Les offres d'emploi pour les développeurs ont chuté de 80 % en France depuis 2023 pendant que le secteur technologique mondial est confronté à des vagues de licenciements massifs
d'après une étude
Le marché de l’emploi pour les développeurs en France serait en nette contraction. Le nombre d’offres d’emploi pour développeur publiées sur Indeed en France a fortement baissé en deux ans. L’indice montre que les annonces ont dégringolé de plus de 80 % entre janvier 2023 et juillet 2025. En comparaison, le nombre d'offres d'emplois pour développeur aux États-Unis a chuté d'environ 65 % sur la même période. La situation en France reflète la tendance globale du marché de l'emploi dans l'industrie, confrontée à des vagues de licenciements massifs depuis 2022. Le marché de l'emploi pour les développeurs en France a atteint son point le plus bas en cinq ans.
Les licenciements massifs dans l'industrie technologique mondiale perdurent, avec un impact considérable sur les travailleurs. La transition vers l'IA apparaît comme l'un des facteurs explicatifs de cette restructuration globale des entreprises. Bien que des signes de stabilisation aient été observés au printemps 2024, les données de juillet 2025 montrent que le secteur n’a toujours pas retrouvé son nouvel équilibre dans l’économie post-boom technologique.
En France, les données compilées par le site d'offres d'emploi Indeed montrent que « le nombre d'offres d'emploi sur le marché de l'emploi des développeurs est à son plus bas niveau depuis 2023 ». Cette dégringolade place le secteur technologique français dans une situation particulièrement critique.
Lente reprise du marché de l'emploi pour les développeurs en France
L’indice « Software Development Job Postings on Indeed in France », publié par la Réserve fédérale de Saint-Louis, montre une chute vertigineuse depuis 2023. En juillet 2025, les offres d’emploi pour les développeurs logiciels en France ont chuté de plus de 80 % par rapport à janvier 2023. On observe une légère hausse au printemps 2025, mais celle-ci est suivie d’un repli, indiquant que le marché ne se redresse pas de façon durable.
Après l’effondrement initial des offres d’emploi au début de la pandémie, le marché de l'emploi pour les développeurs en France a connu une reprise modérée entre 2021 et 2022. Le graphique (ci-dessus) montre que le marché a atteint son plus haut niveau en juillet 2022, avec une croissance de plus de 57 %.
Toutefois, certains critiques soulignent que ces chiffres pourraient ne pas refléter la situation réelle en France. Pour certains, le site de publication d'offres d'emploi Indeed est en perte de vitesse depuis quelques années, suggérant que ses chiffres pourraient ne pas être représentatifs du marché français. D'autre part, certains affirment que la chute est trop forte pour être attribuée entièrement à la baisse de popularité de Indeed, en deux années.
« Je crois en cette courbe, car en visitant pas mal de forums, France ou autre, c'est très pessimiste, et surtout qu'on pense que ça reprend à la rentrée, mais il faut faire gaffe, j'ai vu tellement d'offres en doublon, on m'a déjà contacté plusieurs fois dans la semaine pour la même offre par différent cabinet. Et comme la France a toujours un train de retard par rapport aux États-Unis, la courbe va continuer de redescendre », a souligné un commentateur.Envoyé par Critique
Certains ont également souligné le fait que cette évolution pourrait être liée au recul du phénomène des offres d'emploi fantôme en France. Les emplois fantômes font référence à des annonces de postes qui ne sont pas réellement ouverts. C'est-à-dire qu'il n’existe aucune réelle intention de recrutement pour les postes concernés. Il s'agit d'offres d'emploi pour lesquelles la durée de validité est parfois très longue, avec des fourchettes de salaires larges.
C'est un phénomène très fréquent dans l'industrie technologique et il peut servir plusieurs objectifs internes pour les entreprises. Selon une enquête réalisée en 2024 par MyPerfectResume, 81 % des recruteurs ont admis avoir publié des annonces pour des postes déjà pourvus ou qui n'existaient tout simplement pas. Certains employeurs le feraient afin de maintenir une présence sur les sites d'offres d'emploi et pour constituer un vivier de talents ».
L'après-boom technologique pèse sur l'emploi dans la technologie
Après des années d’expansion rapide, tirées par la transformation numérique accélérée par la pandémie, le secteur subit aujourd’hui un effet de correction. À cela s’ajoutent les licenciements massifs opérés à l’échelle mondiale depuis au moins 2022, qui continuent d’influencer le climat d’embauche. La France n’échappe pas à cette tendance : malgré une base de compétences solide, le marché reste contraint par une demande incertaine.
Tant que l’écosystème technologique n’aura pas absorbé les effets de cette phase de consolidation, l’emploi en développement logiciel pourrait rester sous pression. Cette stagnation prolongée contraste avec d'autres secteurs numériques qui, eux, montrent des signes plus nets de reprise. L'ingénierie logicielle semble particulièrement exposée aux cycles d’investissement des entreprises ; ces dernières se montrent prudentes dans leurs recrutements.
Les jeunes diplômés en informatique peinent à trouver un emploi en partie à cause de la montée en puissance de l'IA dans les entreprises. Elle accapare les tâches autrefois réservées aux débutants. Le marché global de l'emploi en informatique se rétrécit et les postes de débutants deviennent plus rares, avec une pression accrue sur les salaires et la stabilité. L'IA redéfinit les exigences de l'industrie et crée des incertitudes sur l'avenir des emplois.
Déjà plus de 80 000 licenciements dans le secteur technologique en 2025
Plus de 150 000 emplois ont été supprimés dans 549 entreprises en 2024. Depuis le début de cette année, plus de 80 000 travailleurs ont été victimes de réductions d'effectifs dans l'industrie. L'embauche de nouveaux talents a ralenti et celui de jeunes diplômés a chuté de 25 % en 2024. L'hécatombe de l'emploi se poursuit alors que l'IA et les agents d'IA redéfinissent les exigences de l'industrie et modifient les méthodes de travail classiques.
L'essor de l'IA générative permet aux entreprises d'automatiser des tâches et de rationaliser les opérations. Amazon prévoit de réduire son effectif au cours des prochaines années en raison de « l'efficacité accrue » permise par l'IA. Des entreprises comme Shopify et Duolingo ont indiqué que les futures embauches dépendraient de la possibilité d'automatiser les tâches, bien que certaines entreprises font marche arrière dans leur stratégie en matière d'IA.
De nombreuses entreprises s'orientent vers l'utilisation des agents d'IA, c'est-à-dire des robots autonomes capables de prendre des décisions et d'accomplir des tâches à la place des humains, comme payer une facture ou réacheminer des stocks si une catastrophe naturelle perturbe un itinéraire de transport routier. Ainsi, Walmart déploierait de tels agents d'IA afin de réduire jusqu'à 18 semaines le délai de production de ses vêtements en interne.
Le secteur est frappé par ce que les experts appellent la « Grande Hésitation ». Ce phénomène succède à la « Grande Démission » et se caractérise par une prudence accrue des entreprises en matière d'embauche, exacerbée par l'incertitude économique et l'essor de l'IA. Les entreprises prolongent leurs processus d'embauche, font appel à des travailleurs contractuels ou attendent les candidats qui remplissent toutes les conditions, et même plus.
Selon Global Work AI, des « spécialistes qualifiés » recherchent activement des emplois non qualifiés, notamment dans les domaines de la saisie de données, du service client et de l'assistanat, même si 62,75 % des demandeurs d'emploi ont suivi des études supérieures. Ils sont en concurrence avec l'IA pour ces postes.
S'agit-il d'une crise passagère ou d'un changement structurel ?
L'industrie technologique connaît aujourd'hui un taux de chômage exceptionnellement élevé, alors que l'IA générative remplace certains travailleurs et s'occupe des tâches autrefois réservées aux débutants. Les dirigeants du secteur technologique ont déclaré publiquement qu'ils n'avaient plus besoin d'autant de codeurs débutants et de travailleurs contractuels. Les dirigeants de Microsoft ont déclaré que l'IA générative aide à écrire environ 30 % de leur code.
Le chef de produit d'Anthropic a récemment déclaré que des ingénieurs chevronnés confiaient du travail au chatbot de l'entreprise, Claude, plutôt qu'à un employé humain de bas niveau. Le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, a prévenu que l'IA pourrait remplacer la moitié des travailleurs débutants dans les cinq prochaines années. Molly Kinder a déclaré qu'elle craint que les entreprises n'éliminent bientôt tout simplement le bas de l'échelle des carrières.
Selon elle, le sort des jeunes diplômés en technologie pourrait être un avertissement pour tous les cols blancs débutants. Les commentaires en ligne révèlent que les étudiants et les jeunes diplômés sont anxieux concernant l'avenir du secteur informatique. Ils n'ont pas peur de travailler dur, mais ils craignent d'investir du temps, de l'argent et des efforts pour finalement découvrir que les règles du jeu ont changé au moment où ils obtiennent leur diplôme.
Toutefois, selon certains analystes, ce n'est pas la fin des carrières dans le domaine technologique, c'est le début de quelque chose de nouveau. Selon eux, nous devons repenser la manière dont nous créons de la valeur. Si l'IA peut accomplir les tâches répétitives, quelles compétences propres à l'être humain pouvons-nous apporter ? La réponse à cette question définira les capacités nécessaires à prochaine génération de professionnels en informatique.
Conclusion
Le graphique ci-dessus montre que le marché de l’emploi pour les développeurs logiciels en France reste fragilisé. En juillet 2025, l’indice des offres publiées sur le site Indeed est légèrement en dessous de 60, ce qui indique un recul d’environ 40 % par rapport à la période pré-Covid. Malgré quelques signes de stabilisation observés début 2024, aucun rebond durable ne s’est confirmé. Le secteur ne s’est pas encore réajusté à l’après-boom technologique.
Le volume des offres reste nettement inférieur à ce qu’il était avant la crise. La reprise, si elle doit venir, se fait attendre. Il est important de noter que le phénomène n'est pas isolé à la France, puisque les offres d'emploi aux États-Unis connaissent également un déclin de plus de 65 % depuis janvier 2023.
Sam Altman, PDG d'OpenAI, a déclaré que les salaires des programmeurs montent en flèche en raison de la demande croissante pour les logiciels. Selon lui, les programmeurs sont désormais dix fois plus productifs grâce à l'aide de l'IA, mais que cette hausse de productivité, loin de menacer leurs emplois, fait grimper leurs revenus. Après avoir prédit l'hécatombe de l'emploi dans l'ingénierie logicielle, Sam Altman fait désormais marche arrière.
Sources : Federal Reserve Bank of St. Louis, Indeed
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Certains suggèrent que cette évolution pourrait être liée au recul du phénomène des offres d'emploi fantôme. Qu'en pensez-vous ?
Quid de la tendance sur le marché global de l'emploi des développeurs ? Selon vous, l'IA est-elle responsable de cette situation ?
S'agit-il d'une crise passagère ou d'un changement structurel ? Doit-on s'attendre à une reprise dans les prochains mois ?
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