Intel est l’un des plus grands fabricants de semi-conducteurs au monde, étant au cœur de l’extrêmement grande majorité des ordinateurs actuels. Connu pour son avance sur les processus de fabrication de processeurs depuis des dizaines d’années, la société perd sa position dominante sur le secteur : sa technologie en 10 nm devait voir le jour en 2015-2016, elle ne sera utilisée en volume qu’au début 2019 (certains processeurs l’utilisent déjà, mais le taux de rebut est trop important pour de grands volumes). Pendant ce temps, la concurrence n’attend pas : TSMC a déjà lancé la production de son processus en 7 nm (équivalent, d’un point de vue technique, au 10 nm d’Intel).

Sauf qu’Intel avait prévu que le développement de son 10 nm se passerait comme prévu. Ou pas trop loin. Conséquence : Intel sort plus de modèles de processeur exploitant son processus actuel, le 14 nm ou une de ses nombreuses variantes. Les nouveaux modèles ont plus de cœurs et sont donc plus gros : pour la même quantité de silicium, on fait donc moins de processeurs. Ainsi, la demande continue d’être forte, alors qu’Intel est en cours de transition vers le 10 nm (et prévoyait peut-être de faire passer certaines de ses usines 14 nm en 10 nm).

Il semblerait que cela crée quelques problèmes au niveau de l’approvisionnement : Intel n’a pas pu livrer toutes les puces H310 (des PCH, qui gèrent l’interconnexion entre le processeur et les périphériques) à peine un mois après son lancement. Intel n’avait tout simplement pas assez de capacité de production pour la demande… Il aura fallu quelques mois à Intel pour résoudre le problème.

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De même, le Z390 (également un PCH) pourrait ne pas voir le jour sous la forme souhaitée, il pourrait n’être que la gamme inférieure (Z370) sous un autre nom. La différence est importante : le Z370 est fabriqué avec un processus encore plus vieux, le 22 nm… ce qui libère de la place pour de la production en 14 nm. Le changement de processus de fabrication n’a pas tellement d’impact sur ce type de puce, d’où la relative possibilité d’intervertir les processus.

La réponse actuelle d’Intel est assez simple, il s’agit d’augmenter les capacités de production en 14 nm. Les besoins en processeurs 14 nm se poursuivront probablement pendant encore une bonne partie de 2019 et ces capacités serviront de toute façon après la transition vers le 10 nm : certaines puces n’ont pas besoin de processus très avancés (comme les PCH ou certaines formes de mémoire), d’autres produits ont des durées de vie assez importantes (FPGA, par exemple) ou ont des besoins qui ne seront pas forcément rencontrés aux débuts du 10 nm (les puces qui consomment énormément d’énergie, notamment), des clients d’Intel Custom Foundry pourraient être plus intéressés par du 14 nm que du 10 nm.

Source : Intel Can’t Crank Chips Out Fast Enough.