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  1. #781
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    Citation Envoyé par Escapetiger Voir le message
    Nothing to Hide (Wikipedia, 2017) :

    Nothing to Hide est un documentaire franco-allemand de Marc Meillassoux et Mihaela Gladovic, qui s'intéresse aux effets de la surveillance de masse sur les individus et la société.
    Tout d'abord merci à toi d'avoir pointé ce documentaire plus utile que pas mal de commentaires.
    Et cerise sur le MacDo: tu es passé par PeerTube.

    Alors, pour faciliter Voici le lien plus court https://s.42l.fr/nothing_to_hide
    afin de donner envie à la plupart de le regarder.

  2. #782
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    Citation Envoyé par stigma Voir le message
    Pour l'instant la messagerie Signal est toujours chiffrée
    De ce que j'en ait compris, cela n'a pas d'importance car Chat Control (au travers d'une mise à jour peut être innocemment) analysera les messages AVANT leur envoi à quelque messagerie

  3. #783
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    Par défaut Le Congrès américain examine des projets de loi qui menacent la vie privée et les libertés en ligne
    Le Congrès américain pourrait être sur le point de créer le « mauvais Internet ». Il examine des projets de loi imposant des contrôles d'identité et la censure en ligne
    ce qui menace les libertés numériques

    Le Congrès des États-Unis examine plusieurs projets de loi sur Internet qui, bien qu’ayant des objectifs variés, pourraient avoir des effets négatifs importants sur la vie privée et les libertés en ligne. Ils sont déjà surnommés par leurs opposants « The Bad Internet Bills » (les lois qui pourraient rendre Internet « mauvais ») parce qu'ils risquent de démolir les protections actuelles et de transformer profondément la manière dont Internet fonctionne. Les soutiens de ces lois brandissent l'argument de la protection des enfants en ligne et de la lutte contre le trafic de drogue, mais les experts affirment qu'elle menace le chiffrement et ouvrent la voie à la censure abusive.

    De l'Europe aux États-Unis, les gouvernements déploient plus que jamais des efforts colossaux afin de prendre le contrôle d'Internet. La loi britannique sur la sécurité en ligne (Online Safety Bill) est entrée en vigueur le 25 juillet 2025. Entre autres, elle vise à lutter contre l'exposition des enfants aux contenus préjudiciables en ligne. Toutefois, les nouvelles dispositions de cette loi suscitent de vives inquiétudes parmi les défenseurs des libertés numériques.

    Dans l'Union européenne (UE), le projet de loi Chat Control est décrit comme « une catastrophe annoncée ». La formule reflète un malaise profond. Ce texte entend instaurer « une surveillance proactive des communications numériques », y compris les messages privés chiffrés. Pour les experts de la sécurité, c’est un point de bascule. Il est perçu comme une brèche législative capable de fragiliser « l’ensemble de l’infrastructure de sécurité moderne ».


    Aux États-Unis, le Congrès examine une série de projets de loi que leurs détracteurs ont qualifiés de « mauvais projets de loi sur Internet ». Les projets de loi en question ont des objectifs variés : certains visent à lutter contre le trafic de drogue, d'autres à limiter l'accès des mineurs à certains contenus en ligne, mais tous ont « le potentiel de remettre en cause les protections existantes en matière de confidentialité des données personnelles en ligne ».

    India McKinney, directrice des affaires fédérales à l'Electronic Frontier Foundation, une organisation de défense des libertés civiles, estime que le Congrès s'apprête à modifier la réglementation d'Internet à rebours, car cela semble plus opportun sur le plan politique. Voici quelques projets de loi examinés par le Congrès :

    Le SCREEN Act et le Cooper Davis Act

    Le SCREEN Act prévoit d'instaurer une vérification de l'âge pour tout site Web que le Congrès juge « préjudiciable aux mineurs », tandis que le Cooper Davis Act obligerait tout fournisseur de services de communication électronique à signaler à la Drug Enforcement Administration (qui lutte contre le trafic de stupéfiants) toute infraction liée à la drogue dont il aurait connaissance, ce qui mettrait fin à tout service proposant un chiffrement de bout en bout.

    Une des principales craintes liées SCREEN Act est que les systèmes de vérification de l'âge obligeraient les utilisateurs à fournir des données personnelles très sensibles (par exemple des pièces d’identité ou des données biométriques) pour prouver leur âge. Une fois collectées par les sites, ces données pourraient être stockées, mal utilisées ou exposées lors de violations de sécurité, augmentant les risques de vol d’identité et d’atteintes à la vie privée.

    La vérification de l'âge compromet également l’anonymat en ligne, qui est une composante importante de la liberté d’expression, particulièrement pour des personnes vulnérables (lanceurs d’alerte, militants, personnes LGBTQ+, victimes de violences). En exigeant une identification systématique, ces lois pourraient dissuader ou empêcher des personnes d’accéder à des contenus légaux ou de s’exprimer librement en ligne, détruisant ainsi Internet.

    Le Kids Online Safety Act (ou KOSA)

    La loi sur la sécurité des enfants en ligne (Kids Online Safety Act) obligerait les plateformes à identifier les utilisateurs mineurs et à censurer toute une série de contenus et d'informations, selon les décisions des procureurs généraux des États. Selon les experts en cybersécurité, ces règles réduiraient considérablement notre capacité à utiliser les ordinateurs en toute confidentialité et contribueraient à restreindre sévèrement la liberté d'expression en ligne.

    Les critiques de la loi KOSA soulignent que les définitions floues de ce qui constitue un contenu « nuisible » pourraient ouvrir la voie à une censure excessive, limitant la liberté d'expression en ligne. De plus, les startups et plateformes indépendantes pourraient ne pas avoir les moyens de se conformer aux nouvelles règles. Certains dénoncent également une surveillance intrusive des activités en ligne des utilisateurs, compromettant leur vie privée.

    Citation Envoyé par India McKinney, directrice des affaires fédérales à l'EFF

    Je pense que le Congrès estime que la protection de la vie privée des enfants est plus facile à mettre en œuvre parce que cela semble plus acceptable sur le plan politique, et cela signifie qu'il néglige complètement les difficultés liées à la distinction entre les enfants et les adultes, car cela a des implications considérables en matière de protection de la vie privée. Si l'un de ces projets de loi est adopté, cela n'affectera pas seulement les parents et les enfants, mais tous les utilisateurs, car si vous souhaitez accéder à un contenu controversé sur Internet, vous devrez prouver votre identité.
    Une nouvelle version de la loi KOSA a été présentée cette année au Sénat américain après qu'une version antérieure ait échoué à passer les deux chambres. La sénatrice Marsha Blackburn (R-TN), qui dirige le projet de loi, a déclaré que la dynamique s'était renforcée depuis l'année dernière.

    Le projet de loi STOP CSAM

    Le STOP CSAM (Strengthening Transparency and Obligations to Protect Children Suffering from Abuse and Mistreatment Act) est un projet de loi bipartisan aux États-Unis visant à lutter contre la diffusion de matériel d’abus sexuels d’enfants en ligne (Child Sexual Abuse Material - CSAM). L’objectif affiché de ce projet est de renforcer la lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants sur Internet en augmentant les outils juridiques pour protéger les victimes.

    Nom : Capture d'écran 2025-12-23 195254.png
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Taille : 74,7 Ko

    Mais cette initiative menace le chiffrement de bout en bout. Le chiffrement de bout en bout signifie essentiellement que personne, à l'exception des utilisateurs qui envoient ou reçoivent une communication donnée, n'a accès au contenu de cette communication, y compris le gouvernement et la plateforme. Cette disposition relative à la confidentialité a été largement adoptée par des applications populaires comme WhatsApp, Signal, Telegram et iMessage.

    Le projet de loi STOP CSAM mettrait effectivement fin à cette protection au nom de la prévention de l'hébergement ou de la distribution du CSAM. Si la prévention de la distribution du matériel pédopornographique est un objectif noble, les experts en cybersécurité affirment que la proposition actuelle reviendrait à ce que les forces de l'ordre ouvrent chaque lettre ou colis envoyé par la poste dans l'espoir d'intercepter du matériel pédopornographique.

    « Il existe un mythe selon lequel il serait possible de contourner le chiffrement de manière sélective, mais ce n'est pas le cas. Soit vous disposez d'un chiffrement, soit vous n'en disposez pas », a déclaré Jenna Leventoff, conseillère politique principale à l'ACLU. Le Royaume-Uni a contraint Apple à retirer les fonctionnalités de chiffrement de bout en bout d'iCloud sur son territoire au nom de la sécurité nationale, ce qui a suscité de vives préoccupations.

    Une réforme controversée du célèbre article 230

    La réforme envisagée de l'article 230 de la loi sur la décence dans les communications (Communications Decency Act) pourrait rendre les plateformes légalement responsables de tout contenu publié par leurs utilisateurs. Mais l'initiative est très controversée dans la communauté. Selon les détracteurs, cette réforme détruirait les petites plateformes et garantirait que les principaux acteurs du secteur ne soient pas confrontés à une nouvelle concurrence.

    Les critiques affirment qu'une réforme ou une suppression de la Section 230 pourrait amener les plateformes à supprimer davantage de contenus pour éviter d’être poursuivies en justice, ce qui aurait un « effet dissuasif » sur la liberté d’expression en ligne. Les plateformes pourraient choisir la suppression plutôt que le débat ou la nuance, car il est plus sûr légalement de retirer rapidement du contenu contesté que d’exposer la plateforme à des poursuites.

    Ces lois sont qualifiées de menaces pour les libertés numériques

    Dans le cas du projet de loi KOSA, sa constitutionnalité même soulève des questions juridiques. Les procureurs généraux des États deviendraient de facto des censeurs d'Internet en vertu de ce projet de loi, et cette censure s'étendrait à des discours que même les mineurs ont le droit constitutionnel de voir. Selon ses détracteurs, le projet de loi KOSA s'inscrit dans le cadre des efforts visant à mettre fin à l'anonymat sur Internet et à briser le chiffrement.

    Les récentes interdictions de livres par certains États ont donné un aperçu du type de contenu que les procureurs généraux pourraient cibler. En Floride, par exemple, un comté a retiré « La Liste de Schindler » et de nombreux livres sur Anne Frank des rayons des bibliothèques. La censure pourrait également limiter l'accès à des informations susceptibles d'informer les mineurs sur les questions LGBTQ ou encore les troubles alimentaires, par exemple.

    Lee Rowland, directeur exécutif de la Coalition nationale contre la censure, a dénoncé ces projets de loi qui menacent nos libertés. « Nous sommes actuellement dans un environnement où l'administration Trump a signé un certain nombre de décrets et publié des réglementations qui, par exemple, pourraient qualifier une personne de terroriste national si elle a des opinions « antiaméricaines, antichrétiennes ou anticapitalistes », a déclaré Lee Rowland.

    « Nous sommes à un moment où les gens risquent réellement d'être surveillés par le gouvernement, pris pour cible et punis pour des propos pleinement protégés », a-t-il ajouté. Lee Rowland a replacé ces initiatives controversées dans le contexte des objectifs plus larges de l'administration Trump.

    Conclusion

    Les projets de loi examinés par le Congrès américain sont décrits par les détracteurs comme la voie menant vers un « mauvais Internet ». Bien qu’ayant des intentions affichées jugées positives par certains (comme la protection des mineurs en ligne), ils pourraient ouvrir la porte à une surveillance accrue, à la censure et à une forte érosion des protections de la vie privée sur Internet, créant ainsi un « Internet mauvais » que leurs opposants redoutent.

    En Union européenne, les détracteurs du projet de loi Chat Control affirment que nous sommes face à « un désastre annoncé ». Sous sa promesse de lutter plus efficacement contre les crimes en ligne, Chat Control s’inscrit dans une tendance inquiétante où l’exception devient la norme. Derrière la rhétorique protectrice se cache un mécanisme perçu comme une brèche législative capable de fragiliser l’ensemble de l’infrastructure de sécurité moderne.

    Sources : campagne « The Bad Internet Bills », SCREEN Act, Cooper Davis Act, KOSA, STOP CSAM Act

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des différents projets de loi examinés par le Congrès américain ?
    Selon vous, les avantages de ces initiatives l'emportent-ils sur les inconvénients ? Pourquoi ?
    Que pensez-vous du projet de loi Chat Control de l'Union européenne ?

    Voir aussi

    Apple retire les fonctionnalités de chiffrement de bout en bout d'iCloud au Royaume-Uni après que le gouvernement l'a contraint à ajouter des portes dérobées au nom de la sécurité nationale

    «Une catastrophe annoncée» : Le monde des technologies de protection de la vie privée réagit au nouveau projet de loi Chat Control. Censé protéger les mineurs, il pourrait fragiliser tout le chiffrement en UE

    Les États-Unis pourraient bientôt adopter leur propre loi sur la sécurité en ligne, mais les experts alertent sur les risques de censure et de surveillance de masse, sous prétexte de protéger les enfants

  4. #784
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    Par défaut 45 % des Britanniques regardent du porno sur des sites risqués depuis le renforcement des contrôles d'âge
    Près de la moitié des Britanniques regardent du porno sur des sites risqués non réglementés depuis le renforcement des contrôles d'âge, et 29 % utilisent un VPN pour éviter de fournir leurs données personnelles

    Selon une nouvelle étude, près de la moitié des adultes britanniques consommant de la pornographie en ligne ont accédé à des sites web non réglementés depuis l'entrée en vigueur, en juillet 2025, de règles plus strictes en matière de vérification de l'âge. Le sondage, réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, a révélé que 45 % des utilisateurs ont consulté des sites risqués sans contrôle d'âge pour éviter de partager leurs informations personnelles, tandis que 29 % ont utilisé un réseau privé virtuel (VPN) pour contourner les contrôles. Les experts avertissent que cette pratique expose les utilisateurs à des contenus préjudiciables, notamment à des contenus illégaux représentant des abus sexuels sur des enfants.

    Ces révélations interviennent quelques mois après un changement réglementaire amorcé à l’été 2025, lorsque le Royaume-Uni a mis en place une des mesures de vérification d'âge les plus strictes au monde pour accéder aux contenus pornographiques en ligne. Prévue par la loi sur la sécurité en ligne pour les enfants (Kids Online Safety Act, ou KOSA) de 2023 et appliquée par l'Ofcom, cette législation vise à protéger les mineurs des contenus préjudiciables en imposant une obligation rigoureuse aux sites web et plateformes concernés. Elle autorise également le régulateur à infliger de lourdes sanctions financières, voire des poursuites pénales, aux plateformes qui ne se conformeraient pas à cette législation.

    D'après un récent sondage réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, depuis la modification de la loi en juillet 2025, 45 % des 1 469 adultes qui consomment de la pornographie ont consulté des sites web sans contrôle d'âge afin d'éviter de fournir leurs informations personnelles, .

    L'étude a également révélé que 29 % des utilisateurs de pornographie avaient utilisé un VPN pour contourner les contrôles d'âge sur les sites web qui les exigent. Un VPN, ou réseau privé virtuel, peut être utilisé pour masquer la localisation d'un utilisateur, lui permettant ainsi de se connecter à Internet comme s'il se trouvait dans un autre pays.

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    Aujourd'hui, l'organisation caritative tire la sonnette d'alarme, avertissant que les adultes qui ne souhaitent pas révéler leur identité se tournent vers des sites plus risqués où ils sont plus susceptibles de voir des images d'abus sur des enfants.

    Alexandra Bailey, responsable du département de psychologie de la fondation et professeure associée à l'université de Roehampton, a déclaré : « Ces sites peuvent exposer les gens à des contenus préjudiciables, notamment des contenus illégaux représentant des abus sexuels sur des enfants. [...] Même si vous ne le cherchez pas, vous pourriez y être confronté, ce qui peut avoir des conséquences graves et bouleversantes. »

    La fondation, qui vise à empêcher les gens de regarder des images pédopornographiques, a commandé une enquête auprès de 3 724 adultes en novembre. L'enquête a révélé que 39 % des personnes ayant visité des sites pornographiques non réglementés ont déclaré avoir vu des contenus qui les ont mises mal à l'aise, et 40 % ont été dissuadées de revisiter le même site.

    Les modifications apportées à la réglementation dans le cadre de la loi sur la sécurité en ligne (Online Safety Act, OSA) adoptée l'année dernière stipulent que les sites pornographiques doivent mettre en place des contrôles d'âge rigoureux afin d'empêcher les enfants d'accéder à des contenus préjudiciables.

    En décembre, l'Ofcom a infligé une amende d'un million de livres sterling au groupe AVS, qui gère 18 sites web pour adultes, pour ne pas avoir mis en place des contrôles d'âge suffisamment rigoureux, ainsi qu'une amende de 50 000 livres sterling pour ne pas avoir répondu à des demandes d'informations.

    Des lois « encore plus strictes » sont nécessaires

    L'Internet Watch Foundation réclame aujourd'hui des règles encore plus strictes pour restreindre l'accès aux contenus pour adultes. Sa directrice générale, Kerry Smith, a déclaré qu'il était « très préoccupant que certaines plateformes ne mettent pas en œuvre de mesures de vérification de l'âge ».

    « Les mesures de protection sur les sites pornographiques sont essentielles pour empêcher les enfants d'accéder à la pornographie, qui, comme nous le savons, peut, si elle est visionnée à un jeune âge, normaliser des comportements sexuels néfastes et rendre les enfants plus vulnérables au grooming par des prédateurs », a-t-elle précisé. « Il faut appliquer strictement l'OSA afin de garantir la mise en place de mesures de sécurité solides et efficaces sur les plateformes pornographiques, notamment l'utilisation de messages dissuasifs et l'orientation des adultes vers des services d'aide appropriés. »

    « Nous encourageons également le gouvernement à adopter une législation encore plus stricte, afin que la pornographie en ligne soit traitée de la même manière que dans le monde réel. », a ajouté Kerry Smith.

    « Des changements sont en cours, et la situation en matière de sécurité en ligne commence à s'améliorer. L'année dernière a été marquée par des changements importants pour les utilisateurs, avec la mise en place de nouvelles mesures sur de nombreux sites et applications qui protègent désormais mieux les utilisateurs britanniques, en particulier les enfants, contre les contenus préjudiciables », a déclaré un porte-parole de l'Ofcom. « Mais nous attendons beaucoup plus des entreprises technologiques cette année, et nous utiliserons tous les pouvoirs dont nous disposons si elles ne sont pas à la hauteur. »

    Depuis le 25 juillet 2025, l’entrée en vigueur de certaines dispositions de la loi KOSA a contraint des milliers de sites pour adultes, ainsi que des plateformes populaires comme X, Reddit ou TikTok, à mettre en place des mécanismes stricts de vérification de l’âge pour les utilisateurs britanniques.

    Si l’objectif affiché était de limiter l’exposition des mineurs à des contenus pornographiques, violents ou incitant à des comportements dangereux, la mise en œuvre a rapidement eu des effets inattendus. Comme en France auparavant, les téléchargements de VPN ont explosé au Royaume-Uni, traduisant la volonté massive des internautes de contourner les contrôles. Cette dynamique a mis en évidence un décalage persistant entre les ambitions réglementaires et les pratiques numériques réelles.

    Face à cette situation, les autorités cherchent désormais à étendre le périmètre de la régulation. En août 2025, la commissaire britannique à l’enfance a exhorté le gouvernement à contraindre les fournisseurs de VPN à intégrer des mécanismes de vérification de l’âge au sein de leurs services, face à l'explosion de leur utilisation par les mineurs pour contourner la loi. Cette demande survient alors que les nouvelles lois sur la sécurité en ligne montrent déjà leurs limites face à l'adaptabilité technologique des utilisateurs.

    Source : Sondage de la Lucy Faithfull Foundation

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous les conclusions de cette étude de la Lucy Faithfull Foundation crédibles ou pertinentes ?

    Voir aussi :

    Les lois sur la vérification de l'âge n'empêchent pas les mineurs d'accéder aux sites pour adultes, d'après une étude publiée après le constat additionnel qu'elles portent atteinte aux droits des adultes

    Réaction négative à la vérification de l'âge : les sites web conformes souffrent, les sites non conformes gagnent en trafic, ce qui soulève des questions sur l'efficacité et l'équité de ces mesures

    Le Royaume-Uni va-t-il interdire les VPN pour combler les lacunes de la loi sur la sécurité en ligne ? Il examine « la manière dont les VPN sont utilisés », alimentant les craintes d'une interdiction à venir
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  5. #785
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    VPN, proxy online il y a plusieurs façon de contourner, télécharger en torrent directement des vidéos, .... Leurs lois exposent les gens à plus de dangers liés aux fuites de données.

    Je croyais qu'il était mieux d'éduquer ses enfants des risques d'internet dès qu'il commencent à l'utiliser :
    - expliquer
    - être là pour les premières rechercher
    - lui dire de venir voir s'il est tombé sur du contenu qui fait peur ou dérangeant (et ne pas punir pour ne pas qu'il se ferme)

    Un filtrage DNS peut être mis en place en expliquant que c'est pour éviter de tomber sur ces sites
    Éventuellement une coupure du wifi à 21h pour avoir une bonne hygiène de vie

  6. #786
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    À répéter partout et pour tout "enfants", ça sonne extrêmement fabriqué et exagéré. Quand je lis le discours, je ne vois pas la logique, mais je vois l'idéologie aveugle où tout est bon pour faire passer une mesure pour la protection des enfants. Bientôt on va nous dire que les fabricants de frigo connectés doivent passer par le site gouvernemental pour identifier les utilisateurs, sinon bloquer l'accès au frigo, pour protéger les enfants de consommer des aliments périmés.
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    Recommandations pour débattre sainement

    Références récurrentes :
    The Cambridge Handbook of Expertise and Expert Performance
    L’Art d’avoir toujours raison (ou ce qu'il faut éviter pour pas que je vous saute à la gorge {^_^})

  7. #787
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    Sacré surprise ... De toute façon, ces lois sont une somme d'atteinte grave aux droits fondamentaux et le but est la surveillance.
    Mais comme on ne souhaite faire tout en une fois pour ne pas choquer, on habitue les gens à fournir leur identité (d'abord les sites +18, puis réseaux sociaux, puis moteur de recherche, puis e-commerce, puis VPN ...).
    On utilise (encore) les enfants comme prétexte, en utilisant un mélange de puritanisme, moralisme et de paternalisme.

    Bref, la règle devrait être de ne jamais rien fournir comme info identifiante sur Internet (basiquement, ce qu'on a appris dès on avait 12 ans, le fameux "attention on se sait jamais à qui on parle" de nos parents).
    Les britanniques ont bien raison de contourner cette loi dangereuse.

  8. #788
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    "Notre loi ne marche pas et tous le monde la déteste... donc il faut la rendre encore pire!"
    SVP, pas de questions techniques par MP. Surtout si je ne vous ai jamais parlé avant.

    "Aw, come on, who would be so stupid as to insert a cast to make an error go away without actually fixing the error?"
    Apparently everyone.
    -- Raymond Chen.
    Traduction obligatoire: "Oh, voyons, qui serait assez stupide pour mettre un cast pour faire disparaitre un message d'erreur sans vraiment corriger l'erreur?" - Apparemment, tout le monde. -- Raymond Chen.

  9. #789
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    Par défaut La Chambre des lords britannique vote en faveur de l'extension de la vérification de l'âge aux VPN
    La Chambre des lords britannique vote en faveur de l'extension de la vérification de l'âge aux VPN,
    quand la protection des mineurs devient un prétexte à la mise sous tutelle du Web

    La bataille autour de la vérification de l’âge sur Internet vient de franchir un nouveau cap au Royaume-Uni. En votant un amendement visant à étendre les obligations de contrôle d’âge aux services de VPN, la chambre haute du Parlement britannique ouvre un front inédit contre les outils traditionnellement associés à la protection de la vie privée et à la liberté de navigation. Officiellement, il s’agit de protéger les mineurs. Officieusement, le débat révèle une transformation profonde de la gouvernance du Web, où la neutralité technique cède progressivement la place à une logique de surveillance structurelle.

    Depuis le 25 juillet, des milliers de sites proposant du contenu pour adultes, ainsi que des applications de réseaux sociaux populaires telles que X, Reddit et TikTok, ont mis en place de nouveaux systèmes et contrôles de « vérification de l'âge » pour les utilisateurs britanniques. Ce jour-là, une partie des dispositions du Online Safety Act est entrée en vigueur, imposant à de nombreuses plateformes une vérification stricte de l’âge des internautes accédant à certains contenus jugés sensibles. Si l’objectif est clair (protéger les mineurs des contenus pornographiques, violents ou incitant à des comportements dangereux), les conséquences inattendues ont été immédiates : une explosion des téléchargements de VPN, révélant la profonde fracture entre les objectifs politiques et la réalité des usages numériques.

    Face à cette intrusion perçue dans leur vie privée, de nombreux internautes britanniques se tournent vers les VPN comme solution quelques heures à peine après l’entrée en vigueur du texte :
    • Proton VPN a vu ses inscriptions grimper de plus de 1 400 % en quelques heures au Royaume-Uni, propulsant l’app au sommet de l’App Store britannique, devant WhatsApp, Instagram ou encore ChatGPT.
    • NordVPN a enregistré une hausse de 1 000 % de ses ventes quotidiennes.
    • Sur Google Trends, les recherches associées aux mots-clés tels que Proton VPN ont connu un pic.

    Des fournisseurs de VPN majeurs ont rapporté une augmentation significative de leurs téléchargements au Royaume-Uni. Cette hausse est d'autant plus remarquable qu'elle survient dans un contexte où la demande de VPN était déjà forte pour diverses raisons, notamment l'accès à du contenu géo-restreint ou la protection de la vie privée face à la surveillance en ligne. Cependant, l'impulsion actuelle est clairement attribuée aux nouvelles réglementations.

    Ce comportement traduit une réalité simple : les internautes refusent massivement de soumettre leurs pièces d’identité à des plateformes de divertissement ou de médias sociaux.

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    Depuis le renforcement des contrôles d'âge, 29% utilisent un VPN pour éviter de fournir leurs données personnelles

    D'après un récent sondage réalisé par la Lucy Faithfull Foundation, depuis la modification de la loi en juillet 2025, 45 % des 1 469 adultes qui consomment de la pornographie ont consulté des sites web sans contrôle d'âge afin d'éviter de fournir leurs informations personnelles, .

    L'étude a également révélé que 29 % des utilisateurs de pornographie avaient utilisé un VPN pour contourner les contrôles d'âge sur les sites web qui les exigent. Un VPN, ou réseau privé virtuel, peut être utilisé pour masquer la localisation d'un utilisateur, lui permettant ainsi de se connecter à Internet comme s'il se trouvait dans un autre pays.

    Aujourd'hui, l'organisation caritative tire la sonnette d'alarme, avertissant que les adultes qui ne souhaitent pas révéler leur identité se tournent vers des sites plus risqués où ils sont plus susceptibles de voir des images d'abus sur des enfants.

    Alexandra Bailey, responsable du département de psychologie de la fondation et professeure associée à l'université de Roehampton, a déclaré : « Ces sites peuvent exposer les gens à des contenus préjudiciables, notamment des contenus illégaux représentant des abus sexuels sur des enfants. [...] Même si vous ne le cherchez pas, vous pourriez y être confronté, ce qui peut avoir des conséquences graves et bouleversantes. »

    Des lois « encore plus strictes » sont nécessaires

    L'Internet Watch Foundation réclame aujourd'hui des règles encore plus strictes pour restreindre l'accès aux contenus pour adultes. Sa directrice générale, Kerry Smith, a déclaré qu'il était « très préoccupant que certaines plateformes ne mettent pas en œuvre de mesures de vérification de l'âge ».

    « Les mesures de protection sur les sites pornographiques sont essentielles pour empêcher les enfants d'accéder à la pornographie, qui, comme nous le savons, peut, si elle est visionnée à un jeune âge, normaliser des comportements sexuels néfastes et rendre les enfants plus vulnérables au grooming par des prédateurs », a-t-elle précisé. « Il faut appliquer strictement l'OSA afin de garantir la mise en place de mesures de sécurité solides et efficaces sur les plateformes pornographiques, notamment l'utilisation de messages dissuasifs et l'orientation des adultes vers des services d'aide appropriés. »

    « Nous encourageons également le gouvernement à adopter une législation encore plus stricte, afin que la pornographie en ligne soit traitée de la même manière que dans le monde réel. », a ajouté Kerry Smith.

    La Chambre des lords britanniques passe au vote

    La Chambre des lords britannique a voté en faveur de l'extension des exigences en matière de « vérification de l'âge », c'est-à-dire des obligations de vérification de l'âge, aux réseaux privés virtuels (VPN) et à un large éventail de plateformes en ligne dans le cadre du projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles. Cette décision renforce la portée de la loi sur la sécurité en ligne, déjà controversée, en liant les objectifs de sécurité des enfants à des mécanismes qui pourraient avoir des effets graves sur la communication privée et l'autonomie numérique.

    Dans le cadre de la loi sur la sécurité en ligne existante, les « services d'utilisateur à utilisateur » comprennent presque toutes les plateformes en ligne qui permettent aux individus de publier, de partager ou d'interagir avec le contenu d'autres personnes. Cette définition couvre les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les forums et les services de jeux en ligne. Seules quelques formes de communication, telles que les e-mails, les SMS, les MMS et les appels vocaux en direct entre deux personnes, sont explicitement exclues.

    Si les messages politiques autour du vote ont souvent décrit cette mesure comme une « interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans », son champ d'application réel est considérablement plus large. En effet, la plupart des plateformes interactives en ligne devront désormais collecter et vérifier les données relatives à l'âge des utilisateurs, même lorsque ces services ne s'adressent pas principalement aux enfants.

    Il s'agit là d'une extension majeure des contrôles d'identité à l'ensemble de l'infrastructure numérique, autrefois considérée comme neutre ou protectrice de la vie privée, et l'une des propositions les plus disciplinaires en Occident.

    Jusqu’ici, l’effort réglementaire se concentrait sur les plateformes de contenu et les fournisseurs d’accès. Avec ce nouveau vote, les VPN, longtemps considérés comme de simples intermédiaires techniques, entrent explicitement dans le champ de la régulation.

    Le raisonnement des législateurs est simple dans sa formulation. Puisque les VPN peuvent être utilisés pour contourner les systèmes de vérification d’âge mis en place au Royaume-Uni, ils doivent à leur tour être soumis à des obligations équivalentes. Ce glissement marque un changement de paradigme : l’outil n’est plus neutre, il devient suspect par nature dès lors qu’il permet d’échapper à un contrôle.

    VPN : d’outil de sécurité à objet de méfiance politique

    Les réseaux privés virtuels sont historiquement conçus pour sécuriser les connexions, protéger les données sur des réseaux publics et garantir un certain niveau d’anonymat. Ils sont utilisés par des entreprises, des journalistes, des militants, mais aussi par des citoyens ordinaires soucieux de leur vie privée. Les assimiler à des instruments de contournement pose un problème conceptuel majeur.

    En imposant des mécanismes de vérification d’âge aux fournisseurs de VPN, le législateur britannique introduit une contradiction technique. Un VPN qui doit vérifier l’âge de ses utilisateurs doit nécessairement collecter, traiter et conserver des données sensibles. Cette exigence va à l’encontre même de la promesse commerciale et technique de nombreux services, fondée sur le non-journalisation et la minimisation des données.

    Ce vote s’inscrit dans une dynamique plus large portée par la régulation britannique du numérique. Le cadre légal actuel repose sur l’idée que tout point d’accès potentiel à des contenus non conformes doit être contrôlé. Après les plateformes, les hébergeurs et les fournisseurs d’accès, ce sont désormais les outils de protection eux-mêmes qui sont intégrés au périmètre de surveillance.

    Cette approche soulève une question centrale pour les professionnels de l’informatique. Si un VPN peut être contraint à vérifier l’âge, pourquoi pas demain un navigateur, un système d’exploitation ou un simple proxy réseau ? La frontière entre régulation ciblée et contrôle généralisé devient de plus en plus floue.

    Des amendements apportés au projet de loi sur le bien-être des enfants et les écoles

    Le 21 janvier 2026, la Chambre des lords britannique a adopté des amendements au projet de loi du gouvernement sur le bien-être des enfants et les écoles.

    L'un de ces amendements, qui visait à interdire aux enfants d'utiliser des VPN, a été adopté par 207 voix contre 159. Il stipulait que, dans les 12 mois suivant l'adoption de la loi, « des réglementations interdisant la fourniture d'un service VPN pertinent aux enfants britanniques » devaient être promulguées. Il expliquait que son objectif était de « renforcer la protection et le bien-être des enfants ».

    L'amendement a été présenté par Lord Nash, membre conservateur de la Chambre des lords, la baronne Benjamin, membre libérale-démocrate de la Chambre des lords, et la baronne Cass, membre indépendante de la Chambre des lords. L'exposé des motifs de l'amendement indiquait qu'il interdirait aux enfants d'utiliser des VPN pour contourner les « processus de vérification de l'âge de l'OSA ».

    Le projet de loi amendé va maintenant être renvoyé à la Chambre des communes britannique, où les députés discuteront des propositions. Le gouvernement travailliste dispose d'une large majorité à la Chambre des communes, mais on ne sait pas encore s'il tentera de rejeter l'amendement ou s'il le soutiendra.

    Les lords ont également voté à 261 voix contre 150 en faveur d'une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, similaire aux lois récemment adoptées en Australie. Comme l'amendement sur les VPN, celui-ci sera renvoyé à la Chambre des communes pour être débattu par les députés.

    Dans une déclaration prononcée devant la Chambre des communes, Liz Kendall, Secrétaire d'État à la Science, à la Technologie et à l'Innovation, a déclaré que le gouvernement avait lancé une « consultation de trois mois sur les mesures supplémentaires à prendre pour assurer la sécurité des enfants en ligne ». Kendall a appelé à une « application plus rigoureuse » des lois existantes en matière de vérification de l'âge. Le Royaume-Uni a introduit l'OSA en juillet, qui oblige les utilisateurs de sites et d'applications hébergeant du contenu pour adultes à effectuer des contrôles d'âge.

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    Liz Kendall

    Les risques techniques et économiques pour l’écosystème

    Sur le plan opérationnel, l’impact est loin d’être anodin. Les fournisseurs de VPN devront soit se conformer, au prix d’investissements lourds dans des systèmes de vérification d’identité, soit quitter le marché britannique. Les plus petits acteurs, souvent européens ou indépendants, risquent de ne pas survivre à ces exigences réglementaires, renforçant mécaniquement la position des grands acteurs capables d’absorber les coûts de conformité.

    Pour les utilisateurs, le risque est double. D’un côté, une réduction de l’offre et donc du choix. De l’autre, une exposition accrue de données personnelles dans un contexte où la sécurité des bases de données d’identité reste un sujet sensible, y compris dans des environnements très régulés.

    Une protection des mineurs qui interroge son efficacité réelle

    L’argument central reste la protection des mineurs, difficilement contestable sur le plan politique. Pourtant, de nombreux experts doutent de l’efficacité réelle de ces dispositifs. Les jeunes utilisateurs les plus déterminés disposent déjà d’une culture numérique suffisante pour contourner des systèmes centralisés, tandis que les adultes se retrouvent soumis à des contrôles intrusifs pour accéder à des contenus légaux.

    Ce déséquilibre alimente une critique de plus en plus audible dans les cercles techniques. À force de vouloir verrouiller l’Internet par couches successives, le régulateur risque surtout de déplacer les usages vers des solutions plus opaques, moins régulées et potentiellement plus dangereuses.

    Un précédent qui dépasse largement le Royaume-Uni

    Même si la décision concerne le Royaume-Uni, son impact dépasse largement les frontières nationales. Le pays sert souvent de laboratoire réglementaire pour d’autres juridictions occidentales. Ce qui est testé aujourd’hui à Londres peut devenir demain un standard discuté à Bruxelles ou ailleurs.

    Pour les professionnels de l’IT, cette évolution doit être analysée comme un signal faible devenu fort. La question n’est plus seulement celle de la conformité légale, mais celle de la philosophie même d’Internet : un réseau conçu pour être ouvert, interopérable et neutre, ou un espace segmenté, conditionné à des contrôles d’identité permanents.

    Vers un Internet sous contrôle permanent ?

    En votant l’extension de la vérification d’âge aux VPN, la chambre haute britannique n’a pas simplement modifié un texte législatif. Elle a contribué à redéfinir la place des outils de protection de la vie privée dans l’espace numérique. Pour les entreprises technologiques, les développeurs et les architectes réseau, le message est clair : la neutralité technique n’est plus un argument suffisant face aux impératifs politiques.

    La suite dépendra autant des réactions de l’industrie que de l’acceptation sociale de ces mesures. Une chose est certaine : ce vote marque une étape supplémentaire dans la normalisation d’un Internet où l’accès devient conditionnel, traçable et, de plus en plus, administré.

    Sources : projet de loi, gouvernement britannique

    Et vous ?

    Jusqu’où un État peut-il aller dans la régulation d’outils conçus pour protéger la vie privée sans en vider le sens même ?

    En assimilant les VPN à des instruments de contournement, le législateur ne criminalise-t-il pas implicitement des usages parfaitement légitimes, notamment professionnels et journalistiques ?

    Peut-on sérieusement parler de protection des mineurs lorsque les adultes doivent fournir des preuves d’identité pour accéder à des contenus légaux, au risque de multiplier les bases de données sensibles ?

    Cette stratégie de contrôle est-elle techniquement efficace ou ne fait-elle que déplacer le problème vers des solutions encore plus opaques et hors de portée des autorités ?

    Enfin, le Royaume-Uni est-il en train d’établir un précédent qui pourrait normaliser un Internet sous surveillance permanente en Europe et au-delà ?
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  10. #790
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    Je suis curieux de connaitre la position de ceux qui ne voyaient pas la suite logique de la "vérification d'âge" (=identité) des sites +18 ?
    J'espère que vous défendez toujours la "protection des enfants" contre les dangereux VPN (puis moteur de recherche ou même site expliquant le fonctionnement d'un VPN) ?

  11. #791
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    Certains pays occidentaux veulent mettre en place des lois digne d'une dictature, mais ils ne peuvent pas y aller franchement, ils doivent utiliser la ruse.
    Parfois en utilisant le prétexte de la protection des enfants, des lois passent.

    Petit à petit ça va s'aggraver, de petite loi en petite loi.

    La personne la plus naïve de l'univers va trouver ça chouette qu'on protège les enfants. Parce qu'elle n'anticipe pas la suite du projet.

  12. #792
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Certains pays occidentaux veulent mettre en place des lois digne d'une dictature.
    Mais certains pays occidentaux, ne se gênent pas. Ex : Les USA depuis que Trump est revenu au pouvoir.

  13. #793
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    Par défaut Chat Control enterré à une voix près : le Parlement UE stoppe 5 ans de surveillance de masse de vos message
    Chat Control enterré à une voix près : le Parlement européen stoppe cinq ans de surveillance de masse de vos messages privés, mais le round 2 commence déjà.
    Ce que change concrètement la mort de Chat Control

    Le Parlement européen a enterré Chat Control 1.0 le 26 mars 2026 à une seule voix près. Depuis 2021, Meta, Google et Microsoft scannaient légalement les messages privés de 450 millions d'Européens sans mandat judiciaire, au nom de la protection de l'enfance. Un régime d'exception qui expire désormais le 4 avril, faute de prolongation. Victoire fragile, scrutin haletant, et batailles à venir : décryptage d'un vote qui a failli ne jamais avoir lieu.

    Le 26 mars 2026, le Parlement européen a vécu l'une de ses séances plénières les plus tendues de la législature. Après des semaines de feuilleton législatif inédit, le vote sur la prolongation de la dérogation temporaire à la directive ePrivacy, surnommée « Chat Control 1.0 » par ses opposants, s'est finalement joué à 307 voix contre 306. Un seul bulletin a suffi à rejeter l'amendement autorisant l'analyse automatisée de contenus inconnus dans les messages privés. Sans cet amendement, le texte restant n'a ensuite pu réunir de majorité : 228 eurodéputés ont voté pour la prolongation de la dérogation, 311 contre. La dérogation expire donc le 4 avril sans successeur.

    Ce résultat clôt plusieurs semaines de bras de fer d'une intensité rare. Tout commence début mars quand la commission LIBE du Parlement rejette, à la surprise générale, le projet de prolongation par 38 voix contre 28. La plénière vote malgré tout une extension jusqu'en août 2027, mais en y greffant un amendement majeur : désormais, tout scan devrait être ciblé, limité aux suspects identifiés par un juge, et les communications chiffrées de bout en bout explicitement exclues. Un compromis qui a vidé le texte de sa substance pour ses partisans.

    La suite tient du coup de théâtre parlementaire. Le PPE (Parti Populaire Européen) force un nouveau vote en plénière, 15 jours seulement après le premier, en brandissant le risque d'un « vide juridique » si Chat Control expire sans remplacement, un argument contesté par de nombreux experts. Plusieurs eurodéputés dénoncent une manœuvre qui revient à faire revoter le Parlement jusqu'à obtenir le résultat souhaité. La tentative échoue. Le vote du 26 mars l'a confirmé définitivement.

    Cinq ans de scan de masse : un bilan accablant

    Pour comprendre ce qui s'arrête le 4 avril, il faut remonter à 2021. Chat Control 1.0, c'est un régime temporaire mis en place en 2021 qui permettait aux plateformes (Gmail, Facebook Messenger, LinkedIn, Instagram et autres) de scanner automatiquement et sans mandat judiciaire l'ensemble des messages privés, photos et vidéos, dans l'espoir d'y détecter du matériel pédocriminel (CSAM, Child Sexual Abuse Material). Trois types de scan étaient en jeu : la comparaison d'images connues via une empreinte numérique (hash scanning), l'analyse d'images et vidéos inconnues, et l'analyse automatisée de textes.

    Cinq ans plus tard, le rapport d'évaluation 2025 de la Commission européenne elle-même dresse un constat sévère. Environ 99 % de tous les signalements transmis aux polices européennes proviennent d'un seul acteur : Meta. Les géants américains ont ainsi joué le rôle d'une police privée auxiliaire, sans contrôle européen effectif. Le BKA (Office fédéral de police criminelle allemand) rapporte que 48 % des contenus signalés sont sans intérêt pénal. Cette avalanche de faux positifs mobilise des ressources qui font défaut aux enquêtes ciblées. Environ 40 % des procédures engagées en Allemagne visent des adolescents qui ont partagé des images de manière irréfléchie, du sexting consenti entre mineurs. Enfin, depuis 2022, le nombre de signalements a chuté de 50 % à mesure que les plateformes basculent vers le chiffrement de bout en bout, rendant le modèle techniquement obsolète.

    Le clou du cercueil est scientifique. Une étude publiée le jour même du vote par des chercheurs en sécurité informatique analyse l'algorithme standard PhotoDNA, utilisé par les géants technologiques pour détecter les contenus illicites. Leur verdict : le logiciel est « peu fiable ». Les chercheurs démontrent que des criminels peuvent rendre des images illégales invisibles au scanner par de simples modifications (ajouter un simple cadre), tandis que des images anodines peuvent être manipulées pour déclencher de fausses alertes contre des citoyens innocents. La Commission reconnaissait elle-même des taux d'erreur compris entre 13 et 20 %. Sur l'ensemble des messages scannés, seuls 0,0000027 % contenaient du matériel réellement illégal.

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    La machine à lobbying derrière le texte

    Le feuilleton Chat Control est aussi une leçon de sociologie des institutions européennes. Les partisans du dispositif n'ont pas manqué d'arguments émotionnels : images d'ours en peluche, slogans sur les enfants sans protection, communiqués accusant les sociaux-démocrates de « laisser les enfants sans défense ». Mais les coulisses révèlent une réalité plus complexe.

    L'organisation américaine Thorn, qui vend précisément le type de logiciel de scan en question, dépense des centaines de milliers d'euros en lobbying à Bruxelles. La coalition ECLAG, présentée comme représentant la société civile, est financée par des entreprises technologiques. Palantir, le controversé géant américain de l'analyse de données, est également cité parmi les bénéficiaires potentiels d'un tel régime, bien qu'il n'ait rejoint le registre européen de transparence qu'en mars 2025, après des années de contrats avec Europol.

    Du côté des victimes elles-mêmes, la rhétorique pro-surveillance se fissure. La survivant Alexander Hanff écrit : « Nous priver de notre droit à la vie privée, c'est nous causer davantage de tort. » Une survivante bavaroise est actuellement en procès contre Meta pour préserver des espaces sûrs pour les victimes. Sur le plan parlementaire, le clivage a surpris plus d'un observateur. En France, 71 % des eurodéputés ont voté pour la prolongation du Chat Control. Jordan Bardella a voté pour l'extension, tout comme les élus Renaissance. Sarah Knafo, qui dénonçait pourtant en 2025 une « machine de surveillance de l'UERSS », s'est abstenue. Une alliance transpartisane entre macronie et Rassemblement national qui aura fait les délices des commentateurs politiques.

    Pas un vide juridique, mais un changement de paradigme

    Ses partisans agitaient le spectre du « vide juridique » : sans Chat Control, les enquêteurs seraient aveugles. L'argument ne tient pas à l'examen des faits. La surveillance ciblée des télécommunications sur la base d'un soupçon concret et d'une ordonnance judiciaire reste entièrement légale. Le scan routinier des posts publics et des fichiers hébergés demeure autorisé. Les signalements des utilisateurs restent pleinement opérationnels. Ce qui disparaît, c'est le droit de fouiller les communications privées de tous, sans soupçon préalable.

    Patrick Breyer, ancien eurodéputé du Parti Pirate et figure de proue de l'opposition au texte, résume la position des défenseurs des libertés numériques : « Essayer de protéger les enfants par la surveillance de masse, c'est comme essayer désespérément d'éponger le sol en laissant le robinet ouvert. Il faut fermer le robinet ! Cela signifie une vraie protection des enfants par un changement de paradigme : les fournisseurs doivent techniquement prévenir le cybergrooming dès la conception des applications. Les contenus illégaux sur internet doivent être activement traqués et supprimés directement à la source. » Le Parlement européen plaide ainsi pour une approche dite « Security by Design » : intégrer dès la conception des plateformes des mécanismes qui empêchent structurellement le cybergrooming, plutôt que de surveiller l'ensemble des communications après coup. Une logique qui fait l'unanimité parmi les spécialistes en sécurité informatique et les organisations de défense des droits civiques.

    La victoire, mais pas la fin de la guerre

    Le ton de la célébration est tempéré par une lucidité collective. Les négociations sur un règlement permanent de protection de l'enfance, le Chat Control 2.0, se poursuivent sous haute pression en trilogue entre le Parlement, le Conseil et la Commission. Les gouvernements membres y maintiennent leur exigence d'un scan « volontaire » et indiscriminé. Une adoption est attendue d'ici l'été 2026.

    Une autre mesure est sur la table : obliger les messageries et les app stores à vérifier l'identité des utilisateurs, via une pièce d'identité ou un scan facial. Cela marquerait la fin de la communication anonyme en ligne, avec tous les risques pour les lanceurs d'alerte, les journalistes et les personnes persécutées. La dynamique institutionnelle est également contraignante pour le camp de la vie privée. Le Parlement européen, rappelons-le, ne dispose pas de l'initiative législative : il ne peut que rejeter ou amender les textes proposés par la Commission. Tant que celle-ci continuera à proposer des versions renouvelées du dispositif, les défenseurs des libertés numériques devront gagner chaque bataille individuellement. La dérogation temporaire aura duré cinq ans ; rien n'interdit qu'une nouvelle version, adaptée aux critiques, revienne sur la table dans les prochains mois.

    Ce vote du 26 mars 2026 restera néanmoins dans les annales comme un moment où la démocratie représentative a fonctionné dans les règles : imparfaitement, laborieusement, à un vote près, mais elle a fonctionné. Pour les 450 millions de citoyens européens dont les messages privés seront désormais à nouveau couverts par le secret des correspondances, c'est une différence considérable.

    Source : Patrick Breyer

    Et vous ?

    Le modèle « Security by Design » est-il techniquement réaliste pour des plateformes comme WhatsApp ou Telegram ? Peut-on vraiment concevoir des applications qui préviennent structurellement le cybergrooming sans sacrifier le chiffrement ?

    La dépendance à 99 % des signalements envers Meta révèle une externalisation massive du travail policier à une entreprise privée américaine. Est-ce un problème de souveraineté européenne autant que de vie privée ?

    L'obligation de vérification d'âge pour les messageries, prochaine étape annoncée du trilogue, est-elle vraiment distincte de Chat Control sur le plan des risques pour l'anonymat en ligne ?

    Le fait que 71 % des eurodéputés français aient voté pour la prolongation révèle-t-il une culture institutionnelle particulière en France vis-à-vis de la surveillance numérique ?
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  14. #794
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    Bof, la commission passera outre et cela ne sera pas la première fois malheureusement

  15. #795
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    Mais pourquoi donc ne pas rapatrier les mails et les données en Europe, voire en France ? C'est pourtant simple.

  16. #796
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    Ils ont refait voter le texte déjà plusieurs fois.
    La beauté de l'UE c'est qu'ils referont encore voter le texte jusqu'à ce qu'il passe ...

  17. #797
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    Par défaut Des enfants se dessinent de fausses moustaches pour tromper la reconnaissance faciale des réseaux sociaux
    Des enfants se dessinent de fausses moustaches pour tromper la reconnaissance faciale des réseaux sociaux, et ça marche :
    un tiers des enfants britanniques contournent les vérifications d'âge en ligne

    Un rapport publié début mai 2026 par l'organisation Internet Matters révèle que près d'un tiers des enfants britanniques ont contourné les vérifications d'âge imposées par l'Online Safety Act en moins de deux mois. Parmi les techniques recensées : fausses dates de naissance, cartes d'identité empruntées, personnages de jeux vidéo soumis à la reconnaissance faciale et, fait devenu emblématique, des moustaches dessinées au crayon à sourcils. La loi censée protéger les mineurs en ligne résiste mal à l'ingéniosité de ceux qu'elle est supposée tenir à l'écart.

    L'anecdote a fait le tour du web anglophone en quelques heures. Une mère britannique raconte aux chercheurs d'Internet Matters avoir surpris son fils de 12 ans en train de se tracer une moustache au crayon à sourcils devant sa webcam. Objectif : tromper le système d'estimation d'âge facial d'une plateforme sociale. Résultat : le logiciel lui a attribué 15 ans. L'enfant a été validé. Il a pu accéder au service.

    Cette scène, aussi absurde qu'elle paraisse, est le symptôme le plus visible d'un échec systémique. Depuis juillet 2025, l'Online Safety Act (OSA) impose au Royaume-Uni à toutes les plateformes susceptibles d'être fréquentées par des mineurs — réseaux sociaux, sites pornographiques, services de messagerie, plateformes de jeux, de vérifier l'âge de leurs utilisateurs et de déployer des mesures de sécurité adaptées. C'était l'une des législations les plus ambitieuses en matière de protection des mineurs en ligne. Dix mois après son entrée en vigueur, la réalité du terrain la rattrape.

    Une arithmétique décourageante

    Le rapport d'Internet Matters, intitulé The Online Safety Act: Are Children Safer Online?, s'appuie sur l'interrogation de 1 270 enfants âgés de 9 à 16 ans et de leurs parents à travers tout le Royaume-Uni. Les chiffres qu'il dégage sont sans ambiguïté.

    46 % des enfants déclarent que les contrôles d'âge sont faciles à contourner, tandis que seulement 17 % les estiment difficiles à déjouer. Plus concrètement, près d'un enfant sur trois (32 %) admet avoir contourné des restrictions d'âge au cours des deux seuls derniers mois. Ce n'est pas une perception théorique : c'est une pratique documentée, partagée entre pairs, et de plus en plus sophistiquée.

    Les méthodes décrites par les enfants interrogés couvrent un spectre large. Parmi les techniques recensées : la saisie d'une fausse date de naissance, l'utilisation de la carte d'identité d'une autre personne, la soumission de vidéos de visages tiers, ou encore l'utilisation d'avatars de jeux vidéo pour tromper les outils de reconnaissance faciale. Les VPN, souvent présentés comme l'outil de contournement par excellence, jouent en réalité un rôle marginal : seulement 7 % des enfants disent y avoir recours pour contourner les restrictions, ce qui suggère que les tactiques simples et peu coûteuses restent largement préférées.

    La moustache dessinée, dans ce contexte, n'est pas une exception folklorique. Elle est la métaphore d'un problème de fond : des systèmes de contrôle d'âge déployés à la hâte, insuffisamment robustes, qui n'opposent à une génération élevée avec le numérique qu'une résistance symbolique.

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    Quand les parents deviennent complices

    Le rapport révèle une donnée que les législateurs auront du mal à ignorer : le contournement des contrôles d'âge n'est pas toujours une initiative solitaire des enfants. Environ 26 % des parents déclarent avoir autorisé leur enfant à contourner des contrôles d'âge, et 17 % admettent les avoir activement aidés à le faire.

    Les motivations invoquées sont pragmatiques. Une mère interrogée explique avoir aidé son fils de 13 ans à accéder à un jeu vidéo : elle connaissait le jeu, elle jugeait son contenu approprié, et elle s'est estimée mieux placée que l'algorithme pour prendre cette décision. Internet Matters note que dans ces situations, les parents décrivent des scénarios dans lesquels ils estimaient comprendre les risques et, en fonction de leur connaissance de leur enfant, étaient confiants que l'activité était sans danger.

    Ce raisonnement, individuellement compréhensible, est collectivement destructeur pour toute architecture de protection à l'échelle d'une plateforme. Si les règles varient d'un foyer à l'autre, les protections au niveau de la plateforme perdent leur cohérence. Pire encore, elles génèrent une inégalité entre enfants dont les parents sont plus ou moins vigilants, plus ou moins à l'aise avec les technologies, plus ou moins confiants envers les institutions.

    Les données suggèrent cependant que la communication joue un rôle protecteur : les enfants qui discutent régulièrement de leur activité en ligne avec leurs parents sont moins susceptibles de contourner les restrictions que ceux qui ne le font pas. La législation ne peut pas substituer au dialogue familial ce que le dialogue familial seul peut accomplir.

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    Des signaux positifs noyés dans les chiffres d'échec

    Le rapport d'Internet Matters n'est pas entièrement à charge. Il reconnaît que l'Online Safety Act commence à produire des effets visibles. Environ 68 % des parents et des enfants disent avoir remarqué de nouvelles mesures de sécurité sur les plateformes qu'ils utilisent, notamment de meilleurs outils de signalement, des avertissements sur les contenus, et des restrictions sur des fonctionnalités comme le livestreaming.

    Mais ces progrès paraissent bien minces au regard de l'exposition aux contenus préjudiciables qui persiste. Près de la moitié des enfants interrogés (49 %) déclarent avoir été exposés à des contenus nuisibles en ligne au cours du dernier mois, incluant des contenus violents (12 %), des contenus promouvant des corps irréalistes (11 %), et des contenus racistes, homophobes ou sexistes (10 %); autant de contenus pourtant explicitement interdits par les codes de sécurité enfants de la loi.

    Le rapport mentionne également que des enfants participant à des groupes de discussion ont décrit avoir vu sur leurs réseaux sociaux des vidéos de l'assassinat de l'activiste politique Charlie Kirk. Une fillette de 14 ans raconte avoir fondu en larmes en tombant sur la vidéo sur Snapchat, avant d'en informer sa mère immédiatement. Ces témoignages illustrent le fossé entre les intentions législatives et ce que les algorithmes de recommandation continuent de déverser dans les fils d'actualité des mineurs.

    Les limites structurelles de la vérification d'âge par biométrie faciale

    L'affaire de la moustache dessinée soulève une question technique sérieuse : qu'est-ce que l'estimation d'âge par analyse faciale est réellement capable de faire ? Les systèmes actuellement déployés par les plateformes sont, pour la grande majorité, des modèles d'estimation probabiliste. Ils ne vérifient pas une identité : ils estiment une tranche d'âge à partir de caractéristiques morphologiques capturées en temps réel. Cette approche est à la fois moins intrusive (pas de transmission de document d'identité) et beaucoup plus fragile.

    Un enfant de 12 ans avec une moustache dessinée peut être classifié comme adolescent de 15 ans. Un enfant avec un maquillage adulte peut franchir une barrière d'âge 18+. À l'inverse, on rapporte le cas notoire de l'homme le plus tatoué de Grande-Bretagne, dont le système de vérification d'âge ne parvenait pas à traiter le visage, le confondant avec un masque. Ces anecdotes, comiques en surface, révèlent les limites profondes d'une technologie utilisée à des fins réglementaires sans que son taux d'erreur ait été rendu public ni soumis à une évaluation indépendante.

    Les alternatives plus robustes (vérification par document d'identité, croisement avec une base de données gouvernementale, authentification via un tiers de confiance) soulèvent quant à elles des questions sérieuses de confidentialité des données et de surveillance. L'Ofcom, le régulateur britannique des communications, se retrouve pris en étau entre l'impératif de protection des mineurs et celui de la vie privée des adultes qui n'ont aucune raison de devoir prouver leur âge pour naviguer sur Internet.

    La réponse institutionnelle : entre promesses et impatience

    Face aux résultats du rapport, l'Ofcom a réaffirmé sa position. Un porte-parole a déclaré que ce rapport soulignait l'importance de l'Online Safety Act, et que des contrôles d'âge faibles ou facilement contournables n'étaient pas acceptables. Le régulateur a rappelé que ses règles rendent les entreprises technologiques responsables de la sécurité des plateformes que fréquentent les enfants, et qu'il n'hésiterait pas à agir lorsqu'elles n'en font pas assez.

    La directrice générale d'Internet Matters, Rachel Huggins, formule une critique plus structurelle : il ne suffit pas d'ajouter des mesures de protection en réponse aux dommages constatés. Elle appelle à ce que la sécurité soit intégrée dans les plateformes dès leur conception, et à ce que les niveaux d'accès soient déterminés par le niveau de risque que présente la plateforme. C'est l'approche dite de safety by design, qui suppose un changement de paradigme radical pour des plateformes dont le modèle économique repose précisément sur la maximisation de l'audience, toutes tranches d'âge confondues.

    Le gouvernement britannique a parallèlement lancé une consultation sur des pistes plus radicales, allant des restrictions de conception jusqu'à l'interdiction totale des réseaux sociaux pour les mineurs. Une trajectoire que plusieurs pays, Australie en tête, ont déjà empruntée, non sans susciter des débats intenses sur l'efficacité réelle de telles mesures et leur compatibilité avec les droits fondamentaux.

    Une loi contre le réel

    L'Online Safety Act britannique est emblématique d'une tension que toutes les démocraties occidentales affrontent : comment légiférer sur un espace dont la plasticité technique excède structurellement la capacité d'adaptation du droit ? Les enfants ne font pas de veille réglementaire. Ils partagent des astuces entre eux, sur les mêmes plateformes que les législateurs cherchent à réguler, à une vitesse que les cycles législatifs ne peuvent pas suivre.

    Un crayon à sourcils suffit à défaire des mois de lobbying, de consultation, de rédaction réglementaire et de déploiement technique. Ce n'est pas une blague. C'est une leçon d'humilité technologique que les architectes de la régulation numérique auraient intérêt à méditer.

    Source : rapport

    Et vous ?

    La vérification d'âge par estimation faciale est-elle une technologie crédible à des fins réglementaires, ou n'est-elle qu'une réponse de façade permettant aux plateformes de se dédouaner à peu de frais ?

    Faut-il imposer des standards techniques minimaux de robustesse aux systèmes de contrôle d'âge, soumis à audit indépendant, avant toute autorisation de déploiement ?

    Le fait que 17 % des parents aident activement leurs enfants à contourner ces contrôles remet-il fondamentalement en question l'approche législative, qui suppose un alignement entre l'intérêt parental et l'intérêt de l'enfant ?

    La vraie solution passe-t-elle par l'identité numérique souveraine, un identifiant numérique d'État utilisable pour l'accès à des services sensibles, et à quel prix en termes de vie privée ?

    Voir aussi :

    KOSA : les internautes britanniques doivent désormais prouver leur âge pour accéder à du contenu pornographique en ligne. Mais les critiques évoquent des risques de fuites de données sensibles

    Après la France, le Royaume-Uni : les téléchargements de VPN explosent au UK avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles imposant la vérification de l'âge aux internautes accédant à certains contenus
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  18. #798
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    Comme toujours, on légifère à tort & à travers & on s'étonne que la loi soit inapplicable.
    Et à force de pondre de nouvelles lois, on finit par avoir des textes qui se chevauchent, se contredisent...
    En fait, il serait plus simple de considérer que les gens sont adultes & n'ont pas besoin d'être protégés de tout. Ni qu'on protège leurs gamins.
    Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
    « Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finira par perdre les deux. »
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  19. #799
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    Citation Envoyé par ALT
    Mais ça, en France, c'est hélas de la science-fiction.
    Citation Envoyé par Stéphane le calme
    un tiers des enfants britanniques contournent les vérifications d'âge en ligne
    L'article parle du Royaume Uni, pas de la France.

    Même si, c'est clair que l'on est pas meilleur qu'eux en terme de législation punitive, inutile et absurde.

  20. #800
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    Oui, j'avais vu que c'était pas d'chez nous !
    Mais on en parle de plus en plus souvent aussi. D'où mon parallèle entre les deux situations.
    Et nul doute que les jeunes Français trouveraient des moyens identiques.
    « Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l'une, ni l'autre, et finira par perdre les deux. »
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