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Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler

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  1. #1
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    Par défaut Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler
    Piratage logiciel : Richard Stallman affirme que partager n’est pas voler et accuse l’industrie d’avoir transformé l’entraide numérique en faute morale,
    « Le partage est une bonne chose et devrait être légal »

    Pour Richard Stallman, le mot « piratage » est déjà une concession idéologique. Derrière ce terme chargé, forgé par l’industrie culturelle et logicielle, se cache selon lui une réalité bien différente : le partage. Dans une intervention publique longuement commentée où il a éclairé sans filtre sa pensée, Stallman ne se contente pas de défendre le logiciel libre. Il attaque frontalement l’idée même qu’il serait immoral de copier, de partager ou de contourner les barrières juridiques et techniques imposées aux utilisateurs

    Vendredi, Richard Stallman, âgé de 72 ans, a fait une apparition de plus de deux heures à l'Institut de technologie de Géorgie, où il a abordé des sujets aussi variés que l'intelligence artificielle, les voitures connectées, les smartphones, les lois sur la vérification de l'âge et sa distribution Linux préférée. Mais dès le début, Stallman a également déclaré à l'auditoire : « Eh bien, je déteste les DRM et je n'ai aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je ne veux aucune copie de quoi que ce soit avec DRM. Je n'ai jamais voulu quoique ce soit au point de m'incliner devant les DRM. Alors je dis : "Au diable Spotify et Netflix !" ».

    Cela a donné lieu à un moment intéressant lorsqu'une personne lui a demandé plus tard si nous avions l'obligation éthique d'éviter le piratage : « Pensez-vous que nous avons l'obligation éthique d'éviter le partage interdit ? L'article en question parle de piratage. »

    Pour mémoire, la Biélorussie légalise le piratage de films, de musique et de logiciels... en provenance de pays « ennemis », en réponse aux sanctions qu'elle a subies pour avoir soutenu l'invasion russe en Ukraine

    Refuser le vocabulaire du mot « piratage »

    Stallman commence par un geste simple mais radical : il refuse d’employer le terme « piratage » pour parler de la copie de logiciels, de musiques ou de films. Pour lui, le mot n’est pas neutre. Il assimile volontairement le partage à une activité criminelle violente, alors qu’il s’agit d’un acte coopératif entre individus. Copier un fichier ne prive personne de l’original, ne détruit aucun bien et ne crée aucune pénurie artificielle, si ce n’est celle imposée par le droit.

    Il est explicite : « La seule façon dont je peux regarder un film, c'est d'obtenir un fichier, par exemple un fichier MP4 ou MKV. Et je suppose que je l'obtiendrais en le copiant à quelqu'un d'autre. Le partage est une bonne chose. Empêcher les gens de partager est mal. » Cette phrase résume une position constante depuis des décennies. Les lois qui interdisent la copie ne protègent pas la société ; elles divisent les individus et instaurent un rapport de domination où l’utilisateur devient suspect par défaut.

    Voici un extrait de sa réaction :

    « Je n'utiliserai pas le mot "piratage" pour désigner le partage. Le partage est une bonne chose et devrait être légal. Ces lois sont injustes. Le droit d'auteur tel qu'il existe actuellement est une injustice. Et l'article l'explique clairement. Je n'hésite donc pas à partager des copies de quoi que ce soit. Je n'ai pas de copies de logiciels non libres, car cela me dégoûte et je ne veux pas en avoir. Je n'utilise pas de copies. Mais si vous vouliez en copier, j'ai probablement quelque part des CD-ROM qui m'ont été donnés et qui contiennent des logiciels non libres que je n'ai jamais regardés ni utilisés.

    « Mais, si vous les vouliez, je vous les donnerais. Je dirais "eh bien, prenez le CD. Je n'en veux pas de toute façon". Mais ce n'est pas parce qu'il existe une loi qui donne à certaines personnes un pouvoir injuste que le fait d'enfreindre cette loi devient répréhensible. Maintenant, en ce qui concerne la musique, je partage la musique. Les lois qui empêchent les gens de partager sont un exemple de division pour mieux régner. Elles sont injustes. Directement injustes sur le plan moral. Diviser les gens en leur interdisant de s'entraider est méchant. Et en ce qui concerne le piratage, j'aime bien le premier Pirates des Caraïbes, mais dans le deuxième, il y avait un méchant qui était un perroquet. J'aime les perroquets, donc je n'ai pas aimé celui-là. »


    Une position fidèle à l’ADN du logiciel libre

    Pour comprendre la réponse de Richard Stallman, il faut revenir à la philosophie qui structure toute son œuvre. Depuis les années 1980, il défend l’idée que le logiciel n’est pas un bien ordinaire. Copier un programme ne prive personne de l’original, contrairement à un objet matériel. Dès lors, assimiler la duplication logicielle à un vol relève, selon lui, d’un abus de langage soigneusement entretenu par les ayants droit.

    Dans cette logique, Stallman distingue clairement la légalité de la moralité. Un acte peut être illégal sans être immoral. Le droit d’auteur appliqué au logiciel est, à ses yeux, une construction politique destinée avant tout à préserver des rentes économiques, souvent au détriment des libertés fondamentales des utilisateurs. Copier un logiciel propriétaire pour l’utiliser, l’étudier ou simplement accéder à une fonctionnalité essentielle ne constitue donc pas, dans son raisonnement, une faute morale intrinsèque.

    Il rappelle aussi que l’industrie du logiciel a largement prospéré grâce au partage, à la circulation des idées et à la réutilisation du code, bien avant que les modèles propriétaires ne deviennent dominants. La criminalisation du « piratage » serait ainsi une réécriture de l’histoire au profit des acteurs les plus puissants.

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    Les arguments « pour » : quand le piratage devient un acte défensif

    Les partisans de la position de Stallman avancent plusieurs arguments récurrents. Le premier concerne l’accès. Dans de nombreuses régions du monde, le prix des logiciels propriétaires est totalement déconnecté du pouvoir d’achat local. Interdire la copie revient, de facto, à exclure des millions de personnes de l’éducation, de la création et même parfois de l’emploi.

    Un autre argument porte sur la préservation de l’autonomie numérique. Les logiciels modernes intègrent de plus en plus de mécanismes de surveillance, de restrictions artificielles et de dépendance aux serveurs de l’éditeur. Copier un logiciel, le contourner ou le maintenir hors ligne peut être perçu comme une manière de reprendre le contrôle sur son propre outil de travail.

    Un internaute résume cette idée de façon assez crue : « Quand un éditeur vend une licence qui expire, espionne l’utilisateur et peut désactiver le produit à distance, le problème moral n’est plus la copie, mais le modèle économique lui-même. »

    D’autres rappellent que le piratage a souvent servi de porte d’entrée vers des carrières techniques. De nombreux développeurs admettent avoir appris sur des outils qu’ils n’auraient jamais pu se payer légalement, avant de contribuer ensuite à des projets open source ou à des entreprises innovantes.

    Les arguments « contre » : la réalité économique des créateurs

    À l’inverse, les critiques de cette vision soulignent que le logiciel n’est pas créé par magie. Derrière chaque programme se trouvent des ingénieurs, des designers, des testeurs, parfois des petites structures dont la survie dépend directement des ventes. Assimiler toute copie à un acte moralement neutre reviendrait à nier cette réalité.

    Certains commentateurs rappellent que, même si la copie ne prive pas l’auteur de l’original, elle peut réduire sa capacité à financer les versions futures, le support ou la maintenance. Dans le cas des logiciels spécialisés, professionnels ou de niche, le piratage massif peut réellement tuer un produit.

    Un autre point souvent soulevé concerne la cohérence éthique. Accepter le piratage tout en exigeant une rémunération pour son propre travail intellectuel crée une tension difficile à résoudre. Comme l’écrit un intervenant sceptique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. »

    Enfin, certains estiment que la position de Stallman ignore volontairement l’évolution des modèles. Entre le logiciel propriétaire classique et le logiciel libre, il existe aujourd’hui toute une gamme de solutions intermédiaires : freemium, open core, licences communautaires. Copier indistinctement reviendrait à fragiliser ces équilibres déjà précaires.

    Une question moins juridique que politique

    Au fond, la réponse de Richard Stallman ne cherche pas à absoudre ou condamner, mais à déplacer le débat. Pour lui, la vraie question n’est pas « le piratage est-il mal ? », mais « pourquoi acceptons-nous des systèmes qui retirent aux utilisateurs le contrôle de leurs propres outils ? ».

    À l’ère du cloud obligatoire, des abonnements perpétuels et des logiciels qui cessent de fonctionner sans connexion ou autorisation distante, cette interrogation résonne fortement chez les professionnels de l’informatique. Le piratage, dans cette lecture, devient moins un acte de délinquance qu’un signal d’alarme sur les dérives d’un modèle économique.

    Qu’on partage ou non la radicalité de Stallman, une chose est sûre : tant que le logiciel restera un levier de pouvoir économique et politique majeur, la frontière entre légalité, moralité et légitimité continuera d’alimenter des débats passionnés. Et c’est peut-être là, finalement, le véritable héritage de cette prise de position : forcer l’industrie à se justifier, plutôt que d’imposer le silence par la loi.

    Source : vidéo dans le texte

    Et vous ?

    Que pensez-vous de la position de Stallman sur le sujet ?

    Le piratage logiciel est-il réellement un vol ou une construction rhétorique destinée à protéger des modèles économiques dépassés ?

    Un éditeur peut-il encore invoquer la morale lorsqu’il impose des abonnements à vie, des DRM intrusifs et un contrôle à distance des logiciels installés chez l’utilisateur ?

    Quand un étudiant ou un développeur débutant pirate un outil qu’il ne peut pas se payer, commet-il une faute morale ou subit-il une inégalité d’accès au savoir numérique ?

    Le piratage massif n’est-il pas avant tout le symptôme d’une offre logicielle trop chère, trop rigide ou mal adaptée aux réalités économiques mondiales ?

    Peut-on défendre la rémunération légitime des développeurs tout en reconnaissant que certaines pratiques de l’industrie justifient une désobéissance numérique ?

    À l’ère du cloud obligatoire et du SaaS, refuser les règles imposées par l’éditeur est-il encore du piratage ou déjà une forme de résistance technologique ?

    Voir aussi :

    La musique piratée n'affecte pas négativement les ventes, de nouvelles études révèlent que c'est plutôt le phénomène inverse

    Le piratage des contenus en ligne serait-il vraiment nuisible aux tiers ? MUSO révèle que les pirates sont les plus gros acheteurs d'œuvres légales
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  2. #2
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    De toute façon les ayant droit cherchent à nous faire consommer comme ils le veulent et la tendence est de nous mettre des abonnements sur tout et tout en ligne... quand il y a des coupures d'internet, plus rien ne fonctionne.

    Pour la musique, du streaming ou des fichiers avec probablement des DRM. Quand ça me plaît j'achète le vinyle et télécharge le FLAC avec Nicotine ou parfois je l'achete sur Qobuz

    Pour les films, acheter des BD ou des DVD ça prend de la place donc en dehors de quelques excellents, j'ai sur des disques externes. J'emprunte de temps en temps à la médiathèque même si ce ne sont pas des nouveautés.
    Avec les DRM sur ces supports, je ne me prends pas la tête, je télécharge comme ça j'ai le choix des formats.

    Pour les ebooks c'est epub ou rien.

  3. #3
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    Cela relève d'idéologies qui ne sont pas nouvelles.

    Historiquement, la volonté de ne pas vouloir respecter la propriété intellectuelle et autoriser le pillage est socialiste : Louis Blanc s'indignant qu'une quelconque propriété sur une création puisse revenir à un auteur : il n'a qu'à travailler pour la gloire ou bien embrasser l'idéal socialiste quémandant l'Etat socialiste providence pour subvenir à ses besoins, mais en aucun cas attribuer à l'auteur quoique ce soit en terme de droits sur sa création, c'est le peuple qui a le droit de s'appro-"piller".

    "Refuser le vocabulaire du mot « piratage »" : une copie non licite est effectivement du vol et c'est ainsi que cela doit être nommé, non piratage. Le mot piratage est effectivement trompeur, ramenant parfois à des contes, ou des légendes et détournant de la dimension pénale, là où les auteurs n'ont cessé de batailler pour essayer de protéger leur gagne-pain.

  4. #4
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    Tout d'abord merci beaucoup pour ce super article. La synthétisation des propos de Stallman et le rappel des pour et des contre permet de bien saisir les enjeux.

    La question est compliquée, et si je soutiens globalement la position de Stallman, je suis tout de même un tout petit peu plus nuancé.

    Pour moi, pour des raisons éthiques, tout ce qu'on peut copier coller doit pouvoir être partagé librement, autant pour des raisons d'égalité d'accès que de possibilités d'évolutions. Si on ne partage pas ce qu'on garde lorsqu'on le donne, quel espoir de vivre ensemble ? S'ils n'ont pas accès aux oeuvres et outils, comment peuvent-ils participer à la société ? (Développer d'autres oeuvres, d'autres programmes ?) Le partage ouvert et gratuit est un symbole magnifique.

    Je n'avais jamais vu le terme "piratage" comme une assimilation à quelque chose de négatif pourtant c'est bien le cas. Et que quand un parent télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal. C'est pourtant illégal. Et les ayants droits ne veulent pas perdre leur poule aux oeufs d'or, bien que la légitimé morale de leur position est plus que douteuse. En effet cet argent est-il bien utilisé pour financer d'autres œuvres ? Et quand bien-même, qu'elle est la légitimité de ces ayants droits à choisir ce qui serait financé ou non ?

    Ce partage est considéré comme utopique au regard des réalités économiques des créateurs. Artistes ou codeurs, tout travail mérite salaire, et ils méritent de vivre dignement de leur travail. Et je trouve que l'argument de l'intervenant sceptique tout à fait logique : « Si tout le monde applique cette logique, plus personne ne pourra vivre de la création logicielle hors subventions ou mécénat. » Mais je suis très triste que ce soit un argument "contre" (même si c'est réaliste). Vivre de dons et de subvention est perçu comme "mendier" alors que c'est de super système de financement en théorie. En pratique il faut qu'il y ait de l'argent dans les tuyaux. Le financement participatif est pour moi aussi un levier très puissant. En effet certaines personnes sont réticentes à l'idée de payer pour ce qui existe déjà (s'ils ont tort je trouve, je comprends). Payer pour permettre à quelquechose d'exister est plus concret et engageant. Je suis prêt à payer 5 fois plus cher pour un projet en Open-source accessible ensuite gratuitement à tous, ouvert à l'évolution. Alors que payer une fois un produit fermé que je serai le seul par ma contribution à pouvoir utiliser... Ces systèmes sont en plus opaques : quelle part revient vraiment aux créateurs ?

    Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous.

    Parce qu'en effet les situations de beaucoup de créateurs sont précaires et ce n'est pas acceptable. Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force. Des rapports de force autant entre l'intermédiaire et les utilisateurs, mais aussi le rapport de force entre l'intermédiaire et le créateur. (C'est très caricatural mais pour le cinéma l'affaire Weinstein avait montré cette emprise. Alors pour ce qui est de la direction artistique ou les implications d'un projet, on comprend que les libertés peuvent s'effondrer).

    Les créateurs sont précaires aussi à cause de ce système économique, du rapport de force énorme des diffuseurs vis à vis d'eux. Il ne faudrait pas que le partage libre soit un problème de plus, mais une solution. Et je comprends bien que "même quand les gens sont obligés de payer on n'a pas assez d'argent, alors si ils peuvent y accéder gratuitement..." c'est logique. Mais ce n'est pas prendre le problème par le bon bout selon moi.

    En gros pour résumer ma position de manière grossière mais synthétique, soit on finance directement les artistes sans intermédiaires (+ d'argent pour eux) et ensuite l'accès est libre (+ de liberté et d'égalité). Soit on finance un système opaque avec forte concentration des pouvoirs + logiques liberticides.

    En gros je suis contre la propriété intellectuelle, qu'une idée, oeuvre ou concept puisse être vendus comme un produit. C'est appliquer des logiques mercantiles à l'éducation et à la culture, alors qu'on pourrait faire autrement.
    Mais je suis pour le droit d'auteur. Si un créateur veut le faire au sein d'un système économique, je trouverais cela tout aussi liberticide de récupérer son travail sans son consentement ou lui interdire de le partager selon le modèle économique qu'il souhaite.

    Je trouve ce modèle critiquable, parce que si tout travail mérite salaire, une création intellectuelle (partageable à l'infini par informatique) ne devrait pas signifier pas argent infini par consommateur. Parce que pour les autres secteurs économiques, lorsqu'on fabrique une chaise on ne la vend qu'une fois. Et comme on est au sein d'un même système économique c'est injuste (cet argent te permet d'acheter en boucle, des légumes et de la nourriture qui eux ne sont pas multipliables à l'infini). Cependant il ne faut pas mettre les créateurs physiques et immatériels dos a dos. Bref il y a aussi une dimension politique très forte en considérant une oeuvre comme un produit. Les deux visions ont nécessairement des écueils, et c'est pour ça qu'il est important d'en discuter pour se comprendre.

    La critique du système actuel ne suffit pas, il faut surtout proposer et construire une alternative. On ne peut pas exiger des créateurs qu'ils se jetent dans la fosse aux lions (même si énormément de codeurs l'ont fait, et ont créé des projets incroyables, fait vivre l'Open-Source etc.).

    Il faut avant tout construire des structures pour les aider, mais surtout financer ses structures (même si c'est un peu le serpent qu il se mord la queue, il faut bien des créateurs qui s'essayent à ce modèle économique pour le faire tourner).

    Mettons de l'argent dans ce modèle économique ! Comme il y a moins d'intermédiaire il fonctionnerait mieux avec moins d'argent, mais pas sans.

    Pour revenir au "piratage" : récupérer une oeuvre à des ayants-droit, oui, court-circuiter les volontés d'un auteur, non. Et l'équilibre entre les 2 est compliqué, donc il faudrait mettre en place un financement pertinent en amont.

  5. #5
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    Dictionnaire "Le Robert" :

    Piratage :
    "Fait de pirater. Le piratage de disques, de logiciels".


    Pirater :

    "Se livrer à la piraterie. Reproduire une œuvre sans payer des droits d'auteur. Pirater un disque, un logiciel .Voler. Se faire pirater ses idées".

    Piraterie :

    "Attentat contre un autre navire.. détournement d'avions... Escroquerie, spéculation honteuse. Copie frauduleuse de disque, de films..=>piratage. Piraterie commerciale : imitation frauduleuse de produits de grande marque".


    Dictionnaire "Larousse".

    Pirater :

    "Reproduire une œuvre sans payer les droits de reproduction ; imiter frauduleusement. Accéder par infraction à un système informatique en vue d'en copier, d'en modifier ou déformer des informations. Escroquer. Se livrer à la piraterie".

    Piraterie :

    "Crime, acte de déprédation commis en mer.. détournement illicite d'un avion... Informatique : action de pirater. Vol effronté, escroquerie."

    Par contre, en prenant un dictionnaire juridique, tel "Lexique des termes juridiques" de Dalloz, pour le professionnel du droit, la notion de pirate se limite aux attaques de navires, aéronefs, et ne concerne pas la copie illégale de logiciels, qui s'inscrit plutôt dans cet usage dans du langage populaire.

    D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.

    "sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?). Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.

    " Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.

    "En gros je suis contre la propriété intellectuelle, qu'une idée, œuvre ou concept puisse être vendus comme un produit" : c'est ce que vous permet de faire les licences Creative Common : vous en tant qu'artiste, préférez travailler sans en toucher le moindre revenu (et que hébergeurs et FAI empochent à votre place), vous abandonnez alors vos droits de propriété intellectuelle que la société vous attribue par défaut afin de vous protéger, et optez pour une licence qui va vous en déposséder. C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture). L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.

    "ne devrait pas signifier pas argent infini par consommateur." Pourquoi n'allez vous pas voler sur les étals de la nourriture ?

  6. #6
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    ... Et c'est pour moi la dessus qu'il faudrait insister : sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous. ...
    C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
    Prenons 3 autres types d'œuvre/ artiste
    1. film/ jeu vidéo
    2. livre - bande dessinée/ fonte - police de caractères
    3. logiciel / *vidéo* style YouTube (rétrospective, journal, ...)


    Comment gagner sa vie sans vendre ton *œuvre* ?
    Les musiciens peuvent vendre des places de concerts, avoir des commissions pour les festivals ou des émissions
    C'est pour cela que c'est 1 vision étriquée, pour les autres *artistes* il n'y a pas cela
    1. tu peux vendre des éditions collector pour 1 film/ jeu vidéo, mais sinon il n'y a rien - et cela coûte des frais de production/ logistique/ distribution
    2. pour 1 livre, 1 fonte, là tu n'as rien : des séances de lecture publiques ? des autographes payants ?
    3. pour 1 logiciel, 1 *vidéo*, tu as les magasins/ sites en ligne qui proposent 1 rémunération - mais c'est très très variable et fluctuant

    Il y a éventuellement faire du merchandising ... mais cela demande aussi des frais de production/ logistique/ distribution (sauf les trucs style "drop shipping") - mais tu t'éloignes de ton domaine et les bénéfices ne sont pas du tout assuré d'être garantis (il y a pleins de témoignages d'échec)

    Que demander pour 1 financement participatif ?
    Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

    *) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
    Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre

    *) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
    Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
    Alors certes tu peux demander moins, mais le résultat final dépend fortement du budget - Clair Obscur est 1 bon exemple.
    Et ne pas sortir les quelques jeux vidéos indépendants qui ont fait des millions : il y a plus de 10 000 jeux qui sortent chaque année sur Steam. Donc ces jeux à succès sont 1 goutte d'eau


    Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
    Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
    Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.

    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Copier une chanson c'est comme enregistrer un morceau qui passe à la radio sur une cassette.
    C'est 1 raisonnement assez faux
    • à la radio, les titres sont coupés
    • à la radio, tu as la *pub* - par exemple, au début de la chanson, 1 ajout comme *exclusivité NRJ*
    • à la radio, tu n'auras ni l'album complet ni certaines chansons ni certains artistes - mais même en téléchargement les vieux trucs (films, musiques, séries, livres, ...), pas trop connus, non américains, ... sont assez difficiles à trouver
    • à la radio, il faut attendre que la chanson passe - le téléchargement est très direct ... sauf temps de téléchargement
    • avec la radio numérique DAB+/ streamée, tu fais comment ?

  7. #7
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains. Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.

    Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal, participer à des projets qui font plus sens et plus durables. Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.
    Il donne son opinion dans un débat d'idées, j'espère qu'il n'y a rien de répréhensible la dedans.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.

    Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ? Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    C'est 1 vision étriquée qu'1 artiste c'est 1 musicien/ groupe de musique
    J'ai peur que tu aies raison, je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi ma vision est étriquée. Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    Que demander pour 1 financement participatif ?
    Pour les musiciens, 1 album, cela ne doit pas dépasser 500K : donc cela est raisonnable

    *) pour 1 livre, 1 fonte, 1 logiciel, 1 *vidéo*, cela ne doit pas dépasser 150K : donc cela est raisonnable
    Après certains projets doivent être plus *motivants* : par exemple faire 1 *vidéo* cool (sur la musique, ciné, ...) vs 1 fonte ou 1 livre
    Oui c'est sûr que je ne pensais pas aux niches, et aux artistes qui interviennent tôt dans le processus créatif, en créant les polices en amont. Il faut bien sûr être vigilant, et inclure ceux avec moins de visibilité dans les processus de financement.

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    *) pour 1 film ou 1 jeu vidéo, là c'est compliqué. Tu prends 1 jeu comme Clair Obscur estimé à 8 millions (apparemment fausse et c'est +)
    Cela commence à faire beaucoup surtout lorsqu'on arrive à + de 20 millions pour 1 financement participatif.
    Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.

    Aussi, ces millions que possèdent ces entreprises ne sont pas magiques. Ils proviennent des consommateurs qui ont achetés les produits. En tant que société nous avons cet argent, et c'est à nous d'en organiser les flux. Donc c'est sûrement utopique, mais pas totalement impossible.

    Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).

    Citation Envoyé par foetus Voir le message
    Ensuite écoute les streameurs - créateurs de contenus sur YouTube et Twitch. Eux aussi c'est du participatif - les vues, les souscriptions (les subs), les dons directs, TIPEEE, ...
    Les rénumérations sont très variables et fluctuantes (en 2025 - 2026 le taux de change dollar américain -> €uro n'aide pas) et il faut qu'ils streament beaucoup beaucoup d'heures avec au moins 2-3 opérations commerciales par an [et éventuellement faire du contenu vertical à côté]
    Les gros streameurs (le fameux 1%, les millionnaires) ont tous au moins 1 très gros partenariat, sponsor : Webedia, Playstation, ... - ou alors 1 très grosse communauté sur les réseaux sociaux (comme Anyme023) qu'ils peuvent monnayer.
    À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?

    Et pour la comparaison à la radio, pour moi tu es à côté du propos : il ne voulait pas dire que c'est exactement la même chose, mais plutôt parler de la moralité de la copie : "c'est comme enregistrer un extrait radio ou télé sur cassette".

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    D'où ma remarque précédente. Pirater est historiquement (faits réels ou romancés) associé à une notion d'attaque physique, d'assaut. Alors que " télécharge un Disney vieux de 20 ans sans payer parce qu'il n'a pas les moyens, il ne fait évidemment rien de mal" est aussi mal que d'aller piquer le DVD dans le rayon d'un magasin, mais se fait de manière plus discrète, sans action physique autre que d'être devant son écran.
    Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?

    Pour moi non. Cependant cela peut nuire à la viabilité financière des artistes/créateurs, et je pense que c'est ici ce qui te pose problème. Un vol c'est physique justement. Une copier-coller c'est une copie. Ça ne veut pas dire que copier quelque chose que l'auteur ne veut pas que tu copies c'est moral, mais ce n'est pas du vol. C'est pour ça que ta comparaison avec le vol l'étalage me semble absurde.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    "sur la vertu des systèmes de financement "ouverts". A quel point c'est important de financer l'Open-source, la science ouverte, et l'accès des oeuvres à tous." Il y a eu et il y a toujours ce débat avec les bibliothèques publiques : rien d'illégal dans un tel cas, mais subventionner un bien pour qu'il soit collectif, avec de l'argent ponctionné auprès des contribuables (subsidiairement en y rajoutant un filtre politique quant au choix de ce qui est proposé en lecture), et que cela a un impact négatif sur les ventes de livres, pose question. Il en est de même pour le financement du "libre" qui va être un anti moteur économique la plupart du temps : cela va aider à couler les éditeurs conventionnels, ceux qui créent de l'emploi, de la valeur ; les partisans du libre alors surfent souvent sur l'idée de "revenu universel" : ponctionner les riches pour qu'on soit payés à œuvrer (dans ce cas pourquoi ne pas exercer normalement, ce qui serait plus rémunérateur, qu'une sorte de revenu minimum, sans sabotage économique ?).
    Là tu es selon moi hors sujet : qui a parlé ici de revenu universel ?

    Mais je pense tout de même comprendre ta critique. Tu es contre une forme de centralisation des pouvoirs par la subvention, et ça se comprend très bien. Que financer une fois pour que ce soit accessible à tous c'est très bien, mais on finance quoi comment ? Les risques de dérives lors de la sélection ou de détournement/corruption paraissent inévitables.

    La proposition que je mets en avant n'est pas étatique mais populaire. Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement. Je pense qu'ils faut se former et mettre en place ces modèles économiques durables, qui seront à terme bénéfiques à tout le monde (même aux entreprises).

    Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.

    Pour essayer d'aligner nos positions politiques il faut les exposer : Tu vois des entreprises qui créent de l'emploi. Moi je vois des services marketing qui manipulent et nous imposent des publicités, certains éditeurs qui vident des oeuvres de leur essence en toute légalité, et des ayants droit qui ponctionnent. Et tous ces salaires, tous ces frais qui vont pourtant clairement contre nos intérêts, se retrouvent dans les produits : nous les payons. Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
    Évidemment que certains intermédiaires sont cruciaux et indispensables : je propose ples payer de manière juste et transparente par financement participatif (je n'ai pas la prétention d'avoir réponse à tout c'est une piste de réflexion).

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Quant à la science ouverte, on ne peut que penser à l'affaire Aaron Swartz et son "Manifeste de la guérilla pour le libre accès" (Guerilla Open Access Manifesto 2008) suggérant qu'il fallait en passer par la désobéissance civile pour que les connaissances du passé comme de l'avenir soient à la portée de tous, il a fini poursuivi en justice pour piratage.
    C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire. Par ailleurs je ne comprends pas où tu veux en venir en y faisant référence.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    " Quand je refuse de payer un abonnement, ce n'est pas que je ne veux pas rémunérer leur travail, c'est que je ne veux pas financer un intermédiaire et alimenter des rapports de force" : C'est un argument habituel, le support de diffusion qui déplait, mais cela est un choix de l'éditeur et rien ne peut justifier le vol du fait que le support ne vous convient pas.
    Tout comme les bibliothèques qui choisissent ce qu'elles mettent à disposition, le filtre politique de ces éditeurs est colossal : ils choisissent directement ce qui est produit et financé, et peuvent même censurer les auteurs au sein de leur propre œuvres (il n'y a qu'à voir les conflits entre réalisateurs et producteurs au cinéma).

    C'est aussi ce filtre politique qu'on cherche à contourner, c'est un acte de désobéissance civile.

    Mais ce n'est évidemment pas ce que je souhaite (je ne télécharge pas, je préfère autant que possible consommer du libre). D'où la volonté de financer directement les artistes pour court-circuiter l'intermédiaire. Moins cher et plus libre.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    C'est un acte volontaire, donc le choix vous appartient (les artistes de renoms, à étiquette communiste ou socialiste, ne sont pas allés jusqu'à vivre leurs convictions et aiment les éditeurs et leurs armadas qui vont les promouvoir et les instaurer sur le marché de la culture).
    Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions. Il y aurait pour moi deux explications : un manque de connaissances quant aux modalités de partage ouvert mais aussi une soumission aux logiques économiques. Ils ont des frigos (rouges peut-être mais des frigos quand même) à remplir.
    C'était aussi mon point, ne pas blâmer les choix des créateurs mais leur proposer autre chose. Si l'alternative existe, elle reste méconnue et sous-financée pour l'instant. C'est à nous en tant que société de créer autre chose.

    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    L'idée socialiste ci-dessus exprimée est au contraire de supprimer ces protections que la société a attribué aux auteurs qui y tiennent, le gain étant le moteur de leur créativité, leur prendre légalement, et non plus illégalement, tout le fruit de leur labeur.
    Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies. La liberté de choisir la modalité de partage de la part de l'auteur et l'égalité d'accès, mais aussi la liberté de récupérer, modifier et faire évoluer des œuvres ou idées entrent en contradiction dans le modèle économique existant.
    L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.

    Ensuite là c'est philosophico-politique, mais pour moi le gain n'est pas le moteur de la créativité.

    La preuve en est que dans le modèle oeuvre-produit, on produit d'abord l'œuvre avant de la vendre. Alors comment remplis t-on notre fameux frigo (qu'elle qu'en soit la couleur) pendant ce temps ? Soit on a déjà des sous et on est auto-suffisant, soit on cède nos droits à des éditeurs. C'est l'espérance de gain futurs le moteur.

    C'est toute une vision du monde, mais ce modèle économique est aussi une façon de rappeler que l'argent est un moyen est non une finalité. Donner de l'argent pour que quelque chose existe, plutôt que faire exister quelque chose pour que ça nous rapporte. L'argent arrive à la fin, est la finalité des développements. À tel point que certains imaginent même que sans modèle de rentabilité capitaliste, personne ne ferait plus rien.

    Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites. L'argent en finalité prédomine tellement que s'en est absurde, une concentration des pouvoirs colossale ("mais ils ont bossé durs ils le méritent ?"), de l'obsolescence programmé, et globalement un développement court-termiste du monde, aux dépens des intérêts communs sur de trop nombreux aspects.

    L'art, et désormais les programmes informatiques, sont des modalités d'accès et de compréhension du monde. Il est nécessaire de développer de nouveaux modèles. L'aspect crucial de ces éléments justifie à mon sens la désobéissance civile. Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité. J'ai peur que le pouvoir de verrouillage des lobbys soit ici trop important pour que ce soit réaliste malheureusement...

  8. #8
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    Citation Envoyé par Os_Free_World Voir le message
    Oui je suis d'accord, mais je trouve très dommage qu'en tant que société on en arrive à de telles extrémités. En faisant passer la rentabilité avant les intérêts humains
    L'humain travaille pour gagner sa vie, d'où l'intérêt de protéger ceux qui travaillent et non ceux qui volent.

    Heureusement que des licences étudiantes existent, malheureusement c'est plus pour recruter des utilisateurs que dans des logiques de partage et d'accessibilité.
    Les logiciels sont souvent ciblés par les enseignants et les programmes.
    Le marché dicte aussi sa loi.
    Les licences étudiants permettent, avec des clauses limitées, de permettre à l'étudiant, qui n'est pas encore actif et assurer des revenus, d'être en légalité au regard de ses capacités financières (il y a plein d'argent pour aller aux soirées, au bar., en boite de nuit .. mais pour payer les licences, c'est toujours difficile même au rabais), et plus aisément reprocher à celui qui n'a pas acquis sa licence d'être alors fautif au regard de la facilité qui lui a été concédée afin de le faire légalement.

    Il reste qu'utiliser des logiciels Open-Source, c'est légal
    Pas toujours, car les projets open source sont par la plupart démunis d'armada de juristes qu'ont ceux du "propriétaire", et souvent violent des brevets ou autres droits de propriété intellectuelle.

    Cela permet de s'assurer de ne jamais devenir un "utilisateur captif", victime des choix de l'entreprise qui sont et seront potentiellement contre ses intérêts.
    On peut voir cela différemment, promouvoir le libre déprécie le propriétaire, alors sera captif d'autre chose : du "libre"


    Tu détournes la question : bien sûr le piratage est illégal, pas de questions la dessus. La question c'est est-ce moral ? Est-ce que la loi est juste ?
    La moralité et la légalité sont définies par la loi, donc comme cela est illégal, c'est immoral outre être répréhensible.

    Quand on copie le DVD d'un copain, est-ce qu'on fait vraiment quelque chose de mal ?
    Oui vous privez les ayants droits du revenu qu'ils auraient du avoir.
    Imaginez vous en fin de mois, si vous êtes actif, et votre employeur vous dit : j'ai adoré votre travail, super, performant, mais je ne vais pas vous payer pour autant.


    Tu dis ça parce que la notion d'oeuvre/produit est selon toi indispensable en dehors de la musique ou on peut vivre des représentations ?
    Tout au contraire, rien de cela n'est indispensable. Vous pouvez vivre sans écouter de la musique. On ne peut pas vivre sans manger, mais voler la nourriture est aussi illégal. Donc voler une oeuvre de l'esprit est encore moins justifiable.

    Ça paraît en effet peut réaliste. J'ai pourtant vu des projets kickstarter lever des millions pour des glaciaires connectées.
    L'humain est parfois déroutant. Au lieu de donner de l'argent à des projets pour que d'autres en gagnent, il ferait mieux de demander des participations à ces créateurs et avoir en cas de réussite, le retour sur leur participation. Les levées de fonds se sont au détriment des crédits bancaires ou autres modes de financement, qui se plus accompagnent le créateur dans la réflexion sur la viabilité de leur projet, en lieu de faire la quête émotionnelle auprès de n'importe qui.

    Je dois t'avouer que je rêve d'un projet de grande envergure libre de droit en financement participatif, pour montrer que c'est possible (en plus de promouvoir indirectement le modèle).
    Pourquoi financement participatif ? Dire que le propriétaire a le droit d'être volé par la copie serait moral, .. et vous voudriez de l'argent pour faire une oeuvre libre au lieu de travailler pour rien ?

    À mon sens, quand tu fais de la publicité tu vends ton audience (le temps de cerveau disponible). Quand tu regardes une publicité tu payes avec ton temps et ton attention. Après vu que c'est un modèle qui permet une stabilité financière et une grande accessibilité c'est un compromis pas mal. Mais je pense qu'on pourrait faire mieux ?
    La publicité a pour but d'influencer émotionnellement en vue de donner l'envie d'acheter. Elle va au delà du besoin et du raisonnement censé du potentiel acheteur. Par exemple le système marketing qui passe en boucle des artistes sans talent et en faire des stars alors qu'ils n'ont pas le talent.

    Mais c'est justement la question qui est posée ici : dans la mesure où la copie ne prive pas de l'original, est-ce du vol ?
    On achète une licence (transférable ou non par revente, mais exclusive à l'usager), et non un objet physique, dans le cas du logiciel. La licence est un droit d'utiliser sous certaines conditions une oeuvre de l'esprit.
    Copier c'est comme si vous volez la facture vous ayant remis ces droits de licence. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas agressif physique ce cela est moins grave, la loi prévoit cela.
    Le vol à l'étalage était donné en exemple car pour ceux qui se livrent à la copie illégale, ils font leur petit minable derrière leur écran, là où ils n'auraient pas le cran de forcer les vigiles du magasin dérobant le produit convoité. Dans les deux cas, ils ont dérobé une licence, un droit d'utiliser, d'écouter à titre privé, etc.


    Les financements participatifs ne sont pas des taxes imposées, mais des investissements individuels volontaires. On finance ce qu'on veut permettre d'exister, pour qu'ensuite ce soit partager à tous librement.
    Oui, il a existé des plateformes pour lancer des artistes sur ce concept, qui une fois promus, se trouvaient dans le circuit éditorial conventionnel.

    Les créateurs ne veulent plus "exercer normalement" au sein du système traditionnel, notamment parce que le système les depossede de leurs droits d'auteurs, peuvent leur imposer des directives, et récupèrent une partie de ce qu'ils génèrent. Les créateurs sont soumis à ces logiques à cause des rapports de force économique, qu'il conviendrait de ne pas alimenter.
    Les éditeurs connaissent le marché, et demandent, s'ils sentent un potentiel pour l'oeuvre qui leur est proposée, parfois des retouches : soit pour des raisons d'ordre légal, ou d'ordre marketing, car ils prennent un risque financier en tant qu'éditeur, et leur but est que cela se vende. Donc effectivement, le circuit conventionnel transforme une oeuvre artistique. Rien n'empêche l'artiste qui ne s'en satisfait point de s'auto éditer s'il veut faire du commercial, ou travailler pour rien en licence creative common et gagner sa vie autrement et faire de la production de l'esprit un loisir alors, afin d'avoir sa liberté en matière de création.

    Je ne veux pas les payer. Ça se défend non ?
    A partir du moment que vous vous refusez à les consommer, il n'y a pas de problème. Le problème est si vous consommez sans payer. Comme partir du restaurant en douce après s'être rassasié.

    A. Swartz
    C'est vraiment triste ce qui est arrivé à ce jeune homme. Je pense que nous avons encore aujourd'hui beaucoup à apprendre de son histoire.
    .. en lisant les éléments de procédure lui reprochant ses actes, effectivement. Une procureur s'étant auto saisie de l'affaire.



    Je ne comprends pas trop ta position, défendre un système puis reproche aux gens de l'utiliser. Je comprends qu'il y ait une incohérence entre prôner la mise en commun et ne pas l'appliquer à ces propres productions.
    Vous défendez le libre, c'est votre droit, votre opinion, vous êtes pour le partage de tout, l'abandon de la propriété : pourquoi ne partagez vous pas contre compte bancaire, votre logement, votre corps, à tous et qui veut sans broncher? Là les "ténors du libre" n'ont pas les mêmes discours.


    Le point de l'article n'est pas de déposséder les acteurs de leurs droits, mais de ne plus sanctionner les particuliers qui réalisent des copies.
    Priver l'artiste de la réalisation de la licence qu'il souhaite, donc y compris la rétribution, est une atteinte à ses droits, d'où le fait que cela est sanctionné.

    L'idée ici n'est pas de priver les travailleurs de leur gagne pain, mais de remodeler les flux économiques pour les rendre plus justes. D'aligner les intérêts de tout le monde dans un système plus libre.
    Ce n'est pas la volonté du créateur qui a choisi son mode de diffusion : commercial, abandon de droits... Vous confondez vos envies avec celles des créateurs.

    Ce modèle s'est tellement généralisé qu'il est difficile d'envisager autre chose. Pourtant il a à maintes reprises montré ses limites.
    Absolument pas, les droits de la propriété intellectuelle sont très anciens et sans cesses défendus par les auteurs. C'est l'informatique connectée qui a peu à peu instauré des moyens de "piratage", qui a créé des limites aux auteurs dans la défense de leur travail.

    Bien qu'évidemment la vraie solution serait de faire évoluer le droit à ce sujet, pour permettre d'être libre en tout légalité.
    Ce sont effectivement des idéologies socialistes, qui en l'état ne sont pas implémentées dans le droit. Si un jour elles viennent à exister, les auteurs regretteront d'avoir créé et arriver à la spoliation totale. Et les futurs créateurs leur couperont toute envie créative.

  9. #9
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Quand un étudiant ou un développeur débutant pirate un outil qu’il ne peut pas se payer, commet-il une faute morale ou subit-il une inégalité d’accès au savoir numérique ?
    Il existait sûrement une alternative gratuite. (Gimp, Blender, Libre Office, etc)
    Mais parfois on a envie d'utiliser un outil qui est très utilisé dans le domaine.

    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Qu'ils essaient, soit ils laisseront tomber, soit ils feront carrière avec et pourront payer la licence.
    Parfois il existe une version démo, mais 1 mois c'est un peu court pour juger.

    Utiliser une copie de logiciel représente un risque. En plus d'être illégal ça peut infecter l'ordinateur.
    Donc c'est pas top, les utilisateurs préféreraient posséder la version officielle, mais parfois c'est trop cher.

    =====
    Il existe parfois une alternative légal (?), mais pas top. (les développeurs du logiciel ne touchent rien sur les ventes)
    Ce sont les sites de reventes de clés, on peut trouver des licences de logiciels pour pas cher.
    C'est pratique pour Windows, Microsoft Office, Kaspersky.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Le piratage logiciel est-il réellement un vol ou une construction rhétorique destinée à protéger des modèles économiques dépassés ?
    Selon comment on regarde la copie ce n'est pas du vol.
    Si on te vol ton vélo, tu n'as plus de vélo.
    Si quelqu'un t'emprunte un vinyle pour le ripper, t'as toujours ton vinyle.

    Copier une chanson c'est comme enregistrer un morceau qui passe à la radio sur une cassette.
    Bon maintenant ce sont des .flac sur Soulseek, mais c'est similaire.

    Faites gaffe il y a Hadopi, ils surveillent des trucs.

  10. #10
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    Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
    Ceux qui n'ont pas les moyens ont bien raison de craquer des logiciels payants.
    Qu'ils essaient, soit ils laisseront tomber, soit ils feront carrière avec et pourront payer la licence.
    Parfois il existe une version démo, mais 1 mois c'est un peu court pour juger.
    Je ne suis pas modérateur du forum, mais cela me paraît être de l'incitation à la copie illégale, donc des propos répréhensibles.

    Si quelqu'un t'emprunte un vinyle pour le ripper, t'as toujours ton vinyle.
    Ces arguments ne tiennent pas la route, juridiquement, la copie privée est autorisée à fin de sauvegarde de son propre original, pas la copie de sauvegarde d'un produit propriété d'un tiers. Les partisans du "piratage" créent volontairement souvent cette confusion, alors que sur le support physique original, les règles d'usage et les rappels à la loi y sont la plupart du temps répétées. De même pour les livres.

  11. #11
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    Je ne suis pas
    Le topic c'est Richard Stallman qu'arrive et qui dit, en gros : "allez-y copiez des logiciels, copiez de la musique, copiez des films".
    Je n'ai pas dis pire que lui…

    Le gars dit "on m'a donné des logiciels craqués, je ne les ai jamais essayé, mais si vous les voulez je vous les donne".

    =======
    Copié des œuvres ça peut te faire acheter plus de produits culturel au final.
    Comme les gens qui ont copié tous les épisodes d'une série pour ensuite acheter l'intégralité en coffret DVD.
    Parfois le gars qui copie va aller à plus de concerts, plus de séances de cinéma, etc.

    Généralement, copier ne fait pas tant de mal que ça.
    Mais ouais c'est illégal.

  12. #12
    Invité de passage

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    Là encore des arguments habituels.
    L'artiste et ses partenaires commerciaux attendent à la fois la rétribution pour le droit à l'écoute de l'enregistrement (CD, droit sur diffusion radio..) d'une part, d'autre part, le droit d'assister à un spectacle. Cela se cumule et l'un ne donne pas le droit d'accès à l'autre.

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