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Intelligence artificielle Discussion :

Les investissements dans le secteur de l'IA aux États-Unis continuent de battre des records


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #401
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    Citation Envoyé par Pierre Louis Chevalier Voir le message
    Le S & P c'est pas l'IA, c'est les valeurs traditionnelles, et comme tu le voie ça plafonne, ça monte plus.

    L'IA c'est le NASDAQ, et il commence à plonger sévèrement

    Pièce jointe 674288

    La valorisation est bien trop élevée, ça va forcément s'écrouler, brutalement.

    Si jamais la baisse atteint 20% , c'est le seuil psychologique, beaucoup vont paniquer et tout vendre d'un coup.
    +65% en 5 ans ça veux dire que le NASDAQ peut perdre 65% en quelques jours, voir plus, -80% c'est déjà arrivé dans le passé, c'est toujours comme ça que ça fini.
    encore faut il relever l'index NASDAQ-100 (NDX: https://indexes.nasdaqomx.com/Index/Overview/NDX) et NON pas l'entreprise qui a derrière (NDAQ Nasdaq Inc, que tu as pris)
    comme a dit Ryu2000 aussi, la baisse du NDX est encore quasi insignifiante: -2% depuis le début de l'année, et +11.59% sur 1 an

  2. #402
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Tous les médias font ça.
    Ils se concentrent sur un 1 jour, ils ne dézooment jamais.
    justement, j'estime (peut-être à tord) que les articles de developpez.net sont (ou devraient être) au dessus des media de masse et offrir des articles de meilleure qualité.
    D'où nos commentaires.

  3. #403
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ce qui correspond beaucoup plus à ça :
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    Regarde bien la fin de la courbe, ici la forme de la courbe ca veux dire vends tout de suite, rien qu'en lisant ta courbe ça veux dire que le Nasdaq doit perdre au moins 60% de sa valeur actuelle, et même avec -60% ça sera toujours largement surévalué,
    pour revenir à des fondamentaux normaux (PER etc) il faudrait avoir une baisse de 80%. Beaucoup ont emprunté pour spéculer sur le bitcoin et le NASDAQ, ces gens la devront vendre tout, ça a commencé....

    Le Bitcoin vient de s'écrouler et c'est pas fini, ceux qui ont perdu sur le bitcoin vont devoir vendre leurs valeurs du nasdaq pour compenser leurs pertes.
    Ne prenez pas la vie au sérieux, vous n'en sortirez pas vivant ...

  4. #404
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    Salut à tous.

    @ Eric80 : tu ne peux pas analyser une valeur boursière ou un indice uniquement en prenant deux moments dans l'année et décréter qu'il y a une hausse ou une baisse. Tu peux te retrouver dans deux optimums qui annonces un retournement de situations alors que ta lecture dit exactement le contraire.

    @ OuftiBoy : ce n'est pas exactement comme la bulle internet car en dehors de ce secteur, l'économie allait plutôt bien à cette époque et la situation politique était stable. Ici, il y a une fragilité mondiale due à la politique américaine et en même temps une bulle spéculative autour de l'IA, un chômage de masse qui ne fait que croitre, un changement climatique très incertain avec des catastrophes dont les assurances ne peuvent plus vraiment faire face, et cela a une répercussion sur l'agriculture et donc sur le cout de l'alimentation, ainsi que sur l'apparition de nouvelle maladie comme le cas du covid-19. A cause de l'IA, l'économie traditionnelle va s'effondrer, celle ne voulant ou ne pouvant pas accepter cette technologie seront les premières touchées. Mais en même temps, rien n'indique que l'IA va nous promettre un avenir meilleur, je ne parle pas dans les dix prochaines années, mais à terme. Sans compter sur un relâchement du politique incapable de trouver des solutions, ainsi que des travailleurs qui se traduit par une augmentation de la dette mondiale et une diminution de la création de richesse. Et en plus, un isolationnisme qui pourrait engendrer une nouvelle guerre mondiale. Je vois plutôt le jeudi noir de 1929, mais en pire, engendrant une panique et un effondrement de l'économie et de la monnaie comme on ne l'aura jamais vu. Un signal fort inquiétant est la monté du cours de l'or, valeur considérée comme refuge.

    @ Calvaire : ce n'est pas une blague. La bonne question n'est pas si cela va arriver, mais plutôt quand. Quand nos dirigeants font du n'importe quoi, on ne peut pas s'attendre à ce que tout aille mieux. Il arrive un moment où il y a le retour de bâton et là, ça va faire très mal.

    @ Pierre Louis Chevalier : je vois que tu t'y connais en bourse. Cela ne te parait pas bizarre, un indice aussi faible qui s'exprime en USD et qui produit un dividende ? Ben non, ce n'est pas l'indice "NASDAQ" mais de l'action "Nasdaq Inc (NADQ)". Tu t'es trompé.

    @ Ryu2000 : Tu t'es trompé aussi. Le bon indice Nasdaq est celui que l'on nomme "composite" regroupant plusieurs milliers d'actions. Celui nommé Nasdaq-100 ne regroupe seulement que les cent valeurs des plus grosses capitalisation non financières.

    @ Tous : en bourse, pour l'instant, je ne vois rien d'inquiétant coté IA. Par contre la politique de Trump rend l'économie américaine très instable.

  5. #405
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    Citation Envoyé par Pierre Louis Chevalier Voir le message
    Le S & P c'est pas l'IA, c'est les valeurs traditionnelles, et comme tu le voie ça plafonne, ça monte plus.

    L'IA c'est le NASDAQ, et il commence à plonger sévèrement

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    La valorisation est bien trop élevée, ça va forcément s'écrouler, brutalement.

    Si jamais la baisse atteint 20% , c'est le seuil psychologique, beaucoup vont paniquer et tout vendre d'un coup.
    +65% en 5 ans ça veux dire que le NASDAQ peut perdre 65% en quelques jours, voir plus, -80% c'est déjà arrivé dans le passé, c'est toujours comme ça que ça fini.
    j'ai volontairement pas pris le NASDAQ, le snp c'est globalement de la tech américaine, donc une grosse partie de l'ia.
    30 % du S&P 500 par capitalisation boursière provient de sociétés très exposées à l’IA.
    Plus de la moitié de ces 500 sociétés mentionnent l’IA de façon significative dans leurs activités.
    En cas de vrai chute ou un "éclatement de la bulle de l'ia", l'indice aurait baissé, ce qui n'est pas le cas.

    @ Tous : en bourse, pour l'instant, je ne vois rien d'inquiétant coté IA. Par contre la politique de Trump rend l'économie américaine très instable.
    Mème conclusion, les décisions de Trump au jours le jours on plus d'effet que ce que cette article prédit sur l'ia....
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  6. #406
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    Citation Envoyé par Pierre Louis Chevalier Voir le message
    Regarde bien la fin de la courbe, ici la forme de la courbe ca veux dire vends tout de suite
    Ce n'est jamais aussi simple.
    Si tous les investisseurs réagissaient comme ça, il y aurait régulièrement des "ventes paniques" (panic sell).

    Je pense que la bulle autour de l'IA ne va pas exploser tout de suite et qu'il va falloir attendre quelque années.
    Mais c'est clair que ça ne tiendra pas indéfiniment, l'intégralité des acteurs savent (et préviennent le public) que nous sommes dans une période d'euphorie qui sera suivi par un krach.
    Peu d'entreprises du domaine de l'IA vont survivre. Mais les autres ne vont pas mourir la semaine prochaine non plus.

    Citation Envoyé par Eric80 Voir le message
    j'estime
    Je ne crois pas que ce soit possible.
    À la limite sur quelque chose de technique, quelque chose en rapport avec la programmation, la technologie, les logiciels, etc, c'est possible.

    Mais là c'est de la finance...
    J'imagine que ça se passe comme dans les vrais journaux, et qu'en gros c'est de la réécriture d'articles existants.
    Par exemple l'AFP dit quelque chose et les médias réécrivent ce qu'a dit l'AFP. (ou une autre source)

    Si un rédacteur était très fort en finance, il travaillerait peut-être pour un site de finance.

  7. #407
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    Par défaut C'est bien ce que je dis ;-)
    Artemus24,

    Citation Envoyé par Artemus24 Voir le message
    @ OuftiBoy : ce n'est pas exactement comme la bulle internet car en dehors de ce secteur, l'économie allait plutôt bien à cette époque et la situation politique était stable. Ici, il y a une fragilité mondiale due à la politique américaine et en même temps une bulle spéculative autour de l'IA, un chômage de masse qui ne fait que croitre, un changement climatique très incertain avec des catastrophes dont les assurances ne peuvent plus vraiment faire face, et cela a une répercussion sur l'agriculture et donc sur le cout de l'alimentation, ainsi que sur l'apparition de nouvelle maladie comme le cas du covid-19. A cause de l'IA, l'économie traditionnelle va s'effondrer, celle ne voulant ou ne pouvant pas accepter cette technologie seront les premières touchées. Mais en même temps, rien n'indique que l'IA va nous promettre un avenir meilleur, je ne parle pas dans les dix prochaines années, mais à terme. Sans compter sur un relâchement du politique incapable de trouver des solutions, ainsi que des travailleurs qui se traduit par une augmentation de la dette mondiale et une diminution de la création de richesse. Et en plus, un isolationnisme qui pourrait engendrer une nouvelle guerre mondiale. Je vois plutôt le jeudi noir de 1929, mais en pire, engendrant une panique et un effondrement de l'économie et de la monnaie comme on ne l'aura jamais vu. Un signal fort inquiétant est la monté du cours de l'or, valeur considérée comme refuge.
    C'est ce que je voulais exprimer, en disant x100 par rapport à la "bulle" internet, cela incluait (sans que je le précise suffisamment clairement), un impact beaucoup plus large, qui aura des répercussions un peu partout. La crise des "subprimes" en 2008 avait déjà eu des répercutions (par exemple, Fortis Belgique qui a été vendue pour un mars et 3 boutis à PNB Paris-Bas). Des épargnants belges ont perdus énormément dans cette histoire. Il y'a bien eu des procès, mais ça n'a rien donné, parce qu'il n'y avait plus rien a donner, ou parce que, comme toujours, lorsque l'on parle de dette, on la "mutualise" (un beau mot pour dire que tous le monde en payera une partie), mais quand il s'agit de bénéfices, là, bizarrement, ça reste "privatiser".

    Quant à la (future) guerre mondiale, ce ne serait pas la première fois dans l'Histoire qu'on "la met" en place pour effectuer un "reset" de l'économie. Et ensuite, ben on refait la même chose, et cela donnera (forcément) encore le même résultat. Un vielle adage dit "va falloir une bonne guerre pour relancer le système". La chair à canon ne coûte pas grand chose aux grands de ce monde, ils sont bien au chaud, on de quoi attendre que ça passe. Il seront des "profiteurs" de guerre, et ensuite, c'est l'effet Kiscool, ils seront les premiers a profiter de la "reconstruction", youpie.

    Mais bon, ce n'est que mon petit avis. Ai-je tord ou raison ? Franchement je ne sais pas. Enfin, si, la seule chose que je sais, c'est que "c'est tôdi les p'tits qu'on språche" (c'est du wallon, mais ça se comprend facilement).

    Bah, on ne peut rien y faire,
    BàT et Peace & Love.

  8. #408
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    Par défaut Des milliers de PDG admettent que l'IA n'avait aucun impact sur l'emploi ou la productivité
    Des milliers de PDG admettent que l'IA n'a aucun impact sur l'emploi ou la productivité, ce qui rappelle un paradoxe vieux de 40 ans : « une technologie répandue mais absente des statistiques de productivité »

    Une enquête menée auprès de milliers de dirigeants met en évidence un paradoxe saisissant : la majorité déclare que l’IA n’a pas encore produit d’amélioration significative ni de la productivité ni de l’emploi. Certains gains existent au niveau des tâches ou de fonctions spécifiques, mais ils ne se traduisent pas encore en gains globaux pour les entreprises ou l’économie. Cette situation rappelle le paradoxe formulé par l’économiste de renom Robert Solow dans les années 1980 : une technologie omniprésente, mais invisible dans les statistiques de productivité. Ce constat et les craintes liées aux suppressions d'emploi impactent négativement les marchés boursiers.

    En 1987, le célèbre économiste Robert Solow avait formulé une observation restée célèbre : malgré l'essor des ordinateurs et des microprocesseurs, la croissance de la productivité avait chuté au lieu d'augmenter. Les nouvelles machines généraient parfois trop d'informations, ralentissant plutôt qu'accélérant le travail. Il résuma ce paradoxe par une formule restée célèbre : « on voit l'ère informatique partout, sauf dans les statistiques de productivité ».

    Ce qui promettait d'être un boom pour la productivité au travail s'est avéré être un échec pendant plusieurs années. Ce résultat inattendu a été baptisé « paradoxe de la productivité de Solow », d'après l'observation de ce phénomène par l'économiste. Cela semble refléter la réalité de l'industrie de l'IA aujourd'hui.

    Une étude publiée en février 2026 par le National Bureau of Economic Research (NBER) auprès de 6 000 PDG, directeurs financiers et autres cadres dirigeants aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Australie dresse un constat sévère : près de 90 % des entreprises affirment que l'IA n'a eu aucun impact sur l'emploi ou la productivité au cours des trois dernières années. Un précédent rapport du MIT a révélé que 95 % des projets échouent.

    Si environ deux tiers des cadres interrogés dans le cadre de l'étude du NBER ont déclaré utiliser l'IA, cette utilisation ne représentait qu'environ 1,5 heure par semaine, et 25 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas utiliser du tout l'IA sur leur lieu de travail. Près de 90 % des entreprises ont déclaré que l'IA n'avait eu aucun impact sur l'emploi ou la productivité au cours des trois dernières années. Il y a un contraste avec le battage médiatique.

    Des gains qui ne s'observent pas dans la productivité globale

    Les dirigeants indiquent que les projets restent expérimentaux, limités à des cas d’usage ponctuels, ce qui empêche un effet systémique sur la productivité. Pourtant, le rapport indique que les attentes restent élevées : les dirigeants anticipent une hausse de productivité de 1,4 % et une croissance de la production de 0,8 % d'ici à trois ans, signe d'un décalage notable entre la réalité observée dans la pratique et les espoirs placés dans cette technologie.


    Alors que les entreprises s'attendent à une baisse de 0,7 % de l'emploi au cours de cette période, les employés interrogés prévoient une augmentation de 0,5 % de l'emploi. Cela suggère que les travailleurs pensent que l'IA n'est pas encore suffisamment mature pour les remplacer dans les entreprises.

    « L'IA est partout, sauf dans les données macroéconomiques actuelles », a écrit Torsten Slok, économiste en chef chez Apollo, dans un récent article de blogue, reprenant l'observation faite par Robert Solow. « Aujourd'hui, l'IA n'apparaît pas dans les données sur l'emploi, la productivité ou l'inflation ».Torsten Slok a ajouté qu'en dehors des sept magnifiques, « rien n'indique que l'IA ait un impact sur les marges bénéficiaires ou les prévisions de résultats ».

    Torsten Slok a cité une série d'études universitaires sur l'IA et la productivité, qui brossent un tableau contradictoire de l'utilité de cette technologie. En novembre dernier, la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis, dans le Missouri, a écrit dans son rapport sur l'état d'adoption de l'IA générative qu'elle a observé une augmentation de 1,9 % de la croissance cumulative excédentaire de la productivité depuis l'introduction de ChatGPT fin 2022 par OpenAI.

    En 2024, une étude du MIT a révélé une augmentation plus modeste de 0,5 % de la productivité au cours de la prochaine décennie. « Je ne pense pas que nous devrions minimiser l'importance d'un taux de 0,5 % en 10 ans. C'est mieux que zéro », a déclaré l'auteur Daron Acemoglu, lauréat du prix Nobel. « Mais c'est tout simplement décevant par rapport aux promesses faites par les acteurs du secteur et les journalistes spécialisés dans les technologies ».

    La confiance dans l'IA en baisse dans le rang des travailleurs

    L'enthousiasme semble faiblir. Des données du Census Bureau des États-Unis montrent une baisse de l’utilisation de l’IA au travail : la part des travailleurs l'utilisant dans la production de biens et services est passée à environ 11 %. La baisse est particulièrement marquée dans les grandes entreprises, celles ayant plus de 250 employés. D’autres sources rapportent un taux d’usage plus élevé, mais elles convergent toutes vers l’idée d’un ralentissement.

    Le Baromètre mondial des talents 2026 de ManpowerGroup, une société spécialisée dans les solutions de main-d'œuvre, a révélé que parmi près de 14 000 travailleurs dans 19 pays, l'utilisation régulière de l'IA par les travailleurs a augmenté de 13 % en 2025, mais la confiance dans l'utilité de cette technologie a chuté de 18 %, ce qui indique une méfiance persistante. Les entreprises ne parviennent pas à corriger le problème de l'hallucination des modèles.

    Nickle LaMoreaux, directeur des ressources humaines chez IBM, a déclaré la semaine dernière que le géant technologique allait tripler le nombre de jeunes embauchés, suggérant que malgré la capacité de l'IA à automatiser certaines tâches requises, le remplacement des travailleurs débutants entraînerait à terme une pénurie de cadres intermédiaires, mettant en péril la relève au sein de l'entreprise. C'est l'une des craintes principales liées à l'automatisation.

    De nombreux PDG ont admis qu'ils ne tirent aucun bénéfice des investissements dans l'IA. Au lieu de cela, une gigantesque bulle s'est formée autour de la technologie. Selon le critique Edward (Ed) Benjamin Zitron, « la bulle actuelle dans le secteur de l'IA est bien pire que la situation qui prévalait lors de la bulle Internet ». L'éclatement de cette bulle pourrait effacer des centaines de milliards de dollars d'investissements et impacter l'économie mondiale.

    S'agit-il d'un effet de retard plutôt que d'un échec pour l'IA ?

    De nombreux dirigeants restent optimistes. Selon eux, il est certain que cette tendance en matière de productivité pourrait s'inverser. Pour rappel, le boom informatique des années 1970 et 1980 a finalement cédé la place à une forte augmentation de la productivité dans les années 1990 et au début des années 2000, avec notamment une hausse de 1,5 % de la croissance de la productivité entre 1995 et 2005, après plusieurs décennies de stagnation.

    Selon Erik Brynjolfsson, économiste et directeur du Digital Economy Lab de Stanford, la tendance pourrait déjà s'inverser. Son analyse révèle une hausse de 2,7 % de la productivité américaine en 2025, qu'il attribue à la transition entre l'investissement dans l'IA et la récolte des fruits de cette technologie.

    L'économiste Mohamed El-Erian a noté que la croissance de l'emploi et celle du PIB continuaient de se dissocier, en partie en raison de l'adoption continue de l'IA, un phénomène similaire à celui qui s'était produit dans les années 1990 avec la bureautique. Torsten Slok a également estimé que l'impact futur de l'IA pourrait ressembler à une « courbe en J », avec un ralentissement initial des performances et des résultats, suivi d'une croissance exponentielle.

    Débâcle en bourse : l'industrie de l'IA face à l'heure de vérité ?

    La situation a commencé à changer à la fin du mois de janvier 2026, lorsque les rapports financiers de certaines des plus grandes entreprises technologiques ont commencé à effrayer les investisseurs. Ils s'impatientent du fait que les dépenses n'ont pas encore généré de gains proportionnels en matière de revenus. À elles seules, Microsoft, Amazon, Meta et Alphabet devraient dépenser plus de 600 milliards de dollars en investissements en 2026.


    Cela absorbe les flux de trésorerie disponibles et charge les entreprises d'actifs qui se déprécient, modifiant radicalement certaines des caractéristiques qui ont contribué à leur essor au cours de la dernière décennie. « C'est une situation vraiment sans issue », a déclaré Anthony Saglimbene, stratège en chef des marchés chez Amerprise Advisor Services. Les investisseurs pourraient se lasser d'attendre et retirer leurs billes, ce qui provoquera un désastre.

    « Les investisseurs se contentaient de dire : « tant que cela se produit dans le futur, je suis d'accord pour que Microsoft, Amazon ou Alphabet dépensent cet argent ». Aujourd'hui, ils veulent savoir plus rapidement quand ils en verront les retombées, et nous n'avons pas de réponse claire à leur donner ».

    Depuis que Microsoft et Meta ont donné le coup d'envoi de la saison des résultats du quatrième trimestre le 28 janvier, les actions de Microsoft et d'Amazon ont chacune chuté de plus de 16 %, Amazon étant enlisée dans sa plus longue série de pertes depuis environ 20 ans. Même Alphabet, la société mère de Google, largement considéré comme le plus grand gagnant de la course à l'IA dans le groupe, a perdu 11 % par rapport à son récent sommet.

    L'action Meta a chuté de 13 % depuis une reprise alimentée par les résultats du quatrième trimestre. Au total, près de 1 500 milliards de dollars de valeur boursière combinée ont été effacés du groupe, poussant l'indice Nasdaq 100, fortement orienté vers les technologies, en territoire négatif pour l'année.

    Les investisseurs vendent les entreprises les plus exposées à l'IA

    Au cours des dix derniers jours, les investisseurs ont provoqué des effondrements rapides d'entreprises dans des secteurs aussi variés que la logistique, l'immobilier, le logiciel, le crédit privé et la gestion de patrimoine. Le déclencheur a été le lancement par Anthropic de nouveaux outils d'automatisation du travail dans divers domaines, de la recherche juridique aux services financiers, provoquant des ventes massives d'actions allant d'Expedia à Salesforce.

    Les courtiers d'assurance ont chuté à cause d'un autre programme lié à OpenAI. Un programme développé par la startup Altruist Corp. a porté un coup dur à des gestionnaires de fortune tels que Charles Schwab Corp. et Raymond James Financial inc. Même un communiqué de presse publié par une ancienne société de karaoké dont le chiffre d'affaires trimestriel est inférieur à 2 millions de dollars a fait chuter les actions des entreprises de logistique.

    Le marché a déjà connu des débâcles liées à l'IA qui ont ensuite été inversées, comme celle déclenchée par la startup chinoise DeepSeek au début de l'année dernière. Et pour beaucoup, cette vente frénétique semble être une nouvelle réaction excessive, d'autant plus que l'IA, plutôt que de remplacer des entreprises entières, pourrait bien finir par les rendre plus rentables. Cela dit, les promesses en matière de productivité tardent à se concrétiser.

    Conclusion

    Cette analyse se conclut par une note nuancée. La comparaison historique avec le boom informatique reste porteuse d'espoir : après des décennies de stagnation, la révolution informatique avait finalement engendré un véritable bond de productivité dans les années 1990. L'économiste Torsten Slok envisage pour l'IA une trajectoire en « courbe en J » : un creux initial avant une forte accélération. Cependant, de nombreux défis restent à relever.

    Contrairement à l'ère informatique où les innovateurs bénéficiaient d'un avantage monopolistique, la concurrence acharnée entre développeurs de modèles rend les outils d'IA très accessibles. La vraie valeur ne viendra donc pas de l'IA elle-même, mais de la manière dont les entreprises sauront l'intégrer concrètement dans leurs activités. Pour le moment, en dehors des fabricants eux-mêmes, l'utilisation de l'IA dans les entreprises reste minoritaire.

    Selon les économistes, le marché actuel de l'IA présente des signes inquiétants de surchauffe, rappelant la bulle Internet de la fin des années 1990, mais à une échelle encore plus grande. Les investissements massifs dans des startups souvent dépourvues de modèle économique viable alimentent une spéculation excessive, où la perception de croissance prime sur la création de valeur réelle. Les conséquences à terme pourraient être dévastatrices.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de l'état actuel du marché de l'IA générative ?
    Selon vous, l'IA générative parviendra-t-elle à tenir ses promesses à terme ?
    Des milliers de PDG admettent que l'IA n'avait aucun impact sur l'emploi ou la productivité. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    Une spirale infernale boursière frappe tout ce qui a trait à l'IA : les craintes liées aux pertes d'emplois massives et aux investissements stériles effacent près de 1 500 milliards de dollars de capitalisation

    « La bulle actuelle dans le secteur de l'IA est bien pire que la situation qui prévalait lors de la bulle Internet », selon un critique qui estime que les investisseurs ont parié sur des « projets bidons »

    IA en entreprise : des milliards investis, mais où sont passés les gains de productivité promis aux dirigeants ? Une enquête indique que la majorité des PDG déclarent ne pas en tirer de bénéfices financiers

  9. #409
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    Par défaut Une fuite de courriel révèle un projet dystopique basé sur la fonctionnalité Search Party des caméras Ring
    Une fuite de courriel révèle un projet dystopique architecturé autour de la fonctionnalité Search Party des caméras Ring
    Amazon peut étendre l’IA de recherche des chiens perdus à la surveillance de masse

    La fonctionnalité exploite les flux vidéo des caméras Ring déployées dans les quartiers résidentiels pour faire tourner un algorithme de reconnaissance d'image en temps réel. Un utilisateur poste la photo d'un animal perdu, et le système balaie automatiquement les images captées par les caméras voisines à la recherche d'une correspondance visuelle. La même technologie qu'Amazon utilise pour retrouver des chiens perdus pourrait tout aussi facilement être retournée contre leurs propriétaires. Si la fonction Search Party peut localiser un animal domestique, rien n'empêcherait techniquement de l'utiliser pour pister des personnes. Une fuite de courriel vient justement révéler un projet dystopique architecturé autour de ladite fonctionnalité.

    Le fondateur et PDG de Ring, filiale d'Amazon, Jamie Siminoff, a indiqué à son personnel dans un courriel que Search Party, qui relie les caméras Ring et exploite l’intelligence artificielle pour localiser les chiens perdus dans un quartier, a un potentiel allant au-delà de sa fonction première. Siminoff explique que Search Party a été initialement conçu pour retrouver des chiens, mais que la fonctionnalité peut aussi être utilisée pour éliminer la criminalité dans les quartiers. De multiples rapports, parus pour la plupart dès le troisième trimestre de l’année précédente et qui confirment le contenu de ce courriel, font état de ce que Siminoff est d’avis que la technologie Ring d’Amazon peut aider les forces de l’ordre à lutter contre la criminalité. Les objectifs initiaux de Ring s’alignent d’ailleurs sur ce positionnement : « rendre les quartiers plus sûrs. » C'est en cela que les professionnels de la cybersécurité et les défenseurs des libertés y voient une forme de surveillance de masse en gestation.

    L’entreprise se défend en mettant en avant le fait que la fonctionnalité est opt-out

    Les défenseurs de la vie privée font valoir que transformer des propriétés privées en une grille de surveillance à la demande — même avec de bonnes intentions — normalise un monitoring constant. Et la question récurrente revient : jusqu'où sommes-nous prêts à sacrifier notre vie privée pour plus de confort et de sécurité ?

    La logique de l'opt-out — accepter par défaut et laisser à l'utilisateur le soin de se retirer — est précisément ce que la réglementation européenne (RGPD) a cherché à renverser au profit du consentement explicite. Aux États-Unis, dans un contexte politique tendu où l'administration Trump a montré un appétit marqué pour les technologies de contrôle des populations, les garde-fous actuels de Ring et des autres entreprises de surveillance contre l'utilisation abusive de leurs technologies par un gouvernement autoritaire sont jugés bien trop faibles par de nombreux experts.

    Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs ont annoncé désinstaller leur application Ring après avoir visionné la publicité, tandis que des alternatives à stockage local — Reolink, UniFi, Wyze — ont été massivement recommandées dans les fils de discussion.

    Andrew Ferguson, professeur de droit à l'université du district de Columbia, résumait le problème fondamental bien avant que Search Party n'existe : « Ce que les gens ont du mal à comprendre, c'est que l'autosurveillance est une forme de surveillance gouvernementale en puissance. Les informations que vous recueillez — et dont vous pensez qu'elles amélioreront votre vie — ne sont jamais très loin d'être obtenues par les forces de l'ordre. »

    Amazon Ring traîne un historique peu rassurant

    Ring, filiale d'Amazon depuis son rachat en 2018, traîne derrière lui un casier judiciaire en matière de vie privée qui donne froid dans le dos. En 2022, Amazon a admis avoir fourni aux forces de l'ordre des enregistrements vidéo provenant de ses sonnettes connectées Ring, sans le consentement des propriétaires, et ce à au moins 11 reprises.

    « Comme indiqué dans les directives de Ring relatives à l'application de la loi, Ring se réserve le droit de répondre immédiatement aux demandes d'information urgentes des forces de l'ordre dans les cas impliquant un danger imminent de mort ou de blessure physique grave pour toute personne. Les demandes de divulgation d'urgence doivent être accompagnées d'un formulaire de demande d'urgence dûment rempli. Sur la base des informations fournies dans le formulaire de demande d'urgence et des circonstances décrites par l'agent, Ring détermine de bonne foi si la demande répond à la norme bien connue, fondée sur la loi fédérale, selon laquelle il existe un danger imminent de mort ou de blessure physique grave pour toute personne nécessitant la divulgation d'informations sans délai », précisait alors l’entreprise en réponse au questionnaire d’un sénateur.

    En 2023, Amazon a accepté de verser plus de 30 millions de dollars pour clore deux plaintes de la FTC (Federal Trade Commission) américaine concernant notamment le partage des enregistrements vidéo Ring avec des tiers. La FTC avait reproché à la filiale d'avoir accordé un accès aux flux vidéo de ses clients à l'ensemble de ses employés et à des centaines de sous-traitants basés en Ukraine, sans vérification des besoins réels d'accès.

    « Non seulement chaque employé de Ring et chaque sous-traitant basé en Ukraine pouvait accéder aux vidéos de chaque client (stockées en clair sur les serveurs de Ring), mais ils pouvaient également télécharger facilement les vidéos de n'importe quel client et les visionner, les partager ou les divulguer à leur guise », rapportait alors la FTC dans la plainte déposée auprès du DoJ. L'action en justice a exposé quelques-unes des violations de la vie privée que le régulateur a relevées lors de son enquête. Le document a décrit comment un agent du service clientèle peut avoir besoin d'accéder aux données vidéo d'un client particulier pour résoudre un problème.

    Selon la FTC, ce même agent du service clientèle ayant un accès illimité à des vidéos appartenant à des milliers de clients qui n'ont jamais contacté le service clientèle. Autre constat encore plus effrayant que le précédent est décrit par le régulateur américain comme suit : « bien qu'un ingénieur travaillant sur la caméra à projecteur de Ring puisse avoir besoin d'accéder à certaines données vidéo provenant d'appareils extérieurs, cet ingénieur avait un accès illimité aux images de l'intérieur des chambres à coucher des clients ». Le personnel de Ring n'avait pas été formé à la gestion des données privées et l'entreprise n'avait pas limité les accès.

    La plainte mentionne en sus qu'un employé a visionné des milliers d'enregistrements vidéo appartenant à au moins 81 utilisatrices et a concentré ses recherches sur des caméras dont les noms indiquaient qu'elles surveillaient un espace intime, comme « Chambre principale », « Salle de bain principale » ou « Caméra espionne ». La plainte indique que l'employé a passé plus d'une heure par jour à faire ce genre de choses, sans être détecté par Ring, pendant des mois. Puis, lorsqu'une collègue a signalé cette activité, son supérieur n'a pas tenu compte du rapport, affirmant à l'employée qu'il était « normal » qu'un ingénieur consulte autant de comptes.

    Ring avait par ailleurs établi des relations particulièrement étroites avec environ 2 200 services de police aux États-Unis, leur permettant de demander des enregistrements vidéo directement aux propriétaires de caméras. Ce n'est qu'en 2024 qu'Amazon a finalement restreint cet accès, supprimant l'outil qui permettait aux forces de l'ordre de solliciter directement les utilisateurs via l'application Neighbors.

    Source: CNBC

    Et vous ?

    L'IA de reconnaissance visuelle dans les mains du privé : qui contrôle le contrôleur ? Amazon fixe elle-même les règles d'usage de Search Party. Sans régulation contraignante sur la reconnaissance d'objets et de mouvements dans les espaces semi-publics, qui garantit que la fonctionnalité ne sera pas détournée ?

    Les alternatives à stockage local sont-elles vraiment plus sûres ? Des solutions comme UniFi Protect ou Reolink avec NAS local sont souvent citées comme alternative, mais leur configuration complexe les rend inaccessibles au grand public. L'écart entre confort et confidentialité est-il structurellement condamné à favoriser les géants du cloud ?
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  10. #410
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    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    Andrew Ferguson, professeur de droit à l'université du district de Columbia, résumait le problème fondamental bien avant que Search Party n'existe : « Ce que les gens ont du mal à comprendre, c'est que l'autosurveillance est une forme de surveillance gouvernementale en puissance. Les informations que vous recueillez — et dont vous pensez qu'elles amélioreront votre vie — ne sont jamais très loin d'être obtenues par les forces de l'ordre. »
    C'est un peu dommage d'installer soi même des outils qui peuvent te surveiller.

    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    La plainte mentionne en sus qu'un employé a visionné des milliers d'enregistrements vidéo appartenant à au moins 81 utilisatrices et a concentré ses recherches sur des caméras dont les noms indiquaient qu'elles surveillaient un espace intime, comme « Chambre principale », « Salle de bain principale » ou « Caméra espionne ». La plainte indique que l'employé a passé plus d'une heure par jour à faire ce genre de choses, sans être détecté par Ring, pendant des mois. Puis, lorsqu'une collègue a signalé cette activité, son supérieur n'a pas tenu compte du rapport, affirmant à l'employée qu'il était « normal » qu'un ingénieur consulte autant de comptes.

  11. #411
    Membre éprouvé Avatar de kain_tn
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    C'est un peu dommage d'installer soi même des outils qui peuvent te surveiller.


    Et qui surveillent les autres, surtout!

  12. #412
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    L’entreprise se défend en mettant en avant le fait que la fonctionnalité est opt-out
    Ils appellent ça une défénse, mais ça ne change rien au fait qu'elle soit activée par défaut. Un truc pareil devrait au strict minimum être opt-in, voire mieux, ne pas exister du tout.

    Edit: En plus, je parie que même désactivé, ça peut être réactivé sur mandat.
    SVP, pas de questions techniques par MP. Surtout si je ne vous ai jamais parlé avant.

    "Aw, come on, who would be so stupid as to insert a cast to make an error go away without actually fixing the error?"
    Apparently everyone.
    -- Raymond Chen.
    Traduction obligatoire: "Oh, voyons, qui serait assez stupide pour mettre un cast pour faire disparaitre un message d'erreur sans vraiment corriger l'erreur?" - Apparemment, tout le monde. -- Raymond Chen.

  13. #413
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    Par défaut Cela arrivera un jour...
    à tous,

    Malheureusement, cela arrivera un jour, ou ce genre de contrôle sera généralisé. Tout change, tout se transforme, rien ne se perd. On est passé de la vidéo-protection à la vidéo-surveillance et cela finira en vidéo-contrôle.

    Cela ne sort pas de nulle part, c'est le modèle Chinois, que nos élus européens sont allés visiter il y a peu voir voir comment le permis de bon citoyen fonctionne là-bas. Des tests ont déjà été fait dans la ville de Bologne, en Italie.

    Nos dirigeant gouvernants nous dirons que c'est pour notre sécurité, qu'il ne faut pas craindre de dérive, que tout est.... sous contôle, qu'il n'y aura pas fuite, que cela ne sera utilisé que par des gens responsables, et que non, non, ce n'est pas pour surveiller vous, mais les méchants.

    On va avoir droit, encore, à du ça ne me dérange pas, je n'ai rien a cacher.

    Finalement, on l'a un peu chercher, en mettant notre vie privée en ligne, merci les smartphones (je n'en ai pas, tout comme je n'ai rien de connecté, enfin, pour ce que j'en sais...)

    Une fois le dispositif en place, qui va décider de ce qui est juste ou pas ?

    Nos voitures sont déjà surveillées, et si elle est un peu trop vielle, paf, une belle amende automatique si on se rend dans un endroit où elle n'est pas la bienvenue. Quelque soit la raison de ce déplacement. Urgence ou pas.

    Nos Libertés s'envolent un peu plus chaque jour. 1984 on y est déjà.

    Bah, que peut-on y faire ? Si on va même manifester, on sera pénalisé rien que pour ce fait, automatiquement. Dormez tranquille chers citoyens, il n'y aura pas d'erreur. Mais oui, c'est pour notre bien.

    BàV et Peace & Love.

  14. #414
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    Par défaut Les gestionnaires de fonds considèrent la bulle de l'IA comme le plus grand risque pour les marchés
    Les gestionnaires de fonds considèrent la bulle de l'IA comme le plus grand risque pour les marchés et estiment que les entreprises investissent trop d'argent dans l'IA alors que les rendements sont incertains

    Selon une récente enquête de Bank of America, une proportion record de gestionnaires de fonds estime que les entreprises américaines investissent trop d'argent dans les dépenses d'investissement liées à l'intelligence artificielle (IA), malgré des rendements incertains. Un répondant sur quatre considère d'ailleurs la bulle spéculative de l'IA comme le plus grand risque pour les marchés. L'enquête, menée auprès de 162 gestionnaires de fonds, révèle toutefois un optimisme persistant, avec des prévisions d'absence de « ralentissement » pour l'économie mondiale et une reprise à deux chiffres des perspectives de croissance économique. Cependant, le rapport indique également que, même si le moral des investisseurs est à son plus haut niveau depuis cinq ans, l'augmentation des niveaux de liquidités suggère une prudence persistante derrière les projections optimistes.

    Ces inquiétudes s'inscrivent dans un contexte où les mises en garde contre une surchauffe du secteur de l'IA se multiplient depuis plusieurs mois. Des centaines de milliards de dollars ont été investis dans l'IA, accompagnés du lancement de dizaines de produits présentés comme des catalyseurs de la productivité et de la transformation organisationnelle. Pourtant, les gains attendus tardent à se matérialiser et de nombreux dirigeants reconnaissent que les bénéfices opérationnels ne sont pas à la hauteur des budgets engagés.

    Certaines critiques vont même plus loin. L’auteur et analyste britannique Edward Zitron estime que la situation actuelle dans le secteur de l'IA est pire que celle qui prévalait lors de la bulle Internet. Selon lui, l'attention médiatique et financière se concentre davantage sur la valorisation potentielle des entreprises et sur les montants levés que sur les fondamentaux économiques. Cette dynamique encouragerait le financement de « projets bidons », fondés davantage sur des anticipations que sur des modèles économiques éprouvés.

    Dans ce contexte, un pourcentage record de gestionnaires de fonds estime que les entreprises américaines investissent trop dans les dépenses en capital, alors que les rendements sont incertains. Un quart d'entre eux considère même la bulle spéculative dans le domaine de l'IA comme le risque extrême le plus important pour les marchés.

    C'est la conclusion qui ressort clairement de l'enquête mensuelle menée par Bank of America auprès des gestionnaires de fonds et publiée le mardi 17 février dernier. Alors que les 162 participants interrogés au cours de la semaine précédant le 12 février restaient « extrêmement optimistes », Michael Hartnett, Chief Investment Strategist, souligne que « la hausse des prix des actifs est plus difficile lorsque tout le monde se positionne dans ce sens ».

    Nom : bulle ia marché.png
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Taille : 55,2 Ko
    Les directeurs informatiques demandent à leurs PDG de ralentir les dépenses d'investissement. (Enquête mondiale de BofA auprès des gestionnaires de fonds)

    Les motivations qui poussent les gestionnaires de portefeuille à faire preuve de confiance sont les suivantes : la conviction qu'il n'y aura pas de « ralentissement » de l'économie mondiale (52 % des personnes interrogées), une reprise des prévisions de croissance économique supérieure à la tendance et des prévisions de croissance des bénéfices mondiaux qui devraient atteindre un pourcentage à deux chiffres, voire plus, l'année prochaine. Cet optimisme parmi les personnes interrogées est le plus élevé depuis juin 2021.

    Cette mentalité explique pourquoi l'allocation combinée vers les actions et les matières premières s'élève à 76 %, tandis qu'une attitude baissière à l'égard des obligations devient de plus en plus courante. Selon l'enquête, 40 % des personnes interrogées sous-pondèrent les obligations, et il existe un consensus sur le fait que les rendements à long terme des bons du Trésor américain vont augmenter. Dans le même temps, les gestionnaires de fonds perçoivent de plus en plus le risque d'un événement de crédit préjudiciable dans le domaine du capital-investissement/des titres à revenu fixe ou d'un hyperscaler IA ayant des problèmes avec ses engagements en matière de dépenses d'investissement.

    Cette confiance semble toutefois en partie contredire l'engouement actuel pour l'or, qui est la position la plus prisée avec 50 % des gestionnaires de fonds qui ont une position longue. L'or a remplacé les « Magnificent Seven » dans cette catégorie au cours des deux derniers mois, et le prix moyen pondéré attendu pour ce cycle est d'environ 6 200 dollars l'once, soit environ 23 % au-dessus des niveaux actuels.

    Même si le moral des investisseurs est à son plus haut niveau depuis cinq ans, les niveaux de liquidités ont légèrement augmenté, passant de 3,2 % en janvier à 3,4 %. Il s'agit de la première hausse en sept mois, ce qui indique que derrière les perspectives optimistes, des doutes persistent.

    Alors que les gestionnaires de fonds interrogés dans le cadre de l'enquête sous-pondèrent les obligations, le dollar et les actions américaines, Michael Hartnett et son équipe soulignent qu'ils surpondèrent les actions mondiales, en particulier celles des marchés émergents et européens.

    La transition entre janvier et février vers les secteurs de l'énergie et des matériaux, au détriment des technologies américaines, était très marquée dans l'enquête.

    Dans ce contexte d'optimisme prudent, les signes de tension sur les marchés alimentent la crainte d'un retournement brutal. Depuis plusieurs mois, le terme « bulle » est sur toutes les lèvres dans les milieux financiers et technologiques. La forte volatilité observée sur certaines valeurs majeures, dont la capitalisation de Microsoft qui a chuté de 400 milliards de dollars, est perçue par certains analystes comme un avant-goût du krach à venir.

    Peu d'entreprises sont aujourd'hui en mesure de démontrer un retour sur investissement proportionnel aux dépenses massives engagées. Cette asymétrie entre les coûts engagés et les revenus générés alimente le débat sur la soutenabilité du cycle actuel. Entre signaux boursiers inquiétants, doutes croissants sur la rentabilité réelle des projets et comparaisons de plus en plus assumées avec l’explosion de la bulle Internet, les experts estiment que le secteur de l’IA entre dans une phase critique où l’euphorie laisse place à l’examen.

    Source : Enquête mondiale de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous les conclusions de cette enquête de Bank of America crédibles ou pertinentes ?

    Voir aussi :

    Le secteur de l'IA s'apprête à passer un test crucial en 2026 : la vitesse à laquelle OpenAI brûle sa trésorerie pourrait être l'une des grandes questions pour savoir si la bulle éclatera

    La bulle de l'IA 17 fois plus importante que celle de la bulle Internet et quatre fois plus que celle des subprimes, selon un analyste. Pour des sceptiques, il s'agit d'une transformation et non d'une bulle

    « Il n'existe pas une bulle unique de l'IA, mais trois dynamiques distinctes qui coexistent : la bulle spéculative, la bulle d'infrastructure et les promesses irréalistes », selon une analyse
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  15. #415
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  16. #416
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    Citation Envoyé par Anthony Voir le message
    Peu d'entreprises sont aujourd'hui en mesure de démontrer un retour sur investissement proportionnel aux dépenses massives engagées. Cette asymétrie entre les coûts engagés et les revenus générés alimente le débat sur la soutenabilité du cycle actuel. Entre signaux boursiers inquiétants, doutes croissants sur la rentabilité réelle des projets et comparaisons de plus en plus assumées avec l’explosion de la bulle Internet, les experts estiment que le secteur de l’IA entre dans une phase critique où l’euphorie laisse place à l’examen.
    Ces entreprises pensent que certaines d'entre-elles finiront pas être rentable.
    Parce qu'effectivement si l'IA commence à tenir ses promesses alors il est possible que des millions d'entreprises et des centaines de millions de gens paient pour ce service.

    Je ne sais pas ce qu'il les rend aussi sûre que l'IA sera un jour capable de miracles, mais chez eux il n'y a aucun doute. Ils sont tous convaincus que ça finir par être quelque chose d'énorme.
    Ils peuvent tous se planter.
    Ce serait marrant que ça finisse en "on a dépensé des milliers de milliards de $ sur 10 ans et nous en sommes arrivé à la conclusion que nous sommes incapable de livrer ce qu'on avait promis, donc on arrête tout".

    ====
    La phase d'examen pourrait durer jusqu'en 2030...
    On a pas fini d'entendre parler de lever de fonds, de centre de données, d'emplois qui risquent de se raréfier, de pénurie de composants, de consommation d'eau et d'énergie, de bulle financière, etc.

    On pourrait se dire "OpenAI est au bord de la faillite" ça fera bientôt une de moins.
    Mais l'entreprise à encore beaucoup de milliards à brûler.

    C'est tellement le chaos les investissements dans l'IA qu'il pourrait il y avoir 25 vagues "le cours de l'action Nvidia explose / le cours de l'action Nvidia chute" avant 2030.

  17. #417
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    Bonjour,
    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ce serait marrant que ça finisse en "on a dépensé des milliers de milliards de $ sur 10 ans et nous en sommes arrivé à la conclusion que nous sommes incapable de livrer ce qu'on avait promis, donc on arrête tout".
    Comme Elon Musk avec son FSD, son Autopilot, l'hyperloop...

    Tatayo.

  18. #418
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    Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
    à tous,

    Malheureusement, cela arrivera un jour, ou ce genre de contrôle sera généralisé. Tout change, tout se transforme, rien ne se perd. On est passé de la vidéo-protection à la vidéo-surveillance et cela finira en vidéo-contrôle.
    Oui, d'ailleurs, il vient d'y avoir une extension de la vidéosurveillance qui avait été initiée pendant les jeux olympiques (et qui devait rester uniquement dans ce cadre, bien sûr), à la surveillance dans les magasins pour détecter le vol. J'imagine déjà les faux positifs, les humiliations de personnes qui seront détectées par une IA foireuse, et bien sûr les biais.

  19. #419
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    Par défaut Flock Safety : 20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat
    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance
    est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis

    Valorisée à 7,5 milliards de dollars et déployée dans plus de 6 000 communautés américaines, Flock Safety est devenue le symbole d'un État sécuritaire débridé. Ses caméras de reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation, soupçonnées d'alimenter les bases de données de l'immigration (ICE) sans mandat judiciaire, sont désormais la cible d'une résistance civile inédite : sabotages, démontages, actions en justice et résolutions municipales. Un front anti-surveillance bipartisan qui interroge les fondements mêmes du droit à la vie privée à l'ère numérique.

    Fondée en 2017 à Atlanta, Flock Safety s'est imposée en moins d'une décennie comme le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis. La société opère dans plus de 5 000 communautés réparties dans 49 États américains et revendique plus de 20 milliards de scans de véhicules chaque mois. Ses caméras solaires autonomes, fixées sur des mâts de deux à trois mètres de hauteur, sont omniprésentes : le long des routes, dans les quartiers résidentiels, aux abords des écoles ou des centres commerciaux. Derrière leur discours rassurant de « sécurité publique », elles constituent en réalité l'un des dispositifs de surveillance de masse les plus puissants jamais déployés sur le sol américain.

    Ce que ces caméras captent va bien au-delà de la simple plaque d'immatriculation. Elles récoltent d'autres données identifiantes utilisées pour « empreindre » les véhicules, leurs propriétaires et leurs déplacements. Ces données peuvent être collectées, stockées et consultées sans mandat, ce qui en fait un contournement judiciaire très prisé des forces de l'ordre. Techniquement, le système repose sur l'apprentissage machine pour identifier la couleur, la marque, le modèle du véhicule, ainsi que d'éventuels autocollants ou caractéristiques distinctives. Le réseau peut s'intégrer à des plateformes de police prédictive telles que Palantir.

    La société a aussi développé un produit baptisé Nova, décrit comme une « plateforme de données de sécurité publique » qui combinerait les données ALPR avec des informations issues de violations de données, de dossiers publics et de données commerciales, dans le but de tracer des individus spécifiques sans mandat judiciaire. Un glissement vers le profilage de masse qui n'a pas manqué d'alarmer les défenseurs des libertés civiles.

    La connexion ICE : le point de rupture

    Si Flock Safety agaçait déjà les milieux de la vie privée depuis plusieurs années, c'est la révélation de ses liens avec l'agence américaine de contrôle de l'immigration (ICE) qui a mis le feu aux poudres. Des journaux de recherche partiellement caviardés obtenus par l'ACLU du Colorado ont montré que des agences de maintien de l'ordre avaient accédé aux données ALPR de Denver dans plus de 1 400 recherches liées à l'immigration, dont certaines simplement étiquetées « ICE », depuis 2024

    « Comme nous le disons depuis des années, la création d'une infrastructure automatisée gigantesque pour la surveillance des déplacements des conducteurs soulève de nombreuses questions profondes*: l'équilibre des pouvoirs entre le gouvernement et les gouvernés, le pouvoir que nous devrions accorder au gouvernement pour enquêter sur les crimes et les prévenir, le degré de vie privée que nous devrions permettre aux citoyens dans leurs déplacements publics, les conséquences psychologiques, pratiques et politiques d'une réduction de cette vie privée, et, en fin de compte, ce qui permettra le mieux aux citoyens de ce pays de vivre une vie heureuse et épanouissante, libre de toute domination. »

    Plus troublant encore, des enquêtes menées dans l'État de Washington ont révélé des accès non autorisés au niveau fédéral. Au moins huit agences locales de maintien de l'ordre semblent avoir activé un partage direct de leur réseau Flock avec la Border Patrol à un moment donné en 2025. La Border Patrol aurait même bénéficié d'un accès « par porte dérobée » aux données de plaques captées par les ALPR d'au moins dix agences locales qui n'avaient pas explicitement autorisé ce partage.

    Flock Safety se défend en arguant qu'elle n'a aucun contrat direct avec ICE et que c'est aux collectivités locales de décider avec qui partager leurs données. La société affirme que l'accès de l'ICE à ses systèmes n'existe pas en « porte dérobée », et que les clients gardent un contrôle total sur le partage, Flock ne transmettant jamais de données sans leur permission. Un argument que les associations de défense des libertés civiles jugent au mieux naïf, au pire délibérément trompeur, puisqu'il suffit techniquement de cocher une simple case dans les paramètres pour activer le partage national des données.

    Les usages abusifs se multiplient. En Géorgie, un chef de police a été arrêté et inculpé pour avoir utilisé les données Flock afin de traquer et harceler des citoyens ordinaires. Les données Flock ont été mobilisées pour surveiller des femmes traversant des frontières d'État pour accéder à l'avortement dans les États où la procédure est illégale. Ces dérives illustrent comment une technologie présentée comme un outil de sécurité peut devenir un instrument de contrôle politique et social.

    Suite à cette montée en pression, Amazon Ring a récemment mis fin à son partenariat avec Flock Safety.


    La résistance civile s'organise

    Face à l'expansion de ce réseau de surveillance et aux réponses insuffisantes des élus locaux, une frange croissante de citoyens a choisi l'action directe. À La Mesa, en Californie, quelques semaines après qu'un conseil municipal a décidé de maintenir son contrat avec Flock malgré une forte opposition publique, des caméras ont été retrouvées brisées sur le terre-plein central, leurs composants clés délibérément arrachés. Ce n'est pas un incident isolé : des destructions similaires ont été signalées dans au moins cinq États différents, de l'Oregon à la Virginie en passant par l'Illinois et le Connecticut.

    En Oregon, à Eugene et Springfield, au moins six caméras Flock ont été sciées à leur base et détruites. L'une des victimes portait une note laconique mais éloquente, qui fut diffusée sur les chaînes d'information locales. Plus méthodique encore fut l'action de Jefferey Sovern, un homme de 41 ans en Virginie, arrêté en octobre après avoir systématiquement démonté 13 caméras Flock sur plusieurs mois, s'emparant au passage des câblages, batteries et panneaux solaires. Après son arrestation, Sovern a lancé un GoFundMe pour financer sa défense juridique, recueillant immédiatement une vague de soutien populaire sur Reddit, y compris dans des communautés locales sans orientation politique particulière. Il a orienté ses soutiens vers DeFlock, un site militant recensant les villes ayant officiellement rejeté les caméras Flock — 46 à ce jour.

    La résistance prend aussi des formes légales et technologiques. Des youtubeurs expliquent comment rendre sa plaque d'immatriculation illisible pour les systèmes ALPR. La Floride a répondu en adoptant une loi interdisant tout camouflage des plaques. Des recours judiciaires fleurissent dans de nombreux États : en juin 2024, un juge du circuit de Norfolk en Virginie a statué que la collecte de données de localisation par les 172 ALPR de la ville constituait une « perquisition » au sens du Quatrième Amendement et ne pouvait pas être utilisée comme preuve sans mandat.

    Un rejet bipartisan sans précédent

    Ce qui rend le mouvement anti-Flock particulièrement remarquable, c'est son caractère transpartisan. Des villes démocrates comme des communautés conservatrices s'opposent à ces caméras, pour des raisons différentes mais convergentes : les unes par solidarité avec les communautés immigrées, les autres au nom des libertés individuelles et de la protection contre l'État fédéral. Des villes et comtés à direction démocrate dans le Colorado, l'Illinois, le Massachusetts, New York, la Caroline du Nord, le Texas et Washington ont résilié leurs contrats avec Flock Safety. Santa Cruz en Californie et Eugene en Oregon ont annulé leurs partenariats après des mobilisations citoyennes. À Redmond dans l'État de Washington, la police a suspendu l'ensemble de son système ALPR à la suite d'une recommandation du conseil municipal, au lendemain de la confirmation que des agents de l'ICE avaient opéré trois fois dans la ville en une semaine.

    L'Electronic Frontier Foundation (EFF) et l'ACLU tirent la sonnette d'alarme depuis des années. L'ACLU a souligné qu'il n'existe aucune raison valable pour que cette technologie soit utilisée pour constituer des registres exhaustifs des allées et venues de tout le monde — et c'est pourtant précisément ce que font les bases de données ALPR comme celles de Flock. Pour le Surveillance Technology Oversight Project, le phénomène s'inscrit dans une stratégie délibérée : l'objectif de l'administration Trump serait de créer un « filet de surveillance » à travers tout le pays, permettant à l'ICE de contourner les lois sanctuaires et de détourner les bases de données et outils de surveillance locaux, y compris les lecteurs de plaques, la reconnaissance faciale et d'autres technologies.

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    La technologie au service du contrôle : un débat fondamental

    La question posée par l'affaire Flock Safety dépasse largement le cadre américain. Elle touche à un dilemme fondamental de nos sociétés numériques : jusqu'où peut-on tolérer la surveillance de masse au nom de la sécurité publique ? Flock avance des chiffres impressionnants — réduction de 20% des vols de voitures à San Diego, baisse de 41% à San Francisco — mais ses détracteurs soulignent que ces bénéfices ne justifient pas la construction d'une infrastructure de surveillance capable, à tout moment et sans contrôle démocratique effectif, de suivre les déplacements de l'ensemble de la population.

    Le modèle économique de Flock repose d'ailleurs sur une expansion tous azimuts. La société ne commercialise pas seulement ses services aux forces de l'ordre, mais aussi aux associations de propriétaires, aux entreprises privées et aux établissements scolaires, créant ainsi un maillage de surveillance privée-publique particulièrement difficile à contrôler et à réguler. Plus de 75% des agences clientes optent pour le partage de leurs données avec la base de données nationale en temps réel de Flock, permettant à des forces de l'ordre de tout le pays de consulter numéros de plaques, localisations, directions et heures d'enregistrement sans mandat.

    Dans ce contexte, les destructions de caméras constituent moins un acte de vandalisme qu'un symptôme d'une fracture profonde entre les citoyens et leurs représentants élus. Lorsqu'un conseil municipal vote le renouvellement d'un contrat de surveillance contre l'avis explicite d'une large majorité des habitants présents à l'assemblée, comme ce fut le cas à San Diego, il ne faut pas s'étonner que certains passent aux actes. La question n'est pas tant de savoir si le sabotage de caméras est légal — il ne l'est pas — que de comprendre pourquoi des milliers de personnes, dans des États aussi différents que l'Oregon, la Virginie, l'Illinois ou la Californie, en sont arrivées à considérer la destruction de matériel de surveillance comme un acte civique légitime.

    Ce mouvement témoigne d'une conscience croissante, y compris parmi les non-spécialistes, de ce que les informaticiens et les chercheurs en sécurité savent depuis longtemps : une infrastructure de collecte de données, une fois déployée, ne reste jamais neutre. Elle peut être réorientée, détournée, mise au service d'intérêts très différents de ceux qui ont justifié son installation. Et dans un contexte politique où les libertés civiles sont sous pression, cette infrastructure devient un outil de pouvoir d'une redoutable efficacité.

    Sources : ACLU (1, 2, 3), Flock Safety, Electronic Frontier Foundation

    Et vous ?

    La destruction physique de caméras de surveillance est-elle un acte de résistance civile légitime, ou ouvre-t-elle une boîte de Pandore dangereuse pour l'État de droit ?

    Les collectivités locales qui partagent leurs données ALPR avec des agences fédérales sans autorisation explicite de leurs administrés commettent-elles une faute démocratique — et qui devrait en être tenu responsable, les élus ou les entreprises comme Flock ?

    Existe-t-il un seuil acceptable de surveillance de masse dans l'espace public, ou tout système de traçage des déplacements constitue-t-il intrinsèquement une atteinte aux libertés fondamentales ?

    Comment les professionnels de l'IT qui conçoivent ou déploient ces systèmes devraient-ils penser leur responsabilité éthique face à des usages qu'ils ne contrôlent pas ?

    Voir aussi :

    Search Party de Ring : après les enfants, les animaux perdus deviennent le mobile pour instaurer la surveillance de masse par IA. Amazon exhibe son infrastructure IA de reconnaissance visuelle qui est opt-out

    Le PDG d'Amazon Ring affirme que les caméras de sécurité alimentées par l'IA peuvent éliminer la plupart des crimes et s'impliquer davantage en partageant des images pour les enquêtes policières
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  20. #420
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    Félicitation aux américains, il faut lutter contre la surveillance.

    Mais il y a trop de "partisanisme" et personne ne voit les autres lois qui se font en face, comme :
    - La vérification d'âge niveau OS du Colorado : SB26-051 "Age Attestation on Computing Devices"

    Pendant ce temps, absolument rien en Europe ...
    Les européens sont devenus trop docile et naïfs devant la surveillance de masse et la censure.
    Ce qui se produit avec l'ICE se produira ici maintenant qu'on donne toutes nos données ...

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