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  1. #1
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    Par défaut Alphabet de Google prépare une expansion massive en Inde tandis que les USA durcissent l'accès aux visas tech
    Trump veut imposer 100 000 $ par an pour chaque visa H-1B, un séisme pour la tech américaine.
    Certaines entreprises ont demandé à leurs employés de « revenir aux États-Unis dans les 24 heures »

    Le visa H-1B est un visa de travail temporaire aux États-Unis qui permet à des employeurs d’embaucher des travailleurs étrangers dans des emplois spécialisés (souvent liés aux STEM — sciences, technologie, ingénierie, mathématiques). Il est largement utilisé par les entreprises de la tech, de la finance ou du conseil pour combler des manques de compétences sur le marché du travail local. Le régime actuel impose déjà divers frais pour l’employeur et le bénéficiaire, mais ceux-ci restent dans des ordres de grandeur modérés (quelques milliers de dollars) par rapport à ce qui est proposé désormais.

    Mais l’administration Trump envisage d’ajouter un nouveau frais de 100 000 USD par année pour chaque visa H-1B. Ce montant s’appliquerait à chaque H-1B – aussi bien pour les nouvelles demandes que pour les renouvellements. Une mesure qui a incité certaines grandes entreprises technologiques à avertir les titulaires de visas de rester aux États-Unis ou de revenir rapidement. Ce changement pourrait porter un coup dur au secteur technologique, qui dépend fortement des travailleurs qualifiés originaires d'Inde et de Chine.


    Comprendre le visa H-1B

    Le visa H-1B est un permis de travail temporaire délivré par les États-Unis. Il est conçu pour permettre aux entreprises américaines de recruter des travailleurs étrangers hautement qualifiés dans des domaines dits « spécialisés ».

    Dans les grandes lignes du H-1B, nous pouvons citer :
    • la durée : initialement 3 ans, renouvelable jusqu’à un maximum de 6 ans.
    • l'employeur sponsor : ce n’est pas l’individu qui demande le visa, mais l’entreprise qui « sponsorise » le candidat, en prouvant qu’il est nécessaire à son activité.
    • les domaines concernés : technologie, ingénierie, finance, médecine, mathématiques, sciences… mais dans les faits, la majorité des bénéficiaires sont des ingénieurs logiciels, spécialistes en cloud, data scientists et experts en cybersécurité.
    • le quota annuel : environ 85 000 nouveaux visas H-1B sont attribués chaque année via un système de loterie, car la demande est bien supérieure à l’offre.

    Pourquoi ce visa est stratégique pour la tech ?

    La Silicon Valley dépend massivement des H-1B, car les États-Unis n’ont pas assez de diplômés en STEM pour répondre à la demande explosive dans l’IA, le cloud ou la cybersécurité. Par exemple, de nombreux ingénieurs indiens et chinois travaillent dans des postes clés chez Google, Meta, Amazon ou Microsoft grâce à ce visa.

    Deux visions s'affrontent :
    • Pour les partisans : le H-1B est indispensable pour maintenir l’avance technologique des États-Unis et combler les pénuries de talents.
    • Pour les opposants : il mettrait en concurrence directe les travailleurs américains, en faisant pression sur les salaires locaux, et profiterait surtout aux grandes entreprises qui l’utilisent massivement.

    Trump veut imposer 100 000 $ par an pour chaque visa H-1B

    Vendredi, Trump a signé un décret exigeant que les entreprises paient des frais de 100 000 dollars pour chaque demande de visa H-1B. Le décret, qui entrera en vigueur le 21 septembre à 00 h 01 (heure de l'Est), empêche effectivement les travailleurs titulaires d'un visa H-1B de rentrer dans le pays après cette date limite, à moins que leur employeur ne s'acquitte des frais requis.

    Pour les entreprises IT, le H-1B est devenu une voie royale pour recruter des talents introuvables localement en IA, cybersécurité ou cloud. Mais il est aussi critiqué par certains politiques américains qui estiment qu’il exerce une pression à la baisse sur les salaires des développeurs locaux.

    La proposition de Donald Trump d’imposer 100 000 $ par an et par visa H-1B bouleverse donc complètement cet équilibre. En pratique, ce surcoût annuel équivaut au salaire d’un ingénieur junior dans la Silicon Valley. Pour une entreprise qui emploie plusieurs centaines ou milliers de titulaires H-1B, l’addition se chiffre en centaines de millions de dollars.

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    « Il faut en finir avec ce système qui permettait à des gens d’obtenir ces visas presque gratuitement »

    Dans un échange devant un parterre de journalistes, Trump a déclaré : « Nous avons besoin de travailleurs. Nous avons besoin de grands travailleurs. Et cette mesure garantit en grande partie que c’est bien ce qui va se passer. Sean, tu es d’accord ?

    Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, de renchérir :

    « Eh bien, le principe est simple : 100 000 dollars par an. L’idée, c’est que désormais, les grandes entreprises de la tech ou d’autres secteurs ne pourront plus former des travailleurs étrangers sans contrepartie. Elles devront d’abord payer 100 000 dollars au gouvernement, puis le salaire de l’employé. Ce n’est tout simplement pas économique.

    « Si vous voulez former quelqu’un, formez plutôt un diplômé récent issu de nos grandes universités. Formez des Américains. Arrêtons de faire venir des gens de l’étranger pour prendre nos emplois. Voilà la politique : 100 000 dollars par an pour les visas H-1B. Et toutes les grandes entreprises sont d’accord. Nous leur avons parlé de cette “gold card”. Elles adorent ça. Elles trouvent que c’est nécessaire. »

    Un journaliste lui a demandé : « Les visas H-1B sont parfois utilisés par des personnes déjà présentes légalement aux États-Unis avec un autre statut, par exemple étudiant. Est-ce que la mesure s’applique aussi à eux, aux renouvellements, ou seulement aux premières demandes depuis l’étranger ? »

    Lutnick a répondu :

    « Elle s’applique aussi bien aux renouvellements qu’aux premières demandes. L’entreprise doit décider : est-ce que cette personne vaut 100 000 dollars par an pour le gouvernement ? Si oui, elle reste. Sinon, elle rentre chez elle et l’entreprise recrute un Américain.

    « Le principe, c’est que cette taxe est annuelle et peut durer jusqu’à six ans maximum. Soit l’employé est vraiment précieux pour l’entreprise et pour l’Amérique, soit il part et la société embauche un Américain. Voilà le but de cette politique d’immigration : embaucher des Américains et réserver l’accès aux étrangers les plus talentueux. Il faut en finir avec ce système qui permettait à des gens d’obtenir ces visas presque gratuitement. Le président est très clair : seules les personnes vraiment utiles et talentueuses doivent pouvoir rester en Amérique. »


    La tech et la finance en état d’urgence

    Les réactions ne se sont pas fait attendre.

    Les directives internes d'Amazon, publiées vendredi peu avant 21 h (heure du Pacifique) sur son portail RH, avertissaient les employés : « Si vous avez le statut H-1B et que vous vous trouvez aux États-Unis : restez dans le pays pour l'instant, même si vous avez prévu de voyager dans un avenir proche. » Les directives indiquaient également : « Si vous avez le statut H-1B ou H-4 et que vous vous trouvez en dehors des États-Unis : essayez de revenir avant la date limite de demain si possible. »

    La note d'Amazon ajoutait que toute personne ne pouvant pas rentrer à temps devait éviter de tenter de revenir aux États-Unis « jusqu'à ce que de nouvelles directives soient fournies ».

    Selon des documents fédéraux, Amazon employait près de 15 000 travailleurs titulaires d'un visa H-1B au cours de l'exercice 2024.

    Quelques heures après la signature du décret par Donald Trump, les employés de Microsoft, Meta et JPMorgan Chase ont reçu des instructions similaires, ont déclaré des employés à Business Insider.

    Plusieurs employés de Microsoft ont partagé avec le quotidien une note interne demandant aux titulaires de visas aux États-Unis de rester sur place « dans un avenir prévisible » et conseillant à ceux qui se trouvent à l'étranger de tout mettre en œuvre pour rentrer avant la date limite. « Nous savons que cela peut perturber vos projets de voyage. Mais l'essentiel est de rester aux États-Unis afin d'éviter de se voir refuser la réadmission », indique la note, selon cinq employés de Microsoft.

    Elle reconnaissait que cette décision soudaine « ne laissait peut-être pas beaucoup de temps pour organiser le voyage », mais encourageait les employés à « faire de leur mieux pour rentrer ».

    La note cherchait également à apaiser l'inquiétude des employés : « Nous savons que ces événements sont source d'incertitude pour beaucoup d'entre vous. Bien que nous n'ayons pas toutes les réponses pour l'instant, nous vous demandons de donner la priorité aux recommandations ci-dessus. »

    Les startups et PME technologiques, grandes perdantes

    L'urgence de ces avis souligne les perturbations massives que la décision de Trump pourrait entraîner dans le secteur technologique américain, qui dépend fortement des ingénieurs, développeurs et autres travailleurs qualifiés étrangers titulaires d'un visa H-1B. Les grandes entreprises technologiques, notamment Amazon, Microsoft, Alphabet, Meta et Apple, figurent parmi les principaux sponsors de ces visas, utilisant ce programme pour pourvoir des postes techniques spécialisés dans un contexte de concurrence féroce pour les talents.

    Les responsables de l'administration ont déclaré que ce changement visait à garantir que les entreprises n'embauchent que des travailleurs étrangers jugés « très précieux » et à les inciter à former des Américains à la place.

    Si les GAFAM ont les moyens de payer la facture, il n’en va pas de même pour les startups et les PME technologiques. Un éditeur SaaS en phase de croissance ou une scale-up spécialisée en cybersécurité ne pourra pas supporter un tel surcoût sans revoir son modèle économique.

    On peut s’attendre à un déplacement des centres de R&D vers le Canada, l’Europe ou l’Asie, où les régimes de visas sont plus favorables et les coûts maîtrisés. Cette fuite des cerveaux serait une opportunité pour d’autres hubs technologiques, mais un revers pour la Silicon Valley.

    Vers une recomposition du marché du travail IT

    L’administration Trump justifie cette réforme en expliquant vouloir forcer les entreprises à investir dans la formation des talents américains. Mais la réalité est plus complexe :
    • Le temps de formation d’un expert en cybersécurité ou d’un ingénieur en IA se compte en années.
    • Les cursus universitaires américains n’arrivent pas à combler la demande actuelle, déjà en tension.
    • Les compétences sont globalisées : limiter l’accès aux talents étrangers risque d’isoler l’écosystème américain au moment où l’Europe et l’Asie accélèrent.

    Pour les professionnels IT, cela signifie aussi une pression accrue sur le marché américain : les salaires locaux pourraient augmenter, mais la charge de travail et la rareté des profils qualifiés feront grimper la compétition et ralentir certains projets d’innovation.

    Conséquences techniques et organisationnelles

    Pour les responsables IT et les CTO, l’impact ne se limite pas aux finances. Trois points méritent une attention particulière :
    1. La gestion des projets critiques : Les équipes internationales, déjà organisées en « suivi du soleil » (littéralement “follow the sun” en anglais), risquent de perdre une partie de leurs effectifs clés. Les projets d’IA, de cybersécurité ou de cloud computing pourraient subir des ralentissements, voire des reports. Pour mémoire, il s'agit d'une stratégie d'entreprise où le travail est transmis d'une équipe à une autre dans des fuseaux horaires différents pour assurer une continuité des opérations et un service continu, généralement 24h/24 et 7j/7, sans que les employés n'aient à travailler de nuit.
    2. Le coût du livrable : Intégrer une taxe de 100 000 $/an dans le budget de chaque ressource H-1B revient à renchérir massivement le coût de livraison des projets. Les DSI devront arbitrer entre absorber la charge, la refacturer aux clients, ou délocaliser davantage.
    3. La fragilisation des chaînes de compétences : Dans certains domaines (machine learning, big data, cryptographie appliquée), le marché américain n’a pas suffisamment de talents formés localement pour compenser à court terme. La mesure pourrait créer un véritable « skill gap » dans les équipes.

    Conclusion : une nouvelle donne

    La mesure envisagée par Trump n’est pas un simple ajustement réglementaire, c’est un tournant stratégique pour l’industrie IT. Les directions techniques doivent dès maintenant réfléchir à des plans de contingence : renforcer le télétravail international, ouvrir des hubs de R&D hors des États-Unis, ou réallouer les ressources internes pour limiter les dépendances aux H-1B.

    Si elle est appliquée, cette taxe de 100 000 $ par an risque de redessiner la carte mondiale de l’innovation numérique. La Silicon Valley pourrait perdre une partie de son attractivité, tandis que l’Europe, l’Inde ou le Canada pourraient en profiter pour capter les talents frustrés.

    Sources : vidéo dans le texte, modèle traditionnel du « suivi du soleil »

    Et vous ?

    Que pensez-vous de l'objectif annoncé de cette mesure (pousser les entreprises technologiques à prendre la crème de la crème à l'étranger ou les inciter à embaucher local) ? Telle que présentée, est-elle susceptible d'atteindre cet objectif ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

    Quel impact pour les entreprises et le secteur technologique américain si l’accès aux talents étrangers devient hors de prix ?

    Qui devrait absorber le coût des 100 000 dollars annuel par employé ? Le client (avec une augmentation des coûts) ou l'entreprise ? Pourquoi ?

    Le télétravail international est-il une vraie alternative au modèle H-1B, ou un palliatif qui fragilise encore plus la cohésion des équipes ?

    Les salaires des développeurs américains vont-ils exploser… ou cette mesure incitera-t-elle à délocaliser massivement les projets IT ?

    Le H-1B, critiqué comme une « subvention aux Big Tech », est-il en réalité un pilier indispensable de l’innovation numérique ?

    L’Europe pourrait-elle tirer profit de cet exode de talents pour renforcer son propre écosystème tech ?
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  2. #2
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    Tres bonne initiative dont devrait s'inspirer les pays européens.

    100% des boites du cac40 que j'ai faite il y'avait systématiquement beaucoup d'offshorisation en roumanie/tunisie/inde
    l’Allemagne et très connu aussi pour profiter de l'europe de l'est tant industriellement que sur les métiers du tertiaire.

    Tout emplois donner à l'inde c'est une arme jouer contre son camps, l'inde va très vite devenir une grande puissance aussi menaçante économiquement que la chine.

    En asie, la culture et différente, ici les locaux sont prioritaire aux étranger et pour tous (emplois, aide social...), et il est inconcevable d'embaucher un étranger. A Singapour par exemple je ne suis qu'un étranger qui se fera éjecter au 1er probleme (crise social/financière...), ou au 1er délit de ma part ou de ma femme ou de mes enfants ce sera de retour forcé en France avec des coups de bâtons. Beaucoup ont été expulsé pendant le covid par exemple juste pour ne pas avoir respecté le confinement.

    Je vous invite a voir les lois pour les investisseurs en chine/thailande etc, dans la majorité des cas l'entreprise doit appartenir à 50% a un local et le pays peut geler/confisquer le compte bancaire de l'étranger a tous moment.
    Il n'y a que en occident ou il n'y a pas de protectionnisme et croire aux foutaise de la merveilleuses mondialisation sans aucune contre partie.
    J'admire la chine la dessus ou elle a pu imposer ces conditions pour rentrer dans son marché, tous les gafams s'y sont cassé les dents d'ailleurs (et toutes les boites européennes aussi ).

  3. #3
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    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    Tres bonne initiative dont devrait s'inspirer les pays européens.

    100% des boites du cac40 que j'ai faite il y'avait systématiquement beaucoup d'offshorisation en roumanie/tunisie/inde
    l’Allemagne et très connu aussi pour profiter de l'europe de l'est tant industriellement que sur les métiers du tertiaire.
    Elle est bien bonne!

    Est-ce qu'il aurait échappé à certains que la Roumanie comme la plupart des "pays de l'Est" sont membres de l'UE??? Vous savez l'UE, cette institution qui se vante d'être un marché commun de 450 millions de personnes, de 27 pays sans aucune frontière ni physique, ni commerciale...

    Et je ne parle pas des autres pays à bas coûts comme le Maroc, la Tunisie, la Turquie (pour la sous-traitance industrielle), il y aura bien des abrutis à Bruxelles pour proposer leur entrée comme membre de l'UE dans quelques temps... La Turquie en a d'ailleurs déjà fait la demande et l'Ukraine (un des seuls "pays de l'Est" pas encore membre de l'UE) s'est vu proposer un badge d'entrée privilégié!

    Pour le reste, avec une Inde qui achète des avions Rafale par centaine et les droits de douane américains, ce sont des accords de libre échange "UE/Inde" qui sont sur la table et pas une quelconque limitation de l'offshorisation

  4. #4
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    Elle est bien bonne!

    Est-ce qu'il aurait échappé à certains que la Roumanie comme la plupart des "pays de l'Est" sont membres de l'UE??? Vous savez l'UE, cette institution qui se vante d'être un marché commun de 450 millions de personnes, de 27 pays sans aucune frontière ni physique, ni commerciale...
    si ça peut rassurer les français, aujourd'hui un ingénieur it polonais coute presque aussi cher qu'un français, ce sera surement la même chose avec les roumains dans 10ans.
    regarder le salaire polonais ou le smic espagnol sur 20ans. Le smic espagnol c'est 1150€ net contre 1400 € net pour un français.

    un ingénieur informatique polonais, j'en ai 1 dans mon équipe, il gagne 9000zloty net/mois, soit 2100€ net/mois.
    Pour le roumain de ce que je vois on est dans les 1600€ net/mois.

    le petit ingénieur it de province à 2000€ net ramené au pouvoir d'achat et déjà peut être perdant en 2025, quand on vois les prix en France, mon dernier passage cette été, c'était 30€ minimum un restaurant, 13€ un cinéma.
    A Singapour le resto c'est moins de 10€ (entré+plat+dessert) et le cinéma je paye 9€ la place. l’électricité même prix qu'en France.
    C'est du délire.

  5. #5
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  6. #6
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    Tres bonne initiative dont devrait s'inspirer les pays européens.

    100% des boites du cac40 que j'ai faite il y'avait systématiquement beaucoup d'offshorisation en roumanie/tunisie/inde
    l’Allemagne et très connu aussi pour profiter de l'europe de l'est tant industriellement que sur les métiers du tertiaire.
    Sauf que cette initiative ne vise absolument pas à limiter le offshore, au contraire. Il s'agit d'une mesure anti-immigration, mais pas de défense de l'économie nationale.

    Les personne titulaires de visas H-1B sont des personnes qui travaillent sur le sol des États-Unis, aux conditions Américaines. Si les personnes compétentes manquent aux USA et qu'on ne peut plus les faire venir de l'étranger, il va y avoir encore plus de tentation de travailler en offshore, vu que les ressources humaines sont à l'étranger.

  7. #7
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    Sauf que cette initiative ne vise absolument pas à limiter le offshore, au contraire. Il s'agit d'une mesure anti-immigration, mais pas de défense de l'économie nationale.

    Les personne titulaires de visas H-1B sont des personnes qui travaillent sur le sol des États-Unis, aux conditions Américaines. Si les personnes compétentes manquent aux USA et qu'on ne peut plus les faire venir de l'étranger, il va y avoir encore plus de tentation de travailler en offshore, vu que les ressources humaines sont à l'étranger.
    Parfaitement exact... Ce sera même un avantage pour les GAFAM et autres "startup" à l'américaine: Au lieu d'importer des indiens et autres chinois sur sol américain à qui il faut payer des salaires américains mirobolants (renseignez-vous sur les coûts d'un logement décent dans la Silicon Valley), ils vont rester dans leur pays, payés au salaire local...


    Le télétravail à la monde Covid a décomplexé les grosses entreprises: Le télétravail? Non! Mais le travail offshore? OUI, un très grand OUIIIIIIIIII

    Et cela ne se limite pas aux USA, 2 exemples récents en Suisse:

    1. La multinationale Nestlé à viré ses 400 informaticiens et annulé les contrats de sous-traitance avec les sociétés informatiques suisses pour tout délocaliser au... Portugal!

    2. La poste suisse, une société étatique, annonce virer 200 informaticiens en Suisse pour en engager 200 au Portugal en ajoutant que les annonces d'emploi seront maintenant publiées à l'étranger

    Dans les 2 cas, la même explication: "On ne trouve pas les compétences en Suisse"

    Et oui, c'est évident les informaticiens que l'on ne trouve pas en Suisse dans un pays de presque 10 millions d'habitants, on va les trouver au Portugal qui est un pays de... 10 millions d'habitants... Bien évidement, le fait que l'on se paie entre 3 et 4 informaticiens sur sol portugais pour le prix d'un seul informaticien sur sol suisse n'entre pas en compte dans la décision!

  8. #8
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    Le télétravail à la monde Covid a décomplexé les grosses entreprises: Le télétravail? Non! Mais le travail offshore? OUI, un très grand OUIIIIIIIIII
    Quel est le rapport avec le télétravail ?
    Que ce soit en france, a singapour, en roumanie, en pologne, en thailande, tous le monde télétravail. Pourquoi un indien offshore pourrait télétravailler et pas un francais ? Pourquoi moi a singapour je peux télétravailler et pas un parisien ou un suisse ?
    L'absence de télétravail n'est en aucun cas une garantie d'emplois locale, les usines bien locale avec du travail manuel non télétravaillable délocalise très bien toute seule.

    Et cela ne se limite pas aux USA, 2 exemples récents en Suisse:

    1. La multinationale Nestlé à viré ses 400 informaticiens et annulé les contrats de sous-traitance avec les sociétés informatiques suisses pour tout délocaliser au... Portugal!

    2. La poste suisse, une société étatique, annonce virer 200 informaticiens en Suisse pour en engager 200 au Portugal en ajoutant que les annonces d'emploi seront maintenant publiées à l'étranger
    Mème pas peur, je vais aller m'offshorisé dans ces pays et faire du télétravail, par contre je vais consommer local. Terminer la consommation de produits Nestlé/stellantis/Airbus/Thales/Orange...
    D'ailleurs se sera l'occasion aussi de plus avoir a supporter la dette des pays occidentaux, en Asie elle reste encore supportable au moins
    Et puis étant plusieurs fois déja allé en chine en vacances, y'a pleins de lieux encore que je reve de visiter.

    Ayant eu la chance de visiter le site Huawei de Dongguan, vous seriez surpris des conditions de travail qui sont plus enviable que certains salariés à la Défense.
    Entre Dongguan et la Défense, mon choix perso et fait pour Dongguan (avec télétravail )

    Quand les esclaves it malheureux chinois ne sont pas en télétravail, voila ou ils vont à Dongguan:
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    oui oui je sais c'est horrible, âme sensible s'abstenir.

    Et venez visiter 1 fois Singapour, en comparaison, Paris ou Genève c'est des caniveaux, vraiment. En plus il pleut souvent, il fait froid, au moins ici j'ai une belle plage, de la chaleur, du soleil toute l'année.
    on peut meme traverser un parc la nuit sans avoir peur pour sa vie, dingue ca !
    entre les fusillades a new york ou les coups de hache/sabre/couteau a paris, ca change. Et c'est propre, pas un détritu ou un mego de cigarette par terre.

    Bref même pas peur de l'offshorisation, les entreprises occidentales ont bien plus a perdre que les salariés. Les salariés pourront toujours changer de pays, les entreprises elles vont se faire dépouiller et grand remplacer par les entreprises chinoise.
    Pour les gauchistes, l'age de la retraite en chine est à 60ans pour les hommes, 55 pour les femmes.

  9. #9
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    Bref même pas peur de l'offshorisation, les entreprises occidentales ont bien plus a perdre que les salariés. Les salariés pourront toujours changer de pays, les entreprises elles vont se faire dépouiller et grand remplacer par les entreprises chinoise.
    La majorité des gens n'a pas envie de quitter son pays, sa famille et ses amis pour aller jouer au mercenaire en Asie...

  10. #10
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    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    Quel est le rapport avec le télétravail ?
    Au lieu d'autoriser un indien a venir bosser aux USA, tu fais bosser l'indien en Inde.
    Ça ne dérange pas l’entreprisses de bosser avec quelqu'un en Inde, mais ça l'a dérange de bosser avec quelqu'un qui reste chez lui à 10km de l'entreprise.
    D'un côté, on peut y voir de l'hypocrisie.
    D'un autre côté, il y a un plateau en Inde, donc le gars en Inde ne bosse pas depuis chez lui, il bosse depuis les locaux de l'entreprise.

    Les entreprises aiment bien surveiller les travailleurs, donc elles n'aiment pas le télétravail. (peut-être que les entreprises aimeraient le télétravail, si le télétravailleur était obligé de se filmer avec 3 caméras, comme un joueur d'échec pendant une compétition en ligne)

    ====
    Faire venir un indien, ou faire bosser un indien en Inde, c'est moins bien que faire bosser un étasunien aux USA.
    Mais il y a un problème d'éducation en Occident, le niveau ne fait que baisser.
    Le niveau des asiatiques est supérieur au niveau des occidentaux.

    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    La génération Z, c'est le plaisir immédiat, en faire le moins possible, ne pas faire le moindre effort et profiter de la vie immédiatement!
    Le pouvoir d'achat d'un travailleur Français est très faible.
    Il y a des ingénieurs, BAC+5, 10 ans d’expérience qui gagnent 2500€ net/mois voir moins.
    Ils paient 830€ de loyer pour un petit appartement, l’électricité coûte ultra cher, etc.
    L'alternative c'est d'être au RSA et de survivre avec des aides sociales, donc ce n'est pas mieux.

    Donc la France pour le plaisir immédiat c'est pas le top.

    En France tu bosses et tu ne fais rien à côté, tu ne peux pas consommer, tu ne peux pas sortir au bar ou au restaurant, tu ne peux pas partir en vacances, tu ne peux pas acheter un appartement parce que l'immobilier est hors de prix. (on ne va pas faire un prêt sur 25 ans...)

    À la limite celui qui vit en France et travaille en Suisse se met bien (salaire multiplié par 3), mais :
    - il est difficile de trouver un job en Suisse (à moins d'être pistonné)
    - tu peux te faire virer beaucoup plus facilement et rapidement (et t'es bien dans la merde, parce que tu dois rembourser 2200€ chaque mois pour le prêt de la maison)

  11. #11
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    Par défaut Alphabet de Google prépare une expansion massive en Inde tandis que les USA durcissent l'accès aux visas tech
    Alphabet de Google prépare une expansion massive en Inde pendant que l'administration Trump durcit l’accès aux visas technologiques,
    un effet secondaire de la politique américaine qui espérait booster l'emploi local

    Alors que les États-Unis durcissent leur politique migratoire à l’égard des travailleurs qualifiés, Alphabet orchestre une réallocation stratégique de ses talents et de ses investissements. Le groupe, maison mère de Google, prépare une expansion massive de ses opérations en Inde, dans un contexte où l’accès aux visas de travail américains devient plus incertain pour les ingénieurs étrangers. Derrière cette décision se dessine une recomposition profonde de la géographie mondiale du travail technologique, avec des conséquences directes sur l’innovation, la souveraineté numérique et la concurrence globale.

    Depuis plusieurs années, les politiques de visas aux États-Unis se sont progressivement durcies, en particulier pour les profils techniques très demandés dans la Silicon Valley. Le visa H-1B, pilier historique du recrutement d’ingénieurs étrangers, est devenu plus difficile à obtenir, plus lent à renouveler et plus incertain dans ses critères. Pour les grandes entreprises technologiques, cette situation n’est plus un simple irritant administratif : elle devient un risque structurel pour la continuité des projets et la rétention des talents.

    Pourquoi ce visa est stratégique pour la tech ? La Silicon Valley dépend massivement des H-1B, car les États-Unis n’ont pas assez de diplômés en STEM pour répondre à la demande explosive dans l’IA, le cloud ou la cybersécurité. Par exemple, de nombreux ingénieurs indiens et chinois travaillent dans des postes clés chez Google, Meta, Amazon ou Microsoft grâce à ce visa.

    Deux visions s'affrontent :
    • Pour les partisans : le H-1B est indispensable pour maintenir l’avance technologique des États-Unis et combler les pénuries de talents.
    • Pour les opposants : il mettrait en concurrence directe les travailleurs américains, en faisant pression sur les salaires locaux, et profiterait surtout aux grandes entreprises qui l’utilisent massivement.


    En septembre, Trump a signé un décret exigeant que les entreprises paient des frais de 100 000 dollars pour chaque demande de visa H-1B.

    Pour les entreprises IT, le H-1B est devenu une voie royale pour recruter des talents introuvables localement en IA, cybersécurité ou cloud. Mais il est aussi critiqué par certains politiques américains qui estiment qu’il exerce une pression à la baisse sur les salaires des développeurs locaux. La proposition de Donald Trump d’imposer 100 000 $ par an et par visa H-1B bouleverse donc complètement cet équilibre. En pratique, ce surcoût annuel équivaut au salaire d’un ingénieur junior dans la Silicon Valley. Pour une entreprise qui emploie plusieurs centaines ou milliers de titulaires H-1B, l’addition se chiffre en centaines de millions de dollars.

    Chez Alphabet, cette contrainte agit comme un accélérateur de décisions déjà en gestation. L’entreprise ne se contente plus d’ouvrir des bureaux satellites ou des centres de support à l’étranger. Elle transfère désormais des fonctions stratégiques, des équipes d’ingénierie cœur et des responsabilités de développement produit hors du territoire américain.

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    L’Inde, pilier central de la nouvelle stratégie mondiale

    L’Inde s’impose comme la pierre angulaire de cette transformation. Le pays dispose d’un réservoir quasi inépuisable d’ingénieurs, formés massivement aux sciences informatiques, aux mathématiques appliquées et à l’intelligence artificielle. À cela s’ajoutent un coût du travail inférieur à celui des États-Unis, une culture technologique déjà bien intégrée aux standards occidentaux et un écosystème de startups particulièrement dynamique dans des villes comme Bangalore, Hyderabad ou Pune.

    Pour Alphabet, il ne s’agit plus seulement de faire de l’Inde un centre d’exécution. Le groupe y développe des équipes capables de concevoir, d’architecturer et de piloter des produits globaux, notamment dans le cloud, la publicité, la sécurité et l’IA. Cette montée en gamme est révélatrice d’un changement de regard : l’Inde n’est plus une périphérie, elle devient un centre décisionnel.

    Alphabet Inc. prévoit donc d'étendre considérablement sa présence en Inde, avec la possibilité d'acquérir plusieurs millions de mètres carrés de nouveaux bureaux à Bangalore, le pôle technologique indien.

    La société mère de Google a loué une tour de bureaux et acheté des options sur deux autres à Alembic City, un complexe immobilier situé dans le corridor technologique de Whitefield, pour une superficie totale de 223 000 mètres carrés, selon des sources proches du dossier. La première tour devrait ouvrir ses portes aux employés dans les prochains mois, tandis que la construction des deux autres devrait s'achever l'année prochaine.

    Dans le secteur immobilier, les options donnent aux locataires potentiels le droit exclusif de louer, ou dans certains cas d'acheter, un bien immobilier à un prix prédéterminé dans un délai spécifique. Il est également possible qu'Alphabet n'exerce pas son option d'utiliser les tours supplémentaires.

    Si elle occupe tout l'espace, le complexe pourrait accueillir jusqu'à 20 000 employés supplémentaires, ce qui pourrait plus que doubler la présence de l'entreprise en Inde, ont déclaré ces personnes, qui ont demandé à rester anonymes car les plans ne sont pas publics. Alphabet emploie actuellement environ 14 000 personnes dans le pays, sur un effectif mondial d'environ 190 000 personnes.

    Un déplacement silencieux mais massif des emplois tech

    Ce mouvement n’est pas spectaculaire dans sa communication, mais il est profond dans ses effets. Chaque visa non accordé aux États-Unis se traduit de plus en plus par un poste créé ailleurs. À court terme, cela permet à Alphabet de sécuriser ses feuilles de route techniques. À moyen terme, cela modifie la cartographie mondiale de la valeur ajoutée numérique.

    Les ingénieurs indiens ne sont plus seulement intégrés comme exécutants de tâches déléguées. Ils participent à la conception des algorithmes, à l’optimisation des infrastructures cloud et à la gouvernance technique des produits. Cette évolution pose une question sensible pour les États-Unis : jusqu’où peuvent-ils restreindre l’immigration qualifiée sans accélérer la délocalisation des cerveaux… sans qu’ils aient besoin de franchir la frontière.


    Une décision économique, mais aussi politique

    L’expansion d’Alphabet en Inde n’est pas uniquement dictée par des considérations de ressources humaines. Elle s’inscrit aussi dans un jeu politique plus large. L’Inde cherche à se positionner comme une alternative crédible à la Chine dans la chaîne de valeur technologique mondiale. En attirant des investissements massifs de géants américains, New Delhi renforce son poids géopolitique et son autonomie numérique.

    De son côté, Alphabet diversifie ses risques. En réduisant sa dépendance au cadre réglementaire américain, l’entreprise se donne une marge de manœuvre face aux tensions politiques, aux cycles électoraux et aux incertitudes législatives. Cette stratégie multi-polaire est désormais partagée par l’ensemble des Big Tech, mais Alphabet semble vouloir l’exécuter à une échelle particulièrement ambitieuse.

    Alphabet n'est pas la seule entreprise du secteur à avancer ses pions

    Les concurrents de Google, notamment OpenAI et Anthropic PBC, se sont récemment implantés dans le pays. En janvier, Anthropic a nommé Irina Ghose, ancienne cadre chez Microsoft Corp., à la tête de ses opérations en Inde. « L'Inde a une réelle opportunité de façonner la manière dont l'IA est développée et déployée à grande échelle », a déclaré Ghose à l'époque.

    Pour les géants technologiques américains, l'Inde offre une solution stratégique pour contourner le régime d'immigration de plus en plus strict de Washington. L'administration Trump a décidé d'augmenter considérablement les frais liés aux visas de travail H-1B, qui pourraient atteindre 100 000 dollars par demande, ce qui rend plus difficile pour les entreprises de faire venir des ingénieurs indiens aux États-Unis.

    Cette évolution favorise la croissance des « centres de compétences mondiaux », ou pôles technologiques gérés par des multinationales dans divers secteurs, allant des logiciels à la vente au détail en passant par la finance. Bon nombre de ces centres se concentrent désormais sur la création de produits et d'infrastructures liés à l'IA. Nasscom, le groupe professionnel indien du secteur informatique, estime que ces centres emploieront 2,5 millions de personnes d'ici 2030, contre 1,9 million aujourd'hui.

    Google est déjà un acteur majeur de cette évolution. L'année dernière, l'entreprise a ouvert son plus grand campus à Bangalore, équipé d'un mini-golf intérieur, de terrains de pickleball et de cafétérias servant du thé à la cardamome.

    Depuis, l'entreprise a publié des centaines d'offres d'emploi d'ingénieurs dans la ville, allant de directeurs de la pratique de l'IA dans sa division cloud à des concepteurs de puces et des spécialistes de l'apprentissage automatique, dont beaucoup exigent un doctorat. YouTube, la division vidéo de Google, recrute des ingénieurs pour développer des outils d'IA générative.

    Un énorme marché intérieur

    Pour les géants de l'IA comme Alphabet, l'attrait de l'Inde ne réside pas seulement dans son vivier de talents. Chaque année, des dizaines de millions de nouveaux utilisateurs se connectent à Internet, devenant ainsi des clients potentiels pour les chatbots et les assistants IA, et s'essayant à de nouveaux outils de codage IA.

    Selon la société de recrutement et de solutions RH Xpheno Pvt, les effectifs en Inde des géants américains de la technologie Facebook, Amazon.com Inc., Apple Inc., Microsoft Corp., Netflix Inc. et Google ont augmenté de 16 % au cours des 12 derniers mois, soit la plus forte hausse en trois ans.

    « La croissance nette des effectifs est due à la reprise des embauches », a déclaré Kamal Karanth, cofondateur du cabinet de conseil basé à Bangalore. Les changements apportés à la politique d'immigration, tels que la récente révision des frais de visa H-1B, ont « incité le groupe à revoir ses plans en matière de talents pour l'Inde », a-t-il ajouté.

    Un signal fort pour l’ensemble du secteur informatique

    L’initiative d’Alphabet agit comme un signal pour toute l’industrie. Elle confirme que les politiques migratoires peuvent avoir des effets contre-productifs dans un secteur où le travail est, par nature, sans frontières. Elle montre aussi que les pays capables d’offrir stabilité, formation et écosystème technologique peuvent capter une part croissante de la valeur créée par les géants du numérique.

    À terme, cette recomposition pourrait redessiner durablement l’équilibre des puissances technologiques. L’Inde, longtemps considérée comme un back-office mondial, s’affirme désormais comme un acteur central de l’innovation globale. Et Alphabet, en anticipant ce basculement, ne fait peut-être que prendre une longueur d’avance sur un mouvement inévitable.

    Sources : Business Times, Kamal Karanth

    Et vous ?

    En durcissant l’accès aux visas pour les ingénieurs étrangers, les États-Unis ne poussent-ils pas indirectement les Big Tech à délocaliser des emplois à forte valeur ajoutée, plutôt qu’à protéger leur marché du travail local ?

    L’expansion massive d’Inde dans l’organigramme d’Alphabet traduit-elle une vraie montée en puissance décisionnelle, ou s’agit-il encore d’un déplacement tactique motivé par les coûts et la flexibilité réglementaire ?

    La dispersion géographique des équipes d’ingénierie améliore-t-elle réellement la résilience et la créativité des entreprises, ou introduit-elle de nouvelles frictions organisationnelles et culturelles dans le développement logiciel ?

    Les restrictions migratoires protègent-elles effectivement l’emploi local, ou favorisent-elles surtout une externalisation silencieuse des projets, sans bénéfice tangible pour les talents déjà sur place ?

    En renforçant la place de l’Inde dans la chaîne de valeur du numérique, les Big Tech ne créent-elles pas une nouvelle forme de dépendance, cette fois non plus vis-à-vis de la Chine, mais d’un autre pôle unique de compétences ?
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