Google déclare que les moteurs de recherche rivaux peuvent apparaître gratuitement sur les appareils Android en Europe,
le revirement fait suite à une amende de l'UE

Google a annoncé sur son blog le mardi 8 juin qu’elle laissera concourir gratuitement ses rivaux pour devenir le moteur de recherche par défaut des appareils Android en Europe, renforçant ainsi l'engagement pris il y a deux ans devant les autorités antitrust de l'UE. « Nous menons des discussions constructives avec la Commission européenne depuis de nombreuses années sur la manière de promouvoir encore plus de choix sur les appareils Android, tout en veillant à pouvoir continuer à investir dans la plateforme Android et à la fournir gratuitement sur le long terme », a indiqué l’entreprise.

Google a cédé à la pression de ses rivaux. Cette décision du concepteur du moteur de recherche Internet le plus populaire au monde intervient alors que les 27 pays de l'Union européenne étudient les règles qui pourraient être introduites l'année prochaine pour obliger Google, Amazon, Apple et Facebook à garantir des conditions de concurrence équitables. La loi antitrust est une loi qui s'oppose à l'entrave de la libre concurrence pratiquée par des groupements de producteurs visant à bénéficier d'un monopole. En vertu de cette loi, en juin 2017, la Commission européenne a infligé une amende record de 2,42 milliards d’euros au géant américain de la recherche en ligne Google pour abus de position dominante sur le marché des comparateurs des prix.

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Plus tôt le mois dernier, l'Autorité française de la concurrence a déclaré que l'outil de Google destiné à aider les sites Web et les applications à vendre des annonces donnait un avantage au système d'enchères publicitaires en ligne de Google par rapport aux échanges rivaux. Google a proposé de régler l'affaire en supprimant les obstacles qu'elle oppose à ses concurrents. Pour se mettre en conformité avec l’Autorité de la concurrence française, Google a proposé d’améliorer l’interopérabilité d’AdX avec les serveurs publicitaires gérés par d’autres sociétés et de supprimer d’autres obstacles auxquels les concurrents sont confrontés. L’accord n’a pas encore été approuvé par le conseil d’administration de l’autorité, qui pourrait rejeter l’accord. S’il est approuvé, l’accord pourrait être annoncé dans les semaines à venir, ont-ils déclaré.

Le système d'exploitation mobile Android de Google fonctionne sur environ quatre cinquièmes des smartphones dans le monde. Le géant technologique américain a déclaré en 2019 que les rivaux devraient payer via une vente aux enchères pour apparaître sur un écran de choix sur les nouveaux appareils Android en Europe, à partir duquel les utilisateurs sélectionnent leur moteur de recherche préféré. Le revirement de Google fait suite à une autre amende de 4,24 milliards d'euros (5,16 milliards de dollars) infligée en 2018 par la Commission européenne, l'autorité antitrust de l'UE, pour avoir utilisé Android de manière déloyale afin de cimenter la domination de son moteur de recherche.

« Nous apportons actuellement quelques modifications finales à l'écran multichoix, notamment en rendant la participation gratuite pour les fournisseurs de services de recherche éligibles. Nous allons également augmenter le nombre de fournisseurs de services de recherche affichés à l'écran », a écrit Oliver Bethell, directeur de Google, dans un billet de blog publié mardi.

Alors que les Gouvernements et certaines institutions ne cessent de mettre la pression sur les GAFAM en général, et sur Google en particulier, Bill Gates, cofondateur de Microsoft déclare : « Ne démantelez pas les géants de la technologie, cela n'arrêtera pas les comportements anticoncurrentiels, il est plutôt préférable de les réglementer ». Pour Bill Gates, il faut vraiment se demander si la meilleure chose à faire si l'on veut se débarrasser du comportement d'une entreprise, c'est de le démanteler comme le désir le sénateur américain Josh Hawley.

« Android offre aux utilisateurs plus de choix que toute autre plateforme mobile. Les gens peuvent choisir librement les applications qu'ils utilisent, qu'ils téléchargent et qu'ils définissent par défaut, et les études montrent que les Européens savent comment changer facilement de moteur de recherche s'ils le souhaitent. Android permet également à des milliers de développeurs et de fabricants de créer des entreprises prospères », a déclaré Google sur son Blog.

« Nous nous sommes conformés à une décision de 2018 qui nous obligeait à distribuer Search séparément de Google Play. En consultation avec la Commission, nous sommes ensuite allés encore plus loin en introduisant une opportunité promotionnelle pour les applications de recherche et les navigateurs et, par la suite, un écran de choix obligeant les utilisateurs d'Android à choisir un fournisseur de recherche par défaut. Dans les deux cas, nous avons équilibré l'introduction d'un choix supplémentaire pour les fabricants d'appareils et les utilisateurs par des modifications de nos conditions commerciales », précise l’entreprise.

Les changements annoncés par Google entreront en vigueur en septembre, la Commission a déclaré qu'elle avait discuté d'éventuels changements avec Google à la suite des préoccupations soulevées par un certain nombre de ses rivaux, ajoutant que les changements annoncés constituaient une évolution positive. Google a déclaré que les cinq moteurs de recherche éligibles les plus populaires dans chaque pays de l'UE selon StatCounter, y compris Google, seraient affichés dans un ordre aléatoire en haut de l'écran, tandis que jusqu'à sept moteurs seraient affichés en bas.

Dans un projet de loi visant à interdire toutes fusions et acquisitions, un sénateur américain a présenté en avril un plan pour démanteler les Big Tech anticoncurrentielles. Le sénateur américain Josh Hawley a présenté le Trust-Busting for the Twenty-First Century Act, une nouvelle législation visant à reprendre le contrôle des grandes entreprises et à le rendre au peuple américain. Le projet de loi du sénateur Hawley réprimera les fusions et acquisitions des mégacorporations et renforcera l'application des lois antitrust afin de poursuivre le démantèlement des entreprises dominantes et anticoncurrentielles.

« Un petit groupe de mégacorporations bienveillant contrôle les produits que les Américains peuvent acheter, les informations qu'ils peuvent recevoir et les discours qu'ils peuvent tenir. Ces pouvoirs monopolistiques contrôlent notre discours, notre économie, notre pays, et leur contrôle n'a fait que croître parce que Washington a aidé et encouragé leur quête d'un pouvoir sans fin », a déclaré le sénateur Josh Hawley sur son blog.


Ces critères incluent la nécessité d’être un moteur de recherche généraliste, d’être localisé dans la langue du pays concerné, d’exister sous la forme d’une application mobile pour Android et de fournir certaines indications techniques à Google en vue de pouvoir intégrer le moteur de recherche dans l’écran de choix. Selon les statistiques de StatcCounter pour la France, les cinq moteurs de recherche les plus utilisés sont Google, Bing, Yahoo, Ecosia et Qwant.

Auparavant, la société n'autorisait l'affichage sur les écrans Android que de quatre concurrents, choisis lors d'enchères distinctes pour chaque pays de l'UE. Cependant, DuckDuckGo, un moteur de recherche rival qui se plaint depuis longtemps du processus d'enchères, a déclaré que Google devait aller plus loin. « Google fait maintenant ce qu'il aurait dû faire il y a trois ans : un menu de préférences de recherche gratuit sur Android dans l'UE », a tweeté le PDG Gabriel Weinberg. « Cependant, il devrait être sur toutes les plateformes, par exemple aussi sur le navigateur de Google pour bureau, Chrome, accessible à tout moment, c'est-à-dire pas seulement lors d'une réinitialisation d'usine, et dans tous les pays ».

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Voir aussi :

Bill Gates : ne démantelez pas les géants de la technologie, cela n'arrêtera pas les comportements anticoncurrentiels, il est plutôt préférable de les réglementer, selon lui

Un sénateur américain présente un plan pour démanteler les Big Tech anticoncurrentielles, dans un projet de loi visant à interdire toutes fusions et acquisitions

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