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Intelligence artificielle Discussion :

IBM lance un nouvel agent IA de codage pour mettre fin au gaspillage des ressources informatiques


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #1
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    Par défaut IBM lance un nouvel agent IA de codage pour mettre fin au gaspillage des ressources informatiques
    « Les développeurs recourent systématiquement au modèle le plus puissant, même pour des tâches triviales. C'est comme prendre sa Ferrari pour acheter du lait »
    affirme Neel Sundaresan, ingénieur chez IBM

    IBM lance un nouvel agent de codage appelé Bob. Contrairement aux agents de codage disponibles sur le marché, IBM Bob sélectionne automatiquement le modèle d'IA le plus adapté selon la tâche. Il est actuellement utilisé par 80 000 développeurs en interne. Son développement est dirigé par Neel Sundaresan, un ancien ingénieur de GitHub Copilot. Il affirme que « le succès de l'IA en entreprise repose moins sur la puissance brute des modèles que sur une architecture intelligente » capable de réduire les coûts et les frictions. Pour cette raison, Neel Sundaresan prône un « routage automatique » vers des modèles adaptés aux besoins spécifiques.

    Neel Sundaresan est l'ingénieur qui a fondé GitHub Copilot chez Microsoft. Avant cela, il travaillait déjà chez IBM sur la productivité des développeurs, bien avant l'essor des grands modèles de langage. Son premier outil était un simple système de recommandation d'appels API : pas de génération de code, juste moins de friction au bon moment. Ces travaux précoces lui ont appris que l'expérience utilisateur compte autant que la puissance du modèle.

    Aujourd'hui, Neel Sundaresan est revenu chez IBM en tant que directeur général de l'automatisation et de l'IA (GM Automation and AI) chez IBM Software, et il y construit IBM Bob. À en croire les explications de l'ingénieur, le choix d'IBM pour développer son outil Bob repose sur l'existence d'une base de données interne massive de vingt mille collaborateurs et d'un parc technologique varié incluant du Python, du Rust, mais aussi du COBOL et du PL/I.

    Cette stratégie du "client zéro" permet de tester l'outil sur des bases de code héritées et des environnements complexes avant de le proposer aux clients externes. L'objectif de Neel Sundaresan est de créer un système optimisé adapté aux conditions réelles des entreprises, où les cas complexes sont la norme.

    Le vrai problème : on utilise des Ferrari pour acheter du lait

    Neel Sundaresan est un chercheur devenu programmeur, puis cadre dirigeant, et le fil conducteur de ces trois rôles est la même obsession : que faut-il pour rendre les développeurs de logiciels plus productifs, et qu'est-ce qui continue de les en empêcher ? Il réfléchit à cela depuis 2000, avant que quiconque en dehors de la communauté de la recherche ne pense que l’IA et les outils de développement pouvaient être mentionnés dans la même phrase.


    Il critique sévèrement l'usage actuel de l'IA, notamment le coût. Lorsqu'on laisse les développeurs choisir leur modèle d'IA librement, ils sélectionnent systématiquement le plus puissant, même pour des tâches triviales. C'est ce que Neel Sundaresan appelle « prendre sa Ferrari pour acheter du lait ».

    « Les gens vont choisir la dernière version [Claude Opus 4.7] ou autre chose. Et même s’ils n’utilisent qu’une simple instruction, cela leur coûtera 40 $ pour un million de tokens. C’est comme prendre sa Ferrari pour aller acheter du lait. Ce n’est pas nécessaire », explique Neel Sundaresan à The New Stack. Le chemin parcouru depuis lors jusqu’à IBM Bob, annoncé cette semaine, est plus long que ne le laisse entendre le communiqué de lancement.

    D'après lui, le codage est une tâche complexe où une mauvaise recommandation de l'IA a un impact bien plus lourd que dans d'autres domaines comme le commerce en ligne. « 30 % du code des développeurs consiste en des appels d'API », explique Neel Sundaresan. « Si vous utilisez la syntaxe "class.something", vous obtenez une longue liste de fonctions à appeler, et vous devez faire votre choix parmi celles-ci. C'est en soi un point de friction ».

    IBM Bob : la fin du gaspillage des ressources informatiques

    IBM Bob est un outil avancé de codage agentique, déjà déployé auprès de 80 000 développeurs en interne chez IBM. L'idée de le tester d'abord en interne n'est pas anodine : IBM emploie des milliers de développeurs qui travaillent sur des technologies très variées, dont Python, Rust, mais aussi COBOL, PL/I, JCL mainframe, voire des langages "maison". Si IBM Bob fonctionne dans cet environnement hétérogène, il peut fonctionner n'importe où.

    Pour corriger le gaspillage des ressources informatiques, IBM Bob utilise une architecture de routage intelligente qui n'expose pas directement le modèle sous-jacent à l'utilisateur. Le système dirige automatiquement chaque tâche vers le modèle le plus approprié, qu'il s'agisse de Claude d'Anthropic, de modèles open source de Mistral, d'IBM Granite ou de modèles propriétaire affinés, afin de garantir un équilibre optimal entre coût et performance.

    Bien qu'il reconnaisse le cycle de battage médiatique autour de l'IA agentique, Neel Sundaresan affirme que cette technologie est bien réelle, mais qu'elle exige une discipline rigoureuse pour éviter les échecs de projets. Selon une étude publiée par le MIT en 2025, jusqu'à 95 % des projets pilotes d'IA échouent.

    Selon Neel Sundaresan, un meilleur modèle d'IA ne suffit pas à faire un meilleur produit. Il faut réunir trois choses : le modèle, l'architecture technique et l'expérience utilisateur. La plupart des projets d'IA échouent non pas à cause des modèles d'IA, mais par manque de discipline : les entreprises pensent qu'il suffit de signer un contrat avec un fournisseur d'IA pour que ça fonctionne, sans adopter les pratiques rigoureuses que cela exige vraiment.

    Neel Sundaresan met en garde contre les risques de distraction des agents ou la divulgation involontaire d'informations confidentielles si le système n'est pas construit de manière systématique. À l'avenir, il prévoit une évolution vers des agents IA capables de communiquer entre eux dans des langages natifs pour les machines, un domaine qui présente de nouveaux risques d'explosion d'erreurs en cascade s'il n'est pas maîtrisé avec précaution.

    IBM revendique une amélioration notable de la productivité

    IBM indique que plus de 80 000 employés utilisent déjà Bob et que les utilisateurs interrogés ont constaté un gain de productivité moyen de 45 %. Le produit intègre des agents basés sur des personas, une orchestration multimodèle, des playbooks réutilisables et une gouvernance intégrée. IBM cite également un cas où une mise à niveau Java typique de 30 jours a été réalisée en 3 jours, permettant d’économiser plus de 160 heures d’ingénierie.


    Les observateurs du secteur situent IBM Bob dans le cadre d’une transition plus large, passant de solutions ponctuelles de complétion de code à des assistants de développement au niveau de la plateforme qui prétendent gérer les risques liés à la conformité et à la livraison. Les rapports publics mettent en avant les préoccupations des entreprises, telles que la complexité des systèmes hérités et la gouvernance, comme moteurs de ces plateformes.

    Les entreprises développant des systèmes similaires ont mis l’accent sur la sélection des modèles, le contrôle des coûts et les journaux d’audit comme facteurs de différenciation ; le message d’IBM avec son nouvel outil Bob suit ce schéma en mettant en avant le routage multimodèle et la gouvernance intégrée.

    Il convient de suivre les indicateurs d'adoption au-delà des chiffres internes d'IBM, notamment les audits réalisés par des tiers, les études de cas publiées accompagnées de mesures vérifiables, ainsi que les intégrations avec les principaux outils de CI/CD et de sécurité. Il reste également à obtenir plus de détails sur la sélection des modèles, la gestion des bases de code hétérogènes, et une validation indépendante des gains de productivité annoncés.

    Doutes sur l'efficacité technique de ce système de routage

    Des critiques sont sceptiques quant à l'architecture de routage d'IBM Bob, arguant que transformer une seule requête en plusieurs étapes (le routage puis l'exécution) pourrait paradoxalement augmenter les coûts et la consommation de ressources au lieu de les optimiser. Ils craignent un effet de « téléphone arabe » : en réinterprétant la demande du développeur, le routeur pourrait en déformer l'intention avant qu'elle n'atteigne le modèle final.

    D'autres critiques soulignent que l'analogie de la « Ferrari » utilisée par Neel Sundaresan masque une réalité plus frustrante : celle d'une technologie qui, malgré sa puissance, peut être non déterministe, imprévisible et sujette à des erreurs nécessitant des redémarrages fréquents du processus de réflexion.

    Au-delà de la structure technique, les réactions pointent les risques inhérents aux agents IA, comparant parfois ces outils à des assistants « mangeurs de charbon » qui, bien qu'utiles, restent excessivement confiants tout en commettant des erreurs grossières. Des inquiétudes subsistent quant à la sécurité, avec des témoignages sur des agents qui ont supprimé par erreur l'intégralité de bases de code ou fourni des solutions totalement inopérantes.

    Pour finir, alors qu'IBM revendique des gains de productivité notables de 45 %, une partie de la communauté perçoit ces annonces comme un argument de vente qui manque de transparence, notamment en raison du refus de Neel Sundaresan d'expliquer des détails simples comme l'origine du nom « Bob ».

    Conclusion

    IBM présente Bob comme une initiative axée sur l'entreprise visant à automatiser la livraison plutôt que la simple génération de code. Dans ses communiqués de presse, IBM a positionné le produit autour de la gouvernance et de l'automatisation du cycle de vie ; une vérification indépendante des affirmations relatives à la productivité et à la modernisation sera importante pour les professionnels qui évaluent les déclarations des fournisseurs.

    Source : IBM Bob

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du nouvel agent de codage IBM Bob et de ses caractéristiques ?
    Cet outil est-il pertinent ? IBM Bob va-t-il permettre réellement d'optimiser la consommation de ressources ?
    Certains observateurs expriment un scepticisme marqué quant à l'architecture de routage d'IBM Bob. Qu'en pensez-vous ?

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  2. #2
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    Dans un ancien poste, un planning d'équipe modifié par 3 personnes et qui tenait dans un simple fichier Excel a été remplacé par une webapp avec toute la complexité que cela implique : droits d'accès, sécurisation du serveur, graphiques helm pour déploiement dans un cluster kubernetes, gestion des clés API, etc...

    Donc oui, les développeurs aiment beaucoup se compliquer la vie et ça ne date pas de l'IA.

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