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  1. #1
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    Par défaut La police abandonne Scribe, un projet logiciel qui a coûté près de 12 millions d'euros aux contribuables
    La police abandonne Scribe, un projet logiciel qui a coûté près de 12 millions d'euros aux contribuables.
    Après quatre ans de chantier, il n'a jamais été mis en service

    Le 9 novembre 2017 est la date officielle du lancement du chantier de Scribe, avec un livrable attendu pour tous les services de police deux ans plus tard (fin 2019, début 2020). Scribe avait vocation à révolutionner le traitement informatique des procédures judiciaires au sein de la police et remplacer le logiciel de rédaction des plaintes (LRP), décrit comme étant obsolète et peu intuitif. Le marché a été remporté par Capgemini.

    Tout semblait pourtant bien lancé. Il y a trois ans, un enquêteur avait fait une belle démonstration depuis son clavier, et raconté tout le bien qu'il pensait du projet Scribe, avec ses équipes mixtes d'agents très expérimentés associés en direct aux grandes réflexions stratégiques avec Capgemini (l'opérateur informatique)

    Les policiers allaient pouvoir avoir de vraies arborescences, de vrais liens sur les écrans avec d'autres fichiers et logiciels internes. À l'époque, tout se passait bien sur un autre grand projet numérique au sein de la police : le projet Néo (système logiciel pour les outils informatiques embarqués des agents sur le terrain, smartphone et tablettes). « On ne pensait vraiment pas que tout allait planter ainsi sur Scribe », conclut un proche du dossier.

    Mais il n'en sera rien.

    À l’heure où Scribe aurait dû être mis en fonction, les retards s’accumulaient déjà. La situation était telle que le chef de projet a décidé de jeter l’éponge et de quitter la société prestataire, s’en allant avec la moitié de son équipe.

    La situation a été exacerbée après un audit de Capgemini qui a réalisé qu’une énorme faille se trouve au cœur même de l’architecture du projet et que celui-ci ne sera jamais opérationnel.

    Si l'addition se chiffre à près de 12 millions d'euros (11,7 millions d'euros, salaires des policiers détachés compris), les hauts responsables de la police nationale ont réalisé que le dossier est bien bétonné juridiquement et qu'il n'y aurait aucun recours juridique possible contre Capgemini.

    Selon les informations de France Inter et après plusieurs réunions ces derniers jours, y compris en présence du ministre de l'Intérieur qui a repris le dossier en main depuis son arrivée en juillet 2020, un nouvel appel d'offres sera passé dans les mois qui viennent avec une autre société prestataire pour un nouveau logiciel, à l'horizon 2024.

    « Ce n’est pas le plus gros fiasco côté financier de ses dernières années » confie un responsable syndical policier. Mais « c’est pour nous "LE" projet le plus symbolique, car il touche au principal outil des enquêteurs : le logiciel de rédaction des plaintes. »

    Nom : police.png
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    Il faut dire que lorsque les projets logiciels ne sont pas aboutis, l'ardoise est lourde et d'autant plus gênante quand il s'agit d'argent public.

    Parmi les ratés, nous pouvons citer les 346 millions d'euros déboursés par la France pour un système visant à automatiser la gestion de sa masse salariale. Baptisé « Opérateur national de paye » (ONP), il devait se substituer aux outils propres à chaque ministère et ainsi permettre d'établir automatiquement la paye de 2,7 millions d'agents d'État. Avec un coût prévisionnel élevé, les gains devaient l'être tout autant. L'objectif initial était de réaliser 190 millions d'euros d'économies par an une fois le logiciel mis en place : l'opération devait conduire à des économies des effectifs (en harmonisant les systèmes de paye de chaque ministère et en les réunissant dans le même programme informatique, la majorité de l'époque pensait réduire les effectifs en passant de 12.000 à 8200 agents affectés à la paye). Il était aussi question d'un meilleur contrôle du processus ainsi que d'un renforcement du suivi des effectifs et de la masse salariale. Le tout à horizon 2011.

    Mais les retards se sont accumulés et les problèmes techniques se sont multipliés. Et, en janvier 2014, un rapport sur l'ONP finit par préconiser d'abandonner le projet et de le réorienter.

    « On ne pouvait pas prendre de risque sur le paiement des agents publics, assurait alors le ministère de l'Économie et des Finances. En cas de dysfonctionnement, comment gérer les retards, les trop-perçus ou les remboursements ? »

    « On avait calculé qu'il aurait fallu encore 60 millions d'euros par an sur les dix prochaines années pour que le logiciel soit vraiment opérationnel. On économise donc 600 millions d'euros ».

    Nous pouvons aussi évoquer le projet de système d'information et de gestion des ressources humaines du ministère de l'Éducation nationale, SIRHEN. Né en 2006, ce programme avait pour vocation la modernisation et le remplacement des SIRH historiques du dit ministère. Mais il n’a cessé d’accumuler les retards et les dérapages financiers. Après plusieurs tentatives de sauvetage, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a décidé en juillet 2018 d’arrêter ce grand projet informatique de l’État. « Il apparaît clairement que le programme SIRHEN n'est pas parfaitement adapté aux enjeux de gestion des ressources humaines et technologiques d'aujourd'hui. Par conséquent, j'ai décidé de réorienter notre action vers un dispositif plus agile et plus efficace au bénéfice de notre mission de service public », expliquait alors le ministre.

    La Cour des comptes a souligné divers problèmes quant à l'après-SIRHEN : une gouvernance introuvable, un recours trop important et non maîtrisé à l’externalisation, un faible outillage pour assurer le pilotage du projet, et un dérapage des dépenses. Sur ce dernier point, il est souligné qu’au jour de l’arrêt de SIRHEN, le projet avait coûté 378 millions d'euros (charges de personnel comprises). En septembre 2019, « en raison des dépenses de maintenance de l’outil SIRHEN gérant toujours les 18 000 agents transférés, les dépenses totales du programme dépassent les 400 millions d’euros », explique la Cour.

    Il y a également Louvois (Logiciel Unique à Vocation Interarmées de la Solde), dont les dysfonctionnements coûtent très cher à son ministère. Jean-Yves Le Drian, qui était alors ministre de la Défense, a annoncé la fin du logiciel en 2013.

    « Nous sommes face à des indus constatés, qui s'élevaient au 31 juillet 2018 à 573 millions d'euros, accumulés depuis le début de la crise Louvois », affirmait le secrétaire général pour l'administration du ministère des Armées Jean-Paul Bodin, lors d'une audition à l'Assemblée nationale en 2018. Sur cette somme, 405 millions d'euros, soit plus de deux tiers, ont été recouvrés, selon lui, indiquant malgré tout que 95 millions d'euros ont été abandonnés.

    Son successeur, Source Solde, va gérer dorénavant l’attribution de la paye de l’armée de l’Air et du service de santé des armées.

    Annoncé en 2015, le projet Source Solde a été confié à la société Sopra Steria. Celle-ci indiquait avoir mis en œuvre une version adaptée de sa solution RH de Sopra HR Software, configurée et testée sous la houlette de la DRH-MD, la direction des ressources humaines du ministère de la Défense, de la DGA (Direction Générale de l’armement) et de l’état-major des armées. Le montant du marché s’élève à 128 millions d’euros. L’attribution de ce marché public avait mis en concurrence plusieurs acteurs, dont Accenture et Atos.

    Henri Verdier, lorsqu'il était encore Directeur interministériel du numérique et du système d'information de l'État français, avait tenu à préciser que « ce n'est pas que l'État, ça arrive aussi dans le privé ». En 2017, Mounir Mahjoubi, qui avait alors la casquette de secrétaire d'État au Numérique, a déclaré : « Le patrimoine logiciel de l'État, ce sont 12 500 logiciels : il y a énormément de choses qui marchent »

    Sources : France Inter, défense

    Et vous ?

    Quelle lecture faites-vous de la conduite des grands projets numériques de l'État français ?
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  2. #2
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    Les migrations nécessaires au sein des états donnent toujours lieu à des projets pharaoniques au multiple spécifications. Lorsqu'on sait grâce à dvp que 50% des projets de développement sont abandonnés dans le monde faute de cahier des charges suffisamment complet, on ne peut que déplorer cette perte inhérente à toute DSI.

    Et mon avis ne fait que porter sur le fonctionnel, il ne présage en rien de la sécurisation.

    Edit : https://www.developpez.com/actu/2282...tte-technique/

  3. #3
    Membre Expert Avatar de Astraya
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    La problème n'est pas le client (l'État) qui a fait une demande que Cap Gemini a acceptée. Le problème est soit, Cap Gemini a accepté en sachant que c'était trop gros pour eux (sauf pour leur porte-monnaie), soit ils ont (comme dans de trop nombreuses SSI) des managers (chefs de projet, directeurs de projet,...) qui n'ont pas les compétences nécessaires, soit ils ont accepté un contrat sans avoir les développeurs nécessaires (pas assez nombreux, pas formés à la techno, une armée de juniors payés au lance-pierre et 1 senior qui ne sait pas ce qu'il fait sur le projet...).

    La faute n'est pas due au client, la faute incombe à celui qui ne tient pas ses engagements.

  4. #4
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    [...]
    Tout semblait pourtant bien lancé. Il y a trois ans, un enquêteur avait fait une belle démonstration depuis son clavier, et raconté tout le bien qu'il pensait du projet Scribe, avec ses équipes mixtes d'agents très expérimentés associés en direct aux grandes réflexions stratégiques avec Capgemini (l'opérateur informatique)

    Les policiers allaient pouvoir avoir de vraies arborescences, de vrais liens sur les écrans avec d'autres fichiers et logiciels internes. À l'époque, tout se passait bien sur un autre grand projet numérique au sein de la police : le projet Néo (système logiciel pour les outils informatiques embarqués des agents sur le terrain, smartphone et tablettes). « On ne pensait vraiment pas que tout allait planter ainsi sur Scribe », conclut un proche du dossier.

    Mais il n'en sera rien.

    À l’heure où Scribe aurait dû être mis en fonction, les retards s’accumulaient déjà. La situation était telle que le chef de projet a décidé de jeter l’éponge et de quitter la société prestataire, s’en allant avec la moitié de son équipe.

    La situation a été exacerbée après un audit de Capgemini qui a réalisé qu’une énorme faille se trouve au cœur même de l’architecture du projet et que celui-ci ne sera jamais opérationnel.

    Si l'addition se chiffre à près de 12 millions d'euros (11,7 millions d'euros, salaires des policiers détachés compris), les hauts responsables de la police nationale ont réalisé que le dossier est bien bétonné juridiquement et qu'il n'y aurait aucun recours juridique possible contre Capgemini.
    [...]
    Donc si je comprend bien, on a un prestataire qui vent un projet, et :
    1. Au début tout se passe bien vu qu'on est sur du "slideware".
    2. Puis lorsqu'il est temps de livrer quelque chose, après trois ans de consommation du budget, la moitié de l'équipe du prestataire démissionne.
    3. Là, le prestataire "se rend compte" que l'architecture est foireuse depuis le début. Ce n'était pas en début de projet qu'il fallait faire ça?
    4. Et du fait d'un contrat béton signé au début avec le prestataire, il n'y a aucun recours possible et les 12 millions s'envolent?


    Il serait peut-être temps de revoir les clauses acceptables pour les contrats signés par l'État (et aussi de mettre ce genre de prestataire sur une liste noire).

  5. #5
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    12 millions parti en fumée avec aucune possibilité de se retourner contre la SSII... Du grand art... Ils n'ont toujours pas compris au gouvernement que c'est le système SSII qui plombe l'avancée de la France en informatique? A se demander si on est pas gouverner par des idiots ou des vendus...

  6. #6
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    Citation Envoyé par Nym4x Voir le message
    12 millions parti en fumée avec aucune possibilité de se retourner contre la SSII... Du grand art... Ils n'ont toujours pas compris au gouvernement que c'est le système SSII qui plombe l'avancée de la France en informatique? A se demander si on est pas gouverner par des idiots ou des vendus...
    Parce que tu te poses encore la question ?
    Des idiots ?

    Des vendus ? https://livre.fnac.com/a13886127/Lau...uduit-La-Caste

  7. #7
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    Bonjour,

    La police abandonne Scribe, un projet logiciel qui a coûté près de 12 millions d'euros aux contribuables. Après quatre ans de chantier, il n'a jamais été mis en service

    Quelle lecture faites-vous de la conduite des grands projets numériques de l'État français ?
    1) gâchis d'argent publique

    2) le mille feuille administratif aggrave se phénomène

    3) le manque de personnels techniques dans les administrations d'état, laisse place à ce type de dérive (plus personne pour s'assurer/contrôler des dépenses)

    4) j'ajouterai aussi les doublons et triplons dans le mille feuille administratif

    ===

    « Le patrimoine logiciel de l'État, ce sont 12 500 logiciels : il y a énormément de choses qui marchent "
    Citation Envoyé par marsupial
    Lorsqu'on sait grâce à dvp que 50% des projets de développement sont abandonnés dans le monde faute de cahier des charges suffisamment complet, on ne peut que déplorer cette perte inhérente à toute DSI.
    On comprend mieux l'argent qui est dilapidé

    Mis bout à bout, je serai curieux de connaitre :

    > le coût de tous les ratés informatiques
    > le coût des doublons / triplons
    > le coût des 60 000 sites informatiques de chaque EPCI/administrations d'états et locale ...

    Cela mériterait amplement un étude / sondage, pour connaitre l'ampleur de ce que cela coute au contribuable !

  8. #8
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    Citation Envoyé par tanaka59 Voir le message
    Mis bout à bout, je serai curieux de connaitre :

    > le coût de tous les ratés informatiques
    > le coût des doublons / triplons
    > le coût des 60 000 sites informatiques de chaque EPCI/administrations d'états et locale ...

    Cela mériterait amplement un étude / sondage, pour connaitre l'ampleur de ce que cela coute au contribuable !
    Pour être plus proche de l'exhaustivité, on pourrait étudier l'efficacité des SSII, en particulier les grands groupes, et les cabinets de conseil.
    Ces derniers aussi se gavent pour une utilité au mieux faible. J'en ai vu à l'œuvre, là il y a eu un p...ain de gâchis. Si l'un d'eux me demandait mon avis sur leur action, voici ce que je devrais répondre :

    [mode=utopie]
    Quitte à m'attirer les foudres de certains, pourquoi ne pas prendre le problème dans l'autre sens et réinternaliser les compétences d'ingénierie logicielle, en mutualisant au niveau national les développements pour que les équipes enchaînent les projets ?

    Au moins les logiciels seraient plus facilement maintenus tout au long de leur mise en service, les responsabilités seraient connues et il y aurait moins de clauses juridiques perfides.
    [/mode]

    Bon, en vrai, on sait : le public c'est pas bien, le plus efficace c'est toujours le privé. CapGemini vient de le prouver

  9. #9
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    Citation Envoyé par Cincinnatus Voir le message
    Pour être plus proche de l'exhaustivité, on pourrait étudier l'efficacité des SSII, en particulier les grands groupes, et les cabinets de conseil.
    bien d'accord et concernant l'efficacité des SSII j'arrive pas à comprendre comment une multinationale du conseil y'a 300 000 péquins qui bossent dans cette boite (dont une bonne partie en Inde) 10 milliards de chiffre d'affaire ils sont pas foutus de développer un progiciel correctement

  10. #10
    Invité
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    Bonsoir,

    Citation Envoyé par Cincinnatus Voir le message
    Pour être plus proche de l'exhaustivité, on pourrait étudier l'efficacité des SSII, en particulier les grands groupes, et les cabinets de conseil.
    Ces derniers aussi se gavent pour une utilité au mieux faible. J'en ai vu à l'œuvre, là il y a eu un p...ain de gâchis. Si l'un d'eux me demandait mon avis sur leur action, voici ce que je devrais répondre :

    [mode=utopie]
    Quitte à m'attirer les foudres de certains, pourquoi ne pas prendre le problème dans l'autre sens et réinternaliser les compétences d'ingénierie logicielle, en mutualisant au niveau national les développements pour que les équipes enchaînent les projets ?

    Au moins les logiciels seraient plus facilement maintenus tout au long de leur mise en service, les responsabilités seraient connues et il y aurait moins de clauses juridiques perfides.
    [/mode]

    Bon, en vrai, on sait : le public c'est pas bien, le plus efficace c'est toujours le privé. CapGemini vient de le prouver
    43 milliards d'€ : c'est ce que coute l'achat de prestation intellectuelle de conseil et consulting à l'état et aux collectivités locales


  11. #11
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    Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
    bien d'accord et concernant l'efficacité des SSII j'arrive pas à comprendre comment une multinationale du conseil y'a 300 000 péquins qui bossent dans cette boite (dont une bonne partie en Inde) 10 milliards de chiffre d'affaire ils sont pas foutus de développer un progiciel correctement
    La compétence réelle de Capgemini et autre, c'est d'avoir des équipes capables de répondre aux appels d'offre publics, où il faut remplir et préparer des dizaines de documents plus inutiles les uns que les autres.

    Au mieux, le travail sera ensuite sous-traité à la PME compétente qui aurait pu se positionner si les procédures d'attribution des marchés publics n'étaient pas aussi compliquées.

  12. #12
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    Citation Envoyé par Jeff_67 Voir le message
    Au mieux, le travail sera ensuite sous-traité à la PME compétente qui aurait pu se positionner si les procédures d'attribution des marchés publics n'étaient pas aussi compliquées.
    Où la moins cher

  13. #13
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    Finalement les fonctionnaires c'était pas si mal

    Demi blague, mais c'était un peu le discours utilisé lorsqu'on fermait des branches à coup de restriction de budget, "la privatisation coute moins cher".

    Et je suis sur qu'on va avoir les mêmes irréductibles qui vont encore nous sortir que le problème de ce projet était justement que "c'était pas encore assez privatisé"

    A force de vouloir rendre rentable des services qui ne sont pas censés l'être...

  14. #14
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    Le pire c'est que capgemini aura le droit de se repositionner sur le prochain marché et même de le gagner. Avec un contrat béton ils pourront ne rien livrer à nouveau et s'en tirer

  15. #15
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    Oui et puis le vrai problème aussi avec l'état c'est que ce sont généralement de très mauvais product owner, ils veulent souvent numériser des process papiers tels quels sans réfléchir aux optimisations et aux nombreux avantages d'un process numérique, comme ce sont des systèmes/process accumulés depuis de nombreuses années forcément remettre les pieds dedans et repenser le truc c'est pas forcément du goût de tout le monde sans parler des économies d'emplois qu'offre la numérisation d'un process ...

  16. #16
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    Citation Envoyé par spyserver Voir le message
    Oui et puis le vrai problème aussi avec l'état c'est que ce sont généralement de très mauvais product owner, ils veulent souvent numériser des process papiers tels quels sans réfléchir aux optimisations et aux nombreux avantages d'un process numérique, comme ce sont des systèmes/process accumulés depuis de nombreuses années forcément remettre les pieds dedans et repenser le truc c'est pas forcément du goût de tout le monde sans parler des économies d'emplois qu'offre la numérisation d'un process ...
    Pour que la suppression d'emplois (économie, ici, c'est un peu trop euphémique) soit rentable, il faut que les personnels remplacés soient nombreux. Parce que pour cette transformation, il faut lancer le projet (et donc une équipe, voire à ce niveau un prestataire), puis du support technique en plus des personnels se chargeant de la numérisation. Et si à terme il y a moins de personnel, les coûts par tête augmentent.

  17. #17
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    Pour en revenir à Scribe, d'après le Canard enchaîné d'aujourd'hui 10 novembre, après l'abandon de ce logiciel, je cite :
    les enquêteurs, après avoir tapé sur leurs vieilles bécanes, sont contraints d'imprimer leurs procès-verbaux, puis de les scanner avant de les adresser aux juges par mail.

  18. #18
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    Bonjour,

    Citation Envoyé par Cincinnatus Voir le message
    Pour en revenir à Scribe, d'après le Canard enchaîné d'aujourd'hui 10 novembre, après l'abandon de ce logiciel, je cite :

    Je vais compter un petite histoire ...

    Un ESN du Nord de la France (je reste vague pour ne stigmatiser personne). Cette ESN proposait un progiciel de GED pour l'archivage des documents de justice. Le ministère de la justice appelle pour s'occuper de la GED d'un regroupement de tribunaux. entre 800 k et 1 millions de docs à numériser par lot.

    Délai pour faire cela 6 mois ... Au bout du 5ème mois, le regroupement de tribunaux avait embauché 5/6 contrats temporaires pour scanner les papiers en masses ... Au bout du 6ème mois seul 200 000 documents avaient été scanné ! Pas de budget pour changer des photocopieurs et pas de budget pour prolonger les contrats temporaires ... Le regroupement de tribunaux à continuer un moment à surnager dans la paperasse.

    ----

    Sans tomber dans la nième commission Théodule (quoi que ... )

    Il serait bon également de se pencher sur plusieurs "chiffres" de l'état et des collectivités locales :

    > le nombre de serveurs physiques qui hébergent logiciels, applis, outils numériques ...
    > le nombre de "noms de domaines" que louent état et collectivités locales

    Juste pour donner des exemples :

    * Strasbourg partage le même site que l'eurométropole de Strasbourg
    * Le département du Rhône n'a plus qu'un site "vitrine" car la métropole du Grand Lyon s'occupe de compétences départementales
    * L'assurance retraite maintient 2 sites : https://www.lassuranceretraite.fr et https://www.info-retraite.fr/
    * Pôle Emploi n'est pas en mesure de recevoir automatiquement les fiches de paies
    * Le site service-public qui est une coquille vide ... Un agrégateur de "formulaire pdf" ...

    > le coût financier pour le contribuable

    de l'architecture physique et dématérialisée.

  19. #19
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    Le problème est partagé entre l'état qui veut un seul logiciel pour tout faire et les entreprises informatique qui acceptent de développer des logiciels monstrueux sachant que cela va immanquablement conduire à des impasses...

    Toutes les grandes entreprises privées du monde ont bien compris qu'une taille trop grande conduit au symptôme du dinosaure... Trop de complexité de cas, trop de temps pour que la décision parcourir toutes les strates de l'entreprise. C'est pour cela que les entreprises se sont départementalisées et que chaque département agit en tout autonomie.
    En France un exemple de départementalisation d'une entreprise nationale d'origine étatique est "La Poste". Aujourd'hui elle gagne des parts de marché sur certains secteurs (comme la messagerie - cad le port de petit colis) alors qu'au premiers temps des sites marchands d'internet elle en perdait... C'est tout simplement par ce que La Poste à créé Docapost, Chronopost...

    Tant que l'état voudra tout centraliser sur le modèle jacobin, la création de logiciels monstrueux demandera des efforts hors du commun pour les réaliser et un temps incommensurable. Les tests, la quantité de fautes et leur conséquence évoluant de façon proportionnelle à la volumétrie du système, le risque de ne pas aboutir devient plus important que lorsque le logiciel est modeste...

    Il na pas été cité ici le cas du dossier médical partagé (DMP) centralisé qui n'a jamais aboutit en 20 années d'errements ! Un record...
    https://www.dmp.fr/

    A +
    Frédéric Brouard - SQLpro - ARCHITECTE DE DONNÉES - expert SGBDR et langage SQL
    Le site sur les SGBD relationnels et le langage SQL: http://sqlpro.developpez.com/
    Blog SQL, SQL Server, SGBDR : http://blog.developpez.com/sqlpro
    Expert Microsoft SQL Server - M.V.P. (Most valuable Professional) MS Corp.
    Entreprise SQL SPOT : modélisation, conseils, audit, optimisation, formation...
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  20. #20
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    Bonjour,

    Citation Envoyé par SQLpro Voir le message
    Il na pas été cité ici le cas du dossier médical partagé (DMP) centralisé qui n'a jamais aboutit en 20 années d'errements ! Un record...
    https://www.dmp.fr/

    A +
    On peut également citer la dématérialisation des fiches de paies .

    42 opérateurs reconnus par le Caisse des Dépôts et Consignation + Ministrère du travail.

    Jusqu'en 2019 il devait être possible de récupérer toutes ces fiches de paies sur le site de son CPF ... Vaste blague, il y a tellement d'opérateurs que le projet est aussi tombé à l'eau ... Seul 25 sur les 42 étaient prêts.

    En Belgique c'est bien plus simple > 1 opérateur qui s'appelle doccle.be

    Vous changez d'entreprise, c'est la même prestation nationale qui archive la paie et pas tartampion ou tartampot ou jacadit ...

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