Le terme “abandonware” n’a aucune existence juridique, et son histoire montre bien qu’il s’agit d’un concept inventé par les communautés d’archivage, puis repris par des sites qui diffusent des copies de logiciels propriétaires sans autorisation.
Voici une mise au point claire, rigoureuse et sans jargon.
Dans la plupart des systèmes juridiques occidentaux, un logiciel reste protégé des décennies après mort de l’auteur, même si l’entreprise éditrice a disparu, même si le produit n’est plus vendu, même si personne ne peut plus en tirer profit.
Un logiciel abandonné (c’est-à-dire plus vendu dans le circuit commercial ou dont la société a déposé son bilan) n’est pas un logiciel libre de droits.
Le mot “abandonware” apparaît dans les années 1990–2000, dans les communautés de « passionnés » qui voulaient préserver des logiciels anciens, les rendre accessibles, éviter leur disparition.
À l’origine, c’était un concept militant, proche de la préservation culturelle, sans se soucier de la légalité de l'action.
Puis certains sites ont repris le terme pour héberger des logiciels propriétaires, sans autorisation, en se présentant comme “sauveurs du patrimoine informatique”.
Certains sites jouent volontairement sur l’ambiguïté, utilisant un vocabulaire rassurant : “préservation”, “archive”, “sauvegarde du patrimoine”, “logiciels oubliés”, « à des fins éducatives », laissant entendre que c’est légal.
Sans jamais l’affirmer explicitement, mais en laissant planer l’idée que “l’éditeur n’existe plus”, “personne ne s’en soucie”, “c’est pour la culture”, « fichier retiré sur simple demande ».
Ils profitent du fait que les ayants droit ne poursuivent pas non pas par accord type « qui ne dit rien consent », mais par désintérêt économique.
Beaucoup d’utilisateurs croient que c’est légal, alors que ce n’est qu’une tolérance de fait, pas un droit. Certains sites tirent alors profit du pillage du travail des autres et vivent de la publicité, ou des données récoltées, exploitant le mot “abandonware” pour attirer du trafic, voire monétisent le téléchargement. Cela peut être un sabotage pour l’éditeur d’une opportunité pour remettre sur les étals sont produit.
Certains profitent clairement de la confusion pour légitimer une activité illégale.
Des éditeurs ne réagissent pas pour plusieurs raisons : ils ont mis clef sous porte, coût juridique disproportionné (avocats, huissier...), non détection des faits par défaut de veille,…
Ce n’est pas une autorisation. C’est juste une absence d’action.




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