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Écologie Discussion :

Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ?

  1. #101
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    Citation Envoyé par Jon Shannow Voir le message
    chercher de l'argent auprès d'investisseurs gogos
    Amazon et Alphabet sont blindés, ils n'ont pas besoin d'attirer des investisseurs.
    Et si ils savent que le plan est irréalisable pourquoi gaspiller des dizaines de milliards de dollar dans ce projet ?
    Si il n'y a pas de résultat, le bilan de l'opération sera négatif.
    Des satellites vont être conçus, construits et envoyés en orbite, ça va coûter énormément d'argent et si ça fini par un échec ça aura des conséquences sur l'image de l'entreprise.

    Personne ne croient en cette histoire de centre de données dans l'espace. Ça ne va pas attirer d'investisseurs.
    Alors que si ils avaient dit "on va construire des petits réacteurs nucléaire pour nos centre de données sur terre" là ça aurait attiré l'investissement.

    IA générative : Après Google, Amazon va se doter de mini-réacteurs nucléaires pour ses data centers
    La firme de Seattle a signé trois accords avec des sociétés d’énergie pour assurer une grande partie de ses besoins en électricité. Elle prévoit également d’investir dans l’une d’entre elles. En début de semaine, Google a aussi annoncé commander des mini-réacteurs nucléaires pour ses data centers et ses bureaux aux États-Unis.
    Les investisseurs savent que c'est fiable, que ça ne pollue pas, et que ça produit de l'énergie bon marché.

  2. #102
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Tout ce que j'ai dis c'est que si Jeff Bezos et Sundar Pichai (CEO de Google) y croient, ça veut dire que des ingénieurs ont fait les études nécessaires.
    J'ai comme un doute, ça ressemble plus à de la com pour récupérer des investisseurs, convertir un board ou vendre un produit qu'autre chose

    Ils sont bien conscient de la longue liste des défis techniques qui semblent insurmontables.
    Le seul truc dont ils sont conscients c'est du cours de l'action de leur entreprise.

    C'est impossible qu'ils se mettent à investir et communiquer sur un projet sans avoir réalisé des études au préalable, ou en sachant qu'il est irréalisable. Ça n'aurait que des conséquences négatives.
    Le souci c'est que pour l'instant on n'a même pas de preuve d'études, juste des discours commerciaux.

    Quant aux problèmes que pourrait avoir un datacenter en dehors de l'atmosphère terrestre, on en a déjà parlé, sur ce que ça va faire au matériel, ce que ça impliquerait pour sa "protection" et sa maintenance...

    Mais bravo aux communicants des GAFAMs, on n'a pas encore reposé le pied sur la Lune qu'ils parlent d'y implanter des datacenter...

  3. #103
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Tout ce que j'ai dis c'est que si Jeff Bezos et Sundar Pichai (CEO de Google) y croient, ça veut dire que des ingénieurs ont fait les études nécessaires.
    Ils sont bien conscient de la longue liste des défis techniques qui semblent insurmontables.

    C'est impossible qu'ils se mettent à investir et communiquer sur un projet sans avoir réalisé des études au préalable, ou en sachant qu'il est irréalisable.[/url]

    Pas forcément, il font juste ça pour appâter des pigeons à plumer.
    C'est exactement ce que Musk avait fait avec Hyperloop. Polytechnique Lausanne avait financé une étude (bien avant sur un autre projet similaire) pour conclure que le projet ne tenait pas la route. Des anciens ingé du rail SNCF avaient détaillé en quoi c'était infaisable. L'académie des technologies idem et avait même conclu que pour eux, il s'agissait sans doute d'un distracteur technologique, dans le but d'attirer des fonds pour acquérir gratuitement des technologies servant à d'autres projets (ex spaceX). La suite leur a donné exactement raison.

    Malgré tout ce beau panel d'experts, il s'est trouvé des pigeons à plumer : ex
    "La région Nouvelle-Aquitaine, à travers le fonds européen Feder, vient d'accorder 2 millions d'euros "
    " La première levée de fonds, datant de février 2015, s'élevait à 11,1 millions de dollars."
    "SNCF a décidé d'investir dans Hyperloop Technologies: les chemins de fer français ont participé au deuxième tour de table de cette start-up californienne. Cette levée de fonds, d'un total de 80 millions de dollars," [c'est incroyable, ces débiles n'écoutent même pas leurs propres ingés ]
    "En janvier 2017, la Région Occitanie a décidé de s’associer au projet, et d’investir 1 million d’euros."
    "Après la Haute-Vienne, le projet Hyperloop intéresse la région Auvergne-Rhône-Alpes"
    ...

    Musk sait que le monde est plein d'idiots (quoique, entre l'idiotie et la corruption, on se demande quelle est leur meilleure excuse).
    Entre les fonds et les régions qui ne sont même pas capables de lire les rapports publics payés par nos impôts...

  4. #104
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    Citation Envoyé par Fagus Voir le message
    Pas forcément, il font juste ça pour appâter des pigeons à plumer.
    Je ne crois pas du tout en cette théorie.
    Pourquoi Google et Microsoft feraient ça ?

    C'est déjà l'euphorie avec l'IA, les plus gros investissements de l'histoire sont déjà là.
    Dire "nous allons construire des centre de données sur terre" attire beaucoup plus les investisseurs que "nous allons construire des centre de données dans l'espace".
    Parce que les investisseurs vont se dire :
    - ça va être compliqué à refroidir
    - ça va être compliqué à alimenter (des km² de panneaux solaires + des grosses batteries)
    - ça va être compliqué de gérer les radiations
    - ça va être compliqué de gérer les variations de température (cycle jour/nuit)
    - la maintenance sera quasiment impossible
    - l’espérance de vie d'un satellite est très limité
    - il y a un risque de collision
    Et ça qu'en surface, ce que le gars qui n'y connaît rien se dit. Si des investisseurs creusent le sujet ils trouveront d'autres problèmes.

    Réaliser des levés de fonds et finir par un échec, c'est beaucoup plus négatif que positif.
    Ça ne peut pas être un objectif.

    Bon ça tourne en rond, continuez de croire que les CEO de Google et d'Amazon savent qu'ils vont dépenser des milliards dans les centres de données dans l'espace tout en sachant qu'ils n'y arriveront pas. (et qu'au final l’expérience sera quand même bénéfique pour leurs entreprises)
    Et je vais continuer de croire que les CEO de Google et Microsoft pensent qu'ils peuvent y arriver et que si ils n'y arrivent pas ils vont avoir l'air con.

    En quoi finir comme ça peut être positif :
    Ahah Jeff Bezos et Sundar Pichai pensaient pouvoir faire un truc et en fait non.

  5. #105
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Je ne crois pas du tout en cette théorie.
    Pourquoi Google et Microsoft feraient ça ?
    .. si ils n'y arrivent pas ils vont avoir l'air con.
    Ce sont plutôt les investisseurs plumés qui ont l'air fin comme je le soulignais plus haut à propos du contribuable français et hyperloop... Pour rester sur cet exemple , Musk et toujours là et ses affaires aussi. Hyperloop aura peut être permis de faire de la recherche en électronique et sur le vide utile à ses autres sociétés.

    Pour l'espace, au doigt mouillé, ils peuvent très bien lancer un projet bidon, capter des fonds, les investir en recherche appliquée à l'espace (électronique durcie..) et ensuite s'en servir pour un autre projet (satellite dual militaire-civil comme starlink par ex), ou juste quelque chose qu'ils ajouteront à leurs serveurs terrestres..

  6. #106
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    Amazon et Alphabet sont blindés, ils n'ont pas besoin d'attirer des investisseurs.
    Et si ils savent que le plan est irréalisable pourquoi gaspiller des dizaines de milliards de dollar dans ce projet ?
    Si il n'y a pas de résultat, le bilan de l'opération sera négatif.
    C'est justement parce qu'ils sont blindés qu'ils se permettent d'expérimenter des choses dont la viabilité à l'échelle est douteuse. Parce que même si ça echouera probablement, ça ne les mettra pas en difficultés pour autant.
    Pour le moment on en est a réfléchir à envoyer des démonstrateurs en orbite. Même si c'est hors de porté de la plupart des boites, ça passe quasi inaperçu dans les budget R&D de boites si énorme. Si ça ne marche pas ça sera juste une opération de R&D sans suite comme tant d'autres. Par contre le jour ou il sera question de remplacer en masse les data center terrestres et que ça aura un vrai impact sur les viabilité économique des entreprises, je prédis qu'il seront beaucoup moins chaud.

    On voit bien que les responsables de AWS n'y croient pas vraiment, c'est surtout Jeff Bezos qui y voit une opportunité pour Blue Origin. Et quand on bosse dans la technologie avoir un pied dans le spatial est même plutôt bon pour l'image.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Des satellites vont être conçus, construits et envoyés en orbite, ça va coûter énormément d'argent et si ça fini par un échec ça aura des conséquences sur l'image de l'entreprise
    Des démonstrateurs vont être envoyé et a moins d'un miracle, on en restera là. Ça coûtera cher, mais pas tant que ça, pour de grosse sociétés, tant qu'on reste dans l'expérimental.
    C'est vraiment a voir comme l'expérience du data-center immergé de Microsoft. Tout le monde disait que c'était une mauvaise idée, mais Microsoft a quand même fait un démonstrateur. Il en a conclu que c'était une "expérience enrichissante", mais qu'il n'allaient pas donner suite a l'idée.

  7. #107
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    Citation Envoyé par Uther Voir le message
    Des démonstrateurs vont être envoyé et a moins d'un miracle, on en restera là.
    Bon ben voilà !
    Donc il n'y a aucune raison de s'inquiéter vu que si ça se trouve dans 2 ans les entreprises vont dire "on a essayé à petite échelle, ce n'est pas économiquement viable, donc on arrête".

    Personne ne va se dire "Je crois au projet Suncatcher de Google, donc je vais acheter des actions Alphabet".

    En revanche :
    Google alimentera son IA avec l’AMR de Kairos : accord inédit avec la TVA
    La Tennessee Valley Authority (TVA) et le concepteur de réacteur Kairos Power ont conclu un accord d’achat d’électricité inédit. Le réseau de la TVA, qui alimente en particulier des centres de données de Google dans le Tennessee et l’Alabama. Il s’agit du premier accord de ce type signé par une compagnie d’électricité américaine pour acheter de l’électricité issue d’un réacteur avancé de quatrième génération. Il s’agit du premier déploiement dans le cadre de l’accord conclu en 2024 entre Kairos Power et Google visant à permettre la mise en service de 500 MW de nouvelle capacité nucléaire avancée d’ici 2035, afin d’assurer à une Google une source d’approvisionnement sûre et décarbonée.
    Là il y a des histoires d'énergie sûre et décarbonée donc les investisseurs qui se préoccupent de l'environnement vont vouloir soutenir cette initiative.
    C'était soit Charbon + Pétrole soit nucléaire. Le nucléaire c'est mieux (au niveau CO2 et tout ça)

  8. #108
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    Par défaut SpaceX veut lancer un million de satellites pour les centres de données d'IA
    SpaceX d'Elon Musk veut lancer un million de satellites pour les centres de données IA. Voici comment cela pourrait affecter l'atmosphère et le ciel nocturne :
    l'encombrement orbital est un désastre en attente

    La constellation Starlink d'Elon Musk se développe à une vitesse fulgurante. SpaceX vient de recevoir l'autorisation pour lancer 7 500 satellites Starlink supplémentaires, portant le nombre total de satellites Gen2 autorisés à 15 000, y compris ceux déjà approuvés. À terme, Elon Musk envisage de créer une mégaconstellation d'un million de satellites pour offrir une connexion Internet à haut débit et à faible latence à l'échelle mondiale. Le réseau Starlink devrait également servir comme un centre de données orbital géant pour l'IA. Cependant, les experts de l'espace lointain mettent en garde : les conséquences seraient lourdes pour l'environnement et l'astronomie.

    Pour rappel, Starlink est une constellation de satellites Internet exploitée par Starlink Services, LLC, un fournisseur international de services de télécommunication qui est une filiale à 100 % de la société aérospatiale américaine SpaceX. Lancé en 2019, Starlink couvre désormais environ 150 pays et territoires. Le réseau vise à fournir un service mobile à haut débit à l'échelle mondiale. Starlink a joué un rôle déterminant dans la croissance de SpaceX.

    À l'heure actuelle, environ 16 000 satellites sont en orbite autour de la Terre, dont 14 000 sont actifs. SpaceX est responsable de plus de 8 000 d'entre eux. Ce nombre change chaque semaine, car la société de fusées dirigée par Elon Musk désorbite des satellites défectueux ou en fin de vie, qui se consument dans notre atmosphère, et en envoie de nouveaux . En moyenne, l'entreprise lance plus de deux douzaines de satellites deux fois par semaine.

    En juillet 2025, Starlink affirmait avoir plus de six millions de clients. À terme, SpaceX vise à atteindre la taille critique d'un million de satellites afin de transformer le réseau en un gigantesque centre de données orbital pour les charges de travail de l'IA. Mais la faisabilité technique du projet est non seulement remise en cause, mais les experts affirment également qu'il représente un grand danger pour l'atmosphère, l'environnement et l'astronomie.

    Starlink d'Elon Musk menace de saturer l'orbite terrestre basse

    Elon Musk estime que l'espace est la clé de voûte énergétique du progrès de l'IA : une source quasi illimitée et à bas coût pour soutenir sa croissance. Selon lui, l'espace deviendra bientôt l'endroit le moins cher pour déployer l'IA. Il a prédit que d'ici à 2031, la capacité de calcul ajoutée chaque année dans l’espace dépassera le total cumulé sur Terre, bousculant ainsi le marché des centres de données terrestres, estimé à 1 000 milliards de dollars.


    À moyen terme, les responsables de SpaceX ont déclaré qu'ils aimeraient voir plus de 40 000 satellites Starlink en orbite. Ces satellites fournissent une connexion Internet à toutes les régions du monde, même les plus reculées. Elon Musk a initialement lancé le réseau Starlink pour couvrir les zones reculées ou mal desservir par les FAI traditionnels, mais également pour gagner de l'argent et financer son projet visant à coloniser la planète Mars.

    Cependant, cela représente beaucoup d'objets dans l'espace, sans compter les plus de 140 millions de débris spatiaux dont la taille varie entre 1 millimètre et 10 centimètres. Tous ces objets constituent une menace pour les astronautes qui s'aventurent dans l'espace, ainsi que pour les satellites dont nous dépendons pour des programmes utiles comme le GPS. C'est pourquoi l'ajout d'un million de satellites supplémentaires en orbite est ahurissant.

    « Cela dépasse largement ce cadre. Et selon presque tous les critères auxquels nous pouvons penser, c'est tout simplement une mauvaise idée en matière d'utilisation et d'accès à long terme à l'espace », a déclaré Aaron Boley, codirecteur de l'Outer Space Institute et professeur au département de physique et d'astronomie de l'Université de Colombie-Britannique. Les astronomes sont très inquiets quant au maintien d'un environnement orbital sain.

    Elon Musk introduit une nouvelle menace pour notre atmosphère

    Les progrès de SpaceX ont fait baisser les coûts de lancement de fusées. Mais le rythme croissant des lancements de fusées introduit une nouvelle menace critique pour notre atmosphère. De plus en plus de preuves suggèrent que les lancements de fusées affectent notre atmosphère en déposant du carbone noir ou de la suie dans l'air, ce qui crée un effet de réchauffement potentiel qui pourrait accroître les menaces pesant sur notre couche d'ozone.

    Mettre un million de satellites Starlink en orbite nécessiterait environ 20 000 lancements de la fusée Starship, et leur maintenance pourrait exiger jusqu'à dix lancements par jour, indéfiniment. Selon les experts, les conséquences seraient lourdes. Eloise Marais, professeure de chimie atmosphérique et de qualité de l'air à l'University College London, travaille sur le suivi des émissions provenant des lancements de fusées et des rentrées atmosphériques.

    Eloise Marais s'inquiète du fait que nous ne discutons pas des impacts potentiels de ces milliers de lancements. « Et quelles sont les implications supplémentaires de cela ? », a-t-elle demandé. « Car c'est vraiment un mélange de ces polluants qui a un impact sur l'atmosphère ». La principale différence entre ces polluants et ceux créés par les humains au niveau du sol réside dans le fait que les lancements les déposent directement dans l'atmosphère.

    Des études récentes ont montré que lorsque les satellites arrivent en fin de vie et se consument lors de leur rentrée dans l'atmosphère, ils laissent derrière eux des métaux tels que l'aluminium et le lithium. Les conséquences de ce phénomène ne sont pas encore connues. Mais c'est ce qui inquiète les scientifiques.

    Un obstacle potentiel l'astronomie et les missions spatiales futures

    Les satellites menacent notre perception de l'espace. Nous savons déjà qu'ils affectent les observatoires professionnels, tant sur le plan optique qu'en termes de rayonnement électromagnétique qu'ils émettent. Cela crée du bruit qui peut interférer avec les observatoires qui dépendent des fréquences radio. La demande déposée par SpaceX auprès de la FCC indique que les satellites seront placés à une altitude comprise entre 500 et 5 000 km.

    Cela affecterait les observatoires terrestres et les observatoires spatiaux comme Hubble. Pour les observateurs amateurs et occasionnels, cela signifie des lumières qui traversent continuellement le ciel nocturne. Levez les yeux n'importe quelle nuit et vous verrez forcément un satellite passer à un moment donné, même en ville. Dans les endroits où le ciel est sombre, c'est encore pire, avec des dizaines de satellites visibles chaque nuit.

    Cette perte du ciel nocturne, qui guide l'humanité depuis la nuit des temps et influence la culture, la religion et la science, serait incommensurable. Selon les experts, il y a beaucoup d'inconnues, car SpaceX n'avait pas fourni assez d'informations techniques dans son dossier déposé auprès de la FCC.

    SpaceX a tenté de collaborer avec l'Union astronomique internationale (IAU) et son Centre pour la protection du ciel sombre et tranquille afin d'atténuer la luminosité de ses satellites, mais sa proposition de lancer un million de satellites a choqué les astronomes. Selon un rapport publié en septembre 2024, les satellites Starlink de deuxième génération (Gen2) émettent 30 fois plus d'interférences radio que ceux de la génération précédente.

    Les mégaconstellations concurrentes se développent rapidement

    SpaceX a déclaré qu'il minimiserait « tout impact atmosphérique résultant de la désorbitation d'un grand nombre d'engins spatiaux ». Aucun détail supplémentaire n'est donné, mais la société indique qu'elle déplacera certains des centres de données vers une orbite héliocentrique (autour du soleil). Selon les experts, si chacun des millions de satellites de SpaceX était désorbité, cela signifierait une rentrée atmosphérique toutes les trois minutes.


    SpaceX n'est pas la seule entreprise à se lancer la création d'un réseau satellitaire. De nouveaux acteurs tels que Kuiper de Jeff Bezos ont commencé leur déploiement. Jonathan McDowell, astrophysicien et analyste en durabilité spatiale qui suit tous les lancements dans le monde, estime que les propositions des entreprises et des pays (y compris les deux grands projets de mégaconstellations chinois) représentent 1,7 million de satellites.

    Il est probable que bon nombre de ces propositions ne se concrétiseront pas, mais les scientifiques affirment que même la moitié de ce nombre représenterait déjà beaucoup d'objets en orbite. Et cela aurait des conséquences pour tout le monde, en particulier pour les futures missions spatiales et l'observation du ciel nocturne. Les experts expliquent également qu'une telle densité de satellites rendrait la gestion du trafic spatial encore plus complexe.

    Une seule collision peut déclencher le syndrome de Kessler : les débris générés percutent d'autres satellites, créant une réaction en chaîne catastrophique. Multiplier les satellites par plusieurs milliers aggraverait ce risque de façon dramatique. L'arrivée de nouvelles constellations rend le défi encore plus complexe.

    Conclusion

    Le ciel nocturne est un bien commun, une ressource naturelle à préserver. Mais la course effrénée à l'IA et au contrôle de l'espace menace la durabilité de l'environnement spatial. SpaceX n'est pas le seul à envahir le ciel. La Chine prévoit de lancer jusqu'à 200 000 satellites pour son propre réseau. D'autres pays et entreprises suivront sans doute le mouvement ; Amazon et Blue Origin de Jeff Bezos prévoient déjà de lancer chacun des milliers de satellites.

    Plus inquiétante encore, une entreprise appelée Reflect Orbital souhaite lancer des milliers de miroirs spatiaux géants en orbite afin de « fournir de la lumière solaire à la demande » partout sur Terre. « Ces miroirs sont une idée vraiment terrible », affirme Phil Plait, astronome professionnel et vulgarisateur scientifique.

    Selon lui, les faisceaux seraient bien plus lumineux que la pleine lune et, même s'ils étaient soigneusement orientés, ils se disperseraient dans l'atmosphère pour être très brillants hors faisceau, perturbant la faune et détruisant efficacement la beauté naturelle restante du ciel en effaçant les étoiles de notre vue. Alors que la course à l'espace s'intensifie, les scientifiques appellent les régulateurs à freiner cette exploitation incontrôlée de l'espace.

    Source : commentaires sur le projet de SpaceX

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Quelle est votre avis sur la nouvelle course à l’espace qui associe les États et les entreprises privées ?
    Que pensez-vous du projet de SpaceX d'Elon Musk de déployer un million de satellites en orbite basse pour l'IA ?
    L'humanité peut-elle développer les technologies de l'espace, tout en préservant l'environnement spatial et le ciel nocturne ?

    Voir aussi

    SpaceX a reçu l'autorisation US pour lancer 7 500 satellites Starlink de deuxième génération supplémentaires, portant le nombre total de satellites Gen2 autorisés à 15 000, y compris ceux déjà approuvés

    « D'ici à 2031, la capacité de calcul IA ajoutée chaque année dans l'espace dépassera le total cumulé sur Terre », affirme Elon Musk, mais ce calendrier est jugé irréaliste et l'idée suscite le scepticisme

    Elon Musk contrôle désormais les deux tiers des satellites avec le lancement du 10 000e Starlink par la dernière fusée Falcon 9, l'homme le plus riche sur Terre est également le plus puissant dans l'espace

  9. #109
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Et vous ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Il devrait ralentir le chichon.

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Quel est votre avis sur la nouvelle course à l’espace qui associe les États et les entreprises privées ?
    Une histoire de fous furieux complètement hystériques et malheureusement incontrôlables...

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Que pensez-vous du projet de SpaceX d'Elon Musk de déployer un million de satellites en orbite basse pour l'IA ?
    Un projet de fous furieux complètement hystériques et malheureusement incontrôlables...

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    L'humanité peut-elle développer les technologies de l'espace, tout en préservant l'environnement spatial et le ciel nocturne ?
    Bien sûr que non !

    On est mal barrés, très mal barrés...

  10. #110
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Il faudrait que plein de Nations s'allient et attaquent la FCC, elle ne devrait pas autoriser les entreprises US à mettre autant de satellites en orbite.

    Commission fédérale des communications
    La Commission fédérale des communications ou FCC (Federal Communications Commission) est présentée comme une agence indépendante du gouvernement des États-Unis, créée par le Congrès américain en 1934 pour réglementer les télécommunications, puis les contenus des émissions de radio, télévision et Internet.
    Ce n'est pas aux États-Unis de décider.
    Pourquoi on tolérerait que des entreprises comme Amazon envoient des milliers de satellites ?

    Février 2026 :
    FCC approves thousands more Amazon Leo satellites as Gen 1 deadline looms
    The U.S. Federal Communications Commission authorized Amazon to deploy and operate 3,212 Gen 2 satellites between 590 kilometers and 630 kilometers above Earth, alongside 1,292 Polar spacecraft between 600 kilometers and 650 kilometers.
    Amazon aimerait bien que la FCC rejette le projet de SpaceX.
    Amazon tells FCC to bin SpaceX's million-satellite datacenter dream
    Amazon wants US regulators to reject a SpaceX application for permission to launch a fleet of orbital datacenter satellites, criticizing it as incomplete, speculative, and unrealistic.

  11. #111
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    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Je suis obligé de répondre ?
    Quelle est votre avis sur la nouvelle course à l’espace qui associe les États et les entreprises privées ?
    Moi je poserais la question autrement :
    Quelle est votre avis sur la nouvelle course à l’espace qui associe les États Unis et les entreprises privées des Etats Unis ?

    Que pensez-vous du projet de SpaceX d'Elon Musk de déployer un million de satellites en orbite basse pour l'IA ?
    Humm, je réfléchi encore...
    1 million, vous dites ?
    Ça risque de faire juste pour supporter à l'étendue de la bêtise de ce projet et surtout celle de son narcissique-mégalo-techno-solutionniste.

    Considérant :
    • la pollution lumineuse massive qui fera disparaître le ciel nocturne ;
    • la pollution atmosphérique qui encrasse déjà sans cela de suies noires la stratosphère ;
    • que la désintégration des satellites HS dégrade la couche d'ozone ;
    • que le moindre minuscule débris spatial à vitesse orbitale peut détruire un satellite (donc s'il y en a 1 million, ce n sont plus des gouttes d'eau que l'on va recevoir);
    • que la fiabilité technique sera de remise en question car aucune possibilité de maintenance ;
    • le monopole orbital où les US s’accapareront le ciel comme si ce dernier leur appartenait...,

    ben, je réfléchi encore mais même si j'ai une réponse, euh,...

    L'humanité peut-elle développer les technologies de l'espace, tout en préservant l'environnement spatial et le ciel nocturne ?
    Ben oui voyons !!! => comme elle a su et sait encore le faire sur Terre avec le pétrole et les pesticides... Quelle question !
    Ce qui donne son sens à la communication, c´est la réponse que l´on obtient. Si vous n´obtenez pas la réponse voulue, communiquez différemment.

    Ils comptent sur vous...
    Eux aussi...
    Web Site
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  12. #112
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    Par défaut « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA », selon les experts
    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

    Les milliardaires de la technologie rêvent de transférer les centres de données IA en orbite pour pallier les limites énergétiques terrestres. Les experts dénoncent une idée irréaliste, pointant du doigt des défis techniques insurmontables tels que le refroidissement thermique extrême et la protection contre les débris spatiaux. La masse colossale de ces structures dépasserait de loin les capacités de lancement historiques actuelles. De plus, les particules ionisantes présentes dans l'espace risqueraient de corrompre gravement les calculs, provoquant des erreurs informatiques majeures. Selon un ancien ingénieur de la NASA, il s'agit d'une idée catastrophique.

    La demande sans cesse croissante en puissance de calcul, ou « compute », nécessaire pour faire fonctionner les grands modèles de langage (LLM) pousse les géants de la technologie à investir des centaines de milliards de dollars dans de gigantesques centres de données. Cependant, leurs projets d'expansion se transforment en cauchemar face au vieillissement du réseau électrique terrestre et à la résistance croissante des communautés locales.

    Pour contourner ces limites terrestres, des entreprises, comme SpaceX d'Elon Musk et la startup Starcloud, envisagent de délocaliser ces infrastructures dans l'espace afin d'y exploiter l'énergie solaire en continu. Mais les experts dénoncent un projet trop ambitieux et déconnecté de la réalité technique. « C'est une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », selon un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA.

    Selon les milliardaires tels qu'Elon Musk et Jeff Bezos, c'est la solution aux opérations gourmandes en énergie. Cette idée émerge alors que les entreprises de fusées Blue Origin de Jeff Bezos et SpaceX d'Elon Musk s'efforcent depuis des années de rendre les voyages spatiaux moins coûteux et plus courants.

    Pourquoi les centres de données spatiaux restent « un mirage »

    Cette idée emballe de nombreux milliardaires, mais les spécialistes ramènent tout le monde à la réalité. Brian McManus, ingénieur aéronautique, critique particulièrement Starcloud, une entreprise ayant levé 170 millions de dollars, en affirmant : « il semble vraiment que n'importe qui avec quelques rendus et un livre blanc rédigé par quelqu'un gonflé à bloc par une IA trop complaisante puisse obtenir un financement par capital-risque de nos jours ».


    « L’espace sera l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA, et ce sera le cas d’ici deux ans, trois au plus tard », a déclaré Elon Musk, fondateur de SpaceX, lors du Forum économique mondial de Davos en janvier, alors que son entreprise s’apprêtait à entrer en bourse. Il juge ce projet plus respectueux de l'environnement.

    Plus tard dans le mois, SpaceX a déposé une demande auprès de la FCC pour déployer une constellation de centres de données orbitaux pouvant compter jusqu’à un million de satellites en orbite terrestre basse, entre 500 et 2 000 kilomètres au-dessus de la Terre. Et trois jours seulement avant l’introduction en bourse, il a évoqué certaines spécifications techniques initiales d’un nouveau centre de données satellitaire « AI-1 » lors d’une interview vidéo.

    Elon Musk a tendance à verser dans l’hyperbole lorsqu’il s’agit de délais. Des voitures « entièrement autonomes » d’ici à 2017. Une première mission habitée vers Mars en 2024. Dix mille robots humanoïdes d’ici fin 2025. Et ainsi de suite. Quant aux centres de données orbitaux, qui, selon lui, seront une alternative rentable aux centres de données terrestres d’ici trois ans, les chiffres ne tiendront pas la route avant de nombreuses années, voire jamais.

    Le consensus qui se dégage est que ce projet n’est pas seulement trop ambitieux ; il nécessiterait plusieurs révolutions technologiques pour surmonter des défis techniques majeurs. Selon Brian McManus, « les milliardaires tenteront de vous jeter de la poudre aux yeux et de vous convaincre que cette technologie est tout à fait pertinente, mais la réalité, c’est que cette technologie est stupide ». Brian McManus évoque les défis techniques majeurs.

    Des défis de refroidissement et de dimensionnement colossaux

    Cette critique intervient peu après l’introduction en bourse de SpaceX, devenue l’une des entreprises les plus valorisées au monde du jour au lendemain. Une large part de sa valorisation de 2 000 milliards de dollars repose sur le projet de centre de données orbital imaginé par le PDG, ce qui illustre une fois de plus à quel point Wall Street s'appuie sur les convictions d'Elon Musk, malgré son bilan désastreux en matière de respect de ses promesses.

    Le refroidissement de ces installations est l'un des plus grands défis d'ingénierie. Dans le quasi vide de l'espace, la chaleur ne peut s'échapper facilement, ce qui nécessiterait des réseaux complexes de tuyaux de refroidissement. Brian McManus explique notamment qu'il faudrait pomper plus de 150 000 livres de glycol par seconde, un débit comparable à celui de barrages hydroélectriques, ce qui reviendrait à « vider une piscine olympique en 40 secondes ».

    En outre, les ambitions de Starcloud en matière d'infrastructures orbitales sont jugées démesurées. Pour atteindre les 5 gigawatts de puissance promis, chaque centre de données couvrirait une surface gigantesque, équivalente à près de 5 000 fois celle des panneaux de la Station spatiale internationale. La masse d'une telle station dépasserait les 113 millions de kilogrammes, soit « plus de six fois la masse totale lancée dans l'espace dans l'histoire ».

    « Même en faisant abstraction des pompes, du liquide de refroidissement, des blindages antiradiations, du carburant, des roues d’inertie, des structures et autres éléments, la station Starcloud dépasse les 113 millions de kilogrammes. C’est plus qu’un porte-avions en orbite. C'est plus de six fois la masse totale jamais lancée dans l’espace depuis le début de l’histoire », a déclaré Brian McManus dans une vidéo critiquant les centres de données orbitaux.

    De nombreux dangers liés aux débris spatiaux et aux radiations

    La taille démesurée de ces installations les rendrait extrêmement vulnérables aux millions de débris spatiaux qui encombrent déjà l'orbite terrestre, rendant la moindre réparation extrêmement coûteuse et complexe. Les coûts exploseraient rapidement. Même les plus petits débris pourraient percer un trou dans les panneaux, ce qui nécessiterait des réparations coûteuses, grandement compliquées par le voyage dans l’espace qu’elles impliqueraient.

    C’est un problème bien réel que SpaceX ne connaît que trop bien. L'entreprise a révélé que son réseau de satellites Internet Starlink avait dû effectuer jusqu'à 300 000 manœuvres d’évitement de collision rien qu’en 2025. À cela s'ajoute le problème de la transmission et de l'intégrité des données à travers le vide spatial. Selon l'ingénieur aéronautique Brian McManus, les particules ionisantes peuvent facilement altérer les informations stockées.

    À ce propos, Brian McManus explique notamment : « les particules ionisantes traversant les satellites peuvent griller un transistor ou inverser un bit d’information stocké à l’intérieur. Sans un logiciel vérifiant en permanence les résultats, cela entraînerait la mère de toutes les hallucinations de l’IA. Les ordinateurs existants à bord de l’ISS doivent effectuer des calculs redondants et comparer les résultats pour éliminer les données corrompues ».

    « Le coût du projet Starcloud envisagé semble également sortir de nulle part et est trop optimiste quant aux masses et aux coûts de lancement », selon Brian McManus. La simple maintenance de ce réseau constituerait une entreprise colossale et onéreuse. La durée de vie des puces d’IA actuelles n’est que de deux à quatre ans, et ce, sur Terre, où la dégradation est un problème bien moins important que dans l’environnement extrême de l’espace.

    En résumé, les ingénieurs aéronautiques pensent que Starcloud semble n’être qu’un rêve chimérique d’un milliardaire obsédé par l’IA, conçu dès le départ pour rassurer des investisseurs à fleur de peau. Brian McManus critique le projet Starcloud : « ce n’est qu’un concept préliminaire élaboré à la hâte pour lever des fonds et passer à autre chose. Dans le monde de la technologie, en constante évolution, les pionniers sont largement récompensés ».

    La constellation Starlink de Musk encombre déjà l'orbite basse

    Il y a environ 14 500 satellites actifs en orbite. La constellation Starlink d'Elon Musk en représente environ les deux tiers. Il faudrait que la cadence des lancements et la capacité de fabrication de satellites augmentent de manière astronomique pour déployer un million de satellites servant de centres de données orbitaux. Pour mettre les choses en perspective, on dénombre environ 7 000 lancements orbitaux dans toute l’histoire de l’humanité.

    Pour mettre en orbite terrestre basse 1 million de satellites à bord du Starship de SpaceX, conçu pour transporter jusqu’à 60 satellites par véhicule, il faudrait 16 666 lancements exclusivement consacrés au déploiement de satellites. Sachant que SpaceX a établi un record en lançant 165 missions orbitales en 2025, même en multipliant ce rythme par dix, il faudrait une décennie pour déployer cette constellation, sans compter les accidents potentiels.

    Et combien de temps faudrait-il pour construire un million de satellites, compte tenu du rythme actuel de Starlink (environ 4 000 par an) et d’une augmentation de la capacité multipliée par dix ? À moins d’une révolution industrielle, il faudrait compter 25 ans. Les ambitions d'Elon Musk sont loin d'être concrétisées.

    Starcloud a déposé une demande auprès de la FCC pour un réseau de 88 000 satellites servant de centres de données orbitaux. À ce jour, la société n’a envoyé qu’un seul GPU Nvidia H100 dans l’espace. Son radiateur était trop faible pour permettre à la puce de fonctionner à pleine puissance. Selon les spécialistes, refroidir ne serait-ce qu’un seul GPU H100 dans l’espace est difficile : il consomme 700 watts, ce qui nécessite un radiateur de 1,4 m² à 60 °C.

    Un rack de serveurs de 40 kilowatts aura besoin d’un radiateur de 80 m² ; un centre de données de 100 mégawatts nécessitera 2 500 de ces radiateurs. En somme, les défis sont de taille et ces projets suscitent plusieurs préoccupations en ce qui concerne leurs impacts potentiels. Certains astronomes s’inquiètent, à juste titre, qu’un million de satellites dotés d’ailes radiatives géantes masquent les étoiles, ce qui constitue un danger pour l'astronomie.

    Dégradation de l'orbite basse et viabilité économique illusoire

    En définitive, les experts concluent que ces projets relèvent davantage de l'utopie destinée à séduire des investisseurs, car dans l'industrie technologique actuelle, proposer une idée en premier permet de récolter d'importantes récompenses financières. Alors, si le projet n’est pas viable économiquement et si l’humanité va perdre sa vue sur les étoiles, pourquoi les hyperscaleurs font-ils tant de battage autour des centres de données orbitaux ?

    « La réponse évidente : l’argent, le bon vieux fric. La partie "Elon Musk" de ce projet est franchement géniale, car il détient xAI qui construit les centres de données, SpaceX qui les envoie dans l’espace, et Tesla qui fabrique les panneaux solaires. C’est presque comme s’il se payait lui-même », affirme Dina Genkina, rédactrice en chef chargée de l’informatique et du matériel chez IEEE Spectrum. (Elon Musk est devenu le premier trillionaire de l'histoire.)

    Selon un ancien scientifique de la NASA, les centres de données orbitaux sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Cet ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA a déclaré que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques en raison d'une production d'électricité insuffisante, de problèmes complexes de régulation thermique et des effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.

    D'après lui, le matériel des centres de données n'est pas adapté à l'espace : « c'est une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens. Il y a plusieurs raisons à cela, mais elles reviennent toutes à dire que le type d'électronique nécessaire au fonctionnement d'un centre de données, en particulier un centre de données déployant des capacités d'IA sous forme de GPU et de TPU, est exactement le contraire de ce qui fonctionne dans l'espace ».

    Un obstacle pour l'astronomie et les missions spatiales futures

    Les satellites menacent notre perception de l'espace. Nous savons déjà qu'ils affectent les observatoires professionnels, tant sur le plan optique qu'en termes de rayonnement électromagnétique qu'ils émettent. Cela crée du bruit qui peut interférer avec les observatoires qui dépendent des fréquences radio. La demande déposée par SpaceX auprès de la FCC indique que les satellites seront placés à une altitude comprise entre 500 et 5 000 km.

    Cela affecterait les observatoires terrestres et les observatoires spatiaux comme Hubble. Pour les observateurs amateurs et occasionnels, cela signifie des lumières qui traversent continuellement le ciel nocturne. Levez les yeux n'importe quelle nuit et vous verrez forcément un satellite passer à un moment donné, même en ville. Dans les endroits où le ciel est sombre, c'est encore pire, avec des dizaines de satellites visibles chaque nuit.

    Cette perte du ciel nocturne, qui guide l'humanité depuis la nuit des temps et influence la culture, la religion et la science, serait incommensurable. Selon les experts, il y a beaucoup d'inconnues, car SpaceX n'avait pas fourni assez d'informations techniques dans son dossier déposé auprès de la FCC.

    SpaceX a tenté de collaborer avec l'Union astronomique internationale (IAU) et son Centre pour la protection du ciel sombre et tranquille afin d'atténuer la luminosité de ses satellites, mais sa proposition de lancer un million de satellites a choqué les astronomes. Selon un rapport publié en septembre 2024, les satellites Starlink de deuxième génération (Gen2) émettent 30 fois plus d'interférences radio que ceux de la génération précédente.

    La force du mythe installé par Elon Musk face à la réalité

    Selon les analystes de Wall Street, si l'on en juge par Tesla, le constructeur de véhicules électriques dirigé par Elon Musk, les fondamentaux économiques de SpaceX ne devraient pas constituer un facteur déterminant. La valorisation astronomique de Tesla repose depuis longtemps sur les promesses d'un robot humanoïde polyvalent et d'un avenir dominé par la conduite autonome, alors que le chiffre d'affaires réel de l'entreprise est resté bien en deçà.

    L'introduction en bourse de SpaceX ne propose pas aux investisseurs particuliers une entreprise génératrice de profits immédiats, mais plutôt le rêve d'un futur lointain qui n'existe pas encore. Bien que les avancées technologiques de l'entreprise en matière de fusées et de satellites soient indéniablement impressionnantes, les experts affirment que le véritable talent d'Elon Musk réside avant tout dans sa capacité à forger des mythes et à vendre du rêve.

    « Les fusées et le réseau de communication par satellite de SpaceX, tout comme les voitures électriques de Tesla, sont certes des réalisations impressionnantes », a souligné Richard Waters du Financial Times dans un récent article. « Mais le véritable génie de Musk réside dans sa capacité à créer des mythes ».

    S&P Dow Jones Indices a rejeté une modification réglementaire qui aurait pu permettre à des sociétés de très grande capitalisation récemment introduites en bourse, telles que SpaceX, OpenAI et Anthropic, d'intégrer plus rapidement l'indice. Une inclusion rapide aurait généré environ 14 milliards de dollars de demande passive pour SpaceX, plus de 8 milliards de dollars pour OpenAI et environ 4,6 milliards de dollars pour Anthropic, selon les estimations.

    Conclusion : une idée développée pour le lever des capitaux

    La construction de centre de données dans l'espace n'est pas juste une idée de science-fiction : de nombreuses entreprises clés (Google, Starcloud, SpaceX, etc.) étudient très sérieusement la possibilité de déployer des clusters de calcul dans l'espace afin d'exploiter efficacement l'énergie solaire et de réduire potentiellement les coûts liés aux centres de données. Cette approche leur permettrait également de contourner les réglementations sur Terre.

    Les centres de données orbitaux relèvent d'une promesse technologique séduisante, mais largement irréaliste sur le plan économique et technique. Le coût de lancement, même avec la baisse des tarifs grâce aux fusées réutilisables, reste colossal comparé à la construction d'un centre de données terrestre.

    Les arguments avancés par les promoteurs masquent des obstacles majeurs comme la maintenance quasi impossible en orbite, la vulnérabilité aux radiations et aux débris spatiaux, et la latence de transmission des données vers la Terre. Le calcul économique ne tient que si l'on ignore ces coûts cachés, ce qui suggère que le projet sert avant tout à générer un récit futuriste capable de lever des fonds, plutôt qu'à résoudre un vrai problème industriel.

    Cela fait écho à une dynamique bien connue dans la technologie : l'annonce de ruptures technologiques spectaculaires (informatique quantique, fusion nucléaire et maintenant centres de données spatiaux) sert souvent à capter l'attention des investisseurs et à justifier des valorisations déconnectées de la réalité opérationnelle. L'idée de centres de données orbitaux vient renforcer la bulle de l'IA et permet aux différents acteurs de lever des capitaux.

    En surfant sur l'engouement pour l'IA et le besoin réel de capacité de calcul, ces projets profitent du battage médiatique sans avoir à démontrer une viabilité économique, ce qui alimente le soupçon qu'il s'agit davantage d'un outil de communication financière que d'une feuille de route industrielle sérieuse.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'idée de déployer des centres de données en orbite basse ?
    Les spécialistes affirment qu'elle reste irréaliste sur le plan économique et technique. Qu'en pensez-vous ?
    Sam Altman, PDG d'OpenAI, propose de construire une sphère de Dyson autour du Soleil. Ce projet est-il réaliste ?

    Voir aussi

    SpaceX d'Elon Musk veut lancer un million de satellites pour les centres de données IA. Voici comment cela pourrait affecter l'atmosphère et le ciel nocturne : l'encombrement orbital est un désastre en attente

    « Les centres de données dans l'espace sont une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », affirme un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA

    Les risques financiers qui planent sur l'introduction en bourse de SpaceX pourraient provoquer son effondrement spectaculaire : « le véritable génie de Musk réside dans sa capacité à créer des mythes »

  13. #113
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    Elon Musk devrait se lancer dans la musique : il manie parfaitement le pipeau.

    Tatayo.

  14. #114
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Que pensez-vous de l'idée de déployer des centres de données en orbite basse ?
    Du point de vue de Musk, c'est une idée de génie: il va ferrer plein de gogos qui vont lui donner de l'argent et il va réussir sa monétisation.

    De tous les autres points de vue, c'est une catastrophe sans nom et d'une immense stupidité (écologie, refroidissement, coûts, maintenance, ...).

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Les spécialistes affirment qu'elle reste irréaliste sur le plan économique et technique. Qu'en pensez-vous ?
    Je pense que ces spécialistes fument de la bonne, ou qu'ils devraient changer de spécialités. Tiens, s'ils allaient faire un séjour avec Musk sur Mars, par exemple? Ça nous ferait des vacances.

    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Sam Altman, PDG d'OpenAI, propose de construire une sphère de Dyson autour du Soleil. Ce projet est-il réaliste ?
    Il y a encore quelqu'un qui écoute ce menteur pathologique?
    On n'est pas une civilisation spatiale. On a à peine le niveau pour envoyer des choses autour de la Terre et de son satellite... Et ces messieurs se servent de l'orbite de la Terre comme d'une poubelle.
    Je pense qu'il faudrait arrêter d'écouter tous ces cancres et traiter leur parole comme ce qu'elle est: des élucubrations et des mensonges pour tirer de l'argent aux gogos...

  15. #115
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    Citation Envoyé par kain_tn Voir le message
    Je pense que ces spécialistes fument de la bonne, ou qu'ils devraient changer de spécialités. Tiens, s'ils allaient faire un séjour avec Musk sur Mars, par exemple? Ça nous ferait des vacances.
    Pourquoi ? Il disent justement que c'est irréaliste.
    Tatayo

  16. #116
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    Citation Envoyé par tatayo Voir le message
    Pourquoi ? Il disent justement que c'est irréaliste.
    Tatayo
    Au temps pour moi. C'est la fin de la semaine, j'ai les yeux qui fatiguent

  17. #117
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    Si il y a psychose, ce n'est pas celle de l'IA, mais bien celle de Musk lui-même... Idem pour ses colonies martiennes!

  18. #118
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    Si il y a psychose, ce n'est pas celle de l'IA, mais bien celle de Musk lui-même... Idem pour ses colonies martiennes!
    Cela dépend.
    Musk a peut-être été influencé par sa propre IA.

  19. #119
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  20. #120
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    Par défaut SpaceX souhaite lancer 100 000 satellites Starlink supplémentaires pour multiplier la bande passante par 100
    SpaceX souhaite lancer 100 000 satellites Starlink supplémentaires pour multiplier la bande passante par 100
    La contrepartie salée est une aggravation de la dégradation de l’atmosphère et du ciel nocturne

    SpaceX, a déposé une demande auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) afin d'obtenir l'autorisation de lancer 100 000 satellites Starlink de troisième génération. L’entreprise promet ainsi de fournir un accès haut débit symétrique de plusieurs gigabits avec une latence ultra-faible. L’initiative en cours de gestation et de nature à se traduire par un accès Internet plus rapide pour les habitants des zones rurales vient néanmoins avec une contrepartie salée : dégradation de l’atmosphère et du ciel nocturne, d’où les oppositions.

    L’initiative s’inscrit dans le plus vaste projet de SpaceX de lancer 1 million de satellites

    Dans sa demande adressée à la FCC, SpaceX sollicite l’autorisation de déployer un système Starlink Gen3 en orbite terrestre très basse (LEO). Ce dossier présente la Gen3 comme le successeur et l’extension des constellations Gen1 et Gen2 existantes. À ce jour, près de 11 000 satellites Starlink sont en orbite. Si cette demande est approuvée, Starlink lancera et exploitera 100 000 satellites.

    Ces satellites Gen3 pèseront plus de 2 000 kilogrammes, soit plus de deux tonnes. Cela signifie que SpaceX ne pourra pas lancer un nombre significatif de satellites en une seule fois à l’aide de ses fusées Falcon 9, qui constituent son cheval de bataille. Le PDG Elon Musk a ainsi déclaré que SpaceX devra recourir à Starship, qui n’est toutefois pas encore prêt pour une utilisation à grande échelle. En attendant, les fusées Falcon Heavy seraient en mesure de lancer suffisamment de satellites Gen3 pour assurer la fourniture du service.

    SpaceX a indiqué à la FCC que le réseau Gen3 est destiné à desservir non seulement les particuliers et les entreprises, mais aussi les clients gouvernementaux et « des milliards d’appareils équipés d’IA à travers le monde », liant ainsi directement la constellation aux besoins prévus en matière de calcul et de transport de données des systèmes d’IA à grande échelle. Il ne s’agit pas d’un centre de données dédié à l’IA dans l’espace, mais c’est un pas dans cette direction.

    La demande porte sur l’accès à une bande de fréquences exceptionnellement large, comprenant les bandes Ku, Ka, V, E, W et D. Les bandes de liaison descendante mentionnées dans le dossier comprennent les plages de 10,7 à 13,4 GHz, de 17,3 à 21,2 GHz et de 37,5 à 42,5 GHz, tandis que les bandes de liaison montante couvrent plusieurs plages allant jusqu’à environ 231,5 à 275 GHz. SpaceX demande des dérogations aux règles de la FCC, telles que la section 2.106, afin de regrouper des canaux contigus plus larges pour assurer des liaisons fronthaul et backhaul à haute capacité, ainsi que des liaisons montantes massives.

    Tout cela signifie que Gen3 pourrait causer des interférences avec les services Internet par satellite concurrents et d’autres services sans fil. SpaceX s’engage à opérer sans causer d’interférences et sans bénéficier de protection, et à mener une « coordination de bonne foi » avec les opérateurs historiques et les utilisateurs fédéraux.

    Pour vous, cela signifie que vous devrez mettre à niveau vos terminaux utilisateur et antennes Starlink existants afin de tirer pleinement parti des débits de l'ordre du gigabit offerts par la nouvelle constellation de satellites. Ce matériel mis à niveau destiné aux utilisateurs finaux devrait être disponible sous peu.

    Selon le dossier déposé, SpaceX affirme que ce matériel et ce plan d'utilisation du spectre permettront de multiplier par 100 environ la bande passante totale de Starlink. La latence réelle actuelle de Starlink se situe entre 30 et 50 ms environ pour la plupart des utilisateurs. SpaceX promet que la Gen3 ramènera ce chiffre en dessous de 20 ms.

    L’orbite terrestre basse est sous la menace de saturation

    Elon Musk estime que l'espace est la clé de voûte énergétique du progrès de l'IA : une source quasi illimitée et à bas coût pour soutenir sa croissance. Selon lui, l'espace deviendra bientôt l'endroit le moins cher pour déployer l'IA. Il a prédit que d'ici à 2031, la capacité de calcul ajoutée chaque année dans l’espace dépassera le total cumulé sur Terre, bousculant ainsi le marché des centres de données terrestres, estimé à 1 000 milliards de dollars.


    À moyen terme, les responsables de SpaceX ont déclaré qu'ils aimeraient voir plus de 40 000 satellites Starlink en orbite. Ces satellites fournissent une connexion Internet à toutes les régions du monde, même les plus reculées. Elon Musk a initialement lancé le réseau Starlink pour couvrir les zones reculées ou mal desservir par les FAI traditionnels, mais également pour gagner de l'argent et financer son projet visant à coloniser la planète Mars.

    Cependant, cela représente beaucoup d'objets dans l'espace, sans compter les plus de 140 millions de débris spatiaux dont la taille varie entre 1 millimètre et 10 centimètres. Tous ces objets constituent une menace pour les astronautes qui s'aventurent dans l'espace, ainsi que pour les satellites dont nous dépendons pour des programmes utiles comme le GPS. C'est pourquoi l'ajout d'un million de satellites supplémentaires en orbite est ahurissant.

    « Cela dépasse largement ce cadre. Et selon presque tous les critères auxquels nous pouvons penser, c'est tout simplement une mauvaise idée en matière d'utilisation et d'accès à long terme à l'espace », a déclaré Aaron Boley, codirecteur de l'Outer Space Institute et professeur au département de physique et d'astronomie de l'Université de Colombie-Britannique. Les astronomes sont très inquiets quant au maintien d'un environnement orbital sain.

    Ces projets de lancement de satellites portés par Elon Musk constituent une menace pour notre atmosphère

    Les progrès de SpaceX ont fait baisser les coûts de lancement de fusées. Mais le rythme croissant des lancements de fusées introduit une nouvelle menace critique pour notre atmosphère. De plus en plus de preuves suggèrent que les lancements de fusées affectent notre atmosphère en déposant du carbone noir ou de la suie dans l'air, ce qui crée un effet de réchauffement potentiel qui pourrait accroître les menaces pesant sur notre couche d'ozone.

    Mettre un million de satellites Starlink en orbite nécessiterait environ 20 000 lancements de la fusée Starship, et leur maintenance pourrait exiger jusqu'à dix lancements par jour, indéfiniment. Selon les experts, les conséquences seraient lourdes. Eloise Marais, professeure de chimie atmosphérique et de qualité de l'air à l'University College London, travaille sur le suivi des émissions provenant des lancements de fusées et des rentrées atmosphériques.

    Eloise Marais s'inquiète du fait que nous ne discutons pas des impacts potentiels de ces milliers de lancements. « Et quelles sont les implications supplémentaires de cela ? », a-t-elle demandé. « Car c'est vraiment un mélange de ces polluants qui a un impact sur l'atmosphère ». La principale différence entre ces polluants et ceux créés par les humains au niveau du sol réside dans le fait que les lancements les déposent directement dans l'atmosphère.

    Des études récentes ont montré que lorsque les satellites arrivent en fin de vie et se consument lors de leur rentrée dans l'atmosphère, ils laissent derrière eux des métaux tels que l'aluminium et le lithium. Les conséquences de ce phénomène ne sont pas encore connues. Mais c'est ce qui inquiète les scientifiques.

    Un obstacle potentiel l'astronomie et les missions spatiales futures

    Les satellites menacent notre perception de l'espace. Nous savons déjà qu'ils affectent les observatoires professionnels, tant sur le plan optique qu'en termes de rayonnement électromagnétique qu'ils émettent. Cela crée du bruit qui peut interférer avec les observatoires qui dépendent des fréquences radio. La demande déposée par SpaceX auprès de la FCC indique que les satellites seront placés à une altitude comprise entre 500 et 5 000 km.

    Cela affecterait les observatoires terrestres et les observatoires spatiaux comme Hubble. Pour les observateurs amateurs et occasionnels, cela signifie des lumières qui traversent continuellement le ciel nocturne. Levez les yeux n'importe quelle nuit et vous verrez forcément un satellite passer à un moment donné, même en ville. Dans les endroits où le ciel est sombre, c'est encore pire, avec des dizaines de satellites visibles chaque nuit.

    Cette perte du ciel nocturne, qui guide l'humanité depuis la nuit des temps et influence la culture, la religion et la science, serait incommensurable. Selon les experts, il y a beaucoup d'inconnues, car SpaceX n'avait pas fourni assez d'informations techniques dans son dossier déposé auprès de la FCC.

    SpaceX a tenté de collaborer avec l'Union astronomique internationale (IAU) et son Centre pour la protection du ciel sombre et tranquille afin d'atténuer la luminosité de ses satellites, mais sa proposition de lancer un million de satellites a choqué les astronomes. Selon un rapport publié en septembre 2024, les satellites Starlink de deuxième génération (Gen2) émettent 30 fois plus d'interférences radio que ceux de la génération précédente.


    Conclusion

    Le ciel nocturne est un bien commun, une ressource naturelle à préserver. Mais la course effrénée à l'IA et au contrôle de l'espace menace la durabilité de l'environnement spatial. SpaceX n'est pas le seul à envahir le ciel. La Chine prévoit de lancer jusqu'à 200 000 satellites pour son propre réseau. D'autres pays et entreprises suivront sans doute le mouvement ; Amazon et Blue Origin de Jeff Bezos prévoient déjà de lancer chacun des milliers de satellites.

    Plus inquiétante encore, une entreprise appelée Reflect Orbital souhaite lancer des milliers de miroirs spatiaux géants en orbite afin de « fournir de la lumière solaire à la demande » partout sur Terre. « Ces miroirs sont une idée vraiment terrible », affirme Phil Plait, astronome professionnel et vulgarisateur scientifique.

    Selon lui, les faisceaux seraient bien plus lumineux que la pleine lune et, même s'ils étaient soigneusement orientés, ils se disperseraient dans l'atmosphère pour être très brillants hors faisceau, perturbant la faune et détruisant efficacement la beauté naturelle restante du ciel en effaçant les étoiles de notre vue. Alors que la course à l'espace s'intensifie, les scientifiques appellent les régulateurs à freiner cette exploitation incontrôlée de l'espace.

    Source : Demande de SpaceX adressée à la FCC

    Et vous ?

    Quelle est votre avis sur la nouvelle course à l’espace qui associe les États et les entreprises privées ?
    Que pensez-vous du projet de SpaceX d'Elon Musk de déployer un million de satellites en orbite basse pour l'IA ?
    Quelles approches mettre en œuvre pour parvenir à mettre sur pied des technologies de l'espace tout en préservant l'environnement spatial et le ciel nocturne ?

    Voir aussi :

    SpaceX a reçu l'autorisation US pour lancer 7 500 satellites Starlink de deuxième génération supplémentaires, portant le nombre total de satellites Gen2 autorisés à 15 000, y compris ceux déjà approuvés

    « D'ici à 2031, la capacité de calcul IA ajoutée chaque année dans l'espace dépassera le total cumulé sur Terre », affirme Elon Musk, mais ce calendrier est jugé irréaliste et l'idée suscite le scepticisme

    Elon Musk contrôle désormais les deux tiers des satellites avec le lancement du 10 000e Starlink par la dernière fusée Falcon 9, l'homme le plus riche sur Terre est également le plus puissant dans l'espace
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