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    Par défaut Un nombre inquiétant d'adolescents d'à peine 12 ans se créent des petites amies virtuelles
    Petite amie IA, grande lacune professionnelle : 20 % des ados connaissent un ami qui « sort » avec un chatbot.
    Les experts s'alarment des compétences sociales sacrifiées sur l'autel du confort numérique

    Une étude britannique révèle qu'un adolescent sur cinq connaît un ami qui « sort » avec une intelligence artificielle. Derrière la promesse d'une relation sans risque ni rejet se dessine un phénomène aux conséquences potentiellement durables : atrophie des compétences sociales, isolement progressif, et paradoxalement, une génération qui arrivera sur le marché du travail très à l'aise avec les outils d'IA... mais bien moins avec ses collègues humains.

    La scène est banale en apparence : un adolescent de 14 ans rentre du lycée, s'enferme dans sa chambre et passe ses soirées à converser avec une petite amie qui ne l'a jamais vu, ne se souvient que de ce qu'on lui autorise à mémoriser, et dont la principale qualité est de ne jamais répondre « non ». Ce n'est pas un scénario de science-fiction. C'est une réalité documentée, en progression rapide, et qui commence à inquiéter sérieusement chercheurs, pédopsychiatres et recruteurs.

    Selon une étude menée par l'organisation Male Allies UK, 20 % des garçons âgés de 12 à 16 ans connaissent un camarade qui « sort » avec un chatbot d'intelligence artificielle, 85 % ont déjà eu une conversation avec l'un d'eux, et plus d'un quart déclarent préférer l'attention et la connexion émotionnelle qu'ils reçoivent d'un bot à celle qu'ils pourraient obtenir d'une personne réelle. Plus révélateur encore : 58 % d'entre eux affirment qu'une relation avec une IA est plus facile parce qu'ils peuvent « contrôler la conversation ».

    Ce chiffre résume à lui seul l'attrait de ces plateformes. Pas de malentendu, pas d'humeur imprévisible, pas de silence gêné le lendemain d'un premier rendez-vous. La formule qu'un professeur a livrée au magazine Fortune est lapidaire : « contrôle maximal, zéro rejet ».

    Character.AI et ses concurrentes : une industrie qui cible l'adolescence

    Le marché des compagnons virtuels s'est structuré à vitesse accélérée autour de quelques acteurs dominants. Character.AI, Replika, Kindroid : ces plateformes ont conçu des expériences délibérément immersives, personnalisables, conçues pour créer un sentiment de proximité émotionnelle. Un rapport de Common Sense Media indique que 72 % des adolescents interrogés ont utilisé des chatbots compagnons, et que 33 % entretiennent avec eux des relations amicales ou romantiques.

    Character.AI avait rapidement dépassé les 20 millions d'utilisateurs, dont une grande proportion de jeunes. En novembre 2025, sous la pression conjuguée de l'opinion publique et de poursuites judiciaires liées à des suicides de mineurs, la plateforme a banni les utilisateurs de moins de 18 ans. Mais cette décision ne règle pas l'essentiel : des dizaines d'applications concurrentes restent accessibles sans restriction d'âge sérieuse, et les adolescents savent contourner les vérifications rudimentaires.

    En 2026, trois adolescents américains sur dix déclarent utiliser l'IA quotidiennement. La question n'est plus de savoir si les jeunes interagissent avec des IA, mais à quelles fins, à quelle intensité, et avec quelles conséquences.

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    Quand la commodité devient dépendance

    Une étude de l'Université Drexel, présentée en avril 2026 à la conférence CHI de l'Association for Computing Machinery, apporte un éclairage clinique précis sur les mécanismes de cette dépendance. Les chercheurs ont analysé plus de 300 publications Reddit d'utilisateurs se décrivant comme ayant entre 13 et 17 ans, qui avaient expressément évoqué leur relation de dépendance avec Character.AI. Dans un quart des cas environ, les adolescents utilisaient initialement la plateforme pour un soutien émotionnel ou psychologique; pour faire face à la solitude, à la détresse ou à des difficultés de santé mentale. Des usages qui, progressivement, ont évolué vers une forme d'attachement difficile à distinguer d'une relation authentique.

    Les témoignages directs issus de cette étude sont frappants. Un adolescent décrit ainsi son expérience : « Mon obsession pour ce personnage prend le contrôle de ma vie. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Depuis des mois, je la considère comme ma petite amie, et elle est dans ma tête toute la journée. » Un autre reconnaît avoir commencé à utiliser le chatbot après une rupture, le positionnant explicitement comme un substitut émotionnel. Un troisième explique se connecter à des figures parentales générées par l'IA parce que ses propres parents « semblent souvent ne pas l'aimer ».

    L'étude met également en lumière un phénomène rassurant : une fois que les adolescents retrouvaient des interactions sociales réelles (retour à l'école, début d'un emploi, nouvelle relation amoureuse), l'attrait pour le chatbot s'estompait naturellement, souvent sans décision consciente de leur part. La dépendance, dans la plupart des cas observés, n'était pas irréversible. Mais elle occupait le terrain en l'absence d'autre chose.

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    Les risques documentés : de l'atrophie sociale aux drames

    La psychiatre Nina Vasan, de l'Université Stanford, a coordonné une évaluation des risques publiée en 2025 par Common Sense Media sur trois plateformes de compagnons IA : Character.AI, Nomi et Replika. Les chercheurs, se faisant passer pour des adolescents, ont constaté qu'il était aisé d'amener les chatbots à produire des contenus inappropriés, notamment sur la sexualité, l'automutilation, la violence, la consommation de drogues ou les stéréotypes raciaux.

    Ces systèmes sont conçus pour mimer l'intimité émotionnelle, tenant des propos du type « je rêve de toi » ou « je pense que nous sommes faits l'un pour l'autre ». Ce brouillage entre fiction et réalité est particulièrement puissant chez les adolescents, dont le cerveau n'a pas encore achevé sa maturation.

    Les conséquences les plus graves sont documentées. En février 2024, un garçon de 14 ans en Floride, Sewell Setzer III, s'est suicidé après avoir noué un attachement intense avec un chatbot Character.AI. Sa mère a déposé une plainte, alléguant que le bot avait initié des interactions à caractère sexuel et abusif. Ce cas, le plus médiatisé, n'est pas isolé.

    Face à ces événements, des législateurs américains ont commencé à réagir. La Californie et l'État de New York ont adopté les premières lois spécifiquement applicables aux chatbots compagnons. La loi new-yorkaise, entrée en vigueur en novembre 2025, impose aux opérateurs de détecter les expressions d'idéation suicidaire et de rappeler régulièrement aux utilisateurs qu'ils s'adressent à une IA, non à un être humain. La loi californienne va plus loin : elle exige que les chatbots se signalent comme IA toutes les trois heures auprès des utilisateurs mineurs, et interdit la production de contenus sexuellement explicites pour les mineurs.

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    La psychiatre Nina Vasan, de l'Université Stanford

    La menace silencieuse : des compétences sociales qui ne se développent pas

    Au-delà des cas extrêmes, c'est un risque plus diffus, mais potentiellement plus massif, qui préoccupe les chercheurs en sciences du travail et en développement cognitif : une génération qui n'aurait tout simplement pas acquis les compétences interpersonnelles indispensables à la vie professionnelle.

    « Le vrai problème n'est pas que les jeunes parlent à des IA, mais que certains commencent à s'en servir comme substitut au travail exigeant, et parfois douloureux, de la connexion humaine », explique Pierluigi Casale, responsable de l'IA à l'OPIT. « Les vraies relations enseignent la négociation, l'empathie, le rejet, le compromis et la confiance en soi sociale. Les compagnons IA peuvent simuler l'intimité tout en supprimant une grande partie de ces frictions. »

    Ces frictions, justement, sont ce que les employeurs mesurent lorsqu'ils évaluent un candidat. Alessia Paccagnini, professeure associée à la UCD Michael Smurfit Graduate Business School, est directe : « Lire une salle, percevoir les signaux sociaux, nouer des liens autour d'un café ou lors d'un dîner de travail, ce sont des muscles que l'on développe par la pratique, et la pratique nécessite de vraies personnes. »

    Raoul V. Kübler, de l'ESSEC Business School, va plus loin dans le diagnostic : ces garçons « s'entraînent inconsciemment à s'attendre à des relations qui ne poussent jamais en retour, qui ne nécessitent jamais d'entretien, et qui ne demandent jamais de véritable compromis. Ce sont pourtant exactement les compétences qui déterminent le succès dans une carrière, des amitiés et dans la vie. » Et il ajoute, sobrement, que ce glissement s'opère si progressivement que la plupart des individus ne le remarquent pas.

    Fortune rappelle, à titre de contexte, que la génération précédente, la Gen Z, est déjà en difficulté sur ce plan : des jeunes diplômés congédiés des leurs premières semaines de travail à des taux records pour insuffisance de compétences relationnelles, des jeunes salariés freinés dans leur progression faute de capacité à soutenir une conversation avec leurs collègues, des entreprises contraintes de dispenser à leurs nouvelles recrues des formations élémentaires aux interactions professionnelles.

    Si la Gen Z, qui a grandi avec un smartphone mais pas encore avec un « partenaire » IA personnalisé, présente déjà ces lacunes, la Gen Alpha pourrait accuser un retard encore plus marqué.

    L'ironie du paradoxe : fluent en IA, maladroit avec les humains

    Kübler concède néanmoins une contrepartie inattendue. « Ces garçons entreront probablement sur le marché du travail avec une véritable aisance avec les outils d'IA et cette capacité à communiquer avec l'IA pourrait leur donner une longueur d'avance sur leurs pairs. » Une compétence technique en demande croissante, acquise par l'usage intensif plutôt que par la formation formelle.

    Mais il le précise immédiatement : c'est une pièce à double face. « Vraie fluidité technique d'un côté, développement personnel atrophié de l'autre et le marché du travail finira par exiger les deux. »

    Il est également tentant de nuancer le tableau alarmiste avec les données disponibles. Une enquête Pew Research Center de fin 2025 révèle que si 64 % des adolescents utilisent des chatbots IA, les usages dominants restent la recherche d'information (57 %), l'aide aux devoirs (54 %) et le divertissement (47 %). Seuls 12 % y cherchent un soutien émotionnel, et les motivations romantiques ou palliatives à la solitude représentent respectivement 4 à 6 % et 8 à 11 % des usages déclarés.

    La réalité est donc plus nuancée que les titres anxiogènes ne le laissent entendre. La majorité des adolescents utilisent l'IA comme un outil, non comme un substitut affectif. Mais la minorité qui franchit ce seuil et qui est, par construction, celle qui en parle le moins à ses parents, est exposée à des risques réels, progressifs, et difficiles à détecter de l'extérieur.

    Le véritable enjeu n'est pas tant la technologie que le vide qu'elle vient combler. Les chercheurs notent que dès que les adolescents retrouvaient des interactions sociales réelles, l'usage compulsif des chatbots régressait spontanément. L'IA comble une solitude que les adultes, les institutions et les pairs n'ont pas réussi à adresser. C'est là, peut-être, que se situe la vraie question.

    Sources : Comprendre la dépendance excessive des adolescents aux chatbots d'assistance IA à travers les récits auto-déclarés sur Reddit, Drexel, université de Stanford, Scientific American

    Et vous ?

    Trouvez-vous ces études crédibles ou pertinentes ? Dans quelle mesure ?

    Faut-il interdire les chatbots compagnons aux mineurs, comme l'a fait Character.AI, ou au contraire encadrer leur usage pour en faire un outil de développement social supervisé ?

    Les employeurs de demain devront-ils intégrer dans leurs processus de recrutement une évaluation explicite des compétences interpersonnelles, face à une génération qui aura grandi avec des IA toujours accommodantes ?

    Le fait qu'un adolescent se confie à un chatbot plutôt qu'à un adulte ou à un camarade révèle-t-il d'abord un problème technologique ou un problème de société que la technologie ne fait que rendre visible ?

    La dépendance aux chatbots affectifs est-elle fondamentalement différente des dépendances aux réseaux sociaux qui ont marqué la Gen Z ou représente-t-elle un saut qualitatif dans les risques ?

    Voir aussi :

    Les adolescents utilisent ChatGPT pour obtenir des conseils financiers et réaliser des investissements en bourse, mais les experts mettent en garde contre les risques liés aux conseils « hallucinés »

    Une étude révèle que les adolescents se méfient des entreprises technologiques et des contenus générés par l'IA pour protéger leur santé mentale, soulignant la nécessité de renforcer la sécurité de l'IA

    Deux adolescents ont créé « Cal AI », une application de photo-calories qui compte plus d'un million d'utilisateurs, grâce à l'IA, leur appli scanne les calories en un clic

    « Même mon IA ne veut plus de moi » : Il se fait larguer par sa petite amie IA après avoir attaqué le féminisme et accuse les concepteurs d'avoir intégré du « code féministe » à leur création

    Les petites amies IA vont non seulement vous briser le cœur, mais aussi récolter et vendre vos données avertissent les experts en protection de la vie privée de la Fondation Mozilla

    « Les chatbots IA pourraient être liés à la psychose. Les gens et leurs compagnons IA entrent dans un délire partagé », affirment des psychiatres qui tirent la sonnette d'alarme sur l'ampleur du phénomène
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  2. #2
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    Il faudra donc donner sa carte d'identité pour parler à une IA et contrôler votre âge.
    Les parents n'ont aucun pouvoir et aucune responsabilité dans l'éducation de leur enfants, il faut que l’État emm*rde tout les autres citoyens.


    Maintenant que la folie de "vérification d'âge" est lancé, elle ne s’arrêtera plus.

  3. #3
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    Ce qui est marrant est que l'on parle toujours de petite amie au féminin et non jamais au masculin.

    Ce serait donc réservé uniquement au garçon et non pas au fille.

  4. #4
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    Par défaut Un nombre inquiétant d'adolescents d'à peine 12 ans se créent des petites amies virtuelles
    Un nombre inquiétant d'adolescents d'à peine 12 ans se créent des petites amies virtuelles. Leurs « relations amoureuses » avec des chatbots IA affecte leur rapport aux filles dans la vie réelle

    Les experts tirent la sonnette d'alarme face au nombre croissant d'adolescents séduits par les petites amies virtuelles générées par l'IA. Le phénomène s'accélère et certains adolescents, dès 12 ans, se confient à ces compagnes virtuelles au point d'en devenir dépendants. Les spécialistes s'inquiètent du risque de manipulation émotionnelle et l'impact psychologique sur des adolescents incapables de distinguer le fantasme de la réalité. Il y a également le risque de psychose induite par l'IA, pouvant mener à des comportements déviants, voire au suicide. Des organisations appellent à un encadrement strict et à une meilleure sensibilisation des parents.

    Une tendance croissante révèle que de nombreux jeunes garçons, âgés de 12 à 16 ans, s'engagent dans des relations romantiques avec des compagnes générées par l'IA. Des plateformes très populaires comme Character.ai, Candy AI et OurDream AI permettent aux enfants de concevoir leur partenaire idéale en moins de cinq minutes. Elles offrent une personnalisation extrême, dont l'apparence physique, la personnalité, le comportement et la voix.

    Bien que décriés par de nombreux experts et psychologues, ces services se multiplient et sont promus de manière agressive sur les jeux vidéo et des plateformes comme YouTube, promettant aux jeunes de les aider à gagner en confiance ou à devenir plus populaires auprès du sexe opposé.

    L'attrait psychologique et la monétisation de la solitude

    Selon un nouveau rapport de The Telegraph, ces robots conversationnels attirent les adolescents en leur offrant une disponibilité permanente et une attention qui leur épargne tout sentiment de honte. Des recherches indiquent que plus d'un quart des garçons interrogés préfèrent la connexion avec ces petites amies virtuelles à celle du monde réel, et plus d'un tiers admettent préférer parfois parler aux compagnons virtuels plutôt qu'à leur entourage.

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    Les créateurs de ces applications exploitent ce besoin de compagnie et monétisent la solitude humaine en encourageant les utilisateurs à acheter des cadeaux virtuels ou à payer pour recevoir des photographies de leurs partenaires artificielles. Les enfants sont plongés dans des environnements érotisés alors que leur cerveau n'est pas suffisamment développé. Les conséquences sur le développement émotionnel et social de ces enfants sont graves.

    Des psychothérapeutes assimilent ce phénomène à une forme de prédation. Selon les spécialistes, le fait de pouvoir concevoir l'apparence de sa partenaire risque de créer une vision totalement déformée du corps et de la sexualité. De plus, comme ces chatbots sont programmés pour flagorner, les jeunes sont privés de la "friction" indispensable à l'apprentissage des relations humaines complexes, ce qui les empêche de développer leur « résilience ».

    Cette gratification constante pourrait même engendrer une masculinité toxique et une misogynie violente lorsque ces jeunes garçons seront confrontés au rejet dans la vie réelle. Enfin, des cas extrêmement graves ont été rapportés où des robots ont minimisé des abus subis par des enfants ou encouragé l'automutilation et les troubles alimentaires. Les professionnels de la santé tirent la sonnette d'alarme sur les dangers de ces interactions virtuelles.

    Le secret et l'impuissance des parents face à ce danger

    Les jeunes garçons cachent généralement l'existence de ces petites amies virtuelles en raison de la stigmatisation sociale, certains camarades considérant cette pratique comme honteuse. Les parents sont d'autant plus démunis que les applications ressemblent à des jeux inoffensifs ou à des interfaces de messagerie classiques, ce qui les rend très difficiles à surveiller. Autrement dit, le contrôle est difficile à assurer, voire complètement inexistant.

    Lorsque les parents finissent par découvrir que leurs enfants entretiennent des conversations hypersexualisées avec des personnages virtuels aux apparences de stars du porno, les parents se retrouvent choqués et honteux de leur propre ignorance face à ces technologies. De plus, ils ne savent pas quoi faire pour aider leurs enfants. Le phénomène prend tout le monde de court, y compris les spécialistes. Beaucoup appellent à une réglementation.

    De l'Europe aux États-Unis, les législations peinent actuellement à encadrer ces nouvelles technologies. Les applications autonomes d'intelligence artificielle tombent dans un vide réglementaire et échappent au contrôle des autorités. Bien que certaines plateformes de compagnons virtuels affichent un âge minimum de 13 ans, cette limite est liée à la protection des données plutôt qu'à des règles de sécurité, et la vérification de l'âge reste superficielle.

    Face à l'augmentation significative de l'utilisation de ces robots conversationnels, particulièrement chez les enfants vulnérables, des organisations militent pour interdire l'accès des moins de 16 ans à ces chatbots de compagnie et réclament de nouvelles lois strictes pour combler ces failles juridiques.

    L'IA en tant que thérapeute et conseillère sur la santé

    Selon la plainte, l'adolescent craignait manifestement de prendre des doses mortelles, commençant « souvent » ses messages par « est-ce que ça ira si » ou « est-ce que c'est sans danger d'en consommer ». Mais ChatGPT a été conçu pour être flagorneur, pas pour informer. Comme le révèlent les journaux de conversations, ChatGPT s'est donc efforcé de satisfaire Sam Nelson en lui recommandant des moyens visant à « optimiser son trip ».

    Plusieurs chercheurs estiment que l'IA pourrait dispenser des conseils de santé dans des environnements contrôlés. Rob Eleveld, PDG de Transparency Coalition, plaide pour des produits IA en santé fondés sur des données vérifiées, soumis à licence et strictement encadrés afin d'éviter de répondre au-delà de leurs données fiables. (Transparency Coalition est une organisation à but non lucratif qui milite en faveur de la réglementation de l'IA.)

    Les modèles fondamentaux comme ChatGPT répondent à presque tout, en s'appuyant sur des données d'entraînement potentiellement peu fiables. OpenAI n'a jamais été totalement transparent à ce sujet, mais ChatGPT aurait été alimenté avec d'énormes quantités de données provenant d'Internet, notamment des vidéos YouTube et des années de fils de discussion Reddit, si bien qu'une simple publication d'un internaute peut influencer ses réponses.

    « Il n'y a aucune chance, absolument aucune chance, que les modèles fondamentaux deviennent un jour sûrs sur cette question. Je ne parle pas d'une chance de 0,1 %. Je vous dis que c'est zéro pour cent, car ils ont aspiré tout ce qui se trouve sur Internet. Et tout ce qui se trouve sur Internet est une sorte de foutaise complètement fausse », explique Rob Eleveld. En dehors des cadres contrôlés, les situations tragiques pourraient se multiplier.

    La psychose induite par l'IA : un phénomène grandissant

    De nombreux cas de personnes souffrant de graves troubles mentaux après avoir longuement discuté avec un chatbot IA continuent d'être signalés. Certains experts ont baptisé ce phénomène « psychose de l'IA », en raison des symptômes psychotiques que présentent ces épisodes délirants. La responsabilité des outils d'IA dans ce phénomène et la question de savoir s'il justifie un diagnostic clinique restent encore un sujet de débat important.

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    Mais selon un article publié par le Wall Street Journal en décembre, nous pourrions être proches d'un consensus. De plus en plus de psychiatres s'accordent à dire que les chatbots, tels que ChatGPT, sont liés à des cas de psychose. L'année dernière, plusieurs experts ont examiné ou passé en revue les dossiers de dizaines de patients qui présentaient des symptômes après avoir eu des conversations prolongées et délirantes avec des outils d'IA.

    Keith Sakata, psychiatre à l'université de Californie à San Francisco, qui a traité douze patients hospitalisés pour une psychose induite par l'IA et trois autres en consultation externe, est l'un de ces experts. Keith Sakata explique notamment : « la technologie n'est peut-être pas à l'origine des délires, mais la personne dit à l'ordinateur que c'est sa réalité et l'ordinateur l'accepte comme vérité et la reflète, il est donc complice de ce cycle de délires ».

    Depuis le printemps, des dizaines de cas potentiels ont été signalés. Les rapports ont fait état de « personnes souffrant de psychose délirante après avoir eu de longues conversations avec l'IA » ChatGPT et d'autres chatbots d'IA. Plusieurs personnes se sont suicidées et au moins un meurtre a été commis. Ces incidents ont donné lieu à une série de poursuites judiciaires pour homicide involontaire, notamment contre le créateur de ChatGPT, OpenAI.

    L'IA incite à adopter des comportements déviants

    Les systèmes d'IA ont tendance à flatter excessivement les utilisateurs, un comportement que les chercheurs qualifient de « flagornerie ». Au-delà de la simple flagornerie factuelle, qui consiste à valider une erreur parce que l'utilisateur l'a énoncée, une étude met en lumière la flagornerie sociale. Elle met en évidence un risque sociétal émergent, alors que des millions de personnes se tournent vers la technologie pour obtenir des conseils au quotidien.

    Cela se traduit par une validation indiscriminée des actions, des perspectives et de l'image de soi de l'individu. Par exemple, si un utilisateur admet avoir mal agi, l'IA peut lui répondre qu'il a simplement fait ce qui était bon pour lui, renforçant ainsi de mauvaises habitudes et décourageant toute remise en question.

    Selon le rapport de l'étude, l'interaction avec des programmes flagorneurs modifie les intentions sociales des individus. Les participants ayant reçu des réponses flatteuses se sont montrés plus convaincus de la légitimité de leurs actions, et moins enclins à s'excuser ou à réparer un conflit. Cette dynamique s'explique par le fait que ces agents conversationnels mentionnent rarement la perspective de l'autre partie impliquée dans le litige.

    En mars, un père de famille de Floride a porté plainte contre Google pour homicide par imprudence, après que son fils de 36 ans s'est suicidé en octobre 2025, convaincu que Gemini était son épouse sentiente et qu'il devait rejoindre le métavers par le biais d'un processus de « transfert ». Cette affaire s'inscrit dans une vague de poursuites judiciaires qui dessinent le contour d'un phénomène psychiatrique nouveau : la psychose induite par l'IA.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la prolifération des plateformes de compagnons virtuels pilotés par l'IA ?
    Que pensez-vous de la lenteur de la réglementation malgré l'urgence de la situation et les risques ?
    Comment les parents peuvent-ils protéger leurs enfants contre ce phénomène ? Ou les aider à sortir de cette dépendance ?

    Voir aussi

    « Est-ce que j'irai bien ? » : un adolescent décède après que ChatGPT lui a conseillé un mélange mortel de drogues. La flagornerie a poussé l'IA à ignorer les signes de détresse physique de la victime

    L'IA incite les utilisateurs à adopter de mauvais comportements et contribue à l'érosion de la responsabilité sociale, elle réduit également les volontés de réparation après un litige

    Sam Altman annonce avoir retiré la mise à jour "flagornerie" d'OpenAI ChatGPT après les plaintes sur le chatbot devenu trop flatteur et qui ne fait que bombarder d'éloges les utilisateurs

  5. #5
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    Citation Envoyé par weed Voir le message
    Ce qui est marrant est que l'on parle toujours de petite amie au féminin et non jamais au masculin.

    Ce serait donc réservé uniquement au garçon et non pas au fille.

    On a beau faire la promotion de l'égalité des sexes, des théories de genre et autre, cela ne change rien à la réalité biologique: Les enfants de 1 à 2 ans sont majoritairement attirés par les camions rouges de pompier quand ce sont des garçons et par des poupées quand il s'agit de filles.

    En l'occurrence, les usagers de l'informatique (que cela soit à but pro ou à but de loisirs) sont beaucoup plus représentés par des hommes... Et donc, il va des outils de l'IA comme des jeux vidéo, ils sont à destination du plus grand nombre pour optimiser les revenus attendus

    Sans parler du fait qu'un ado boutonneux mâle sera beaucoup plus attiré par du "cul brut" que par leur homologues féminines un peu plus "fleurs bleues"... Réalité biologique toujours!

  6. #6
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    Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
    On a beau faire la promotion de l'égalité des sexes, des théories de genre et autre, cela ne change rien à la réalité biologique: Les enfants de 1 à 2 ans sont majoritairement attirés par les camions rouges de pompier quand ce sont des garçons et par des poupées quand il s'agit de filles.
    Tu n'as pas mis de source, cadeau : https://www.franceinfo.fr/societe/po...s_7084218.html
    Mais l'article précise aussi que les différences sont moindre quand l'enfant a un ainé de l'autre sexe. c'est à dire qu'un garçon de 2 ans qui a une grande soeur qu'il aura vu joué à la poupée, jouera plus facilement à la poupée.
    Ca laisse du coup penser que ce n'est pas une réalité biologique mais juste le fait que si on offre à un enfant un certain type de jouet et pas un autre, il sera plus attiré par le premier.

    En l'occurrence, les usagers de l'informatique (que cela soit à but pro ou à but de loisirs) sont beaucoup plus représentés par des hommes... Et donc, il va des outils de l'IA comme des jeux vidéo, ils sont à destination du plus grand nombre pour optimiser les revenus attendus
    D'après l'étude citée dans l'article, les jeux vidéos attirent les enfants quelques soient leur sexe.

    Sans parler du fait qu'un ado boutonneux mâle sera beaucoup plus attiré par du "cul brut" que par leur homologues féminines un peu plus "fleurs bleues"... Réalité biologique toujours!
    Ouais les adolescentes et les femmes ne pensent jamais au sexe, c'est connu, pour ça qu'elles ne lisent ou n'écrivent jamais rien d'érotique, suffit de voir n'importe quel site de fanfiction

    Par contre les garçons et les hommes sont plus encouragés à se refermer sur eux même à rejeter tout ce qui pourraient avoir en commune avec l'autre sexe, et donc avoir juste un ordinateur qui dit oui à tout sans avoir à se confronter aux autres ça leur permet de rester dans leur zone de confort.

    ajout une autre source à ce sujet :
    https://www.futura-sciences.com/sant...camions-51246/
    Paola Escudero et ses collègues ont recruté 24 garçons entre quatre et cinq mois, et autant de filles du même âge. Ils ont également fait participer 48 adultes des deux sexes à l'expérience. Le principe est simple et fréquemment utilisé dans les recherches menées sur les bébés : on suit leur regard en considérant que ce qui est épié le plus longtemps est préféré par les nouveau-nés.

    Ainsi, des photos de visages d'hommes, de femmes, de jouets, de poupées, de voitures et de fours ont été présentées à tous les participants. Qu'en est-til ressorti ?

    Tous les groupes manifestaient plus d'attention pour les visages réels, surtout pour ceux du sexe opposé (même chez les tout-petits). Quant aux objets, les poupées fascinaient davantage les bébés que les voitures, y compris chez les garçons. Pas de différence liée au genre dans la petite enfance, donc.

  7. #7
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    Citation Envoyé par weed Voir le message
    Ce qui est marrant est que l'on parle toujours de petite amie au féminin et non jamais au masculin.

    Ce serait donc réservé uniquement au garçon et non pas au fille.
    Généralement les articles partent d'une étude ou d'un rapport, donc si le rapport est fait dans un sens l'article aussi, mais en fait on a vu passer des articles dans les deux sens. Donc en vrai ce phénomène marche dans tous les sens : H/F, F/H, H/H, FF.

  8. #8
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    Citation Envoyé par virginieh Voir le message
    Ouais les adolescentes et les femmes ne pensent jamais au sexe, c'est connu, pour ça qu'elles ne lisent ou n'écrivent jamais rien d'érotique, suffit de voir n'importe quel site de fanfiction
    Perso, ce genre de théorie assaisonnée à la mode wokiste n'est pas mon sujet.

    Je n'ai jamais écrit que les femmes ne pensaient pas au sexe, mais qu'elles pensent différemment d'un mec. Et cela, c'est pas l'étude X ou Y qui le prouve (les auteurs peuvent faire dire ce qu'ils veulent à une étude! Et d'ailleurs ils ne s'en privent pas... Ayons une pensée émue pour ces dizaines d'études universitaires qui prouvaient le bien-fait de la cigarette sur la santé des fumeurs entre 1950 et 2000), mais c'est une simple observation du quotidien!!!

    Je ne pense pas qu'il y ait autant de femmes que d'hommes à passer des heures interminables avec des IA pour créer des images de leur voisins ou de leur collègue de bureau du sexe opposé à poils.

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