Le succès des micro-ordinateurs ne passe pas inaperçu auprès d'IBM, qui commence à s'intéresser de près au commerce des micro-ordinateurs. Elle a déjà tenté une approche dès 1975 avec la série des IBM Portable PC (les premiers portables), mais sans succès. En tant que plus gros constructeur d'ordinateurs du monde, elle ne peut pas rester plus longtemps en dehors de ce marché à très forte progression.
En 1980, elle démarre en secret un projet baptisé Chess dont le but est de réaliser un micro-ordinateur : le futur IBM PC. Jusque là, IBM avait fait fausse route en voulant créer sa propre machine de A à Z. Mais cette fois-ci elle adopte une approche très différente, plutôt surprenante pour une société de cette envergure. Pour être capable de suivre le dynamisme du marché, une équipe de 12 personnes (the dirty dozen) (8) est chargée de réaliser en seulement 1 an une machine commercialisable à un coût relativement bas.
Pour cela elle s'inspire des succès du moment et en particulier celui d'Apple : elle adopte une architecture ouverte, c'est à dire basée sur des composants externes achetés auprès de fournisseurs externes et en permettant l'extension de la machine au moyen de cartes (au format ISA). IBM publiera même les spécifications techniques de sa machine, afin qu'elle soit facilement clonable par d'autres constructeurs. L'idée est de toujours avoir un temps d'avance en tant que concepteur et de gagner de l'argent en vendant le BIOS aux cloneurs (sauf que le BIOS sera rapidement piraté et IBM ne touchera pas grand-chose là-dessus).
Côté logiciel, il faut que la machine dispose de tout ce qu'il faut pour inciter les éditeurs de logiciels à s'y intéresser. Leur étude du marché montre qu'ils doivent ainsi l'équiper de CP/M et du Microsoft BASIC.
IBM entre alors en contact avec Microsoft. Malgré son jeune âge (il n'a alors que 24 ans), Bill Gates sait les accueillir et les conseiller : il fait bonne impression. En particulier, il les allèche avec son nouveau BASIC pour 8086 et les persuade des perspectives offertes par une machine 16 bits au lieu des 8 bits initialement prévus (9). Pour Microsoft c'est un bon départ, car les logiciels pour processeur 8 bits devront être redéveloppés, ce qui va en quelque sorte réinitialiser le marché.
A l'inverse, Gary Kildall (l'auteur de CP/M) n'a pas vraiment le sens des affaires, et la négociation échoue (10) . IBM se tourne alors de nouveau vers Bill Gates, qui n'hésite pas longtemps à relever le défit.
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