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    Par défaut L'Europe a deux ans pour éviter de devenir un État vassal des États-Unis en matière d'IA, selon Arthur Mensch
    PDG de Mistral : « L'impact de l'IA sur le PIB de chaque pays sera à deux chiffres dans les années à venir ».
    Arthur Mensch a comparé l'IA à l'avènement de l'électricité, encourageant des nations à développer leurs infrastructures

    L'influence sur l'économie de l'intelligence artificielle est de plus en plus mise en avant. Le PDG de Mistral, une entreprise qui a choisi l'axe de l'open source dans son développement de l'IA, a récemment prédit que l’IA pourrait entraîner une croissance à deux chiffres du PIB de chaque pays. Accompagné du PDG de NVIDIA, Jensen Huang, les deux ont convenu que chaque pays devait trouver une stratégie nationale en matière d'IA et développer ses propres capacités dans ce domaine. Si les avantages de l'IA sont indéniables, les implications pour l'économie mondiale ne sont pas aussi simples et directes qu'on pourrait le croire.

    Arthur Mensch a déclaré que chaque pays devrait mettre en place sa propre infrastructure d'intelligence artificielle en raison de ce qu'il prévoit être un énorme changement économique. « L'impact sur le PIB de chaque pays sera à deux chiffres dans les années à venir », a déclaré Mensch, PDG de la startup française Mistral, dans un épisode du podcast A16z.

    Le produit intérieur brut est une mesure courante de la valeur des biens et services produits dans un pays. Selon Mensch, les pays qui ne mettent pas en place leurs propres systèmes d'IA risquent de voir leur argent partir vers d'autres pays. Il a comparé l'IA à l'avènement de l'électricité : « Il y a 100 ans, si vous ne construisiez pas d'usines d'électricité, vous vous prépariez à l'acheter à vos voisins, ce qui, en fin de compte, n'est pas génial parce que cela crée des dépendances ».

    Le PDG a ajouté que l'IA diffère également de l'électricité dans certains domaines clés. Il s'agit d'une technologie de production de contenu qui pourrait transmettre les valeurs et la culture d'un pays, raison pour laquelle il a déclaré que l'IA nécessitait une plus grande implication que l'électricité.

    Mensch, qui a cofondé Mistral en 2023, a participé à l'épisode consacré à l'IA souveraine avec le PDG de Nvidia, Jensen Huang. Les deux PDG ont convenu que chaque pays devait trouver une stratégie nationale en matière d'IA et développer ses propres capacités dans ce domaine, car la technologie sera largement utilisée, notamment dans le service public, l'agriculture et la défense. Huang a déjà fait des commentaires similaires, y compris directement à des représentants du gouvernement.

    Mistral, fondée par d'anciens chercheurs de DeepMind et de Meta, construit de grands modèles de langage et a lancé un chatbot d'IA générative appelé « Le Chat ». Elle est en concurrence directe avec OpenAI, Anthropic et DeepSeek et affirme que ses modèles peuvent fonctionner beaucoup plus rapidement que ceux de ses pairs.

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    Guillaume Lample, Arthur Mensch et Timothée Lacroix, les cofondateurs de Mistral AI

    Dans sa présentation de "Le Chat", Mistral AI explique :

    Pourquoi le Chat alors qu'il existe d'autres assistants d'intelligence artificielle ?

    Rapide comme un éclair

    Alimenté par les modèles Mistral les plus performants et à faible latence, ainsi que par les moteurs d'inférence les plus rapides de la planète, le Chat raisonne, réfléchit et répond plus rapidement que n'importe quel autre assistant de chat, jusqu'à ~1000 mots / sec. Nous appelons cette fonctionnalité Flash Answers, et elle est actuellement disponible en avant-première pour tous les utilisateurs.


    Fondé sur des informations diverses

    Le Chat combine les connaissances pré-entraînées de haute qualité des modèles Mistral avec des informations récentes issues de la recherche sur le web, d'un journalisme solide, des médias sociaux et de multiples autres sources afin de fournir des réponses nuancées et fondées sur des preuves.

    Le meilleur traitement d'upload au monde

    La compréhension des images et des documents par Le Chat s'appuie sur les meilleurs modèles de vision et de reconnaissance optique de caractères (OCR) de l'industrie, ce qui garantit une grande précision dans les fichiers arbitraires complexes tels que les PDF, les feuilles de calcul, les fichiers journaux et les images complexes, parfois même indéchiffrables.

    Exécution et analyse de code sur place

    Nous introduisons également l'interpréteur de code dans Le Chat, qui permet aux utilisateurs d'exécuter du code en bac à sable, d'effectuer des analyses scientifiques, de créer des visualisations et d'exécuter des simulations. Cette fonctionnalité fait de Le Chat un outil pratique pour valider les algorithmes et explorer les données.

    Mistral a été évaluée pour la dernière fois à 6,2 milliards de dollars lors d'un tour de table en juin, auquel ont participé General Capital, Lightspeed et Andreessen Horowitz. En janvier, Mensch a déclaré qu'il envisageait d'introduire la société en bourse plutôt que de la vendre.

    Mensch est également un fervent partisan de l'ouverture des grands modèles de langage et a réitéré sa position dans le podcast. Les partisans de l'open source affirment qu'il permet à la technologie de se développer rapidement et démocratiquement, puisque tout le monde peut modifier et redistribuer le code. En revanche, les partisans des modèles à source fermée, comme OpenAI, affirment qu'ils sont plus sûrs parce que le code reste confidentiel.

    « Entre 2010 et 2020, il y a eu une accélération des progrès parce que tous les laboratoires construisaient les uns sur les autres et c'est quelque chose qui a disparu avec les premiers grands modèles de langage d'OpenAI en particulier », a-t-il déclaré. « La raison pour laquelle nous avons créé Mistral est de rétablir cette roue d'inertie ouverte : "Je contribue à quelque chose, puis un autre laboratoire contribue à quelque chose d'autre et nous itérons à partir de cela" ».

    Le mois dernier, Mensch a déclaré que le nouveau modèle de la startup chinoise DeepSeek était un stimulant pour le monde des logiciels libres.


    Une promesse de croissance indiscutable, mais inégale

    L’argument central du PDG de Mistral repose sur l’automatisation et l’innovation. En réduisant les coûts de production et en augmentant la productivité, l’IA devrait, selon lui, stimuler la croissance économique dans tous les secteurs. Les progrès dans des domaines comme la santé, la finance, et la logistique pourraient effectivement contribuer à une meilleure efficacité des ressources, ce qui se traduirait par une augmentation de la richesse produite.

    Cependant, cette vision optimiste masque une réalité plus complexe : les bénéfices de l’IA seront loin d’être uniformément répartis. En premier lieu, les pays qui investissent déjà massivement dans la recherche et l’innovation, principalement les États-Unis, la Chine et certains pays européens, sont les mieux positionnés pour tirer profit de cette révolution technologique. Ils auront un accès privilégié à l’infrastructure nécessaire et une main-d’œuvre qualifiée pour intégrer l’IA dans leurs processus économiques.

    En revanche, les pays en développement, avec leurs infrastructures limitées et leurs ressources humaines moins spécialisées, risquent de ne pas voir les mêmes retours sur investissement. La fracture numérique et la disparité des capacités technologiques renforceront les inégalités mondiales, et certains pays pourraient même être laissés pour compte. L’IA pourrait exacerber les écarts économiques existants, plutôt que de les réduire, ce qui poserait des défis considérables en matière de justice sociale et d’équité économique.

    La promesse de l’automatisation : une menace pour l’emploi ?

    Un autre point critique de la prévision du PDG de Mistral est l’impact de l’IA sur l’emploi. L’automatisation des tâches répétitives est l’un des principaux moteurs de la croissance économique envisagée. Dans les industries où l’automatisation peut améliorer l’efficacité, comme la fabrication ou la gestion des processus, la productivité pourrait effectivement connaître une hausse significative. Cependant, cette automatisation a un coût social : la disparition de certains emplois. Les travailleurs dont les compétences ne correspondent pas aux nouvelles exigences du marché du travail risquent d’être laissés pour compte.

    L’IA pourrait ainsi entraîner une destruction massive d’emplois dans certains secteurs, sans nécessairement compenser cette perte par la création de nouveaux postes à haute valeur ajoutée. Bien que l’on puisse s’attendre à la naissance de nouvelles industries liées à l’IA, il est fort à parier que la transition vers ces nouveaux emplois ne sera ni immédiate ni équitable. Les travailleurs moins qualifiés, en particulier, se retrouveront probablement en difficulté pour s’adapter à cette évolution rapide du marché de l’emploi.

    En outre, l'IA pourrait réduire la demande de travail humain dans des secteurs traditionnellement créateurs d'emplois, comme les services ou l’agriculture, et n’offrir que des solutions d’automatisation peu accessibles aux pays ou aux entreprises de petite taille.

    Une concentration du pouvoir économique ?

    L’une des préoccupations majeures soulevées par l’essor de l’IA est la concentration croissante du pouvoir économique entre les mains de quelques entreprises technologiques. À l’heure actuelle, des géants comme Google, Microsoft et Amazon détiennent une part disproportionnée des capacités d'IA. Leur domination sur les marchés technologiques pourrait se renforcer à mesure qu’ils développent et déploient des solutions d’IA de plus en plus sophistiquées.

    La montée en puissance de ces entreprises pourrait rendre plus difficile la concurrence pour les plus petites entreprises ou les acteurs moins dotés en ressources. En conséquence, l’IA pourrait devenir un instrument de concentration économique, où quelques acteurs se partageraient les profits générés par cette nouvelle vague technologique. Ce phénomène risque de poser des problèmes de monopole et de concurrence déloyale, avec des impacts négatifs sur la diversité économique et la compétitivité des marchés.

    En outre, la dépendance croissante à l’égard des technologies d’IA pourrait accroître la vulnérabilité des économies mondiales à des risques géopolitiques. Les tensions commerciales entre les États-Unis, la Chine et l’Europe pourraient se transformer en une lutte pour le contrôle des données et des infrastructures d’IA, créant des instabilités économiques et politiques.

    L’IA et la régulation : un défi complexe

    L’une des questions clés qui se pose avec l’IA est celle de la régulation. L'introduction de l'IA dans les processus économiques soulève des préoccupations éthiques majeures, notamment en matière de confidentialité des données, de biais algorithmiques et de responsabilité en cas d’erreurs. Les gouvernements devront jouer un rôle crucial pour encadrer cette évolution technologique et éviter que les bénéfices ne soient accaparés par quelques-uns au détriment du bien-être collectif.

    Cependant, il est difficile d’imaginer une régulation qui puisse suivre le rythme rapide de l’évolution de l’IA. L'absence de normes internationales cohérentes, combinée à la rapidité des innovations technologiques, pourrait laisser de nombreuses questions non résolues. Si une régulation mal pensée pourrait étouffer l'innovation, une absence de régulation pourrait entraîner des abus de pouvoir, des discriminations systémiques et une perte de contrôle sur des technologies de plus en plus omniprésentes.

    Une vision à nuancer

    Bien que l’IA offre un potentiel de croissance économique indéniable, la prévision du PDG de Mistral selon laquelle elle pourrait entraîner une augmentation à deux chiffres du PIB de chaque pays semble un peu trop optimiste. Les inégalités économiques, la concentration du pouvoir, la perte d'emplois et l'absence de régulation efficace soulignent que l’IA ne garantit pas une croissance homogène et inclusive. Au contraire, elle risque de renforcer les disparités économiques et sociales si elle n’est pas accompagnée de politiques publiques adaptées. Le défi, pour les gouvernements et les entreprises, sera de trouver un équilibre entre l’innovation technologique et la gestion des risques associés à cette révolution industrielle. L’IA peut, certes, être un moteur de croissance, mais elle exige une approche plus nuancée et réfléchie pour en tirer les bénéfices à long terme.

    Source : vidéo dans le texte

    Et vous ?

    Partagez-vous son point de vue sur l'impact de l'IA sur le PIB ?

    L'IA peut-elle réellement être un moteur de croissance économique pour tous les pays, ou risquons-nous de renforcer les inégalités mondiales ?

    Comment les pays en développement peuvent-ils surmonter les barrières technologiques et bénéficier des avantages de l’IA ?

    L’automatisation via l’IA pourrait-elle engendrer une perte d’emplois massifs dans certaines industries, et quelles mesures pourraient être prises pour atténuer cet effet ?
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  2. #2
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Arthur Mensch a comparé l'IA à l'avènement de l'électricité, encourageant des nations à développer leurs infrastructures
    Ah ben c'est sûr que ça a l'air lié, vu que pour nous gaver avec la première, ils nous dépouillent de la seconde...

  3. #3
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    L'IA menace effectivement l'emploi de beaucoup de cols blancs, qui devront bien se reconvertir bon gré mal gré. Les implications macro-économiques de ce changement sont par contre difficiles à prédir.

  4. #4
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    Citation Envoyé par kain_tn Voir le message
    Ah ben c'est sûr que ça a l'air lié, vu que pour nous gaver avec la première, ils nous dépouillent de la seconde...

  5. #5
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    Demander à un des cofondateurs de Mistral si l'"IA" a de l'avenir, c'est comme demander au CEO de Nvidia si les cartes graphiques ont de l'avenir ou au CEO d'Intel si les processeurs ont de l'avenir...
    Je ne dis pas que ce qu'il dit est vrai ou faux, mais sa parole n'a absolument aucune valeur sur le sujet.

    Après il fait son boulot de mettre en avant son business, je ne lui reproche pas de la faire.

  6. #6
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    Par défaut Le PDG de Mistral AI alerte sur les enjeux critiques de la souveraineté numérique européenne
    « L'IA redéfinit les équilibres économiques et géopolitiques. Sans capacité à rivaliser, l'Europe s'efface du concert des nations », affirme le PDG de Mistral AI
    les patrons européens s'alarment

    Le PDG de Mistral AI, Arthur Mensch, alerte sur les enjeux de la souveraineté numérique européenne. Lors d'une récente audition devant une commission parlementaire, il a déclaré que l'Europe est prise en étau entre la domination technologique américaine et chinoise. Il définit l'IA comme « une ressource stratégique transformant l'énergie en puissance de calcul », dont le contrôle est indispensable à l'autonomie économique et militaire de la France. Il a plaidé pour une accélération massive des investissements dans le secteur énergétique et a soulevé un certain nombre de problèmes, notamment une réglementation lourde et l'absence d'harmonisation.

    Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, a été auditionné le 12 mai par la commission d'enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l'indépendance de la France. Le dirigeant a livré un diagnostic sans concession dès ses propos liminaires : « l'IA redéfinit les équilibres économiques et géopolitiques. Sans capacité à rivaliser, l'Europe se condamne et s'efface du concert des nations ».

    Cette conclusion dit, mieux que tout, la hauteur de l'enjeu auquel l'Europe doit faire face à l'avenir. Arthur Mensch compare l'IA générative à une ressource naturelle, dont le processus consiste à transformer de l'électricité en intelligence sous forme de « tokens ». Selon lui, importer l'intégralité des services numériques et des modèles d'IA depuis les États-Unis creuserait massivement le déficit commercial de l'Europe et la priverait de tout levier d'influence.

    Il estime indispensable de créer et d'exporter nos propres technologies pour conserver la valeur ajoutée en Europe et la réinvestir dans la recherche et le développement locaux. Arthur Mensch explique que sans ça, l'Europe se retrouvera à la traîne et perdra ses talents au profit de la Chine et des États-Unis.

    L'énergie et les infrastructures au cœur de la course technologique

    Mistral AI est une entreprise française spécialisée dans l'IA qui a choisi l'open source comme modèle de développement. Fondée en 2023, elle s'est imposée en à peine deux ans comme l'un des acteurs les plus prometteurs du secteur à l'échelle mondiale. Sa valorisation atteint aujourd'hui 11,7 milliards d'euros, une trajectoire fulgurante qui témoigne de la confiance des investisseurs et de l'ampleur des ambitions des ambitions portées par ses fondateurs.


    Selon le PDG de Mistral, la création de modèles d'IA exige des investissements colossaux en matière d'infrastructures physiques, l'installation d'un gigawatt de capacité de calcul coûtant environ 50 milliards de dollars sur cinq ans. La France dispose d'un « avantage compétitif majeur » grâce à son électricité nucléaire abondante et décarbonée, ce qui permet de réduire significativement l'empreinte environnementale des calculs par rapport aux États-Unis.

    Néanmoins, Arthur Mensch alerte sur l'urgence de la situation, car « les géants américains de la tech déploient actuellement des centaines de milliards de dollars pour accaparer les composants électroniques et les capacités énergétiques mondiales avant même que la demande ne soit totalement structurée ».

    Tout au long de l'audition, Arthur Mensch a défendu une vision résolument macroéconomique de la souveraineté numérique. Il fait de l'IA le pivot central de sa stratégie. « La monopolisation de la ressource énergétique européenne s’accélère à une vitesse folle. La France et l’Europe possèdent un surplus énergétique, mais il ne doit pas servir majoritairement aux acteurs américains. Il faut que les électrons soient convertis en token », a expliqué le PDG.

    Le carcan réglementaire et la fragmentation du marché européen

    En mars 2025, Arthur Mensch a prédit que « l’IA pourrait entraîner une croissance à deux chiffres du PIB de chaque pays ». Il a soutenu que chaque pays devait trouver une stratégie nationale en matière d'IA et développer ses propres capacités dans ce domaine. Lors de son audition, il a évoqué un certain nombre de risques qui pourrait empêcher l'Europe de rivaliser convenablement dans la course à l'IA. La surréglementation est l'un de ces problèmes.

    Contrairement aux États-Unis, l'Europe souffre d'un marché extrêmement fragmenté qui impose aux entreprises de s'adapter à une multitude de langues, de droits sociaux et de fiscalités pour se développer. À cette complexité s'ajoute un empilement de réglementations lourdes, notamment le RGPD, les lois sur le droit d'auteur et la loi européenne sur l'intelligence artificielle (AI Act), qui nécessitent d'importantes ressources afin d'assurer la conformité.

    Devant les parlementaires de la commission d'enquête, Arthur Mensch a expliqué que la réglementation, souvent conçue avec l'intention de protéger le marché européen, favorise en réalité les monopoles américains qui disposent des fonds et des bataillons de lobbyistes nécessaires pour absorber ces contraintes.

    Selon lui, importer l'intégralité des services numériques et d'IA depuis la Chine ou les États-Unis menace de creuser un déficit commercial abyssal. Si l'IA venait à représenter 10 % de la masse salariale européenne, l'importer se traduirait par un déficit d'environ 1 trilliard d'euros à ajouter au déficit actuel. « Cet argent fuirait l'Europe pour financer la recherche et le développement étrangers, réduisant potentiellement le continent à l'état de vassal », a-t-il averti.

    Défense, cybersécurité et ambition assumée d'indépendance

    L'IA nécessite des investissements colossaux, mais les capitaux levés en Europe restent très en deçà de ceux de ses concurrents. Pour faire émerger des champions technologiques européens, Arthur Mensch présente l'activation de la commande publique comme une nécessité absolue. Alors que les États-Unis et la Chine utilisent massivement les contrats étatiques pour financer leurs innovations, l'Europe a été historiquement trop timide sur ce levier.

    Bien que Mistral AI compte déjà des clients publics comme la DINUM ou France Travail, la commande publique française ne représente encore qu'une petite fraction de son chiffre d'affaires. Le PDG affirme que l'adoption plus large de l'IA générative par les administrations centrales permettrait non seulement de réaliser des gains de productivité majeurs, mais également de recycler l'argent public pour financer l'écosystème technologique souverain.

    L'IA est décrite comme une technologie à double usage, devenue indispensable pour la cyberdéfense et le renseignement. Elle est cruciale pour maintenir une dissuasion conventionnelle crédible face à des armées hostiles qui l'intègrent déjà massivement dans leurs systèmes d'armes. Face à ces enjeux régaliens, Mistral collabore avec le ministère français des Armées tout en lui laissant l'entière responsabilité démocratique de l'utilisation finale des outils.

    Enfin, l'entreprise affirme sa volonté stricte de rester indépendante et de ne pas se faire racheter par des intérêts étrangers, considérant que la maîtrise de l'IA est la seule porte d'entrée pour espérer reconquérir un jour la souveraineté sur le marché du cloud. Le PDG ne fait pas « une différence nette » entre le cloud et l'IA. Lors de son audition, Arthur Mensch a déclaré aux députés que « se faire absorber par une entreprise étrangère est un échec ».

    Les patrons européens de l'industrie tirent la sonnette d'alarme

    Plusieurs dirigeants de grandes entreprises technologiques européennes ont publié une tribune commune appelant l'Union européenne à agir pour renforcer la compétitivité du continent dans les domaines du numérique, de l'industrie et de l'IA. Les signataires comprennent : Börje Ekholm (Ericsson), Guillaume Faury (Airbus), Christophe Fouquet (ASML), Arthur Mensch (Mistral AI), Christian Klein (SAP), Justin Hotard (Nokia) et Roland Busch (Siemens).

    « Nous sommes prêts à soutenir les dirigeants européens face à l'urgence de la situation. La prochaine phase d'innovation dépendra de la manière dont les capacités numériques seront appliquées concrètement, dans tous les secteurs, les infrastructures et l'ensemble des économies. La réalisation des objectifs stratégiques de l'Europe exige un soutien politique sectoriel solide, axé sur le marché et adapté aux besoins du marché », indique la lettre.

    Parmi les mesures identifiées par les dirigeants figurent la nécessité de donner la priorité à l’innovation plutôt qu’à la réglementation, et de façonner les normes futures et le leadership technologique en développant et en déployant les technologies les plus récentes. Selon les dirigeants, des règles étouffantes, inutilement complexes et souvent redondantes rendent extrêmement difficile le suivi du rythme des progrès technologiques.

    Le renforcement de la résilience stratégique est une autre priorité identifiée. Selon eux, la véritable richesse et la résilience reposent sur la création et le contrôle de la propriété intellectuelle, plutôt que sur sa simple consommation. Ils appellent les gouvernements à catalyser les capitaux privés, à parachever l'Union de l'épargne et de l'investissement, et à travailler pour favoriser les consolidations stratégiques indispensables à la compétitivité mondiale.

    Si la tribune libre des créateurs de technologies souligne que l’Europe perd chaque jour un peu plus de sa compétitivité, une action collective résolue permettra de relever ce défi. À l’heure où la technologie et la géopolitique connaissent des bouleversements sans précédent, les PDG affirment que les décisions prises dans les mois et les années à venir détermineront si l’Europe sera en mesure de rivaliser et de prospérer au cours des prochaines décennies.

    Le désastre sanitaire lié à l'essor rapide des centres de données

    Une étude a quantifié ces impacts en dollars via des indicateurs comme le coût social du carbone, mesurant le préjudice économique de chaque tonne de CO2 émise. Il en résulte que le coût réel des centres de données dépasse largement leur prix d'achat. Il ne s'agit pas d'argent, mais de la santé des personnes vivant à proximité. En 2025, les dommages environnementaux causés par les centres de données ont coûté 25 milliards de dollars à l'économie.


    Environ 3,7 milliards sont directement liés aux activités d'IA menées dans ces centres. Selon le rapport de l'étude, ce coût représente une externalité, c'est-à-dire une conséquence indirecte de l'activité économique qui impose des coûts à des tiers n'étant pas directement impliqués dans l'activité initiale.

    Ces chiffres ne correspondent pas à des dépenses médicales directes ou à des impôts, mais reflètent la valeur économique attribuée à la réduction de l'espérance de vie et aux décès prématurés causés par l'impact environnemental de ces installations. L'auteur indique : « en ce qui concerne la consommation électrique des centres de données, les coûts externes liés à la production d’électricité sont supportés par les consommation exposés aux PM2,5 ».

    Nicholas Muller fait référence aux particules fines inhalables qui peuvent présenter de graves risques pour la santé des communautés locales, notamment des maladies pulmonaires, des troubles cardiaques et, dans certains cas, des taux plus élevés de mortalité prématurée. « L'impact des gaz à effet de serre, quant à lui, se manifeste sur le long terme et représente donc une externalité supportée par les générations futures », a expliqué l'auteur.

    Conclusion

    Le discours d'Arthur Mensch devant la commission dépasse la simple question de la gestion technologique pour alerter sur un changement de paradigme sociétal profond. L'IA générative opère en effet un transfert massif de valeur, déplaçant l'intelligence du travail humain vers le capital et les machines. Si ce capital technologique reste exclusivement étranger, l'Europe s'expose à une situation qu'Arthur Mensch qualifie de potentiellement « explosive ».

    Cela consiste notamment en une modification brutale du marché de l'emploi, couplée à une inflation provoquée par les conflits d'usage sur les ressources énergétiques, et à une envolée du déficit commercial. Il conclut sur la nécessité absolue pour l'Europe de maîtriser cette chaîne de valeur technologique.

    Sources : Arthur Mensch, PDG de Mistral AI ; tribune commune des dirigeants européens (PDF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que vous inspire l'alerte lancée par le PDG de Mistral AI sur la souveraineté numérique européenne ?
    Arthur Mensch place résolument l'IA au cœur de sa stratégie pour conquérir le cloud. Qu'en pensez-vous ?
    Il estime que l'Europe dispose d'une énergie abondante pour atteindre ses objectifs. Partagez-vous son avis ? Pourquoi ?
    L'Europe est-elle prête à faire face à l'essor massif des centres de données pour l'IA ? Quid des risques liés à ces infrastructures massives ?
    Arthur Mensch fustige le carcan réglementaire et la fragmentation du marché européen. Qu'en pensez-vous ? Faut-il diluer les réglementations au nom de l'innovation ?

    Voir aussi

    PDG de Mistral : « L'impact de l'IA sur le PIB de chaque pays sera à deux chiffres dans les années à venir ». Arthur Mensch compare l'IA à l'avènement de l'électricité

    En investissant 1,3 milliard d'euros, le géant néerlandais ASML devient le premier actionnaire de la startup française Mistral AI, pour une valorisation totale de 11,7 milliards d'euros

    Les centres de données dédiés à l'IA émettent des infrasons inaudibles et indétectables aux sonomètres, mais « ressentis » : les résidents se plaignent que ces sons ont des effets néfastes sur la santé

  7. #7
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Le gars sera au chômage, lorsque la bulle éclatera. Il a tout intérêt à faire du FUD auprès de tous ces vieux députés qui n'y comprennent rien.

    Au final, c'est juste un gars qui vient vendre sa camelote.

  8. #8
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    Par défaut il a raison
    Quel est votre avis sur le sujet ?
    il a raison. Les réglementations sont trop lourdes, imposent trop de documentation inutile que seuls les gros peuvent se permettre, ne serait-ce qu'en termes de know-how.
    Que vous inspire l'alerte lancée par le PDG de Mistral AI sur la souveraineté numérique européenne ?
    je sais pas, je ne sais pas comment les start-ups se financent en Europe. Mais les success-stories des GAFAM & co montrent l'efficacité du modèle américain, avec pas mal de risques, mais beaucoup de circulation des capitaux et des talents.
    Arthur Mensch place résolument l'IA au cœur de sa stratégie pour conquérir le cloud. Qu'en pensez-vous ?
    Ben évidemment qu'il a raison. Ceux qui ne le voient pas sont les mêmes qui expliquaient en 2000 que la Chine ne serait jamais bonne qu'à produire des jouets en plastique discount.
    Il estime que l'Europe dispose d'une énergie abondante pour atteindre ses objectifs. Partagez-vous son avis ? Pourquoi ?
    je passe.
    L'Europe est-elle prête à faire face à l'essor massif des centres de données pour l'IA ? Quid des risques liés à ces infrastructures massives ?
    Non, pas prête. La priorité est partout de lutter contre l'extrême-droite, construire des logements pour immigrés et des usines d'armement, sauver le climat.
    Arthur Mensch fustige le carcan réglementaire et la fragmentation du marché européen. Qu'en pensez-vous ? Faut-il diluer les réglementations au nom de l'innovation ?
    Ca ne sert à rien de jeter l'anathème. Ce n'est pas réglementation vs innovation. La réglementation étrangle aussi les entreprises centenaires.

  9. #9
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    Les drones et autres engins autonomes sont sans doute la prochaine révolution militaire, et l’Europe est bien trop occupée à taxer les bouchons en plastique plutôt qu’à développer nos industries de puces de calcul.
    Oui ce sont de gros raccourcis, mais le fond du problème est justement pointé du doigt je pense.

  10. #10
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    Par défaut L'Europe a deux ans pour éviter de devenir un État vassal des États-Unis en matière d'IA, selon Arthur Mensch
    Le PDG de Mistral AI estime que l'Europe dispose de deux ans pour éviter de devenir un « État vassal » des États-Unis en matière d'IA
    mais ses propos sont perçus comme un appel aux capitaux pour sa startup

    Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, avertit que l'Europe n'a que deux ans pour assurer son indépendance technologique face aux États-Unis. Il estime que le continent risque de devenir un simple vassal numérique s'il ne développe pas rapidement et massivement ses propres infrastructures de calcul et d'accès à l'énergie. L'enjeu majeur réside dans la maîtrise des semiconducteurs et de la puissance de calcul, des domaines où les géants américains investissent actuellement des sommes colossales. Pour contrer cette menace, Arthur Mensch prône une stratégie de souveraineté numérique et appelle à une réforme des marchés de capitaux européens.

    Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, a été auditionné le 12 mai par la commission d'enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l'indépendance de la France. Le dirigeant a livré un diagnostic sans concession dès ses propos liminaires : « l'IA redéfinit les équilibres économiques et géopolitiques. Sans capacité à rivaliser, l'Europe se condamne et s'efface du concert des nations ».

    Il compare l'IA générative à une ressource naturelle consistant à transformer de l'électricité en intelligence sous forme de « tokens ». Selon lui, importer l'intégralité des services numériques et des modèles d'IA depuis les États-Unis creuserait le déficit commercial européen tout en annihilant son influence.

    Arthur Mensch estime que l'Europe ne dispose que d'une courte fenêtre de deux ans pour bâtir sa propre infrastructure d'IA. Il a fermement averti que le continent risquait de devenir un « État vassal » s'il échouait à développer sa propre industrie et continuait de dépendre des services numériques américains. Cette course technologique se joue désormais sur le contrôle de l'énergie, des puces électroniques et de la capacité des centres de données.

    La stratégie élaborée par Mistral pour atteindre la souveraineté

    « Tout se jouera au cours des deux prochaines années », a déclaré Arthur Mensch lors de son audition à l'Assemblée nationale sur la souveraineté numérique et l'IA. Face aux États-Unis qui prévoient de déployer mille milliards de dollars dès l'année prochaine, Arthur Mensch prévient que l'Europe risque d'être définitivement distancée et privée de tout moyen de pression si elle laisse les acteurs américains monopoliser ces ressources cruciales.


    Le continent risquait de perdre le contrôle non seulement des modèles d’IA, mais aussi de l’infrastructure énergétique et informatique qui les alimente. « Une fois que l’offre sera monopolisée par les acteurs américains, nous n’aurons soudainement plus d’approvisionnement et nous ne pourrons plus transformer les électrons en tokens », a-t-il déclaré, faisant référence au processus de conversion de la puissance de calcul en résultats générés par l’IA.

    Pour contrer cette dépendance, Mistral AI place la souveraineté européenne au cœur de sa stratégie open source. La startup parisienne répond à une demande croissante des gouvernements qui souhaitent des systèmes d'IA qu'ils peuvent contrôler indépendamment des géants technologiques américains.

    Dans cette optique, l'entreprise a récemment conclu un partenariat avec le Groupe Caisse des Dépôts pour consolider la souveraineté numérique de l'Europe grâce à l'IA générative et aux infrastructures de calcul. De plus, Arthur Mensch a annoncé l'ambition de son entreprise de construire une capacité de calcul d'un gigawatt d'ici 2029, tout en précisant que l'Europe aura globalement besoin d'investissements beaucoup plus massifs.

    « Le vainqueur sera l'acteur qui contrôle les puces et l'énergie »

    Mistral AI est une entreprise française spécialisée dans l'IA qui a choisi l'open source comme modèle de développement. Fondée en 2023, elle s'est imposée en à peine deux ans comme l'un des acteurs les plus prometteurs du secteur à l'échelle mondiale. Sa valorisation atteint aujourd'hui 13,6 milliards d'euros, une trajectoire fulgurante qui témoigne de la confiance des investisseurs et de l'ampleur des ambitions des ambitions portées par ses fondateurs.

    Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral AI, estime que la course à l'IA se transforme en une bataille pour l'accès à l'énergie, aux puces électroniques et à la capacité des centres de données. Les entreprises technologiques américaines agissent déjà de manière très offensive pour s'assurer ces ressources.

    « Les Américains vont investir jusqu'à 1 000 milliards de dollars l'année prochaine. Celui qui contrôle les puces, qui contrôle les électrons, qui disposent d'un accès massif à l'énergie, c'est lui qui l'emportera », a déclaré Arthur Mensch aux députés. Le dirigeant a également critiqué la fragmentation des réglementations et des marchés de capitaux en Europe. Selon lui, cet état de choses rend la croissance des startups bien plus difficile qu'aux États-Unis.

    « Si nous n'agissons pas assez vite, nous nous retrouverons dans une situation où nous n'aurons plus le choix. Dans un monde où l'on importe tous ses services numériques des États-Unis, on n'a aucun moyen de pression sur les États-Unis », a-t-il déclaré. Il estime indispensable de créer et d'exporter nos propres technologies et outils numériques pour conserver la valeur ajoutée en Europe et la réinvestir dans la recherche et le développement locaux.

    Le carcan réglementaire et la fragmentation du marché européen

    En mars 2025, Arthur Mensch a prédit que « l’IA pourrait entraîner une croissance à deux chiffres du PIB de chaque pays ». Il a soutenu que chaque pays devait trouver une stratégie nationale en matière d'IA et développer ses propres capacités dans ce domaine. Lors de son audition, il a évoqué un certain nombre de risques qui pourrait empêcher l'Europe de rivaliser convenablement dans la course à l'IA. La surréglementation est l'un de ces problèmes.

    Contrairement aux États-Unis, l'Europe souffre d'un marché extrêmement fragmenté qui impose aux entreprises de s'adapter à une multitude de langues, de droits sociaux et de fiscalités pour se développer. À cette complexité s'ajoute un empilement de réglementations lourdes, notamment le RGPD, les lois sur le droit d'auteur et la loi européenne sur l'intelligence artificielle (AI Act), qui nécessitent d'importantes ressources afin d'assurer la conformité.

    Devant les parlementaires de la commission d'enquête, Arthur Mensch a expliqué que la réglementation, souvent conçue avec l'intention de protéger le marché européen, favorise en réalité les monopoles américains qui disposent des fonds et des bataillons de lobbyistes nécessaires pour absorber ces contraintes.

    Selon lui, importer l'intégralité des services numériques et d'IA depuis la Chine ou les États-Unis menace de creuser un déficit commercial abyssal. Si l'IA venait à représenter 10 % de la masse salariale européenne, l'importer se traduirait par un déficit d'environ 1 trilliard d'euros à ajouter au déficit actuel. « Cet argent fuirait l'Europe pour financer la recherche et le développement étrangers, réduisant potentiellement le continent à l'état de vassal », a-t-il averti.

    Les patrons européens de l'industrie tirent la sonnette d'alarme

    Plusieurs dirigeants de grandes entreprises technologiques européennes ont publié une tribune commune appelant l'Union européenne à agir pour renforcer la compétitivité du continent dans les domaines du numérique, de l'industrie et de l'IA. Les signataires comprennent : Börje Ekholm (Ericsson), Guillaume Faury (Airbus), Christophe Fouquet (ASML), Arthur Mensch (Mistral AI), Christian Klein (SAP), Justin Hotard (Nokia) et Roland Busch (Siemens).

    « Nous sommes prêts à soutenir les dirigeants européens face à l'urgence de la situation. La prochaine phase d'innovation dépendra de la manière dont les capacités numériques seront appliquées concrètement, dans tous les secteurs, les infrastructures et l'ensemble des économies. La réalisation des objectifs stratégiques de l'Europe exige un soutien politique sectoriel solide, axé sur le marché et adapté aux besoins du marché », indique la lettre.

    Parmi les mesures identifiées par les dirigeants figurent la nécessité de donner la priorité à l’innovation plutôt qu’à la réglementation, et de façonner les normes futures et le leadership technologique en développant et en déployant les technologies les plus récentes. Selon les dirigeants, des règles étouffantes, inutilement complexes et souvent redondantes rendent extrêmement difficile le suivi du rythme des progrès technologiques.

    Le renforcement de la résilience stratégique est une autre priorité identifiée. Selon eux, la véritable richesse et la résilience reposent sur la création et le contrôle de la propriété intellectuelle, plutôt que sur sa simple consommation. Ils appellent les gouvernements à catalyser les capitaux privés, à parachever l'Union de l'épargne et de l'investissement, et à travailler pour favoriser les consolidations stratégiques indispensables à la compétitivité mondiale.

    Si la tribune libre des créateurs de technologies souligne que l’Europe perd chaque jour un peu plus de sa compétitivité, une action collective résolue permettra de relever ce défi. À l’heure où la technologie et la géopolitique connaissent des bouleversements sans précédent, les PDG affirment que les décisions prises dans les mois et les années à venir détermineront si l’Europe sera en mesure de rivaliser et de prospérer au cours des prochaines décennies.

    La sortie d'Arthur Mensch a suscité de nombreux commentaires

    L'audition d'Arthur Mensch a suscité de nombreuses réactions dans la communauté. Certains internautes partagent son avis sur la question de la souveraineté numérique de l'Europe. « Il a tout à fait raison : l'Europe est dépendante dans presque tous les domaines, et elle le sera aussi pour les services d'IA. Nous devons accroître massivement notre capacité de production de puces avancées, notamment des puces de 2 nm », a écrit un commentateur.

    Si son appel à l'indépendance numérique met en lumière des enjeux cruciaux pour l'avenir du continent, Arthur Mensch a également provoqué un certain scepticisme et fait l'objet de critiques de la part d'observateurs qui remettent en question tant ses motivations que la réalité de son calendrier.

    Plusieurs critiques remettent en question sa sincérité, soulignant un conflit d'intérêts évident dans ses déclarations. En tant que dirigeant d'une entreprise européenne d'IA, ses appels à investir dans les infrastructures locales sont perçus par certains observateurs comme un simple discours de vendeur cherchant avant tout à attirer des financements pour sa propre startup. De plus, le vocabulaire employé par le dirigeant est parfois tourné en dérision.

    Une autre critique porte sur le calendrier avancé par le dirigeant, jugé totalement déconnecté de la réalité actuelle. De nombreux commentateurs estiment que la fameuse fenêtre d'action de deux ans n'existe plus et que l'Europe est d'ores et déjà dans une position de dépendance technologique quasi totale vis-à-vis des services étrangers. Pour ces détracteurs, l'opportunité d'éviter ce statut d'État vassal a été manquée il y a déjà plusieurs années.

    Source : Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral AI

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des propos d'Arthur Mensch sur la fenêtre d'action dont dispose l'Europe pour ne pas devenir dépendante des États-Unis ?
    Ses déclarations ont été perçues comme un discours qui cherche avant tout à attirer des financements pour sa propre startup. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    « L'IA redéfinit les équilibres économiques et géopolitiques. Sans capacité à rivaliser, l'Europe s'efface du concert des nations », affirme le PDG de Mistral AI, les patrons européens s'alarment

    PDG de Mistral : « L'impact de l'IA sur le PIB de chaque pays sera à deux chiffres dans les années à venir ». Arthur Mensch compare l'IA à l'avènement de l'électricité

    Les centres de données causent des dommages cachés à l'environnement et à la santé publique, ce qui coûte 25 milliards de dollars à l'économie chaque année, mais de nouveaux projets continuent de voir le jour

  11. #11
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    Sauf qu'il a pour intérêt de le faire croire à l'Europe pour que les états dépensent des fortunes dans son produit.
    Il ne peut pas être cru, il est là pour ses actionnaires.

    Il veut qu'on dépense sans réfléchir. Vite, vite, vite ! Ne prenez pas le temps de réaliser la supercherie !

    Et quand la bulle IA éclatera, cet argent sera définitivement perdu.
    Enfin, il sera dans la poche des vendeurs de mirages.

  12. #12
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    Citation Envoyé par Kulvar Voir le message
    Sauf qu'il a pour intérêt de le faire croire à l'Europe pour que les états dépensent des fortunes dans son produit.
    Il ne peut pas être cru, il est là pour ses actionnaires.

    Il veut qu'on dépense sans réfléchir. Vite, vite, vite ! Ne prenez pas le temps de réaliser la supercherie !

    Et quand la bulle IA éclatera, cet argent sera définitivement perdu.
    Enfin, il sera dans la poche des vendeurs de mirages.
    Il prêche évidemment pour sa paroisse, mais je pense qu'il a raison.

    Certes il y a des bulles spéculatives sur l'IA, mais que de progrès en 3 ans... Il y a différentes "IA" qui fonctionnent très bien et sont devenues indispensables (traitement du signal...) mais pour ne parler que des LLM, clairement ça réussit de nombreuses tâches aussi bien voire mieux qu'un humain, et des métiers sont aussi concernés que les standardistes téléphoniques des années 70, et clairement il y a des points de PIB à perdre ou à gagner.

    Par ex : La France peut continuer d'investir à former massivement des gens vers les licences de langues. Déjà que le marché était saturés de ces filières peu professionnalisantes, mais maintenant que la totalité de la traduction sans valeur ajoutée est faite (ou le sera) par des LLM, autant acter et réorienter les étudiants et les crédits.

    On peut continuer longtemps sur ce genre d'exemples. Un simple mac avec une grosse RAM maintenant peut générer localement le code basique, alors les modèles de pointe...

    Les Américains savent soutenir leurs sociétés. Nous on sait acheter américain. Il est temps de se réveiller (et pour nos politiques d'arrêter de toucher les rétrocommissions des USA...)

  13. #13
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    Citation Envoyé par Fagus Voir le message
    et des métiers sont aussi concernés que les standardistes téléphoniques des années 70
    Oui on les agriculteurs du début du XXe, où les scribes égyptiens etc.
    autant acter et réorienter les étudiants et les crédits.
    Vers où? Tous les métiers semblent remplaçables "ça réussit de nombreuses tâches aussi bien voire mieux qu'un humain".
    Je me souviens pendant mes études je me moquais des potes qui faisaient fac d'histoire (aussi appelé fac chômage), leur réponse était qu'ils finiront de toute façon caissiers ou chômeurs donc autant passer un peu de temps à faire quelque chose qui leur plait.
    Ils n'avaient peut être pas tort finalement.
    On peut continuer longtemps sur ce genre d'exemples. Un simple mac avec une grosse RAM maintenant peut générer localement le code basique, alors les modèles de pointe...
    On me demande d'évaluer des LLM depuis quelques mois.
    Je n'ai pas de mal à reconnaitre une partie de leur utilité mais je n'ai pas de mal à jouer avec leurs limites quand je vais chercher la raison pour laquelle mon entreprise me paye bien plus que le SMIC : j'ai des connaissances relativement rares (qui ne sont pourtant que l'agrégat de connaissances de base de plein de domaines), je suis capable de faire bosser ensemble des gens qui ne se supportent pas, je suis capable de faire appel aux personnes qui ne se connaissent pas pour arriver à mon objectif etc.
    Les Américains savent soutenir leurs sociétés. Nous on sait acheter américain. Il est temps de se réveiller (et pour nos politiques d'arrêter de toucher les rétrocommissions des USA...)
    Soutenons nos employés et nos sociétés se développeront plus vite que les USA.

  14. #14
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    Citation Envoyé par jnspunk Voir le message
    Les drones et autres engins autonomes sont sans doute la prochaine révolution militaire, et l’Europe est bien trop occupée à taxer les bouchons en plastique plutôt qu’à développer nos industries de puces de calcul.
    Oui ce sont de gros raccourcis, mais le fond du problème est justement pointé du doigt je pense.
    Dans un monde ou tout le monde cherche à produire des chaises je pense que c'est stupide d'essayer de produire une chaise qui sera d'office moins bien.

    On devrait se concentrer dur autre chose, l'Europe à l'un des climats sur terre qui sera l'un des plus stables pendant les années à venir je pense qu'il serait plus intéressant de ne pas mourir de faim plutôt que de s'astiquer sur des voitures au lithium et sur la compétitivité des labubus

  15. #15
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    Citation Envoyé par totozor Voir le message
    Vers où? Tous les métiers semblent remplaçables "ça réussit de nombreuses tâches aussi bien voire mieux qu'un humain".
    Je pense qu'on aura toujours besoin de monde dans tous les domaines, mais un peu moins. Les standardistes, les agriculteurs et les scribes sont toujours là, mais moins nombreux. D'ailleurs c'est comme ça que la révolution industrielle a été lancée. L'augmentation des rendements agricoles avec la patate (2x plus de rendement que les céréales) a permis de libérer des millions de bras (sur 80% d'une nation dans les champs), permettant de former des ouvriers pour l'industrie. Toute crise est une opportunité.

    La société manque toujours de bras. il y a toujours des professions en pénurie, parfois bien payées (par chaudronnier, de nombreuses professions médicales, et même en informatique ici ... ) avec une main d'oeuvre qualifiée péniblement importée de l'étranger avec des pénuries. En même temps, on a un taux de chômage trop élevé à 8% après bidouilles (si on regarde le taux d'emploi c'est bien pire). Je ne suis pas systématicien, mais si ce n'est pas un problème d'allocation inefficace des ressources...

  16. #16
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    Citation Envoyé par L33tige Voir le message
    Dans un monde ou tout le monde cherche à produire des chaises je pense que c'est stupide d'essayer de produire une chaise qui sera d'office moins bien.

    On devrait se concentrer dur autre chose, l'Europe à l'un des climats sur terre qui sera l'un des plus stables pendant les années à venir je pense qu'il serait plus intéressant de ne pas mourir de faim plutôt que de s'astiquer sur des voitures au lithium et sur la compétitivité des labubus
    ça dépend. quand le marché pourvoit tout va bien.
    Si le marché s'assèche on peut découvrir qu'on ne sait plus fabriquer de chaises (ou de fournitures médicales, cf le covid). Je ne donne pas cher de la fluidité du marché en cas de guerre.
    Ensuite, il faut lister les chaises indispensables (comme celles qui servent à la base comme l'autonomie alimentaire, ...) et celles qui servent juste à frimer.

  17. #17
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    Citation Envoyé par Fagus Voir le message
    Toute crise est une opportunité.
    Pour qui?
    Je crois que c'est vrai mais nous vivons dans un système où les plus favorisés profitent bien des crises quand la "plèbe" la subit.
    On est dans une période où on nous explique qu'on diminue le budget de l'éducation pour augmenter celui de la défense.
    Ou dans un période où on parle de souveraineté informatique mais pas de souveraineté alimentaire (nous qui étions le grenier de l'Europe).
    La société manque toujours de bras. il y a toujours des professions en pénurie, parfois bien payées (par chaudronnier, de nombreuses professions médicales, et même en informatique ici ... )
    Je connais assez peu le cas de la chaudronnerie mais la société manque de bras dans le médical en partie parce qu'elle épuise son personnel qui fuit vers des métiers plus vivables.
    Je connais bon nombre d'infirmières de la génération de mes parents qui ont fait toute leur carrière dedans. Toutes celles de ma génération que je connait ont ou sont en train de fuir le métier.
    On programme notre propre pénurie - et quand je parle de "on" je ne parle pas de toi ou moi, je parle de nos dirigeants politiques ou d'entreprise.
    Quand je vois l'informatique chez nous, j'ai l'impression que le personnel est du consommable qu'on use ou dont on abuse (les stagiaires, la main d'œuvre quasi gratuite) puis qu'on remplace.
    Je ne suis pas systématicien, mais si ce n'est pas un problème d'allocation inefficace des ressources...
    Je ne crois pas que ce n'est qu'un problème d'allocation des ressources, c'est aussi un problème de maintenance (et de maintien) des ressources.
    Mais ce qui est important, à la fin, est qu'une fois qu'on est tous d'accord qu'il y a un problème de ressource on nous propose la solution miracle : IA (solution tellement miracle que je connais une personne qui pensait avoir perdu un appel d'offre, qui vient de le gagner en faisant un changement minime : ajouter le terme IA régulièrement dans son offre sans changer la solution derrière)

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