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    Par défaut Meta installe un mouchard sur les postes de ses employés pour entraîner ses IA, ce qui créé du mécontentement
    Meta installe un mouchard sur les postes de ses employés pour entraîner ses IA tandis qu'elle prépare la suppression de 8 000 postes :
    « Model Capability Initiative » analyse chaque clic, chaque frappe, chaque menu déroulant de ses salariés pour construire l'IA qui les remplacera

    Alors que Meta s'apprête à supprimer 8 000 postes dès le 20 mai 2026, le groupe de Mark Zuckerberg déploie en parallèle un logiciel de surveillance baptisé « Model Capability Initiative » sur les postes de travail de ses employés américains. Chaque frappe clavier, chaque mouvement de souris, chaque capture d'écran occasionnelle alimente désormais l'entraînement d'agents IA destinés à automatiser des tâches de bureau. Le cynisme du procédé n'a pas échappé aux intéressés, qui ont réagi avec une vague d'émojis colère en interne avant d'apprendre qu'il n'existait aucune option de refus.

    Meta installe sur les ordinateurs de ses employés basés aux États-Unis un logiciel de surveillance destiné à capturer mouvements de souris, clics et frappes clavier, en vue d'alimenter l'entraînement de ses modèles d'intelligence artificielle. L'outil, baptisé Model Capability Initiative (MCI), s'applique à une liste prédéfinie d'applications et de sites professionnels, et prend également des captures d'écran ponctuelles du contenu affiché.

    L'annonce a été faite aux employés via un mémo interne. Le programme sera chargé d'enregistrer les écrans des salariés au fil de leur travail quotidien. Selon les informations de Reuters, la divulgation est venue d'un chercheur en IA au sein d'une chaîne interne réservée à l'équipe Meta Superintelligence Labs. L'objectif déclaré est d'améliorer les modèles IA dans les domaines où ils peinent encore à reproduire les interactions humaines avec les interfaces : choisir dans des menus déroulants, utiliser des raccourcis clavier, naviguer dans des applications bureautiques. Le mémo interne, cité par Reuters, résumait la philosophie avec un certain aplomb : « Voilà comment tous les employés de Meta peuvent aider nos modèles à progresser, simplement en faisant leur travail quotidien. »

    Le porte-parole de Meta, Andy Stone, a confirmé que les données collectées par le MCI ne seront pas utilisées pour évaluer les performances des employés, ni pour aucune autre finalité que l'entraînement des modèles, et que des mécanismes de protection du « contenu sensible » sont en place... sans préciser lesquels.

    L'Agent Transformation Accelerator, ou comment renommer la surveillance en stratégie

    Le déploiement du MCI s'inscrit dans une restructuration organisationnelle plus large que le directeur technique de Meta, Andrew Bosworth, a présentée dans un mémo séparé. Le programme « AI for Work », rebaptisé Agent Transformation Accelerator (ATA), vise à accroître la collecte de données en interne. Bosworth n'a pas précisé exactement quelles données seraient utilisées dans ce cadre, mais a déclaré que Meta serait « rigoureuse » dans la « constitution de données et d'évaluations pour tous les types d'interactions que nous avons dans notre travail ».

    La vision portée par le CTO ne manque pas de franchise : « Notre vision est de construire un monde où nos agents font principalement le travail, et où notre rôle est de les diriger, de les évaluer et de les aider à s'améliorer. » Bosworth évoque un « circuit fermé » dans lequel les agents pourraient « voir automatiquement là où nous avons eu besoin d'intervenir, afin de s'améliorer la prochaine fois ».

    L'objectif à terme est de construire des agents IA capables d'accomplir des tâches de bureau en toute autonomie, exactement le type de logiciels que Meta cherche à commercialiser en concurrence directe avec OpenAI et Anthropic. Ces agents disposent déjà d'énormes quantités de données textuelles, mais manquent cruellement d'exemples concrets d'utilisation réelle d'interfaces graphiques. Le MCI est précisément conçu pour combler ce déficit.

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    Réactions internes : colère et absence de porte de sortie

    La réception en interne a été sans équivoque. L'une des réponses les plus plébiscitées sur la plateforme interne de Meta était : « Ça me met vraiment mal à l'aise. Comment fait-on pour ne pas participer ? » La réaction dominante à l'annonce était un émoji visage en colère. La réponse de la direction à cette question n'a guère apaisé les tensions. Andrew Bosworth a précisé qu'il n'existait aucune option de désinscription pour les appareils fournis par l'entreprise.

    Selon les informations de Business Insider, le logiciel s'applique uniquement à un ensemble prédéfini d'applications professionnelles approuvées, notamment Gmail, GChat et un assistant IA interne. Cette limitation de périmètre n'a manifestement pas convaincu les employés, dont beaucoup perçoivent le dispositif comme un pas supplémentaire vers une surveillance systématique de l'activité au travail.

    La méfiance est d'autant plus grande que des experts en culture organisationnelle avertissent qu'un tel suivi pourrait freiner la créativité et l'innovation : lorsque les employés se savent constamment surveillés, ils tendent à devenir plus prudents et moins enclins à explorer. La conscience que leurs brouillons ou leurs travaux exploratoires pourraient devenir des données d'entraînement permanentes risque d'inhiber précisément l'innovation que ces systèmes sont censés amplifier.

    Le vide juridique américain et le contraste européen

    La professeure de droit de l'université Yale Ifeoma Ajunwa a indiqué à Reuters qu'il n'existait « aucune limite à la surveillance des travailleurs » aux États-Unis au niveau fédéral. Ce vide réglementaire tranche avec le cadre européen, où de telles pratiques se heurteraient au RGPD et, plus spécifiquement, aux lignes directrices des autorités de protection des données concernant la surveillance au travail, lesquelles exigent notamment une base légale explicite, la proportionnalité des moyens mis en œuvre et, dans la plupart des cas, la possibilité pour le salarié de s'y opposer.

    Pour Meta, qui a accumulé au fil des années un palmarès peu enviable en matière de protection des données personnelles, le choix de limiter le déploiement du MCI aux employés américains n'est probablement pas anodin. Le fait que le programme ne soit pas mentionné pour les équipes européennes suggère une conscience aiguë des risques juridiques au-delà de l'Atlantique.

    Former ses remplaçants, puis les licencier : le calendrier qui dérange

    Le déploiement du MCI intervient dans un contexte particulièrement chargé. Meta prévoit de procéder à des licenciements massifs à compter du 20 mai 2026, supprimant environ 8 000 postes, soit 10 % de ses 78 865 employés dans le monde. Des suppressions supplémentaires sont prévues pour le second semestre de l'année.

    La restructuration est pilotée par deux cadres qui incarnent les nouvelles priorités de l'entreprise. Alexandr Wang, 28 ans, PDG de Scale AI recruté par Meta en juin 2025 comme directeur de l'IA, dirige les Meta Superintelligence Labs, la division qui a lancé son premier modèle majeur ce mois-ci. Meta avait acquis une participation de 49 % dans Scale AI pour 14,3 milliards de dollars afin de s'attacher les services de Wang.

    Ce rapprochement avec Scale AI n'est pas anodin : l'entreprise est spécialisée dans l'étiquetage et la production de données d'entraînement. Avec Wang aux commandes des laboratoires de superintelligence, Meta dispose désormais d'une expertise interne directe pour exploiter les données comportementales collectées par le MCI.

    Les suppressions de postes toucheront les équipes de Reality Labs, la division sociale Facebook, le recrutement, les ventes et les opérations mondiales. Selon les données compilées par Tom's Hardware, le secteur technologique a supprimé plus de 80 000 emplois au premier trimestre 2026 dans 247 entreprises, dont 47,9 % imputables directement à des restructurations liées à l'IA.

    La concomitance entre la surveillance généralisée des employés et l'annonce de leur licenciement prochain a généré un malaise profond, y compris parmi les observateurs extérieurs. La décision de Meta de développer des agents IA capables d'automatiser les tâches de bureau, en s'appuyant explicitement sur les données comportementales de ses propres employés, constitue l'un des exemples les plus directs d'une tendance que l'on observe depuis des mois : des entreprises qui font former à leurs salariés leurs propres remplaçants.

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    La course aux données d'interaction : un problème sectoriel

    Meta n'est pas seule à chercher de nouvelles sources de données pour entraîner des agents IA de nouvelle génération. En janvier dernier, OpenAI aurait demandé à des prestataires externes, via la société de données d'entraînement Handshake AI, de télécharger des exemples de productions professionnelles issues d'emplois précédents (de vrais fichiers PowerPoint, des feuilles de calcul, des livrables réels).

    La logique est la même dans tous les cas : si l'on veut qu'un agent IA soit capable d'opérer dans un environnement bureautique (ouvrir des applications, naviguer dans des interfaces, produire des documents) il faut lui montrer comment des humains le font réellement, dans des conditions de travail authentiques. Les corpus de texte brut ne suffisent plus. Ce que les entreprises cherchent désormais, c'est la donnée d'interaction : la séquence geste-regard-décision qui se joue à la surface de l'écran.

    Meta a investi massivement pour se positionner sur ce terrain, avec une enveloppe d'investissement en capital de 135 milliards de dollars annoncée pour 2026, la plus importante jamais engagée par une entreprise technologique en une seule année. Le MCI n'est qu'un élément d'un dispositif bien plus large visant à constituer, à moindre coût et sans recourir à des prestataires externes, un corpus de données comportementales de haute qualité.

    La question qui se pose désormais, au-delà du cas Meta, est celle du précédent que cela constitue. Si la pratique se normalise (c'est-à-dire si d'autres entreprises décident à leur tour d'instrumentaliser l'activité quotidienne de leurs employés comme carburant pour leurs modèles d'IA) les implications pour les conditions de travail, la confiance organisationnelle et les droits des salariés seront considérables. Et dans le cas américain, rien dans le corpus législatif fédéral actuel n'est en mesure d'y faire obstacle.

    Sources : Reuters, All Work

    Et vous ?

    Le consentement implicite suffit-il ? Dès lors qu'un employé utilise un appareil fourni par son employeur, accepte-t-il tacitement que ses interactions deviennent des données d'entraînement commerciales, ou faut-il une délibération collective et un consentement explicite, comme le prévoit le cadre européen ?

    Quelle est la valeur du travail immatériel capturé ? Si les gestes professionnels d'un ingénieur ou d'un analyste servent à entraîner un agent IA qui sera ensuite commercialisé ou utilisé pour le remplacer, ce salarié ne contribue-t-il pas à la création de valeur sans rémunération spécifique ? Ce modèle est-il soutenable juridiquement et éthiquement ?

    La promesse « pas de surveillance des performances » est-elle crédible ? Meta affirme que les données du MCI ne seront pas utilisées pour évaluer les employés. Mais une fois ces données collectées, comment garantir techniquement et contractuellement leur cloisonnement ? L'histoire de l'entreprise en matière de protection des données invite-t-elle à la confiance ?

    Ce précédent va-t-il se généraliser ? Si Meta peut légalement surveiller chaque clic de ses employés américains pour entraîner ses IA, quelles entreprises ne le feront pas dès que la compétition sur les agents IA s'intensifiera ? Le marché du travail américain est-il sur le point d'intégrer la surveillance comportementale comme condition d'emploi standard dans la tech ?

    Qu'est-ce que cela révèle sur la nature des agents IA actuels ? Si les modèles les plus avancés de Meta peinent encore à utiliser un menu déroulant ou un raccourci clavier sans exemples humains, cela pose-t-il des questions sur la maturité réelle de la technologie d'agents IA et sur le fossé entre les discours de disruption et la réalité des capacités actuelles ?
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  2. #2
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    Il reste une donnée invisible (et essentielle pour mettre en cohérence toutes ces actions/réactions) : l'intention. Et ce n'est pas rien... On fait les choses en vue d'un résultat de court terme, de long terme, mais aussi pour éviter certains résultats.

    Probablement que ce rêve de tout automatiser sans réfléchir finira comme le meta-univers...

  3. #3
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    Par défaut Chez Meta, former l'IA qui vous remplace est devenu une clause implicite du contrat de travail
    « Model Capability Initiative » : Chez Meta, former l'IA qui vous remplace est devenu une clause implicite du contrat de travail
    et certains employés commencent à dire non

    Chez Meta, les employés ont commencé à distribuer des tracts clandestins dans les salles de réunion, sur les distributeurs automatiques et même sur les rouleaux de papier toilette : « Tu ne veux pas travailler dans une usine d'extraction de données humaines ? » La question, provocatrice, résume à elle seule la rupture de confiance qui se consume en silence depuis des semaines dans les bureaux du géant de Menlo Park.

    Tout commence le 21 avril 2026. Des mémos internes obtenus par Reuters révèlent que Meta déploie sur les ordinateurs professionnels de ses salariés basés aux États-Unis un logiciel de surveillance baptisé Model Capability Initiative (MCI). L'outil, annoncé en avril 2026, capte les mouvements de souris, les frappes clavier et prend des captures d'écran périodiques, dans le but déclaré d'entraîner des modèles d'IA sur la façon dont les humains naviguent sur leurs ordinateurs au fil des tâches quotidiennes.

    Le programme tourne sur des centaines de sites web et d'applications (Google, LinkedIn, GitHub, Slack, et même Gmail personnel). Il n'existe aucune possibilité de désactivation. Le directeur technique Andrew Bosworth a lui-même confirmé l'absence d'opt-out, dans un échange interne où il conseillait aux employés préoccupés de « ne pas consulter leur messagerie personnelle sur leur ordinateur professionnel ».

    La justification officielle de Meta est limpide. L'objectif affiché est de former des agents IA capables d'effectuer des tâches informatiques de manière autonome. Dans un mémo interne, Bosworth décrit un futur dans lequel les agents « font l'essentiel du travail » pendant que les employés « dirigent, révisent et les aident à s'améliorer ». En d'autres termes : les salariés sont priés de documenter scrupuleusement leurs propres gestes professionnels pour former les systèmes qui, demain, les remplaceront.

    L'annonce a été diffusée par un chercheur en IA dans un canal interne dédié à Meta SuperIntelligence Labs, la division de construction de modèles de l'entreprise. Le mémo indiquait que l'initiative visait à améliorer les modèles là où l'IA peine encore, notamment pour choisir dans des menus déroulants et utiliser des raccourcis clavier. Ces détails, presque anodins en apparence, éclairent pourtant la nature profonde du projet : il ne s'agit pas de surveiller la productivité, mais de capturer le savoir-faire implicite des travailleurs du savoir pour l'injecter dans des pipelines d'entraînement.

    Un contexte social explosif

    Le timing de ce déploiement n'est pas anodin. Le mouvement de protestation éclate à quelques jours à peine de la suppression annoncée de 8 000 postes prévue pour le 20 mai, une mesure qualifiée « d'initiative d'efficacité » liée aux dépenses en IA. Quelque 6 000 postes ouverts ne seront pas pourvus.

    Pour une partie du personnel, l'équation est brutale : on leur demande de former leurs successeurs algorithmiques tout en sachant qu'ils figurent peut-être sur la prochaine liste de licenciements. Depuis des mois, la frustration couvait sur les plateformes internes et les forums en ligne, alimentée par des suppressions massives que la direction n'avait confirmées aux équipes que plus d'un mois après que Reuters en avait révélé l'existence. Le déploiement du logiciel de suivi a mis le feu aux poudres, beaucoup d'employés le décrivant comme une façon de former les robots qui prendront leur place.

    Eleanor Payne, organisatrice du syndicat UTAW (United Tech and Allied Workers) au Royaume-Uni, résume ainsi la situation : « Les travailleurs de Meta paient le prix des paris irresponsables et coûteux de la direction. Pendant que les dirigeants courent après des stratégies d'IA spéculatives, le personnel fait face à des suppressions d'emplois dévastatrices, à une surveillance draconienne, et à la réalité cruelle d'être forcé de former les systèmes inefficaces censés les remplacer. »

    L'ironie d'un panoptique retourné

    Ce qui frappe les observateurs extérieurs, c'est la dimension proprement ironique de la situation. Meta a construit son empire sur la collecte et la monétisation des données comportementales de milliards d'utilisateurs, sans leur consentement réel, et souvent à leur insu. Aujourd'hui, ce même modèle d'extraction s'applique en interne, à ses propres ingénieurs.

    Les sous-traitants de Meta ont longtemps travaillé dans des conditions bien plus dégradées. Dès 2019, les modérateurs de contenu Facebook voyaient leur travail étroitement surveillé par des systèmes automatisés et pouvaient être licenciés pour quelques erreurs par semaine. La nouveauté avec le MCI, c'est que ce régime de surveillance atteint désormais les développeurs, chercheurs et cadres, ceux qui, jusqu'ici, se pensaient à l'abri de la logique tayloriste appliquée aux cols bleus du numérique.

    Le MCI n'est pas un chronomètre, à proprement parler. Mais il traduit la même impulsion : rendre le travail intellectuel lisible par les machines, le capturer, l'optimiser, puis l'automatiser.

    Une résistance qui s'organise, des deux côtés de l'Atlantique

    Le 12 mai 2026, la protestation prend une forme coordonnée pour la première fois. Des tracts apparaissent dans les salles de réunion, sur les distributeurs de boissons et sur les rouleaux de papier toilette, invitant les salariés à signer une pétition en ligne exigeant le retrait du logiciel. La pétition, accessible sur mcipetition.com, cite explicitement le National Labor Relations Act américain, rappelant que « les travailleurs sont légalement protégés lorsqu'ils choisissent de s'organiser pour améliorer leurs conditions de travail ».

    Au Royaume-Uni, un groupe de salariés de Meta a lancé une campagne de syndicalisation avec United Tech and Allied Workers (UTAW), une branche du syndicat Communication Workers Union. Ils ont créé un site de recrutement à l'URL « Leanin.uk », une référence au best-seller de l'ancienne directrice des opérations Sheryl Sandberg, qui encourageait les femmes à conquérir leur place dans le monde professionnel. Le détournement est grinçant : là où Sandberg appelait à l'intégration individuelle dans les structures existantes, ses anciens collègues appellent à la résistance collective face à ces mêmes structures.

    Citation Envoyé par employés de Meta
    Nous demandons un engagement clair : les données d’utilisation de l’ordinateur des employés (employés à temps plein, contractuels et stagiaires) – également appelées données d’interaction homme-machine – ne doivent pas être collectées à des fins d’entraînement de modèles d’IA. Cela inclut, sans s’y limiter :
    • Frappes au clavier
    • Mouvements et habitudes d’utilisation de la souris
    • Interactions avec l’écran
    • Habitudes d’utilisation des appareils
    • Habitudes de navigation et comportements
    • Contenu de l’écran

    La collecte et la réutilisation de ce type de données soulèvent de graves préoccupations en matière de respect de la vie privée, de consentement et de confiance au travail.

    Ces craintes ne sont pas infondées, car par le passé, le stockage en clair des mots de passe des utilisateurs a entraîné quatre violations du Règlement général sur la protection des données (RGPD) et une amende colossale de 91 millions d'euros (75 millions de livres sterling) infligée par la Commission irlandaise de protection des données (DPC) en 2024. (« La société mère de Facebook condamnée à 91 millions d'euros pour le stockage des mots de passe », BBC, 27 septembre 2024)

    Plus récemment encore, en mars 2026, un agent d'IA a donné à un employé des instructions erronées qui ont été suivies, entraînant la divulgation de données sensibles d'utilisateurs. (« Les instructions d'un agent d'IA méta provoquent une importante fuite de données sensibles vers les employés », The Guardian, 20 mars 2026)

    De par la nature même de ce mode de collecte de données, il est inévitable que des données sensibles telles que les numéros de sécurité sociale, les informations de santé protégées et d'autres informations personnelles ou confidentielles soient collectées et stockées.
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    La fracture juridique entre les États-Unis et l'Europe

    L'un des aspects les plus révélateurs de cette affaire est géographique. Il existe techniquement une façon d'échapper au MCI : déménager en Europe. Les législations européennes sur la vie privée et la protection des travailleurs interdisent ce type de surveillance intrusive, de sorte que Meta ne peut pas déployer le programme sur le Vieux Continent. Ce qui confirme, au passage, que le RGPD ne se résume pas à des bannières de cookies.

    En Italie, l'utilisation de la surveillance électronique pour suivre la productivité des salariés est explicitement illégale. En Allemagne, les tribunaux ont établi des standards protecteurs similaires. Cette asymétrie réglementaire crée une situation singulière : des ingénieurs travaillant pour la même entreprise, sur les mêmes projets, bénéficient de droits fondamentalement différents selon qu'ils se trouvent à Menlo Park ou à Londres, et a fortiori à Berlin ou Rome.

    La question se posera tôt ou tard avec une acuité particulière en France et dans les autres États membres de l'UE, d'autant que la Commission européenne explore actuellement son « Digital Omnibus », un paquet de réformes qui pourrait affaiblir certaines protections du RGPD au nom de la compétitivité de l'IA européenne.

    La donnée comportementale : nouvel or noir des agents IA

    Derrière l'affaire MCI se profile une tendance de fond qui dépasse largement Meta. En juin 2025, Meta avait versé 14,3 milliards de dollars pour une participation de 49 % dans Scale AI, installant son cofondateur Alexandr Wang à la tête de sa nouvelle équipe de superintelligence. Scale AI a construit son modèle économique sur la collecte de données de flux de travail issues de sous-traitants. « Pour beaucoup des capacités que nous voulons intégrer aux modèles, le principal obstacle est en fait le manque de données. Il n'existe nulle part un corpus de données agents vraiment précieuses », expliquait Wang en 2024.

    C'est précisément ce vide que le MCI est censé combler; non pas avec des données synthétiques ou acquises sur le marché, mais avec les comportements authentiques de travailleurs qualifiés, en temps réel. La donnée comportementale est devenue l'or noir de la prochaine génération d'agents IA, et les employés des grandes entreprises tech sont, qu'ils le veuillent ou non, assis sur un gisement.

    OpenAI n'est pas en reste : en janvier 2026, la firme aurait demandé à des prestataires extérieurs, via une société spécialisée dans les données d'entraînement appelée Handshake AI, de téléverser des échantillons de travaux réels issus de leurs postes précédents (présentations PowerPoint, tableurs) avec pour instruction de retirer les informations confidentielles avant soumission. Une pratique qui soulevait ses propres interrogations sur ce que « nettoyé » signifie réellement dans ce contexte.

    Vers une syndicalisation de la tech ?

    La question qui se pose désormais est de savoir si cette mobilisation émergente peut déboucher sur quelque chose de structurel. La tech américaine a longtemps résisté à toute forme d'organisation collective, combinant des salaires élevés, une culture de l'identification à l'entreprise et une idéologie méritocratique qui rendait la solidarité de classe difficile à mobiliser. Mais les licenciements massifs de 2022-2024, puis la vague actuelle, ont profondément érodé ce pacte implicite.

    La question est de savoir si la protestation du 12 mai fera pression sur Meta pour modifier le programme. L'issue pourrait indiquer jusqu'où les salariés conservent un levier dans un cycle de réductions de coûts piloté par l'IA. Pour l'heure, Meta maintient sa position : les données du MCI ne seront pas utilisées pour les évaluations de performance, et des garde-fous protègent les contenus sensibles, sans détailler leur périmètre technique précis.

    Ce que cette affaire révèle, fondamentalement, c'est que le grand récit de l'IA comme outil d'augmentation humaine se heurte à sa propre contradiction interne : pour entraîner des agents capables d'imiter les humains, il faut d'abord transformer ces humains en sources de données. Et ceux-ci commencent, lentement, à refuser ce rôle.

    Sources : Reuters, pétition

    Et vous ?

    Où s'arrête la propriété des données de comportement professionnel ? Un employeur peut-il légitimement revendiquer la totalité des micro-gestes numériques de ses salariés dès lors qu'ils sont effectués sur du matériel de l'entreprise ?

    Le RGPD est-il le seul rempart crédible contre ce type de surveillance ? Son absence aux États-Unis crée une asymétrie profonde : faut-il alors militer pour une législation fédérale américaine, ou considérer que le marché régulera de lui-même ?

    La syndicalisation de la tech est-elle viable, ou les spécificités du secteur (mobilité, hauts salaires, identification à la mission) la condamnent-elles à rester marginale ?

    Si les agents IA doivent être entraînés sur des comportements humains authentiques, qui devrait contrôler cette donnée ? L'employeur, le salarié, ou un tiers de confiance ?

    L'ironie de Meta espionner ses propres employés après avoir construit un empire sur la surveillance des utilisateurs est-elle un simple paradoxe, ou le signe d'une logique systémique inévitable dans le capitalisme de surveillance ?
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  4. #4
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    Par défaut Des employés de Meta critiquent Mark Zuckerberg à cause de l'initiative « Model Capability Initiative »
    Des employés de Meta critiquent Mark Zuckerberg pour avoir enregistré chaque frappe clavier des employés afin d'entraîner l'IA, les employés ne pouvant pas refuser d'être suivis par le logiciel de surveillance

    La nouvelle initiative de Mark Zuckerberg visant à surveiller l'utilisation des ordinateurs par les employés est en train de diviser l'entreprise. Signe que ces tensions latentes débouchent sur une révolte ouverte, certains employés lancent des avertissements sans équivoque. « D'un point de vue égoïste, je ne veux pas que mon écran soit scrapé, car cela ressemble à une atteinte à ma vie privée », a écrit cette semaine un ingénieur dans un message interne lu par près de 20 000 collègues. Cette initiative de Meta intervient à un moment où le moral de l’entreprise est au plus bas. Dans le cadre de la stratégie « tout sur l’IA » de Zuckerberg, Meta a annoncé le licenciement de 10 % de ses effectifs, soit près de 8 000 employés, laissant beaucoup d’entre eux dans l’incertitude quant à leur avenir

    Meta Platforms, Inc. (opérant sous le nom de Meta) est une multinationale américaine du secteur des technologies dont le siège social est situé à Menlo Park, en Californie. Meta détient et exploite plusieurs plateformes de réseaux sociaux et services de communication de premier plan, notamment Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger et Threads. L'entreprise exploite également un réseau publicitaire pour ses propres sites et pour des tiers ; en 2023, la publicité représentait 97,8 % de son chiffre d'affaires total.

    Mark Elliot Zuckerberg est un homme d'affaires et programmeur américain qui a cofondé le réseau social Facebook et sa société mère, Meta Platforms. Il en est le président, le directeur général (CEO) et l'actionnaire majoritaire. Il est devenu le plus jeune milliardaire autodidacte au monde en 2008, à l'âge de 23 ans, et figure régulièrement parmi les personnes les plus riches du monde. Sa notoriété et son ascension fulgurante dans le secteur des technologies ont attiré l'attention des milieux politiques et juridiques. Il a fait l'objet de multiples poursuites judiciaires concernant la création et la propriété de Facebook ainsi que des questions telles que la confidentialité des utilisateurs.

    Alors que Meta s'apprête à supprimer 8 000 postes dès le 20 mai 2026, le groupe de Mark Zuckerberg déploie en parallèle un logiciel de surveillance baptisé « Model Capability Initiative » sur les postes de travail de ses employés américains. Chaque frappe clavier, chaque mouvement de souris, chaque capture d'écran occasionnelle alimente désormais l'entraînement d'agents IA destinés à automatiser des tâches de bureau. Le cynisme du procédé n'a pas échappé aux intéressés, qui ont réagi avec une vague d'émojis colère en interne avant d'apprendre qu'il n'existait aucune option de refus.

    La nouvelle initiative de Mark Zuckerberg visant à surveiller l'utilisation des ordinateurs par les employés est en train de diviser l'entreprise. Signe que ces tensions latentes débouchent sur une révolte ouverte, certains employés lancent des avertissements sans équivoque. « D'un point de vue égoïste, je ne veux pas que mon écran soit scrapé, car cela ressemble à une atteinte à ma vie privée », a écrit cette semaine un ingénieur dans un message interne lu par près de 20 000 collègues, selon Wired. « Mais en prenant du recul, je ne veux pas vivre dans un monde où les êtres humains — qu'ils soient employés ou non — sont exploités pour leurs données d'apprentissage. »


    L’initiative au cœur du débat, baptisée « Model Capability Initiative », suit de près les frappes au clavier et les mouvements de souris des employés, et enregistre leurs écrans lorsqu’ils utilisent certaines applications. La direction de Meta affirme que ces données serviront à enseigner à ses modèles d’IA « comment les gens accomplissent réellement leurs tâches quotidiennes à l’aide d’ordinateurs », alors que le secteur mise fortement sur des agents IA capables d’effectuer des tâches à votre place. Malgré les assurances peu convaincantes du directeur technique de Meta, Andrew Bosworth, selon lesquelles les données seraient « étroitement contrôlées », de nombreux employés y voient une violation flagrante de leur vie privée (sans même évoquer le passé peu glorieux de Zuckerberg en matière d’accès aux données privées des utilisateurs).

    Cette initiative intervient à un moment où le moral de l’entreprise est au plus bas. Dans le cadre de la stratégie « tout sur l’IA » de Zuckerberg, Meta a annoncé le licenciement de 10 % de ses effectifs, soit près de 8 000 employés, laissant beaucoup d’entre eux dans l’incertitude quant à leur avenir. L’entreprise exige également que les employés soient plus productifs que jamais en utilisant autant que possible les agents IA et les outils de codage, l’utilisation de l’IA étant désormais un critère pris en compte dans les évaluations de performance.

    Cet esprit de corps morose pourrait facilement se transformer en une acceptation résignée du régime IA de Meta, mais la Model Capability Initiative a clairement touché une corde sensible et a déclenché des actes ouverts de légère rébellion. Selon Wired, une pétition appelant à y mettre fin circule au sein de l’entreprise. Elle stipule qu’« il ne devrait pas être normal que des entreprises, quelle que soit leur taille, soient autorisées à exploiter leurs employés en extrayant leurs données sans leur consentement à des fins d’entraînement de l’IA ». Les employés ont affiché des tracts dans les espaces communs, tels que les cafétérias et les toilettes, pour faire connaître la pétition.

    Ainsi, l’ingénieur de Meta qui a qualifié l’initiative de suivi des données d’« atteinte à ma vie privée » résumait le sentiment qui couve actuellement dans les rangs. « Les licenciements, les coupes budgétaires, des années d’efficacité et d’intensité — tout cela a contribué à un sentiment croissant d’angoisse », a écrit l’employé, selon Wired. « MCI est un microcosme du mouvement de l’IA », a ajouté l’ingénieur. « Oui, ce n’est qu’un petit tour de bouton, mais c’est représentatif des types de systèmes que les gens seront contraints de construire. »

    À certains égards, ces critiques sont teintées d’ironie. De toutes les grandes entreprises technologiques, le bilan de Meta en matière de confidentialité est généralement considéré comme le pire des pires (Cambridge Analytica). Il est un peu fort de la part de ses employés de faire volte-face aujourd’hui et de s’étonner que le boomerang de la surveillance leur revienne en pleine figure. Cela pourrait être un moment de prise de conscience, ou simplement un incident de parcours dans les opérations de ce monolithe corporatif. Quoi qu’il arrive, il est clair que Zuckerberg perd son emprise sur la base.

    Ce nouveau rapport confirme un autre rapport qui a révélé que chez Meta, les employés ont commencé à distribuer des tracts clandestins dans les salles de réunion, sur les distributeurs automatiques et même sur les rouleaux de papier toilette : « Tu ne veux pas travailler dans une usine d'extraction de données humaines ? » La question, provocatrice, résume à elle seule la rupture de confiance qui se consume en silence depuis des semaines dans les bureaux du géant de Menlo Park.

    Sources : Meta, Mark Zuckerberg, Wired

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Mark Zuckerberg a une vision dystopique d'une société surveillée, puisqu'il prévoit d'intégrer des risques pour la vie privée avec la reconnaissance faciale dans les lunettes connectées de Meta

    Scandale CA : Facebook estime à plus de 87 millions les comptes concernés par le profilage et annonce des mesures pour mieux protéger les données

    Meta enregistre sa plus forte croissance depuis 2021 mais accuse son premier recul trimestriel d'utilisateurs : son action diminue de 9 % tandis que Meta revoit son budget IA à la hausse de 10 Mds $
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  5. #5
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    « Tu ne veux pas travailler dans une usine d'extraction de données humaines ? »
    Que fais-tu chez Meta dont c'est le cœur de métier.
    Où s'arrête la propriété des données de comportement professionnel ? Un employeur peut-il légitimement revendiquer la totalité des micro-gestes numériques de ses salariés dès lors qu'ils sont effectués sur du matériel de l'entreprise ?
    Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
    Il reste une donnée invisible (et essentielle pour mettre en cohérence toutes ces actions/réactions) : l'intention. Et ce n'est pas rien...
    Le RGPD est-il le seul rempart crédible contre ce type de surveillance ? Son absence aux États-Unis crée une asymétrie profonde : faut-il alors militer pour une législation fédérale américaine, ou considérer que le marché régulera de lui-même ?
    Le RGPD est-il un rempart crédible contre ce type de surveillance?
    S'il l'était il est loin d'être le seul, on parle ensuite de syndicalisation mais on peut aussi parler de "désobéissance civile" ou de piratage du système (que se passe-t-il si tout le monde se met à insérer des gestes parasites dans son activité ou que sais-je).
    La syndicalisation de la tech est-elle viable, ou les spécificités du secteur (mobilité, hauts salaires, identification à la mission) la condamnent elles à rester marginale ?
    Je pense que nous rentrons dans un période ou la syndicalisation reprend son sens.
    Les entreprises encouragent le chacun pour soi pour imposer plus facilement ses dérives. La meilleure réponse est de faire front solidairement.
    L'ironie de Meta espionner ses propres employés après avoir construit un empire sur la surveillance des utilisateurs est-elle un simple paradoxe, ou le signe d'une logique systémique inévitable dans le capitalisme de surveillance ?
    Il n'y a rien d'ironique, c'est la simple continuité de la logique de l'entreprise.

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