Emmanuel Macron a déclaré que la défense de la liberté d'expression par les plateformes de réseaux sociaux était « pure connerie », car elles n'ont aucune idée du fonctionnement de leur algorithme
Le président français Emmanuel Macron a dénoncé les arguments en faveur de la liberté d'expression avancés par les géants des réseaux sociaux pour justifier les contenus controversés sur leurs sites, dans des propos cinglants qui ont mis le dirigeant européen en conflit avec l'administration Trump. S'exprimant à New Delhi, Macron a qualifié la défense de la liberté d'expression de « pure connerie » et a critiqué les entreprises numériques qui utilisent des algorithmes comme excuse pour publier des discours haineux et des informations erronées.
Emmanuel Macron est président de la République française depuis le 14 mai 2017. À 39 ans, il devient le plus jeune président français de l'histoire et le plus jeune dirigeant du G20 du moment. Son second mandat commence en 2022 par l'obtention d'une majorité relative aux élections législatives, une crise énergétique mondiale liée à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, une réforme des retraites adoptée sans vote de l'Assemblée nationale et fortement contestée, des émeutes urbaines à l'été 2023 ainsi que le vote controversé d'une loi immigration avec le soutien du Rassemblement national fin 2023.
L'annonce faite par le Président Emmanuel Macron en juin 2025, concernant une potentielle interdiction de l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans en France, a résonné avec une intensité particulière dans le débat public. Cette déclaration intervenait dans un contexte d'émotion nationale, faisant suite à l'arrestation d'un collégien après le meurtre d'une surveillante à Nogent, en Haute-Marne. Le Président a rapidement mis en cause la responsabilité des réseaux sociaux dans cet acte, soulignant leur influence jugée néfaste sur le comportement des jeunes.
Début janvier 2026, le gouvernement de Macron a soumis un projet de loi pour examen juridique, afin d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans et à interdire les téléphones portables dans les lycées à partir de septembre 2026. Macron s'est engagé à « protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux et des écrans ». Il souhaite que la France suive l'exemple de l'Australie, qui a mis en place au début du mois la première interdiction au monde des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans
Fin janvier, l'Assemblée nationale a adopté l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et interdit les téléphones portables dans les lycées. Ce projet va maintenant être soumis à l'approbation finale du Parlement avant d'être transformé en loi. S'il est adopté, cela signifie que les jeunes adolescents français ne pourront pas utiliser des applications de médias sociaux comme Snapchat, Instagram et TikTok. Si le projet devient loi, les politiciens affirment qu'il pourrait entrer en vigueur dès le 1er septembre 2026, pour le début de la période scolaire.
Récemment, le président français Emmanuel Macron a dénoncé les arguments en faveur de la liberté d'expression avancés par les géants des réseaux sociaux pour justifier les contenus controversés sur leurs sites, dans des propos cinglants qui ont mis le dirigeant européen en conflit avec l'administration Trump. S'exprimant à New Delhi, Macron a qualifié la défense de la liberté d'expression de « pure connerie » et a critiqué les entreprises numériques qui utilisent des algorithmes comme excuse pour publier des discours haineux et des informations erronées.
Ses commentaires interviennent alors que les pays européens envisagent de légiférer pour bloquer certains contenus, souvent dans le but de protéger les enfants, malgré les vives critiques de l'approche européenne de la part du vice-président américain JD Vance, du secrétaire d'État Marco Rubio et de l'ancien conseiller de Donald Trump, Elon Musk. Le gouvernement britannique a menacé de prendre des mesures contre la plateforme X de Musk pour son assistant IA Grok qui crée des deepfakes sexuels non consensuels, et l'Espagne a demandé aux procureurs d'enquêter sur X, Meta et TikTok pour leur rôle dans la production et la diffusion de contenus pédopornographiques générés par l'IA.
Macron a critiqué les entreprises de réseaux sociaux pour « ne pas avoir la moindre idée de la façon dont leur algorithme est conçu, testé, entraîné et où il vous mènera ». « Les conséquences démocratiques de ce biais pourraient être énormes », a poursuivi le président. Macron a ajouté : « La liberté d'expression est une pure connerie si personne ne sait comment vous êtes guidé vers cette soi-disant liberté d'expression, surtout lorsqu'elle vous guide d'un discours haineux à un autre. »
Rubio a récemment dénoncé un « complexe industriel mondial de censure » qui, selon lui, tente de faire pression sur les entreprises technologiques américaines pour qu'elles censurent ou suppriment les points de vue américains. « L'administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale », a-t-il déclaré sur X.
Dans un discours particulièrement hostile prononcé à Munich l'année dernière, Vance a réprimandé de nombreux alliés américains en Europe pour avoir supprimé la liberté d'expression. Il a qualifié les membres de l'Union européenne de « commissaires » et a affirmé qu'ils « fermeraient les réseaux sociaux en période de troubles civils dès qu'ils repéreraient ce qu'ils jugeraient être, je cite, du « contenu haineux » ».
Musk, l'homme le plus riche du monde qui se présente comme un « absolutiste de la liberté d'expression », a attaqué ce mois-ci le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, qui menace d'interdire les réseaux sociaux aux adolescents. « Ce sale Sánchez est un tyran et un traître au peuple espagnol », a écrit Musk sur X.
En décembre 2025, Emmanuel Macron avait accusé l'Union Européenne (UE) de tarder à enquêter sur les géants américains de la technologie, affirmant que ce sont les pressions américaines, et non l'ingérence russe, qui bloquent l'application par l'Union européenne de sa réglementation numérique. Le dirigeant français a averti que de nombreux responsables, tant au niveau de la Commission que des États membres, « ont peur de poursuivre cette affaire en raison de l'offensive américaine contre l'application des directives sur les services et les marchés numériques ».
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