Mark Zuckerberg publie un essai complètement déjanté de 6 500 mots sur l'idée de doter tout le monde d'une « superintelligence » issue de l'IA, « l'avenir appartient à tous », mais avant tout à Meta
Le 10 août, Mark Zuckerberg a publié un essai déjanté de 6 500 mots sur l’accès universel à la « superintelligence » issue de l’IA : « L’avenir appartient à tous », affirme-t-il, décrivant un avenir qui profitera avant tout à Meta. Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a publié un essai pour contrer ce qu’il qualifie de discours alarmiste au sein du secteur de l’IA, affirmant que la diffusion la plus large possible d’outils d’IA puissants, plutôt que leur concentration, est la voie à suivre pour assurer à la fois la croissance économique et la sécurité. Cet essai défend une philosophie reposant sur trois piliers : l’autonomisation des individus, l’invention comme objectif premier de l’IA, et l’équilibre des pouvoirs comme fondement de la sécurité. Mais l'essai rappelle surtout la vision dystopique d'une société surveillée du PDG de Meta.
La situation interne chez Meta est actuellement très tendue, marquant la fin de l'époque festive traditionnellement associée aux débuts de l'entreprise. Le directeur technique Andrew Bosworth a récemment avoué lors d'une réunion interne que « l'ambiance au sein de l'entreprise est probablement l'une des pires qu'elle ait jamais connues » depuis vingt ans. Ce profond malaise est d'autant plus frappant qu'il survient paradoxalement au moment où Meta vient d'enregistrer au premier trimestre 2026 l'un des bilans les plus rentables de son histoire. Meta a annoncé un chiffre d'affaires de 56,3 milliards de dollars, avec des revenus et des bénéfices en croissance fulgurante.
« Le moral n’est peut-être pas au plus bas depuis 20 ans, mais il est sans doute parmi les plus bas », a déclaré Andrew Bosworth. Cette atmosphère lui rappelle les heures sombres du scandale Cambridge Analytica. « Je pense que l’affaire Cambridge Analytica a probablement été la pire », a-t-il ajouté, faisant référence au scandale lié à l’utilisation des données de millions d’utilisateurs de Facebook pour cibler les électeurs lors de l’élection de 2016. Les ambitions du PDG Mark Zuckerberg ont fini par avoir raison du bien-être des employés.
Malgré ce contexte, le 10 août, Mark Zuckerberg a publié un essai déjanté de 6 500 mots sur l’accès universel à la « superintelligence » issue de l’IA : « L’avenir appartient à tous », affirme-t-il, décrivant un avenir qui profitera avant tout à Meta. Mark Elliot Zuckerberg, né le 14 mai 1984, est un homme d'affaires et programmeur américain, cofondateur du réseau social Facebook et de sa société mère, Meta Platforms. Il en est le PDG et l'actionnaire majoritaire. Il est devenu le plus jeune milliardaire autodidacte du monde en 2008, à l'âge de 23 ans, et figure régulièrement parmi les personnes les plus riches du monde. Il a fait l’objet de multiples poursuites judiciaires concernant la création et la propriété du site web, ainsi que des questions telles que la vie privée des utilisateurs.
Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a publié un essai pour contrer ce qu’il qualifie de discours alarmiste au sein du secteur de l’IA, affirmant que la diffusion la plus large possible d’outils d’IA puissants, plutôt que leur concentration, est la voie à suivre pour assurer à la fois la croissance économique et la sécurité. « Il est surprenant que le discours de nombreux acteurs développant l’IA soit à ce point empreint de pessimisme », a écrit Zuckerberg. « L’idée selon laquelle l’IA est si dangereuse que la seule voie sûre consiste en une concentration extrême du pouvoir semble intrinsèquement problématique. »
Cet essai défend une philosophie reposant sur trois piliers : l’autonomisation des individus, l’invention comme objectif premier de l’IA, et l’équilibre des pouvoirs comme fondement de la sécurité. Mark Zuckerberg a fait valoir que la superintelligence devrait être mise à la disposition des individus plutôt que contrôlée par les entreprises, les gouvernements ou les systèmes d’IA eux-mêmes, et que c’est cette répartition qui garantira la sécurité de l’humanité.
Mark Zuckerberg se montre préoccupé par l'avenir de l'IA alors qu'il refuse de venir en aide à un bateau en détresse
Concernant la surveillance gouvernementale, Mark Zuckerberg a proposé que les laboratoires d’IA partagent avec le gouvernement fédéral les étapes intermédiaires de l’entraînement des modèles, plutôt que d’attendre que le modèle soit achevé. Il a contesté le décret de l’administration Trump instaurant une période d’examen volontaire de 30 jours pour les nouveaux modèles, arguant que ce délai représentait « un laps de temps assez significatif » compte tenu du rythme actuel de développement de l’IA.
Zuckerberg a également déclaré que Meta donnerait à son conseil d’administration le pouvoir d’approuver les critères de sécurité pour la mise en service des modèles. « Je ne pense pas qu’il soit dans mon intérêt, dans celui de Meta ou dans celui du monde entier que moi-même ou quiconque soit le seul décideur quant à la manière dont la superintelligence est déployée », a-t-il écrit, appelant les autres entreprises du secteur de l’IA à adopter des structures de gouvernance similaires.
L'ironie de cette position, c'est que Mark Zuckerberg semble se préoccuper du monde, pourtant des rapports récents montrent une toute autre réalité. En juin, le yacht de luxe de Mark Zuckerberg, évalué à environ 300 millions de dollars, a jeté l'ancre à Seattle dans un contexte particulièrement tendu. Cette arrivée coïncide tragiquement avec l'annonce par Meta de la suppression de près de 1 400 postes dans la région. Le superyacht, baptisé Launchpad, s'est amarré à proximité immédiate des bureaux où de nombreux employés venaient d'apprendre leur licenciement. Cela a suscité l'indignation des résidents, qui ont accueilli l'imposante embarcation sous les huées. Bien que le dirigeant n'ait pas officiellement confirmé sa propriété, plusieurs sources concordantes attribuent ce palais flottant au milliardaire.
Puis au début du mois d'août, le superyacht de Mark Zuckerberg fait face à de vives critiques pour ne pas avoir secouru un bateau en difficulté au large de l’Alaska. Bien qu'un navire de croisière soit finalement intervenu pour aider les passagers en détresse, les données de navigation confirment que le superyacht et son navire de soutien se trouvaient à proximité immédiate. Un porte-parole a affirmé que l'équipage n'utilisait pas le canal radio d'urgence, une explication contestée par des experts maritimes et des responsables politiques qui rappellent l'obligation de surveiller ces fréquences. Cette nouvelle polémique vient s'ajouter aux critiques liées aux suppressions massives d'emplois initiés par Mark Zuckerberg.
Mark Zuckerberg fait valoir que la généralisation de l’IA était plus susceptible de créer des emplois, tout en supprimant 8 000 postes
Cet essai établissait un contraste implicite avec le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, qui a mis en garde contre les perturbations potentielles de l’emploi liées à l’IA, bien que Mark Zuckerberg ne l’ait pas cité nommément. Mark Zuckerberg a fait valoir que la généralisation de l’IA était plus susceptible de créer des emplois que d’en supprimer, prédisant une augmentation du nombre d’entreprises avec des effectifs réduits plutôt qu’un chômage de masse.
Lors de la présentation des résultats trimestriels de Meta, la directrice financière Susan Li a prononcé une phrase qui aurait dû faire davantage de bruit : « Nous avons récemment annoncé en interne notre intention de réduire la taille de notre base de salariés en mai. Nous pensons qu'un modèle opérationnel plus resserré nous permettra d'avancer plus vite, tout en contribuant à compenser les investissements substantiels que nous réalisons. »
En d'autres termes, 8 000 suppressions de postes sont explicitement présentées, par la direction elle-même, comme un mécanisme de financement partiel de la stratégie d'investissement en IA. Le glissement sémantique est considérable. Dans la communication d'entreprise habituelle, les plans sociaux s'habillent de rationalisation organisationnelle, d'adaptation aux marchés ou de recentrage stratégique. Ici, la mécanique est nue : des salaires supprimés pour dégager du capital destiné aux centres de données et aux puces graphiques.
Une situation qui a plongé Meta dans un climat morose. Le PDG Mark Zuckerberg a alors envoyé une note interne pour inciter ses équipes à participer à un grand événement d'entreprise, un hackathon axé sur l'IA prévu pour le mois de juillet. Les salariés qui ont survécu aux vagues de licenciements ont fermement rejeté cette invitation à s'amuser, soulignant l'hypocrisie de la situation face à une charge de travail devenue écrasante. Les employés dénoncent « un décalage total avec la réalité », affirmant être surchargés de travail pour compenser le départ de leurs collègues tout en assurant la transition technologique de la société. Bien que la direction reconnaisse des erreurs logistiques et tente de stabiliser le climat social, le moral des équipes semble avoir atteint son niveau le plus bas.
Meta lancera un nouveau modèle à poids ouverts malgré un incident de cybersécurité impliquant son IA
Parmi les annonces concrètes contenues dans cet essai, Meta a déclaré qu’elle lancerait un nouveau modèle à poids ouverts appelé Muse Glimmer et, dans les semaines à venir, publierait une version à poids ouverts de son modèle le plus avancé, Muse Spark 1.2. Meta avait suspendu les lancements de modèles à poids ouverts après avoir réorganisé ses activités en matière d’IA l’année dernière.
En avril 2025, à la suite du lancement de la famille de modèle IA Llama 4 : Meta avait été accusé d'avoir truqué les tests pour donner l'impression que son modèle d'IA Llama 4 est meilleur que la concurrence. Une controverse qui a poussé Mark Zuckerberg à lancer une offensive spectaculaire pour rapprocher Meta de ses rivaux en IA, comme OpenAI et Google DeepMind. Un an plus tard, en avril 2026, Meta a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie en matière d’IA avec le lancement de Muse Spark, le premier modèle de la famille Muse développé par Meta Superintelligence Labs.
Mi-juillet, Meta a dévoilé Muse Spark 1.1, une mise à jour de son modèle. Sur l’ensemble des tests de performance, ses résultats sont équivalents ou supérieurs à ceux des modèles actuels. Mais Meta a récemment confirmé que son modèle Muse Spark 1.1 a accédé à Internet et a pénétré dans les systèmes d’une entreprise tierce dont le nom n’a pas été divulgué lors de tests de cybersécurité.
Cette intrusion trouve son origine dans une erreur de configuration commise par le prestataire de cybersécurité Irregular, dont la mauvaise configuration de l’environnement de test a ouvert au modèle un accès à Internet. Avec cette révélation, Meta rejoint OpenAI et Anthropic en tant que troisième grand développeur d’IA, ces dernières semaines, à reconnaître que l’un de ses modèles a compromis des systèmes externes au cours de tests de sécurité.
Début août, Meta a déployé son premier agent de codage, baptisé Muse Code, alors que l’entreprise tente de rivaliser avec les principaux laboratoires d’IA que sont Anthropic et OpenAI. Muse Code, disponible en version préliminaire, fonctionne en tandem avec le dernier modèle d’IA de l’entreprise, Muse Spark 1.2. Muse Spark 1.2 est une mise à jour de Muse Spark 1.1 axée sur le codage, avec des améliorations en matière de génération de code, de débogage complexe, de compréhension de la base de code et de workflows de développement de bout en bout. Mais un nouveau modèle à poids ouverts basé sur Muse Spark 1.2 fait craindre le pire.
Meta annonce un fond pour les régions qui accueillent ses centres de données, tout en polluant ces régions
Meta a également dévoilé un fonds d’un milliard de dollars, baptisé « Future Is For Everyone Fund », destiné à acheminer des ressources vers les villes et les régions qui accueillent ses centres de données. Mark Zuckerberg a cité la paroisse de Richland, en Louisiane, comme exemple, soulignant que les enseignants locaux avaient perçu 50 000 dollars de primes liées à l’activité économique générée par le campus du centre de données Hyperion de l’entreprise situé à proximité. Cette annonce intervient à un moment délicat pour le secteur ; il y a quelques semaines à peine, l’État de New York a décidé de suspendre la construction de nouveaux centres de données sur son territoire pour une durée pouvant aller jusqu’à un an.
En juin 2026, Meta a commencé à ériger des espèces de tentes industrielles pour accueillir des serveurs surchauffés, faute de centres de données construits à temps. Les rapports font état de ce que Meta a opté pour cette approche au vu de ce qu’on estime être une situation critique au sein de l’entreprise. Elle a donc commencé à construire des centres de données sous forme de tentes équipées de turbines à gaz mobiles. Chacune de ces « structures à déploiement rapide » mesure 11 613 mètres carrés et est alimentée par une centrale électrique de 200 mégawatts située à proximité, d’après les données à disposition.
Dans cette course aux centres de données dédiés à l'IA, un rapport a révélé que Meta est contraint de suspendre les rejets d’eau de ses centres de données après avoir contaminé le réseau de traitement des eaux usées de la ville avec une bactérie résistante. Le Conseil des services publics de Cheyenne a annoncé que la ville n’accepterait plus les eaux usées industrielles provenant du système de refroidissement en circuit fermé de son centre de données après avoir détecté une bactérie rare dans les stations de traitement des eaux recyclées de la ville.
La bactérie a été détectée après que Goat Systems LLC — responsable de la construction du campus Meta à Cheyenne — eut rejeté des eaux usées dans le réseau d’assainissement de Cheyenne.La contamination s’est produite lors d’une opération de remplissage et de rinçage des systèmes de refroidissement en circuit fermé du campus. Cet incident de contamination a mis en lumière de nouvelles préoccupations concernant la capacité des stations d’épuration à traiter les eaux usées industrielles issues des projets de construction de centres de données. Pete Laybourn, conseiller municipal de Cheyenne, a déclaré que la révélation selon laquelle Meta était à l’origine de la contamination constituait « une surprise très, très désagréable », ajoutant qu’il avait « encore beaucoup à apprendre. Cela complique indéniablement les choses ».
Mark Zuckerberg tente de brosser le tableau d’un avenir merveilleux, mais rappelle une vision dystopique d'une société surveillée
Alors même que Mark Zuckerberg tente de brosser le tableau d’un avenir merveilleux que la superintelligence abondante apportera, il ne cesse de nous rappeler toutes les façons dont cela risque de mal tourner. Mark Zuckerberg déclare dans son essai : « Chacun disposera d’un assistant personnel extrêmement compétent qui vous comprendra, connaîtra vos objectifs et saura ce qui vous tient à cœur. Votre assistant travaillera 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour vous aider à améliorer vos relations, votre santé, votre carrière, vos finances, la gestion de votre foyer, vos loisirs et bien plus encore. » En d'autres termes, une « superintelligence » qui vous suivra partout et surveillera votre moindre fait et geste, pour théoriquement vous aider.
Cette annonce rappelle l'avis de l'Union américaine pour les libertés civiles (American Civil Liberties Union, ACLU) qui affirmait que Mark Zuckerberg a une vision dystopique d'une société surveillée. Une dystopie est un monde ou une société imaginaire dans lequel les gens mènent une existence misérable, déshumanisée et marquée par la peur. Les dystopies se caractérisent souvent par la peur ou la détresse, des gouvernements tyranniques, des catastrophes environnementales, ou d’autres éléments associés à un déclin cataclysmique de la société.
Selon l'ACLU, les lunettes de Meta posent déjà des risques importants en matière de vie privée et de sécurité, permettant à ceux qui les portent d’enregistrer secrètement des conversations et des rencontres sensibles. Le projet de Meta d’ajouter la reconnaissance faciale à ses appareils portables d’enregistrement audio et vidéo constituerait une escalade dramatique de ce risque. L'ACLU affirme : « Transformer des lunettes en logiciels espions serait une atteinte à la vie privée véritablement dystopique. Toute personne portant ces lunettes serait en mesure d’identifier et d’extraire secrètement les informations personnelles de quiconque elle croise. »
Les employés de Meta semblent déjà vivre dans cette situation. Après l'annonce de Meta de la suppression de 8 000 postes, le groupe de Mark Zuckerberg a déployé en parallèle un logiciel de surveillance baptisé « Model Capability Initiative » sur les postes de travail de ses employés américains. Chaque frappe clavier, chaque mouvement de souris, chaque capture d'écran occasionnelle alimente désormais l'entraînement d'agents IA destinés à automatiser des tâches de bureau. Le cynisme du procédé n'a pas échappé aux intéressés, qui ont réagi avec une vague d'émojis colère en interne avant d'apprendre qu'il n'existait aucune option de refus. Signe que ces tensions latentes débouchent sur une révolte ouverte, certains employés lancent des avertissements sans équivoque.
Conclusion
Dans son essai de 6 500 mots, Mark Zuckerberg a exposé la position de Meta sur l'IA, ses implications potentielles pour la société et la sécurité, ainsi que la manière dont les décideurs politiques devraient répondre aux appels en faveur d'une surveillance accrue du secteur. Il affirme : « C’est un moment incroyable à vivre. Le développement de la superintelligence constituera l’avancée technologique la plus marquante à laquelle nous assisterons au cours de notre vie. À mesure que nous nous rapprochons de cet objectif, il devient de plus en plus important de définir clairement une philosophie et des valeurs précisant en quoi la superintelligence profitera à l’humanité. Meta s’engage à construire en s’appuyant sur les principes suivants : l’autonomisation individuelle comme source de prospérité, l’innovation comme finalité de l’IA, et un équilibre des pouvoirs en faveur des personnes comme fondement de la gestion des risques liés à la sécurité. »
Mais pour beaucoup, cet essai représente une déclaration loin de la réalité. Une analyse résume bien les réactions : « Il existe de meilleures façons d’aborder ces sujets. Malgré tous leurs défauts, Sam Altman et Dario Amodei s’en sortent plutôt bien lorsqu’ils communiquent directement avec le public. Ils font exactement ce que Zuckerberg refuse de faire ici : reconnaître les dangers de l’IA, mettre en avant leurs propres mesures de précaution et tenter de convaincre leur auditoire qu’on peut leur faire confiance. Mais cette communication a ses limites. Parfois (surtout ces derniers temps), les mesures de sécurité échouent et le danger inhérent à toute cette entreprise apparaît au grand jour. Or, sans un travail de renforcement de la confiance, le secteur ne sera peut-être pas toujours en mesure de survivre à ces échecs. »
Source : Essai de Mark Zuckerberg
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