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  1. #1
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Si les créateurs eux-mêmes protègent leurs enfants de leurs propres produits, la transparence sur les mécaniques d'engagement devrait-elle être rendue obligatoire, au même titre que les avertissements sur les paquets de cigarettes ?
    Tu peux afficher "Instagram rend accro" ça n'aura aucun impact sur les utilisateurs.
    Mais peut-être que si tous les parents étaient bien au courant des dangers des applications sur smartphone, alors ils essaieraient de limiter l'utilisation qu'en font leur enfants.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Faut-il voir dans la diffusion massive des « iPad kids » un échec de l'éducation parentale, une défaillance de la régulation, ou le résultat inévitable et prévu d'un design délibérément addictogène ?
    C'est un échec parental.
    Des parents ont donné des tablettes, des smartphones ou des pc portables à des enfants sans surveillance ni limitation.
    Il faut superviser un peu.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    La scène est restée dans les annales du journalisme tech. En 2010, une reporter du New York Times interroge Steve Jobs sur l'enthousiasme de ses enfants pour l'iPad, qu'Apple vient de lancer. Sa réponse la laisse sans voix : ses enfants n'en ont jamais utilisé un. « Nous limitons la technologie que nos enfants ont le droit d'utiliser à la maison », dit-il simplement. Walter Isaacson, biographe officiel de Jobs, confirmera plus tard que les dîners en famille se tenaient autour d'une longue table de cuisine, entre livres et discussions sur l'histoire — jamais un écran en vue.
    Y'en a qui avait anticipé le danger dès le début.

  2. #2
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    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
    Plus les utilisateurs passent de temps sur une application, plus ils voient de pubs, plus ça rapporte de l'argent à la plateforme.
    L'entreprise a donc intérêt à rendre son application addictive.
    L'entreprise ne se préoccupe pas du bien être et de la santé mentale des utilisateurs, l'entreprise se préoccupe du chiffre d'affaire.

    Dès les années 1960 Philip Morris a ajouté de l’ammoniac à son tabac pour le rendre plus addictif, quand ses concurrents l'ont découvert ils ont cherché à faire pareil.
    Le capitalisme n'est pas gentil.

    De temps en temps la justice attaque une industrie car elle a poussé le bouchon un peu trop loin.
    Peut-être que les applications comme Instagram sont trop optimisées pour les rendre addictives et que ça devient dangereux.

  3. #3
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    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
    - Vous ouvrez un magazine pour enfant, vous avez des pubs ciblant les enfants.
    - Vous allumez la TV, vous avez des pubs ciblant les enfants (programme pour enfants).
    - Vous vous promenez dans la rue, vous avez des pubs ciblant les enfants (Noël, fêtes, jouets).

    Bref, que les parents soient responsables, un enfant n'a pas à trainer seul sur Internet !
    Les parents sont tout autant soumis à l'addiction que leur enfants!!!

    Et donc le docteur Artaeus considère que ce sont des drogués qui vont limiter l'usage de la drogue???

  4. #4
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    Les parents sont tout autant soumis à l'addiction que leur enfants!!!

    Et donc le docteur Artaeus considère que ce sont des drogués qui vont limiter l'usage de la drogue???
    Tu compare un réseau social à de la drogue, sérieusement ?

    Sous prétexte de santé d'ailleurs, on pourrait aussi imposer un contrôle de l'alimentation en sucre/gras et même un nombre d'heure maximum devant les écrans.
    La santé n'a pas à être prétexte à toutes les mesures liberticides comme ce fut le cas il y a quelques années avec le Covid.
    Vous vous faites les avocats du crédit social et de la gestion étatique de votre vie sans même vous en rendre compte ...

    Les droits fondamentaux et libertés des individus doivent être respectées.

  5. #5
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    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    Tu compare un réseau social à de la drogue, sérieusement ?
    Je crois qu'il a utilisé une figure de style.
    Quand quelqu'un est accro à son smartphone on peut le traiter de drogué. (au niveau du cerveau ça fonctionne pareil, Dopamine, Ocytocine, Sérotonine, Endorphines, Cortisol, Noradrénaline, récompense, tout ça)

    Là dans le contexte ça donne une mauvaise image aux enfants.
    Si un enfant de 2 ou 3 ans, voit que ses parents sont constamment en train de regarder leurs smartphones, ça donne un mauvais exemple.

    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    La santé n'a pas à être prétexte à toutes les mesures liberticides comme ce fut le cas il y a quelques années avec le Covid.
    Non mais là ça va, ce sont des entreprises comme Google, Meta et Instagram qui vont subir des procès.
    Là ça ne parle pas de devoir prouver son identité afin de pouvoir accéder à un service.

  6. #6
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    Artaeus -> Quand des multinationales demandent spécifiquement à des neurologues/sociologues de travailler le design et les mécanismes d'un logiciel ou d'un site internet pour exploiter au maximum les biais cognitifs des utilisateurs dans le seul but de les rendre captifs et dépendants, oui il faut réguler. Soit tu interdis ces pratiques à la conception, soit tu régules l'accès aux outils qui ont été conçus dans le seul objectif de baiser la gueule du plus grand nombre utilisateurs. T'as pas remarqué qu'on n'avait jamais fait ce genre de reproche à Word ou à Gimp ? Ça te vient pas à l'esprit qu'il puisse y avoir une raison à ça ?
    Ça n'a rien à voir avec une atteinte à tes libertés fondamentales.
    Enfin si, justement : en mettant des bâtons dans les roues de ces multinationales et de leurs pratiques pernicieuses, on protège les utilisateurs les plus faibles. T'as qu'à passer un coup de fil à un addictologue et lui demander ce qu'il en pense.


    La santé n'a pas à être prétexte à toutes les mesures liberticides comme ce fut le cas il y a quelques années avec le Covid.
    T'es allé faire un tour dans une maison de retraite ou dans un service hospitalier pendant le covid ?
    T'as des potes médecins ou infirmiers ? T'as débriefé avec eux ? Ils t'ont parlé de ce qu'ils ont vécu ?
    Oui la crise a été très mal gérée et c'était déjà très mal parti avant même le premier contaminé (on était en train d'incinérer nos stocks de masques quand la pandémie a commencé). On ne parlera même pas de la qualité de la communication de nos politiciens qui étaient complètement paumés/cons.
    D'un autre côté, on ne pouvait pas connaître les conséquences de la maladie. Demander à la population de rester chez elle pour préserver les plus faibles, on appelle ça de la restriction de liberté ou bien de la bienveillance envers les plus faibles, ça dépend du point de vue qu'on décide d'adopter.
    Y'a des plus de 60/70 ans dont tu te sens proche ? T'es allé leur claquer la bise pendant le confinement ? Tu leur recommandes de ne pas se faire vacciner contre la grippe ?
    Oui, c'est sûr, la façon dont le confinement a été mis en place et les réactions des populations vont être épluchées par des sociologue et les dirigeants vont se faire un plaisir de lire ces études pour voir à quel point on peut manipuler une foule. Mais tu as l'air de penser que ces décisions ont été prises dans le seul but de te nuire : faut quand même faire preuve d'un certain égoïsme pour en arriver là, non ?

    Moi non plus je les ai pas bien vécus les confinements. Mais si tu crois que tu peux qualifier ça de restriction de liberté fondamentale injustifiée, patiente encore un peu et tu verras que ton mètre étalon va prendre un sacré coup dans la gueule.
    Et si t'es vraiment impatient, regarde ce qui se passe dans d'autre régions du monde tous les jours de l'année, crise sanitaire ou non. Ou bien ce qui s'est passé pour les générations passées. Les exemples ne manquent pas.



    Edit :
    Citation Envoyé par Artaeus
    Ce procès est d'une mauvaise foi indécente :
    - Vous ouvrez un magazine pour enfant, vous avez des pubs ciblant les enfants.
    - Vous allumez la TV, vous avez des pubs ciblant les enfants (programme pour enfants).
    - Vous vous promenez dans la rue, vous avez des pubs ciblant les enfants (Noël, fêtes, jouets).

    Bref, que les parents soient responsables, un enfant n'a pas à trainer seul sur Internet !
    Tu fais semblant de ne pas comprendre la différence avec le sujet traité dans cette actualité ou bien t'as vraiment pas compris ? (pas de condescendance, c'est une vraie question).

  7. #7
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    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    Les droits fondamentaux et libertés des individus doivent être respectées.
    Bullshit!

    1. Le RESPECT commence par celui que l'on doit envers les autres et pas ce que vous considérer comme une "liberté des individus"!

    2. Ses propres DROITS se terminent quand ils empiètent sur ceux des autres!

    Est-ce un droit fondamental et une liberté individuelle de se droguer ou d'avoir 2 grammes d'alcool dans le sang et de prendre le volant pour finir par tuer des usagers de la route qui n'avaient rien demandé?

  8. #8
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    - Tout le monde devrait passer beaucoup moins de temps sur les applications comme Instagram (particulièrement les mineurs)
    - Il ne faut pas instaurer un système de contrôle pour y parvenir

    Selon comment on regarde les smartphones peuvent être une drogue.
    Définitions : drogue
    4. Chose qui grise, intoxique l'esprit ou dont on ne saurait psychologiquement se passer : Le jeu était pour lui une drogue indispensable.
    La liberté est primordiale ce serait très grave que chaque utilisateur doive être identité pour avoir le droit de réaliser la moindre action.
    Il ne faut pas donner d'outil trop puissant au pouvoir, on ne sait jamais, il pourrait évoluer en système totalitaire.

    Il faut trouver des solutions pour que les mineurs passent moins de temps sur leurs appareils, mais le contrôle des utilisateurs ne peut pas en faire partie.
    « Un peuple prêt ... »

  9. #9
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    Bullshit!

    1. Le RESPECT commence par celui que l'on doit envers les autres et pas ce que vous considérer comme une "liberté des individus"!

    2. Ses propres DROITS se terminent quand ils empiètent sur ceux des autres!

    Est-ce un droit fondamental et une liberté individuelle de se droguer ou d'avoir 2 grammes d'alcool dans le sang et de prendre le volant pour finir par tuer des usagers de la route qui n'avaient rien demandé?
    Le "free speech" et les libertés individuelles ne sont pas "bullshit" :
    - Le respect est déjà de considérer les citoyens, dont les parents, comme des adultes responsables de leurs enfants. Capable de décider en connaissance de cause pour leurs enfants (chose que font les bons parents visiblement, dans la tech, ou moi-même).

    Ta phrase 2. est assez bateau : Explique-moi quels droits j'attaque à autrui quand je souhaite que les parents soient responsables de leur enfants ? Est-ce que les réseaux sociaux attaquent des droits ?

    D'ailleurs, tu ne réponds à ce que je viens de dire : Doit-on restreindre les libertés des adultes sous prétexte que c'est "mauvais" ?
    Comparez une interface web à une drogue n'est pas sérieux, et encore moins au fait de conduire sous emprise de l'alcool.
    Suis-je dangereux pour les autres parce que j'accède à un réseau social qui a une interface "addictive" (sur quel critère d'ailleurs) ? Est-ce qu'un réseau social est dangereux car l'interface est "addictive" ?

  10. #10
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    Par défaut Pour la première fois, Meta et YouTube condamnés pour addiction par conception
    Pour la première fois, Meta et YouTube condamnés pour addiction par conception suite à la plainte d'une femme devenue accro à leurs applications dès son enfance.
    Un jury dit que l'algorithme, pas le contenu, est le problème

    Un jury de Los Angeles a rendu le 25 mars 2026 un verdict historique contre Meta et Google, jugeant leurs plateformes Instagram et YouTube coupables de négligence dans la conception d'outils conçus pour rendre les mineurs dépendants. Pour la première fois aux États-Unis, ce n'est pas le contenu publié sur les réseaux sociaux qui est mis en cause, mais l'architecture même des produits. Une décision qui pourrait faire jurisprudence pour des milliers d'affaires similaires, et redistribuer les cartes d'une protection juridique dont la Big Tech bénéficie depuis trente ans.

    Kaley, identifiée dans les documents judiciaires par ses initiales KGM, a aujourd'hui 20 ans. Elle a commencé à utiliser YouTube à l'âge de 6 ans, Instagram à 9 ans. Elle a déclaré à la barre avoir passé ses journées entières sur les réseaux sociaux, éprouvant une montée d'adrénaline à chaque notification ou « like », enchaînée à son téléphone. Ce sont ces mécanismes d'engagement, et non les contenus vus, qui ont constitué le cœur de l'accusation.

    Son avocat, Mark Lanier, a affirmé que pendant des années les plateformes de réseaux sociaux ont tiré profit du ciblage des enfants en dissimulant les fonctionnalités addictives et dangereuses intégrées à leurs interfaces. Pour étayer cette thèse, son équipe s'est appuyée sur des documents internes à Meta versés au dossier. L'un d'eux précisait que les enfants de 11 ans étaient quatre fois plus susceptibles de revenir sur Instagram que sur les applications concurrentes, malgré l'âge minimum légal fixé à 13 ans. Un autre mémo interne résumait la stratégie en des termes sans ambiguïté : « Si on veut gagner avec les ados, il faut les attraper dès l'enfance. »

    Après plus de 40 heures de délibérations réparties sur neuf jours, le jury, constitué de cinq hommes et sept femmes, a conclu que Meta et YouTube avaient fait preuve de négligence dans la conception et l'exploitation de leurs plateformes, et que cette négligence constituait un facteur substantiel dans les préjudices subis par la plaignante. Parmi les préjudices retenus figurent la dépression, la dysmorphie corporelle et des pensées suicidaires.

    La mécanique d'un contournement juridique inédit

    Pour comprendre la portée de ce verdict, il faut revenir sur l'obstacle juridique qui a longtemps rendu ce type de poursuites impossible. Depuis des décennies, l'article 230 de la loi Communications Decency Act de 1996 offrait aux plateformes une immunité quasi absolue en les protégeant de toute responsabilité pour les contenus publiés par des tiers. Toute tentative de mise en cause des réseaux sociaux pour des préjudices liés au contenu se heurtait à ce bouclier, et les affaires mouraient en phase préliminaire.

    La stratégie juridique de l'affaire KGM a consisté à déplacer entièrement la cible : au lieu d'attaquer les contenus, les avocats ont mis en cause la conception même des plateformes, arguant que le préjudice découlait non pas de publications de tiers, mais des choix d'ingénierie des entreprises elles-mêmes. Défilement infini, lecture automatique des vidéos, systèmes de notifications calibrés pour amplifier l'anxiété, boucles de récompense variable : ces fonctionnalités reposent sur les mêmes principes comportementaux que les machines à sous. Ce sont des décisions de conception délibérées, soumises aux mêmes obligations de sécurité que tout autre produit manufacturé.

    La juge Carolyn Kuhl de la Cour supérieure de Californie a validé cette théorie en novembre 2025, en rejetant la demande de Meta visant à écarter l'affaire avant procès. Elle a établi une distinction fine entre les fonctionnalités liées à la publication de contenus, potentiellement protégées par l'article 230, et des mécanismes comme le minutage des notifications, les boucles d'engagement ou l'absence de contrôles parentaux significatifs, qui ne le sont pas nécessairement. Cette cartographie fonctionnalité par fonctionnalité constitue désormais une feuille de route pour les juridictions de tout le pays.

    Nom : reseau_sociaux.png
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    Zuckerberg à la barre, une semaine de cauchemar pour la Silicon Valley

    Le procès, qui a duré sept semaines, a donné lieu à des scènes rares : Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a dû témoigner à la barre le 18 février 2026, défendant ses produits devant le jury. Il a affirmé qu'il était « très difficile » de faire respecter les limites d'âge sur Instagram, et minimisé le rôle économique des utilisateurs mineurs pour l'entreprise.

    Au final, le jury a attribué à Meta 70 % de la responsabilité dans les préjudices causés à la plaignante, et à YouTube les 30 % restants. Les dommages compensatoires ont été fixés à 3 millions de dollars. Les jurés ont également recommandé des dommages punitifs de 2,1 millions d'euros à la charge de Meta, et de 900 000 dollars pour YouTube. En concluant que les deux entreprises avaient agi avec malice, oppression ou fraude, le jury a ouvert la voie à ces pénalités supplémentaires, qui s'ajoutent aux 3 millions compensatoires pour un total de 6 millions de dollars.

    Les deux entreprises ont annoncé leur intention de faire appel. Meta a déclaré « respectueusement » son désaccord, ajoutant que la santé mentale des adolescents est une réalité « profondément complexe qui ne peut être attribuée à une seule application ». Google a pour sa part estimé que le verdict « méconnaît YouTube, une plateforme de vidéos construite de manière responsable, et non un réseau social ».

    Un verdict encadré, mais un signal de rupture

    Il serait réducteur de résumer ce verdict à sa dimension financière. Le procès de Los Angeles est survenu un jour après qu'un jury du Nouveau-Mexique a condamné Meta à verser 375 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir manqué à son obligation de protéger les jeunes utilisateurs contre des prédateurs sexuels sur Instagram et Facebook. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, a déjà annoncé qu'il « attend avec impatience de tenir Meta responsable » lors d'un procès distinct prévu en août 2026 dans la Baie de San Francisco.

    L'enjeu dépasse largement la plaignante individuelle. L'affaire KGM a été sélectionnée comme procès pilote (bellwether), censé orienter les verdicts dans l'ensemble des affaires connexes (environ 1 600 plaignants, dont plus de 350 familles et plus de 250 districts scolaires), consolidées dans une procédure de coordination judiciaire californienne. Ce dossier partage ses équipes juridiques et ses pièces à conviction, dont les documents internes à Meta, avec un contentieux fédéral multijuridictionnel qui devra avancer devant les tribunaux dans le courant de l'année.

    Les avocats impliqués dans ces affaires voient dans le verdict de Los Angeles un signe encourageant que le barrage commence à céder en faveur d'une réforme sectorielle. Les comparaisons avec le tabac sont omniprésentes dans les commentaires : plusieurs procès programmés pour cette année et au-delà marquent l'aboutissement d'années d'examen critique des plateformes, de leur responsabilité dans les addictions, et de la question de savoir si elles proposent des contenus conduisant à la dépression, aux troubles alimentaires ou au suicide.

    TikTok et Snap déjà sortis par la petite porte

    Un détail révélateur du rapport de force actuel : TikTok et Snap, également désignés comme défendeurs dans la plainte initiale, ont chacun conclu un accord avant l'ouverture du procès. Les montants de ces transactions n'ont pas été rendus publics. Cette retraite précoce suggère que les deux entreprises ont jugé le risque d'une mise en cause publique de leur architecture d'engagement plus coûteux qu'une sortie discrète. Elle met aussi en lumière la position désormais isolée de Meta et Google, qui ont choisi le bras de fer et perdu la première manche.

    La stratégie défensive des deux géants a reposé sur deux axes. Sur le fond, Meta a insisté sur les antécédents familiaux difficiles de la plaignante et rappelé qu'aucun de ses thérapeutes n'avait identifié les réseaux sociaux comme cause de ses troubles. Les avocats de la plaignante n'avaient pas à prouver que les réseaux sociaux avaient causé ses difficultés, seulement qu'ils avaient constitué un facteur substantiel dans ses préjudices. Cette distinction, simple en apparence, s'est révélée décisive.

    Sur la forme, YouTube a tenté une dissociation sémantique en arguant que sa plateforme est davantage comparable à la télévision qu'à un réseau social. Ses avocats ont notamment mis en avant les données d'utilisation de la plaignante, qui aurait passé en moyenne une minute par jour sur YouTube Shorts depuis le lancement de cette fonctionnalité en 2020. Argument insuffisant pour convaincre les jurés.

    Une jurisprudence à géométrie variable

    Malgré son caractère historique, ce verdict appelle quelques nuances. Les dommages accordés (6 millions de dollars au total) représentent une fraction infime des milliards réclamés par les avocats de la plaignante, et une somme négligeable comparée aux revenus annuels de Meta ou d'Alphabet. La portée symbolique et jurisprudentielle pèse infiniment plus lourd que le montant financier.

    Les tentatives de Meta, Google et Snap d'obtenir des appels en cours de procédure ont été repoussées par les juridictions, qui ont estimé que l'intérêt public exigeait des procès rapides et une phase de découverte factuelle. Mais l'issue des appels annoncés par les deux entreprises reste incertaine, et plusieurs victoires en appel pourraient réduire à néant la portée pratique du verdict.

    Ce qui est en revanche difficilement réversible, c'est le changement de paradigme conceptuel que ce procès a consacré. La distinction entre conduite et contenu, qui consiste à traiter les choix algorithmiques comme un comportement propre à l'entreprise plutôt que comme la publication protégée de tiers, constitue une feuille de route pour les tribunaux du pays tout entier. Et au-delà des frontières américaines : des juristes européens, australiens et canadiens suivent ces procédures avec attention.

    L'ingénierie de l'addiction a désormais un prix. Reste à savoir si ce prix sera suffisamment élevé pour que Meta et Google jugent plus rentable de revoir leurs produits que de se battre dans les tribunaux.

    Source : décision de justice

    Et vous ?

    La distinction juridique entre « contenu » et « conception » d'une plateforme vous semble-t-elle solide ? Peut-on vraiment séparer l'architecture d'un fil d'actualité du contenu qu'elle met en avant ?

    Les 6 millions de dommages accordés représentent une fraction infime des revenus de Meta ou Google. Un tel verdict a-t-il réellement de quoi changer le calcul économique des plateformes, ou n'est-ce qu'un coût acceptable pour continuer à fonctionner de la même façon ?

    TikTok et Snap ont préféré régler à l'amiable avant le procès. Est-ce selon vous un aveu implicite de leur responsabilité, ou une simple décision de gestion du risque juridique et réputationnel ?

    L'article 230 a été conçu dans un contexte d'internet très différent. Doit-il être réformé en profondeur, ou la stratégie de contournement par la responsabilité produit est-elle suffisante pour corriger ses effets ?

    Si ces verdicts déclenchent une vague de redesign des plateformes pour les mineurs, est-ce une bonne nouvelle ? Ou risque-t-on simplement de voir émerger des versions édulcorées pour les moins de 18 ans, pendant que l'architecture addictive reste intacte pour les adultes ?
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  11. #11
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    Un jury de Los Angeles a rendu le 25 mars 2026 un verdict historique contre Meta et Google, jugeant leurs plateformes Instagram et YouTube coupables de négligence dans la conception d'outils conçus pour rendre les mineurs dépendants.
    C'est curieux comme formulation. On parle de négligence au sujet de quelque chose de parfaitement délibéré. Ça doit être du jargon juridique.
    Brachygobius xanthozonus
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  12. #12
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    Par défaut Des journaux de discussion YouTube révèlent que des employés visaient à « rendre les utilisateurs dépendants »
    Des journaux de discussion YouTube révèlent que des employés visaient à « rendre les utilisateurs addicts » et ont supprimé des outils de sécurité destinés à protéger les jeunes spectateurs

    Google est accusé d'avoir délibérément conçu YouTube pour favoriser l'addiction des spectateurs. Des journaux de discussion internes révèlent que les employés de YouTube privilégiaient l'engagement maximal au détriment de la santé mentale, allant jusqu'à abandonner des outils de sécurité jugés peu rentables. Des fonctions comme la lecture automatique et le défilement infini ciblent particulièrement les jeunes pour accroître les revenus publicitaires. Ces révélations s'inscrivent dans un contexte de poursuites judiciaires contre les géants du numérique pour leur impact sur la santé mentale. Meta et YouTube ont récemment été condamnés pour addiction par conception.

    Des documents internes de YouTube ont mis en lumière les machinations de la plateforme pour provoquer une dépendance extrême chez les spectateurs. Ces documents explosifs ont été publiés en amont à une série de procès historiques prévus cet été à Oakland, en Californie, devant la Cour fédérale du district nord de Californie. Les documents publiés comprennent des journaux de discussion internes et des présentations d'employés de YouTube.

    YouTube, propriété de Google, ainsi que Meta, Snap et TikTok sont cités comme défendeurs. Lors d’une déposition dans cette affaire en mars dernier, John Harding, vice-président de l’ingénierie chez YouTube, a été confronté par les avocats des plaignants à un courriel interne daté du 7 juin 2012, dans lequel un employé de YouTube, dont le nom a été masqué, déclarait que « l’objectif n’est pas l’audience, mais l’addiction des spectateurs ».

    John Harding a confirmé l'authenticité du courriel, mais a éludé toute responsabilité, estimant que les membres de son équipe discutaient d'une « application de création vidéo qui n'était même pas destinée aux spectateurs ». La suite de l'échange entre le vice-président et l'avocat a été caviardée.

    Abandon des systèmes de sécurité et mécanismes addictifs

    Cette affaire fédérale s'inscrit dans ce que les experts juridiques et les critiques ont qualifié de « moment Big Tobacco » pour Google et Meta. Les retombées pourraient être dévastatrices. Les deux géants ont été reconnus coupables la semaine dernière d'avoir alimenté la dépendance aux réseaux sociaux dans une affaire historique portée devant la cour de l'État de Californie au nom d'une jeune femme de 20 ans connue sous le nom de KGM.

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    Selon la plainte, les services Instagram, Facebook et YouTube sont conçus pour rendre les spectateurs dépendants. Les révélations choquantes issues de l’affaire fédérale d’Oakland contredisent les déclarations publiques des dirigeants qui ont affirmé que l’application n’avait jamais été conçue pour créer une dépendance et que tout effet néfaste sur les enfants était dû à des contenus tiers plutôt qu’à des choix intentionnels de conception de l’application.

    Le procès fédéral prévu cet été à Oakland inclut toutefois une présentation interne de YouTube datant d'avril 2018, qui relate les conclusions d'une étude selon lesquelles « le visionnage excessif de vidéos sur la plateforme est lié à une dépendance » et qu'il entraîne « une poussée rapide de dopamine ».

    « Ces extraits, sélectionnés de manière sélective et datant d’il y a dix ans, donnent une image fausse de notre travail de conception responsable des produits. En réalité, ils démontrent que nos équipes identifient de manière proactive les défis à relever afin de garantir que nos produits privilégient des expériences de haute qualité et adaptées à l’âge des utilisateurs », a fait valoir José Castañeda, porte-parole de Google, dans un communiqué.

    YouTube était au courant des dangers liés à son application

    Selon les documents publiés dans le cadre du procès, une étude interne menée par l’entreprise en 2018 estimait qu’un nombre impressionnant de 32 millions d’utilisateurs âgés de 13 à 24 ans étaient renseignés comme « grands utilisateurs réguliers » et regardaient plus de deux heures de vidéos par jour, tandis que 36 millions d’utilisateurs âgés de 18 à 24 ans déclaraient regretter le temps passé sur YouTube au cours de la semaine précédente.

    Dans une diapositive de présentation interne présentant une capture d'écran d'une vidéo amusante mettant en scène un chat, les employés ont indiqué que des études avaient prouvé que « le visionnage de vidéos est une technique courante pour gérer son humeur, mais qu'il est difficile d'arrêter de regarder ».

    « En fin de compte, les utilisateurs éprouvent un sentiment de culpabilité à l’idée de passer autant de temps à accomplir des tâches sans intérêt », ont écrit les chercheurs. Plus récemment, en août 2024, dans une présentation interne intitulée de l'entreprise « Bien-être et sécurité des adolescents (non supervisés) sur YouTube », les employés de YouTube ont admis que le « flux infini » de l’application constituait une part importante du problème.

    Les deux principaux défis de la plateforme sont « les recommandations de vidéos qui banalisent des croyances ou des comportements malsains » et « une utilisation prolongée qui prend la place d’activités enrichissantes telles que passer du temps avec des amis ou dormir ». « Ces inquiétudes sont particulièrement vives concernant les contenus courts (populaire chez les jeunes), jugés superficiels et propices au défilement infini », selon le document.

    Impact sur la santé mentale des jeunes et enjeux financiers

    Ces documents, qui couvrent la période allant de 2012 à 2025, ont été publiés fin février et compilés par le Tech Oversight Project, un groupe de surveillance qui s’est imposé comme l’un des détracteurs les plus virulents des géants de la technologie. Selon le groupe, ces documents prouvent que YouTube cherche délibérément à rendre les enfants dépendants pour augmenter le temps d'écran, livrer plus de publicités et collecter des données pour Google.


    Ces révélations s'inscrivent dans une tendance juridique plus large où des plateformes telles que YouTube, Facebook et Instagram sont tenues responsables des dommages causés à la santé mentale des jeunes, une utilisatrice ayant récemment obtenu six millions de dollars de dommages et intérêts.

    Citation Envoyé par Sacha Haworth, directrice exécutive de Tech Oversight Project

    Devant les tribunaux, YouTube prétend ne pas être une plateforme de réseaux sociaux, mais ses propres dirigeants ne croient même pas à cette théorie. Ces documents explosifs montrent que YouTube s’est donné pour objectif de rendre délibérément les enfants et les adolescents dépendants, car cela générait plus de temps d’écran pour diffuser des publicités et plus de données à acheminer vers l’activité de surveillance de Google. Ils considèrent nos enfants comme des pions pour gagner leur prochain billion de dollars, et il est grand temps que nous brisions ce statu quo néfaste.
    Par ailleurs, dans une présentation « hors site stratégique » de 2019, des employés du site ont écrit : « l’objectif de YouTube consistant à encourager une utilisation quotidienne plus fréquente n’est pas en adéquation avec nos efforts visant à améliorer le bien-être numérique ». Un autre document publié par le tribunal révèle que les dirigeants de YouTube ont pris des mesures pour effacer leurs traces et empêcher tout examen futur de leurs pratiques.

    Conclusion

    Google est confronté à des procès historiques sur la conception de YouTube. Les plaignants affirment que la plateforme est addictive. Les documents publiés mettent en avant deux problèmes principaux : les systèmes de recommandation susceptibles de « normaliser des croyances ou des comportements malsains », et « une utilisation prolongée qui prend le pas sur des activités enrichissantes telles que passer du temps avec des amis ou dormir ».

    Les dossiers judiciaires allèguent également que les outils proposés visant à protéger les jeunes spectateurs ont finalement été abandonnés, car ils n'offraient pas un retour sur investissement suffisamment important. Dans une présentation interne datée d'août 2024 intitulée « Bien-être et sécurité des adolescents (non surveillés) », le personnel de YouTube a reconnu que le « flux infini » de la plateforme était une source majeure de préoccupations.

    Dans une autre affaire, un jury a jugé Meta et YouTube responsables d’avoir contribué aux problèmes de santé mentale d’une jeune utilisatrice, les plaintes mettant en cause des fonctionnalités telles que la lecture automatique et le défilement infini. Elle s’est vu accorder 6 millions de dollars de dommages-intérêts.

    Source : documents judiciaires (1, 2, 3, 4, 5, 6)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des problèmes mis en avant par les documents internes de YouTube ?
    YouTube était au courant des dangers liés à sa plateforme, mais n'a rien fait. Que risque la plateforme ?
    YouTube se serait montré laxiste sur les systèmes de sécurité visant à protéger les jeunes spectateurs. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    Pour la première fois, Meta et YouTube condamnés pour addiction par conception suite à la plainte d'une femme devenue accro à leurs applications dès son enfance. Un jury pointe du doigt l'algorithme

    Les plus grandes entreprises de réseaux sociaux sont accusées d'avoir créé des « machines à addiction » lors d'un procès historique pour examiner les effets d'Instagram et YouTube sur la santé mentale

    Google plaide que YouTube n'est pas un réseau social et qu'il ne crée pas d'addictions, pendant le procès sur la dépendance aux réseaux sociaux

  13. #13
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    YouTube était au courant des dangers liés à sa plateforme, mais n'a rien fait. Que risque la plateforme ?
    C'est comme dire "Philip Morris International était au courant des dangers liés à ses produits".

    Les très grandes entreprises ne sont parfois pas très gentilles.
    Elles cherchent à rendre les utilisateurs accro afin qu'ils consomment plus de leurs produits. (Philip Morris International a ajouté de l'Ammoniac, du sucre, des arômes et d'autres additifs pour rendre son tabac plus addictif)

    Il faudra voir à la fin à combien elle sera condamné, parfois il arrive que l'entreprise soit gagnante à la fin.
    Il doit y avoir des millions d'utilisateurs qui regardent des heures de YouTube Shorts chaque jour, ils doivent voir pas mal de pub, donc ça doit rapporter de l'argent à la plateforme.
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  14. #14
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    Pourquoi n'a-t-elle pas porté plainte contre ses responsables légaux ?

    Si un enfant met en marche une voiture et l’envoie dans le fossé, est-ce que c'est la faute du fabricant de voiture ?

  15. #15
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    Encore une fois, la comparaison ne tient pas.
    Les fabricants de voitures n'embauchent pas des armées de neurologues et de psychologues pour concevoir leurs produits alors que ça fait parti des pratiques courantes des GAFAM.
    Et le seul objectif c'est de pousser les clients à utiliser leur produit le plus souvent possible et le plus longtemps possible.

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