D'anciens dirigeants et employés de Samsung inculpés pour avoir divulgué la technologie DRAM 10 nm de l'entreprise à la Chine
entraînant des pertes de plusieurs milliards de wons coréens
La Chine se retrouve au coeur d'un nouveau scandale d'espionnage technologique. Les procureurs sud-coréens ont arrêté 10 anciens employés de Samsung qui auraient divulgué la technologie DRAM de 10 nanomètres à ChangXin Memory Technologies (CXMT). Les 10 personnes sont accusées d'avoir enfreint la loi sur la prévention de la divulgation et la protection des technologies industrielles. Cette fuite aurait entraîné des pertes de plusieurs milliards de wons coréens. Elle intervient dans un contexte de guerre technologique entre la Chine et les États-Unis, ainsi que de pénurie de mémoire et de stockage, accentuée par la forte demande de l’industrie de l’IA.
Les États-Unis déploient de gros efforts pour renforcer leur contrôle sur la vente de semiconducteurs et de machines-outils de pointe à la Chine. Ces restrictions visent notamment à ralentir les progrès de l'industrie technologique chinoise afin de conserver leur leadership dans le secteur. Cependant, l'industrie technologique chinoise continue de progresser, en développant ces propres semiconducteurs et en exploitant les failles des sanctions américaines.
La Chine s'efforce de réduire l'écart technologique entre ses puces produites localement et les puces importées des géants TSMC et Nvidia. Il va sans dire qu'une astuce ancienne, mais efficace pour y parvenir consiste à séduire un chercheur ou un cadre supérieur d'un concurrent avec un salaire mirobolant.
Selon le média sud-coréen The Elec, un groupe d'anciens cadres et employés de Samsung a été inculpé pour avoir divulgué la technologie DRAM 10 nm à la Chine. Le département chargé des enquêtes sur les crimes informatiques du parquet central de Séoul a arrêté un cadre actuel de la société chinoise CXMT. Cet individu, ancien cadre de Samsung Electronics, est accusé d'avoir supervisé le développement de la technologie DRAM 10 nm chez CXMT.
Quatre autres employés de CXMT ont également été arrêtés dans le cadre de cette enquête. Les informations divulguées porteraient sur des procédés avancés de production de DRAM de pointe, qui permettent de fabriquer des puces plus rapides, plus denses et plus efficaces. Ces technologies donnent normalement à Samsung un avantage compétitif crucial sur le marché mondial de la mémoire. Le marché est actuellement confronté à une forte pénurie.
CXMT aurait attiré les anciens cadres de Samsung dès sa création
Selon les rapports, après sa création en 2016, CXMT aurait recruté des cadres et des personnes clés de Samsung Electronics, qui était à l'époque le seul fabricant à produire en série des DRAM 10 nm. Ces personnes auraient transféré la technologie DRAM exclusive de Samsung à CXMT. Ces actions auraient contribué à la production en série de la première DRAM développée en Chine en 2023, qui serait basée sur la technologie détournée de Samsung.
Les procureurs sud-coréens affirmant notamment que la technologie volée a jeté les bases des progrès réalisés par l'entreprise chinoise dans le domaine de la mémoire HBM (High Bandwidth Memory). CXMT aurait ensuite commencé la production en série de mémoires HBM2 en 2024 et devrait conquérir jusqu'à 15 % du marché, ce qui entraînerait des pertes de plusieurs milliards de wons coréens pour Samsung et l'économie nationale sud-coréenne.
Cela se confirme déjà, puisque les ventes de Samsung Electronics ont baissé d'environ 5 000 milliards de wons l'année dernière. Selon les rapports sur l'affaire, les personnes inculpées sont accusées d'avoir divulgué des secrets industriels classés comme « technologies stratégiques » par la Corée du Sud.
Selon les informations, M. A, un ancien cadre de Samsung, était chargé de travailler sur la technologie DRAM 10 nm pour CXMT, tandis que M. B, un employé clé impliqué dans la recherche sur cette technologie, aurait copié des informations sur la fabrication des DRAM. L'accusé M. B aurait transcrit 12 pages d'informations à la main pour éviter d'être détecté, d'autant plus que les fabricants de puces sont particulièrement protectrices de leurs informations.
Le fait de copier des fichiers à partir d'un ordinateur ou de les photographier avec un smartphone pourrait les exposer à des poursuites. En outre, ce n'est pas la première fois que des employés d'entreprises technologiques sud-coréennes sont arrêtés pour avoir volé des informations au profit d'entreprises chinoises.
La Chine accusée dans plusieurs affaires d'espionnage technologique
Un ancien employé de SK hynix a été appréhendé plus tôt cette année avant d'embarquer sur un vol à destination de la Chine, tandis qu'un autre ingénieur a été condamné à 18 mois de prison pour avoir tenté de vendre des informations à Huawei. Deux anciens cadres de Samsung ont aussi été arrêtés l'année dernière pour avoir prétendument volé des informations confidentielles et les avoir utilisées pour créer leur propre usine de puces en Chine.
Mais cette affaire récente implique davantage de personnes que les autres cas cités. Le groupe aurait utilisé des sociétés-écrans pour transférer des informations et aurait constamment déménagé ses bureaux afin d'échapper à la détection. De plus, les procureurs ont déclaré que le groupe opérait « en partant du principe que les services secrets nationaux étaient à proximité » et utilisait même la cryptographie pour ses communications d'urgence.
En août 2025, le FBI a alerté que les pirates informatiques chinois du groupe Salt Typhoon ont piraté les télécommunications dans plus de 80 pays, compromettant les enregistrements d'appels et les communications pour une vaste campagne d'espionnage mondiale. L'opération a permis un « accès profond » aux opérateurs de télécommunications, exposant les enregistrements d'appels, les communications privées et les données de localisation.
Quelques mois plus tôt, Microsoft a lancé une mise en garde contre Silk Typhoon, un groupe d'espionnage chinois, qui a espionné sa technologie du cloud. Ce groupe s'attaque aux chaînes d'approvisionnement informatique. Selon un article publié sur le blogue de Microsoft Security, le groupe se concentre sur des solutions informatiques courantes telles que les outils de gestion à distance et les applications cloud pour obtenir un accès initial.
Cet incident intervient dans un contexte de pénurie de mémoire
Les procureurs sud-coréens affirment que le gouvernement chinois a investi plus de 1,7 milliard de dollars dans CXMT, le premier et unique producteur national de DRAM du pays. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre de la volonté du gouvernement chinois et des entreprises nationales de réduire leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers de matériel informatique et d'atteindre l'autosuffisance en matière de technologies de pointe.
De plus, la nouvelle de la fuite de la technologie DRAM de Samsung intervient alors que le marché des DRAM est confronté à une forte hausse des prix et à une baisse rapide des stocks. La bulle de l'IA plonge l'industrie technologique dans une pénurie de modules mémoire. La production mondiale est détournée pour répondre aux besoins des centres de données. Conséquence : les prix de certains kits de RAM ont plus que triplé en seulement trois mois.
Le marché de la mémoire est confronté à une pénurie importante, les prix contractuels de décembre 2025 pour les principales catégories de DRAM ayant augmenté de 80 à 100 %, selon Gerry Chen, PDG de Team Group. Il a décrit cette hausse des prix comme le début d'un cycle haussier de plusieurs années pour la RAM et a averti que l'impact le plus sévère se fera sentir au premier semestre 2026, une fois que les distributeurs auront épuisé leurs stocks.
La cause profonde de la pénurie est un changement dans la demande, une grande partie de la capacité de l'industrie étant désormais concentrée sur la mémoire à bande passante élevée utilisée dans les accélérateurs d'IA. Cela réduit la production de plaquettes disponibles pour les DRAM et les NAND 3D courantes. La mise en place d'une nouvelle capacité importante prend des années. Un soulagement notable n'est pas envisageable avant fin 2027 ou 2028.
Après 30 ans, Micron Technology vient d'annoncer qu'il se retire du marché des mémoires grand public. Micron supprime ainsi complètement la marque Crucial, composé de modules de RAM et de périphériques de stockage, ce qui signifie qu'il y aura un fabricant de mémoire grand public de moins. À l'avenir, Micron se concentrera sur la fourniture de composants aux acteurs de la bulle IA, ce qui aggrave la pénurie de RAM et augmente davantage les prix.
Samsung augmente le prix contractuel de la DDR5 de plus de 100 %
Selon les informations relayées par les médias taïwanais, Samsung aurait brusquement augmenté le prix contractuel de la DDR5 à 19,50 dollars, soit près de 20 dollars. Ce chiffre représente une augmentation de plus de 100 % par rapport au prix contractuel précédent. Selon les médias taïwanais, Samsung aurait baissé les bras et informé ses clients en aval qu'il n'y avait « plus de stock » ! Le secteur considère cette tactique comme assez impitoyable.
En effet, que les clients choisissent de conserver la spécification DDR4 ou de faire passer leurs produits à la DDR5, ils sont contraints de payer des prix inévitablement élevés. N'ayant nulle part où aller, ils se trouvent dans une situation où ils n'ont d'autre choix que d'attendre docilement leur sort. De plus, le dernier prix contractuel de la mémoire DDR4 16G, publié fin novembre 2025, a également augmenté pour atteindre 18 dollars.
Si l'augmentation du prix contractuel de la DDR5 par Samsung affecte directement les équipementiers qui achètent des puces mémoire à grande échelle, ces derniers sont susceptibles de répercuter cette hausse sur les consommateurs. Par exemple, Lenovo pourrait augmenter le prix de sa gamme d'ordinateurs portables 2026 afin de tenir compte de la dernière hausse des prix de la DDR5. Ce qui augmenterait les prix à l'achat pour les consommateurs.
Nvidia aurait cessé de fournir des puces VRAM avec ses kits GPU
Pour ceux qui ne le savent pas, Nvidia fournit des GPU et des puces VRAM à ses partenaires fabricants de cartes, qui se chargent du reste. Nvidia ne fabrique pas lui-même la VRAM ; la société s'approvisionne auprès de fournisseurs tels que Samsung, Micron et SK Hynix. Mais les trois fabricants doivent désormais répondre à une demande de plus en plus élevée provenant des acteurs de la course à l'IA. Ce qui expose le marché à une pénurie.
La demande des entreprises d'IA a aggravé la disponibilité de la mémoire au point que Nvidia ne recevrait plus suffisamment de VRAM de la part de ses fournisseurs. C'est ce que rapporte un informateur de premier plan, « Golden Pig Upgrade », selon lequel Nvidia a cessé de fournir des puces VRAM avec ses GPU.
Selon la rumeur, Nvidia a cessé d'intégrer de la mémoire vidéo à ses GPU vendus aux partenaires AIB (Add-In Board), laissant ses partenaires se procurer eux-mêmes la VRAM nécessaire. Cela ne pose pas encore de problème de problème aux grands fabricants de GPU. Cependant, pour de nombreux petits fournisseurs, les analystes estiment que s'approvisionner en puces VRAM sans disposer d'un réseau de contacts solide pourrait s'avérer très difficile.
Tout cela est déjà assez grave, mais certaines personnes y voient une lueur d'espoir. Certains commentaires suggèrent notamment : « en effet, une fois que la bulle de l'IA aura éclaté, au moins nous aurons une tonne de matériel bon marché qui inondera le marché ». La question est de savoir quand.
Selon des informations rapportées par Benchlife, Nvidia devrait réduire la production de GPU GeForce de 30 à 40 %. Ces réductions seraient liées aux pénuries touchant plusieurs types de mémoire, notamment la GDDR7, plutôt qu'à un seul composant. Nvidia se préparerait à réduire la production de ses GPU GeForce RTX 50 au début de l'année 2026, ce qui soulève des inquiétudes quant à l'approvisionnement et à la disponibilité futurs.
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