L'Union européenne a interdit à son personnel d'utiliser des images et des vidéos générées par l'IA dans ses communications officielles

L'Union européenne (UE) a interdit à son personnel d'utiliser des images et des vidéos générées par intelligence artificielle (IA) dans ses communications officielles, invoquant les risques liés aux deepfakes et à la désinformation. Cette restriction s'applique à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne, et vise à préserver la confiance ainsi qu'à garantir l'authenticité des messages officiels. Cette décision s'inscrit dans un débat plus large sur l'utilisation des médias synthétiques en politique, certains détracteurs estimant qu'elle pourrait limiter la capacité à sensibiliser le public.

L'Union européenne est une union politique et économique composée de 27 États membres situés principalement en Europe. Cette union supranationale couvre une superficie totale de 4 233 255 km² et compte, selon les estimations, plus de 450 millions d'habitants en 2025. L'UE est souvent décrite comme une entité politique sui generis combinant les caractéristiques d'une fédération et d'une confédération.

L'Union européenne a interdit à son personnel d'utiliser des images et des vidéos générées par l'IA dans ses communications officielles. Cette mesure intervient alors que les principales institutions de l'UE s'efforcent de répondre aux préoccupations liées aux deepfakes et à la désinformation.

Une étude de Google DeepMind réalisée en 2024 a révélé que les deepfakes politiques constituaient l'utilisation abusive la plus populaire de l'IA. Cette analyse montre que la création de contenus synthétiques imitant des personnalités publiques (images, vidéos ou enregistrements audio) est presque deux fois plus fréquente que les autres formes d'utilisation malveillante de l'IA générative.

Selon un article de Politico, la nouvelle politique de l'UE s'applique à la Commission européenne, au Parlement européen et au Conseil de l'Union européenne ; le Conseil ayant confirmé que les visuels entièrement générés par l'IA n'étaient pas autorisés dans les documents destinés à la presse et au grand public.

Nom : UE image video IA interdiction.png
Affichages : 2426
Taille : 45,1 Ko

La décision de l'UE intervient alors que l'IA fait l'objet d'une attention croissante dans le domaine de la communication politique, notamment en raison de la généralisation des médias synthétiques sur Internet. Les responsables de l'UE affirment que cette restriction vise à préserver la confiance et à garantir l'authenticité des messages officiels.

Ce qu'ont déclaré les responsables de l'UE

« Les vidéos et les photos que nous utilisons et mettons à la disposition des journalistes ou à des fins d’information officielle ne contiennent pas de contenu généré par l’IA », a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, à Politico. Il a ajouté que l’institution visait à « renforcer la confiance des citoyens » et que l’« authenticité » restait une priorité. La Commission interdira même l’utilisation limitée d’outils d’IA destinés à améliorer le contenu, comme l’amélioration de la qualité des images.

Le Parlement européen a également publié des lignes directrices internes sur l'IA générative, « soulignant la nécessité de faire preuve de vigilance face aux risques inhérents », a déclaré un autre porte-parole.

Cette politique s'inscrit dans le contexte d'une expansion continue des contenus générés par l'IA sur Internet, des estimations indiquant que des millions de vidéos « deepfake » ont circulé l'année dernière. En conséquence, la communication politique s'en trouve de plus en plus affectée, des contenus manipulés faisant leur apparition dans les campagnes électorales de plusieurs pays, notamment aux Pays-Bas et en Irlande.

Les détracteurs de l'approche de l'UE font valoir que le fait d'éviter les contenus générés par l'IA pourrait également réduire les possibilités de sensibiliser le public. En vertu de la réglementation européenne sur l'IA, les médias synthétiques doivent être étiquetés et munis d'un filigrane, ce qui, selon certains, pourrait être mis en avant dans le cadre d'une utilisation responsable.

Dans le monde en pleine mutation de la communication numérique, l'initiative de l'UE s'inscrit dans le débat plus large sur l'équilibre entre la crédibilité et la nécessité d'adopter de nouvelles formes de communication politique fondées sur l'IA.

Cette initiative de l'UE contraste avec la situation aux États-Unis, où le président Donald Trump utilise des contenus générés par l'IA dans ses communications publiques, notamment sur ses réseaux sociaux.

Certains États membres de l'UE ont également mené des expériences, dont les applications vont des campagnes de sensibilisation en Allemagne à la communication politique en Hongrie. Récemment, le chancelier allemand, Friedrich Merz, a publié une vidéo de lui-même modifiée numériquement afin d'illustrer les utilisations et les abus potentiels de cette technologie.

En parallèle, les grandes plateformes numériques ont commencé à déployer des mécanismes de protection pour limiter la propagation des contenus manipulés. YouTube a récemment introduit un outil de détection des deepfakes à destination des responsables gouvernementaux, des journalistes et des candidats politiques, afin de les aider à identifier et à supprimer les vidéos générées par l'IA qui les représentent. La société, qui appartient à Alphabet, a déclaré que cet outil visait à aider les personnes au cœur de l'actualité et du discours civique à « protéger leur identité ».

Source : Politico

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous cette initiative de l'UE crédible ou pertinente ?

Voir aussi :

Le Parlement européen a désactivé les fonctionnalités d'IA intégrées aux appareils professionnels utilisés par son personnel, citant des risques non résolus pour la cybersécurité et la protection des données

Dans un revirement surprenant, l'UE revient sur ses ambitions réglementaires en matière d'IA et reporte l'application de la loi sur l'IA à 2027, cédant ainsi aux pressions exercées par le lobbying des Big Tech