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Intelligence artificielle Discussion :

Les dirigeants d'entreprise sont perplexes et consternés face aux factures colossales liées à l'IA


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #1
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    Par défaut Les dirigeants d'entreprise sont perplexes et consternés face aux factures colossales liées à l'IA
    Les factures de l'IA laissent les dirigeants perplexes après le passage à une tarification basée sur la consommation
    seuls 26 % des organisations parviennent à suivre leurs coûts en temps réel

    Les dirigeants d'entreprise éprouvent des difficultés à anticiper et à maîtriser les coûts opérationnels de l'IA en raison du passage à la tarification basée sur l'usage. Selon KPMG, ce manque de visibilité financière pousse près de la moitié des organisations à revoir le calendrier de leurs déploiements technologiques. Parallèlement, des géants comme Amazon et Microsoft investissent dans l'ingénierie pour aider leurs clients à rentabiliser ces outils. Certaines organisations recherchent des modèles plus économiques. Enfin, le secteur reste confronté à des enjeux majeurs de gouvernance et de fiabilité des données produites par ces systèmes automatisés.

    Les développeurs d'IA délaissent progressivement les abonnements à prix fixe au profit d'une tarification à l'usage, calquée sur la consommation réelle de tokens ou de prompts. Cette approche leur permet d'aligner les revenus sur les coûts d'infrastructure, souvent très élevés, tout en captant davantage de valeur auprès des utilisateurs les plus intensifs. Cependant, cette tarification a introduit des défis majeurs pour les utilisateurs et les entreprises.

    Les études montrent que pour les clients, cette flexibilité apparente cache un piège : les coûts deviennent imprévisibles et peuvent grimper très vite dès que l'usage s'intensifie, notamment avec des agents d'IA autonomes ou des applications à fort volume. Cette imprévisibilité complique la budgétisation des entreprises et peut décourager l'adoption, surtout pour les PME qui n'ont pas la visibilité nécessaire pour anticiper leur facture mensuelle pour l'IA.

    Les dirigeants d'entreprises se retrouvent déconcertés par les factures liées à l'IA. Une nouvelle étude menée par KPMG auprès de 2 145 hauts dirigeants à travers 20 pays révèle que près d'un tiers d'entre eux peinent à comprendre et à maîtriser les coûts opérationnels lors du déploiement de l'IA à grande échelle.

    Le défi lié à la tarification à l'usage et l'explosion rapide des coûts

    En avril, GitHub, propriété de Microsoft, a annoncé l'abandon de son modèle de facturation basé sur les prompts pour son assistant de codage Copilot au profit d'un système basé sur l'utilisation. Auparavant, les utilisateurs de Copilot disposaient d'un nombre défini de prompts, ce qui obligeait GitHub à absorber les coûts croissants d'inférence. Dans l'ancien système, une simple question coûtait le même prix qu'une longue session de codage autonome.

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    Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle structure de tarification, de nombreux abonnés sont sous le choc et découvrent que leur usage habituel épuise extrêmement vite leur nouvelle allocation mensuelle. Ce changement a suscité des plaintes concernant la hausse des coûts et a mis en évidence une tendance générale vers une IA facturée à l'utilisation. Certains utilisateurs mécontents ont vu leur facture passer de 510 dollars à plus de 5 300 dollars.

    • le déploiement d’agents d’IA coordonnés est en pleine expansion, une évolution qui pose de nouveaux défis en matière de visibilité des coûts pour les organisations, selon la dernière enquête trimestrielle « AI Quarterly Pulse Survey » de KPMG ;
    • seuls 26 % des organisations disposent d’une visibilité en temps réel sur le coût d’exploitation de l’IA à grande échelle, tandis que 35 % des dirigeants indiquent que la gestion des coûts liés à l’IA et les connaissances économiques (notamment la compréhension des modèles de tarification basés sur l’utilisation, tels que les coûts liés aux tokens et aux inférences) restent des obstacles ;
    • la part des entreprises orchestrant plusieurs agents d’IA au sein de leurs flux de travail a doublé, passant de 9 % lors de la précédente période d’enquête à 18 %. Les personnes interrogées ont indiqué utiliser ces agents pour harmoniser les objectifs communs et les indicateurs de performance entre les différents services (64 %), faciliter la prise de décision conjointe (49 %) et automatiser les flux de travail transversaux (48 %) ;


    Outre GitHub, OpenAI, Anthropic et Google sont aussi passés à une facturation basée sur l'utilisation. Ce changement crée un manque de visibilité financière qui perturbe les clients. Le rapport de KPMG souligne ce qui suit : « alors que les modèles de tarification à l'usage deviennent plus courants, de nombreuses organisations sont encore en train de développer les capacités requises pour prévoir, surveiller et gérer efficacement les dépenses en IA ».

    Face à l'augmentation des frais, les clients sont contraints de repenser leurs approches. Près de la moitié des organisations ont dû reporter ou réajuster leurs déploiements d'IA lorsque les coûts ont fini par dépasser le budget, entraînant une hausse rapide de l'intérêt pour des modèles moins coûteux, mais performants.

    Réévaluation des stratégies et recherche d'alternatives abordables

    Selon certaines plaintes, quelques heures d’utilisation suffisent désormais à épuiser une grande partie du plafond mensuel de tokens et certains l'auraient même épuisé en moins d’une journée. Les modèles à faible coût et haute fidélité constituent désormais le facteur qui influence le plus la stratégie en matière d’IA, avec une progression de 7 points de pourcentage par rapport au premier trimestre. Toutefois, l'enthousiasme pour la technologie reste intact.

    À propos de ces initiatives, le dernier rapport de KPMG indique notamment : « ces mesures ne traduisent pas une perte de confiance dans l’IA. Elles témoignent au contraire d’une volonté croissante d’évaluer dans quels domaines l’IA apporte une valeur ajoutée significative et dans lesquels elle n’en apporte pas. Les entreprises semblent de plus en plus déterminées à concentrer leurs investissements là où les retours attendus sont les plus élevés ».

    Pour répondre à ces défis et encourager l'adoption, les géants de la technologie investissent massivement. Amazon prévoit des dépenses d'investissement d'environ 200 milliards de dollars cette année, principalement destinées à renforcer les capacités d'IA dans ses centres de données, soit une hausse de 50 % par rapport à l'année précédente. Les dépenses d'investissement totales de Microsoft sont estimées à 190 milliards de dollars, en hausse de 61 %.

    En outre, ces deux entreprises injectent des milliards de dollars dans des équipes d'ingénierie dédiées (notamment via des entités comme la Microsoft Frontier Company) pour aider leurs clients à développer des applications d'IA et à accélérer leur déploiement. Amazon a annoncé un investissement d'un milliard de dollars dans « AWS Forward Deployed Engineering », visant à aider les clients à adopter des agents IA et à réduire les délais de déploiement.

    Microsoft alloue 2,5 milliards de dollars au programme Microsoft Frontier Company, afin de « permettre à ses clients d’améliorer leur QI grâce à l’IA tout en affinant leur valeur ajoutée sur les marchés où ils opèrent ». La firme de Redmond tente toujours de s'imposer dans la course à l'IA.

    L'importance cruciale de la gouvernance face aux risques d'erreurs

    Au-delà de la gestion des coûts, la question de la gouvernance de l'IA reste un défi majeur, particulièrement pour déterminer qui porte la responsabilité face aux erreurs ou aux « hallucinations » générées par ces modèles statistiques. Dans son nouveau rapport, KPMG a souligné que « la responsabilité des dirigeants est importante », mais que « le succès ou l’échec de la gouvernance dépend en fin de compte des pratiques opérationnelles quotidiennes ».

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    « Les organisations ont besoin de règles claires pour déterminer quand les employés peuvent intervenir, qui prend en charge les coûts liés à l’IA, comment les résultats de l’IA sont examinés et ce qui se passe en cas de défaillance des systèmes. Si la plupart des organisations déclarent disposer d’au moins quelques mécanismes de gouvernance, elles sont relativement peu nombreuses à décrire ces pratiques comme étant pleinement intégrées », selon KPMG.

    De manière assez ironique, la firme de conseil KPMG a elle-même récemment fait les frais d'une mauvaise gouvernance interne liée à l'IA. Un rapport publié par l'entreprise a dû être retiré en toute hâte après qu'une analyse a révélé qu'il s'agissait d'une démonstration flagrante d'hallucinations de l'IA : sur 45 citations présentes dans leur document, seules cinq pointaient vers des sources exactes, le reste étant composé de détails inventés ou invérifiables.

    « KPMG accorde une grande importance à l'exactitude et à l'intégrité des contenus qu'elle publie. Le rapport a été retiré et nous examinons actuellement les circonstances de sa publication. Nous attendons de l'ensemble de nos collaborateurs qu'ils respectent nos directives relatives à l'utilisation responsable de l'IA, notamment en matière de contrôle humain visant à valider les contenus et à vérifier les sources indépendantes », a déclaré un porte-parole.

    Quand les machines coûtent beaucoup plus cher que les humains

    L'ampleur des dépenses prend même les professionnels du secteur au dépourvu. Bryan Catanzaro, vice-président chargé de l'apprentissage profond appliqué chez Nvidia, a récemment fait remarquer que les coûts informatiques de son équipe dépassaient désormais largement les dépenses de personnel. Il s'agit là d'un renversement frappant de l'idée reçue selon laquelle l'automatisation permettrait de réduire les coûts d'exploitation.

    Le problème réside dans les mécanismes de l'IA moderne. L'entraînement et l'exécution de modèles avancés nécessitent une infrastructure informatique colossale, souvent alimentée par des puces et des services cloud coûteux. À cela s'ajoutent les coûts « par tokens », c'est-à-dire les frais liés au traitement des requêtes sur les grands modèles de langage, qui peuvent rapidement monter en flèche à mesure que l'utilisation s'intensifie.

    Chez Uber, la pression se fait déjà sentir. Son directeur technique aurait épuisé tout le budget 2026 de l’entreprise consacré à l’IA en seulement un trimestre, principalement en raison de ces dépenses liées aux jetons. Par ailleurs, Amos Bar-Joseph, PDG de Swan AI, a attiré l’attention après avoir souligné la facture croissante que lui adressait Anthropic, présentant cela comme faisant partie de la mise en place d’une « entreprise autonome ».

    Selon Gartner, d'ici à 2030, l'inférence sur des modèles d'IA sophistiqués coûtera aux entreprises du secteur 90 % de moins qu'en 2025. Mais la baisse du prix des tokens ne se traduira pas par une réduction du coût de l'IA pour les entreprises, car les modèles agentiques nécessitent plus de tokens par tâche que les modèles standard, et parce que les fournisseurs d'IA ne répercuteront pas intégralement cette baisse de coûts sur les consommateurs.

    Le secteur de l'IA à la recherche d'un modèle économique rentable

    Gartner prévoit que les dépenses dans les gents IA atteindront près de 207 milliards de dollars en 2026, soit une hausse de plus de 139 % par rapport aux 86,4 milliards dépensés en 2025. Uber a consacré 3,4 % de son budget à la R&D en 2025, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2024. Ces dépenses s'élèvent à 951 millions de dollars rien qu'au premier trimestre 2026, soit une hausse de près de 17 % par rapport au premier trimestre 2025.

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    Certains développeurs d'IA modifient leurs modèles tarifaires afin de tirer parti de l'utilisation croissante de l'IA. Anthropic a revu son modèle tarifaire, passant d'un forfait à un modèle basé sur l'utilisation, ce qui signifie que les agents autonomes sont désormais facturés par token en fonction de leur consommation de ressources informatiques. En mars, Sam Altman, PDG d'OpenAI, a exposé la direction générale prise par le secteur lors d'une interview.

    « Nous envisageons un avenir où l'intelligence sera un service public, à l'instar de l'électricité ou de l'eau, et où les gens l'achèteront chez nous au compteur », a-t-il déclaré. Mais l'analyste Ed Zitron affirme que l'IA coûte trop cher pour être rentable. Seuls Nvidia, les fabricants de matériel et le BTP en tirent profit.

    Anthropic et OpenAI brûlent leurs réserves de liquidités sans aucun plan viable pour arrêter cette hémorragie financière. Ed Zitron estime que les deux entreprises doivent générer ou lever plus de 1,25 billion de dollars au cours des quatre prochaines années. L'analyste soutient aussi que « les prévisions selon lesquelles ces laboratoires deviendraient rentables d'ici 2027 ou 2028 sont purement fantaisistes et destinées à tromper les investisseurs ».

    Sources : KPMG, Amazon, Microsoft

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la hausse des coûts du déploiement de l'IA pour les entreprises ?
    Selon vous, comment les organisations peuvent-elles maîtriser les coûts de déploiement de l'IA ?
    L'IA coûte actuellement plus cher que la main-d'œuvre humaine. La tendance va-t-elle s'inverser à l'avenir ?

    Voir aussi

    Combien coûte l'IA ? Les utilisateurs de GitHub Copilot réagissent au nouveau système de tarification basé sur l'utilisation. Certains affirment avoir épuisé leur quota mensuel de crédits IA en une journée

    L'IA peut désormais coûter plus cher que la main-d'œuvre humaine, car les dépenses IA des entreprises explosent, certaines d'entre elles payant davantage pour la puissance de calcul que pour le travail humain

    L'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne : seuls Nvidia, les fabricants de matériel et le BTP en tirent profit, portés par la frénésie des centres de données, selon l'analyste Ed Zitron

  2. #2
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    Pas besoin de faire des grands discours, l'IA est un "piège à con"!

    Aussi bien pour les entreprises que pour les individus.

    Dans un premier temps, l'IA offre une belle couche de vernis, bien brillante, des résultats semblant extraordinaires obtenus en 2 clics de souris, mais quand on creuse on constate que le vernis repose sur une planche de bois pourrie!

    Il n'y a pas un seul domaine qui déroge à ce constat: Que cela soit pour l'IA déployée dans les processus de l'entreprise ou pour le développement logiciel.

    Nous en sommes les témoins: Notre société d'engineering est sollicitée maintenant 2 à 3 fois par mois par des entreprises qui arrivent avec leur logiciel développé par l'IA sous le bras en disant "vous pourriez pas reprendre le projet et le finaliser pour le rendre utilisable?"...

    Cela en devient amusant parce que l'IA entraîne les mêmes effets que excel ces 20 dernières années dans les entreprises: Des sociétés dont le développement informatique n'est pas le métier qui préfère bricoler une application à l'aide d'un outil qui semble facile d'usage plutôt que de faire appel à des pro de la branche... On voit alors des employés qui passent des semaines à "développer" au lieu de faire le travail pour lequel ils ont été embauché pour finir par constater que leur oeuvre est inutilisable (et cela c'est dans le meilleur des cas, le pire étant quand ils utilisent leur "oeuvre" sans se rendre compte que les résultats obtenus sont faux ou que la sécurité des données n'est pas assurée)

  3. #3
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    Par défaut Le sommet "IA for Good" à Genève Suisse
    Il y a cette semaine à Genève en Suisse, le sommet "IA for good" organisé par l'ONU et par la Suisse qui regroupe les experts à l'origine de l'IA.

    Interviewé ce matin par la radio suisse RTS, l'un de ces experts issus d'une université canadienne a donné une image claire de la situation et cela se résume en une phrase "il ne reste que quelques années à l'humanité pour réguler l'IA, sinon ce sera la fin de l'humanité à court terme!"

    Et alors quand on entend les propositions du monsieur, je vous prédis la fin de l'humanité à très très court terme.

    Quelles sont les propositions de l'expert en IA à la question du journaliste "Que faut-il faire pour limiter les risques de l'IA?"

    Il faudrait que l'ONU mette sur pied des règles strictes

    Il faudrait que les modèles IA soient développés de manière à respecter les droits humains... Premièrement que les IA arrêtent de mentir pour faire plaisir à l'utilisateur

    etc...

    Autant de mesures totalement inapplicables et d'ailleurs finalement il le reconnait lui-même: "Mais bon, ce serait difficile à mettre en pratique ce genre de frein quand on voit la concurrence effrénée que se font les sociétés qui développent des modèles IA ou encore les états!"

    Donc de l'aveu même d'un expert à l'origine de l'IA, l'IA est partie pour détruire l'humanité...


    PS: Et ce que l'expert a oublié de dire, c'est que d'ici là, l'IA et ses méga-datacenters auront rendu de nombreux régions totalement inhabitables, soit en s'accaparant l'eau ou en la rendant impropre à la consommation humaine (voir ce même forum), soit en s'accaparant les sources énergétiques entraînant dans la foulée une augmentation importante du réchauffement de la planète... Les français crèveront sous un petit 45 à 50° à l'ombre en regardant leur forêts en feu mais ils pourront toujours se plaindre de la situation auprès de leur "doudou IA" qui saura leur dire "on te comprend, la vie est dure..."

  4. #4
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    Par défaut Les dirigeants d'entreprise sont perplexes et consternés face aux factures colossales liées à l'IA
    Les dirigeants pensaient pouvoir remplacer leurs employés sans frais, ils sont désormais perplexes et consternés face aux factures colossales liées à l'IA.
    Certains se demandent s'il faut réembaucher

    De nombreux dirigeants espéraient que l'IA réduirait radicalement leurs frais de personnel. Mais ils font face à une réalité financière brutale marquée par l'explosion des factures d'utilisation des outils d'IA. Cette hausse tarifaire soudaine résulte de la transition vers des modèles de facturation calculés sur l'usage effectif. Ce manque de prévision illustre une méconnaissance profonde des mécanismes économiques liés à la puissance de calcul. Au-delà des coûts, les hallucinations et la dette technique constituent d'autres défis majeurs liés à l'IA. En définitive, l'IA semble davantage servir d'outil de pression sur la main-d'œuvre que de solution de rentabilité immédiate.

    L'industrie de l'IA a vendu aux organisations de tout type un avenir radieux dans lequel une grande partie de la main-d’œuvre humaine pourra être remplacée par des machines fonctionnant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. La mauvaise nouvelle : ce scénario d’une prise de pouvoir par l’IA se transforme progressivement en cauchemar financier pour les organisations. Elles découvrent subitement que l'IA coûte plus cher que la main-d'œuvre humaine.

    Ce décalage entre les promesses et la réalité a créé un contexte financier précaire. « Les dirigeants qui se sont précipités pour licencier leurs employés au profit de l'IA se rendent compte qu'ils font partie des plus grands naïfs et des plus grands dindons de la farce du monde des affaires », a écrit un critique.

    La désillusion des dirigeants d'entreprise face à l'IA est grande

    Pendant deux ans, les dirigeants n’ont cessé de répéter aux conseils d’administration que l’IA permettrait de réduire les effectifs, d’augmenter les marges et de s’autofinancer pratiquement. Un nouveau concept venait de voir le jour : « intelligence en tant que service public » (IAaaS). Mais rien ne se passe comme prévu. En plus des hallucinations de l'accumulation de la dette technique, les clients voient la facture liée à l'utilisation de ces outils exploser.


    Une étude menée par le cabinet KPMG auprès de 2 145 cadres supérieurs dans vingt pays met en lumière le désarroi des dirigeants face à l'explosion de leurs factures technologiques. Autrefois habituées à des contrats à taux fixe très avantageux qui subventionnaient l'accès aux grands modèles de langage, les entreprises subissent désormais des tarifs basés sur l'utilisation réelle, une conséquence de l'augmentation des coûts de la puissance de calcul.

    Les auteurs du rapport soulignent d'ailleurs cette impréparation généralisée en affirmant : « alors que les modèles de tarification basés sur l'usage se généralisent, de nombreuses organisations sont encore en train de développer les capacités nécessaires pour prévoir, surveiller et gérer efficacement leurs dépenses liées à l'IA ». Les dirigeants tentent désormais de réduire les coûts afin de stopper l'hémorragie. Les chiffres récents qui ont les gros titres :

    Lacunes en matière de visibilité des coûts :

    • selon KPMG, seuls 26 % des organisations disposent d’une visibilité complète et en temps réel sur leurs dépenses liées à l’IA ;
    • 22 % supplémentaires ne découvrent les coûts qu’à la réception des factures, le choc des prix classique ;
    • 29 % des cadres supérieurs admettent avoir du mal à comprendre leurs propres coûts d’exploitation liés à l’IA à mesure que les déploiements prennent de l’ampleur ;


    Explosion des dépassements budgétaires :



    Ces données confirment ce que de nombreux travailleurs contraints d’utiliser des outils d’IA au travail en sont venus à soupçonner : les dirigeants d’entreprise sont obsédés par l'IA. Un nombre alarmant de dirigeants et de hauts cadres considèrent l’IA comme une solution « prête à l’emploi » qui leur permettrait de réduire les frais généraux sans en comprendre le fonctionnement, une sorte de pensée magique totalement déconnectée de la réalité pratique.

    Incertitudes face aux factures à venir : faut-il réembaucher ?

    « Les directeurs financiers vont découvrir leur facture Anthropic et paniquer ce trimestre », a averti Gil Luria, responsable de la recherche technologique chez D.A. Davidson. Certains indicateurs laissant même craindre un effondrement du marché comparable à la période précédant la Grande Dépression. Entre-temps, les licenciements ont déjà eu lieu. À elle seule, l'industrie technologique a supprimé plus de 100 000 postes depuis le début de l'année.

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    Meta a supprimé 8 000 postes pour financer son infrastructure d’IA, une infrastructure dont le coût ne cesse désormais de grimper. Même si le retour sur investissement s’érode, l’IA reste utile aux entreprises en tant que menace : l'IA est un atout de négociation face aux salariés à qui l’on peut faire croire que leur remplacement n’est qu’à un déploiement de là. Autrement dit, l'IA est déployée de manière stratégique afin de « discipliner la main-d'œuvre ».

    Par ailleurs, c'est aussi le début du « mal de tête ». KPMG a constaté que près de la moitié des entreprises ont réajusté leurs déploiements d’IA après avoir constaté que les coûts dépassaient la valeur attendue. Steve Chase, responsable mondial de l’IA chez KPMG, décrit cette technologie comme « une nouvelle ressource qui doit être gérée », soulignant que les clients épuisent leurs budgets consacrés aux tokens et au cloud en l’espace de quelques mois.

    Ali Ansari, PDG de Micro1, a déclaré à Axios que ce recul représentait un « changement salutaire », ajoutant que « l’IA ne fonctionne vraiment de manière fiable que pour un ensemble de tâches plus restreint que ce que le marketing laisse entendre ». Un observateur a résumé la situation comme suit : « c'est un peu comme si vous vous abonniez à toutes les plateformes de streaming en même temps. Aucun visionnage ne justifie à lui seul la facture totale ».

    Sauf que dans ce scénario, vous avez déjà renvoyé le technicien du câble. En définitive, même si l'IA actuelle, encore largement sujette aux erreurs, ne connaît jamais la percée technologique nécessaire pour rembourser les centaines de milliards investis dans la puissance de calcul, elle atteint tout de même son véritable objectif : générer des gains financiers à court terme grâce à la réduction des frais généraux, financés aux dépens de la classe ouvrière.

    Source : KPMG

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la hausse des coûts du déploiement de l'IA pour les entreprises ?
    Selon vous, comment les organisations peuvent-elles maîtriser les coûts de déploiement de l'IA ?
    L'IA coûte actuellement plus cher que la main-d'œuvre humaine. La tendance va-t-elle s'inverser à l'avenir ?
    L'IA est utilisée par comme un moyen de pression pour « discipliner la main-d'œuvre ». Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    Les factures de l'IA laissent les dirigeants perplexes après le passage à une tarification basée sur la consommation, seuls 26 % des organisations parviennent à suivre leurs coûts en temps réel

    L'IA peut désormais coûter plus cher que la main-d'œuvre humaine, car les dépenses IA des entreprises explosent, certaines d'entre elles payant davantage pour la puissance de calcul que pour le travail humain

    L'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne : seuls Nvidia, les fabricants de matériel et le BTP en tirent profit, portés par la frénésie des centres de données, selon l'analyste Ed Zitron

  5. #5
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    l'IA est un atout de négociation face aux salariés à qui l’on peut faire croire que leur remplacement n’est qu’à un déploiement de là. Autrement dit, l'IA est déployée de manière stratégique afin de « discipliner la main-d'œuvre ».
    Voilà ! Bien dresser ses salariés, ça n'a pas de prix. C'est la raison pour laquelle les jeunes devraient s'orienter dans des métiers dont ils sont sûrs que l'IA ne viendra pas les remplacer.

  6. #6
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    Les dirigeants pensaient pouvoir remplacer leurs employés sans frais, ils sont désormais perplexes et consternés face aux factures colossales liées à l'IA
    Et oui, il y a 2 types de "patron d'entreprise":

    Quelques "entrepreneurs" qui développent une idée et créent leur entreprises (bien trop rares!) qui ne se laissent pas leurrer

    Et

    Une myriade de "gestionnaires" dont la seule compétence est celle du tableau excel et eux, ils sont prêts à croire n'importe quoi

    Au final, la réalité finit toujours par rattraper les "gogos" qui ont cru aux belles promesses du "demain, on rase gratis"

  7. #7
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    C'est la raison pour laquelle les jeunes devraient s'orienter dans des métiers dont ils sont sûrs que l'IA ne viendra pas les remplacer.
    N'importe quoi!

    L'IA prouve tous les jours que son usage est tout simplement impossible sans l'intervention de "senior" humains qui corrigent ses conneries... Quand les jeunes qui se proposent de faire carrière comme médecins ou ingénieurs auront décidé de faire "maçon" pour ne pas subir la concurrence de l'IA, les indispensables "senior" sortiront d'où? D'une pochette surprise???

    Etre un fan de l'IA ne devrait pas empêcher de réfléchir ne serait-ce que 10 secondes...

  8. #8
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    les dirigeants sont choqués

    — C'est ça, ton système de machine learning ?
    — Ouaip ! Tu verses les données dans ce gros tas d'algèbre linéaire, puis tu récupères les réponses de l'autre côté.
    — Et si les réponses sont fausses ?
    — Il suffit de mélanger le tas jusqu'à ce qu'elles commencent à avoir l'air correctes.

  9. #9
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    « intelligence en tant que service public » (IAaaS) ? ah oui ?

  10. #10
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    Par défaut Syndrome de Panurge
    Les dirigeants d'entreprises se retrouvent déconcertés par les factures liées à l'IA. Une nouvelle étude menée par KPMG auprès de 2 145 hauts dirigeants à travers 20 pays révèle que près d'un tiers d'entre eux peinent à comprendre et à maîtriser les coûts opérationnels lors du déploiement de l'IA à grande échelle.
    Au cours de ma carrière, j'ai compris ce qui faisait d'un cadre un cadre dirigeant. C'est sa capacité a prendre des décisions alors que les données objectives ne permettent pas de définir un choix éclairé.
    Dans les cas favorables, son expérience permet de prendre une décision heuristique, est s'avère une décision gagnante et pour le moins meilleure que de ne pas prendre de décision.
    Mais quand il y a trop de nouveauté - qu'elle soit réelle ou factice- il n'y a pas ce substrat minimum.
    Alors c'est le doigt mouillé, et pire le dirigeant subit l'assaut des influenceurs qui savent et dictent la décision qu'il faut évidemment prendre.

    Vous voyez bien que toutes les sociétés dignes de ce nom s'y adonnent. Ringard et loser celui qui n'aura pas su se décider!


    Vous, je ne sais pas: mais moi, les concernant les mouvements de foule, j'ai tendance à être circonspect.

    L’aggravante dans le cas de l'IA (sous toutes ses coutures) est la pression de l'obligatoire précipitation: il faut savoir se jeter à l'eau et c'est maintenant qu'il faut prendre le train en marche ou encore jouer le jeu ou disparaitre.

    Donc, oui, les structures dirigeantes prennent des décisions . À Dieu vat.

    Cerise sur le gâteau, les équipes dirigeantes sont de moins en moins industrielles (avec des produits réels) et de plus en plus financières (avec des produits virtuels).
    Les décisions sont $-driven et sont sujettes à la myopie qui se limite au très court terme.

  11. #11
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    Voilà ! Bien dresser ses salariés, ça n'a pas de prix...
    C'est bien une des plaies majeures de l'emprise des financiers technocrates: la création culturelle n'a pas de valeur du point de vue de ceux qui la pillent.
    Et: la loi du plus fort est toujours la meilleure.
    Ce qu'il y a lieu d'espérer est que les individus aux aussi aient la capacité d'halluciner
    Et de se rebiffer, et plus quand il y en aura vraiment marre.


    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    ...C'est la raison pour laquelle les jeunes devraient s'orienter dans des métiers dont ils sont sûrs que l'IA ne viendra pas les remplacer.
    Je suis partagé sur cette suggestion. Elle est à prendre en considération mais il y a tant d'autres critères dans le choix de métier. Et: je crains que le mouvement de substitution d'artefacts aux êtres humains ne se limite pas aux métiers de l'informatique. Comment être sûr? Chauffeur de taxi? Les taxis autonomes sont à la porte. Médecin? Je sens gros comme une maison -que dis-je: comme un Burj Khalifa!- que les cabines de télédiagnostic seront connectées à une IA, remplaçant le Dr Degain. Acteur? etc...

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