiale à l'IA, mais aussi transformer Huawei en une puissance mondiale en matière de puce d'IA.

    Selon Morgan Stanley, à mesure que les puces chinoises s'améliorent, le taux d'autosuffisance du pays en unités de traitement graphique - essentielles à la création de systèmes d'IA - passera de 11 % en 2021 à 82 % en 2027. Toutefois, les analystes soulignent que de nombreux défis restent à relever.

    La Chine s'est engagée dans une transformation profonde de son économie pour réduire sa dépendance envers les technologies étrangères, en particulier américaines. En mobilisant des ressources colossales et en orientant l'effort national vers l'innovation, elle cherche à bâtir une forme de forteresse technologique capable de résister aux pressions extérieures, notamment aux restrictions imposées par les États-Unis et leurs alliés.

    Ces efforts ont déjà produit des résultats notables dans des secteurs clés comme les semiconducteurs, l'IA, les véhicules électriques et les satellites de télécommunication. Mais malgré cette montée en puissance, les experts soulignent que la Chine reste confrontée à des obstacles structurels : inefficacités liées au dirigisme étatique, dépendance persistante à certains composants étrangers, et difficultés à maintenir un écosystème d'innovation autonome.

    Le pays n'est pas encore autosuffisant, mais son ambition stratégique est claire : se préparer à un affrontement technologique et géopolitique durable avec les États-Unis, dans lequel l'indépendance technologique est considérée comme un levier essentiel de souveraineté nationale.

    Et vous ?

    Partagez-vous les avis selon lesquels l’Europe est une colonie logicielle des Etats-Unis ? Sont-ils cohérents avec la réalité dont vous êtes au fait ? Partagez votre expérience
    Que vous suggère l'idée de souveraineté logicielle pour l'Europe ? Est-ce une piste que l'UE gagnerait à explorer avec plus de sérieux ?
    Quelle appréciation faites-vous des efforts visant à assurer la souveraineté technologique de l'UE vis-à-vis des USA ?

    Voir aussi :

    Un logiciel libre doit-il être en mesure de restreindre les tâches que ses utilisateurs peuvent effectuer avec son aide ? Non, pour Richard Stallman
    France : le Sénat choisit d'encourager l'utilisation des logiciels libres et formats ouverts plutôt que de leur donner la priorité
    Les députés votent la priorité au logiciel libre dans l'enseignement supérieur, échec du lobbying des éditeurs de logiciels propriétaires
    Les logiciels libres ne seront plus prioritaires dans l'Éducation Nationale, ils seront envisagés mais plus préférés aux solutions propriétaires
    Choisir en priorité le logiciel libre porterait atteinte au principe de neutralité technologique des marchés publics, pour le Syntec Numérique
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  2. #62
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    j'ai fait une 10aine de boite du cac40, 100% était sur du aws/azure/gcp.
    certains avaient des solutions interne comme orange avec son flexible engine (cloud de huwei) migré vers aws/azure/gcp

    Ce prtojet me semble etre encore une grosse arnaque comme savent le faire les polticiens/les boites.
    capgemini et Orange ont crée un cloud souverain, Bleu qui n'est en réalité qu'une plateforme cloud azure, le jours ou trump se fache, Microsoft coupera les maj de bleu.
    Et c'est au mieux, car le pire scenario, la plateforme arrête de fonctionner/a pleins de backdoor de la nsa.


    J'en ai connu des plateformes "souveraine" qui n'ont de souveraine que de noms, entre flexible engine qui était du huawei et bleu qui est de azure, attention quand vous entendez cloud souverain de bien voir ce qui se cache derrière.

    Sur le principe c'est une bonne chose, dans la pratique, si je regarde l'historique et les solutions qui émerge comme Bleu, c'est très très mal partis.
    AWS a aussi annoncé un cloud souverain pour les européens, ils sont gentils amazon
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  3. #63
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    J'en ai connu des plateformes "souveraine" qui n'ont de souveraine que de noms, entre flexible engine qui était du huawei et bleu qui est de azure, attention quand vous entendez cloud souverain de bien voir ce qui se cache derrière.

    Sur le principe c'est une bonne chose, dans la pratique, si je regarde l'historique et les solutions qui émerge comme Bleu, c'est très très mal partis.
    Heureusement, on en a en Europe qui se sortent les doigts (si je puis me permettre) :
    • Scaleway : Une documentation et un service client aux petits onions, avec absolument toutes les fonctionnalités qu'on trouve ailleurs, et même mieux. Toute personne tech qui vient d'un autre provider n'y trouvera que du bonheur.
    • OVH : On les connaît, on sait que le service client n'est pas transcendant, mais hé, pour les tarifs qu'ils font à l'entrée on va pas se plaindre.
    • Clever Cloud : Du pur plaisir, on se soucie de rien. Certes on y fait pas des archis ultra complexes, mais en vrai on sait qu'on en a très souvent pas besoin. Autoscaling et tout le tintouin intégré. Et ça marche. Où tu veux. Sans fioritures.


    Et là je parle de ceux que je connais, avec qui on travaille chez Cadence.CI, qui ont leur propre technos. Mais il y a pléthore d'autres acteurs, faut pas hésiter à checker euro-stack.com et european-alternatives.eu.

    Certes aucun n'a encore la force de frappe d'un Microsoft, Google, Oracle, ou Amazon, mais est-ce vraiment ce qu'on veut ? Aux États-Unis le marché est verrouillé par eux. En Europe on a des pépites, et n'ayons pas peur de le dire, on fait les meilleurs logiciels au monde (et pas que !), et le monde nous fait confiance.
    Il manque « juste » une véritable unification du marché pour permettre à tous ces acteurs (et ceux qui se créent) de monter à des forces supérieures, et heureusement, le sujet avance avec le 28e régime.

    On est extrêmement forts, on est juste au début de cette prise de conscience, on a encore peur de se le dire.
    L'Europe, ce n'est pas un jeu à somme nulle, le tout est plus grand que la somme de ses parties.

    Raillons beaucoup si on veut, mais raillons bien. Montrons par l'exemple au pseudo-souverainistes, de l'intérieur comme de l'extérieur, ce qu'est la souveraineté, la vraie, celle de dire oui ou non en ayant le choix.

  4. #64
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    je me régale. pop-corn et je regarde le spectacle....j'avais fait un article un jour concernant les infrastructure critiques de l'état qui utilisent que du matériel US (les universités, les ministères qui ont signés de gros contrats avec CISCO). J'ai hate de voir les gens intervenir pour tout démonter et tout remplacer. Le temps de faire ca, on aura changé de président aux US.

  5. #65
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    Citation Envoyé par boboss123 Voir le message
    Après se pose la question de la compatibilité des fichiers : déjà qu'entre différentes versions d'office il y a parfois des soucis, j'avoue que je suis moyennent chaud pour passer sur un solution open source, je n'ai pas envie de galérer lorsque j'envoie/reçois des documents à un client (ça ferait tache).

    J'ai été habitué à utiliser Excel + VBA depuis 20 ans, difficile de revenir en arrière.
    Tous les fichiers Word ou parfois Excel qu'on m'envoie et que je renvoie sont édités et modifiés avec LibreOffice, cela fait des années et des années et je n'ai jamais eu aucun problème. Je ne suis pas informaticien de métier je précise. Je me souviens même d'une époque cocasse où certains de mes collègues qui ne juraient que par Word et ne voulaient surtout pas installer LibreOffice ("de peur des virus" )... me demandaient de traiter leurs fichiers Word pour exporter en pdf car Word n'avait pas l'option en built-in, il fallait installer un plug-in payant.
    Ma réponse était toujours courtoise : un lien vers l'installation de LibreOffice avec le message "il faut cliquer là".

    Qu'on en soit réduit en 2026 à lire ce genre de choses, néanmoins, pose question.
    "Software is getting slower more rapidly than hardware becomes faster." Niklaus Wirth
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  6. #66
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    Citation Envoyé par Cpt Anderson Voir le message

    Le temps de faire ca, on aura changé de président aux US.
    De président, peut-être ?

    Mais de politique ?
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  7. #67
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    En parler réunir des commissions ca prend des années
    installer linux 10 minutes ( oui je sais les institutions ont des besoins spécifiques mais elles ont bien des informaticiens barbus non ?) Quel pataques pour un OS libre et gratuit. Au lieu d'en parler qu'elles le fassent.

  8. #68
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    Par défaut L’Europe veut s’affranchir des réseaux Visa et Mastercard
    L’UE veut s’affranchir des réseaux Visa et Mastercard car les transactions passent par une infrastructure détenue et exploitée par des entreprises US chaque fois qu’un Européen effectue un paiement en ligne

    La présidente de la BCE, Christine Lagarde, appelle l'Europe à rompre sa dépendance vis-à-vis des réseaux de paiement Visa et Mastercard, avertissant que chaque transaction par carte envoie les données des consommateurs européens aux États-Unis. Les transactions passent une infrastructure détenue, exploitée par des entreprises américaines et qui peut au final servir de moyen de sanction comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou. Les responsables européens sont d’avis que la solution réside dans la mise sur pied de l’Euro numérique.

    « Je suis allée voir le juge Guillou, placé sous sanction par Donald Trump. Du jour au lendemain, ses moyens de paiements et services numériques US ont été coupés. Une situation qui illustre l'importance du combat pour notre souveraineté en matière numérique et de paiements », indique la Présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du parlement européen.

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    « Pourquoi je suis allé le voir ? Parce qu’il a été mis sous sanction par Donald Trump lui-même parce que les décisions qu’il a prises ont déplu à Donald Trump. Concrètement qu’est-ce que ca veut dire ? Qu’il ne peut plus effectuer de paiements. Ca veut dire qu’il est quasiment interdit bancaire. Ca veut dire qu’il ne peut plus commander quoi que ce soit sur Internet. Ca veut dire qu’il ne peut plus louer une chambre d’hôtel, qu’il ne peut plus accéder à des plateformes de streaming, etc. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’au-delà du cas gravissime de ce qui arrive au juge Guillou, en fait, ce qui lui arrive pourrait arriver à chacun de nous. Pourquoi ? Parce qu’on est dépendants sur absolument tout : nos infrastructures numériques, nos infrastructures de paiement, etc. On ne le sait pas, mais par exemple, quand vous payez cela passe en fait par des infrastructures américaines, que ce soit par carte bancaire, par Apple Pay, etc. Sur tout on est dépendants des Américains et cela nous rend extrêmement vulnérables. Donc ce cas là est extrêmement grave sur le principe déjà, mais il est extrêmement grave parce qu’il illustre à merveille la vulnérabilité de l’Union européenne, de ses citoyens vis-à-vis des Américains et de l’Amérique de Donald Trump qui peut couper le robinet du jour au lendemain et changer radicalement notre quotidien », ajoute-t-elle avant de préciser que l’une des solutions réside dans le lancement de l’Euro numérique.

    Visa et Mastercard traitent ensemble environ 24 000 milliards de dollars de transactions par an. Les paiements par carte représentent 56 % de toutes les transactions sans espèces dans l'UE.

    Chaque fois qu'un Européen utilise sa carte bancaire, effectue un paiement en ligne ou partage une facture avec des amis, la transaction passe par une infrastructure détenue et exploitée par des entreprises américaines. Visa et Mastercard traitent ensemble environ 24 000 milliards de dollars de transactions par an. Les paiements par carte représentent 56 % de toutes les transactions sans espèces dans l'UE. Et les données (qui a acheté quoi, où, quand et pour combien) quittent à chaque fois le territoire européen.

    « Il est important pour nous de contrôler les paiements numériques », déclare Christine Lagarde. « Que vous utilisiez une carte ou un téléphone, les transactions passent généralement par Visa, Mastercard, PayPal ou Alipay. D'où viennent tous ces prestataires ? Eh bien, soit des États-Unis, soit de Chine. »

    La plupart des consommateurs ignorent que leurs données de paiement quittent régulièrement l'UE. Dans un contexte géopolitique où l'Europe s'efforce de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis dans les domaines de la défense, de l'énergie et du commerce, les paiements restent une vulnérabilité négligée.

    La leçon tirée de la Russie a accentué l'urgence. Lorsque les sanctions occidentales ont coupé la Russie de Visa et Mastercard en 2022, les paiements nationaux du pays ont été immédiatement perturbés. Les décideurs politiques européens ont posé la question évidente : que se passerait-il si les États-Unis décidaient — ou étaient contraints — de restreindre l'accès des Européens à ces mêmes réseaux ?


    Wero, lancé en 2024, est l’une des réponses européennes en cours d’évaluation

    L'European Payments Initiative, un consortium regroupant 16 grandes banques et prestataires de services de paiement, dont BNP Paribas, Deutsche Bank et Worldline, a lancé Wero en juillet 2024 comme réponse européenne. Basé sur les virements instantanés SEPA, Wero permet aux utilisateurs d'envoyer de l'argent en utilisant uniquement un numéro de téléphone, sans IBAN, sans carte et sans intermédiaire.

    Wero compte déjà plus de 47 millions d'utilisateurs enregistrés en Belgique, en France et en Allemagne, a traité plus de 7,5 milliards d'euros de transferts et compte plus de 1 100 institutions membres. Les paiements de détail ont été mis en service en Allemagne à la fin de l'année 2025, et des commerçants tels que Lidl, Decathlon, Rossmann et Air Europa acceptent déjà Wero en ligne. La France et la Belgique suivront en 2026.

    Une avancée décisive a eu lieu le 2 février, lorsque l'EPI a signé un protocole d'accord avec l'EuroPA Alliance, une coalition de systèmes de paiement nationaux comprenant Bancomat en Italie, Bizum en Espagne, MB WAY au Portugal et Vipps MobilePay dans les pays nordiques. Cet accord permet de connecter instantanément environ 130 millions d'utilisateurs dans 13 pays, couvrant environ 72 % de la population de l'UE et de la Norvège. Les paiements transfrontaliers entre particuliers seront lancés cette année, suivis par les paiements liés au commerce électronique et aux points de vente en 2027.

    L'Europe a déjà tenté cette expérience. Le projet Monnet, lancé en 2008 par vingt banques européennes, s'est effondré en 2012. La vision initiale de l'EPI a elle-même été revue à la baisse après le retrait de plusieurs membres fondateurs, ce qui a contraint à passer d'un système complet de remplacement des cartes à un modèle plus restreint de compte à compte.

    Le problème central a toujours été la fragmentation. Chaque pays de l'UE a développé sa propre solution de paiement nationale — Bizum en Espagne, iDEAL aux Pays-Bas, Payconiq en Belgique, Girocard en Allemagne — mais aucune ne pouvait fonctionner au-delà des frontières. Un consommateur belge achetant auprès d'un détaillant néerlandais avait toujours besoin d'une carte Visa ou Mastercard. La fierté nationale et les intérêts bancaires concurrents ont saboté à plusieurs reprises les tentatives d'unification.

    L'effet réseau aggrave encore le problème. Les commerçants acceptent les cartes Visa et Mastercard parce que les consommateurs les utilisent. Les consommateurs les utilisent parce que les commerçants les acceptent. Pour briser ce cercle, il faut soit une intervention réglementaire, soit une masse critique d'utilisateurs suffisamment importante pour que les commerçants s'y intéressent. C'est précisément ce que l'accord EuroPA tente de réaliser en connectant les bases d'utilisateurs nationales existantes plutôt qu'en partant de zéro.

    L’Euro numérique est une autre approche en cours d’étude

    Parallèlement, la BCE mène un projet visant à créer un euro numérique, une monnaie numérique soutenue par la banque centrale et utilisable dans toute la zone euro. Les ministres des Finances de l'UE ont accéléré les discussions sur cette initiative, bien que le Parlement européen n'ait pas encore adopté la législation nécessaire. Une fois approuvé, la BCE estime qu'il faudrait encore deux à trois ans pour le lancer.

    L'European Payments Initiative prend soin de distinguer Wero de l'euro numérique. Wero est une initiative du secteur privé, tandis que l'euro numérique est une monnaie publique. Ils sont conçus pour se compléter plutôt que pour se faire concurrence, même si leurs ambitions se recoupent. Tous deux existent parce que les responsables politiques européens ont enfin accepté que la souveraineté en matière de paiements revêt une importance stratégique aussi grande que l'indépendance énergétique ou l'autonomie en matière de défense. Le projet d’Euro numérique est au centre d’une controverse car des observateurs y voient une menace contre les libertés des citoyens français et européens.

    Selon les estimations de l'EPI, la création d'une alternative viable à Visa et Mastercard nécessite plusieurs milliards d'euros d'investissement, ce qui constitue l’une des raisons des sceptiques de douter de l’aboutissement du projet d’Euro numérique.

    Et vous ?

    Partagez-vous l’avis des responsables européens qui voient la mise sur pied de l’Euro numérique comme une solution d’affranchissement des réseaux de paiement américains ? Sinon quelle approche entrevoyez-vous qui soit respectueuse des libertés des citoyens français et européens ?

    Voir aussi :

    Le portefeuille d'identification numérique de l'UE arrive, voici ce qu'implique en pratique son utilisation

    Olli Rehn de la BCE annonce que l'enquête sur l'euro numérique sera terminée en octobre 2023, et ajoute que l'euro numérique aurait plusieurs avantages pour les personnes et les entreprises

    La version numérique de la monnaie européenne sera gratuite et accessible à tous, mais la Banque Centrale Européenne ne souhaite pas conserver de données personnelles sur ses utilisateurs
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  9. #69
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    Une très bonne initiative d'avoir des alternatives (si ce n'est pas obligatoire !), sachant que Visa et Mastercard applique des politiques de censure puritaine sur les marchés du JV par exemple.

    Cependant, cette histoire d'euro numérique est dangereuse : On fonce droit vers le crédit social et un contrôle totale de notre argent (et dépenses), ce n'est absolument pas rassurant.

  10. #70
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    CB plutôt que leurs euro numérique, l’argent liquide plutôt que leurs euro numérique, n’importe quoi plutôt que l’euro numérique…

  11. #71
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    Une très bonne initiative d'avoir des alternatives (si ce n'est pas obligatoire !), sachant que Visa et Mastercard applique des politiques de censure puritaine sur les marchés du JV par exemple.
    Cette argument me semble foireux, car je parie à 95% que la futur entité européenne fera aussi de la censure puritaine.
    On peut souhaiter de la concurrence à Visa/Mastercard mais sur ce point beaucoup seront déçu, et ca risque même d’être pire, l'ue est bien plus menacant sur la censure que ne l'est les usa.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  12. #72
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    Super! Et avec 450 millions de consommateurs, on est pas capable de disposer d'une usine qui produit des taille-crayons
    Ils sont où l'OS made in Europe? Les alternatives européennes aux produits des GAMAF? Les moteurs de recherche européens? Les fabricants européens de micro-processeurs, d'ordinateurs, d'infrastructure de communication?
    Et ca c'est pas du concret?

    https://www.euronews.com/green/2024/...rink-spills-ev

  13. #73
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    Citation Envoyé par der§en Voir le message
    CB plutôt que leurs euro numérique, l’argent liquide plutôt que leurs euro numérique, n’importe quoi plutôt que l’euro numérique…
    J'approuve que l'argent liquide doit persister même si les plus jeunes ne savent plus ce que c'est. C'est important que le liquide soit maintenant et que l'on puisse faire des achats hors numérique, même si cela rend la tache plus compliqué pour les traques des trafics illicites.

    Qu'est ce que CB ?

    Carte bancaire ?
    Carte bleu qui est un type bancaire (qui était très populaire à une époque et qui a disparu : https://fr.news.yahoo.com/pourquoi-d...l?guccounter=2) ?

    Mais on pourrait imaginer une carte bancaire avec un autre acteur que Visa et Mastercard mais un acteur européen.

    En conclusion, je suis en phase avec ton ressentis.

  14. #74
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    Citation Envoyé par weed Voir le message
    Qu'est ce que CB ?
    C'est le réseau CB

    En France, on n'a pas besoin de passer par les Américains si on a un compte dans une banque française. Le réseau CB qui est français prend en charge le paiement.
    Le réseau visa/mastercard sert pour les paiements étrangers / à l'étranger.

    Visa et Mastercard prennent des grosses commissions par rapport à CB, il faudrait les répercuter sur le client pour commencer pour éviter déjà de perdre sa souveraineté (les gens prennent des banques en ligne étrangères visa mastercard incompatibles CB).

    Pour l'Euro numérique, je ne comprends pas. Ce dont on a besoin, c'est d'une union bancaire européenne pour avoir un paiement par carte dans les autres pays de l'union. Là, ils veulent nous imposer une nouvelle monnaie numérique que l'on pourra acheter avec l'argent de notre compte bancaire, au lieu de juste débiter le compte au paiement. Cette argumentation fallacieuse à de quoi rendre méfiant.

  15. #75
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    Par défaut Le PDG de Capgemini n'est pas d'accord avec l'appel lancé par l'Europe pour réduire la dépendance
    Le PDG de Capgemini, la plus grande entreprise informatique européenne, n'est pas d'accord avec l'appel lancé par l'Europe pour réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines

    Le PDG de Capgemini, Aiman Ezzat, aurait rejeté les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Ses commentaires interviennent à un moment où plusieurs gouvernements américains appellent à réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines dans un contexte de relations transatlantiques tendues. « La souveraineté absolue n'existe pas », a déclaré Ezzat lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats. « Personne ne la possède, car personne n'a la souveraineté sur l'ensemble de la chaîne de valeur nécessaire à la fourniture de services. »

    L'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance à l'égard des technologies Internet américaines. Cependant, elle peine à trouver la voie de sa souveraineté numérique malgré les efforts déployés depuis plus d'une décennie. Des services publics et de grands acteurs de son économie reposent encore sur la pile technologique américaine. Cela soulève des préoccupations sur le contrôle des données et la sécurité des informations sensibles. Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dos au mur face au risque que les États-Unis utilisent l’accès aux infrastructures numériques fournies par des entreprises américaines comme levier dans des négociations géopolitiques.

    Le 22 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient « l'utilisation de critères d'attribution des marchés publics favorisant les produits européens dans la mesure du possible » et propose une nouvelle législation visant à promouvoir les fournisseurs de services cloud européens. Selon des responsables proches du dossier, l'exécutif de l'Union européenne travaille actuellement sur une nouvelle législation visant à promouvoir la « souveraineté technologique ».

    Cependant, cette initiative n'est pas partagée par tous les acteurs européens du secteur technologique. Récemment, Capgemini, la plus grande entreprise européenne de services informatiques, a révélé ne pas être accord avec les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Capgemini est une entreprise de services du numérique française (ESN) basé à Paris. Le groupe définit ses métiers en 4 grandes catégories : le conseil en stratégie et transformation, les services applicatifs, les services de technologie et d'ingénierie, et les autres services d'infogérance. Aiman Ezzat, né le 22 mai 1961 à Ismaïlia, homme d'affaires français d'origine égyptienne, est le PDG de Capgemini depuis le 20 mai 2020.

    Le PDG de Capgemini, Aiman Ezzat, aurait rejeté les appels à une souveraineté technologique totale en Europe. Ses commentaires interviennent à un moment où plusieurs gouvernements américains appellent à réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines dans un contexte de relations transatlantiques tendues. Ces relations tendues ont suscité des inquiétudes quant à la dépendance de l'Europe vis-à-vis des grandes entreprises technologiques américaines.


    Les dirigeants de l'Union européenne se sont réunis lors d'un sommet en Belgique consacré à la manière d'accroître la compétitivité européenne dans une économie mondiale plus volatile. La volonté de l'Europe d'accroître sa souveraineté numérique a pris un nouvel élan ces derniers mois, alimentée par la crainte que la politique étrangère du président américain Donald Trump ne conduise à un « découplage technologique ».

    Sous la présidence de Donald Trump, Bruxelles et Washington se sont affrontés à plusieurs reprises au sujet de la réglementation numérique de l'UE. À tel point que les États-Unis ont même interdit l'entrée sur leur territoire à plusieurs responsables actuels et anciens de l'UE. Pour ceux qui ne le savent pas, les appels à la souveraineté numérique en Europe mettent l'accent sur la nécessité d'atteindre une indépendance stratégique vis-à-vis des technologies étrangères, en particulier en réduisant la dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains
    en matière d'infrastructures, de services cloud et d'intelligence artificielle.

    Le géant français de la technologie Capgemini, qui fournit ses services à des agences gouvernementales, des opérateurs d'infrastructures critiques et de grandes entreprises réglementées, se positionne comme un pont entre les ambitions de souveraineté de Bruxelles et la réalité d'une infrastructure cloud dominée par les États-Unis. « La souveraineté absolue n'existe pas », a déclaré Ezzat lors d'une conférence téléphonique après la publication des résultats. « Personne ne la possède, car personne n'a la souveraineté sur l'ensemble de la chaîne de valeur nécessaire à la fourniture de services. »

    Ezzat a déclaré que sur les trois premiers niveaux, l'Europe est déjà indépendante, mais que la domination des géants technologiques américains signifie qu'il n'y a pas d'indépendance totale sur le plan technologique. Il estime que plutôt que de rechercher une autonomie totale, les pays européens devraient rechercher « la solution de souveraineté appropriée en fonction du cas d'utilisation, de l'environnement du client et du gouvernement ».

    Il a déclaré que l'autonomie numérique suit un cadre à quatre niveaux : les données, les opérations, la réglementation et la technologie. Capgemini a signé des partenariats avec des hyperscalers américains, notamment Amazon Web Services, Google Cloud et Microsoft, afin de fournir ce qu'il appelle des solutions d'IA « souveraines », des services cloud fournis par une entreprise basée en Europe mais fonctionnant sur une infrastructure américaine.


    Les menaces de Trump concernant le Groenland ont détérioré les relations commerciales entre les États-Unis et l'UE. Cela a également ravivé les appels en Europe à prendre des mesures de rétorsion contre la Silicon Valley si le président américain allait jusqu'au bout, d'autant plus que l'Europe accuse un déficit important avec les États-Unis dans le domaine des services. L'UE ne doit pas se laisser bercer par un faux sentiment de sécurité en pensant que les tensions avec les États-Unis au sujet du Groenland, de la technologie et du commerce sont terminées, a averti le président français Emmanuel Macron, qui a appelé le bloc à se lancer dans une « révolution économique » et à devenir enfin une véritable puissance mondiale.

    Le président français Emmanuel Macron est depuis longtemps partisan d'une plus grande souveraineté numérique. Il a déclaré que de nouveaux affrontements entre l'UE et les États-Unis au sujet de la réglementation technologique étaient probables dans le courant de l'année. En 2026, les pays s'inquiètent de plus en plus de leur dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines car elles peuvent servir de moyens de sanctions comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou.

    Ce dernier a toute sa vie numérique et financière qui est désormais sévèrement restreinte en raison des sanctions globales ordonnées à son encontre par Donald Trump. Ces sanctions font suite à sa participation à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre. Les initiatives d’affranchissement des technologies américaines vont donc en se multipliant.

    Source : Aiman Ezzat

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette déclaration est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Capgemini a annoncé la vente de sa filiale américaine, sous pression pour expliquer un contrat signé avec l'agence américaine de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE)

    Cloud, données, logiciels : l'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance vis-à-vis des technologies Internet américaines. La dépendance technologique est-elle devenue une menace stratégique majeure ?

    L'UE examine si AWS, Azure de Microsoft et Google Cloud doivent être soumis à la loi sur les marchés numériques, pour imposer des règles visant à limiter leur pouvoir de marché et à promouvoir la concurrence

    La France va remplacer Microsoft Teams, Google Meet, Zoom, Webex et autres par sa propre appli souveraine de visioconférence « Visio » destinée aux fonctionnaires, pour s'affranchir des solutions hors UE
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  16. #76
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    Par défaut Google met en garde l'Europe : nous vous apportons beaucoup de valeur ajoutée
    Google met en garde l'Europe : nous vous apportons beaucoup de valeur ajoutée, si vous érigez des barrières contre les technologies étrangères, la région risque de compromettre sa propre croissance économique

    Selon un article du Financial Times, Kent Walker, président des affaires internationales et directeur juridique de Google, a mis en garde contre un « paradoxe concurrentiel » à Bruxelles. Selon le dirigeant, l'Union européenne (UE) tente de déclencher une nouvelle vague de croissance tout en restreignant l'accès à des outils tels que l'intelligence artificielle avancée et le cloud computing. « Nous apportons beaucoup de valeur à l'Europe. Ériger des barrières qui rendent plus difficile l'utilisation de certaines des meilleures technologies au monde, d'autant plus qu'elles progressent si rapidement, serait en fait contre-productif », a-t-il déclaré au journal.

    L'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance à l'égard des technologies Internet américaines. Cependant, elle peine à trouver la voie de sa souveraineté numérique malgré les efforts déployés depuis plus d'une décennie. Des services publics et de grands acteurs de son économie reposent encore sur la pile technologique américaine. Cela soulève des préoccupations sur le contrôle des données et la sécurité des informations sensibles. Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dos au mur face au risque que les États-Unis utilisent l’accès aux infrastructures numériques fournies par des entreprises américaines comme levier dans des négociations géopolitiques.

    Le 22 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient « l'utilisation de critères d'attribution des marchés publics favorisant les produits européens dans la mesure du possible » et propose une nouvelle législation visant à promouvoir les fournisseurs de services cloud européens. Selon des responsables proches du dossier, l'exécutif de l'Union européenne travaille actuellement sur une nouvelle législation visant à promouvoir la « souveraineté technologique ».

    En réaction, le directeur juridique de Google adresse un message sans détour aux dirigeants européens : si vous érigez des barrières contre les technologies étrangères, la région met en péril sa propre croissance économique. Kent Walker est un juriste américain qui occupe depuis 2021 les fonctions de président des affaires internationales et de directeur juridique de Google & Alphabet. Depuis 2006, Walker conseille le conseil d'administration et la direction d'Alphabet Inc. sur des questions juridiques et politiques, ses relations avec les gouvernements du monde entier, ses politiques en matière de contenu sur ses différents services et ses efforts philanthropiques.

    Selon un article du Financial Times, Kent Walker, président des affaires internationales et directeur juridique de Google, a mis en garde contre un « paradoxe concurrentiel » à Bruxelles. Selon le dirigeant, l'Union européenne (UE) tente de déclencher une nouvelle vague de croissance tout en restreignant l'accès à des outils tels que l'intelligence artificielle avancée et le cloud computing. « Nous apportons beaucoup de valeur à l'Europe. Ériger des barrières qui rendent plus difficile l'utilisation de certaines des meilleures technologies au monde, d'autant plus qu'elles progressent si rapidement, serait en fait contre-productif », a-t-il déclaré au journal.


    Cet avertissement intervient alors que Bruxelles intensifie ses efforts pour réduire sa dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains. Les dirigeants de l'UE se sont réunis jeudi 12 février pour un sommet en Belgique. L'événement est axé sur les moyens d'accroître la compétitivité européenne dans une économie mondiale plus volatile. Walker a appelé à trouver un juste milieu qu'il qualifie d'« souveraineté numérique ouverte ». Dans le cadre de ce modèle, l'entreprise vise à conclure des partenariats avec des entreprises européennes. Ces partenariats « permettront un contrôle local, un stockage local des informations et une capacité locale à garantir le respect des exigences européennes ».

    Walker a également exprimé son inquiétude face au manque d'harmonisation internationale. Le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron se sont déjà « affrontés » sur la question de la réglementation numérique. Walker a déclaré que pour éviter de nouvelles frictions, les entreprises américaines travaillent en partenariat avec des entreprises européennes. Si nous avons 190 pays avec 190 règles différentes, il est très difficile de créer des logiciels », a déclaré M. Walker, tout en préconisant une « approche pragmatique et tournée vers l'avenir », en particulier en matière d'IA.

    Il a fait remarquer que les « frictions réglementaires » pourraient priver les entreprises européennes des meilleurs outils numériques pendant la transition technologique la plus compétitive de l'histoire. « La transition vers l'IA est la transition technologique la plus compétitive que nous ayons jamais connue. Le marché évolue plus rapidement que les règles à l'heure actuelle », a-t-il déclaré à la publication.

    La Commission, qui mène actuellement plusieurs enquêtes sur Google, est en phase finale de négociations avec l'entreprise au sujet d'enquêtes menées dans le cadre de sa loi sur les marchés numériques, qui vise à uniformiser les règles du jeu pour les petits concurrents. Walker a déclaré que Google était « optimiste quant à la possibilité de résoudre ces problèmes et de répondre aux préoccupations soulevées, d'une manière qui reste positive pour l'économie européenne et les consommateurs européens ».


    En 2026, les pays s'inquiètent de plus en plus de leur dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines car elles peuvent servir de moyens de sanctions comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou. Ce dernier a toute sa vie numérique et financière qui est désormais sévèrement restreinte en raison des sanctions globales ordonnées à son encontre par Donald Trump. Ces sanctions font suite à sa participation à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre. Les initiatives d’affranchissement des technologies américaines vont donc en se multipliant.

    Source : Kent Walker au Financial Times

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette déclaration est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Cloud, données, logiciels : l'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance vis-à-vis des technologies Internet américaines. La dépendance technologique est-elle devenue une menace stratégique majeure ?

    Le PDG de Capgemini, la plus grande entreprise informatique européenne, n'est pas d'accord avec l'appel lancé par l'Europe pour réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines

    L'UE examine si AWS, Azure de Microsoft et Google Cloud doivent être soumis à la loi sur les marchés numériques, pour imposer des règles visant à limiter leur pouvoir de marché et à promouvoir la concurrence
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  17. #77
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  18. #78
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    Citation Envoyé par lololapile Voir le message
    Il y aurait des améliorations à faire pour simplifier la partie macro et VBA.
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  19. #79
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    Capgemini a peur car ils n'ont pas d'outils a eux. Ils ne font que réutiliser et combiner de l'existant en fonction des contrats. Presque aucune capitalisation logiciel. Donc évidement ils vont être en mauvaise posture.
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  20. #80
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    Citation Envoyé par MisterMoa Voir le message
    Vaut mieux être souverain pas très riche, que riche sans souveraineté. L'argent ne fait pas tout.
    ça me rappelle un proverbe du dirigeant roumain Ion Antonescu allié au Reich pendant la seconde guerre mondial:
    Mieux vaut une grande Roumanie dans les marécages qu’une petite Roumanie.


    Dit autrement, l'argent ne fait pas tout, je pose la question inverse, es ce que vivre dans un poulailler insalubre, être sous stress tous les jours niveau finance, compter chaque euro, ne jamais se payer de loisirs, ne pas avoir l'argent pour se soigner, es ce bien vivre ?
    Perso je préfère être riche sans souveraineté. C'est déja le cas d'ailleurs peut importe ou dans le monde, les citoyens n'ont aucune souveraineté.
    l'ue ne garantie officiellement que 100000€ sur les compte bancaire, en vrai on l'a vu avec malte, l'état francais pourraient tous prendre en cas de crise. Y compris ton terrain immobilier, il y'a eu régulièrement des projets de lois comme la proposition Lagleize en 2019.

    Pour etre souverain, il faut viser un état qui à de la croissance, respecte le droit de la propriété et à pas de dette ou une dette marginal. Bref, la France par exemple vous n’êtes ni riche, ni souverain.
    Il n'y en a que 3 dans le monde qui respecte ces critères: Singapour, Norvège et Émirats arabes unis.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

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