Les lunettes connectées chinoises sont-elles déjà en train de reléguer les Ray-Ban de Meta au second Plan ? Coup d’œil sur un comparatif entre les Ray-Ban et les lunettes IA Qwen S1 d’Alibaba

Alibaba vient de doter ses lunettes connectées Qwen AI Glasses S1 d'une mise à jour logicielle majeure : l'appareil peut désormais formuler des suggestions sans attendre la moindre commande vocale. Il analyse en temps réel la position, la météo et même la posture de son possesseur afin d’anticiper sur ses besoins. C’est une avancée qui ravive des comparaisons avec les Ray-Ban de Meta déjà vendues à plus de 7 millions d’exemplaires depuis leur lancement. Les questions en lien avec les atteintes à la vie privée demeurent et constituent le dénominateur commun en matière de lunettes connectées.

Les lunettes connectées Qwen se veulent être plus qu’une copie des Ray-Ban de Meta

Les lunettes connectées Qwen d'Alibaba (Quark S1/G1) rivalisent avec les lunettes connectées Ray-Ban de Meta en offrant une autonomie supérieure (batteries remplaçables à chaud), de meilleures performances de l'appareil photo (le capteur photo : c’est un Sony IMX681 de 12 mégapixels. Il filme en 3K à 30 images par seconde) en basse lumière et une intégration plus poussée dans l'écosystème numérique chinois (Alipay, Taobao). Alors que Meta domine en matière d'intégration des applications sociales occidentales et de design, Qwen met l'accent sur la productivité grâce à une IA proactive, à la traduction en temps réel et à la navigation.

Qwen propose les modèles S1 (avec écran à guide d'ondes) et G1 (sans écran). La S1, c’est le modèle premium. Elle embarque un double affichage micro-OLED vert capable de monter à 2300 nits. Les Meta Ray-Ban pour leur part se déclinent en une version smart standard et une version haut de gamme axée sur l'affichage. Les Qwen S1/G1 sont équipées d'un système à double batterie de 272 mAh remplaçable à chaud, permettant une utilisation tout au long de la journée. C’est l’un de leurs points forts les plus appréciés des observateurs en comparaison des Ray-Ban de Meta qui doivent être replacées dans leur boîtier de recharge.

Le Qwen S1 intègre une intelligence artificielle proactive pour des rappels basés sur la localisation et une intégration poussée à l'écosystème chinois. Le Qwen S1 se positionne comme un portail vers tous les services du groupe : Il peut être utile pour commander un repas, réserver un hôtel ou payer avec Alipay sans jamais sortir son smartphone de sa poche. Meta pour sa part met l'accent sur Meta AI, l'intégration d'Instagram/WhatsApp et la prise de photos/vidéos par commande vocale.

Les lunettes connectées Qwen sont commercialisées en Chine depuis novembre 2025 à environ 500 €. Une version rebaptisée « Qwen Glasses » a été présentée au MWC 2026 avec la promesse d'un déploiement mondial plus tard en 2026 — sans date précise ni partenaire retail annoncé pour la France.


Les récents rapports en lien avec les Ray-Ban de Meta sont un rappel que les questions en lien avec les atteintes à la vie privée au travers des lunettes connectées continuent de planer

Meta vient de mettre un terme avec l’entreprise sous-traitante Sama basée au Kenya et dont des employés rapportent avoir vu des utilisateurs de lunettes connectées Ray-Ban avoir des relations sexuelles.

Sama est une entreprise dont le siège social se trouve au Kenya et à laquelle Meta avait confié des travaux d'annotation de données, notamment l'annotation de vidéos, d'images et d'enregistrements vocaux destinés aux systèmes d'IA de Meta pour les Ray-Ban Meta. Sama affirme que la résiliation du contrat par Meta affecte 1108 travailleurs.

La BBC rapporte que les employés de Sama pensent que Meta a mis fin au contrat parce qu'ils ont rapporté le fait d'avoir vu des images filmées par les Ray-Ban Meta montrant des personnes en train d'accomplir des actes intimes comme se changer, avoir des relations sexuelles ou aller aux toilettes.


« Nous voyons tout, des salons aux corps nus. Il y a aussi des scènes sexuelles filmées avec des lunettes intelligentes, quelqu'un les porte pendant qu'il a des relations sexuelles », aurait confié l'un des employés de Sama. « Dans certaines vidéos, on peut voir quelqu'un aller aux toilettes ou se déshabiller. Je ne pense pas qu'ils en soient conscients, car s'ils le savaient, ils ne filmeraient pas ».

« J'ai vu une vidéo dans laquelle un homme pose ses lunettes sur la table de chevet et quitte la pièce. Peu après, sa femme entre et se change », a déclaré un travailleur anonyme de Sama. Un autre employé anonyme a déclaré avoir vu les partenaires des utilisateurs des lunettes Ray-Ban sortir nus des toilettes.

Un travailleur a ajouté qu'il se sentait obligé de regarder et d'annoter, sous peine de perdre son emploi. « Vous comprenez que vous regardez la vie privée de quelqu'un, mais en même temps, on attend simplement de vous que vous fassiez votre travail. Vous n'êtes pas censé poser de questions. Si vous commencez à poser des questions, vous êtes viré ». Les données annotées sont utilisées par Meta pour former ses grands modèles de langage.

Meta a confirmé à la BBC qu'il partageait « parfois » avec des sous-traitants le contenu que les utilisateurs partagent avec son chatbot Meta AI, afin qu'ils l'examinent « dans le but d'améliorer l'expérience des utilisateurs », comme le font de nombreuses autres entreprises. « Ces données sont d'abord filtrées afin de protéger la vie privée des personnes », indique le communiqué de Meta, citant comme exemple le floutage des visages sur les images.

Une riposte s'organise contre les lunettes connectées

L'Electronic Frontier Foundation (EFF) a publié une déclaration concernant les lunettes connectées, mettant en garde toute personne ayant le moindre souci de confidentialité numérique contre leur achat. Et il ne s'agit pas seulement de groupes de défense ; des interdictions pures et simples se profilent, notamment de la part d’une compagnie de croisière populaire et du College Board, qui classe ces lunettes intelligentes parmi les outils de tricherie.

Si la contestation n'a pas encore atteint son paroxysme, elle s'oriente clairement dans cette direction, et Meta, pour sa part, n'a même pas pris acte de ces préoccupations, sans parler de tenter d'y répondre de manière constructive. D'un côté, cela n'a rien de surprenant. Meta est une entreprise qui s'est fait un nom en s'appropriant les données des utilisateurs, souvent au détriment des personnes qui ont rendu ses services précieux au départ.

D'un autre côté, cela semble d'une certaine manière encore plus irrespectueux que d'habitude. Meta parie peut-être sur le fait que la réputation de ses lunettes connectées, considérées comme une menace pour la vie privée, finira par s'estomper, et que les consommateurs continueront à utiliser ses produits comme d'habitude. Cela a largement fonctionné avec Facebook et Instagram ; pourquoi les lunettes connectées seraient-elles donc différentes ?

Mais les Ray-Ban ne sont pas des réseaux sociaux, et le fait est que les lunettes connectées restent un objet que très peu de gens possèdent et dont encore moins de gens ressentent le besoin. Du point de vue des consommateurs, les lunettes connectées sont vulnérables et faciles à écarter. Si les gens décidaient demain qu’ils ne voulaient pas acheter une paire fabriquée par Meta ou par une autre marque, les ventes s'effondreraient rapidement.

Source : Alibaba

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