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  1. #1
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    Par défaut Euro-Office, le pari UE contre Microsoft promet une compatibilité sans faille, mais ONLYOFFICE coupe court
    Euro-Office, le pari européen contre Microsoft promet une compatibilité sans faille, mais ONLYOFFICE coupe court :
    le fork censé incarner la souveraineté numérique de l'UE déjà sous la menace d'un procès

    Une coalition d'entreprises technologiques européennes a annoncé à Berlin le lancement d'Euro-Office, une suite bureautique open source compatible avec les formats Microsoft, présentée comme une réponse directe aux dépendances numériques vis-à-vis des États-Unis. Trois jours plus tard, ONLYOFFICE, le logiciel dont le projet est un fork, accusait publiquement le consortium de violation de licence. Ce qui devait être un moment fondateur pour la souveraineté numérique européenne s'est transformé en une controverse juridique aussi révélatrice que gênante.

    Conférence de presse à Berlin, preview technique immédiatement publiée sur GitHub, première version stable annoncée pour l'été 2026 : l'annonce d'Euro-Office a été rodée pour faire effet. Le projet est soutenu par un consortium d'une douzaine d'acteurs européens (IONOS, Nextcloud, EuroStack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian, OpenXchange, BTactic) et se positionne explicitement comme l'alternative souveraine à Microsoft Office pour les administrations publiques, les entreprises et les établissements d'enseignement.

    Achim Weiss, PDG d'IONOS, a résumé la motivation du projet sans détour : « Avec les développements géopolitiques que nous avons observés ces dernières années, il existe un besoin évident d'une solution bureautique souveraine, fiable, pleinement compatible Microsoft et facile à utiliser en Europe. »

    Le timing est délibéré. Le lancement intervient alors que de nombreuses organisations réévaluent leur dépendance aux plateformes bureautiques non européennes, non plus seulement sous l'angle du coût ou des fonctionnalités, mais de plus en plus sous celui du contrôle et du risque à long terme. L'Europe n'a pas attendu d'être frappée pour agir : elle a lu le Cloud Act américain de 2018, compris que les centres de données de Microsoft en Allemagne ne mettaient pas les données à l'abri d'une injonction judiciaire américaine, et en a tiré les conclusions.

    Frank Karlitschek, PDG de Nextcloud, a formulé le diagnostic clairement : « L'Europe dispose des briques techniques depuis des années. Ce qui manquait jusqu'à présent, c'était une initiative pour les assembler en une solution cohérente et complète. Avec Euro-Office, nous ne partons pas de zéro ; nous prenons la responsabilité d'un élément vital de l'infrastructure numérique. »

    Un fork, pas une création ex nihilo

    Euro-Office n'est pas une suite bureautique conçue à partir d'une page blanche. Le projet est basé sur ONLYOFFICE, distribué sous licence AGPL, que le consortium présente comme un point de départ préférable à LibreOffice pour plusieurs raisons : une architecture plus moderne, des performances nativement web, et une interface plus proche de celle de Microsoft Office, réduisant ainsi la courbe d'apprentissage pour les utilisateurs habitués à Word, Excel ou PowerPoint.

    Le PDG de Nextcloud a été direct sur ce point : « LibreOffice a 35 ans et n'est plus le plus innovant ni le plus fluide. Cela se remarque aussi dans le navigateur. » Le consortium entend néanmoins maintenir une coopération avec Collabora (le dérivé web de LibreOffice), et envisage même d'intégrer certains composants Collabora dans Euro-Office à terme.

    Techniquement, Euro-Office n'est pas une suite autonome au sens habituel du terme. C'est un composant d'édition de documents (traitement de texte, tableur, présentation) conçu pour être intégré dans d'autres plateformes comme Nextcloud Hub, Proton Drive, XWiki ou OpenProject. Il prend en charge les formats DOCX, XLSX, PPTX ainsi que les formats OpenDocument, avec coédition collaborative en temps réel.

    Pourquoi ne pas avoir collaboré avec ONLYOFFICE plutôt que de le forker ? Le consortium répond directement sur GitHub : contribuer à ONLYOFFICE était « impossible ou fortement découragé », les pull requests n'étaient pas examinées, les instructions de compilation étaient cassées ou obsolètes, et le code contenait des blobs binaires et du code obfusqué. Une critique supplémentaire, géopolitique celle-là : la société derrière ONLYOFFICE est basée en Russie, un pays lourdement sanctionné par la plupart des nations européennes depuis l'invasion de l'Ukraine. Le projet note explicitement que « beaucoup d'utilisateurs et de clients exigent un logiciel qui ne soit pas potentiellement influencé ou contrôlé par le gouvernement russe ».

    Pour rassurer, IONOS et Nextcloud ont indiqué avoir audité le code source, et affirment avoir réécrit les composants qui n'étaient pas disponibles en open source. « Nous pouvons répondre de notre version », a déclaré Karlitschek. Weiss a ajouté : « N'importe qui peut le vérifier lui-même. »

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    La contre-attaque d'ONLYOFFICE : une bombe juridique

    Trois jours après l'annonce triomphale, ONLYOFFICE a publié une réponse cinglante. La société déclare que le projet Euro-Office utilise une technologie dérivée de ses éditeurs en violation de ses conditions de licence et du droit international de la propriété intellectuelle.

    Le cœur de la controverse porte sur l'AGPL v3 et ses conditions additionnelles. ONLYOFFICE distribue son logiciel sous GNU Affero General Public License v3, assortie d'exigences supplémentaires : la préservation du logo ONLYOFFICE dans les œuvres dérivées, une attribution correcte à la technologie originale, et le respect intégral des obligations de distribution open source. Ces conditions ont été ajoutées le 25 mai 2021.

    La position juridique d'ONLYOFFICE, étayée par un avis d'avocat publié dans son intégralité, est la suivante : l'AGPLv3 ne permet pas une application sélective, un utilisateur soit accepte l'AGPLv3 dans son intégralité, conditions additionnelles comprises, soit n'acquiert aucun droit sur le logiciel. Toute suppression ou exclusion unilatérale des conditions imposées en vertu de la Section 7 constitue une utilisation au-delà du périmètre de la licence accordée, et donc une violation.

    La position officielle d'ONLYOFFICE est sans ambiguïté : le projet Euro-Office constitue « une violation manifeste et matérielle » de ses conditions de licence. La société exige la pleine conformité immédiate, incluant la préservation du logo, de la marque et de tous les éléments d'attribution requis.

    Un débat juridique qui divise la communauté open source

    La réaction de la communauté open source est partagée. D'un côté, certains observateurs estiment qu'ONLYOFFICE a un argument juridique solide : les conditions additionnelles de la Section 7 de l'AGPLv3 sont légalement valides, et les ignorer au motif qu'elles seraient « trop contraignantes » ne constitue pas une défense recevable. De l'autre, une partie de la communauté considère que ces conditions additionnelles (notamment l'obligation de conserver le logo d'une entreprise russe dans un logiciel présenté comme souverain et indépendant) sont précisément le type de contraintes qui rendent le fork non seulement légitime, mais nécessaire.
    Sur GitHub, le consortium Euro-Office défend sa position : l'initiative « libère la base de code ONLYOFFICE » et vise à créer un logiciel véritablement ouvert, sans les zones d'ombre commerciales qui ont fini par peser sur le projet original.

    La question de fond est celle des limites de la copyleft : jusqu'où un titulaire de droits peut-il imposer des conditions qui vont au-delà du simple partage du code, sans transformer une licence open source en instrument de contrôle commercial ? Ce n'est pas un débat nouveau dans l'écosystème du logiciel libre, mais il prend ici une dimension politique particulière. Les conditions d'ONLYOFFICE imposent de conserver la marque d'une entreprise russe dans un produit vendu comme l'incarnation de l'indépendance numérique européenne, une contradiction que le consortium ne pouvait pas accepter sans se décrédibiliser dès le départ.


    La dimension géopolitique : plus qu'une suite bureautique

    Il serait réducteur de ne voir dans Euro-Office qu'un outil de traitement de texte. Le mouvement pour la « souveraineté numérique » en Europe vise à s'affranchir des produits technologiques contrôlés par les États-Unis et la Chine, y compris les services de Microsoft et Google.

    L'analyse des dynamiques à l'œuvre révèle une stratégie cohérente. Euro-Office est conçu pour être intégré dans des solutions de productivité numérique existantes (stockage, calendrier, messagerie, visioconférence) sous gouvernance européenne. IONOS est partie prenante du projet EuroStack et de l'initiative GAIA-X ; Nextcloud offre des plateformes de collaboration complètes. L'architecture est modulaire et complémentaire.

    Les signaux nationaux vont dans le même sens : le Danemark a annoncé en 2025 un pilote d'alternatives open source pour ses agents publics, l'Estonie a déclaré que la souveraineté numérique est une question de survie nationale, et l'Allemagne migre progressivement ses administrations fédérales vers des alternatives ouvertes depuis plusieurs années. D'ailleurs, l'Allemagne interdit les formats Microsoft Office dans les documents administratifs au profit des normes ouvertes ODF et PDF/UA. De plus, France et Allemagne ont dévoilé Docs : l'alternative à Google Docs et Microsoft Office 365 a été lancée en open source dans un souci d'indépendance numérique. Euro-Office offre désormais à ces pays une plateforme unifiée vers laquelle migrer, au lieu que chaque État construise sa propre solution en silo.

    Une fois en production, Euro-Office remplacera Collabora à l'intérieur de Nextcloud et de l'espace de travail IONOS Nextcloud. C'est un signal fort : les deux principaux promoteurs du projet y croient au point de l'intégrer dans leurs propres offres commerciales.

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    Ce qui reste à prouver

    Malgré l'élan politique et la cohérence stratégique du projet, plusieurs inconnues demeurent. La première est juridique : le litige avec ONLYOFFICE peut ralentir significativement le développement et créer une incertitude suffisante pour dissuader les acheteurs publics les plus prudents. La deuxième est technique : le test immédiat sera de savoir si la preview technique démontre une compatibilité suffisante avec les formats Microsoft pour convaincre les organisations de l'évaluer sérieusement. La facilité de migration et la familiarité de l'interface seront des enjeux centraux, en particulier dans les grandes administrations dotées de processus bien établis.

    La troisième inconnue est la plus profonde : l'Europe a déjà connu des initiatives de souveraineté numérique qui ont accouché de peu. GAIA-X a déçu une partie des espoirs placés en lui. Les standards ODF n'ont jamais vraiment supplanté les formats Microsoft dans les échanges quotidiens. Euro-Office peut-il éviter le même destin ? La réponse tient en grande partie à la capacité du consortium à maintenir sa cohésion dans la durée, à attirer des contributeurs extérieurs, et à produire une version stable suffisamment convaincante dès cet été pour enclencher un premier cycle d'adoptions publiques significatives.

    Le fait qu'un membre du Parlement allemand figure parmi les personnalités ayant posé à la conférence de presse de lancement n'est pas un détail : il signale que ce projet a déjà une caution politique. Reste à lui donner une réalité technique et juridique à la hauteur de ses ambitions.

    Sources : Euro-Office, OnlyOffice

    Et vous ?

    Les conditions additionnelles de l'AGPL imposées par ONLYOFFICE sont-elles compatibles avec l'esprit du logiciel libre, ou constituent-elles précisément le type de restriction que la GPL cherche à empêcher ?

    La compatibilité avec les formats Microsoft (.docx, .xlsx, .pptx) est-elle une force ou un aveu d'échec : en calquant les standards propriétaires de Redmond, l'Europe ne renforce-t-elle pas, paradoxalement, la domination de ces formats ?

    Les précédentes tentatives de souveraineté numérique européenne ont souvent buté sur l'adoption réelle par les utilisateurs finals. Quels mécanismes concrets (formation, obligation réglementaire, marchés publics) permettraient cette fois d'éviter l'abandon progressif ?

    La dimension géopolitique (s'affranchir de la juridiction américaine, éviter les logiciels russes) peut-elle suffire à motiver des migrations à grande échelle, ou le confort des utilisateurs restera-t-il le principal frein ?
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  2. #2
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    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    La compatibilité avec les formats Microsoft (.docx, .xlsx, .pptx) est-elle une force ou un aveu d'échec : en calquant les standards propriétaires de Redmond, l'Europe ne renforce-t-elle pas, paradoxalement, la domination de ces formats ?
    Si tu créer un lecteur de fichier audio, c'est important qu'il soit capable de lire les .wav, .mp3.
    Pour les logiciels de traitement de texte c'est pareil avec les .docx.

    Mieux vaut être compatible que non compatible.
    Les utilisateurs pourront sauvegarder les documents dans d'autres formats, l'important c'est qu'ils puissent ouvrir les .docx.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Les précédentes tentatives de souveraineté numérique européenne ont souvent buté sur l'adoption réelle par les utilisateurs finals. Quels mécanismes concrets (formation, obligation réglementaire, marchés publics) permettraient cette fois d'éviter l'abandon progressif ?
    Quand un logiciel vient d'une volonté politique ça ne fonctionne jamais.

    D'un autre côté, si ils réussissaient à faire mieux que Microsoft Office et que dans tous les collèges des Nations Européennes ont utilise le logiciel, alors les jeunes prendront l'habitude d'utiliser ce logiciel.
    Mais ils ne feront pas mieux que Microsoft Office, ce sera de la merde, parce que ça vient de l'UE..

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    La dimension géopolitique (s'affranchir de la juridiction américaine, éviter les logiciels russes) peut-elle suffire à motiver des migrations à grande échelle, ou le confort des utilisateurs restera-t-il le principal frein ?
    Les utilisateurs qui souhaitent arrêter d'utiliser des logiciels US ou Russe, sont tellement peu nombreux qu'ils sont totalement négligeable.

    Et de toute façon on ne se libère jamais des USA. Ce pays doit infiltrer tous les projets qui visent à rendre des pays européens moins dépendant à des solutions US.

    Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
    Euro-Office n'est pas une suite bureautique conçue à partir d'une page blanche. Le projet est basé sur ONLYOFFICE, distribué sous licence AGPL, que le consortium présente comme un point de départ préférable à LibreOffice pour plusieurs raisons : une architecture plus moderne, des performances nativement web, et une interface plus proche de celle de Microsoft Office, réduisant ainsi la courbe d'apprentissage pour les utilisateurs habitués à Word, Excel ou PowerPoint.

    Le PDG de Nextcloud a été direct sur ce point : « LibreOffice a 35 ans et n'est plus le plus innovant ni le plus fluide. Cela se remarque aussi dans le navigateur. » Le consortium entend néanmoins maintenir une coopération avec Collabora (le dérivé web de LibreOffice), et envisage même d'intégrer certains composants Collabora dans Euro-Office à terme.
    Si ils veulent faire encore mieux que Microsoft Office il fallait prendre la conception à 0 et ne rien utiliser de ONLYOFFICE.
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  3. #3
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    Quand cela veut pas, cela veut pas...

    L'Europe est définitivement le continent qui regroupe tous les "bras cassés" et les "pieds nickelés" du monde numérique!


    La plupart du temps, l'Europe se laisse danser sur le ventre par les Gafam américaines et quand enfin il y a un début de réaction, l'Europe se prend les pieds dans le tapis...

    Pathétique!

  4. #4
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    Par défaut ONLYOFFICE met fin à son partenariat avec Nextcloud
    ONLYOFFICE a suspendu son partenariat de huit ans avec Nextcloud après que Nextcloud, IONOS et d'autres entreprises européennes ont annoncé « Euro-Office », un fork du dépôt ONLYOFFICE

    Une coalition d'entreprises technologiques européennes (IONOS, Nextcloud, EuroStack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian, OpenXchange, BTactic) a annoncé le lancement d'Euro-Office, une suite bureautique open source compatible avec les formats Microsoft. Trois jours plus tard, ONLYOFFICE, le logiciel dont le projet est un fork, accusait publiquement le consortium de violation de licence. ONLYOFFICE a annoncé suspendre son partenariat de huit ans avec Nextcloud après que Nextcloud, IONOS et d'autres entreprises européennes ont annoncé le lancement d'« Euro-Office »

    OnlyOffice (anciennement TeamLab) est un logiciel de productivité libre et open source ainsi qu'un écosystème d'applications collaboratives. Il comprend des éditeurs en ligne pour les documents texte, les feuilles de calcul, les présentations, les formulaires et les PDF, ainsi qu'une plateforme collaborative basée sur des salles. Nextcloud est une suite logicielle client-serveur permettant de créer et d'utiliser des services d'hébergement de fichiers. Elle peut s'intégrer aux suites bureautiques Collabora Online et OnlyOffice. Elle peut être hébergée dans le cloud ou sur site et peut accueillir jusqu'à plusieurs millions d'utilisateurs.

    Fin mars 2026, une coalition d'entreprises technologiques européennes (IONOS, Nextcloud, EuroStack, XWiki, OpenProject, Soverin, Abilian, OpenXchange, BTactic) a annoncé à Berlin le lancement d'Euro-Office, une suite bureautique open source compatible avec les formats Microsoft, présentée comme une réponse directe aux dépendances numériques vis-à-vis des États-Unis. Frank Karlitschek, PDG de Nextcloud, a déclaré : « L'Europe dispose des briques techniques depuis des années. Ce qui manquait jusqu'à présent, c'était une initiative pour les assembler en une solution cohérente et complète. Avec Euro-Office, nous ne partons pas de zéro ; nous prenons la responsabilité d'un élément vital de l'infrastructure numérique. »

    Trois jours après l'annonce triomphale, ONLYOFFICE a publié une réponse cinglante. La société déclare que le projet Euro-Office utilise une technologie dérivée de ses éditeurs en violation de ses conditions de licence et du droit international de la propriété intellectuelle. En effet, Euro-Office est une suite bureautique basé sur ONLYOFFICE, distribué sous licence AGPL. ONLYOFFICE exige la pleine conformité immédiate, incluant la préservation du logo, de la marque et de tous les éléments d'attribution requis. Ce qui devait être un moment fondateur pour la souveraineté numérique européenne s'est transformé en une controverse juridique aussi révélatrice que gênante.

    Récemment, ONLYOFFICE a annoncé suspendre son partenariat de huit ans avec Nextcloud après que Nextcloud, IONOS et d'autres entreprises européennes ont annoncé le lancement d'« Euro-Office ». Cette décision affecte une intégration de longue date utilisée par les utilisateurs de Nextcloud en auto-hébergement pour l'édition de documents et la collaboration en temps réel.


    Euro-Office est présenté comme une alternative open source à Microsoft Office, contrôlée par l'Europe, mettant l'accent sur la compatibilité et la souveraineté logicielle. ONLYOFFICE affirme que ce fork enfreint la licence GNU Affero General Public License v3 en reconditionnant son code sans conserver les marques, logos et mentions d'attribution requis. Il affirme également que le projet a été lancé sans préavis, qualifiant cela de grave abus de confiance, et ajoute que les tensions s'étaient déjà accrues en raison de tentatives présumées de Nextcloud visant à recruter des employés et à influencer les clients contre l'entreprise.

    Nextcloud, quant à lui, affirme que ce fork a été motivé par des inquiétudes concernant les origines russes d'ONLYOFFICE, sa transparence limitée et un processus de contribution qu'il juge restrictif. ONLYOFFICE affirme que les clients et partenaires existants ne seront pas affectés, tandis que les critiques plus générales de LibreOffice ont alimenté le conflit en remettant en question le positionnement open source d’ONLYOFFICE et sa forte orientation vers les formats de fichiers Microsoft au détriment des standards ouverts.

    Selon ONLYOFFICE, la décision de suspendre le partenariat avec NextCloud ne concerne uniquement que ce partenariat spécifique. La société affirme : « Il est important de noter que nous continuerons à prendre en charge et à développer le connecteur ONLYOFFICE pour Nextcloud. Nous savons que bon nombre de nos partenaires et clients comptent sur cette intégration, et nous veillerons à sa stabilité et à son développement futur. »

    Euro-Office affirme « libérer la base de code d’ONLYOFFICE » en créant un fork

    Euro-Office repose sur ONLYOFFICE Open Source, un code source sous licence AGPL. Ce code fait actuellement l'objet d'une révision et d'un nettoyage en profondeur, dans le but de faciliter sa compilation et la contribution à son développement. Pourquoi avons-nous opté pour un fork plutôt que pour une collaboration ? Bien sûr, le fork devrait être une solution de dernier recours. Malheureusement, une collaboration ouverte avec ONLYOFFICE n'était pas possible, pour plusieurs raisons :

    - La contribution est impossible ou fortement découragée. ONLYOFFICE n'examine ni n'accepte généralement pas les pull requests. Les instructions de compilation sont peu fiables, obsolètes ou tout simplement inutilisables.

    - L'entreprise prend régulièrement des décisions controversées, comme la suppression de fonctionnalités dans les applications mobiles (par exemple l'édition mobile) et la suppression d'un panneau d'administration.

    - Manque de transparence. Les messages de commit, lorsqu’ils sont visibles, se contentent souvent de renvoyer à un numéro de ticket dans un outil de suivi interne. Il existe un nombre important de blobs binaires et de blobs de code compilé ou obscurci. La plupart des commentaires de code internes sont en russe, ce qui rend le travail difficile.

    - Les applications mobiles ne sont pas vraiment open source, mais simplement des wrappers. Exemple. Les applications comportent de nombreuses sections propriétaires qui devront être réimplémentées. Le travail à ce sujet est en cours.

    - ONLYOFFICE est une entreprise russe (malgré de nombreuses tentatives pour le cacher), et presque tous les développeurs résident en Russie. L'open source est un effort mondial, mais la situation politique actuelle rend la collaboration difficile et la confiance difficile à gagner. Surtout lorsque le développement n'est ni transparent ni ouvert. De nombreux utilisateurs et clients exigent des logiciels qui ne soient pas susceptibles d'être influencés ou contrôlés par le gouvernement russe.

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    Voici la position d'ONLYOFFICE dans ce litige :

    ONLYOFFICE signale des violations de licence dans le cadre du projet « Euro-Office » mené par Nextcloud et IONOS

    Chez ONLYOFFICE, nous avons passé des années à développer un éditeur de documents en ligne pleinement fonctionnel et prêt à l'emploi, en investissant massivement dans la compatibilité, les performances et la facilité d'utilisation au quotidien.

    Aujourd'hui, le problème que nous constatons ne relève pas de la concurrence technologique, mais du respect de la législation.

    Ce que nous observons

    Nous avons pris connaissance de l'initiative « Euro-Office » récemment annoncée, menée par Nextcloud et IONOS.

    D'après les informations accessibles au public, le projet « Euro-Office » utilise une technologie dérivée des éditeurs ONLYOFFICE, en violation de nos conditions de licence et du droit international de la propriété intellectuelle.

    Il existe des règles claires, et elles sont importantes

    ONLYOFFICE est distribué sous la licence GNU Affero General Public License v3 (AGPL v3), accompagnée d’exigences supplémentaires visant à garantir la transparence et une attribution équitable.

    Celles-ci comprennent :

    - la préservation de la marque ONLYOFFICE dans les œuvres dérivées ;
    - la mention appropriée de la technologie d’origine ;
    - le respect total des obligations de distribution open source.

    Ces conditions ne sont pas facultatives. Elles constituent un élément fondamental de l'utilisation légale et éthique du logiciel.

    Voici l'avis d'un avocat :

    « Depuis 2016, ONLYOFFICE distribue son logiciel sous les termes de la Licence publique générale GNU Affero v3 (AGPLv3), un modèle de copyleft largement reconnu, conçu pour garantir un équilibre entre l'ouverture du code et la protection des droits du titulaire du droit d'auteur.

    Essentiellement, l’AGPLv3 exige que la même licence soit préservée lors de la distribution, que le code source soit divulgué, y compris lorsque le logiciel est fourni en tant que service (SaaS), et que les mentions de droits d’auteur et les attributions de licence soient conservées.

    Conformément à la section 7 de l'AGPLv3, le titulaire des droits d'auteur est expressément autorisé à imposer des conditions supplémentaires. Dans le cas d'ONLYOFFICE, ces conditions comprennent notamment :

    - l'obligation de conserver le logo original du produit (section 7(b)) ;
    - le refus de tout droit d'utiliser les marques commerciales du titulaire des droits d'auteur (section 7(e)).

    Ces ajouts à la licence ont été mis en œuvre le 25 mai 2021 et figurent à la ligne 655 de la licence.

    L'AGPLv3 autorise expressément l'inclusion de telles conditions supplémentaires qui, lors de la distribution du logiciel, s'appliquent conjointement avec les conditions de licence de base en tant que cadre juridique unique, indivisible et exécutoire.

    En conséquence, l'accès au code et son utilisation sont strictement subordonnés au respect intégral de toutes les conditions applicables, tant standard qu'additionnelles.

    Tout argument selon lequel une version modifiée ou dérivée du logiciel pourrait être distribuée sous une licence AGPLv3 « pure », excluant les conditions additionnelles imposées en vertu de la section 7, est juridiquement infondé.

    Le droit de créer et de distribuer des œuvres dérivées découle uniquement de l'octroi de la licence. Cet octroi est conditionnel et indivisible. En conséquence, toute œuvre dérivée basée sur le code original d'ONLYOFFICE ne peut être créée et distribuée qu'en conformité avec toutes les conditions de licence applicables, y compris les conditions supplémentaires.

    La création d'une œuvre dérivée ne donne pas lieu à un régime de licence indépendant, exempt des conditions auxquelles le code original a été obtenu.

    En d'autres termes, l'AGPLv3 n'autorise pas d'application sélective : un bénéficiaire accepte soit l'AGPLv3 dans son intégralité, y compris toutes les conditions supplémentaires, soit il n'acquiert aucun droit d'utilisation du logiciel.


    Toute suppression, non-respect ou « exclusion » unilatérale des conditions imposées en vertu de la section 7 constitue une utilisation dépassant le champ d'application de la licence accordée et, par conséquent, une violation.

    En vertu de la section 8 de l'AGPLv3, toute violation des conditions de la licence entraîne la résiliation automatique des droits accordés en vertu de celle-ci.

    En l'absence de licence valide, toute utilisation ultérieure du logiciel est non autorisée et constitue, à ce titre, une violation des droits exclusifs du titulaire du droit d'auteur.

    Le fait de qualifier ces conditions supplémentaires d’« inapplicables » ou de « non obligatoires » ne modifie en rien leur nature juridique. Ces conditions font partie intégrante de l’octroi de licence lui-même, et leur respect est une condition préalable à l’obtention et au maintien des droits en vertu de l’AGPLv3. Leur validité n’est pas soumise à l’appréciation unilatérale du destinataire du code.
    »

    Il ne s’agit pas d’innovation, mais de responsabilité juridique

    Soyons clairs :

    Le reconditionnement, la modification ou la redistribution d’un logiciel sans respecter la licence applicable ne relève pas d’une question d’interprétation.

    Il s’agit d’une question de conformité aux normes juridiques établies.

    Notre position

    L'initiative « Euro-Office » constitue une violation manifeste et grave des conditions de licence d'ONLYOFFICE ainsi que des principes établis du droit international de la propriété intellectuelle. Nous exigeons le respect intégral et immédiat de toutes les conditions de licence applicables, y compris — mais sans s'y limiter — la préservation de la marque, du logo et de tous les éléments d'attribution requis d'ONLYOFFICE, tels que définis dans nos conditions de licence.

    Ce n'est qu'une fois que le respect intégral de ces conditions sera assuré que nous serons prêts à aborder et à discuter des déclarations inexactes et trompeuses concernant ONLYOFFICE qui ont été faites dans le cadre de ce projet.


    Quant à l'affirmation selon laquelle « une collaboration ouverte avec ONLYOFFICE n'était pas possible pour un certain nombre de raisons », nous estimons que le fait de travailler dans un cadre juridique et de licence approprié constitue, en réalité, le fondement même de toute véritable collaboration. Cela a déjà fait ses preuves auprès de millions d'utilisateurs et de centaines de partenaires à travers le monde.

    Sources : Avis d'Euro-Office, Déclaration d'ONLYOFFICE

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette décision est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    La version 10.0 du connecteur de la suite bureautique ONLYOFFICE pour Nextcloud est disponible, apportant la conversion en Markdown, la prise en charge du format TSV et la compatibilité avec Nextcloud 33

    France et Allemagne dévoilent Docs : l'alternative à Google Docs et Microsoft Office 365 a été lancée en open source dans un souci d'indépendance numérique. Le projet devra convaincre au-delà du symbole

    « Le code sous licence AGPL (Affero General Public License) ne doit pas être utilisé chez Google », l'entreprise avertit ses développeurs que l'AGPL comporte plus de risques que d'avantages
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  5. #5
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    Par défaut L'open source c'est la possibilité de faire un fork
    OnlyOffice est dans une mauvaise posture, soit il réussit à empêcher le fork Euro-Office (ce qui est peu probable) et montre au monde entier qu'OnlyOffice n'est pas un vrai projet open source, ce qui le décrédibilise complètement aux yeux de ses clients.

    Soit Euro-Office réussit son fork, alors OnlyOffice est fragilisé, car personne n'aura intérêt à utiliser OnlyOffice, un logiciel qu'on ne peut pas compiler soit même, qui utilise des blobs binaires et qui refuse les contributions externes.

    Euro-Office est certainement la meilleure chose qui puisse arriver à OnlyOffice pour en faire un vrai projet open source, mais Euro-Office devra faire ses preuves, fournir un code source que tout le monde peut compiler, recruter des développeurs expérimentés et montrer que ce n'est pas qu'un projet pilotés uniquement par IONOS et Nextcloud, mais qu'il peut attirer aussi des contributeurs externes et devenir un vrai projet communautaire.

  6. #6
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    A t'on un audit et des exemples à propos des points critiques adressés au dépôt d'ONLYOFFICE ? Parce que les accusations vont du léger au grave : "Les commentaires sont en russe", "les commentaires de commits pointent vers des outils internes", "du code est obfusqué".

    En attendant, il est difficile de considérer Euro-Office comme autre chose qu'un `sed -i 's/ONLYOFFICE/Euro-Office/'` récursif sur le dépôt. Pour moi c'est une nième tentative de maquillage maladroit de l'origine du projet comme il en a toujours existé. Pour des raisons idéologiques mais aussi avec des questions d'égo surdimensionné.

    Question subsidiaire : combien a déjà coûté le projet en cabinets de conseils pour trouver le nom et changer le logo ?

  7. #7
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    FatAgnus,

    Citation Envoyé par FatAgnus Voir le message
    OnlyOffice est dans une mauvaise posture, soit il réussit à empêcher le fork Euro-Office (ce qui est peu probable) et montre au monde entier qu'OnlyOffice n'est pas un vrai projet open source, ce qui le décrédibilise complètement aux yeux de ses clients.
    Je ne suis expert en licence "Open Source", mais s'il y est inscrit dans cette "licence" que pour "forker" le projet, il y'a des conditions a respecter, il faut qu'elles soient respectées me semble-t-il ? Surtout venant d'une institution tel que l'UE.

    Mais bon, les sociétés fournissant des IA ont bien pompé le net entier, sans respect pour les auteurs, sans respect pour les licences. Alors bon... Que dire...

    BàT et Peace & Love.

  8. #8
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    Cela fait bien longtemps que l'Europe aurait dû contribuer au code de LibreOffice / OnlyOffice / wine, voire même linux pour s'affranchir de windows/pack office. Quant on voit que cela coûte 264 milliards d'€ par an à la France (sic) https://www.radiofrance.fr/franceint...l-etat-1070957

    Il y aurait eu moyen de payer des dizaines d'ingénieurs par pays pour avoir des solutions performantes, et souveraines.

  9. #9
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    Avatar de Ryu2000
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    Citation Envoyé par archqt Voir le message
    Quant on voit que cela coûte 264 milliards d'€ par an à la France
    Il y a forcément une erreur quelque part, soit le Conseil national du Logiciel Libre soit Radio France se trompe.
    264 milliards c'est 2,64 * 1011 (là ça parle à plus de gens).

    Citation Envoyé par archqt Voir le message
    Il y aurait eu moyen de payer des dizaines d'ingénieurs
    Ouais peut-être qu'il est parfois plus rentable de développer son logiciel plutôt que de payer des licences.

    ====
    C'est dommage cette histoire de Euro-Office qui ne respecte pas les règles de la licence de ONLYOFFICE.
    Violer les licences comme ça, ça ne se fait pas.
    Ça commence mal leur machin...
    « George ? Qu’est-ce que j’ai à voir avec George ? Rien en fait ! Parce que si on réfléchit bien, moi je suis un vrai démocrate. »

  10. #10
    Membre éclairé Avatar de FatAgnus
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    Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
    :
    Je ne suis expert en licence "Open Source", mais s'il y est inscrit dans cette "licence" que pour "forker" le projet, il y'a des conditions a respecter, il faut qu'elles soient respectées me semble-t-il ? Surtout venant d'une institution tel que l'UE.
    Effectivement, la licence AGPL permet d'ajouter des conditions, mais ces conditions ne doivent pas contredire les bases même du logiciel libre ! Donc ajouter deux conditions contradictoires, du genre vous êtes obligés de garder notre logo... mais vous n'avez pas le droit de l'utiliser est ridicule. OnlyOffice pourrait aller plus loin dans l’absurde en ajoutant la condition : « vous pouvez utiliser ce logiciel libre, sauf l'utiliser ». Bref, qu'OnlyOffice arrête de bricoler l'AGPL pour essayer de la rendre moins libre.

  11. #11
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    Par défaut Je ne sais pas...
    FatAgnus,

    Citation Envoyé par FatAgnus Voir le message
    Effectivement, la licence AGPL permet d'ajouter des conditions, mais ces conditions ne doivent pas contredire les bases même du logiciel libre ! Donc ajouter deux conditions contradictoires, du genre vous êtes obligés de garder notre logo... mais vous n'avez pas le droit de l'utiliser est ridicule. OnlyOffice pourrait aller plus loin dans l’absurde en ajoutant la condition : « vous pouvez utiliser ce logiciel libre, sauf l'utiliser ». Bref, qu'OnlyOffice arrête de bricoler l'AGPL pour essayer de la rendre moins libre.
    Comme je le disais, je ne suis pas un "expert" (et de loin) en ce domaine. Mais si la licence permet d'ajouter des conditions (éventuellement contradictoires), c'est plus un problème du 'type" de la licence. Il y'en a tellement que c'est difficile de s'y retrouver. Demander de "garder" le logo d'origine ne me semble pas une contrainte insurmontable, on peut (peut-être) garder le logo de l'origine et en même temps ajouter un autre, du genre (logo EuroOffice) "basé" sur (logo OnlyOffice).

    Encore une fois, sans être expert, "Open Source" n'est pas la même chose que "Logiciel Libre" (de la FSF), cela ajoute encore à la difficulté de s'y retrouver, entre les "Logiciels Libres", les logiciels "Open Sources" et les quelques dizaines de type de licence. Bon, l'UE a certainement des avocats qui maîtrisent ce sujet (c'est a espérer en tout cas, sinon c'est de l'amateurisme, ce qui ne me surprendrait pas non plus...).

    Mais plus sérieusement, je ne pense pas qu'un outil que l'on veut "souverain" se base sur un "logiciel" qui ne permet pas de "garder secret" certaines parties du code, et devrait plutôt être un projet dépendant d'une "agence" de l'UE et pas d'une quelconque autre organisation, parce que sinon, ben c'est plus "souverain".

    On sait que de toute façon, on est fliqué de partout, donc que ce "EuroOffice" soit en quelque sorte "propriétaire" (code source fermé) de l'UE, ne changera pas grand chose.

    C'est pas ce que je souhaite, mais c'est un fait.

    BàT et Peace & Love.

  12. #12
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    Je vais le dire, et il faut le dire : C'est du VOL de code !

  13. #13
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    Citation Envoyé par OuftiBoy Voir le message
    Encore une fois, sans être expert, "Open Source" n'est pas la même chose que "Logiciel Libre" (de la FSF), cela ajoute encore à la difficulté de s'y retrouver, entre les "Logiciels Libres", les logiciels "Open Sources" et les quelques dizaines de type de licence. .
    C'est tellement une erreur faite régulièrement (avec le classique, c'est open source donc je peux faire ce que je veux avec, et le c'est open source, on peut pas le "vendre").

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