L'administration de Donald Trump interdit les nouveaux robots humanoïdes et quadrupèdes chinois, ainsi que les onduleurs, invoquant des « risques inacceptables » pour la sécurité nationale du pays
Washington a intensifié son bras de fer technologique avec Pékin : l'administration Trump vient d'interdire l'importation de nouveaux robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués en Chine, ainsi que d'onduleurs destinés aux centres de données et aux parcs solaires, invoquant des « risques inacceptables » pour la sécurité nationale. La Commission fédérale des communications (FCC) a ajouté ces deux catégories à sa « liste des produits couverts », avertissant que ces appareils pourraient être contrôlés à distance ou utilisés à des fins de surveillance par des services de renseignement étrangers. Pékin a qualifié cette mesure de « politisée » et « sans fondement » et a menacé de prendre des contre-mesures. Il s'agit du dernier point de friction en date entre les deux pays, après les restrictions sur les semi-conducteurs, les droits de douane sur les véhicules électriques et la crise des exportations de terres rares de l'année dernière.
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'un durcissement accru de la stratégie de Washington visant à contenir l'influence technologique de la Chine. En avril 2026, les États-Unis avaient déjà accusé la Chine de mener des « campagnes délibérées à l'échelle industrielle pour distiller les systèmes d'IA de pointe américains ».
Dans un mémo adressé aux agences fédérales, le bureau du conseiller en science et technologie de la Maison-Blanche (OSTP) affirmait que ces opérations reposaient sur des milliers de comptes mandataires ainsi que sur des techniques de contournement des garde-fous permettant d'extraire des informations propriétaires et de développer des modèles comparables à moindre coût. Pékin a rejeté ces accusations, tandis que DeepSeek, implicitement visé, dévoilait son modèle V4 le lendemain de ces allégations.
Dans ce contexte de tensions, l'administration Trump a annoncé, le mardi 28 juillet 2026, l'interdiction des nouvelles importations de robots humanoïdes fabriqués à l'étranger, en raison de « risques inacceptables » pour la sécurité nationale américaine.
Cette mesure s'applique aux robots de pointe, notamment aux robots humanoïdes et aux machines à quatre pattes. Bon nombre d'entre eux sont fabriqués en Chine, qui est en concurrence avec les États-Unis dans le domaine du développement de la robotique et de l'intelligence artificielle (IA).
La FCC a également interdit les importations d'onduleurs – des appareils utilisés dans les centres de données et les panneaux solaires – qui, selon elle, pourraient constituer un risque pour l'économie américaine.
L'ambassade de Chine à Washington a déclaré que Pékin s'opposait depuis longtemps à la « politisation » des questions commerciales par les États-Unis et aux sanctions fondées sur des « prétextes sans fondement ».
Le président de la FCC, Brendan Carr, a déclaré que l'agence apportait sa contribution « pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement essentielles des États-Unis ».
La FCC a ajouté ces produits à sa « liste des biens et services couverts » (Covered List), un registre répertoriant les biens et services considérés comme présentant un risque pour la sécurité nationale américaine.
Cette interdiction s'applique aux nouveaux dispositifs robotiques de pointe et onduleurs fabriqués à l'étranger ; elle n'empêche toutefois pas la vente ou l'importation de modèles existants ayant déjà été autorisés par la FCC.
La FCC a invoqué des craintes selon lesquelles l'utilisation d'onduleurs fabriqués à l'étranger pourrait permettre à des entreprises étrangères de les désactiver, de voler des données, de faciliter l'accès à distance et la surveillance par des « acteurs gouvernementaux étrangers », ou encore de les exploiter d'une autre manière par le biais d'une cyberattaque.
Elle a ajouté que l'utilisation de robots fabriqués en dehors des États-Unis pourrait permettre à « des acteurs malveillants de surveiller les Américains, de renforcer les capacités des services de renseignement étrangers ou de prendre le contrôle à distance de ces robots ».
L'ambassade de Chine à Washington a également déclaré que Pékin « prendrait toutes les mesures nécessaires » en réponse à toute initiative portant atteinte à ses intérêts, exhortant tous les pays à collaborer pour développer l'IA « dans un esprit positif et pour le bien de tous ». Elle a appelé les États-Unis à « abandonner leur mentalité hégémonique et à cesser de dénigrer les entreprises chinoises et de les menacer de sanctions ».
Les exportations chinoises font l'objet d'une surveillance étroite de la part des États-Unis, alors que l'administration Trump tente de remédier aux déséquilibres commerciaux avec la deuxième économie mondiale.
Bien qu'elle soit le premier exportateur mondial de véhicules électriques, la Chine s'est retrouvée de fait exclue du marché américain en raison d'un droit de douane très élevé.
Washington a également interdit la vente de semi-conducteurs américains de pointe à la Chine afin de protéger la sécurité nationale, de freiner la modernisation militaire de Pékin et de préserver l'avance des États-Unis dans le domaine de l'IA.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a averti que les entreprises chinoises spécialisées dans l'IA pourraient faire l'objet de sanctions suite à des allégations selon lesquelles elles auraient volé la propriété intellectuelle américaine. En réponse, le gouvernement chinois a déclaré que le développement de l'IA dans son pays était « le fruit de son propre dévouement et de ses propres efforts, ainsi que de la coopération internationale ».
Les États-Unis auront à cœur d'éviter que ne se reproduise la crise des chaînes d'approvisionnement provoquée l'année dernière lorsque la Chine a renforcé ses contrôles à l'exportation sur les terres rares, indispensables à l'industrie électronique.
Les entreprises technologiques chinoises ont rapidement mis au point des robots humanoïdes destinés à être utilisés notamment dans les usines et les foyers. Elles se sont également empressées de commercialiser leurs machines auprès des entreprises et du grand public, devançant ainsi leurs concurrents américains dans le domaine des robots humanoïdes, tels que Tesla (dirigée par Elon Musk) et Boston Dynamics.
Alors que Washington élargit les restrictions visant les technologies chinoises au nom de la sécurité nationale, les tensions s'étendent désormais au secteur de I'IA. Anthropic a récemment demandé que des sanctions soient prises contre Alibaba, accusant le groupe chinois d'avoir mené la plus importante opération de clonage de son modèle d'IA Claude.
Selon Anthropic, des sociétés affiliées à Alibaba et à son laboratoire d'IA auraient réalisé 28,8 millions d'échanges avec Claude entre le 22 avril et le 5 juin 2026, en utilisant près de 25 000 comptes frauduleux, afin d'en extraire les capacités. L'entreprise d'IA a saisi la commission sénatoriale américaine des affaires bancaires, du logement et des affaires urbaines, dénonçant une tentative « effrontée » et « illégale » de s'approprier sa propriété intellectuelle.
Ces accusations s'inscrivent dans un contexte plus large de soupçons concernant l'exploitation de modèles d'IA américains par des entreprises chinoises. Quelques mois après qu'Anthropic et OpenAI ont accusé des entreprises chinoises de leur avoir volé leurs modèles par le biais de la distillation, Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor, a affirmé que les enquêteurs avaient identifié des « filigranes » de grands modèles de langage américains dans des systèmes d'IA chinois.
Selon Scott Bessent, ces éléments pourraient justifier des sanctions si des entreprises chinoises étaient reconnues coupables d'avoir tiré profit d'un vol de propriété intellectuelle. Ces allégations interviennent alors que les modèles open source chinois gagnent en compétitivité face à leurs homologues américains, accentuant ainsi la rivalité technologique entre les deux puissances.
Source : FCC
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