Les constructeurs auto américains réclament l’interdiction des voitures fabriquées en Chine au motif ce que ce sont des smartphones géants sur roues qui transfèrent des données vers le Parti communiste chinois
Cet appel au bannissement des véhicules chinois est principalement porté par une puissante coalition de constructeurs et d'équipementiers occidentaux regroupés au sein de l'Alliance for Automotive Innovation (AAI) aux États-Unis. Cette organisation, dirigée par John Bozzella, presse le Congrès américain d'adopter une interdiction totale afin de préserver la sécurité nationale. Les arguments invoqués par la filière ne relèvent pas seulement de la guerre des prix. Ils reposent sur des raisons technologiques précises liées à la nature moderne de ces véhicules connectés.
L'Alliance for Automotive Innovation (AAI) représente la quasi-totalité des géants de l'industrie automobile opérant en Amérique du Nord (General Motors, Ford, Stellantis, Honda, Toyota, etc.) ainsi que d'importants fabricants de pièces détachées.
L'AAI réclame un verrouillage législatif permanent pour contrer les constructeurs chinois (comme BYD et Geely) avant qu'ils n'inondent leur marché tandis que les constructeurs européens (comme Volkswagen ou Renault) adoptent une stratégie plus nuancée axée sur des taxes douanières ou des règles de contenu local.
Les raisons technologiques du bannissement incluent divers motifs parmi lesquels le fait que l’AAI considère les véhicules chinois comme des smartphones sur rouesA trade group representing nearly every major automaker selling in the US sent a letter to congressional leaders this week asking for a permanent ban on Chinese-made connected vehicles. https://t.co/POD57mdo0a
— Autoblog (@therealautoblog) September 6, 2026
Les menaces technologiques invoquées par les constructeurs automobiles américains se classent en trois catégories :
- La vulnérabilité et le contrôle des véhicules embarqués : Les véhicules chinois embarquent des millions de lignes de code informatique. La filière automobile américaine craint que des systèmes d'aide ou de conduite autonome puissent être piratés, désactivés ou contrôlés à distance par des acteurs malveillants parrainés par un acteur à la solde de la Chine. L'industrie demande aux constructeurs de certifier que les composants logiciels essentiels ne contiennent aucune ligne de code développée en Chine.
- L’accès aux réseaux et la collecte des données : Équipés de caméras à 360°, de radars, de lidars et de puces GPS, ces véhicules cartographient en permanence leur environnement. Les industriels et les législateurs soulignent le risque que ces flux de données (comportement des conducteurs, infrastructures militaires, axes routiers stratégiques) soient transférés vers des serveurs en Chine. Les entreprises chinoises détiennent près de 87 % du marché mondial des modules permettant aux objets connectés d'accéder aux réseaux mobiles. L'industrie veut éliminer cette dépendance matérielle critique.
- Les cycles de développement trop rapides et les risques de sécurité physique : Les constructeurs chinois conçoivent des véhicules en 18 à 24 mois grâce à des validations massives par intelligence artificielle, contre 3 à 5 ans pour l'industrie traditionnelle. Cette course à la vitesse est pointée du doigt pour ses failles logicielles ou de sécurité, poussant le gouvernement chinois lui-même à lancer de vastes campagnes de rappels de batteries ou à interdire certains équipements (comme les poignées de porte électriques qui se bloquent en cas d'accident). Les industriels occidentaux utilisent ces arguments pour justifier un principe de précaution technologique.
Les voitures connectées sont un danger pour la vie privée selon une étude de Mozilla sur 25 marques de voitures parmi lesquelles des AméricainesAmerican automakers are calling on Congress to permanently ban Chinese connected vehicles in the U.S.
— One America News (@OANN) September 5, 2026
The Alliance for Automotive Innovation, led by CEO John Bozzella, says Chinese automakers are using subsidized vehicles and connected technology that could pose economic and… pic.twitter.com/FbfPOuwTUt
L'étude de la fondation Mozilla sur les voitures connectées a évalué 25 grandes marques mondiales (dont plusieurs américaines), et toutes ont échoué au test de protection de la vie privée.
Les marques américaines (ou appartenant à des groupes américains) explicitement incluses dans cette liste sont :
- Tesla (particulièrement pointée du doigt par Mozilla comme l'un des pires élèves de l'étude)
- Ford
- Lincoln (filiale de Ford)
- Chevrolet (groupe General Motors)
- Cadillac (groupe General Motors)
- Buick (groupe General Motors)
- GMC (groupe General Motors)
- Jeep (groupe Stellantis)
- Chrysler (groupe Stellantis)
- Dodge (groupe Stellantis)
Ces constructeurs ont notamment été épinglés pour la collecte excessive de données personnelles (géolocalisation, biométrie, habitudes de conduite) et leur revente potentielle à des tiers.
Selon Mozilla, les voitures peuvent collecter des informations sur les conducteurs et les passagers à l'aide de capteurs, de microphones, de caméras, de téléphones et d'autres appareils que les gens connectent à leurs voitures connectées au réseau. Et ils collectent encore plus d’informations auprès des applications automobiles – telles que Sirius XM ou Google Maps – ainsi que des concessionnaires et de la télématique des véhicules.
Certaines marques automobiles peuvent alors partager ou vendre ces informations à des tiers. Mozilla a découvert que 21 des 25 constructeurs automobiles examinés déclarent pouvoir partager des informations sur leurs clients avec des fournisseurs de services, des courtiers en données, etc., et 19 sur 25 déclarent pouvoir vendre des données personnelles.
Et certains, comme Nissan, peuvent également utiliser ces données privées pour développer des profils de clients décrivant « les préférences, les caractéristiques, les tendances psychologiques, les prédispositions, le comportement, les attitudes, l'intelligence, les capacités et les aptitudes » des conducteurs. Oui, vous avez bien lu. Selon les chercheurs de Mozilla en matière de protection de la vie privée, Nissan affirme pouvoir déduire votre intelligence, puis vendre cette évaluation à des tiers.
Les autres marques ne s’en sortent pas beaucoup mieux. Volkswagen, par exemple, collecte vos comportements de conduite tels que votre ceinture de sécurité et vos habitudes de freinage et les associe à des détails tels que l'âge et le sexe pour une publicité ciblée. La politique de confidentialité de Kia se réserve le droit de surveiller votre « vie sexuelle » et Mercedes-Benz expédie des voitures avec TikTok préinstallé sur le système d’infodivertissement, une application qui a son propre lot de problèmes de confidentialité.
Source : Lettre de l’Alliance for Automobile Innovation (AAI) adressée au Congrès des USA
Et vous ?
Quelle lecture faites-vous de cet appel à bannissement des véhicules connectés chinois par les constructeurs automibiles chinois ? Êtes-vous surpris ?
Quelle lecture faites-vous de ce rapport de Mozilla ? Êtes-vous surpris ?
Que pensez-vous de la collecte et de la vente des données personnelles des utilisateurs par les marques de voitures ?
Quels sont les risques et les bénéfices potentiels de cette pratique pour les conducteurs, les constructeurs automobiles et la société en général ?
Quelles mesures devraient être prises pour protéger la vie privée et la sécurité des utilisateurs de voitures connectées ?
Quel est le rôle des gouvernements et des régulateurs dans ce domaine ?
Quelles sont vos expériences personnelles avec les voitures connectées ? Avez-vous déjà eu des problèmes ou des avantages liés à vos données ?









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