
Envoyé par
yolle
Commentaire pris sur un autre forum mais qui résume bien l'informatique en France :
"Ingénieur en informatique depuis 12 ans, je vois notre métier se précariser de jour en jour.
Les entreprises n'embauchent plus : cela leur coûte moins chère de prendre un prestataire, et en plus cela leur permet d'être plus "agile" (ressources jetables sans préavis ou si peu). Les ESN sont donc nos principaux pour ne pas dire uniques employeurs.
Les entreprises clientes se permettent d'être très exigeantes sur les profils qu'elles souhaitent avoir pour avant-hier, et à un prix discount svp!
Du coup, les ESN ont dû mal à trouver ces profils. Certains les font venir d’Afrique du nord, en promettant la CAF pour leur femme (pratiques dont j'ai été le témoin plusieurs fois, travaillant à côté de commerciaux avec une isolation phonique médiocre). Sans leur dire que la mission / le travail à faire pour ce client n’excédera pas 3 mois (cela va de soit!). Certaines ESN font mêmes appel à d'autres ESN pour répondre à leur client.
Il s'agit ainsi de recrutement sur opportunité cliente, et si par malheur la mission se termine avant les 7 mois de la période d'essai, vu qu'il sera difficile dans l'immédiat de vous replacer, vous savez ce qu'il vous attend... Si la période d’essai est passée, on vous poussera à partir (mise au placard, pressions, etc.). Mais pas question de vous former, puisque l'ESN ne sait pas ce que recherchera son client demain (et cela a un prix évidement), et au vu du vivier de CVs d'informaticiens sur l'APEC pensant que l'herbe est plus verte dans une autre ESN... Bref, nos CVs font état de multiples employeurs ou de période de trous qu'il faut justifier et cacher pour ne pas dire le mot qui tue : chômage.
Les salaires à l'embauche ont aussi sensiblement diminué en ESN : il faut faire une marge vis-à-vis du prix discount souhaité par le client...
Notre métier a aussi changé à cause du client : ils ne cherchent pas des têtes pensantes, mais des techniciens, et pourquoi se priver de BAC+5 quand le prix est sensiblement le même ! Ils ne comprennent pas qu'un ingénieur s'est s'adapter facilement, et qu'il est formé pour concevoir, innover, apprendre, plutôt qu'être un expert dans un langage bien particulier. Cela reflète l'image que nous avons pour ces entreprises : pisse du code petit prestataire et tais-toi !
Pas étonnant que la jeunesse ne souhaite pas devenir informaticien : il vaux mieux être commercial et vendre de la viande, plutôt que d'être le mouton.
En conclusion, les coupables de notre précarisation ne sont pas les ESN, mais bien leurs clients...
Merci ainsi aux entreprises comme Schneider Electric ou encore Pôle Emploi ..."
golyath
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