Trump accuse Facebook, Google et Amazon de discrimination envers lui
Et de collusion avec les démocrates lors de sa campagne électorale

En 2016, Donald Trump a déjoué tous les pronostics en remportant les élections présidentielles aux États-Unis. Le candidat qui s’est présenté comme l’anti-establishement et l’adversaire du politiquement correct s’est attiré d’importantes oppositions et une vive attention médiatique. Dès les premiers jours de son mandat, Donald Trump adopte un style de gouvernance inhabituel avec un usage intensif des réseaux sociaux, surtout Twitter où le président alimente de façon quotidienne des polémiques.


Fustigeant constamment les réseaux sociaux pour leur rôle présumé dans la censure du discours des républicains, Donald Trump est revenu ce lundi pour pointer du doigt la partialité des géants de la tech, notamment Facebook, Google et Amazon qui font de la « discrimination envers lui ».

« Les gens parlent de collusion, je peux vous dire que la vraie collusion est entre les démocrates et ces sociétés, parce qu'ils étaient contre moi pendant ma campagne électorale », a-t-il dit à la chaine. « Tout le monde disait que si tu ne les as pas, tu ne peux pas gagner. J'ai gagné, et je gagnerai encore. »

Les propos du président américain surviennent alors que l’ombre d’une enquête antitrust plane sur les géants comme Google notamment pour leur prétendu parti pris politique et l’abus de position dominante. Les représentants des sociétés de la tech ont rejeté à plusieurs reprises ces allégations, mais en vain. Les géants comme Facebook, Google, Apple et Amazon continuent d’être matraqués en raison de leur hégémonie grandissante et leur taille conséquente. La sénatrice Elizabeth Warren a d'ailleurs fait la promesse de démanteler les géants de la tech si elle était élue présidente des États-Unis. Ainsi, l’élue démocrate chercherait à s’attaquer à la domination croissante des sociétés de tech. Le plan de la sénatrice, aussi populiste qu’il soit, chercherait à promouvoir une concurrence loyale et réglementer les plateformes technologiques comme des services publics. La sénatrice chercherait à mettre fin à certaines des fusions les plus médiatisées de l'industrie, comme les combinaisons d'Amazon et Whole Foods, de Google et DoubleClick, ainsi que l'acquisition par Facebook d'Instagram et de WhatsApp.

Lorsqu’on lui a demandé son avis sur la question de la régulation des géants de la tech, notamment des derniers développements en Europe, le président américain a suggéré que les États-Unis devraient renforcer des régulations sans toutefois préciser lesquelles. « Évidemment, il se passe quelque chose en termes de monopole ».

En Europe, les sociétés américaines de tech ont été dans le collimateur des autorités lors des dernières années. En mars Google a été condamné à payer 1,49 milliard d’euros en raison de ses restrictions sur AdSense, la régie publicitaire qui détient 80 % du marché européen de l’intermédiation publicitaire en ligne. Il s’agit de la troisième sanction majeure que Google a encourue en Europe en deux années. De son côté, Apple devrait s’attendre aussi à une enquête sur ses pratiques dans l’Apple Store après une plainte déposée par Spotify auprès de l’UE.

Il serait intéressant de voir comment les GAFA vont réagir à ces allégations, sachant qu’ils sont désormais dans la ligne de mire des démocrates comme des républicains. Toutefois, il est assez surprenant de voir Trump suggérer la possibilité de réglementation de ces entités sachant qu’elles sont entreprises privées.

« Ce sont des entreprises du secteur privé. Les entreprises du secteur privé ont le droit de faire de la discrimination, non ? » a écrit internaute. « Trump dit-il que le gouvernement devrait réglementer ce que les entreprises peuvent et ne peuvent pas dire à leurs clients ? »

Les géants de la tech dans une impasse

Critiqué sévèrement pour les excès du président américain sur sa plateforme, Twitter a maintenu l’argument que le locataire de la Maison-Blanche n’est pas un utilisateur comme les autres, une façon peut-être d’éviter de provoquer un violent débat sur la liberté d’expression, un sujet particulièrement sensible aux États-Unis.

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Les géants de la tech sont constamment pointés du doigt pour leur rôle dans la propagation de fake news et autres contenus lamentables. En conséquence, des mesures ont été prises, notamment le renforcement des règles en matière d'incitation à la haine et la suspension de comptes ou de pages complètes qui se donneraient à la propagation des fausses informations. Ainsi des personnalités controversées comme Richard Spencer et Alex Jones ont été suspendues ou bannies des réseaux sociaux.

En avril Twitter a bloqué 5000 bots pro-Trump pour avoir enfreint les règles du réseau social contre la manipulation. La vague de suppression des comptes et des bots qui se donnent à la pratique de désinformation n’a pas été au goût du président américain, ce dernier a convoqué le PDG de Twitter pour comprendre les raisons de cette purge anti-Trump et anti-conservateurs sur le réseau social.

L’année dernière, Trump a déclaré qu’il est dangereux pour les entreprises comme Twitter et Facebook de réduire des comptes au silence. Il faut dire que dans le camp des républicains, beaucoup estiment que les compagnies de la tech censurent activement le discours politique conservateur, une préoccupation exprimée en avril par le sénateur Ted Cruz lors d’une longue session avec des représentants de Facebook et Twitter devant le Sénat américain.

Source : cnbc

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