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Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler

  1. #1
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    Par défaut Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler
    Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler et accuse l’industrie d’avoir transformé l’entraide numérique en faute morale,
    « Le partage est une bonne chose et devrait être légal »

    Pour Richard Stallman, le mot « piratage » est déjà une concession idéologique. Derrière ce terme chargé, forgé par l’industrie culturelle et logicielle, se cache selon lui une réalité bien différente : le partage. Dans une intervention publique longuement commentée où il a éclairé sans filtre sa pensée, Stallman ne se contente pas de défendre le logiciel libre. Il attaque frontalement l’idée même qu’il serait immoral de copier, de partager ou de contourner les barrières juridiques et techniques imposées aux utilisateurs

    Vendredi, Richard Stallman, âgé de 72 ans, a fait une apparition de plus de deux heures à l'Institut de technologie de Géorgie, où il a abordé des sujets aussi variés que l'intelligence artificielle, les voitures connectées, les smartphones, les lois sur la vérification de l'âge et sa distribution Linux préférée. Mais dès le début, Stallman a également déclaré à l'auditoire : « Eh bien, je déteste les DRM et je n'ai aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je ne veux aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je n'ai jamais voulu quoique ce soit au point de m'incliner devant les DRM. Alors je dis : "Au diable Spotify et Netflix !" ».

    Cela a donné lieu à un moment intéressant lorsqu'une personne lui a demandé plus tard si nous avions l'obligation éthique d'éviter le piratage : « Pensez-vous que nous avons l'obligation éthique d'éviter le partage interdit ? L'article en question parle de piratage. »

    Pour mémoire, la Biélorussie légalise le piratage de films, de musique et de logiciels... en provenance de pays « ennemis », en réponse aux sanctions qu'elle a subies pour avoir soutenu l'invasion russe en Ukraine

    Refuser le vocabulaire du mot « piratage »

    Stallman commence par un geste simple mais radical : il refuse d’employer le terme « piratage » pour parler de la copie de logiciels, de musiques ou de films. Pour lui, le mot n’est pas neutre. Il assimile volontairement le partage à une activité criminelle violente, alors qu’il s’agit d’un acte coopératif entre individus. Copier un fichier ne prive personne de l’original, ne détruit aucun bien et ne crée aucune pénurie artificielle, si ce n’est celle imposée par le droit.

    Il est explicite : « La seule façon dont je peux regarder un film, c'est d'obtenir un fichier, par exemple un fichier MP4 ou MKV. Et je suppose que je l'obtiendrais en le copiant à quelqu'un d'autre. Le partage est une bonne chose. Empêcher les gens de partager est mal. » Cette phrase résume une position constante depuis des décennies. Les lois qui interdisent la copie ne protègent pas la société ; elles divisent les individus et instaurent un rapport de domination où l’utilisateur devient suspect par défaut.

    Voici un extrait de sa réaction :

    « Je n'utiliserai pas le mot "piratage" pour désigner le partage. Le partage est une bonne chose et devrait être légal. Ces lois sont injustes. Le droit d'auteur tel qu'il existe actuellement est une injustice. Et l'article l'explique clairement. Je n'hésite donc pas à partager des copies de quoi que ce soit. Je n'ai pas de copies de logiciels non libres, car cela me dégoûte et je ne veux pas en avoir. Je n'utilise pas de copies. Mais si vous vouliez en copier, j'ai probablement quelque part des CD-ROM qui m'ont été donnés et qui contiennent des logiciels non libres que je n'ai jamais regardés ni utilisés.

    « Mais, si vous les vouliez, je vous les donnerais. Je dirais "eh bien, prenez le CD. Je n'en veux pas de toute façon". Mais ce n'est pas parce qu'il existe une loi qui donne à certaines personnes un pouvoir injuste que le fait d'enfreindre cette loi devient répréhensible. Maintenant, en ce qui concerne la musique, je partage la musique. Les lois qui empêchent les gens de partager sont un exemple de division pour mieux régner. Elles sont injustes. Directement injustes sur le plan moral. Diviser les gens en leur interdisant de s'entraider est méchant. Et en ce qui concerne le piratage, j'aime bien le premier Pirates des Caraïbes, mais dans le deuxième, il y avait un méchant qui était un perroquet. J'aime les perroquets, donc je n'ai pas aimé celui-là. »


    Une position fidèle à l’ADN du logiciel libre

    Pour comprendre la réponse de Richard Stallman, il faut revenir à la philosophie qui structure toute son œuvre. Depuis les années 1980, il défend l’idée que le logiciel n’est pas un bien ordinaire. Copier un programme ne prive personne de l’original, contrairement à un objet matériel. Dès lors, assimiler la duplication logicielle à un vol relève, selon lui, d’un abus de langage soigneusement entretenu par les ayants droit.

    Dans cette logique, Stallman distingue clairement la légalité de la moralité. Un acte peut être illégal sans être immoral. Le droit d’auteur appliqué au logiciel est, à ses yeux, une construction politique destinée avant tout à préserver des rentes économiques, souvent au détriment des libertés fondamentales des utilisateurs. Copier un logiciel propriétaire pour l’utiliser, l’étudier ou simplement accéder à une fonctionnalité essentielle ne constitue donc pas, dans son raisonnement, une faute morale intrinsèque.

    Il rappelle aussi que l’industrie du logiciel a largement prospéré grâce au partage, à la circulation des idées et à la réutilisation du code, bien avant que les modèles propriétaires ne deviennent dominants. La criminalisation du « piratage » serait ainsi une réécriture de l’histoire au profit des acteurs les plus puissants.

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    Les arguments « pour » : quand le piratage devient un acte défensif

    Les partisans de la position de Stallman avancent plusieurs arguments récurrents. Le premier concerne l’accès. Dans de nombreuses régions du monde, le prix des logiciels propriétaires est totalement déconnecté du pouvoir d’achat local. Interdire la copie revient, de facto, à exclure des millions de personnes de l’éducation, de la création et même parfois de l’emploi.

    Un autre argument porte sur la préservation de l’autonomie numérique. Les logiciels modernes intègrent de plus en plus de mécanismes de surveillance, de restrictions artificielles et de dépendance aux serveurs de l’éditeur. Copier un logiciel, le contourner ou le maintenir hors ligne peut être perçu comme une manière de reprendre le contrôle sur son propre outil de travail.

    Un internaute résume cette idée de façon assez crue : « Quand un éditeur vend une licence qui expire, espionne l’utilisateur et peut désactiver le produit à distance, le problème moral n’est plus la copie, mais le modèle économique lui-même. »

    D’autres rappellent que le piratage a souvent servi de porte d’entrée vers des carrières techniques. De nombreux développeurs admettent avoir appris sur des outils qu’ils n’auraient jamais pu se payer légalement, avant de contribuer ensuite à des projets open source ou à des entreprises innovantes.

    Les arguments « contre » : la réalité économique des créateurs

    À l’inverse, les critiques de cette vision soulignent que le logiciel n’est pas créé par magie. Derrière chaque programme se trouvent des ingénieurs, des designers, des testeurs, parfois des petites structures dont la survie dépend directement des ventes. Assimiler toute copie à un acte moralement neutre reviendrait à nier cette réalité.

    Certains commentateurs rappellent que, même si la copie ne prive pas l’auteur de l’original, elle peut réduire sa capacité à financer les versions futures, le support ou la maintenance. Dans le cas des logiciels spécialisés, professionnels ou de niche, le piratage massif peut réellement tuer un produit.

    Un autre point souvent soulevé concerne la cohérence éthique. Accepter le piratage tout en exigeant une rémunération pour son propre travail intellectuel crée une tension difficile à résoudre. Comme l’écrit un intervenant sceptique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. »

    Enfin, certains estiment que la position de Stallman ignore volontairement l’évolution des modèles. Entre le logiciel propriétaire classique et le logiciel libre, il existe aujourd’hui toute une gamme de solutions intermédiaires : freemium, open core, licences communautaires. Copier indistinctement reviendrait à fragiliser ces équilibres déjà précaires.

    Une question moins juridique que politique

    Au fond, la réponse de Richard Stallman ne cherche pas à absoudre ou condamner, mais à déplacer le débat. Pour lui, la vraie question n’est pas « le piratage est-il mal ? », mais « pourquoi acceptons-nous des systèmes qui retirent aux utilisateurs le contrôle de leurs propres outils ? ».

    À l’ère du cloud obligatoire, des abonnements perpétuels et des logiciels qui cessent de fonctionner sans connexion ou autorisation distante, cette interrogation résonne fortement chez les professionnels de l’informatique. Le piratage, dans cette lecture, devient moins un acte de délinquance qu’un signal d’alarme sur les dérives d’un modèle économique.

    Qu’on partage ou non la radicalité de Stallman, une chose est sûre : tant que le logiciel restera un levier de pouvoir économique et politique majeur, la frontière entre légalité, moralité et légitimité continuera d’alimenter des débats passionnés. Et c’est peut-être là, finalement, le véritable héritage de cette prise de position : forcer l’industrie à se justifier, plutôt que d’imposer le silence par la loi.

    Source : vidéo dans le texte

    Et vous ?

    Que pensez-vous de la position de Stallman sur le sujet ?

    Le piratage logiciel est-il réellement un vol ou une construction rhétorique destinée à protéger des modèles économiques dépassés ?

    Un éditeur peut-il encore invoquer la morale lorsqu’il impose des abonnements à vie, des DRM intrusifs et un contrôle à distance des logiciels installés chez l’utilisateur ?

    Quand un étudiant ou un développeur débutant pirate un outil qu’il ne peut pas se payer, commet-il une faute morale ou subit-il une inégalité d’accès au savoir numérique ?

    Le piratage massif n’est-il pas avant tout le symptôme d’une offre logicielle trop chère, trop rigide ou mal adaptée aux réalités économiques mondiales ?

    Peut-on défendre la rémunération légitime des développeurs tout en reconnaissant que certaines pratiques de l’industrie justifient une désobéissance numérique ?

    À l’ère du cloud obligatoire et du SaaS, refuser les règles imposées par l’éditeur est-il encore du piratage ou déjà une forme de résistance technologique ?

    Voir aussi :

    La musique piratée n'affecte pas négativement les ventes, de nouvelles études révèlent que c'est plutôt le phénomène inverse

    Le piratage des contenus en ligne serait-il vraiment nuisible aux tiers ? MUSO révèle que les pirates sont les plus gros acheteurs d'œuvres légales
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  2. #2
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    De toute façon les ayant droit cherchent à nous faire consommer comme ils le veulent et la tendence est de nous mettre des abonnements sur tout et tout en ligne... quand il y a des coupures d'internet, plus rien ne fonctionne.

    Pour la musique, du streaming ou des fichiers avec probablement des DRM. Quand ça me plaît j'achète le vinyle et télécharge le FLAC avec Nicotine ou parfois je l'achete sur Qobuz

    Pour les films, acheter des BD ou des DVD ça prend de la place donc en dehors de quelques excellents, j'ai sur des disques externes. J'emprunte de temps en temps à la médiathèque même si ce ne sont pas des nouveautés.
    Avec les DRM sur ces supports, je ne me prends pas la tête, je télécharge comme ça j'ai le choix des formats.

    Pour les ebooks c'est epub ou rien.

  3. #3
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    Cela relève d'idéologies qui ne sont pas nouvelles.

    Historiquement, la volonté de ne pas vouloir respecter la propriété intellectuelle et autoriser le pillage est socialiste : Louis Blanc s'indignant qu'une quelconque propriété sur une création puisse revenir à un auteur : il n'a qu'à travailler pour la gloire ou bien embrasser l'idéal socialiste quémandant l'Etat socialiste providence pour subvenir à ses besoins, mais en aucun cas attribuer à l'auteur quoique ce soit en terme de droits sur sa création, c'est le peuple qui a le droit de s'appro-"piller".

    "Refuser le vocabulaire du mot « piratage »" : une copie non licite est effectivement du vol et c'est ainsi que cela doit être nommé, non piratage. Le mot piratage est effectivement trompeur, ramenant parfois à des contes, ou des légendes et détournant de la dimension pénale, là où les auteurs n'ont cessé de batailler pour essayer de protéger leur gagne-pain.

  4. #4
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    Tout d'abord merci beaucoup pour ce super article. La synthétisation des propos de Stallman et le rappel des pour et des contre permet de bien saisir les enjeux.

    La question est compliquée, et si je soutiens globalement la position de Stallman, je suis tout de même un tout petit peu plus nuancé.

    Pour moi, pour des raisons éthiques, tout ce qu'on peut copier coller doit pouvoir être partagé librement, autant pour des raisons d'égalité d'accès que de possibilités d'évolutions. Si on ne partage pas ce qu'on garde lorsqu'on le donne, quel espoir de vivre ensemble ? S'ils n'ont pas accès aux oeuvres et outils, comment peuvent-ils participer à la société ? (Développer d'autres oeuvres, d'autres programmes ?) Le partage ouvert et gratuit est un symbole magnifique.

    Je n'avais jamais vu le terme "piratage" comme une assimilation à quelque chose de négatif pourtant c'est bien le cas. Et que quand un parent télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal. C'est pourtant illégal. Et les ayants droits ne veulent pas perdre leur poule aux oeufs d'or, bien que la légitimé morale de leur position est plus que douteuse. En effet cet argent est-il bien utilisé pour financer d'autres œuvres ? Et quand bien-même, qu'elle est la légitimité de ces ayants droits à choisir ce qui serait financé ou non ?

    Ce partage est considéré comme utopique au regard des réalités économiques des créateurs. Artistes ou codeurs, tout travail mérite salaire, et ils méritent de vivre dignement de leur travail. Et je trouve que l'argument de l'intervenant sceptique tout à fait logique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. » Mais je suis très triste que ce soit un argument "contre" (même si c'est réaliste). Vivre de dons et de subvention est perçu comme "mendier" alors que c'est de super système de financement en théorie. En pratique il faut qu'il y ait de l'argent dans les tuyaux. Le financement participatif est pour moi aussi un levier très puissant. En effet certaines personnes sont réticentes à l'idée de payer pour ce qui existe déjà (s'ils ont tort je trouve, je comprends). Payer pour permettre à quelquechose d'exister est plus concret et engageant. Je suis prêt à payer 5 fois plus cher pour un projet en Open-source accessible ensuite gratuitement à tous, ouvert à l'évolution. Alors que payer une fois un produit fermé que je serai le seul par ma contribution à pouvoir utiliser... Ces systèmes sont en plus opaques : quelle part revient vraiment aux créateurs ?

    Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous.

    Parce qu'en effet les situations de beaucoup de créateurs sont précaires et ce n'est pas acceptable. Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force. Des rapports de force autant entre l'intermédiaire et les utilisateurs, mais aussi le rapport de force entre l'intermédiaire et le créateur. (C'est très caricatural mais pour le cinéma l'affaire Weinstein avait montré cette emprise. Alors pour ce qui est de la direction artistique ou les implications d'un projet, on comprend que les libertés peuvent s'effondrer).

    Les créateurs sont précaires aussi à cause de ce système économique, du rapport de force énorme des diffuseurs vis à vis d'eux. Il ne faudrait pas que le partage libre soit un problème de plus, mais une solution. Et je comprends bien que "même quand les gens sont obligés de payer on n'a pas assez d'argent, alors si ils peuvent y accéder gratuitement..." c'est logique. Mais ce n'est pas prendre le problème par le bon bout selon moi.

    En gros pour résumer ma position de manière grossière mais synthétique, soit on finance directement les artistes sans intermédiaires (+ d'argent pour eux) et ensuite l'accès est libre (+ de liberté et d'égalité). Soit on finance un système opaque avec forte concentration des pouvoirs + logiques liberticides.

    En gros je suis contre la propriété intellectuelle, qu'une idée, oeuvre ou concept puisse être vendus comme un produit. C'est appliquer des logiques mercantiles à l'éducation et à la culture, alors qu'on pourrait faire autrement.
    Mais je suis pour le droit d'auteur. Si un créateur veut le faire au sein d'un système économique, je trouverais cela tout aussi liberticide de récupérer son travail sans son consentement ou lui interdire de le partager selon le modèle économique qu'il souhaite.

    Je trouve ce modèle critiquable, parce que si tout travail mérite salaire, une création intellectuelle (partageable à l'infini par informatique) ne devrait pas signifier pas argent infini par consommateur. Parce que pour les autres secteurs économiques, lorsqu'on fabrique une chaise on ne la vend qu'une fois. Et comme on est au sein d'un même système économique c'est injuste (cet argent te permet d'acheter en boucle, des légumes et de la nourriture qui eux ne sont pas multipliables à l'infini). Cependant il ne faut pas mettre les créateurs physiques et immatériels dos a dos. Bref il y a aussi une dimension politique très forte en considérant une oeuvre comme un produit. Les deux visions ont nécessairement des écueils, et c'est pour ça qu'il est important d'en discuter pour se comprendre.

    La critique du système actuel ne suffit pas, il faut surtout proposer et construire une alternative. On ne peut pas exiger des créateurs qu'ils se jetent dans la fosse aux lions (même si énormément de codeurs l'ont fait, et ont créé des projets incroyables, fait vivre l'Open-Source etc.).

    Il faut avant tout construire des structures pour les aider, mais surtout financer ses structures (même si c'est un peu le serpent qu il se mord la queue, il faut bien des créateurs qui s'essayent à ce modèle économique pour le faire tourner).

    Mettons de l'argent dans ce modèle économique ! Comme il y a moins d'intermédiaire il fonctionnerait mieux avec moins d'argent, mais pas sans.

    Pour revenir au "piratage" : récupérer une oeuvre à des ayants-droit, oui, court-circuiter les volontés d'un auteur, non. Et l'équilibre entre les 2 est compliqué, donc il faudrait mettre en place un financement pertinent en amont.

  5. #5
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    Dictionnaire "Le Robert" :

    Piratage :
    "Fait de pirater. Le piratage de disques, de logiciels".


    Pirater :

    "Se livrer à la piraterie. Reproduire une œuvre sans payer des droits d'auteur. Pirater un disque, un logiciel .Voler. Se faire pirater ses idées".

    Piraterie :

    "Attentat contre un autre navire.. détournement d'avions... Escroquerie, spéculation honteuse. Copie frauduleuse de disque, de films..=>piratage. Piraterie commerciale : imitation frauduleuse de produits de grande marque".


    Dictionnaire "Larousse".

    Pirater :

    "Reproduire une œuvre sans payer les droits de reproduction ; imiter frauduleusement. Accéder par infraction à un système informatique en vue d'en copier, d'en modifier ou déformer des informations. Escroquer. Se livrer à la piraterie".

    Piraterie :

    "Crime, acte de déprédation commis en mer.. détournement illicite d'un avion... Informatique : action de pirater. Vol effronté, escroquerie."

    Par contre, en prenant un dictionnaire juridique, tel "Lexique des termes juridiques" de Dalloz, pour le professionnel du droit, la notion de pirate se limite aux attaques de navires, aéronefs, et ne concerne pas la copie illégale de logiciels, qui s'inscrit plutôt dans cet usage dans du langage populaire.

    D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.

    "sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?). Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.

    " Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.

    "En gros je suis contre la propriété intellectuelle, qu'une idée, œuvre ou concept puisse être vendus comme un produit" : c'est ce que vous permet de faire les licences Creative Common : vous en tant qu'artiste, préférez travailler sans en toucher le moindre revenu (et que hébergeurs et FAI empochent à votre place), vous abandonnez alors vos droits de propriété intellectuelle que la société vous attribue par défaut afin de vous protéger, et optez pour une licence qui va vous en déposséder. C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture). L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.

    "ne devrait pas signifier pas argent infini par consommateur." Pourquoi n'allez vous pas voler sur les étals de la nourriture ?

  6. #6
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Quand un étudiant ou un développeur débutant pirate un outil qu’il ne peut pas se payer, commet-il une faute morale ou subit-il une inégalité d’accès au savoir numérique ?
    Il existait sûrement une alternative gratuite. (Gimp, Blender, Libre Office, etc)
    Mais parfois on a envie d'utiliser un outil qui est très utilisé dans le domaine.

    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Qu'ils essaient, soit ils laisseront tomber, soit ils feront carrière avec et pourront payer la licence.
    Parfois il existe une version démo, mais 1 mois c'est un peu court pour juger.

    Utiliser une copie de logiciel représente un risque. En plus d'être illégal ça peut infecter l'ordinateur.
    Donc c'est pas top, les utilisateurs préféreraient posséder la version officielle, mais parfois c'est trop cher.

    =====
    Il existe parfois une alternative légal (?), mais pas top. (les développeurs du logiciel ne touchent rien sur les ventes)
    Ce sont les sites de reventes de clés, on peut trouver des licences de logiciels pour pas cher.
    C'est pratique pour Windows, Microsoft Office, Kaspersky.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Le piratage logiciel est-il réellement un vol ou une construction rhétorique destinée à protéger des modèles économiques dépassés ?
    Selon comment on regarde la copie ce n'est pas du vol.
    Si on te vol ton vélo, tu n'as plus de vélo.
    Si quelqu'un t'emprunte un vinyle pour le ripper, t'as toujours ton vinyle.

    Copier une chanson c'est comme enregistrer un morceau qui passe à la radio sur une cassette.
    Bon maintenant ce sont des .flac sur Soulseek, mais c'est similaire.

    Faites gaffe il y a Hadopi, ils surveillent des trucs.

  7. #7
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    ... Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous. ...
    C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
    Prenons 3 autres types d'œuvre/ artiste
    1. film/ jeu vidéo
    2. livre - bande dessinée/ fonte - police de caractères
    3. logiciel / *vidéo* style YouTube (rétrospective, journal, ...)


    Comment gagner sa vie sans vendre ton *œuvre* ?
    Les musiciens peuvent vendre des places de concerts, avoir des commissions pour les festivals ou des émissions
    C'est pour cela que c'est 1 vision étriquée, pour les autres *artistes* il n'y a pas cela
    1. tu peux vendre des éditions collector pour 1 film/ jeu vidéo, mais sinon il n'y a rien - et cela coûte des frais de production/ logistique/ distribution
    2. pour 1 livre, 1 fonte, là tu n'as rien : des séances de lecture publiques ? des autographes payants ?
    3. pour 1 logiciel, 1 *vidéo*, tu as les magasins/ sites en ligne qui proposent 1 rémunération - mais c'est très très variable et fluctuant

    Il y a éventuellement faire du merchandising ... mais cela demande aussi des frais de production/ logistique/ distribution (sauf les trucs style "drop shipping") - mais tu t'éloignes de ton domaine et les bénéfices ne sont pas du tout assuré d'être garantis (il y a pleins de témoignages d'échec)

    Que demander pour 1 financement participatif ?
    Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

    *) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
    Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre

    *) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
    Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
    Alors certes tu peux demander moins, mais le résultat final dépend fortement du budget - Clair Obscur est 1 bon exemple.
    Et ne pas sortir les quelques jeux vidéos indépendants qui ont fait des millions : il y a plus de 10 000 jeux qui sortent chaque année sur Steam. Donc ces jeux à succès sont 1 goutte d'eau


    Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
    Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
    Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Copier une chanson c'est comme enregistrer un morceau qui passe à la radio sur une cassette.
    C'est 1 raisonnement assez faux
    • à la radio, les titres sont coupés
    • à la radio, tu as la *pub* - par exemple, au début de la chanson, 1 ajout comme *exclusivité NRJ*
    • à la radio, tu n'auras ni l'album complet ni certaines chansons ni certains artistes - mais même en téléchargement les vieux trucs (films, musiques, séries, livres, ...), pas trop connus, non américains, ... sont assez difficiles à trouver
    • à la radio, il faut attendre que la chanson passe - le téléchargement est très direct ... sauf temps de téléchargement
    • avec la radio numérique DAB+/ streamée, tu fais comment ?

  8. #8
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Qu'ils essaient, soit ils laisseront tomber, soit ils feront carrière avec et pourront payer la licence.
    Parfois il existe une version démo, mais 1 mois c'est un peu court pour juger.
    Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.

    Si quelqu'un t'emprunte un vinyle pour le ripper, t'as toujours ton vinyle.
    Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.

  9. #9
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    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Je ne suis pas
    Le topic c'est Richard Stallman qu'arrive et qui dit, en gros : "allez-y copiez des logiciels, copiez de la musique, copiez des films".
    Je n'ai pas dis pire que lui…

    Le gars dit "on m'a donné des logiciels craqués, je ne les ai jamais essayé, mais si vous les voulez je vous les donne".

    =======
    Copié des œuvres ça peut te faire acheter plus de produits culturel au final.
    Comme les gens qui ont copié tous les épisodes d'une série pour ensuite acheter l'intégralité en coffret DVD.
    Parfois le gars qui copie va aller à plus de concerts, plus de séances de cinéma, etc.

    Généralement, copier ne fait pas tant de mal que ça.
    Mais ouais c'est illégal.

  10. #10
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    Là encore des arguments habituels.
    L'artiste et ses partenaires commerciaux attendent à la fois la rétribution pour le droit à l'écoute de l'enregistrement (CD, droit sur diffusion radio..) d'une part, d'autre part, le droit d'assister à un spectacle. Cela se cumule et l'un ne donne pas le droit d'accès à l'autre.

  11. #11
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains. Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.

    Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal, participer à des projets qui font plus sens et plus durables. Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.
    Il donne son opinion dans un débat d'idées, j'espère qu'il n'y a rien de répréhensible la dedans.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.

    Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ? Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
    J'ai peur que tu aies raison, je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi ma vision est étriquée. Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    Que demander pour 1 financement participatif ?
    Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

    *) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
    Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre
    Oui c'est sûr que je ne pensais pas aux niches, et aux artistes qui interviennent tôt dans le processus créatif, en créant les polices en amont. Il faut bien sûr être vigilant, et inclure ceux avec moins de visibilité dans les processus de financement.

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    *) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
    Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
    Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.

    Aussi, ces millions que possèdent ces entreprises ne sont pas magiques. Ils proviennent des consommateurs qui ont achetés les produits. En tant que société nous avons cet argent, et c'est à nous d'en organiser les flux. Donc c'est sûrement utopique, mais pas totalement impossible.

    Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
    Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
    Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.
    À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?

    Et pour la comparaison à la radio, pour moi tu es à côté du propos : il ne voulait pas dire que c'est exactement la même chose, mais plutôt parler de la moralité de la copie : "c'est comme enregistrer un extrait radio ou télé sur cassette".

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.
    Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?

    Pour moi non. Cependant cela peut nuire à la viabilité financière des artistes/créateurs, et je pense que c'est ici ce qui te pose problème. Un vol c'est physique justement. Une copier-coller c'est une copie. Ça ne veut pas dire que copier quelque chose que l'auteur ne veut pas que tu copies c'est moral, mais ce n'est pas du vol. C'est pour ça que ta comparaison avec le vol l'étalage me semble absurde.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    "sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?).
    Là tu es selon moi hors sujet : qui a parlé ici de revenu universel ?

    Mais je pense tout de même comprendre ta critique. Tu es contre une forme de centralisation des pouvoirs par la subvention, et ça se comprend très bien. Que financer une fois pour que ce soit accessible à tous c'est très bien, mais on finance quoi comment ? Les risques de dérives lors de la sélection ou de détournement/corruption paraissent inévitables.

    La proposition que je mets en avant n'est pas étatique mais populaire. Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement. Je pense qu'ils faut se former et mettre en place ces modèles économiques durables, qui seront à terme bénéfiques à tout le monde (même aux entreprises).

    Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.

    Pour essayer d'aligner nos positions politiques il faut les exposer : Tu vois des entreprises qui créent de l'emploi. Moi je vois des services marketing qui manipulent et nous imposent des publicités, certains éditeurs qui vident des oeuvres de leur essence en toute légalité, et des ayants droit qui ponctionnent. Et tous ces salaires, tous ces frais qui vont pourtant clairement contre nos intérêts, se retrouvent dans les produits : nous les payons. Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
    Évidemment que certains intermédiaires sont cruciaux et indispensables : je propose ples payer de manière juste et transparente par financement participatif (je n'ai pas la prétention d'avoir réponse à tout c'est une piste de réflexion).

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.
    C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire. Par ailleurs je ne comprends pas où tu veux en venir en y faisant référence.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    " Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.
    Tout comme les bibliothèques qui choisissent ce qu'elles mettent à disposition, le filtre politique de ces éditeurs est colossal : ils choisissent directement ce qui est produit et financé, et peuvent même censurer les auteurs au sein de leur propre œuvres (il n'y a qu'à voir les conflits entre réalisateurs et producteurs au cinéma).

    C'est aussi ce filtre politique qu'on cherche à contourner, c'est un acte de désobéissance civile.

    Mais ce n'est évidemment pas ce que je souhaite (je ne télécharge pas, je préfère autant que possible consommer du libre). D'où la volonté de financer directement les artistes pour court-circuiter l'intermédiaire. Moins cher et plus libre.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture).
    Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions. Il y aurait pour moi deux explications : un manque de connaissances quant aux modalités de partage ouvert mais aussi une soumission aux logiques économiques. Ils ont des frigos (rouges peut-être mais des frigos quand même) à remplir.
    C'était aussi mon point, ne pas blâmer les choix des créateurs mais leur proposer autre chose. Si l'alternative existe, elle reste méconnue et sous-financée pour l'instant. C'est à nous en tant que société de créer autre chose.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.
    Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies. La liberté de choisir la modalité de partage de la part de l'auteur et l'égalité d'accès, mais aussi la liberté de récupérer, modifier et faire évoluer des œuvres ou idées entrent en contradiction dans le modèle économique existant.
    L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.

    Ensuite là c'est philosophico-politique, mais pour moi le gain n'est pas le moteur de la créativité.

    La preuve en est que dans le modèle oeuvre-produit, on produit d'abord l'œuvre avant de la vendre. Alors comment remplis t-on notre fameux frigo (qu'elle qu'en soit la couleur) pendant ce temps ? Soit on a déjà des sous et on est auto-suffisant, soit on cède nos droits à des éditeurs. C'est l'espérance de gain futurs le moteur.

    C'est toute une vision du monde, mais ce modèle économique est aussi une façon de rappeler que l'argent est un moyen est non une finalité. Donner de l'argent pour que quelque chose existe, plutôt que faire exister quelque chose pour que ça nous rapporte. L'argent arrive à la fin, est la finalité des développements. À tel point que certains imaginent même que sans modèle de rentabilité capitaliste, personne ne ferait plus rien.

    Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites. L'argent en finalité prédomine tellement que s'en est absurde, une concentration des pouvoirs colossale ("mais ils ont bossé durs ils le méritent ?"), de l'obsolescence programmé, et globalement un développement court-termiste du monde, aux dépens des intérêts communs sur de trop nombreux aspects.

    L'art, et désormais les programmes informatiques, sont des modalités d'accès et de compréhension du monde. Il est nécessaire de développer de nouveaux modèles. L'aspect crucial de ces éléments justifie à mon sens la désobéissance civile. Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité. J'ai peur que le pouvoir de verrouillage des lobbys soit ici trop important pour que ce soit réaliste malheureusement...

  12. #12
    Invité de passage

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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains
    L'humain travaille pour gagner sa vie, d'où l'intérêt de protéger ceux qui travaillent et non ceux qui volent.

    Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.
    Les logiciels sont souvent ciblés par les enseignants et les programmes.
    Le marché dicte aussi sa loi.
    Les licences étudiants permettent, avec des clauses limitées, de permettre à l'étudiant, qui n'est pas encore actif et assurer des revenus, d'être en légalité au regard de ses capacités financières (il y a plein d'argent pour aller aux soirées, au bar., en boite de nuit .. mais pour payer les licences, c'est toujours difficile même au rabais), et plus aisément reprocher à celui qui n'a pas acquis sa licence d'être alors fautif au regard de la facilité qui lui a été concédée afin de le faire légalement.

    Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal
    Pas toujours, car les projets open source sont par la plupart démunis d'armada de juristes qu'ont ceux du "propriétaire", et souvent violent des brevets ou autres droits de propriété intellectuelle.

    Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.
    On peut voir cela différemment, promouvoir le libre déprécie le propriétaire, alors sera captif d'autre chose : du "libre"


    Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ?
    La moralité et la légalité sont définies par la loi, donc comme cela est illégal, c'est immoral outre être répréhensible.

    Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?
    Oui vous privez les ayants droits du revenu qu'ils auraient du avoir.
    Imaginez vous en fin de mois, si vous êtes actif, et votre employeur vous dit : j'ai adoré votre travail, super, performant, mais je ne vais pas vous payer pour autant.


    Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?
    Tout au contraire, rien de cela n'est indispensable. Vous pouvez vivre sans écouter de la musique. On ne peut pas vivre sans manger, mais voler la nourriture est aussi illégal. Donc voler une oeuvre de l'esprit est encore moins justifiable.

    Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.
    L'humain est parfois déroutant. Au lieu de donner de l'argent à des projets pour que d'autres en gagnent, il ferait mieux de demander des participations à ces créateurs et avoir en cas de réussite, le retour sur leur participation. Les levées de fonds se sont au détriment des crédits bancaires ou autres modes de financement, qui se plus accompagnent le créateur dans la réflexion sur la viabilité de leur projet, en lieu de faire la quête émotionnelle auprès de n'importe qui.

    Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).
    Pourquoi financement participatif ? Dire que le propriétaire a le droit d'être volé par la copie serait moral, .. et vous voudriez de l'argent pour faire une oeuvre libre au lieu de travailler pour rien ?

    À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?
    La publicité a pour but d'influencer émotionnellement en vue de donner l'envie d'acheter. Elle va au delà du besoin et du raisonnement censé du potentiel acheteur. Par exemple le système marketing qui passe en boucle des artistes sans talent et en faire des stars alors qu'ils n'ont pas le talent.

    Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?
    On achète une licence (transférable ou non par revente, mais exclusive à l'usager), et non un objet physique, dans le cas du logiciel. La licence est un droit d'utiliser sous certaines conditions une oeuvre de l'esprit.
    Copier c'est comme si vous volez la facture vous ayant remis ces droits de licence. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas agressif physique ce cela est moins grave, la loi prévoit cela.
    Le vol à l'étalage était donné en exemple car pour ceux qui se livrent à la copie illégale, ils font leur petit minable derrière leur écran, là où ils n'auraient pas le cran de forcer les vigiles du magasin dérobant le produit convoité. Dans les deux cas, ils ont dérobé une licence, un droit d'utiliser, d'écouter à titre privé, etc.


    Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement.
    Oui, il a existé des plateformes pour lancer des artistes sur ce concept, qui une fois promus, se trouvaient dans le circuit éditorial conventionnel.

    Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.
    Les éditeurs connaissent le marché, et demandent, s'ils sentent un potentiel pour l'oeuvre qui leur est proposée, parfois des retouches : soit pour des raisons d'ordre légal, ou d'ordre marketing, car ils prennent un risque financier en tant qu'éditeur, et leur but est que cela se vende. Donc effectivement, le circuit conventionnel transforme une oeuvre artistique. Rien n'empêche l'artiste qui ne s'en satisfait point de s'auto éditer s'il veut faire du commercial, ou travailler pour rien en licence creative common et gagner sa vie autrement et faire de la production de l'esprit un loisir alors, afin d'avoir sa liberté en matière de création.

    Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
    A partir du moment que vous vous refusez à les consommer, il n'y a pas de problème. Le problème est si vous consommez sans payer. Comme partir du restaurant en douce après s'être rassasié.

    A. Swartz
    C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire.
    .. en lisant les éléments de procédure lui reprochant ses actes, effectivement. Une procureur s'étant auto saisie de l'affaire.



    Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions.
    Vous défendez le libre, c'est votre droit, votre opinion, vous êtes pour le partage de tout, l'abandon de la propriété : pourquoi ne partagez vous pas contre compte bancaire, votre logement, votre corps, à tous et qui veut sans broncher? Là les "ténors du libre" n'ont pas les mêmes discours.


    Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies.
    Priver l'artiste de la réalisation de la licence qu'il souhaite, donc y compris la rétribution, est une atteinte à ses droits, d'où le fait que cela est sanctionné.

    L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.
    Ce n'est pas la volonté du créateur qui a choisi son mode de diffusion : commercial, abandon de droits... Vous confondez vos envies avec celles des créateurs.

    Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites.
    Absolument pas, les droits de la propriété intellectuelle sont très anciens et sans cesses défendus par les auteurs. C'est l'informatique connectée qui a peu à peu instauré des moyens de "piratage", qui a créé des limites aux auteurs dans la défense de leur travail.

    Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité.
    Ce sont effectivement des idéologies socialistes, qui en l'état ne sont pas implémentées dans le droit. Si un jour elles viennent à exister, les auteurs regretteront d'avoir créé et arriver à la spoliation totale. Et les futurs créateurs leur couperont toute envie créative.

  13. #13
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    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    On peut voir cela différemment, promouvoir le libre déprécie le propriétaire, alors sera captif d'autre chose : du "libre"
    Je ne comprends pas ce que "captif du libre" voudrait dire. J'imagine que tu veux dire que si partager des logiciels propriétaires était illégal, alors il serait ainsi obligatoire de faire du libre. Ce n'est pas ma position, je suis pour construire une alternative, pas imposer quoi que ce soit à qui que ce soit.

    Par ailleurs, le captif du propriétaire est bien plus concret. Tu peux coder pendant 10 ans dans une entreprise, être viré lors d'un changement de board et alors si tu réutilise les outils, fonctions ou même idées développés lors de ton contrat, c'est illégal. Dire que les lois sur la propriété intellectuelle protègent les créateurs c'est simpliste et faux dans de nombreux cas.
    Cela n'arriverait pas dans le code ouvert. Je suis d'ailleurs plus pour les licences de type LGPL que GPL : je suis pour la liberté et pas contre le fait que quelqu'un choisisse de développer un produit ou service à partir du code. Pour que l'auteur puisse réutiliser les codes pour des développements propriétaires s'il le souhaite.
    Avec la licence GPL, tu peux réutiliser tous les codes pour tous les projets que tu souhaites, sans demander la permission à qui que ce soit. Il y a juste une contrainte sur la modalité de diffusion.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    La moralité et la légalité sont définies par la loi, donc comme cela est illégal, c'est immoral outre être répréhensible.
    Oulah mais pas du tout.

    Le droit émane d’autorités publiques (État, législateurs, tribunaux) et est codifié.

    La morale provient de la conscience individuelle ou de valeurs collectives, sans autorité formelle.

    Le droit cherche à s'appuyer sur la morale, autant pour être juste que pour être légitime.

    Et vais y aller avec mes gros sabots mais au moins ce sera clair (c'est caricatural et je ne vous accuse de rien évidemment, c'est une question purement rhétorique) :
    Rosa Park aurait dû se lever dans le bus parce que c'est ce qui était inscrit dans la loi ?

    La désobéissance civile est aussi un moyen de contester et de faire évoluer des sujets en les exposants.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Oui vous privez les ayants droits du revenu qu'ils auraient du avoir.
    Imaginez vous en fin de mois, si vous êtes actif, et votre employeur vous dit : j'ai adoré votre travail, super, performant, mais je ne vais pas vous payer pour autant.
    Mais par exemple dans le cas du Disney vieux de 20 ans, tous les créateurs ont déjà été payé il y a bien longtemps : dans ce cas on paye qui et pourquoi ?

    C'est bien plus compliqué que la dualité manichéene travailleurs/voleurs que tu exposes. C'est purement politique, mais les actionnaires ne sont pas des travailleurs.

    Beaucoup de copies s'effectuent pour accéder à des œuvres inaccessibles autrement. Qu'on copie ou ne copie pas, il n'y aurait de toute façon pas de rentrée d'argent, on ne prive pas de revenus potentiels.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Tout au contraire, rien de cela n'est indispensable. Vous pouvez vivre sans écouter de la musique. On ne peut pas vivre sans manger, mais voler la nourriture est aussi illégal. Donc voler une oeuvre de l'esprit est encore moins justifiable.
    Comprenez que quand vous dites ça, j'entends "ils ont à bouffer, ils vont pas chercher à se cultiver en plus ?".

    Que quelqu'un au SMIC, qui travaille à plein temps pour faire tourner la société, ait déjà du mal à payer son loyer et n'ait pas accès à la culture alors que grâce au numérique elle est copié-collable, c'est acceptable pour vous ?
    La raison derrière, c'est de permettre la maximisation du profit des ayants droit ?
    Pour ce qui est de faire vivre les créateurs, c'est justement le point de départ de la réflexion autour des modes de financement.

    Et pour des besoins plus directement vitaux, la propriété intellectuelle est aussi un frein. Par exemple, de nombreux pays n'ont pas accès à certains médicaments parce qu'ils sont trop cher. La propriété intellectuelle est un frais supplémentaire dispensable. Les frais de développement sont déjà amortis par les ventes qui ont été réalisés : pourtant ils doivent toujours la payer. Et ils ne peuvent pas y accéder de fait : c'est légal mais immoral.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    L'humain est parfois déroutant. Au lieu de donner de l'argent à des projets pour que d'autres en gagnent, il ferait mieux de demander des participations à ces créateurs et avoir en cas de réussite, le retour sur leur participation. Les levées de fonds se sont au détriment des crédits bancaires ou autres modes de financement, qui se plus accompagnent le créateur dans la réflexion sur la viabilité de leur projet, en lieu de faire la quête émotionnelle auprès de n'importe qui.
    Alors que les bibliothèques ait un filtre politique ça vous dérange, mais que ce soit les banques qui choisissent ce qui est financé ou non vous semble normal.
    Le financement participatif permet justement à tous de participer à la sélection des œuvres/projets qui sont financés, en y contribuant directement. C'est de l'ordre de la croyance, mais j'ai plutôt confiance en l'intelligence collective (il y a par ailleurs des études sociales qui vont dans ce sens). Tant qu'il y a un public il y aurait des financements, sans intermédiaires entre les 2.
    Les banquiers n'ont pas moins de biais que les autres, et si ces biais sont économiques ils ne sont par pour autant plus objectif.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Pourquoi financement participatif ? Dire que le propriétaire a le droit d'être volé par la copie serait moral, .. et vous voudriez de l'argent pour faire une oeuvre libre au lieu de travailler pour rien ?
    Bon tout d'abord associer vol et copie c'est la question ici. Votre point de départ est fallacieux. Vos arguments pour les associer ne sont que d'ordre juridique, la morale en elle-même n'est presque jamais évoquée. Et vous utilisez votre point de départ pour multiplier les comparaisons douteuses comme des arguments d'autorité.

    Et si on veut de l'argent, c'est bien parce que tout travail mérite salaire, on se rejoindra la dessus. Mais pour permettre aussi un accès libre à toutes et tous, et bien on propose le financement participatif amont. On paye une fois puis ensuite c'est accessible pour tout le monde tout le temps. Je ne comprends pas ce qui n'est pas clair la dedans. Et ce que je trouve super c'est que ça permet de bien payer les créateurs tout en proposant le contenu gratuitement. Je vois bien que tu es contre mais je ne comprends pas pourquoi.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    La publicité a pour but d'influencer émotionnellement en vue de donner l'envie d'acheter. Elle va au delà du besoin et du raisonnement censé du potentiel acheteur. Par exemple le système marketing qui passe en boucle des artistes sans talent et en faire des stars alors qu'ils n'ont pas le talent.
    Bon bah au moins un point où on est d'accord. Mais pour le coup ça n'a plus rien à voir avec le sujet. J'ai parlé de ça pour dire que bien que le partage soit gratuit, ce qui est super, ce n'est pas du vraiment partage libre pour autant.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Dans les deux cas, ils ont dérobé une licence, un droit d'utiliser, d'écouter à titre privé, etc.
    Ce qu'on dit c'est qu'accéder à la culture devrait être un droit, tout autant que le droit d'auteur et ce qui permet de vivre de son travail. Et que court-circuiter les distributeurs qui ne fournissent aucun service utile, que du verrouillage juridique injuste, on ne fait rien de mal, et ce n'est certainement pas du vol.

    Je ne suis pas du tout opposé aux droits d'auteurs. Et lorsqu'un auteur ne veut pas qu'on télécharge ses oeuvres, évidemment je respecte. Quand les ayants droits réclament des parts relativement à leurs investissements capitaliste pour ponctionner, je court-circuite.

    Si ce n'est pas du vol, je reste d'accord avec toi que c'est un choix lourd de conséquences. En effet, les auteurs doivent vivre de leur travail. Leur faire des dons par ailleurs, aller à leurs concerts, etc., les financer par un moyen ou un autre. C'est à chacun de faire ses choix en son âme et conscience.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Oui, il a existé des plateformes pour lancer des artistes sur ce concept, qui une fois promus, se trouvaient dans le circuit éditorial conventionnel.
    Oui et c'est bien dommage : être financé pendant tout le développement, pour ensuite vendre l'immatériel en bénéfice pur. Financé par tout le monde, mais que pour les intérêts du créateur. Enfin chacun fait ce qu'il veut.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    .. en lisant le jugement qui le condamne pour le mal qu'il a fait, effectivement.
    Résumé de ce qui s'est passé :
    "L'action d'Aaron Swartz, bien qu’illégale selon les lois américaines de l’époque, visait à dénoncer un système où des milliers d’articles scientifiques étaient verrouillés derrière des paywalls coûteux, alors qu’ils étaient souvent le fruit de recherches publiques.
    Il a été poursuivi pour avoir téléchargé des millions d’articles depuis JSTOR via le réseau du MIT, mais JSTOR lui-même a retiré ses accusations, estimant qu’il n’y avait pas de préjudice financier. La poursuite a été menée par le gouvernement fédéral américain, qui visait à établir un exemple spectaculaire, menaçant Swartz de 35 ans de prison et 1 million de dollars d’amende.
    Sa mort par suicide en 2013, à 26 ans, a suscité une large indignation. Ses proches et ses soutiens affirment qu’il a été acculé par un système judiciaire intolérant et disproportionné, plus qu’effrayé par la prison. Aujourd’hui, il est vu comme un martyr du libre accès à la connaissance, et son héritage inspire encore des mouvements comme Sci-Hub ou les politiques d’ouverture scientifique. "

    Voilà, voilà...

    Le mal qu'il a fait ? Mais quel mal ?
    On voit que votre absence de distinction entre le légal et le moral vous amène à cautionner de drôles de choses...

    Tout de même, comment pouvez vous penser que ce qu'il a fait est mal ? Même l'entreprise directement concernée reconnaît n'avoir rien perdu... Et selon vous c'est du vol ?

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Vous défendez le libre, c'est votre droit, votre opinion, vous êtes pour le partage de tout, l'abandon de la propriété
    C'est un homme de paille, et une extension grotesque de la position. Je ne suis pas pour la suppression des droits des auteurs, mais contre le fait qu'on puisse attaquer en justice quelqu'un qui réalise une copie.

    Si tu veux creuser la question de la propriété intellectuelle pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette remise en question, je te recommande chaudement Katharina Pistor, professeur de droit allemande : "la possession d'une terre, d'un atelier, d'une idée, etc. ne procure qu'un outil. Celui-ci ne devient une source durable de richesse et de pouvoir opposable à autrui qu'en raison des droits et protection que lui confère son codage juridique" (https://youtu.be/PzDDv9aIj6Y?feature=shared)

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Offrir votre logement, votre corps, à tous et qui veut sans broncher? Là les "ténors du libre" n'ont pas les mêmes discours.
    Bon la c'est carrément grotesque, totalement ridicule.

    Vous défendez les concepts, idées et constructions immatérielles comme des produits privés pouvant être vendus. C'est votre position, après tout pourquoi pas.

    Je ne vais pas l'étendre "tu es pour la privatisation des idées, concepts et oeuvres par la propriété intellectuelle, alors pourquoi ne pas privatiser l'air qu'on respire, l'eau des océans, le temps qui passe, la patience ou le courage ?" Tu ne défends évidemment pas ça... On ne va nulle part avec ces réflexions qui nous divisent.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Priver l'artiste de la réalisation de la licence qu'il souhaite, donc y compris la rétribution, est une atteinte à ses droits, d'où le fait que cela est sanctionné.
    Oui je comprends bien. La copie n'est pas un acte anodin je suis d'accord. De là à la sanctionner, culpabiliser et considérer comme du vol, je trouve que tu y vas fort. Il y a plein de cas où le téléchargement est pertinent. Comme il y a des cas où cela nuit à la viabilité de bon projets et c'est bien dommage.

    Je fais aussi la distinction entre droit d'auteur et propriété intellectuelle. Que l'auteur ait des droit sur ses créations c'est logique. Qu'on puisse utiliser l'outil juridique pour transformer la copie en crime, je ne suis pas d'accord. D'autant que comme dit plus haut, la propriété intellectuelle peut être utiliser pour déposséder les auteurs de leurs droits justement (exemple du codeur au sein d'une boîte).

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ce n'est pas la volonté du créateur qui a choisi son mode de diffusion : commercial, abandon de droits... Vous confondez vos envies avec celles des créateurs.
    En effet il y a une confusion ici dans mon propos entre piratage (copie sans consentement) et le modèle de financement participatif. Quand je parle de "remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes", c'est du modèle de financement participatif auquel je voulais faire référence. Je vais faire gaffe, déjà que le sujet n'est pas simple, si je m'emmele les pinceaux...
    En effet le piratage se fait aux dépens des diffusions choisies : ce n'est pas une solution de société, juste un court circuit qui selon vous est odieux (si j'ai compris votre position) selon moi à l'évaluation de chacun au cas par cas.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Absolument pas, les droits de la propriété intellectuelle sont très anciens et sans cesses défendus par les auteurs. C'est l'informatique connectée qui a peu à peu instauré des moyens de "piratage", qui a créé des limites aux auteurs dans la défense de leur travail.
    Alors le débat sur la propriété intellectuelle est loin d'être récent. Tous les auteurs ne défendent pas la propriété intellectuelle. Victor Hugo par exemple y était opposé. Je te conseille cet article passionnant, qui traite la question avec rigueur en s'appuyant sur différents points de vue historiques : https://shs.cairn.info/revue-l-econo...age-34?lang=fr

    Il y a certes un consensus légal, mais je le trouve discutable. Du point de vue philosophique, c'est une approche lockéene de la morale. Je te recommande cette vidéo qui en parle si cela t'intéresse : https://skeptikon.fr/w/o9rGRVjKqgoLF9HXrgi47L

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ce sont effectivement des idéologies socialistes, qui en l'état ne sont pas implémentées dans le droit. Si un jour elles viennent à exister, les auteurs regretteront d'avoir créé et arriver à la spoliation totale. Et les futurs créateurs leur couperont toute envie créative.
    Bon pour moi ici on sombre dans l'idéologie pure. Se poser des questions politiques c'est intéressant, mais affirmer ses opinions comme des vérités générales.... Rien ne prouve que sans propriété intellectuelle "les auteurs regretteront" ou "les créateurs n'auront plus aucune envie créatives".

    Comme si les musiciens, codeurs, artistes n'étaient motivé que par l'appât du gain pur, et n'étaient pas intéressé par des liens plus stables et viables vis à vis du reste de la société. Il ne faut pas projeter sa manière de réfléchir, ce n'est pas parce que tu ne ferais plus rien sans appât du gain que c'est le cas de tout le monde.

    Et de toute façon supprimer le droit n'est pas la volonté ici, plutôt d'y réfléchir et de le faire évoluer. Être plus souple sur la copie, créer des modèles économiques pour maximiser le partage etc. Supprimer la propriété intellectuelle pourrait être une solution, mais il n'est pas question de l'imposer du jour au lendemain.

  14. #14
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    Je ne comprends pas ce que "captif du libre" voudrait dire.
    Le libre détruit peu à peu par sa gratuité les entreprises du logiciel propriétaire.
    Par exemple des entreprises ne jugeront plus rentable de développer un progiciel si un équivalent libre existe, sauf un paramètre autre vient à les privilégier.
    Donc plus le libre se développe, plus le propriétaire va se dégrader dans la plupart des cas, et c'est bien là une intention d'une partie des partisans du libre.
    Donc il n'y aura plus d'alternative au libre peu à peu vu que le propriétaire n'aura plus de marché à capter.
    Donc l'usager sera de plus en plus captif du libre.

    Tu peux coder pendant 10 ans dans une entreprise, être viré lors d'un changement de board et alors si tu réutilise les outils, fonctions ou même idées développés lors de ton contrat, c'est illégal. Dire que les lois sur la propriété intellectuelle protègent les créateurs c'est simpliste et faux dans de nombreux cas.
    Non ce n'est pas faux, le salarié par son contrat de travail transmet à l'entreprise l'entière exclusivité et propriété des créations, inventions, réalisations, faisant l'objet de sa rémunération. Cela s'inscrit tout à fait dans les lois des propriétés intellectuelles car le créateur est l'entreprise, un ensemble de personne agissant dans le cadre d'une structure collective personne morale.

    Cela n'arriverait pas dans le code ouvert.
    Si vous entendez par là que l'entreprise vient à utiliser et améliorer du code d'une licence GPL alors détourne le travail de la propriété de l'entreprise ayant rémunéré des personnes pour le faire et le faire tomber dans le domaine du libre, la parade est trouvée dans un tel contexte, voir le cas Thalès : https://www.developpez.net/forums/d2.../#post12106360


    Je suis d'ailleurs plus pour les licences de type LGPL que GPL :
    IL y a aussi la licence du MIT à considérer.
    Mais en France, ces licences ne sont pas juridiquement valables, il faut regarder les licences Cecill qui ont été adaptées au droit français et européen.


    Le droit émane d’autorités publiques (État, législateurs, tribunaux) et est codifié.
    La morale provient de la conscience individuelle ou de valeurs collectives, sans autorité formelle.
    En France, les religions et autres sont soumises aux lois de la République. Un fanatique se trouvera moral d'avoir décapité un adversaire car son Dieu lui a demandé dans des propos rapportés dans un libre, la loi le punira.
    On trouve en droit des concepts de "bonne moralité", qui est une notion floue, mais existe dans le domaine du droit : https://actu.dalloz-etudiant.fr/le-s...12e3df78a.html qui s'inscrit dans votre allusion aux "valeurs collectives", car peut être résumée en « respect des idées morales communément admises à un moment donné par la moyenne des citoyens », mais pas en des valeurs individuelles, ou confessionnelle exclusivement.


    Mais par exemple dans le cas du Disney vieux de 20 ans, tous les créateurs ont déjà été payé il y a bien longtemps : dans ce cas on paye qui et pourquoi ?
    Une création est exploitée au maximum afin de s'enrichir au maximum. C'est pour cela que l'entreprise créée. Et ce n'est pas parce qu'une entreprise a fait des milliards avec une création que cela justifie le fait qu'on puisse dérober.

    mais les actionnaires ne sont pas des travailleurs.
    Ce sont des partenaires de l'entreprise qui possèdent une part et attendent justement que l'entreprise continue de faire des bénéfices pour avoir leur part quant à cette prise de risque, l'entreprise profitant du capital apporté pour son développement.

    Beaucoup de copies s'effectuent pour accéder à des œuvres inaccessibles autrement. Qu'on copie ou ne copie pas, il n'y aurait de toute façon pas de rentrée d'argent, on ne prive pas de revenus potentiels.
    Non, ce n'est pas parce que le produit n'est plus commercialisé que cela vous donne le droit de vous l'approprier. Les droits courent toujours. Une entreprise peut volontairement avoir voulu cesser la commercialisation d'un produit, cela ne donne pas le droit de les dupliquer dans le cadre d'un logiciel (cas des abandonwares https://www.developpez.net/forums/d2...arriere-decor/ ) .
    Vous n'aviez qu'à être en état d'acheter au moment où cela était commercialisé. La vie est faite de nombreux regrets.

    Que quelqu'un au SMIC, qui travaille à plein temps pour faire tourner la société, ait déjà du mal à payer son loyer et n'ait pas accès à la culture alors que grâce au numérique elle est copié-collable, c'est acceptable pour vous ?
    Tout à fait car l'artiste doit être rémunéré pour son travail. Les personnes qui n'ont pas les moyens de rémunérer le créateur n'ont qu'à chanter (des œuvres libres de droit, ou acquitter le droit de chanter autrement), coder, faire de la comédie... et ainsi faire de la culture.


    Et pour des besoins plus directement vitaux, la propriété intellectuelle est aussi un frein. Par exemple, de nombreux pays n'ont pas accès à certains médicaments parce qu'ils sont trop cher
    . Là encore, cela ne justifie pas la contrefaçon. La responsabilité repose sur ceux qui ont donné la vie dans des conditions défavorables et non sur la méchante entreprise de pharmacie qui après avoir dépensé très cher pour sa recherche et développement, doit retourner sur ses frais, payer son personnel, ses charges, et faire des bénéfices,... Cela parait cruel mais c'est la réponse normale à du chantage affectif, tout en compatissant avec la misère humaine.

    Le financement participatif permet justement à tous de participer à la sélection des œuvres/projets qui sont financés, en y contribuant directement.
    Mais personne ne s'oppose au financement participatif à ma connaissance ?

    . Votre point de départ est fallacieux. Vos arguments pour les associer ne sont que d'ordre juridique, la morale en elle-même n'est presque jamais évoquée. Et vous utilisez votre point de départ pour multiplier les comparaisons douteuses comme des arguments d'autorité.
    Vos propos sont déplacés, vous partez sur un faux prétexte de morale pour tenter de justifier un acte réprimé par la loi.

    et bien on propose le financement participatif amont. On paye une fois puis ensuite c'est accessible pour tout le monde tout le temps.
    Ce n'est pas toujours le concept du financement participatif. Prenons un exemple célèbre du financement participatif artistique : la chanteuse Irma, qui a été lancée via la plateforme communautaire "MyMajorCompany". Elle a récolté 70000 euros pour la production de son album de la part des financeurs volontaires ; ensuite son oeuvre n'est pas un creative common ou libre de droits pour autant, j'ai payé pour acheter l'album dans un circuit éditorial des plus conventionnels. C'est dans un tel cas un substitut à l'emprunt bancaire.


    "L'action d'Aaron Swartz, bien qu’illégale selon les lois américaines de l’époque, ... La poursuite a été menée par le gouvernement fédéral américain, qui visait à établir un exemple spectaculaire, menaçant Swartz de 35 ans de prison et 1 million de dollars d’amende.
    Cela peut se comprendre par un pays de culture capitaliste et de tradition de chasse au communisme, qui cherche à contrer les dérives.

    On a bien encore des millions de personnes qui viennent à faire de Jésus une victime alors qu'il a été puni car c'était un délinquant, par les lois en vigueur là où il officiait.

    Vous défendez les concepts, idées et constructions immatérielles comme des produits privés pouvant être vendus. C'est votre position, après tout pourquoi pas.
    Tout cela est prévu par le code de la propriété intellectuelle et sans cesse perfectionné depuis longtemps.

    En ce moment nous avons la polémique que l'IA vient à utiliser du matériel protégé par droits d'auteurs, pour créer d'autres œuvres.

    Je ne vais pas l'étendre "tu es pour la privatisation des idées, concepts et œuvres par la propriété intellectuelle, alors pourquoi ne pas privatiser l'air qu'on respire, l'eau des océans, le temps qui passe, la patience ou le courage ?"
    C'est la situation actuelle des choix politiques. Autant un jour le rêve socialiste de Stallman se réalisera. Mais ramener des réflexions sur la propriété intellectuelle, œuvre de l'esprit, avec des biens universels tel l'air, c'est indélicat et totalement hors sujet, déviant du débat de fond.

    Oui je comprends bien. La copie n'est pas un acte anodin je suis d'accord. De là à la sanctionner, culpabiliser et considérer comme du vol, je trouve que tu y vas fort.
    Ce n'est pas moi mais la loi voulue par les représentants des citoyens. Lire les textes de lois en question.

    Il y a plein de cas où le téléchargement est pertinent.
    Vous mélangez pertinence, vos envies, et le droit de le faire.

    Je fais aussi la distinction entre droit d'auteur et propriété intellectuelle. Que l'auteur ait des droit sur ses créations c'est logique. Qu'on puisse utiliser l'outil juridique pour transformer la copie en crime, je ne suis pas d'accord. D'autant que comme dit plus haut, la propriété intellectuelle peut être utiliser pour déposséder les auteurs de leurs droits justement (exemple du codeur au sein d'une boîte).


    Alors le débat sur la propriété intellectuelle est loin d'être récent. Tous les auteurs ne défendent pas la propriété intellectuelle.
    Certes, justement nous parlions de M. Stallman dans ce sujet, cette idée existe. Mais ce n'est pas ce que retiennent les faiseurs de lois, des auteurs qui montent des sociétés de protection de leurs oeuvres, etc.

  15. #15
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    Le libre détruit peu à peu par sa gratuité les entreprises du logiciel propriétaire.
    Par exemple des entreprises ne jugeront plus rentable de développer un progiciel si un équivalent libre existe, sauf un paramètre autre vient à les privilégier.
    Donc plus le libre se développe, plus le propriétaire va se dégrader dans la plupart des cas, et c'est bien là une intention d'une partie des partisans du libre.
    Donc il n'y aura plus d'alternative au libre peu à peu vu que le propriétaire n'aura plus de marché à capter.
    Donc l'usager sera de plus en plus captif du libre.
    1 - C'est assez surréaliste, on en est loin quand même. Linux n'a pas tué Windows et Mac (surtout pas Mac). Il y a bien une concurrence entre les 2, comme il y a une concurrence entre les entreprises. "Détruire par la gratuité" : tu ne vois pas ce qu'ils construisent plutôt ? Tout ce que le libre a permis ?

    2 - Le logiciel libre, ce n'est pas un seul groupe unitaire. Il y a plusieurs solutions, philosophies, qui se font parfois concurrence, parfois collaborent...
    Bref quand tu es captif d'une entreprise (tout ce que tu as fait leur appartient, partir c'est repartir de 0) tu ne peux même pas utiliser tes propres développements dans une autre entreprise. La propriété intellectuelle permet ici un verrouillage du rapport de force entre le salarié et l'entreprise.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Non ce n'est pas faux, le salarié par son contrat de travail transmet à l'entreprise l'entière exclusivité et propriété des créations, inventions, réalisations, faisant l'objet de sa rémunération. Cela s'inscrit tout à fait dans les lois des propriétés intellectuelles car le créateur est l'entreprise, un ensemble de personne agissant dans le cadre d'une structure collective personne morale.
    Oui c'est bien cela. Et du coup cela ne protège pas les créateurs (qui écrivent les lignes de codes), mais l'entreprise (la structure qui coordonne).
    Du coup l'argument "la propriété intellectuelle protège les créateurs, ceux qui développent l'immatériel" c'est faux dans de nombreux cas.
    C'est un modèle économique qui est défendu. Ce modèle économique est privatif, et n'a pas la volonté de faire circuler la connaissance de manière juste (on ne perd pas une connaissance quand on la partage) mais de la conditionner aux flux économiques, dans la volonté de maximiser le profit, aux dépens des intérêts humains (accès aux outils et à la culture). L'idée ce serait d'inverser cette tendance, pour mettre l'économie au service de la connaissance, de l'intelligence. L'argent comme un moyen et non plus comme une finalité.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Si vous entendez par là que l'entreprise vient à utiliser et améliorer du code d'une licence GPL alors détourne le travail de la propriété de l'entreprise ayant rémunéré des personnes pour le faire et le faire tomber dans le domaine du libre, la parade est trouvée dans un tel contexte, voir le cas Thalès
    Non, j'entendais se faire spolier son travail par la structure, se retrouver par les lois sur la propriété intellectuelle dépossédé de ce qu'on a fait de nos mains.
    C'est ce qui ne peut pas arriver en Open-source. La direction du projet ne te plaît pas ? Tu peux faire ton fork. Tu peux aussi réutiliser ton code pour d'autres projets etc., il n'y a pas de verrouillage. Je disais être plus pour LGPL que GPL, pour justement que les créateurs soient les plus libre possible, et puissent choisir de poursuivre leurs développements ou une part de leurs développements de manière propriétaire s'ils le souhaitent.

    Par ailleurs l'exemple de Thalès reste intéressant (merci pour le lien c'est cool). Cela montre que l'argument "tu peux publier en OS, si tu veux qu'on respecte tes volontés respectent celle des autres qui sont propriétaires" n'est pas valable malheureusement. Extrait de la publication : "Lorsqu’un code a un enjeu technico-économique fort alors il n’est pas publié."
    Que même quand les partisans du libre s'encadrent juridiquement pour permettre le partage de leur travail selon les modalités qu'ils souhaitent (GPL : je publie libre, je veux que toute prolongation ou modification de mon travail soient elles aussi en publication libre), et bien le droit permet de ne pas respecter leurs volontés. Cela montre bien que les lois sur la propriété intellectuelle ne sont pas là pour protéger les créateurs, mais bien pour défendre un modèle économique.


    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    En France, les religions et autres sont soumises aux lois de la République. Un fanatique se trouvera moral d'avoir décapité un adversaire car son Dieu lui a demandé dans des propos rapportés dans un libre, la loi le punira.
    C'est ce que je voulais dire quand je dis que le droit s'appuie sur la morale. Elle cherche à poser noir sur blanc des règles, pour que justement ce ne soit pas chacun qui agisse selon ce qui lui semble juste individuellement.
    Cependant cela ne veut pas dire qu'elle parvient à être morale : le droit se doit d'évoluer.
    Utiliser le droit comme base morale pour évaluer ses actions c'est très bien. La plupart des lois sont justes, on ne veut pas de la loi du plus fort etc.
    Cependant quand le droit lui même devient un pouvoir de coercition, on se doit de le faire évoluer, et dans ce cas seulement réaliser de la désobéissance civile. (Pour la transformation du droit en pouvoir de coercition, j'espère que tu as regardé la vidéo sur Katharina Pistor, la professeur de droit allemande, qui est très explicite.)

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Une création est exploitée au maximum afin de s'enrichir au maximum. C'est pour cela que l'entreprise créée. Et ce n'est pas parce qu'une entreprise a fait des milliards avec une création que cela justifie le fait qu'on puisse dérober.
    Encore une fois tu t'appuies sur copie = vol pour construire ton argumentaire. Du coup on ne s'appuie pas sur les mêmes bases et ça part dans tous les sens.

    Ici, la raison d'être de la propriété intellectuelle et du verrouillage associé, c'est la viabilité économique du projet. Et du coup quand la viabilité économique du projet est déjà assurée : on paye qui et pourquoi ?
    La raison morale derrière ce système n'est plus : ce n'est donc plus immoral de copier.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ce sont des partenaires de l'entreprise qui possèdent une part et attendent justement que l'entreprise continue de faire des bénéfices pour avoir leur part quant à cette prise de risque, l'entreprise profitant du capital apporté pour son développement.
    Oui c'est du capitalisme quoi. Les actionnaires ne sont pas des créateurs. La propriété intellectuelle ne défends pas les créateurs, mais des intérêts économiques.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Non, ce n'est pas parce que le produit n'est plus commercialisé que cela vous donne le droit de vous l'approprier. Les droits courent toujours. Une entreprise peut volontairement avoir voulu cesser la commercialisation d'un produit, cela ne donne pas le droit de les dupliquer dans le cadre d'un logiciel (cas des abandonwares https://www.developpez.net/forums/d2...arriere-decor/ ) .
    Vous n'aviez qu'à être en état d'acheter au moment où cela était commercialisé. La vie est faite de nombreux regrets.
    Attends je comprends que pour la propriété intellectuelle tu puisses défendre des intérêts économiques, aux dépens du bon sens à mon avis, mais pour les logiciels abandonnés ?
    Je suis allé lire ton article. Ces logiciels sont abandonnés : ils n'appartiennent de fait plus à personne. Je comprends bien que ce n'est pas légal mais il n'y a plus d'ayant-droit. Ça embête qui le fait qu'ils soient archivés, réutilisés ou qu'importe ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? Même ceux ayant développé le logiciel ne le défendent pas, ou est le problème ?
    Tu cherches à appliquer systématiquement une loi injuste, absurde dans le cas des logiciels abandonnés. Indépendamment des tenants et des aboutissants. Indépendamment de toute réflexion morale ou concrète.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Tout à fait car l'artiste doit être rémunéré pour son travail. Les personnes qui n'ont pas les moyens de rémunérer le créateur n'ont qu'à chanter (des œuvres libres de droit, ou acquitter le droit de chanter autrement), coder, faire de la comédie... et ainsi faire de la culture.
    Et dans tous les cas où l'artiste est rémunéré depuis bien longtemps ?
    Puis j'imagine que dans le cas où l'artiste est décédé, on doit continuer de payer pour rémunérer l'artiste quand même ?

    "Ils n'ont qu'à chanter". On voit ici une incompréhension complète de ce qu'est la misère et de ce qu'elle implique.
    "Ils n'ont qu'à coder" : c'est une proposition mignonne quand justement par privatisation ils n'ont plus accès au logiciel.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Là encore, cela ne justifie pas la contrefaçon. La responsabilité repose sur ceux qui ont donné la vie dans des conditions défavorables et non sur la méchante entreprise de pharmacie qui après avoir dépensé très cher pour sa recherche et développement, doit retourner sur ses frais, payer son personnel, ses charges, et faire des bénéfices,...
    Quand une société à déjà amorti tous ces coûts de développement par les ventes en Europe, ces pays devraient quand même payer la propriété intellectuelle ?
    On ne parle pas de leur offrir les medicaments ici, juste qu'ils payent uniquement les coûts de production, par les surcoût dûs aux ayants-droit.
    Pour que ce soit possible pour eux. Et j'imagine que s'ils réussissent par miracle à reproduire le composition et lancent leur chaîne de production pour sauver leur population, on leur fait tout de même un procés pour protéger coûte que coûte la rentabilité.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Cela parait cruel mais c'est la réponse normale à du chantage affectif, tout en compatissant avec la misère humaine.
    Alors ça heureusement que tu précises, parce que la compassion ce n'est pas ce qui saute aux yeux. "Ils n'ont qu'à chanter" après tout.
    Ce n'est pas du chantage affectif, mais une réflexion morale sur des intérêts humains. Cela te laisse visiblement indifférent, il faut bien "rentrer dans ses frais". Une portefeuille à la place du coeur, un code pénal à la place du cerveau ?

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Mais personne ne s'oppose au financement participatif à ma connaissance ?
    "L'humain est parfois déroutant. Au lieu de donner de l'argent à des projets pour que d'autres en gagnent, il ferait mieux de demander des participations à ces créateurs et avoir en cas de réussite, le retour sur leur participation."

    Si tu ne t'y opposes pas, tu n'en vois pas l'intérêt sans rentabilité. De plus le point ici n'était pas de défendre le financement participatif en tant que tel, mais justifier que le financement en amont pour ensuite permettre l'accès à tous ne se fait pas nécessairement par subvention d'un état centralisé.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Vos propos sont déplacés, vous partez sur un faux prétexte de morale pour tenter de justifier un acte réprimé par la loi.
    Tout les actes qui sont réprimés par la loi ne sont pas immoraux pour autant. D'où la nécessité de réfléchir la morale, pour ensuite y aligner la loi. C'est cette question morale qui est d'ailleurs celle de l'article à partir duquel nous débattons : est-ce que le terme piratage, qui associe copie et immoralité est légitime ? Question à laquelle tu n'as répondu que par "c'est illégal c'est du vol", ce qui consiste en un argument d'autorité puis une affirmation de ta position, sans jamais la justifier.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ce n'est pas toujours le concept du financement participatif. Prenons un exemple célèbre du financement participatif artistique : la chanteuse Irma, qui a été lancée via la plateforme communautaire "MyMajorCompany". Elle a récolté 70000 euros pour la production de son album de la part des financeurs volontaires ; ensuite son oeuvre n'est pas un creative common ou libre de droits pour autant, j'ai payé pour acheter l'album dans un circuit éditorial des plus conventionnels. C'est dans un tel cas un substitut à l'emprunt bancaire.
    Oui en effet et c'est bien dommage. Le financement participatif perd de son intérêt. Ce n'est plus financer pour que ça existe et soit accessible à tous, mais juste financer pour que ça existe.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Cela peut se comprendre par un pays de culture capitaliste qui cherche à contrer les dérives.

    On a bien encore des millions de personnes qui viennent à faire de Jésus une victime alors qu'il a été puni car c'était un délinquant, par les lois en vigueur là où il officiait.
    La loi la loi la loi hein. La morale passe bien après ce qui est écrit dans un livre. Ta profession de foi envers le code pénal ressemble un peu aux religieux que tu sembles pourtant ne pas tenir dans ton coeur.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Mais ramener des réflexions sur la propriété intellectuelle, œuvre de l'esprit, avec des biens universels tel l'air, c'est indélicat et totalement hors sujet, déviant du débat de fond.
    C'était une démonstration par l'absurde, justement parce que vous aviez tenu des propos de cette nature "les ténors du logiciel libre n'ont qu'à donner leur corps, leur logement etc."...
    J'ai commencé par "je ne vais PAS l'étendre", je l'ai mis entre guillemets, puis j'ai suivi par "tu ne défends PAS ça"...
    Bref au moins la démonstration est claire, pas de ça ici ça n'a aucun intérêt.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ce n'est pas moi mais la loi voulue par les représentants des citoyens. Lire les textes de lois en question.
    La loi considère la copie de ce qui est protégé par propriété intellectuelle comme un délit, en effet.
    Cependant, celui qui associe cela à du vol, culpabilise ceux qui ont recours à cette pratique "ils font leur petit minable derrière leur écran, là où ils n'auraient pas le cran de forcer les vigiles du magasin dérobant le produit convoité" c'est bien toi.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Certes, justement nous parlions de M. Stallman dans ce sujet, cette idée existe. Mais ce n'est pas ce que retiennent les faiseurs de lois, des auteurs qui montent des sociétés de protection de leurs oeuvres, etc.
    On a bien compris que ce n'est pas le consensus juridique actuel, ce n'est pas pour autant que ce consensus est juste. Aucun de tes propos ne montre la moindre réflexion vis à vis de cette pertinence.

    Bref pour résumer ma position : la copie c'est amoral. Si tu copies ta propre œuvre ou celle de ton voisin et qu'il est ok. Si tu copies un oeuvre sans le consentement de l'auteur mais sans lui porter préjudice c'est une zone grise. Si tu lui portes préjudice c'est immoral.

    Tu as une approche kantienne de la morale : "la copie de propriété intellectuelle est mal dans tous les cas" même si les ayants droit n'existent plus, même si ça n'embête personne, même si ça va à l'encontre des intérêts humains...

    Bref la copie ce n'est pas le mal absolu, mais il faut réfléchir avant d'y avoir court, autant pour des raisons légales que morales.

  16. #16
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    "Détruire par la gratuité" : tu ne vois pas ce qu'ils construisent plutôt ? Tout ce que le libre a permis ?
    Ils construisent, pour beaucoup, des réécritures d'idées, de concepts propriétaires.
    Il ne faut pas dire qu'il n'y a aucune innovation, mais la plupart est copie de ce qui est fait pas le propriétaire, au détriment du propriétaire.

    2 - Le logiciel libre, ce n'est pas un seul groupe unitaire. Il y a plusieurs solutions, philosophies, qui se font parfois concurrence, parfois collaborent...
    Tout à fait, je suis utilisateur de certains logiciels libres, par parce que c'est libre mais il me suscite un intérêt, et l'analyse préalable du projet (violation de droits, etc... ), son management, sa qualité, font partie de mes critères de choix afin de savoir si je vais les retenir ou non.
    Au cas par cas.

    Oui c'est bien cela. Et du coup cela ne protège pas les créateurs (qui écrivent les lignes de codes), mais l'entreprise (la structure qui coordonne).
    Du coup l'argument "la propriété intellectuelle protège les créateurs, ceux qui développent l'immatériel" c'est faux dans de nombreux cas.
    Mais le créateur est une personne morale, pas une personne physique, c'est donc la personne morale qui a le bénéfice du travail.
    Ce que vous programmez en tant que salarié dans une entreprise ne vous appartient pas mais appartient à la personne morale, vous êtes un contributeur au bénéfice de la personne morale et en contrepartie avez une rémunération pour votre collaboration.

    aux dépens des intérêts humains (accès aux outils et à la culture)
    L'intéret des humains créateurs (personne physique ou personne morale) est d'avoir la protection et la rétribution de leur travail. Sinon l'entreprise dépose le bilan, les employés moins payés ou licenciées...

    L'idée ce serait d'inverser cette tendance, pour mettre l'économie au service de la connaissance, de l'intelligence.
    L'économie est au service de la connaissance, de l'intelligence, par exemple un instaurant l'éducation gratuite et obligatoire pour tous.

    Non, j'entendais se faire spolier son travail par la structure, se retrouver par les lois sur la propriété intellectuelle dépossédé de ce qu'on a fait de nos mains.
    C'est ce qui ne peut pas arriver en Open-source.
    Si, publier sous licence libre GNU PL vous ôte tous vos droits, vous dépossède en tant qu'individu qui y participe, à cette oeuvre. Vous la mettez dans le domaine public à libre modification pour faire simple. La plupart des licences libres sont irrévocables. Donné, c'est donné.


    La direction du projet ne te plaît pas ? Tu peux faire ton fork. Tu peux aussi réutiliser ton code pour d'autres projets etc., il n'y a pas de verrouillage.
    Vous pouvez le faire aussi dans le monde propriétaire, en prévoyant contractuelle des cas de réexploitation du code dans un autre contexte.

    Que même quand les partisans du libre s'encadrent juridiquement pour permettre le partage de leur travail selon les modalités qu'ils souhaitent (GPL : je publie libre, je veux que toute prolongation ou modification de mon travail soient elles aussi en publication libre), et bien le droit permet de ne pas respecter leurs volontés.
    La MIT est plus adaptée à une réutilisation dans un cadre commercial. Je ne peux plus développer sur l'argument Thalès car il a été développé par des professionnels et je ne suis pas juriste. Il est donné pour exemple.

    le droit se doit d'évoluer.
    Au vu des résultats du "parti pirate" aux Européennes, cela ne semble pas refléter une intention majeure de la population en faveur de la levée de protection du droit d'auteur.

    Ici, la raison d'être de la propriété intellectuelle et du verrouillage associé, c'est la viabilité économique du projet. Et du coup quand la viabilité économique du projet est déjà assurée : on paye qui et pourquoi ?
    Car sous prétexte de morale ou intérêt général, vous cherchez à interférer dans des droits de propriété qui ne sont pas les vôtres et les volontés des créateurs. Si les créateurs voulaient libérer leur code, rien n'empêche de le faire.
    Beaucoup d'entreprises ont libéré du code d'abandonware, exemple
    Eudora mail : https://www.macg.co/logiciels/2018/0...-source-102411
    Microsoft MS DOS 4 : https://www.netcost-security.fr/actu...e-de-ms-dos-4/ sous licence MIT
    C'est un choix d'entreprise assez déroutant en terme de logique d'entreprise, mais certains le font, d'autres s'y refusent.


    Oui c'est du capitalisme quoi. Les actionnaires ne sont pas des créateurs.
    Ils soutient activement la structure qui fait la création. Comme pour la collecte de fonds participative. Une autre façon de faire, l'un attend une participation aux bénéfices en cas de succès, l'autre donne sans attendre un retour.

    Ces logiciels sont abandonnés : ils n'appartiennent de fait plus à personne. Je comprends bien que ce n'est pas légal mais il n'y a plus d'ayant-droit.
    Il peut toujours y avoir des ayants droits, des sociétés éditrice qui existent toujours.
    Mais légalement, et moralement, cela n'a pas à être fait sans l'autorisation express de l'éditeur.

    Ça embête qui le fait qu'ils soient archivés, réutilisés ou qu'importe ? Qu'est-ce que ça peut te faire ? Même ceux ayant développé le logiciel ne le défendent pas, ou est le problème ?
    Certains ne sont plus en étant de se défendre (société éditrice qui n'existe plus), d'autre cela coûte trop cher en procès.
    La diffusion illégale peut atteindre à un marché de lancer un projet équivalent par exemple et donc perturber économiquement le marché concurrentiel du fait de la diffusion illicite (suivant l'implantation du serveur, les lois internationales sur la propriété intellectuelle étant complexes).
    Les éditeurs de sites abandonwares gagnent souvent de l'argent au détriment du créateur, par des revenus publicitaires ou autres.

    Si tu copies un oeuvre sans le consentement de l'auteur mais sans lui porter préjudice c'est une zone grise.
    Non, le consentement est nécessaire, que l'œuvre ait ou non une valeur marchande.

  17. #17
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    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    La MIT est plus adaptée à une réutilisation dans un cadre commercial. Je ne peux plus développer sur l'argument Thalès car il a été développé par des professionnels et je ne suis pas juriste. Il est donné pour exemple.
    Par contre, je peux vous expliquer comment je fais pour ma part.

    J'ai besoin d'améliorer un logiciel GNU, mais je ne veux pas participer au monde du logiciel libre. Je me suis investi dans des études pour en faire mon gagne pain, ce n'est pas pour faire du bénévolat pour que d'autres en profitent sur mon dos et saboter mon marché du travail.

    Je conçois des modules externes en licence propriétaire. Et je modifie seulement le logiciel GNU pour faire appel au propriétaire. En toute logique, cette modification doit être publiée comme toute modification, mais comme cela n'est pas fonctionnel sans la brique propriétaire, cela n'a pas d'intérêt pour la communauté, alors leur évite une pollution inutile. On me demande de montrer patte blanche et exiger de publier ma modification malgré tout? Pas de soucis, la voila, vous avez des appels de programmes externes qui eux sont propriétaires de ce fait ceux là je ne vous les fournis pas.

    Ainsi, je conjugue la licence GNU et ma volonté de ne pas participer au libre, tout en utilisant leur travail.

    Les versions ont pu évoluer, mais la licence MIT était beaucoup plus libératrice que la GNU PL à l'époque où je les avais comparées.

  18. #18
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    Ils construisent, pour beaucoup, des réécritures d'idées, de concepts propriétaires.
    Il ne faut pas dire qu'il n'y a aucune innovation, mais la plupart est copie de ce qui est fait pas le propriétaire, au détriment du propriétaire.
    C'est un point de vue purement idéologique, considérant à demi mot que les codeurs en libre sont des parasites. "Il ne faut pas dire qu'il n'y a aucune innovation", sous entendu que les cas de créativité sous licence libre sont rares... C'est un contresens complet et montre une incompréhension complète de ce qu'est le libre.

    C'est ironique quand on voit à quel point Mac se base sur Linux. Ridicule quand on regarde un logiciel comme Blender. Des logiciels originaux purement libre il y en a plein.

    Quelques citations de l'introduction du papier sur Thalès que tu as partagé (je ne comprends pas comment on peut avoir ces références sans en tirer des conclusions) :

    - "Le Free Software est aussi ancien que l’idée de logiciel (Adam et al. 2003), il a historiquement débuté comme un réseau (von Hippel 2007) où des utilisateurs experts partageaient des instructions informatiques dans un contexte (années 70) où matériel et logiciels étaient imbriqués."

    - "Face au succès grandissant de certains logiciels comme Linux, Apache, PHP ou encore PERL, les logiciels open source ont intéressé les entreprises jusqu’à devenir un des éléments incontournables de l’économie du logiciel (Jullien 2003)."

    Ils sont tellement indispensables, qu'une entreprise comme Thalès ne peut se passer de leur travail, et paye une armada de juristes pour pouvoir utiliser leur travail contre leur volonté (licence GPL supposément virale). On voit par ailleurs l'éthique débordante des entreprises ici...

    Évidemment le libre et le propriétaire s'inspirent entre eux, c'est autant éthique que légal. Par ailleurs, dans les cas particuliers ou les logiciels s'inspirent fortement des logiciels proprietaires, il ne s'agit pas d'une copie mais d'une réécriture.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Mais le créateur est une personne morale, pas une personne physique, c'est donc la personne morale qui a le bénéfice du travail.
    Ce que vous programmez en tant que salarié dans une entreprise ne vous appartient pas mais appartient à la personne morale, vous êtes un contributeur au bénéfice de la personne morale et en contrepartie avez une rémunération pour votre collaboration.
    D'où mon point : les personnes physiques qui travaillent pour la personne morale ne sont pas directement protégé par la propriété intellectuelle. La propriété intellectuelle les depossedent de leurs droits sur ce qu'ils bâtissent, au profit de la structure potentiellement aliénante.
    Leurs droits ne sont protégés que par le biais de l'entreprise qui les possède, donnant à l'entreprise une position unilatérale dans le rapport de force.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    L'intéret des humains créateurs (personne physique ou personne morale) est d'avoir la protection et la rétribution de leur travail. Sinon l'entreprise dépose le bilan, les employés moins payés ou licenciées...
    Pour ce qui est de la protection, ce n'est que le tout qui est protégé, aux dépens des individus.
    Et en effet le modèle économique qui favorise la rentabilité permet de payer les salaires. Au coût d'un verrouillage énorme, qui est au final au détriment de tous. Dans un système opaque. D'où la nécessité de développer un nouveau modèle économique, permettant une libre circulation des connaissances, au service de l'intelligence collective.

    Pour justement que tu puisses mieux comprendre comment dans le cadre entreprenarial la propriété intellectuelle va à l'encontre des intérêts humains je vais prendre un exemple :
    Deux entreprises concurrentes produisent un produit similaire, disons de la colle. Si une des entreprises développe une techno, une idée, un concept réduisant de moitié l'énergie nécessaire à la production de la colle. Et bien en théorie nous pourrions réduire de moitié l'énergie nécessaire à la production de colle. En pratique cela ne se fera pas : l'entreprise verouillera sa technologie par un brevet afin de développer un avantage concurrentiel. L'autre entreprise fera de même sur ses technos. Du point de vue de l'humanité c'est stupide : nous pourrions, par toutes ces technologies, réduire l'impact écologique de la production, réduire le coût sans nuire à la viabilité des entreprises etc.
    On voit bien ici dans cet exemple un peu grossier, comment la propriété intellectuelle au service de l'économie nous monte les uns contre les autres aux dépens des intérêts humains. Aux dépens de nos intérêts. On protège nos intérêts économiques propres aux dépens de nos vrais intérêts fondamentaux communs.

    Je me permettrais même d'ajouter, au regard du contexte géopolitique actuel, que les guerres économiques ont cette fâcheuse (le mot est particulièrement bien choisi) tendance à glisser en guerre militaire. Que cette mise en commun, se créer les moyens et les outils de regarder ensemble dans la même direction sont plus que jamais indispensables.


    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    L'économie est au service de la connaissance, de l'intelligence, par exemple un instaurant l'éducation gratuite et obligatoire pour tous.
    Et bien là tu parles d'un système de taxe étatique qui finance l'éducation. C'est très bien par ailleurs, mais ça n'a pas de lien direct avec la propriété intellectuelle.

    Et si dans le modèle de la propriété intellectuelle et des brevets, les connaissances sont bien au service de l'économie et non l'inverse. On les transforme en produit afin de les vendre, comme des biens.

    La connaissance se construit par le partage. Newton disait "Si j'ai pu voir si loin, c'est parce que je me tenais sur des épaules de géants". Aujourd'hui l'echelle pour monter est privée, privant l'accès à cette vision, et privant donc la société de développements et connaissances nouvelles.

    En conditionnant le partage à l'économie, on soumet la connaissance aux logiques de marché. C'est donc la connaissance qui est vendue, et sert à produire de l'argent, ce qui devient sa finalité.

    À l'inverse dans le modèle libre, l'économie est bien le moteur de la création. On paye (ou pas malheureusement, payons ces gens qui bossent dur) pour que ça existe. Ensuite le partage est inconditionnel, pour permettre l'évolution des idées et la création de connaissances nouvelles. C'est ça l'économie au service de la connaissance.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Si, publier sous licence libre GNU PL vous ôte tous vos droits, vous dépossède en tant qu'individu qui y participe, à cette oeuvre. Vous la mettez dans le domaine public à libre modification pour faire simple. La plupart des licences libres sont irrévocables. Donné, c'est donné.
    Alors tu as mal compris ce que je disais. En effet on ne peut publier chaque code, chaque fonction qu'une seule fois, sous une seule licence.
    Seulement dans le cadre propriétaire, si tu réutilise cette fonction pour un autre projet, et bien on peut t'attaquer en justice pour réutilisation illicite de propriété intellectuelle. Quelque soit la condition de cette réutilisation : sans autorisation préalable des ayants droit, tu ne peux rien faire.
    Dans le cas du libre, en effet tu ne peux pas republier une deuxième fois la même fonction sous une autre licence. Cependant tu peux tout à fait la réutiliser dans tous les projets que tu souhaites, sans demander la permission à qui que ce soit. Qui te ferait un procès ? la libre évolution et modification c'est justement une des volontés fondamentale du libre.
    Mis à part la licence GPL et les autres licences virales, tu as même le droit de réutiliser ces fonctions dans le cadre d'un développement propriétaire.

    Le libre c'est autant une mise en commun qu'une assurance d'avoir le droit d'utiliser son propre travail.

    Du coup "La plupart des licences libres sont irrévocables. Donné, c'est donné." Oui sur ce qui est déjà publié. Mais tu peux toujours changer de direction et continuer les nouveaux développements sous d'autres formats, ce qui est évidemment impossible avec du propriétaire.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Vous pouvez le faire aussi dans le monde propriétaire, en prévoyant contractuelle des cas de réexploitation du code dans un autre contexte.
    Alors ça déjà, la lourdeur administrative de la démarche, à devoir anticiper, la rend irréalisable. En effet, c'est en arrivant devant le cas d'application qu'on réalise la potentielle réutilisation ("Ah mais je pourrais réutiliser cette fonction de tri des données ici en fait").

    Ensuite, les entreprises sont soumises à ces modèles économiques dont elles dépendent. C'est donc assez irréaliste. Je vois mal, au sein de ce modèle économique, un patron dire à ses employés "Tu veux réutiliser une partie de tes développements pour faire ce qui te semble juste ? Je refuse au cas où cela pourrait contrevenir mes intérêts. "

    Pour finir, cela vient à cautionner un cession systématique des droits des créateurs physiques à l'entreprise, sous prétexte qu'en demandant gentiment l'entreprise peut, si elle accepte, nous les rétrocéder ? Cela ne fait aucun sens pour moi.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Au vu des résultats du "parti pirate" aux Européennes, cela ne semble pas refléter une intention majeure de la population en faveur de la levée de protection du droit d'auteur.
    En effet, et cela est dû pour moi à une propagande et un lobbying assez important de la part de cette industrie.

    Dans l'inconscient collectif, supprimer la propriété intellectuelle serait déposséder les créateurs de leurs droits. Empêcher les artistes de vivre de leur gagne-pain.

    Alors que la réalité est bien plus complexe : ce sont des entreprises qui possèdent des droits au détriment des créateurs, la soumission de la connaissance à l'économie est un frein énorme etc.

    Je pense (mais en effet c'est idéologique ici, je n'ai aucun moyen de le prouver) que si les gens se rendaient comptent des tenants et des aboutissants, leurs opinions seraient amènés à évoluer. C'est pour ça que des propos comme ceux de Mr Stallman sont d'utilités publiques : permettre de se poser les bonnes questions afin de pouvoir faire évoluer nos mentalités.

    Pas nécessairement vers une suppression totale de la propriété intellectuelle, bien que cela puisse être pertinent. Plutôt grâce à une réflexion sociétale trouver une solution plus juste est nuancée. Pour cela il est très important de comprendre et ne plus cautionner les eceuils du système actuel.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Car sous prétexte de morale ou intérêt général, vous cherchez à interférer dans des droits de propriété qui ne sont pas les vôtres et les volontés des créateurs.
    La morale et l'intérêt général ne sont pas des prétextes, mais des valeurs humaines. Je pense que vous me prêtez des intentions, et ainsi passez complètement à côté de mon propos ("tout ce qu'il veut c'est se trouver des excuses pour télécharger des films sans payer"). Alors que mon propos et ma réflexion vont, j'espère, bien au delà de ça.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Si les créateurs voulaient libérer leur code, rien n'empêche de le faire.
    Beaucoup d'entreprises ont libéré du code d'abandonware, exemple
    Eudora mail : https://www.macg.co/logiciels/2018/0...-source-102411
    Microsoft MS DOS 4 : https://www.netcost-security.fr/actu...e-de-ms-dos-4/ sous licence MIT
    C'est un choix d'entreprise assez déroutant en terme de logique d'entreprise, mais certains le font, d'autres s'y refusent.
    Les entreprises qui libèrent leurs codes ont bien raison, c'est d'utilité publique. D'où l'importance de ne pas trop mettre le libre et le propriétaire dos à dos : des équilibres entre les 2 existent, que ce soit pour en financant le libre de manière stable, ou en offrant des solutions logicielles aux entreprises leur permettant d'exister.

    Pour les abandonwares non-libérés, si c'est abandonné autant ne pas laisser perdre.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ils soutient activement la structure qui fait la création. Comme pour la collecte de fonds participative. Une autre façon de faire, l'un attend une participation aux bénéfices en cas de succès, l'autre donne sans attendre un retour.
    En effet, et je concède volontiers que si le système n'est pas parfait, il ne faudrait pas diaboliser caricaturalement l'actionnariat. Factuellement dans notre société ils permettent à beaucoup de projets d'exister.

    Cependant il est aussi bon de rappeler que le retour sur investissement, les rentes, sont des parts du prix des produits que nous consommons. Selon les choix de l'entreprise, ces coûts peuvent être très importants.
    En tant que société, se financer soit même, c'est aussi reprendre le contrôle sur notre production dont nous sommes dépendants. Pour permettre plus de transparence et des prix plus justes. C'est aussi moins de pouvoir aux mains de ses actionnaires, qui prennent parfois des décisions abberantes ayant des impacts négatifs colossaux sur la société (obsolescence programmée par exemple).


    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Il peut toujours y avoir des ayants droits, des sociétés éditrice qui existent toujours.
    Mais légalement, et moralement, cela n'a pas à être fait sans l'autorisation express de l'éditeur.
    Je ne vois pas en quoi c'est immoral de ne pas laisser perdre quelques chose qui est abandonné.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Certains ne sont plus en étant de se défendre (société éditrice qui n'existe plus), d'autre cela coûte trop cher en procès.
    La diffusion illégale peut atteindre à un marché de lancer un projet équivalent par exemple et donc perturber économiquement le marché concurrentiel du fait de la diffusion illicite (suivant l'implantation du serveur, les lois internationales sur la propriété intellectuelle étant complexes).
    Les éditeurs de sites abandonwares gagnent souvent de l'argent au détriment du créateur, par des revenus publicitaires ou autres.
    Alors ce sont les entreprises qui mettent en place une concurrence, afin de maximiser leurs profits. Elles cherchent à développer une position dans le marché. Si il existe une alternative dans le marché qui les concurrence, c'est justement la logique libérale ? Je dirais, tu as voulu développer une position pour faire des bénéfices, mais quelqu'un d'autre avec un autre modèle économique y est lui aussi arrivé. C'est les règles du jeu, non ?

    Si ce que font ces entreprises a réellement une utilité et n'est pas juste similaire au libre, alors elles ne sont pas soumises à la concurrence déloyale. Bref si une entreprise avec ces moyens ne peut pas concurrencer un projet libre, en effet sa raison d'être est remise en question. C'est un des eceuils de la concurrence. En même temps, vous êtes d'accord qu'on ne va payer des gens pour produire quelque chose qui n'est pas utile : si il y a une alternative fonctionne mieux pour moins cher, l'interdire pour protéger ces entreprises serait liberticide. Ce serait un verouillage légal à l'encontre de l'efficacité.

    A noter que si ce qu'elles font est vraiment d'utilité publique, chercher un autre moyen de financement que la vente de logiciels propriétaires est possible. Comme trouver un compromis avec le projet libre concurrent (ce qui n'est pas simple j'en conviens).

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Non, le consentement est nécessaire, que l'œuvre ait ou non une valeur marchande.
    On en revient à la copie. Je suis d'accord qu'effectivement qu'il vaut mieux toujours contacter l'auteur pour avoir son consentement.
    Dans tous les cas où ce n'est pas possible, il faut faire preuve d'intelligence et d'honnêteté, pour prendre la bonne décision. Cela peut être là copie dans certains cas (par exemple les vieux projets, ce qui est inaccessible autrement, entreprises mettant en place des pratiques déloyales, etc.). Bien vous mettre à la place du créateur, le rétribuer plus tard ou par d'autres moyens si possible etc.

    Bref si vous n'êtes pas des pirates ou des arracheurs de dents, prudence : il ne faut pas faire n'importe quoi non plus.

    PS : je m'excuse pour certains de mes propos un peu déplacés dans mes précédents messages, je suis content qu'on soit revenu à un niveau de discussion permettant la réflexion.

  19. #19
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    Par contre, je peux vous expliquer comment je fais pour ma part.

    J'ai besoin d'améliorer un logiciel GNU, mais je ne veux pas participer au monde du logiciel libre. Je me suis investi dans des études pour en faire mon gagne pain, ce n'est pas pour faire du bénévolat pour que d'autres en profitent sur mon dos et saboter mon marché du travail.

    Je conçois des modules externes en licence propriétaire. Et je modifie seulement le logiciel GNU pour faire appel au propriétaire. En toute logique, cette modification doit être publiée comme toute modification, mais comme cela n'est pas fonctionnel sans la brique propriétaire, cela n'a pas d'intérêt pour la communauté, alors leur évite une pollution inutile. On me demande de montrer patte blanche et exiger de publier ma modification malgré tout? Pas de soucis, la voila, vous avez des appels de programmes externes qui eux sont propriétaires de ce fait ceux là je ne vous les fournis pas.

    Ainsi, je conjugue la licence GNU et ma volonté de ne pas participer au libre, tout en utilisant leur travail.
    Et bien tu fais ce que tu veux hein.

    En plus de fait tu fournis les appels à ton projet externe donc tu contribues un peu au libre ? Bref je te souhaite de trouver le meilleur équilibre vis à vis de ça.

    Tout de même 2 choses :
    - 1 : dans ton modèle tu travailles tout seul dans ton coin (j'ai l'impression). En te connectant au libre, tu t'ouvres à plein de collaborateurs, plus d'efficacité et une participation pleine et active à un grand projet. En plus si jamais un vrai modèle économique était développé, tu aurais peut-être une rémunération plus stable ?
    - 2 : ceux qui ont codé GNU ont bati la base te permettant de travailler, de gagner ta croûte. C'est là où je trouve le remplacement de la morale par le légal très dommage. Copier l'oeuvre d'un auteur nuisant à sa rémunération (même si elle a déjà eu lieu dans des proportions plus que suffisantes) c'est odieux selon toi. Par contre récupérer le travail de ceux qui codent en libre, contourner les loi qui les protègent pour ne pas respecter leurs volontés (licence libre virale) cela te semble OK ? Pour des raisons morales, bien que tu n'y sois heureusement pas obligé, participer un peu au libre d'une façon ou d'une autre, pour rendre ce qui t'as été donné, me semble très pertinent. Qu'est-ce que tu en penses ?

  20. #20
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    C'est un point de vue purement idéologique, considérant à demi mot que les codeurs en libre sont des parasites. "
    J'avais cité quelques exemples dans un autre sujet, que je vais recopier au lieu de faire redondance :

    Linux plus ou moins imitation d'Unix,
    LibreOffice and co, imitation Office & co,
    Netscape était précurseur dans les navigateurs internet, Qualcomm Eudora... bien avant les créations Mozilla.
    Les langages de programmation sont la plupart de concepteurs hors milieu du libre, sauf des fantaisies contemporaines comme on pourrait en créer beaucoup.
    Les SGBDR n'ont pas été inventées par Mysql & co.
    Les interfaces utilisateurs, etc.
    Les normes (POSIX même si M. Stallman y a participé, ...)
    La plupart des progiciels et utilitaires sont d'inspiration propriétaire.


    Vous parlez de Blender, il n'est pas précurseur en matière d'image de synthèse, il est arrivé sur le tard ; même si ce n'est pas mon domaine, j'ai souvenir à l'époque avant de 3DStudio (mais n'ayant pas pratiqué le logiciel de référence, je ne saurais alors dire s'il en est inspiré contrairement à des exemples ci-dessus), Persistance of Vision (un moteur d'image de synthèse propriétaire développé par un Montpellierain, avec une licence au coût tout à fait accessible même à un particulier pour du loisirs, 3DS étant à un tarif du progiciel).

    Je suis curieux d'entendre en quoi cela met en contradiction mes propos sur le fait que beaucoup relèvent d'une imitation de logiciels propriétaires.
    Il ne s'agit pas certes de code propriétaire détourné, diffusé illégalement, mais une réécriture, mais reproduisant un produit final qui paraît fort proche.

    Il ne faut pas dire qu'il n'y a aucune innovation", sous entendu que les cas de créativité sous licence libre sont rares... C'est un contresens complet et montre une incompréhension complète de ce qu'est le libre.
    Les faits, et non la définition du libre, est de mettre en libre tout ce qui est possible et n'existe pas en libre, et ainsi venir sur les parts de marché des logiciels propriétaire. Il peut y avoir de l'innovation, mais

    C'est ironique quand on voit à quel point Mac se base sur Linux.
    et comme Linux s'est basé sur Unix.
    Il y a un petit cartoon ici : https://www.developpez.net/forums/d2...tem-for-linux/

    - "Le Free Software est aussi ancien que l’idée de logiciel (Adam et al. 2003), il a historiquement débuté comme un réseau (von Hippel 2007) où des utilisateurs experts partageaient des instructions informatiques dans un contexte (années 70) où matériel et logiciels étaient imbriqués."
    Tout à fait, et l'industrie du logiciel voyant un marché se développé a vite compris que ce n'était pas dans son intérêt de ne pas faire du propriétaire.

    - "Face au succès grandissant de certains logiciels comme Linux, Apache, PHP ou encore PERL, les logiciels open source ont intéressé les entreprises jDusqu’à devenir un des éléments incontournables de l’économie du logiciel (Jullien 2003)."
    C'est dans le cas sur les serveurs web que Linux a conquit beaucoup de parts de marché effectivement.

    Apache est apparu en avril 1995. Au début, il s'agissait d'une collection de correctifs et d'additions au serveur NCSA HTTPd 1.2 développé au National Center for Supercomputing Applications (NCSA).
    PHP, PERL sont des langages comme vous pouvez en sortir autant que vous voulez sans innover, chacun voulant faire SON langage dans son coin.
    L'extraction de données d'une base de données par un langage, usage principal, avec un applicatif affiché sur terminal client, n'a rien de nouveau.
    Ils sont tellement indispensables, qu'une entreprise comme Thalès ne peut se passer de leur travail, et paye une armada de juristes pour pouvoir utiliser leur travail contre leur volonté (licence GPL supposément virale). On voit par ailleurs l'éthique débordante des entreprises ici...
    C'est ce qu'ont fait à ma connaissance Apple et Google pour Android, à partir de FreeBSD (licence MIT). Visiblement les juristes ont trouvé un cadre légal pour faire certains usages du code GPL dans le respect de la licence.

    Évidemment le libre et le propriétaire s'inspirent entre eux, c'est autant éthique que légal.
    Certains logiciels relèveraient d'atteinte à la propriété intellectuelle, en particulier les imitations d'interface utilisateur. Ce n'est pas parce que cela n'est pas attaqué, là encore la question du coup et des manipulations des foules en vue de porter atteinte à l'image de marque de la victime propriétaire, que tout n'est pas inattaquable.

    D'où mon point : les personnes physiques qui travaillent pour la personne morale ne sont pas directement protégé par la propriété intellectuelle. La propriété intellectuelle les depossedent de leurs droits sur ce qu'ils bâtissent, au profit de la structure potentiellement aliénante.
    C'est sur ce à quoi ils ont consenti en signant leur contrat de travail.

    Je me permettrais même d'ajouter, au regard du contexte géopolitique actuel, que les guerres économiques ont cette fâcheuse (le mot est particulièrement bien choisi) tendance à glisser en guerre militaire.
    A l'inverse, des guerres au lieu d'être militaires peuvent être en autres économiques (raison pour laquelle certains états interdisent les cryptomonnaies, ou autres technologies).
    Dans le cas présent, cela peut amener à un effondrement du marché économique de l'industrie logicielle, outre l'IA, par saturation de maché de solutions libres venant saper le marché propriétaire.

    Consommer, c'est voter, dit-on. Consommer libre ou propriétaire a un impact politique. D'ailleurs des politiques font du soutien au libre.

    Et bien là tu parles d'un système de taxe étatique qui finance l'éducation. C'est très bien par ailleurs, mais ça n'a pas de lien direct avec la propriété intellectuelle.
    Cela avait un rapport avec la culture et le savoir gratuit, qui est ainsi mis en place.
    L'école est aussi devenue un terrain de guerre pour le logiciel libre.

    Dans le cas du libre, en effet tu ne peux pas republier une deuxième fois la même fonction sous une autre licence. Cependant tu peux tout à fait la réutiliser dans tous les projets que tu souhaites, sans demander la permission à qui que ce soit. Qui te ferait un procès ?
    Il existe de telles affaires :
    L'affaire contre l'opérateur télécom Orange : https://vaultinum.com/fr/blog/condam...rce-gnu-gpl-v2
    L'affaire contre BlueMind : https://bressand-avocat.fr/2025/logi...roit-d-auteur/
    ...


    Pour finir, cela vient à cautionner un cession systématique des droits des créateurs physiques à l'entreprise, sous prétexte qu'en demandant gentiment l'entreprise peut, si elle accepte, nous les rétrocéder ? Cela ne fait aucun sens pour moi.
    Sans vouloir être désobligeant, je me demande si vous avez connu le monde du travail. Lorsqu'il a créé, le salarié était un pion d'une personne morale créant pour la personne morale dont il était une partie.

    Alors que la réalité est bien plus complexe : ce sont des entreprises qui possèdent des droits au détriment des créateurs, la soumission de la connaissance à l'économie est un frein énorme etc.
    En signant son contrat de travail, le salarié a concédé à être une part de l'entreprise et non un individu externe à l'entreprise, donc a contribué au développement de cet entreprise pour les bénéfices de cette entreprise, qui protège le travail ainsi collectivement réalisé.

    Je pense (mais en effet c'est idéologique ici, je n'ai aucun moyen de le prouver) que si les gens se rendaient comptent des tenants et des aboutissants, leurs opinions seraient amènés à évoluer. C'est pour ça que des propos comme ceux de Mr Stallman sont d'utilités publiques : permettre de se poser les bonnes questions afin de pouvoir faire évoluer nos mentalités.
    Comme indiqué initialement, les idées politiques de M. Stallman ne sont pas nouvelles et ont été créées par d'autres, et l'histoire a confirmé le maintient constant de la volonté de maintenir la propriété intellectuelle à l'opposé des espérances d'abandon des droits, dont la liberté au créateur, si cela est sa volonté, de libérer son travail et le mettre à la disposition de tous.

    Les entreprises qui libèrent leurs codes ont bien raison, c'est d'utilité publique.
    Elles prennent pourtant un risque juridique (inconnue de l'évolution du droit futur sur les logiciels open source et le fait de libérer est irrévocable).

    La "libération" touche à la fois à la stratégie, au droit, à la réputation et à la gestion du risque.
    Les entreprises ne libèrent jamais du code par bonté d’âme : elles le font parce que cela sert un objectif précis, et parce que les risques sont maîtrisables si la libération est bien faite.

    Même un vieux code peut contenir des algorithmes propriétaires de tiers n'ayant quant à eux volonté de libérer (des bibliothèques sous licence incompatible, des morceaux de code dont l’entreprise n’a pas les droits, des contributions externes non documentées.), des noms de développeurs, des commentaires embarrassants, révéler des failles de sécurité. Si le code est mal écrit, plein de rustines, truffé de commentaires douteux, ou montre des pratiques archaïques, cela peut nuire à l’image de l’entreprise et avoir le contraire de l'effet attendu.

    Bref si une entreprise avec ces moyens ne peut pas concurrencer un projet libre, en effet sa raison d'être est remise en question.
    Vu que son activité commerciale va être sabordée par une armada qui passe son temps à reproduire ce qu'elle construit, cela ne peut que se concrétiser par des pertes.
    La plus value sera celle de la gestion de projet, du respect des réglementations (au moment du RGPD, le monde du libre s'était refusé à évoluer en ce sens, donc certains utilisateurs du libre, faute de savoir faire , on migré vers des solutions propriétaires), des agréments (par exemple pour les logiciels fiscaux)...

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