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Linux Discussion :

Linux 7.3-rc2 s’avère plus lourd que prévu : Torvalds en attribue la responsabilité à l’IA


Sujet :

Linux

  1. #1
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    Par défaut Linux 7.3-rc2 s’avère plus lourd que prévu : Torvalds en attribue la responsabilité à l’IA
    Le noyau Linux 7.3 corrige un problème de deadlock et introduit des heuristiques pour limiter le ralentissement quand la VRAM vient à manquer
    ce qui a un impact sur les GPU dotés de mémoire vidéo limitée

    Le noyau Linux 7.3 apporte des améliorations majeures pour optimiser la gestion de la mémoire vidéo (VRAM). Développées initialement par Natalie Vock chez Valve pour SteamOS, ces nouveautés permettent aux systèmes de mieux supporter l'overcommitment, évitant ainsi les plantages lorsque les jeux dépassent la capacité physique du processeur graphique. Le nouveau code résout un problème de deadlock complexe et introduit des heuristiques de régulation pour empêcher le transfert incessant de données entre la VRAM et la mémoire vive. Grâce à ces optimisations, les performances restent acceptables même en situation de saturation.

    Le noyau Linux 7.3 introduit des modifications importantes pour améliorer l'expérience de jeu sur les systèmes disposant d'une mémoire vidéo limitée. Ce travail vise à rendre la saturation de la VRAM beaucoup moins pénalisante, en particulier pour le pilote de cartes graphiques AMDGPU. Auparavant, dépasser la capacité physique de la VRAM provoquait souvent des effondrements de performance majeurs ainsi que des plantages de l'application.

    Désormais, le système gère cette surcharge de manière beaucoup plus fluide en permettant au GPU d'accéder plus efficacement à la mémoire système globale. Comme le souligne Natalie Vock : « avec ces correctifs, l'overcommit de la VRAM n'est pas vraiment un problème aussi important qu'on pourrait le penser au premier abord ». Cette optimisation est d'ores et déjà déployée dans les versions stables et préliminaires du SteamOS de Valve.

    Contraintes physiques et impact de l'overcommit de la VRAM

    Lorsqu'un jeu demande plus de VRAM qu'il n'en existe physiquement, le pilote doit déplacer ou évincer une partie des données vers la mémoire vive classique du processeur. Cependant, pour le processeur graphique, lire des données stockées dans la RAM système s'avère extrêmement lent, car l'accès doit obligatoirement transiter par le bus PCI Express, ce qui limite drastiquement la bande passante disponible et augmente la latence du système.

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    Par exemple, avec une connexion PCIe 4.0x16, la bande passante maximale utilisable est légèrement inférieure à 32 Go/s, soit environ 32,2 Mo de données transférables par milliseconde. Pour maintenir un affichage fluide à un minimum de 30 images par seconde, le temps d'affichage par image ne doit pas dépasser 33,3 millisecondes, limitant ainsi la quantité absolue de données évincées que le GPU peut récupérer à environ 1 Go par image.

    Si le GPU doit lire plus d'un gigaoctet de données par image hors de sa mémoire dédiée, l'objectif des 30 images par seconde devient physiquement impossible à atteindre. Néanmoins, l'impact réel de l'éviction varie considérablement selon la structure des accès à la mémoire et l'utilisation du cache.

    Si les données accédées tiennent dans le cache L2 du GPU (qui est de 6 Mo sur une architecture RDNA3), la latence d'accès reste inchangée, que la mémoire sous-jacente se trouve dans la VRAM ou dans la RAM du processeur. Mais un échec de cache obligeant à traverser le bus PCIe se traduit par une latence 7,3 fois plus élevée qu'un accès au cache de niveau supérieur (Infinity Cache) et 4,6 fois plus élevée qu'une lecture directe en VRAM.

    Résolution des blocages et intégration de drm_exec dans TTM

    Sur le plan de la stabilité, la saturation de la VRAM provoquait jusqu'ici des dysfonctionnements critiques. Le pilote graphique RADV renvoyait régulièrement l'erreur « radv/amdgpu: Not enough memory for command submission », car le noyau signalait une erreur d'absence de mémoire (-ENOMEM) au moment de soumettre les commandes graphiques, alors même que les allocations de ressources initiales avaient été acceptées sans problème.

    Cette anomalie s'expliquait par des conflits d'accès dans la gestion des verrous du noyau : à chaque soumission de commande, le pilote AMDGPU doit verrouiller les ressources mémoire référencées par le GPU pour éviter qu'une autre application ne les déplace. Si deux processus concurrents tentaient simultanément d'effectuer des soumissions tout en essayant d'évincer des ressources verrouillées par l'autre, ils se retrouvaient dans une situation d'interblocage réciproque (ou ABBA deadlock).

    Bien que le noyau Linux possède un mécanisme robuste de détection et de résolution des interblocages basé sur des boucles d'annulation et de reprise, la bibliothèque de gestion de mémoire partagée pour les GPU, nommée TTM, n'exploitait pas le gestionnaire de verrous standard drm_exec. En adaptant et en corrigeant des correctifs existants pour intégrer drm_exec au sein de TTM, Natalie Vock a réussi à éliminer ces échecs de verrouillage brutaux, transformant les plantages de jeux en de simples ralentissements gérables.

    Le problème du ping-ponging et des images de scanout contiguës

    Une fois les plantages résolus, les analyses ont révélé une autre anomalie de performance : le ping-ponging de la mémoire. Deux processus gourmands, à l'instar de gamescope et d'un jeu vidéo, passaient leur temps à s'évincer mutuellement les mêmes blocs de données de la mémoire vidéo, ce qui effondrait les performances à un niveau inférieur à celui obtenu si les données n'avaient jamais été déplacées en VRAM.

    Le principal coupable de cette instabilité était la mémoire d'affichage liée au scanout. Le matériel d'affichage nécessite que les images destinées à être projetées sur l'écran soient stockées dans un espace physique de la VRAM qui soit entièrement contigu, en contournant l'architecture de mémoire virtuelle du GPU.

    Lorsque la mémoire vidéo est saturée et fragmentée, le déplacement d'un espace de scanout hors de la VRAM, suivi de sa réintégration immédiate lors du rafraîchissement d'écran, poussait l'algorithme d'éviction très rudimentaire du noyau à faire de la place par la force. Natalie Vock a constaté que jusqu'à 4 Go de données de VRAM importantes étaient parfois vidés pour faire de la place à une unique image de scanout de seulement 32 Mo, provoquant des pauses de transfert de l'ordre de 130 millisecondes.

    Pour corriger ce problème, de nouvelles heuristiques d'attente ont été implémentées. Lors d'une éviction détectée, le pilote entre d'abord dans une phase de « restriction stricte » de quelques millisecondes durant laquelle il s'interdiet de rapatrier des données de l'application en VRAM. Il passe ensuite par une phase de « restriction souple » de plusieurs secondes où il réutilise l'espace VRAM qui se libère sans forcer l'éviction de données d'autres applications, avant de lever les restrictions une fois la stabilité retrouvée.

    L'étape finale de l'optimisation réside dans la capacité des applications à communiquer directement leurs besoins prioritaires au pilote graphique. Cela s'effectue grâce à l'extension Vulkan « VK_EXT_pageable_device_local_memory » et sa fonction associée « vkSetDeviceMemoryPriorityEXT ». Natalie Vock a connecté ces priorités d'applications à la liste de traitement d'éviction du noyau. Ainsi, au lieu d'évincer des ressources de manière aléatoire ou simplement chronologique, le noyau trie sa liste pour évincer en priorité absolue les blocs mémoire déclarés comme de faible importance par l'application.

    Bien que peu de jeux Vulkan natifs intègrent directement cette extension, la couche de compatibilité « vkd3d-proton » (utilisée pour traduire les jeux Direct3D 12 sous Linux) relaie automatiquement les priorités définies par les APIs de Microsoft vers le pilote Vulkan. Cette synergie de priorités rend les performances en cas de surcharge beaucoup plus stables dans le temps et permet des gains de performance allant jusqu'à 30 % dans les scénarios de forte saturation par rapport à une éviction non hiérarchisée.

    Résultats pratiques et performances mesurées en jeu

    L'efficacité de l'ensemble de ces optimisations a été démontrée à travers des tests poussés sur le jeu « Indiana Jones: The Great Circle». En configurant le titre de manière à solliciter 9 Go de mémoire sur un système équipé d'une carte graphique de 8 Go (soit 1 Go de surcharge stocké dans la RAM système), le jeu est resté parfaitement jouable, affichant un temps de calcul moyen de 19,6 millisecondes par image.

    En poussant l'exigence graphique à 10 Go (soit 2 Go de surcharge), la moyenne s'est établie autour de 29,8 millisecondes par image, bien qu'au prix d'une variabilité et de pics de saccades plus marqués. L'expérience globale démontre que malgré la baisse inévitable de performance liée à l'utilisation de la RAM système, le ralentissement reste tout à fait tolérable grâce à une coordination intelligente entre les applications, le pilote graphique et le système d'exploitation.

    Les modifications apportées au noyau pour améliorer la gestion de la VRAM devraient être intégrées au noyau Linux 7.3. Natalie Vock poursuit également ses efforts pour apporter encore davantage d’améliorations au comportement de gestion de la mémoire vidéo des pilotes GPU sous Linux.

    Qui en bénéficie le plus ?

    Ces changements sont particulièrement importants pour deux groupes. Les joueurs équipés de cartes graphiques plus anciennes disposant d’une mémoire vidéo (VRAM) limitée constateront moins de baisses de fréquence d’images lorsqu’ils poussent les paramètres à l’extrême. Les utilisateurs professionnels travaillant avec des textures volumineuses ou des scènes 3D complexes pourront continuer à travailler sans subir de blocages soudains.

    Les améliorations sont moins perceptibles sur les cartes graphiques haut de gamme dotées d’une mémoire vidéo abondante, mais même dans ce cas, la nouvelle gestion de la mémoire contribue à prévenir de rares cas limites.

    Les compromis à connaître

    Le nouveau système n’est pas parfait. Le transfert des tampons vers la mémoire vive du système introduit une latence ; vous pourriez donc constater une légère baisse de performances lorsque la mémoire vidéo est épuisée. Le noyau doit également décider quels tampons dégrader, et il ne fait pas toujours le bon choix. Dans certains cas, vous devrez peut-être encore ajuster les paramètres de l’application pour éviter d’atteindre les limites de la mémoire vidéo dès le départ.

    Linux 7.3 n'est qu'une première étape. Les futurs noyaux affineront probablement les politiques d'éviction et amélioreront la coordination entre les pilotes GPU et le sous-système mémoire. Des travaux sont également en cours pour rendre le recours à la mémoire vive du système plus efficace, réduisant ainsi la perte de performances lorsque la mémoire vidéo est épuisée. Pour l'instant, les changements apportés dans la version 7.3 font de Linux une plateforme plus fiable pour les charges de travail gourmandes en graphisme, même sur du matériel plus ancien.

    Si vous utilisez un système doté d’une mémoire VRAM limitée, la mise à niveau vers Linux 7.3 en vaut la peine. Ces améliorations ne rendront pas votre GPU plus rapide, mais elles permettront à votre système de rester utilisable lorsque la mémoire viendra à manquer.

    Quelques autres nouveautés du noyau Linux 7.3

    Toutes les mises à jour relatives aux SoC ont été intégrées au noyau Linux 7.3 ; elles comprennent l’ajout de nouveaux SoC ainsi que la dépréciation de plusieurs anciennes plateformes ARM 32 bits. En conséquence de cette dépréciation, « des centaines » de pilotes se retrouvent désormais orphelins. Parmi les nouveaux SoC ajoutés à l'arborescence principale avec Linux 7.3, on trouve les Apple M3 Pro/Max/Ultra, le Samsung Exynos 1580, le Canaan K210, le Sophgo SG2000, le Qualcomm Shikra et l'Altera Agilex72, qui utilisent tous des cœurs Cortex-A720.

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    Les joueurs sous Linux qui disposent d'un matériel d'entrée de gamme seront ravis d'apprendre que la mise à jour du planificateur de Peter Zijlstra a enfin été intégrée à Linux 7.3. Cela apporte des améliorations considérables au niveau du « frame pacing », en particulier sur le matériel de la classe « potato ».

    Techniquement parlant, il modifie l’EEVDF pour qu’il s’appuie sur une seule file d’attente d’exécution (runqueue) dans certaines situations liées aux cgroups. Cela permet de réduire la fluctuation liée à la replanification, qui a toujours eu un effet plutôt néfaste sur le rythme d’affichage des images (frame pacing) sur le matériel bas de gamme et de dernière génération. Comme mentionné précédemment, les résultats sont assez impressionnants.

    Lors de tests sur un système équipé de ce qui semble désormais être un processeur Intel Sandy Bridge (Core i7 2600K) préhistorique, associé à une carte graphique AMD Radeon RX 580 Polaris, la logique de planification améliorée susmentionnée a montré des gains de performances prometteurs lors de tests de performance sous charges intensives. Les temps d'affichage ont également connu une hausse spectaculaire (image ci-dessus).

    Les véritables passionnés de Linux savent que l'adoption des modifications dans le noyau principal est un processus plutôt lent. Cependant, CachyOS, la distribution basée sur Arch qui privilégie les performances, a déjà annoncé que ces modifications seraient bientôt intégrées, même si aucun délai précis n'a été communiqué.

    Source : billet de blogue

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des amélioration apportées à la gestion de VRAM sous Linux ?

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  2. #2
    Communiqués de presse

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    Par défaut Linux 7.3-rc2 s’avère plus lourd que prévu : Torvalds en attribue la responsabilité à l’IA
    La version 7.3-rc2 du noyau Linux s'avère plus lourde que prévu, Linus Torvalds en attribue la responsabilité à l'IA, « car que ce soit vraiment la cause ou non, c’est une cible facile »

    Linus Torvalds a publié Linux 7.3-rc2 le 6 septembre 2026, dans son message dominical habituel sur la liste de diffusion du noyau Linux. Il a décrit cette version comme inhabituellement volumineuse pour une étape du cycle qui offre généralement aux développeurs une courte pause après la clôture de la fenêtre de fusion. Les corrections apportées aux outils ont représenté environ 20 % du volume des correctifs hors pilotes, le reste étant constitué de contributions concernant le système de fichiers, le noyau central et les réseaux. Torvalds a consacré une partie de son message à tenter d’identifier la raison de la taille de cette version, sans parvenir à une conclusion définitive. Aucun élément ne pouvant à lui seul expliquer le total, Torvalds s’est rabattu sur une explication plus légère. « On va évidemment tous mettre ça sur le compte de l’IA », a-t-il écrit.

    Le noyau Linux est un noyau libre et open source  de type Unix utilisé dans de nombreux systèmes informatiques à travers le monde. Créé par Linus Torvalds en 1991, il a rapidement été adopté comme noyau du système d’exploitation GNU, conçu pour remplacer librement Unix. Depuis la fin des années 1990, il est intégré à de nombreuses distributions de systèmes d’exploitation, dont beaucoup portent le nom de Linux. Android, utilisé dans de nombreux appareils mobiles et embarqués, est l’un de ces systèmes d’exploitation basés sur le noyau Linux.

    Linus Benedict Torvalds, né le 28 décembre 1969, est un ingénieur en informatique finlandais et américain, créateur et développeur principal du noyau Linux depuis 1991. Il est également l'auteur du système de contrôle de version distribué Git. En 2006, environ 2 % du noyau Linux avait été écrit par Torvalds. Malgré les milliers de personnes qui y ont contribué, son pourcentage reste l'un des plus élevés. Il a toutefois déclaré en 2012 que sa contribution personnelle consistait désormais principalement à intégrer du code écrit par d'autres, et qu'il ne programmait plus que très peu. Il conserve le pouvoir suprême de décider quels nouveaux codes sont intégrés au noyau Linux standard.

    En août, un rapport a révélé que le noyau Linux 7.3 apportera des améliorations majeures pour optimiser la gestion de la mémoire vidéo (VRAM). Développées initialement par Natalie Vock chez Valve pour SteamOS, ces nouveautés permettent aux systèmes de mieux supporter l'overcommitment, évitant ainsi les plantages lorsque les jeux dépassent la capacité physique du processeur graphique. Le nouveau code résout un problème de deadlock complexe et introduit des heuristiques de régulation pour empêcher le transfert incessant de données entre la VRAM et la mémoire vive. Grâce à ces optimisations, les performances restent acceptables même en situation de saturation.

    Récemment, Linus Torvalds a publié Linux 7.3-rc2 le 6 septembre 2026, dans son message dominical habituel sur la liste de diffusion du noyau Linux. Il a décrit cette version comme inhabituellement volumineuse pour une étape du cycle qui offre généralement aux développeurs une courte pause après la clôture de la fenêtre de fusion. Au lieu de cela, les rapports de bogues et les correctifs sont arrivés tôt et en grand nombre.

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    Les principales améliorations du noyau Linux 7.3-rc2

    Le code source est désormais disponible sur kernel.org, et les testeurs du noyau ainsi que les responsables de distributions sont encouragés à effectuer des cycles de validation sur les pilotes et les outils avant que le cycle ne se poursuive. Les corrections apportées aux outils ont représenté environ 20 % du volume des correctifs hors pilotes, le reste étant constitué de contributions concernant le système de fichiers, le noyau central et les réseaux.

    Comme d’habitude, les pilotes ont représenté la majeure partie du diff total. Côté réseaux, TCP et IPv6 ont bénéficié de corrections ciblées, le serveur SMB ksmbd a reçu des corrections de sécurité mémoire, et NTFS et XFS ont tous deux fait l’objet d’ajustements. Les modifications graphiques ont concerné le pilote DRM d’AMD et le pilote open source Nouveau pour le matériel NVIDIA.

    Parmi les changements spécifiques, la rc2 comportait une correction du planificateur pour les dysfonctionnements de la planification « Cache Aware Scheduling » sur les processeurs hybrides combinant des cœurs de performance et d’efficacité. Le développeur Kees Cook a également effectué une conversion à l’échelle de l’arborescence à l’aide d’un script Coccinelle, transférant davantage d’appels kmalloc() vers la nouvelle famille de fonctions kmalloc_obj() dans des centaines de fichiers.

    Le pilote Nouveau a bénéficié d’une série de corrections d’affichage pour les GPU Blackwell actuels de NVIDIA, intégrées dans le pull DRM juste avant la version rc2. Le développeur de Nouveau, Mohamed Ahmed, a indiqué que ces corrections couvraient quatre groupes distincts de problèmes liés au processeur système du GPU, notamment des corrections concernant les trames d’informations du fournisseur HDMI sur le matériel GB20x, les décalages du registre HDMI GCP AVMute et les interruptions vblank sur les cartes Blackwell.

    Ahmed a expliqué que ce travail s’inscrivait dans le cadre des efforts continus visant à intégrer la prise en charge de la norme HDMI 2.1 au pilote Nouveau et à assainir son code de gestion de l’affichage. Il a cité la limite de fréquence d’horloge de pixels à 2,147 GHz comme exemple d’un problème qui ne cause pas encore de dysfonctionnements visibles, mais qui doit être corrigé avant que des fonctionnalités telles que FRL, DSC et VRR puissent fonctionner correctement.

    Une autre modification désactive par défaut la fonctionnalité de sécurité RandStruct sur les systèmes disposant d’une chaîne d’outils de compilation Rust utilisable. Les développeurs ont procédé à cette modification afin de contourner une dépendance circulaire entre RandStruct et la prise en charge de Rust par le noyau.

    Pourquoi cette version est inhabituellement volumineuse ?

    Torvalds a consacré une partie de son message à tenter d’identifier la raison de la taille de cette version, sans parvenir à une conclusion définitive. Il a d’abord évoqué une intégration tardive provenant du sous-système de détection et de correction d’erreurs (EDAC), qui avait été négligée pendant la fenêtre de fusion, puis a jugé cette explication trop mineure en soi pour justifier l’augmentation.

    Il a décrit plusieurs systèmes de fichiers ayant envoyé des correctifs simultanément, ainsi qu’un pull DRM de taille importante, des correctifs liés au réseau et au BPF, et des contributions provenant de plusieurs arborescences de pilotes intégrées au cours de la même fenêtre. Aucun élément ne pouvant à lui seul expliquer le total, Torvalds s’est rabattu sur une explication plus légère. « On va évidemment tous mettre ça sur le compte de l’IA », a-t-il écrit, sans préciser si des outils d’intelligence artificielle étaient réellement à l’origine de cette augmentation.

    Les contributions générées par l’IA et les grands modèles de langage (LLM) n’ont cessé d’affluer tout au long du cycle Linux 7.3. Le co-responsable du noyau, Greg Kroah-Hartman, avait déjà signalé que ce cycle risquait d’être difficile, en publiant début septembre sur social.kernel.org que « ce cycle -rc s’annonce difficile » après avoir filtré sa boîte de réception à la recherche de soumissions concernant le sous-système USB de Linux.

    Kroah-Hartman a indiqué que sa file d’attente filtrée comptait 1 732 messages sur 4 807 liés au sous-système USB lorsqu’il a publié son premier message, un chiffre qu’il a ramené à 1 094 sur 4 170 après avoir écarté les corrections les plus évidentes. Il a ajouté que le traitement des contributions générées par l’IA prenait du temps, même lorsqu’un correctif était manifestement erroné, car il ne souhaitait pas rejeter de véritables corrections de bogues au passage — une tension qui s’est déjà manifestée dans les versions candidates de Linux et qui fait écho à des constatations plus générales du secteur concernant le code généré par l’IA et les révisions de sécurité.

    Mais la position de Linus Torvalds vis-à-vis de l’IA semble s’assouplir. Après avoir souligné qu’en 2024, la technologie de l’IA relevait à 90 % du marketing et à 10 % de la réalité factuelle, Torvalds a déclaré que Linux n’est pas un projet « anti-IA », et que toute personne qui y voit un problème peut soit s’en détourner, soit créer un fork du noyau. Torvalds a admis que l’IA n’était pas parfaite, mais il estime que quiconque souligne les problèmes de cette technologie ferait mieux de se regarder dans le miroir et de se pointer du doigt en même temps. Les commentaires de Torvalds suggèrent que l’IA a déjà dépassé le stade expérimental pour Linux, même si les développeurs sont encore confrontés à la charge de travail supplémentaire, aux correctifs discutables et à l’alourdissement occasionnel du noyau qu’elle engendre.

    Le cycle 7.3 était déjà volumineux avant l’arrivée de la rc2. Linux 7.3-rc1 a atteint 40,98 millions de lignes de code le 30 août, composées de 30 937 090 lignes de code, 4 912 366 lignes de commentaires et 5 134 418 lignes vides, contre 40,42 millions de lignes dans Linux 7.2. Une grande partie de cette augmentation provenait d’un nouvel ensemble d’en-têtes de registres graphiques AMD DCN6, qui, selon Torvalds, représentait environ un tiers de l’ensemble du patch rc1.

    Torvalds a également profité de l’annonce de la version rc1 pour décrire une mise à niveau du système qu’il avait effectuée au milieu de la fenêtre de fusion. « Un imbécile de première », s’est-il qualifié lui-même pour avoir supposé que tout se passerait sans encombre. Il a précisé que la situation était entièrement de son fait et que le problème avait été résolu sans conséquences durables sur la fenêtre de fusion.

    Aucun problème architectural systémique n’a été détecté malgré le volume plus important de correctifs. La sortie de la version stable Linux 7.3 est prévue pour le 18 octobre, avec un éventuel report au 25 octobre si le rythme des correctifs reçus ne ralentit pas dans les semaines à venir.

    Annonce du noyau Linux 7.3-rc2 par Linus Torvalds

    Voici l'annonce de Linus Torvalds :

    Encore un dimanche après-midi, encore une version -rc.

    Cette version rc2 ne m’a pas *semblé* particulièrement chargée, mais elle l’était clairement. La rc2 est généralement la période la plus , où les gens reprennent leur souffle après la fenêtre de fusion et où il faut un certain temps avant de commencer à trouver des bogues. Mais pas cette fois-ci : c’est une version rc « bien remplie ».

    Et cela ne tient pas à une seule cause. J’aimerais pointer du doigt le pull EDAC tardif qui avait été oublié et qui n’avait pas eu lieu pendant la fenêtre de fusion, mais honnêtement, c’est un détail relativement mineur. Non, la rc2 a vu plusieurs systèmes de fichiers envoyer leurs corrections, et il y a un pull drm assez volumineux avec de nombreuses corrections éparpillées. Sans oublier les corrections envoyées par les équipes réseau et bpf. *Et* un certain nombre d’arborescences de pilotes également.

    Il y a donc un peu de tout ici — y compris les outils, qui représentent environ 20 % de l’ensemble du patch (principalement sched_ext et selftests). En fait, en dehors des pilotes (qui dominent toujours), les outils constituent la plus grande source de modifications (suivis des systèmes de fichiers, du noyau central, puis des réseaux).

    Rien ne semble particulièrement étrange, même si le timing de la RC2 est un peu inhabituel. C’est peut-être juste un hasard, mais on va évidemment tous mettre ça sur le compte de l’IA, car que ce soit vraiment la cause ou non, c’est une cible facile

    Linus

    Source : Annonce de Linus Torvalds

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette annonce est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Linus Torvalds fustige les rapports de bogues générés par l'IA qui perturbent le développement du noyau Linux avec la version 7.1 RC4, notamment un flot chaotique de rapports en double générés par l'IA

    Linux approche du record de 2 000 vulnérabilités corrigées par version : les outils d'IA scrutent les 40 millions de lignes de code du noyau, laissant les mainteneurs submergés par l'afflux de CVE

    « Rust sauvera Linux de l'IA », affirme Greg Kroah-Hartman dans le cadre d'une critique de l'usage de l'intelligence artificielle pour trouver les bogues au sein du code du noyau écrit en langage C
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