Mark Zuckerberg, Larry Ellison et Jensen Huang ont été nommés au Comité présidentiel des conseillers en science et technologie de Donald Trump, afin de le conseiller sur la réglementation en matière d'IA

Le président Donald Trump a nommé plusieurs personnalités de la Silicon Valley, dont Jensen Huang, Larry Ellison et Mark Zuckerberg, au sein du Comité présidentiel des conseillers en science et technologie (PCAST), afin de le conseiller sur la réglementation de l'intelligence artificielle (IA). Ce comité se penchera sur les opportunités et les défis posés par les technologies émergentes, ainsi que sur leur impact sur la main-d'œuvre américaine. Le PCAST, qui comptera 24 membres, jouera ainsi un rôle central dans l'élaboration de la politique américaine relative à l'IA, dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes liées au développement rapide des outils d'IA et à leur expansion dans presque tous les secteurs, alors qu'il n'existe pratiquement aucune réglementation en la matière.

Cette initiative survient peu après que l'administration Trump a amorcé une centralisation du cadre réglementaire de l'IA au niveau fédéral. Le 20 mars dernier, la Maison-Blanche a en effet publié un cadre législatif national sur l'IA, un document de quatre pages qui entend fixer les règles du jeu pour les années à venir en effaçant celles que les États avaient commencé à mettre en place. Ce cadre repose sur plusieurs objectifs affichés, mais traduit surtout une volonté de limiter la régulation décentralisée et de favoriser un environnement plus permissif pour l'industrie technologique.

Le Comité présidentiel des conseillers en science et technologie (PCAST) est un organe créé en 2001, puis reconduit à chaque changement d'administration. Le PCAST est doté d'un large mandat consistant à conseiller le président des États-Unis et le Cabinet présidentiel en matière de science et de technologie. Il formule des recommandations politiques dans des domaines tels que la compréhension de la science, de la technologie et de l'innovation. De nombreux scientifiques réputés ont fait ou font partie du PCAST.

Le président Donald Trump a annoncé la création d'un conseil technologique en collaboration avec des chefs de file du secteur afin de débattre de l'avenir de la politique en matière d'IA. Il a invité plusieurs personnalités éminentes à rejoindre le Comité présidentiel des conseillers en science et technologie afin de le conseiller sur la réglementation relative à l'IA. Cette liste comprend des dirigeants de grandes entreprises technologiques, notamment Mark Zuckerberg de Meta, Larry Ellison d'Oracle et Jensen Huang de Nvidia.

« Les États-Unis ont l'occasion de devenir le leader mondial dans le domaine de l'IA », a déclaré Mark Zuckerberg. « Je suis honoré de rejoindre le comité présidentiel et de travailler avec d'autres leaders du secteur pour contribuer à la concrétisation de cet objectif. »


Sergey Brin, cofondateur de Google, et Michael Dell, fondateur de Dell Technologies, ont également été invités à rejoindre le conseil. La liste officielle compte 13 membres, mais devrait passer à 24, conformément à un décret présidentiel de Donald Trump.

« Sous la présidence de Donald Trump, le PCAST se concentrera sur les questions liées aux opportunités et aux défis que les technologies émergentes représentent pour la main-d'œuvre américaine, et veillera à ce que tous les Américains puissent prospérer dans cet âge d'or de l'innovation », a annoncé la Maison-Blanche, le mercredi 25 mars 2026.

D'anciens présidents, dont George W. Bush et Barack Obama, ont mis en place des conseils similaires, mais ce nouveau groupe de travail devra probablement assumer des responsabilités plus importantes, compte tenu du développement rapide des outils d'IA et de leur expansion dans tous les secteurs, alors qu'il n'existe pratiquement aucune réglementation en la matière.

Plusieurs membres du conseil, dont Mark Zuckerberg, ont été associés au financement des projets du président. Par exemple, Meta a fait un don pour la construction de la salle de bal d'État de la Maison-Blanche.

S'il est certes utile de bénéficier des conseils d'experts, l'implication des géants de la technologie dans l'élaboration des politiques relatives à l'IA pourrait avoir des conséquences importantes, d'autant plus que des rapports font état d'innovations en matière d'IA exploitées sur les réseaux sociaux au détriment des données personnelles des individus, notamment de leurs noms et de leurs images.

Par ailleurs, l'essor rapide de l'IA a été critiqué en raison de la consommation excessive d'énergie et d'eau des centres de données, qui met à rude épreuve les ressources et contribue à l'augmentation des factures d'électricité des riverains.

L'IA a pourtant le potentiel d'améliorer l'efficacité énergétique et de favoriser des pratiques durables, tandis que certains centres de données envisagent même de recourir à des sources d'énergie non polluantes pour alimenter leurs installations.

Alors que Donald Trump fait appel à des personnalités du secteur technologique pour l'aider à élaborer sa politique en matière d'IA, l’exécutif américain a déjà pris des mesures pour affaiblir les cadres réglementaires locaux.

En décembre 2025, le président Trump a signé un décret visant à neutraliser les lois locales qui limitaient l'industrie de l'IA, offrant ainsi une victoire aux grandes entreprises du secteur qui avaient fait pression contre les réglementations. Ce texte confère notamment au ministère de la Justice des pouvoirs étendus pour contester les législations jugées contraires à l'objectif de « domination mondiale » des États-Unis dans le domaine de l'IA, ce qui met en péril des dizaines de lois relatives à la sécurité de l'IA et à la protection des consommateurs.

Le communiqué de la Maison-Blanche, daté du 25 mars dernier, est présenté ci-dessous : «

Aujourd’hui, le président Donald J. Trump a nommé les premiers membres de son Comité présidentiel des conseillers en science et technologie (PCAST). Créé par décret présidentiel, le PCAST rassemble les plus éminentes personnalités du pays dans les domaines de la science et de la technologie afin de conseiller le président et de formuler des recommandations visant à renforcer le leadership américain dans ces domaines.

Le Comité sera coprésidé par David Sacks et Michael Kratsios.

Les personnes suivantes ont été nommées :

Marc Andreessen
Sergey Brin
Safra Catz
Michael Dell
Jacob DeWitte
Fred Ehrsam
Larry Ellison
David Friedberg
Jensen Huang
John Martinis
Bob Mumgaard
Lisa Su
Mark Zuckerberg

Sous la présidence de Donald Trump, le PCAST se concentrera sur les questions liées aux opportunités et aux défis que les technologies émergentes représentent pour la main-d'œuvre américaine, et veillera à ce que tous les Américains puissent s'épanouir dans cet âge d'or de l'innovation.

Le PCAST peut compter jusqu’à 24 membres. D’autres membres seront nommés prochainement, et des informations concernant la première réunion du Comité seront communiquées à cette occasion.

Depuis que le président Franklin D. Roosevelt a créé son Comité consultatif scientifique en 1933, chaque président a mis en place son propre comité consultatif PCAST, composé de scientifiques, d’ingénieurs et de dirigeants du secteur privé.

»

Source : Communiqué de la Maison-Blanche

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