Neuralink d'Elon Musk lève plus de 200 millions de dollars auprès de Google Ventures et d'autres investisseurs
alors que la concurrence s'intensifie dans le secteur des implants cérébraux

Neuralink a annoncé jeudi avoir clôturé son cycle de financement de série C en récoltant 205 millions de dollars auprès des investisseurs. Le tout de table a été dirigé par la société de capital-risque basée à Dubaï Vy Capital, avec la participation de Google Ventures, DFJ Growth, Valor Equity Partners, Craft Ventures, Founders Fund et Gigafund. Ces nouveaux fonds devraient permettre à la startup de poursuivre ses efforts en vue de mettre en place une IHM (interface homme-machine) pour connecter le cerveau humain à l'IA, un secteur qui voit arriver de nouveaux concurrents très ambitieux.

Neuralink a été fondée par Elon Musk en 2016 pour aider les personnes souffrant de lésions cérébrales à court terme et réduire les risques liés à IA pour l'humanité à long terme. La mission de l'entreprise est de développer des interfaces cerveau-machine qui traitent diverses affections liées au cerveau, avec pour objectif final de créer une IHM complète capable de relier plus étroitement l'intelligence biologique et artificielle. Neuralink a passé les quatre dernières années à construire la première interface cerveau-machine à nombre élevé de canaux destinée à un usage thérapeutique chez les patients.

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Le premier produit de la startup, le N1 Link, est un dispositif à 1024 canaux qui, une fois implanté, est totalement invisible et transmet des données par le biais d'une connexion sans fil. La première application à laquelle ce dispositif est destiné est d'aider les tétraplégiques à retrouver leur liberté numérique en leur permettant d'interagir avec leurs ordinateurs ou leurs téléphones de manière naturaliste, avec une large bande passante. Les fonds du tour de table seront utilisés pour mettre le premier produit de Neuralink sur le marché et accélérer la recherche et le développement de futurs produits.

En mars dernier, la société a placé une puce informatique dans le crâne d'un singe et a utilisé de "petits fils" pour le connecter à son cerveau. Elon Musk a déclaré que le singe « a l'air totalement heureux » et que les installations de Neuralink répondent aux exigences réglementaires américaines. « Ce n'est pas un singe malheureux », a-t-il déclaré lors de l’interview sur Clubhouse, une nouvelle application de médias sociaux qui gagne en popularité et qui permet aux gens d'avoir des conversations informelles pendant que d'autres écoutent. « Vous ne pouvez même pas voir où l'implant neural a été mis », a-t-il ajouté.

L'annonce de Neuralink précise qu'un groupe de cadres et d'entrepreneurs de premier plan ont également participé à la ronde de financement, dont Blake Byers (Byers Capital), Robert Nelson (cofondateur de ARCH Venture Partners), Sam Altman (président de YC Group et PDG d'OpenAI), Fred Ehrsam (cofondateur de Paradigm et Coinbase) et Ken Howery (cofondateur de PayPal et Founders Fund). Si Neuralink semble avoir réalisé des avancées majeures dans le domaine des IHM, il doit désormais faire face à la concurrence de Google et d'autres startups qui arrivent sur ce marché en plein essor avec des produits très innovants.

Quelques semaines le tour de table de Neuralink, Paradromics, un concurrent de Neuralink a levé 20 millions de dollars pour des implants cérébraux. Paradromics est une entreprise basée à Austin, au Texas. Elle est l'une des nombreuses entreprises qui travaillent sur une technologie visant à aider les gens à interagir avec le monde extérieur en utilisant leur esprit. Fondée en 2015, l'entreprise a environ un an d'avance sur Neuralink. Elle a déclaré en juillet que les 20 millions de dollars devraient suffire pour introduire très prochainement une nouvelle génération d'électrodes puissantes et minuscules sur le marché.

« Une fois que vous commencez à comprendre que la meilleure façon de décrire le cerveau est à travers les données, vous commencez à recadrer un grand nombre de conditions classiquement difficiles à traiter », a déclaré Matt Angle, PDG de Paradromics. « Ce qu'est réellement le cerveau, c'est un système de données. Par exemple, alors qu'une approche biologique de la cécité pourrait consister à tenter de faire repousser la rétine, son approche consisterait à transmettre les données visuelles à la bonne partie du cerveau, même si cela implique l'utilisation d'un ordinateur », a ajouté Angle.

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Le financement aidera Paradromics à perfectionner son matériel, Connexus, de minuscules modules carrés de 8 millimètres de côté qui sont implantés sous le crâne, à la surface du cortex cérébral. Des microfils recouvrent les modules, pénétrant de 1,5 millimètre supplémentaire dans le cortex, et traduisent les signaux bioélectriques du cerveau en signaux numériques pouvant être compris par un ordinateur, et vice versa. Les modules transmettent des données vers et depuis un cinquième module central implanté dans le crâne, qui transmet à son tour les données à un sixième module situé juste sous la peau du thorax.

À son tour, ce dernier module transfère sans fil les signaux à un ordinateur proche, suffisamment petit pour être fixé sur un fauteuil roulant. Ainsi, l'activité du cerveau peut être traduite en une commande exécutable, comme le déplacement d'un curseur d'ordinateur. Le système n'en est encore qu'à ses débuts, mais jusqu'à présent, une technologie antérieure a été testée avec succès sur des moutons. Paradromics, comme d'autres entreprises de son secteur, a déclaré qu'elle restait en contact avec les organismes de réglementation afin de faciliter le processus de demande d'utilisation expérimentale chez l'homme.

Mais d'abord, elle doit mettre au point son matériel. Angle s'attend à ce que les dispositifs soient prêts à démarrer le processus de demande l'année prochaine. L'outil de Paradromics s'appuie sur des décennies de recherche et de travaux menés par des initiatives telles que BrainGate, et fait partie de plusieurs entreprises dans ce domaine. Selon PitchBook, depuis le début de l'année, les entreprises spécialisées dans les interfaces cerveau-machine ont levé 132,8 millions de dollars. C'est déjà un tiers de plus que ce que le secteur a levé sur toute l'année dernière. Notons que Neuralink avait levé 107 millions de dollars en 2017.

Selon Paradromics, l'un des avantages de son dispositif provient du nombre d'électrodes – 400 – qui se trouvent sur chacun de ses modules, plus que sur les dispositifs analogues. Paradromics a déclaré que cela améliorera la qualité et la quantité des données qu'ils peuvent traiter. Par ailleurs, avant l'essai de Neuralink cette année, en octobre 2020, Synchron, une entreprise californienne spécialisée dans la bioélectronique neurovasculaire, a annoncé que son interface cerveau-ordinateur, Stentrode, a permis aux patients atteints de paralysie sévère d'effectuer des tâches sur un ordinateur en utilisant simplement leur cerveau.

Le dispositif Stentrode a été implanté avec succès chez deux patients australiens, qui n'avaient pas la capacité de bouger leurs membres supérieurs. Publiés dans le Journal of NeuroInterventional Surgery, les résultats ont montré que le dispositif Stentrode est capable de rétablir sans fil la transmission des impulsions cérébrales hors du corps. Les patients ont ainsi pu accomplir avec succès des tâches quotidiennes telles que les opérations bancaires en ligne, les achats et les SMS, qui ne leur étaient pas accessibles auparavant.

Source : Neuralink

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