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Intelligence artificielle Discussion :

Pourquoi la Chine met-elle gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d'IA ?


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #1
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    Par défaut Pourquoi la Chine met-elle gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d'IA ?
    Le président chinois Xi Jinping appelle les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration et le partage » et s'engage à créer des centres de coopération dédiés aux applications de l'IA

    Le président chinois, Xi Jinping, a profité de l'ouverture de la Conférence mondiale sur l'intelligence artificielle (IA) à Shanghai pour positionner Pékin comme le fer de lance de l'IA open source. L'homme d'État a appelé les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration et le partage », tout en mettant en garde toute nation qui ferait passer ses propres intérêts en matière de sécurité avant ceux des autres, une critique sans équivoque, bien que non explicite, des contrôles américains sur les technologies d'IA. Xi Jinping s'est par ailleurs engagé à soutenir les pays en développement grâce à des programmes de formation à l'IA et à créer des centres de coopération pour l'application de l'IA. Cette annonce est intervenue au lendemain du lancement par Pékin de la WAICO, une initiative regroupant 29 pays et concurrente de l'initiative « Pax Silica » menée par les États-Unis, renforçant ainsi la volonté de la Chine de redéfinir les règles de la gouvernance mondiale en matière d'IA.

    L'offensive diplomatique de Pékin en faveur d'une IA ouverte s'inscrit dans une stratégie d'ensemble visant à renforcer son autonomie technologique. Depuis plusieurs années, la Chine investit massivement dans le développement de son industrie de semi-conducteurs avancés, qui sont indispensables aux systèmes d'IA. Cette ambition a donné lieu à ce que plusieurs sources occidentales qualifient de « projet Manhattan » chinois des puces IA, en référence à un effort national coordonné visant à réduire, puis à éliminer, la dépendance du géant asiatique aux technologies occidentales, notamment aux équipements de pointe dominés par des entreprises telles qu'ASML.

    Xi Jinping est un homme politique chinois qui occupe la fonction de dirigeant suprême de la Chine. Il est secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) et président de la Commission militaire centrale du Parti (CMC) depuis 2012, ainsi que président de la République populaire de Chine et président de la Commission militaire centrale de l'État depuis 2013.

    Le vendredi 17 juillet dernier, lors de la cérémonie d'ouverture de la Conférence mondiale sur l'IA 2026 à Shanghai, le président chinois a saisi l'occasion pour présenter la Chine comme le principal défenseur de l'IA open source, s'engageant à fournir des ressources aux pays en développement et positionnant Pékin comme une alternative à l'approche de Washington en matière de régulation de cette technologie.

    Dans un discours liminaire prononcé lors de la conférence, connue sous le nom de WAIC, Xi Jinping a appelé les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration et le partage » et a mis en garde contre toute nation qui ferait passer ses propres intérêts en matière de sécurité avant ceux des autres, des propos largement interprétés comme une référence aux contrôles à l'exportation américains sur les puces de pointe et les technologies d'IA. Xi Jinping n'a pas cité les États-Unis nommément.


    Xi Jinping a annoncé que la Chine mettrait à la disposition des pays en développement 5 000 places dans des programmes de formation et des séminaires consacrés à l'IA au cours des cinq prochaines années, et s'est engagé à créer des centres de coopération en matière d'applications de l'IA en collaboration avec l'ASEAN, la Ligue arabe, l'Union africaine, les BRICS et d'autres grands blocs régionaux. Il a également déclaré que la Chine étendrait l'accès à un système d'alerte météorologique basé sur l'IA à 30 pays.

    Ce discours a été prononcé au lendemain de la signature, par 29 pays, d’un accord visant à créer l’Organisation mondiale de coopération en matière d’IA (WAICO), dont le siège sera situé à Shanghai. Xi Jinping a qualifié cette nouvelle organisation de « jalon dans l’histoire du développement mondial de l’IA », affirmant qu’elle répondait aux appels des pays du Sud, qui réclament depuis longtemps davantage de poids dans la gouvernance de l’IA.

    Ce discours a constitué l’expression la plus claire à ce jour des ambitions de la Chine de façonner la gouvernance mondiale de l’IA, en présentant ses modèles open source comme un bien public et en proposant un contrepoids à l’influence de Washington sur ce secteur. L'initiative WAICO fait concurrence à l'initiative « Pax Silica » menée par les États-Unis, qui compte 35 pays signataires, contre 29 pour la WAICO. Une source proche de la position américaine a indiqué que le Kazakhstan était le seul pays à figurer sur les deux listes de membres, affirmant que ce chevauchement minime montrait que la plupart des nations de la coalition de Washington avaient refusé de soutenir l'initiative rivale de Pékin.

    Xi Jinping a également abordé la question de la sécurité de l'IA, appelant à une supervision humaine des systèmes d'IA et exhortant les pays à mettre en place des mécanismes d'alerte précoce et d'intervention d'urgence. Il s'agit là de ses remarques les plus détaillées sur le sujet à ce jour.

    La conférence WAIC s'est déroulée jusqu'au 20 juillet. Parmi les participants figuraient le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le président kazakh, Kassym-Jomart Tokayev, et le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul.

    Le contexte de cette conférence reflète une évolution du paysage concurrentiel. Les modèles d'IA chinois à poids ouvert ont réduit l'écart de performances avec les systèmes américains tout en les devançant sur le plan des prix, et l'adoption des modèles open source chinois s'est généralisée au sein des communautés mondiales de développeurs.

    Récemment, la start-up chinoise Moonshot AI a dévoilé Kimi K3, un modèle open source de 2 800 milliards de paramètres doté de capacités de vision natives et d'une fenêtre contextuelle d'un million de jetons. Selon l'Intelligence Index du site de benchmarking indépendant Artificial Analysis, Kimi K3 surpasse Claude Opus 4.8 d'Anthropic et GPT-5.6 Terra d'OpenAI, se classant à seulement quelques points derrière Claude Fable 5 et GPT-5.6 Sol.

    Cet élan en faveur de l'IA open source intervient alors que Pékin envisage une éventuelle riposte : des responsables ont rencontré Alibaba, ByteDance et d'autres acteurs pour discuter d'éventuelles restrictions concernant l'accès depuis l'étranger aux modèles d'IA les plus performants de Chine, une source de tension que le discours de Xi Jinping n'a pas abordée directement.

    Ce développement s'inscrit dans un contexte où l'adoption mondiale des modèles d'IA open source chinois a presque triplé au cours de l'année écoulée. Selon le rapport State of AI d'OpenRouter, leur part d'utilisation est ainsi passée de 13 % à près de 30 % en 2025, grâce notamment à DeepSeek et Qwen d'Alibaba. Basée sur l'analyse de plus de 100 000 milliards de jetons couvrant plus de 300 modèles, cette étude révèle une évolution du marché, où la domination des modèles propriétaires laisse progressivement place à un écosystème plus concurrentiel, caractérisé par la montée en puissance de l'open source.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous cette initiative de la Chine crédible ou pertinente ?

    Voir aussi :

    La Chine a pratiquement effacé l'avance historique des États-Unis en matière d'IA et son vivier de talents ne cesse de s'agrandir, tandis que l'attractivité américaine pour les talents mondiaux s'érode

    Les États-Unis accusent la Chine de voler leur IA « à l'échelle industrielle » via la technique de distillation : Pékin dénonce une « calomnie » et DeepSeek, visé implicitement, publie son modèle V4

    DeepSeek, la start-up chinoise spécialisée dans l'IA qui a fait perdre près de 600 milliards $ à Nvidia en une seule journée avec le lancement de son modèle R1, s'apprête à dévoiler son prochain modèle d'IA

    La Chine est le pays qui adopte le plus l'IA générative, 83 % des décideurs Chinois interrogés ayant déclaré utiliser l'IA générative, la technologie sur laquelle repose ChatGPT
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  2. #2
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    Par défaut Pourquoi la Chine met-elle gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d'IA ?
    Pourquoi la Chine met-elle gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d’IA ? Aux États-Unis, ces systèmes séduisent par leur prix abordable et leur efficacité
    semant la panique à la Maison Blanche

    Les entreprises technologiques chinoises bouleversent le secteur de l'IA grâce à des modèles comme Kimi K3 et DeepSeek. Ces systèmes gagnent rapidement en popularité, car ils s'avèrent plus abordables et souvent plus performants que leurs concurrents américains pour les tâches quotidiennes. Contrairement aux systèmes d'IA fermés d'OpenAI ou d'Anthropic, la Chine privilégie une approche ouverte, permettant à tout le monde d'intégrer et de personnaliser ces outils plus librement. Cette percée suscite des craintes à Washington concernant la sécurité intellectuelle et la domination technologique, certains accusant Pékin de copier des technologies américaines.

    Les grands modèles de langage (LLM) développés par la Chine, comme Kimi K3 de Moonshot, GLM-5.2 de Z.ai ou encore les systèmes de DeepSeek, connaissent une adoption massive et rapide aux États-Unis. Ces technologies chinoises séduisent de plus en plus les développeurs américains et les organisations, qui y voient des solutions particulièrement abordables et efficaces face aux offres locales souvent beaucoup plus chères et moins flexibles.

    La performance des modèles d'IA chinois égale désormais celle des systèmes développés par les géants de la Silicon Valley, mais pour une fraction du coût, ce qui a permis à Kimi K3 de générer plus de 930 000 téléchargements dans la semaine suivant son lancement. La demande pour le modèle a explosé peu après son annonce, poussant Moonshot AI à suspendre temporairement les nouveaux abonnements, car ses capacités étaient insuffisantes.

    Raffi Krikorian, directeur technique de Mozilla, a d'ailleurs adopté Kimi K3 pour ses tâches quotidiennes. « Il semble tout simplement plus réactif », déclara-t-il en comparant Kimi K3 au modèle Claude Fable d'Anthropic. Cet attrait économique devient d'autant plus stratégique avec l'usage croissant des agents IA autonomes effectuant des tâches complexes en plusieurs étapes. Pour de nombreux développeurs, il s'agit d'une solution plus abordable.

    Curt Meinhold, un cadre technologique américain, résume cet avantage compétitif comme suit : « si je peux payer quelques centimes pour un million de tokens de sortie au lieu de 30, 40 ou 50 dollars, alors c'est largement suffisant ». Les performances de Kimi K3 auraient à elles seules suffi à intensifier la rivalité entre les États-Unis et la Chine. À Washington, la montée en puissance chinoise dans l'IA suscite un malaise, ainsi que des inquiétudes.

    La Chine adopte une stratégie dite « open weight »

    La montée en puissance des entreprises d'IA chinoises repose en grande partie sur une stratégie d'ouverture. Contrairement aux modèles de pointe américains d'OpenAI et d'Anthropic qui sont fermés, la plupart des modèles chinois sont proposés en format « open-weight » (poids ouverts). Dans une déclaration récente, le président chinois Xi Jinping a appelé les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration ainsi que le partage ».


    En informatique, le terme « open source » a une définition bien établie : le code source du logiciel est accessible au public, qui peut l’utiliser, le modifier et le redistribuer librement, à condition que ces opérations soient elles-mêmes effectuées de manière ouverte. Les systèmes d’IA sont plus complexes, et très peu d’entre eux sont open source au sens strict du terme. La plupart des acteurs publient plutôt ce qu’on appelle les « poids du modèle ».

    Les poids du modèle font référence aux paramètres numériques appris pendant la période d’entraînement de l’IA. Les entreprises chinoises publient ces éléments tout en gardant confidentiels d’autres composants essentiels, notamment les données d’entraînement, le code source, l’architecture du modèle d'IA et les méthodes de configuration. La plupart sont également assortis de licences restrictives limitant leur utilisation ou leur redistribution.

    En résumé, cela signifie qu’un modèle d'IA à poids ouverts ne peut pas être recréé à partir de zéro, comme c’est le cas pour un véritable logiciel open source. Mais il offre suffisamment de puissance et de flexibilité pour qu’un développeur indépendant ou une entreprise tierce puisse pleinement en tirer profit.

    L'avantage stratégique de l'approche open weight

    Les modèles d'IA à poids ouverts offrent aux développeurs et aux entreprises un contrôle bien plus important que les systèmes propriétaires, leur permettant d’examiner le fonctionnement de l’IA, de l’exécuter localement sur leur propre infrastructure, de personnaliser les systèmes et de créer de nouveaux produits sans dépendre d’un seul fournisseur. Par ailleurs, ils sont souvent bien moins chers que leurs concurrents de la Silicon Valley.

    Cela soulève une question évidente : pourquoi une entreprise spécialisée dans l’IA dépenserait-elle des sommes colossales pour entraîner un modèle d’IA, pour ensuite en céder gratuitement certaines des parties les plus précieuses ? En réponse, Chinmayi Sharma, professeure à la faculté de droit de Fordham, a apporté des clarifications : « un ensemble de poids de modèle mis à disposition gratuitement n’équivaut pas à un service d’IA gratuit ».

    « Une entreprise peut offrir gratuitement les poids d'un modèle tout en générant des revenus ailleurs dans la chaîne de valeur », a déclaré Chinmayi Sharma. Les opportunités pour y parvenir sont nombreuses. L’exploitation d’un modèle d'IA requiert une infrastructure informatique, des compétences en ingénierie, des mesures de sécurité, etc., autant de services que les entreprises peuvent facturer via un accès hébergé ou d’autres modalités.

    L'ouverture permet à Pékin d'étendre son influence

    Les retombées peuvent être plus larges, comme une demande accrue de services cloud ou de puces informatiques de pointe. L'ouverture peut aussi constituer une « stratégie puissante » pour acquérir un avantage concurrentiel. La publication des poids d'un modèle d'IA peut inciter davantage d'entreprises et de développeurs à l'utiliser, ce qui peut à son tour conduire à la création d'un écosystème complet d'outils et d'infrastructures autour de celui-ci.

    « À terme, cela peut contribuer à faire d’un modèle d'IA une norme de facto », a déclaré Chinmayi Sharma. D'un son côté, Kyle Miller, analyste de recherche senior au Center for Security and Emerging Technology (CSET) de Georgetown, a fait valoir un argument similaire, citant la vaste famille de modèles d’IA à poids ouverts Qwen d’Alibaba en Chine comme exemple de l’ancrage profond qu’un système ouvert peut acquérir au sein d’un secteur.

    Sur le plan géopolitique, cela permet à Pékin de contourner les restrictions d'accès aux puces avancées tout en étendant son influence mondiale. Le président Xi Jinping s'est même positionné en leader d'une « IA mondiale plus égalitaire » face au modèle américain jugé trop fermé. Cette dynamique transforme le paysage technologique. Raffi Krikorian de Mozilla note : « les modèles d'IA ouverts de pointe sont de plus en plus de conception chinoise ».

    L'approche chinoise crée un malaise à Washington

    La stratégie open weight de la Chine pose un problème évident aux géants américains de l’IA, notamment en remettant en cause leur approche basée sur des modèles fermés. Si une génération d’outils populaires et de développeurs commence à s’appuyer sur des modèles à poids ouverts performants comme Kimi K3, le centre de gravité du secteur pourrait commencer à s’éloigner des plateformes propriétaires telles que Gemini, Claude et ChatGPT.

    Même si dans la pratique, il reste à voir si les modèles d'IA de pointe à poids ouverts sont réellement moins coûteux à exploiter, ils ont historiquement constitué une alternative moins onéreuse aux systèmes propriétaires d'OpenAI, de Google et d'Anthrpic. Ils offrent également davantage de liberté aux développeurs, à l’heure où les laboratoires américains restreignent l’accès à leurs derniers modèles d'IA et imposent des contraintes plus strictes.

    Certains signes indiquent déjà que des entreprises américaines se tournent vers des modèles chinois moins coûteux. En somme, il n’y a pas de raison unique qui explique le soutien de la Chine à une « IA open weight », mais cela semble résulter d’un mélange de contraintes pratiques et de stratégie politique.

    Un écosystème ouvert permet aux acteurs chinois d’innover malgré un accès plus restreint aux puces de dernière génération, tout en s’inscrivant parfaitement dans la stratégie industrielle plus large de Pékin visant à encourager une adoption plus large des modèles d'IA, outils et infrastructures chinois. Cette approche est également propice à l’extension de l’influence technologique de la Chine au reste du monde, ainsi que de son influence politique.

    Washington appelé à soutenir les modèles ouverts

    L'arrivée de ces modèles d'IA performants provoque des inquiétudes au sein du gouvernement américain et de la Silicon Valley. L'administration américaine et certaines entreprises accusent les startups chinoises d'utiliser des méthodes secrètes ou la distillation illicite pour extraire les technologies des modèles d'IA américains, des allégations que Pékin qualifie de sans fondement. La panique pousse Washington à prendre des décisions controversées.


    Les politiques restrictives américaines en matière de technologie peuvent favoriser la Chine : les contrôles à l'exportation imposés à Anthropic ont rendu ses modèles d'IA indisponibles pendant plusieurs semaines, créant ainsi une ouverture parfaite pour le lancement et la diffusion du modèle d'IA chinois GLM-5.2.

    Face au risque de voir le centre de gravité de l'industrie se déplacer vers les modèles chinois, l'industrie technologique américaine se divise. Une large coalition d'entreprises majeures du secteur technologique, comprenant Microsoft, Meta, IBM et Nvidia, a récemment signé une lettre ouverte appelant à soutenir les modèles d'IA ouverts et avertissant contre des restrictions prématurées qui concentreraient le pouvoir entre les mains de quelques-uns.

    Les laboratoires américains tels qu'Anthropic et OpenAI, dont les modèles restent fermés, subissent désormais une pression immense pour s'adapter à cette nouvelle concurrence. La question centrale pour eux n'est plus seulement de savoir comment devancer la Chine, mais plutôt d'évaluer quelles capacités ils doivent eux-mêmes rendre publiques pour empêcher les modèles chinois de devenir la plateforme de référence de l'écosystème ouvert.

    La Chine prend le large dans plusieurs domaines

    La Chine ne se contente pas de rattraper son retard sur les modèles de langage, elle domine également la compétition mondiale en matière de brevets, de publications et de robotique. En 2024, les citations de recherche chinoises représentaient 20,6 % du total mondial, surpassant les 12,6 % des États-Unis. Cette supériorité est encore plus marquée dans le secteur de l'automatisation industrielle, où l'Empire du Milieu a installé plus de 295 000 robots.

    Cela représente près de neuf fois le volume des installations robotiques américaines. La montée en puissance de la Chine est soutenue par une stratégie de financement agressive, notamment illustrée par des introductions en bourse à Hong Kong ayant atteint 110 milliards de dollars au trimestre dernier.

    Les experts soulignent que l'adoption plus large de l'IA et des valorisations attractives font de la Chine un gagnant potentiel dans cette guerre technologique. Par ailleurs, un avantage structurel majeur de la Chine réside dans sa capacité à soutenir la croissance massive des infrastructures de calcul grâce à son réseau électrique. Selon le rapport de Stanford, la Chine construit chaque année une capacité supérieure à la consommation totale de l'Allemagne.

    Avec une marge de réserve électrique de 80 %, la Chine dispose de deux fois la capacité nécessaire pour alimenter l'expansion de ses centres de données d'IA. À l'inverse, le système électrique américain est décrit comme vieillissant et vulnérable aux conditions climatiques extrêmes en raison de décennies de sous-investissement. Cette situation crée un goulot d'étranglement pouvant freiner considérablement la croissance du secteur américain de l'IA.

    Malgré des investissements privés vingt-trois fois supérieurs à ceux de la Chine, les États-Unis font face à un ralentissement inquiétant de l'arrivée de nouveaux experts. Le flux de chercheurs en IA s'installant sur le sol américain a chuté de 89 % depuis 2017, une tendance qui s'est accélérée avec une baisse de 80 % rien qu'en 2025. Yann Le Cun, pionnier de l'apprentissage profond, a quitté les États-Unis afin de créer sa propre entreprise en France.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la rivalité technologique entre la Chine et les États-Unis ?
    La Chine a presque entièrement effacé son retard dans le domaine de l'IA. Qu'en pensez-vous ?
    Que pensez-vous de l'approche dite « open weight » adoptée par l'industrie chinoise de l'IA ?
    Les États-Unis paniquent face à l'efficacité apparente de l'approche chinoise. Que cela vous inspire-t-il ?

    Voir aussi

    Le président chinois Xi Jinping appelle les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration et le partage » et s'engage à créer des centres de coopération dédiés aux applications de l'IA

    Dans le sillage de Kimi K3, Alibaba lance une innovation majeure en matière d'IA : Qwen 3.8 Max, qui, selon l'entreprise, est un modèle de pointe qui n'est surpassé que par Claude Fable 5 d'Anthropic

    La startup chinoise Moonshot AI publie en open source les poids du modèle Kimi K3, qui rivalise avec Claude Fable 5 et GPT-5.6 Sol, tandis que Washington pointe des risques liés aux modèles d'IA chinois

  3. #3
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    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Les entreprises technologiques chinoises bouleversent le secteur de l'IA grâce à des modèles comme Kimi K3 et DeepSeek. Ces systèmes gagnent rapidement en popularité, car ils s'avèrent plus abordables et souvent plus performants que leurs concurrents américains pour les tâches quotidiennes. Contrairement aux systèmes d'IA fermés d'OpenAI ou d'Anthropic, la Chine privilégie une approche ouverte, permettant à tout le monde d'intégrer et de personnaliser ces outils plus librement. Cette percée suscite des craintes à Washington concernant la sécurité intellectuelle et la domination technologique, certains accusant Pékin de copier des technologies américaines.
    Le capitalisme courtermiste contre le plan long terme.
    Sam Altman contre des entreprises qui veulent s'imposer.
    Mais surtout la Silicon Valley qui reconnait la méthode de prise de monopole utilisée par Google ou Amazon.
    Les entreprises US se font prendre à leur propre jeu, la stratégie est habituellement de racheter la concurrence avant qu'elle ne prenne trop de place. Cette stratégie ne fonctionne pas face à un projet qui a été conçu pour être efficace dans quelques années.
    Citation Envoyé par Mathis Lucas Voir le message
    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la rivalité technologique entre la Chine et les États-Unis ?
    Je pense que cette rivalité n'est pas que technologique elle est politique/philosophique.
    Je pense que les USA ont imposé leur modèle depuis le XXe siècle et que la Chine est en train de retourner l'échiquier.
    Que pensez-vous de l'approche dite « open weight » adoptée par l'industrie chinoise de l'IA ?
    Je pense que c'est un coup de génie politique.
    Les institutions US favorisent des systèmes fermés avec des backdoors pour eux pour garantir leur monopole.
    La Chine fait gonfler la vague de la philosophie des "petites mains" de l'informatique. Ainsi elle occupe le terrain par la base, quand les US réagit la Chine est déjà hégémonique chez les personnes qui apportent la vrais valeurs des entreprises : les employés.
    Les États-Unis paniquent face à l'efficacité apparente de l'approche chinoise. Que cela vous inspire-t-il ?
    Ca me rappelle les méchants de Ken le survivant qui se débat en entendant "Tu es déjà mort mais tu ne le sais pas"

  4. #4
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    Citation Envoyé par totozor Voir le message
    Ca me rappelle les méchants de Ken le survivant qui se débat en entendant "Tu es déjà mort mais tu ne le sais pas"
    Ca me fait penser au groupe Ultra Vomit - Kekken : "Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà saoul"

    OK je sors

  5. #5
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    C'est ça le soft power ?

  6. #6
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    Par défaut Le PDG d'Hugging Face affirme que la Chine est en tête dans la course à l'IA
    Le PDG d'Hugging Face affirme que la Chine est en tête dans la course à l'IA et pourrait dominer le secteur d'ici la fin de l'année, les chinois collaborent ouvertement contrairement aux américains

    Clément Delangue, PDG de Hugging Face, a déclaré que la Chine dominait le domaine des modèles d’IA à poids ouvert et pourrait dépasser les laboratoires américains de pointe avant la fin de l’année. « Ils dominent clairement le domaine des modèles ouverts à l’heure actuelle, et je ne serais pas surpris qu’ils commencent à dominer également dans le domaine de pointe d’ici la fin de cette année ou l’année prochaine, au vu du rythme des progrès », a déclaré Delangue. Les créateurs de modèles américains, en revanche, « travaillent en silos » et risquent de prendre du retard, a-t-il ajouté.

    Les modèles d'intelligence artificielle (IA) open source chinois ont considérablement étendu leur présence à l'échelle mondiale, leur taux d'adoption passant de 13 % à près de 30 % de l'utilisation totale en 2025, principalement grâce à Qwen et DeepSeek. Cette tendance a été documentée dans le rapport "State of AI" d'OpenRouter, qui a analysé plus de 100 000 milliards de jetons sur plus de 300 modèles, révélant ainsi le passage d'une domination propriétaire à une concurrence pluraliste et open source à l'échelle mondiale.

    Dans ce contexte, Clément Delangue, PDG de Hugging Face, a déclaré que la Chine dominait le domaine des modèles d’IA à poids ouvert et pourrait dépasser les laboratoires américains de pointe avant la fin de l’année. Clément Delangue est un entrepreneur français, cofondateur et PDG de Hugging Face, une plateforme open source devenue un leader mondial dans le développement collaboratif de l’IA. Réputé pour promouvoir l’ouverture et la transparence dans le domaine de l’IA, Clément Delangue a fait de Hugging Face une plaque tournante incontournable pour les développeurs, les chercheurs et les entreprises travaillant dans les domaines de l’apprentissage automatique et du traitement du langage naturel.

    Hugging Face est une entreprise américaine du domaine de l'IA créée en 2016 en France et qui développe des outils pour utiliser l'apprentissage automatique. Elle propose notamment une bibliothèque, open source, de transformeurs conçue pour les applications de traitement automatique des langues, et une plate-forme permettant le partage des modèles et des ensembles de données nécessaires à l'apprentissage automatique, permettant notamment l'entraînement de nouveaux modèles, y compris de grands modèles. En 2024, la plateforme collaborative Hub de l'entreprise stocke 1,3 million de modèles d'IA, 450 000 jeux de données, 680 000 espaces, avec environ 1 milliard de requêtes par jour.

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    « Ils dominent clairement le domaine des modèles ouverts à l’heure actuelle, et je ne serais pas surpris qu’ils commencent à dominer également dans le domaine de pointe d’ici la fin de cette année ou l’année prochaine, au vu du rythme des progrès », a déclaré Delangue lors d’une intervention dans l’émission « Squawk on the Street » de CNBC. Delangue a souligné que la culture chinoise d’ouverture et de partage des connaissances était le moteur de ces progrès, avertissant que les développeurs américains risquaient de perdre du terrain car ils opéraient de manière isolée. Les créateurs de modèles américains, en revanche, « travaillent en silos » et risquent de prendre du retard, a-t-il ajouté.

    Ses commentaires interviennent quelques semaines après que des agents d’OpenAI se sont échappés d’un environnement d’entraînement et ont attaqué Hugging Face, la plateforme d’IA open source dirigée par Delangue. Ce dernier a expliqué que des erreurs d’ingénierie étaient à l’origine de l’incident et a précisé que Hugging Face avait utilisé une version Nvidia d’un modèle ouvert chinois pour contrer l’attaque.

    Delangue a qualifié la relation avec OpenAI de « collaboration saine » et a déclaré que le laboratoire de pointe avait été un « bon partenaire » tant avant qu’après l’incident. Cette attaque a attiré davantage l’attention sur les risques liés à la cybersécurité de l’IA, et Delangue y voit une opportunité commerciale. « La cybersécurité de l’IA va devenir un marché gigantesque aux États-Unis et dans le monde », a-t-il ajouté. « Sur ce marché, ce sont probablement les modèles ouverts qui domineront. »

    Le lancement récent de DeepSeek de la version bêta publique de son API DeepSeek-V4-Flash (0731) semble confirmer ces déclarations. Ce modèle léger surpasse désormais la version V4-Pro-Preview sur plusieurs benchmarks clés grâce à une optimisation post-entraînement rigoureux. Il offre aux développeurs un agent de codage extrêmement performant à une fraction du coût des modèles premiums concurrents. L'API assure une compatibilité native avec les formats OpenAI et Codex, facilitant ainsi son intégration immédiate dans les écosystèmes existants.

    En prenant en charge nativement l’API Responses, DeepSeek positionne V4-Flash comme un remplacement direct des modèles OpenAI dans les pipelines d’agents IA. Combiné à sa tarification, cela fait de V4-Flash le candidat le plus solide du marché pour « changer une ligne de code et économiser 90 % ». Selon CNBC, les modèles open source chinois rattrapent progressivement leurs homologues américains, ce qui alimente un débat politique plus large sur les restrictions d’accès.


    Une lettre diffusée le mois dernier par des géants de la technologie, dont Microsoft, Palantir et Nvidia, appelait les décideurs politiques à préserver l’écosystème des modèles à poids ouverts plutôt qu’à le restreindre. Le président chinois, Xi Jinping, a également profité de l'ouverture de la Conférence mondiale sur l'IA à Shanghai pour positionner Pékin comme le fer de lance de l'IA open source. L'homme d'État a appelé les pays à « encourager l'open source, l'ouverture, la collaboration et le partage », tout en mettant en garde toute nation qui ferait passer ses propres intérêts en matière de sécurité avant ceux des autres, une critique sans équivoque, bien que non explicite, des contrôles américains sur les technologies d'IA.

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette déclaration est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Hugging Face lance un appel officiel en faveur d'une transparence totale à la suite d'une intrusion dans son système par un modèle d'IA rebelle d'OpenAI, la première cyberattaque menée par un agent IA autonome

    L'intrusion des modèles d'OpenAI dans la plateforme Hugging Face stimule des initiatives en faveur des systèmes d'IA à poids ouverts, et Microsoft redéfinit sa vision de la sécurité avec Project Perception

    Pourquoi la Chine met-elle gratuitement à disposition ses meilleurs modèles d'IA ? Aux États-Unis, ces systèmes séduisent par leur prix abordable et leur efficacité, semant la panique à la Maison Blanche
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  7. #7
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    Et c'est la que la bulle IA US va s'écrouler, donc le NASDAQ, et puis tous le reste, à moins que ça ait déjà commencé.
    Ne prenez pas la vie au sérieux, vous n'en sortirez pas vivant ...

  8. #8
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    En quoi son avis sur la question est pertinent?

  9. #9
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    En quoi son avis sur la question est pertinent?
    Son avis est pertinent pour la simple et bonne raison que c'est déjà une réalité dans une multitude de domaine!!!

    Pour votre information, c'est la Chine qui dépose le plus grand nombre de brevets/an bien loin devant les USA et encore bien plus loin que les pays Européens:

    1° Chine: 1,8 millions de brevets par an
    2° USA: 0,5 millions
    3° Japon: 0,4 millions
    4° Corée du Sud: 0,28 million
    5° Allemagne (premier pays européen): 130 000 brevets/an
    ...

    La France: 11 000 malheureux brevets / an!!!

    ---

    On est bien loin de l'image d'Epinal que les médias nous vendaient au début de la globalisation de l'économie avec le célèbre "La Chine sera l'atelier du monde. La Chine fera les boulots de merde mais nous, occidentaux, on gardera la main sur le know-how, sur la matière grise"... C'est con mais nos grands stratèges économiques ont oublié de demander l'avis des Chinois à l'époque...

    Et aujourd'hui, les Chinois écrasent les occidentaux dans tous les domaines (exemple avec les voitures électriques)... Et je peux déjà vous prédire que le retour de l'homme sur la lune sera une mission chinoise et pas une mission américaine!

    Ce n'est pas parce que les Chinois avancent masqué qu'ils n'avancent pas... Un Chinois, cela n'a pas la grande gueule d'un Musk ou d'un Altman qui viennent nous chanter leur musique à longueur de journée...

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