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Intelligence artificielle Discussion :

Le DMA contraint Google à céder les clés d'Android à ChatGPT et Claude : Bruxelles fixe ses exigences


Sujet :

Intelligence artificielle

  1. #1
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    Par défaut Le DMA contraint Google à céder les clés d'Android à ChatGPT et Claude : Bruxelles fixe ses exigences
    L'Europe demande à Google d'accorder aux services d'IA concurrents un accès égal à Android afin de se conformer au Digital Markets Act (DMA), mais Google s'y oppose pour des raisons de confidentialité

    La Commission européenne a ouvert deux procédures de spécification afin d'aider Google à se conformer à ses obligations en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA), en mettant l'accent sur l'interopérabilité de l'IA et l'accès aux données de recherche pour les plateformes concurrentes. Ces procédures guideront Google dans l'octroi aux fournisseurs de services d'IA tiers d'un accès égal aux fonctionnalités de son système d'exploitation Android dont bénéficient actuellement ses propres services tels que Gemini. Google a exprimé des réserves quant à cette décision. Clare Kelly, conseillère principale en matière de concurrence de l'entreprise, a déclaré qu'Android était déjà ouvert de par sa conception et que les données de recherche étaient concédées sous licence à des concurrents dans le cadre du DMA

    Le règlement sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA) est un règlement européen faisant suite à une proposition législative de la Commission européenne soumise au Parlement européen et au Conseil européen le 15 décembre 2020. Le règlement sur les marchés numériques est le règlement « frère » du règlement sur les services numériques (Digital Services Act) présenté à la même date aux instances législatives européennes par la Commission.

    La législation sur les marchés numériques vise spécifiquement les grandes sociétés numériques. La législation sur les marchés numériques définit des règles pour ces grandes plateformes en ligne. Elle vise à s'assurer qu'aucune grande plateforme en ligne qui se trouve dans une position de « contrôleur d'accès » ou « gardien » vis‑à‑vis d'un grand nombre d'utilisateurs n'abuse de cette position au détriment des entreprises qui souhaitent accéder à ces utilisateurs. Elle propose de considérer les grands fournisseurs de services de plateforme essentiels, comme « contrôleurs d'accès » en leur imposant de nouvelles obligations.

    En les rangeant par entreprises, nous obtenons un total de 22 services de six « gardiens » qui ont été désignés par la Commission, notamment :

    - Alphabet : Google ads, Google Search, Android, YouTube, Chrome, Google Maps, Google Play et Google Shopping ;
    - Amazon : Amazon Marketplace et Amazon ads ;
    - Apple : iOS, App Store et Safari ;
    - ByteDance : TikTok ;
    - Meta : Facebook, Instagram, WhatsApp, Messenger, Meta Marketplace et Meta ads ;
    - Microsoft : LinkedIn et Windows.

    Le DMA adopte une approche proactive face aux problèmes de concurrence une fois qu’un certain seuil de pouvoir de marché est atteint – y compris les grandes enseignes comptant plus de 45 millions d’utilisateurs locaux actifs. D'autres critères de contrôle incluent un chiffre d'affaires de plus de 7,5 milliards d'euros au cours des trois derniers exercices et une capitalisation boursière supérieure à 75 milliards d'euros, bien que la Commission dispose d'un certain degré de discrétion dans les désignations afin de garantir que la loi soit en mesure de cibler les plateformes qui semblent prêtes à gagner une position bien ancrée et durable dans un futur proche.

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    Récemment, la Commission européenne a ouvert deux procédures de spécification afin d'aider Google à se conformer à ses obligations en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA), en mettant l'accent sur l'interopérabilité de l'IA et l'accès aux données de recherche pour les plateformes concurrentes. Ces procédures guideront Google dans l'octroi aux fournisseurs de services d'IA tiers d'un accès égal aux fonctionnalités de son système d'exploitation Android dont bénéficient actuellement ses propres services tels que Gemini.

    Bruxelles souhaite également obtenir des précisions sur la manière dont les moteurs de recherche concurrents peuvent accéder aux données anonymisées de classement, de requête, de clic et de consultation de Google Search à des conditions équitables. « Nous voulons maximiser le potentiel et les avantages de cette profonde mutation technologique en veillant à ce que les règles du jeu soient ouvertes et équitables, et non biaisées en faveur des quelques plus grands acteurs », a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de l'UE chargée de la concurrence.

    Google a exprimé des réserves quant à cette décision. Clare Kelly, conseillère principale en matière de concurrence de l'entreprise, a déclaré qu'Android était déjà ouvert de par sa conception et que les données de recherche étaient concédées sous licence à des concurrents dans le cadre du DMA. « Cependant, nous craignons que de nouvelles règles, souvent motivées par les griefs des concurrents plutôt que par l'intérêt des consommateurs, ne compromettent la confidentialité, la sécurité et l'innovation des utilisateurs », a ajouté Kelly.

    La Commission prévoit de conclure la procédure dans un délai de six mois, au cours duquel elle communiquera ses conclusions préliminaires à Google et publiera des résumés non confidentiels pour permettre à des tiers de formuler des observations. Cette procédure ne constitue pas une enquête officielle et ne se prononce pas sur la question de savoir si Google a enfreint la DMA. Toutefois, si la Commission reste insatisfaite des efforts de mise en conformité de Google, elle pourra conclure ultérieurement que l'entreprise a enfreint les règles. Les violations de la DMA peuvent entraîner des amendes pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial d'une entreprise.

    En septembre 2023, Google a été désigné comme « gardien » au titre de la DMA pour plusieurs services, notamment Search, Android, Chrome, YouTube et Google Play. L'entreprise est tenue de se conformer à toutes les obligations applicables de la DMA depuis mars 2024. Cette procédure intervient après que Google a apporté des changements de politique à Android. En août 2025, Google a annoncé empêcher les développeurs non vérifiés de distribuer leurs applications sur les appareils Android certifiés. L'entreprise exige désormais que tous les développeurs soient vérifiés pour que leurs applications puissent être installées sur des appareils Android certifiés.

    Cette nouvelle exigence entrera en vigueur en septembre 2026 au Brésil, en Indonésie, à Singapour et en Thaïlande. À partir de 2027, elle sera progressivement mise en place à l'échelle mondiale. Google évoque des raisons de sécurité, mais beaucoup y voient un nouveau pas vers la fermeture de l'écosystème Android, ce qui représente un risque pour les magasins d'applications alternatifs.

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    Voici le communiqué relatif à cette procédure :

    La Commission ouvre une procédure pour aider Google à se conformer à ses obligations en matière d'interopérabilité et de partage des données de recherche en ligne au titre de la loi sur les marchés numériques

    La Commission européenne a engagé aujourd'hui deux procédures de spécification afin d'aider Google à se conformer à ses obligations au titre de la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act, DMA). Ces procédures officialisent le dialogue réglementaire entre la Commission et Google sur certains aspects du respect par ce dernier de deux obligations prévues par la DMA.

    La première série de procédures concerne l'obligation qui incombe à Google, en vertu de l'article 6, paragraphe 7, de la DMA, de fournir aux développeurs tiers une interopérabilité gratuite et effective avec les fonctionnalités matérielles et logicielles contrôlées par le système d'exploitation Android de Google. La procédure engagée aujourd'hui porte sur les fonctionnalités utilisées par les propres services d'intelligence artificielle («IA») de Google, tels que Gemini. La Commission entend préciser comment Google devrait accorder aux fournisseurs de services d'IA tiers un accès tout aussi efficace aux mêmes fonctionnalités que celles dont disposent ses propres services. L'objectif est de garantir que les fournisseurs tiers aient les mêmes possibilités d'innover et de concurrencer dans le paysage en rapide évolution de l'IA sur les appareils mobiles intelligents.

    La deuxième série de procédures concerne l'obligation qui incombe à Google, en vertu de l'article 6, paragraphe 11, du DMA, d'accorder aux fournisseurs tiers de moteurs de recherche en ligne l'accès aux données anonymisées relatives au classement, aux requêtes, aux clics et aux vues détenues par Google Search à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires (« FRAND »). Ces procédures portent sur la portée des données, la méthode d'anonymisation, les conditions d'accès et l'éligibilité des fournisseurs de chatbots IA à l'accès aux données. Le respect effectif de la réglementation et l'accès à un ensemble de données utiles permettront aux fournisseurs tiers de moteurs de recherche en ligne d'optimiser leurs services et d'offrir aux utilisateurs de véritables alternatives à Google Search.

    Prochaines étapes

    La Commission clôturera la procédure dans les six mois suivant son ouverture. Au cours des trois prochains mois, la Commission communiquera à Google ses conclusions préliminaires, dans lesquelles elle exposera les mesures qu'elle entend lui imposer afin qu'elle se conforme effectivement au DMA. Des résumés non confidentiels des conclusions préliminaires et des mesures envisagées seront publiés afin de permettre aux tiers de formuler des observations.

    Cette procédure, qui, par nature, ne se prononce pas sur la conformité avec le DMA, ne porte pas atteinte aux pouvoirs de la Commission d'adopter une décision constatant le non-respect par un gardien d'accès de l'une des obligations prévues par le DMA, y compris la possibilité d'infliger des amendes ou des astreintes.

    Source : Communiqué de la Commission européenne

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette procédure est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Matthew Prince, PDG de Cloudflare, affirme que Google bénéficie d'un avantage considérable sur ses concurrents tels qu'OpenAI et Microsoft, car Googlebot voit 3,2 fois plus de pages web qu'OpenAI

    Trois ans après avoir été pris au dépourvu par ChatGPT, Gemini est-il en train de gagner ? Des benchmarks et des chercheurs suggèrent que Gemini a ce qu'il faut pour détrôner OpenAI et tous ses concurrents

    Le référentiel Android open source F-Droid affirme que les nouvelles règles de Google entraîneront sa fermeture, car le programme de Google mettrait fin au référentiel d'applications libres et open source
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  2. #2
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    Par défaut Le DMA contraint Google à céder les clés d'Android à ChatGPT et Claude : Bruxelles fixe ses exigences
    Le DMA contraint Google à céder les clés d'Android à ChatGPT et Claude : Gemini bénéficie du bouton d'alimentation, du microphone et des API système,
    la Commission européenne veut que ses concurrents en fassent autant sur chaque Android

    La Commission européenne vient d'envoyer à Google ses conclusions préliminaires dans le cadre du Règlement sur les marchés numériques (DMA), exigeant qu'Android offre aux assistants IA rivaux (ChatGPT, Claude et d'autres) un accès équivalent à celui dont bénéficie Gemini. Concrètement, c'est toute l'architecture de domination de Google sur l'IA mobile qui est mise en cause, à quelques mois d'une décision contraignante attendue pour juillet 2026.

    Pour comprendre l'enjeu du dossier, il faut partir d'un constat technique simple mais lourd de conséquences : lorsqu'un utilisateur télécharge ChatGPT ou Claude sur un smartphone Android, il obtient une application. Lorsqu'il utilise Gemini, il obtient une fonctionnalité du système d'exploitation. Cette asymétrie n'est pas anodine. Elle se traduit par des avantages concrets et profonds : Gemini peut être invoqué en maintenant le bouton d'alimentation enfoncé ou en disant « Hey Google ». Il peut lire l'écran, interagir avec d'autres applications et accéder à des fonctions système que les assistants tiers ne peuvent pas utiliser.

    C'est précisément contre cette situation que la Commission européenne a décidé d'agir. Au cœur des préoccupations de Bruxelles se trouve Gemini. Sur les téléphones Android, l'assistant est préinstallé et bénéficie d'avantages au niveau du système que les services concurrents n'obtiennent pas. La Commission juge que cette configuration place les services d'IA tiers dans une position structurellement défavorable, et que l'interopérabilité est nécessaire pour que les utilisateurs puissent choisir les outils qui correspondent à leurs besoins sans perdre en fonctionnalités.

    Les procédures de spécification du DMA : un mécanisme inédit

    La démarche engagée par Bruxelles repose sur un outil juridique relativement nouveau, introduit par le Digital Markets Act : la « procédure de spécification ». Les conclusions préliminaires s'inscrivent dans des procédures de spécification ouvertes au titre du DMA le 27 janvier 2026, et elles arrivent au moment précis où Google achève la migration de Gemini comme expérience d'assistance d'Android pour plus de deux milliards d'appareils dans le monde.

    Cette procédure ne consiste pas à sanctionner, mais à définir précisément comment une obligation légale doit être respectée avant que la non-conformité ne soit constatée et punie. En janvier, la Commission avait annoncé qu'elle s'attendait à envoyer à Google ses conclusions préliminaires et à décrire les mesures proposées dans les trois mois, puis à clore les procédures dans les six mois. Le calendrier a donc été respecté à la lettre.

    Il est important de noter que ce dossier Android n'est pas le seul front ouvert. Le DMA impose deux obligations distinctes : d'une part, au titre de l'article 6(7), Google doit fournir aux développeurs d'IA tiers une « interopérabilité libre et effective » avec les fonctionnalités matérielles et logicielles d'Android qu'utilise Gemini. D'autre part, au titre de l'article 6(11), Google doit partager des données de classement de recherche, de requêtes, de clics et d'affichage anonymisées avec les moteurs de recherche concurrents et les fournisseurs de chatbots IA, à des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires. Ce second volet, relatif aux données de recherche, a fait l'objet d'une publication de conclusions préliminaires distincte le 16 avril 2026.

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    Ce que Bruxelles exige concrètement

    Les mesures envisagées par la Commission sont détaillées et opérationnelles. Les mesures proposées permettraient aux services d'IA concurrents d'être facilement activés par les utilisateurs via un « mot de déclenchement » personnalisé (wake word), une phrase que l'utilisateur peut prononcer pour activer un service d'IA.

    Au-delà de l'activation vocale, d'autres services d'IA pourraient, avec l'autorisation de l'utilisateur, accéder aux données locales de l'appareil pour des suggestions proactives, des résumés et une aide contextuelle. Les services d'IA tiers pourraient également contrôler les applications installées et les fonctionnalités système Android au nom de l'utilisateur. La Commission souhaite également que les développeurs tiers puissent accéder aux composants matériels nécessaires à l'exécution de modèles locaux avec de bonnes performances (GPU, NPU, accélérateurs) et que Google construise des API, fournisse une assistance technique, et propose l'ensemble gratuitement.

    En pratique, cela signifierait qu'un utilisateur européen pourrait définir Claude ou ChatGPT comme assistant système par défaut, et que ces assistants pourraient interagir nativement avec Gmail, Google Agenda ou d'autres applications Google de la même manière que Gemini le fait aujourd'hui.

    Voici un extrait du communiqué de la Commission :

    « La Commission a transmis ses conclusions préliminaires à Google dans le cadre de la procédure de spécification engagée le 27 janvier 2026 en vertu de la loi sur les marchés numériques (DMA). Ces conclusions préliminaires décrivent les mesures que Google devrait mettre en œuvre afin de garantir aux tiers un accès effectif et une interopérabilité avec les fonctionnalités clés d'Android.

    « Les mesures proposées visent à garantir que les services d'IA concurrents puissent interagir efficacement avec les applications sur les appareils Android des utilisateurs et exécuter des tâches en conséquence, telles que l'envoi d'un courriel via l'application de messagerie préférée de l'utilisateur, la commande de repas ou le partage d'une photo avec des amis. Actuellement, Google réserve en grande partie ces fonctionnalités à ses propres offres d'IA sur les téléphones et tablettes Android. Par exemple, les mesures permettraient aux utilisateurs d'activer facilement les services d'IA concurrents grâce à un "mot d'activation" personnalisé, une phrase qu'ils peuvent prononcer pour activer un service d'IA.

    « Les mesures proposées permettront également aux fournisseurs concurrents de services d'IA d'innover et d'offrir des expériences d'IA profondément intégrées aux utilisateurs de téléphones et tablettes Android, en complément des services d'IA d'Alphabet, tels que Gemini. L'ouverture de l'accès à ces fonctionnalités offrira aux utilisateurs Android de toute l'UE un plus large choix de services d'IA.

    « Afin de garantir l’efficacité des mesures proposées, la Commission invite les parties intéressées à formuler des observations à leur sujet dans le cadre d’une consultation publique. Les parties intéressées ont jusqu’au 13 mai 2026 pour soumettre leurs observations sur le projet de mesures. Un résumé non confidentiel des conclusions préliminaires et des mesures envisagées est disponible sur la page de consultation. »

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    Google réfute, Ribera insiste

    La réaction de Google ne s'est pas fait attendre. La société a affirmé qu'Android maintient un écosystème ouvert permettant aux assistants IA de prospérer et laissant aux fabricants d'appareils une pleine autonomie pour personnaliser leurs services d'IA. Clare Kelly, juriste senior en charge des questions de concurrence chez Google, a été plus directe dans sa critique, affirmant que l'intervention européenne retirerait cette autonomie aux constructeurs, imposerait l'accès à des autorisations matérielles et de dispositifs sensibles, et qu'elle ferait inutilement augmenter les coûts tout en compromettant les protections essentielles en matière de confidentialité et de sécurité pour les utilisateurs européens.

    Du côté de la Commission, Teresa Ribera, vice-présidente exécutive en charge de la politique de concurrence, a adopté un ton sans ambiguïté : les mesures proposées donneront aux utilisateurs Android un choix plus large quant aux services d'IA qu'ils utilisent et intègrent dans leur téléphone, notamment parmi la vaste gamme de services d'IA qui sont en concurrence avec la propre IA de Google.

    La position de la Commission repose sur un argument de fond : une entreprise qui contrôle environ 65 % du marché européen des systèmes d'exploitation mobiles ne peut pas être le seul arbitre de l'IA qui a le droit de s'intégrer au téléphone. C'est là le cœur de la doctrine DMA appliquée à l'ère des assistants générateurs : la plateforme dominante ne peut pas s'auto-préférer, même dans un domaine aussi récent que l'IA conversationnelle.

    Un calendrier sous tension et des précédents lourds

    Le contexte concurrentiel dans lequel s'inscrit cette procédure est particulièrement tendu. Google a retardé la migration complète de Google Assistant vers Gemini sur Android, repoussant la date cible de 2025 à 2026, avec l'arrêt final de l'Assistant sur mobile visé pour mars 2026. Les procédures réglementaires ont été ouvertes le même mois. Les deux calendriers, celui de l'ancrage de Gemini et celui de la régulation européenne, sont donc directement en collision.

    Les précédents ne plaident pas en faveur de Google. L'Union européenne a déjà utilisé le DMA pour forcer d'autres changements en Europe, notamment des écrans de choix du moteur de recherche sur Android, des options de paiement alternatives dans le Play Store et des limites au partage de données entre services. Par ailleurs, la Commission a déjà constaté une violation par Google de ses obligations DMA concernant l'auto-préférence dans la recherche en 2024, et a ouvert des procédures de non-conformité distinctes concernant les règles anti-contournement du Play Store.

    Les sanctions potentielles sont considérables : les violations peuvent coûter aux entreprises des amendes représentant jusqu'à 10 % de leur chiffre d'affaires annuel mondial. En cas de récidive, ce plafond monte à 20 %.

    La consultation publique et la suite

    Les parties intéressées ont jusqu'au 13 mai 2026 pour soumettre leurs observations sur les mesures proposées. La Commission examinera attentivement les retours des parties intéressées et de Google, et les informations recueillies pourraient entraîner des ajustements aux mesures proposées. Une décision finale est attendue d'ici la fin juillet 2026.

    Ce dossier dépasse en réalité la seule question de l'accès à Android. Il s'agit d'un test grandeur nature pour savoir si le DMA peut effectivement réguler la couche d'IA qui est en train de se superposer aux systèmes d'exploitation mobiles. Si la Commission obtient gain de cause, elle établira un précédent applicable à toute future intégration d'IA dans des plateformes dominantes, qu'il s'agisse d'Apple avec Siri et iOS, ou de Microsoft avec Copilot sur Windows. L'enjeu, pour les acteurs européens et internationaux du secteur IA, est donc bien plus large qu'une simple bataille de paramètres système sur 2 milliards de téléphones Android.

    Sources : Commission européenne, réaction de Google

    Et vous ?

    L'accès équitable aux APIs système d'Android est-il techniquement réalisable sans compromettre la cohérence et la sécurité de l'OS, ou Google a-t-il raison de soulever des risques concrets plutôt que rhétoriques ?

    Si la Commission obtient gain de cause, Apple sera-t-il le prochain sur la liste, et iOS pourrait-il être contraint d'ouvrir les mêmes accès à Siri actuellement réservés à des alternatives comme ChatGPT via ses propres intégrations natives ?

    L'ouverture forcée des API d'activation vocale (wake word) crée-t-elle un risque réel pour la vie privée des utilisateurs, ou cet argument n'est-il qu'un paravent commercial pour Google ?

    La procédure de spécification du DMA est-elle suffisamment rapide et précise pour réguler un secteur qui évolue aussi vite que l'IA mobile, ou risque-t-on de réguler un monde qui n'existera plus en juillet ?

    Dans quelle mesure l'investissement de Google à hauteur de 40 milliards de dollars dans Anthropic (développeur de Claude, l'un des concurrents directs visés par cette procédure) complique-t-il la lecture antitrust de toute cette affaire ?

    Voir aussi :

    Matthew Prince, PDG de Cloudflare, affirme que Google bénéficie d'un avantage considérable sur ses concurrents tels qu'OpenAI et Microsoft, car Googlebot voit 3,2 fois plus de pages web qu'OpenAI

    Trois ans après avoir été pris au dépourvu par ChatGPT, Gemini est-il en train de gagner ? Des benchmarks et des chercheurs suggèrent que Gemini a ce qu'il faut pour détrôner OpenAI et tous ses concurrents

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