Le Royaume-Uni confirme que les destroyers de la Royal Navy seront équipés dès 2027 de l'arme laser DragonFire, capable de neutraliser des drones volant à plus de 640 km/h, au coût de seulement 13 $ par tir
Le Royaume-Uni accélère le déploiement de son arme laser DragonFire, confirmant ainsi son intention d'équiper les destroyers de type 45 de la Royal Navy de cette arme à énergie dirigée dès 2027. Ce système, capable d'abattre des drones volant à plus de 640 km/h pour environ 13 dollars par tir, témoigne de l'urgence croissante pour le pays de contrer les menaces aériennes à faible coût et à fort volume. Le laser viendra compléter les systèmes de missiles existants du navire de guerre, offrant une couche de défense énergétique et économique, conçue pour permettre des engagements prolongés sans dépendre de stocks de munitions limités.
L’accélération du programme DragonFire intervient alors que les capacités offensives des drones militaires subissent une mutation technologique significative. En juillet dernier, la Russie a testé sur le terrain le MS001, un nouveau drone IA équipé d'un superordinateur Jetson Orin de Nvidia. Présenté comme un « prédateur numérique », ce système peut analyser son environnement, identifier des cibles et adapter sa trajectoire en temps réel. Selon des responsables militaires ukrainiens, l'appareil combine la vision thermique, la télémétrie en temps réel et le fonctionnement en essaim, ce qui lui permet de contourner les contre-mesures classiques.
La Royal Navy est la force navale du Royaume-Uni, chargée de défendre le Royaume-Uni, les dépendances de la Couronne et les territoires d'outre-mer contre toute attaque ou invasion navale. Elle fait partie intégrante du Service naval de Sa Majesté, et ses officiers reçoivent leur commission du roi. La Royal Navy moderne trouve ses origines dans la marine anglaise du début du XVIe siècle ; étant la plus ancienne des forces armées du Royaume-Uni, elle est par conséquent connue sous le nom de « Senior Service ».
La Royal Navy s'empresse de mettre en service des armes laser en première ligne, alors que le Royaume-Uni poursuit l'intégration du système DragonFire à bord de ses navires de guerre de défense aérienne de pointe. Cette évolution marque un tournant majeur dans la guerre navale, où les systèmes à énergie pourraient bientôt permettre de contrer des menaces qui nécessitaient auparavant le recours à des missiles coûteux.
Londres prévoit désormais d'équiper les destroyers de type 45 du laser à haute énergie DragonFire dès 2027. Ce calendrier marque une nette accélération par rapport aux prévisions antérieures et reflète les inquiétudes croissantes concernant les champs de bataille où les drones sont omniprésents.
Un contrat de production attribué à MBDA en novembre 2025 vient étayer cette initiative. Le programme permettra dans un premier temps d'équiper au moins deux destroyers, après la réussite des essais de tir réel effectués sur le champ de tir des Hébrides.
Un déploiement accéléré
Le gouvernement britannique a confirmé en mars 2026 le calendrier révisé. Les responsables ont ainsi raccourci de cinq ans le calendrier initial.
La première installation aura lieu sur un destroyer de type 45. D'autres navires suivront au cours de la phase initiale de déploiement. Cette initiative montre à quelle vitesse les systèmes à énergie dirigée passent du stade des essais expérimentaux à celui des plateformes opérationnelles.
Pour les responsables de la planification navale, la rapidité est essentielle. La guerre des drones a évolué plus rapidement que les cycles traditionnels d'acquisition dans le domaine de la défense. Ce déploiement accéléré vise à combler ce retard.
Conçu pour contrer les menaces liées aux drones
DragonFire est destiné à neutraliser les menaces à courte portée, telles que les drones et les obus de mortier. Ces systèmes sont souvent déployés en grand nombre et leur mise en place est peu coûteuse.
Les intercepteurs traditionnels peinent en effet à faire face à de tels scénarios, car chaque missile tiré peut coûter des centaines de milliers de dollars. Ce déséquilibre pose ainsi un grave problème opérationnel en cas d'attaques prolongées.
Le laser offre une approche différente. Il permet de neutraliser des cibles les unes après les autres sans avoir à recharger. Tant qu'il y a de l'énergie disponible, les opérateurs peuvent continuer à tirer. Son efficacité dépend alors du temps d'exposition et de la capacité énergétique embarquée. Le système couvre également les petites embarcations et certains projectiles entrants.
Selon Jérôme Brahy, analyste en matière de défense et documentaliste chez Army Recognition, ce système renforce la défense en plusieurs couches en offrant une option d'engagement économique face à des menaces en grand nombre.
Le principal atout de DragonFire réside dans son coût. Chaque tir coûte environ 10 livres sterling (13 dollars US) en électricité. Ce chiffre contraste fortement avec le prix des missiles intercepteurs.
Le destroyer de type 45 constitue par ailleurs une plateforme d'accueil performante. Il est déjà équipé du système de défense aérienne Sea Viper, doté de missiles Aster, ainsi que de radars de pointe, tels que le SAMPSON et le S1850M, qui assurent la détection et le suivi. Des systèmes de défense rapprochée, des canons navals et des systèmes de guerre électronique complètent la protection du navire.
Le laser ajoutera une nouvelle couche non cinétique à cette architecture.
Cette intégration réduit en outre la dépendance vis-à-vis des stocks limités de missiles. Elle allège également la charge logistique liée au stockage et au réapprovisionnement en munitions.
Les ingénieurs qualifient souvent cette capacité de « chargeur infini ». Dans la pratique, les limites d'engagement dépendent davantage des systèmes de production d'énergie et de refroidissement que des armes stockées.
Pour les observateurs américains, ce développement s'inscrit dans la lignée d'initiatives similaires menées par la marine américaine. Les deux pays cherchent à contrer les menaces peu coûteuses et de grande ampleur sans épuiser leurs intercepteurs de grande valeur.
Depuis 2020, la société américaine Epirus développe en effet le système Leonidas, une arme à micro-ondes de haute puissance (HPM) conçue pour neutraliser les essaims de drones en ciblant directement leurs composants électroniques par des impulsions électromagnétiques. Lors de démonstrations effectuées en octobre 2025, le système HPM Leonidas a réussi à neutraliser un essaim entier de 61 drones, abattant 49 d'entre eux avec une seule rafale.
Le déploiement accéléré effectué par le Royaume-Uni suggère que les armes laser ne relèvent plus du domaine de la science-fiction. Elles deviennent des outils pratiques pour le combat naval moderne.
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