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Microsoft Office Discussion :

L’UE propose un ensemble de mesures visant à renforcer sa souveraineté technologique


Sujet :

Microsoft Office

  1. #81
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    Ben, qu'ils aillent se plaindre à l'agent orange ...

  2. #82
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    GOOGLE:
    “vous érigez des barrières contre les technologies étrangères”
    Nous faisons comme notre oncle Sam…

    GOOGLE:
    “la région risque de compromettre sa propre croissance économique”
    Notre croissance économique est déjà compromise par les décisions du délinquant sénile que vous avez élu comme président !

  3. #83
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    Par défaut Le Parlement de l’UE en passe de délaisser Google Search au profit d’un moteur de recherche français ?
    Le Parlement de l’UE en passe de délaisser Google Search au profit d’un moteur de recherche français ? Des rapports citent Qwant que certains intervenants désignent comme une surcouche de Microsoft Bing

    Le Parlement européen en passe de délaisser Google Search au profit du moteur de recherche français Qwant ? C’est ce que suggère certains rapports tiré d’une communication en interne au sein de l’instance européenne. La manœuvre viserait à promouvoir la souveraineté numérique et à protéger la vie privée des utilisateurs. Le passage à un moteur de recherche français s’appuierait sur des raisons de préservation de la confidentialité des échanges numériques. Cette décision implique toutefois un compromis entre la sécurité des données et la facilité d'utilisation.

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    Qwant comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs du Parlement de l’UE : Quels potentiels avantages ?

    Qwant est axé sur le respect de la vie privée ; il ne suit pas les utilisateurs, ne crée pas de profils personnels et ne vend pas l'historique de recherche. Qwant ne dépend pas de Google pour ses résultats de recherche. Ce moteur de recherche français s'appuie principalement sur son propre robot d'indexation et son propre index, complétant parfois les requêtes par des données de recherche provenant de Microsoft Bing (sans partager les données des utilisateurs avec ce dernier). De plus, Qwant s'est associé à la société allemande Ecosia fin 2024 afin de créer un index web entièrement indépendant et détenu par des acteurs européens, dans le but de réduire encore davantage sa dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains.

    Le remplacement du géant américain de la technologie Google s'inscrit dans l'objectif plus large de l'UE visant à réduire sa dépendance vis-à-vis des infrastructures numériques étrangères. Le Parlement européen délaisse Google au profit d'un moteur de recherche français pour des raisons de confidentialité. Cette mesure protège les données européennes contre les législations non européennes qui pourraient contraindre les entreprises technologiques à transmettre des données à des autorités étrangères. Le Parlement européen va passer de Google à un moteur de recherche français dans le cadre de ses efforts en faveur de la souveraineté technologique.

    Une UE en quête de souveraineté numérique en s'appuyant sur un outil dit français et présenté par certains rapports comme une surcouche de Microsoft Bing ?

    Google propose généralement un index de recherche plus complet et une meilleure compréhension contextuelle, ce qui peut parfois rendre les recherches législatives spécialisées ou complexes plus rapides et plus précises.

    Contrairement à Google, Qwant ne dispose pas d’un écosystème d’outils profondément intégré (par exemple, Maps, Docs, Drive) sur lequel le personnel parlementaire pourrait s’appuyer parallèlement à ses recherches.

    Google détenant une part de marché très bien établie, de nombreux utilisateurs sont profondément habitués à ses fonctionnalités spécifiques, ce qui nécessite un changement de comportement et une éventuelle formation du personnel.

    En 2020, Qwant, le moteur de recherche français axé sur le respect de la vie privée, a été présenté par le gouvernement comme l'un des piliers pour atteindre la « souveraineté » technologique, encore inexistante avec la domination des géants américains de la Silicon Valley. Il a bénéficié d'une subvention de plus de 20 millions d'euros de la Caisse des Dépôts pour lui permettre de concurrencer Google. Seulement, des doutes subsistent quant à son indépendance totale des grands acteurs américains comme le souligne Marc Endeweld du site Le Média : « Sur le papier, cela pourrait passer pour une success-story. Mais en réalité, Qwant ne marche pas, ou mal. Ses résultats sont tirés principalement du moteur de recherche Bing, de Microsoft ; ils sont souvent datés, peu fiables, peu pertinents, limités en nombre. C’est le constat tiré par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) dans une note confidentielle datée du mois d'août 2019, que s’est procuré Le Média. »

    En 2024, une panne chez Microsoft est venue mettre encore plus au jour les liens existants entre Qwant et les acteurs américains de la recherche en ligne. Si Qwant est présenté comme une alternative à Google, la réalité serait qu’il n’y a pas de réelle indépendance en dépit de l’associaation avec Ecosia en fin 2024. La panne de Microsoft rappelait que, comme plusieurs autres moteurs de recherche alternatifs, ils s’appuient souvent sur Bing via un accès à ses algorithmes sous la forme d’une API. Conséquence immédiate : lorsque Bing a connu une panne mondiale, tous les sites qui se servent de l’API de Bing sont eux aussi tombés en panne. Le possible lien entre Qwant et Bing fera donc partie des aspects à vérifier de près pour ceux pointilleux sur l’aspect de la souveraineté vis-à-vis des technologies américaines.


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    L'Europe se prépare à un scénario catastrophique dans lequel les États-Unis bloqueraient l'accès à leurs infrastructures numériques

    L'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance à l'égard des technologies Internet américaines. Cependant, elle peine à trouver la voie de sa souveraineté numérique malgré les efforts déployés depuis plus d'une décennie. Des services publics et de grands acteurs de son économie reposent encore sur la pile technologique américaine. Cela soulève des préoccupations sur le contrôle des données et la sécurité des informations sensibles. Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dos au mur face au risque que les États-Unis utilisent l’accès aux infrastructures numériques fournies par des entreprises américaines comme levier dans des négociations géopolitiques.

    Les désaccords entre l'Europe et les États-Unis sur les questions critiques telles que les régimes de contrôles des Big Tech américains ont pris de l'ampleur depuis le retour de Donal Trump à la Maison Blanche. Les États-Unis se montrent plus agressifs en ce qui concerne la défense de leurs entreprises. Alors que les tensions s'intensifient, l'Europe craint plus que jamais de perdre l'accès aux technologies américaines dont elle dépend avant d'être prête.

    Le pire scénario pour les décideurs européens ? Un décret de la Maison Blanche qui coupe l'accès de la région aux centres de données, systèmes d’exploitation, moteurs de recherche et logiciels de messagerie électronique dont les entreprises et les gouvernements européens ont besoin pour fonctionner.

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    Cette dépendance criarde est désormais perçue comme un risque stratégique majeur. « Lorsque vous commencez à avoir ce genre de pensées, même si ce ne sont que des pensées, vous devez vous demander : comment cela fonctionnerait-il ? Pouvez-vous imaginer l'Europe fonctionner sans la technologie américaine ? C'est très difficile à imaginer », déclare Bernard Liautaud, associé gérant de Balderton Capital, une société européenne de capital-risque.

    Un rapport du Wall Street Journal indique que des personnes influentes en Europe veulent rompre avec cette dépendance à l'égard des États-Unis. Le rapport cite des responsables et des législateurs européens qui cherchent à aider les entreprises européennes.

    Pourquoi l'Europe est-elle si dépendante à l'égard des États-Unis ?

    Le découplage potentiel entre les technologies européennes et américaines est un sujet de discussion brûlant parmi les chefs d'entreprise et les décideurs politiques. Beaucoup ont déclaré qu'il s'agirait d'une entreprise complexe compte tenu de l'étendue des technologies américaines utilisées, des puces et services cloud aux modèles d'IA et autres logiciels. Un large pan des services publics et entreprises de l'UE repose sur la technologie américaine.


    Les efforts déployés par l'Europe pour échapper à la domination technologique des États-Unis pour des raisons commerciales ou de confidentialité sont un thème récurrent depuis des décennies. En ce qui concerne les causes de nombreux entrepreneurs européens attribuent la situation difficile de l'Europe à une culture peu encline à prendre des risques. D'autres évoquent également le marché fragmenté et les réglementations contraignantes de l'UE.

    C'est en grande partie pour cette raison que l'UE tente aujourd'hui d'assouplir certaines de ses règles numériques, même si les progrès ont été lents jusqu'à présent. Dans le même temps, l'UE a adopté la loi sur services numériques (DSA) et la loi sur les marchés numériques (DMA) en 2022.

    L'UE risque un blackout en cas d'interruption des services américains

    Voici deux incidents résultant de défaillances techniques : l'incident AWS qui a duré plusieurs heures en octobre 2025 et qui a perturbé des milliers de services tels que les applications bancaires à travers le monde ; et l'incident majeur de Cloudflare en décembre a mis hors ligne LinkedIn, Zoom et d'autres plateformes de communication. Une panne provoquée par CrowdStrike en 2024 a mis hors services plus de 8 millions de PC Windows dans le monde.

    L'impact d'une panne d'électricité majeure sur les services de cloud computing a également été démontré lorsque l'Espagne, le Portugal et une partie du sud-ouest de la France ont subi une coupure d'électricité massive en avril 2025. Ces incidents donnent une idée des risques auxquels l'Europe est exposée.

    Ailleurs en Europe, certains précurseurs prennent des mesures pour renforcer leur souveraineté numérique en se libérant de leur dépendance vis-à-vis des Big Tech, notamment en adoptant des logiciels open source. En France, par exemple, la ville de Lyon a décidé d'abandonner Windows et Microsoft Office pour passer à Linux et OnlyOffice, des alternatives libres et open source pour se défaire de sa dépendance aux technologies américaines.

    Dans le nord de l'Allemagne, le gouvernement régional du Land de Schleswig-Holstein a remplacé la plupart de ses systèmes informatiques Microsoft par des alternatives open source, annulant près de 70 % de ses licences. Son objectif est de n'utiliser les services des Big Tech que dans des cas exceptionnels d'ici 2030. On peut citer également les démarches de la municipalité de Munich et de l’État fédéré de Basse-Saxe en Allemagne.

    En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie, les gouvernements investissent à l'échelle nationale et transnationale dans le développement de plateformes et d'outils numériques open source pour la gestion des chats, des vidéos et des documents. En Suède, un système similaire développé localement pour le chat, la vidéo et la collaboration en ligne, fonctionne dans des centres de données nationaux plutôt que dans des clouds étrangers.

    Source : Parlement de l'UE

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la dépendance technologique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis ?
    L'Europe entreprend des actions pour se défaire de cette dépendance. Que pensez-vous de ces initiatives ?
    L'Europe peut-elle se défaire de cette dépendance ? Pourquoi n'y arrive-t-elle pas depuis plus d'une décennie ?
    Selon vous, quelles sont les pistes de solution que l'Europe peut exploiter pour atteindre la souveraineté technologique ?
    L'Europe risque un blackout numérique en cas d'interruption des services américains. Pensez-vous qu'un tel scénario est plausible ?

    Voir aussi :

    Cloud, données, logiciels : l'Europe veut mettre fin à sa dangereuse dépendance vis-à-vis des technologies Internet américaines. La dépendance technologique est-elle devenue une menace stratégique majeure ?

    La ville de Lyon décide d'abandonner Windows et Microsoft Office pour passer à Linux et OnlyOffice, des alternatives libres et open source pour se défaire de sa dépendance aux technologies américaines

    Le Danemark tourne le dos à Windows et Microsoft Office qui seront remplacés par Linux et LibreOffice, amorçant sa souveraineté numérique suite au blocage d'un compte Microsoft ordonné par Washington
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  4. #84
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    Salut, je sais qu'on ne peut pas se débarrasser de l'oncle Sam facilement, mais certaines alternatives pointent le bout de leur nez.
    Que pensez vous de La Suite Numérique? ma collectivité commence à nous orienter dans cette voie notamment pour virer les "team" et autres "oui transfert"...
    (mais nos PC sont toujours sur windows et Office...) il va etre difficile de faire migrer les agents vers du linux ou libre office...

  5. #85
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    Par défaut il va etre difficile de faire migrer les agents vers du linux ou libre office
    Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
    il va etre difficile de faire migrer les agents vers du linux ou libre office...
    il est encore plus difficile de faire migrer les utilisateurs de linux vers windows.
    Quand on a goutté à la facilite, la stabilité, la rapidité, revenir sous windows est très douloureux....
    Mais j'utilise onlyoffice car il est très compatible avec msoffice

  6. #86
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    Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
    Salut, je sais qu'on ne peut pas se débarrasser de l'oncle Sam facilement, mais certaines alternatives pointent le bout de leur nez.
    Tout à fait, les utilisateurs sont tellement biberonnés à l'usage de Google et MS dès le plus jeune age, et qu'un média grand public parle d'alternative.
    Il n'y a aucune raison que le grand public aille voire ailleurs.

    Il n'y a qu'à voir ne serait ce la boite mail. On voit que les artisans, associations, .... utilisent quasiment que du gmail.

    Je suis en train de rechercher un appart. On m'avait fait une fiche à l'agence lors de mon premier appel. Je les rappelle une seconde fois. On vérifie mes coordonnées, et comme par hasard, ils s'étaient planté sur le domaine. C'était du @gmail.com. Je fais corriger et j'en profite également pour dire que je ne suis pas fou d'avoir une boite mail aspirateur de donnée, et j'ajoute que Google sont trop fort et les gens s'en fichent. Et je n'insiste pas plus parce que ce n'était pas le but de mon appel, et cela souler la personne.

    Tant que les médias grand public ne met pas en garde sur la vie privée, les gens continueront de se moquer de leurs vies privées. Que ton produits fasse la même chose qu'une grandes part des services Google, ils vont continuer à l'utiliser par preuve sociale.

    J'essaie d'en parler un peu d'en mon entourage, d'avoir un petit ton moqueur, mais je le vois bien que les gens ne sont pas très réceptif. Quand j'ai un peux un peu plus de temps, que je vois que la personne écoute un peu, je fais des parallèles qui lui parlent plus comme la souveraineté alimentaire.. mais de manière générale, nous sommes pas crédibles.


    Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
    Que pensez vous de La Suite Numérique? ma collectivité commence à nous orienter dans cette voie notamment pour virer les "team" et autres "oui transfert"...
    je ne connais pas parce que je ne travaille dans dans la fonction public mais je pense que c'est un beau projet, un peu comme un NextCloud pour du perso.

    Tu as Nexcloud Talk, et je vois que tu as l'équivalent : https://lasuite.numerique.gouv.fr/produits/visio
    Comme autre projet tout jeune, tu as également Drim (pour le moment, les applis pas dispo sur des stores alternatifs


    Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
    (mais nos PC sont toujours sur windows et Office...) il va etre difficile de faire migrer les agents vers du linux ou libre office...
    C'est de la conduite de changement, de la résistance, et la preuve sociale ...
    Il faut dans ce cas bien identifier les usages du PC, et voir précisément quels sont les points de blocage réels
    Normalement l'usage classique se résume à faire :
    - lancer ses applis via un raccourci
    - pouvoir installer ses applis préférés via un store en mode graphique
    - explorer ses fichers

    Cela se tout simplement sous Linux avec le bureau Gnome ou KDE. Mes parents, peu doué avec l'informatique, l'utilisent sans problème.

  7. #87
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    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    [B][SIZE=4]
    Que pensez-vous de la dépendance technologique de l'Europe vis-à-vis des États-Unis ?
    Nous sommes en effet extrèement dépendant. Sans parler de la dépendance d. es autres moteurs dépendant de Bing/Google via les API, les gens sont à fond sur Google. Le grand public ne comprend très peu les enjeu d'utiliser et de favoriser la concurrence.
    Tant que les médias grand public ne diffuseront pas l'info, les utilisateurs sont toujours autant fidèle à Google et à MS.


    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    [B][SIZE=4]
    L'Europe entreprend des actions pour se défaire de cette dépendance. Que pensez-vous de ces initiatives ?
    Par contre très bien initiative que cela vienne du domaine public puisque du privé, cela me semble compliqué tant qu'il y aura aucune communication.

    La situation est délicate parce qu'ils faut le faire en douceur au risque que les GAFAM coupe direct les accès aux API par exemple pour les recherches sur Internet.


    Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
    [B][SIZE=4] Selon vous, quelles sont les pistes de solution que l'Europe peut exploiter pour atteindre la souveraineté technologique ?
    Commencez par l'éducation nationnale. Il faut que les jeunes aient un libre arbitre et ne soient plus dans l'ignorance. Faire la promotion de la concurrence, expliquer les enjeux de la concurrence, ...

  8. #88
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    Par défaut L’UE propose un ensemble de mesures visant à renforcer sa souveraineté technologique
    L’UE propose des mesures visant à renforcer sa souveraineté numérique et à réduire sa dépendance aux technologies américaines
    le plan cible les centres de données, l'IA, les micropuces et les logiciels

    La Commission européenne a dévoilé une stratégie industrielle ambitieuse visant à renforcer la souveraineté numérique du continent face à la domination des géants américains. Ce plan prévoit d'investir massivement dans le cloud et l'IA afin de soutenir l'émergence de champions locaux tout en réduisant les dépendances stratégiques. Pour protéger les secteurs publics sensibles, Bruxelles propose de soumettre les fournisseurs étrangers à des évaluations de risques rigoureuses et à des critères de confiance accrus. Cette initiative cherche à transformer l'économie numérique européenne en favorisant l'innovation interne et la sécurité des données des citoyens.

    L'UE déploie une nouvelle stratégie industrielle visant à réduire sa dépendance à l'égard des fournisseurs de technologies étrangers, en particulier américains. Ce plan de souveraineté technologique, en partie motivé par l'utilisation stratégique de cette dépendance par l'ancien président américain Donald Trump, cherche à sécuriser les infrastructures critiques européennes telles que les hôpitaux, les réseaux électriques et les services essentiels.

    Plutôt que d'entrer en conflit direct avec les Big Tech américains (comme Microsoft, Google et Amazon, qui dominent largement le marché et captent une grande partie des 264 milliards d'euros dépensés annuellement par l'UE dans ce domaine), la Commission européenne privilégie une approche à long terme. L'objectif principal est de soutenir et de développer les entreprises du continent pour qu'elles puissent concurrencer leurs rivaux d'outre-Atlantique.

    Le plan de souveraineté technologique de l'UE est une réponse à la prise de conscience (tardive) que le fait de s'appuyer fortement sur des entreprises américaines peut être une arme à double tranchant, en particulier lorsque ces entreprises sont influencées par des agendas politiques.

    Les mesures phares pour le développement du cloud et de l'IA

    Les responsables européens se montrent enthousiastes au sujet de cette initiative. Le cœur de cette initiative repose sur le projet de loi européen sur le développement du cloud et de l'IA (Cloud and AI Development Act). Ce texte prévoit d'orienter les financements publics vers des produits favorisant l'économie et l'indépendance européennes, de réduire les lourdeurs administratives pour les centres de données et de renforcer la recherche et l'innovation.


    Le texte impose également aux gouvernements nationaux de créer des stratégies pour l'adoption des technologies de pointe, comme l'IA, et encourage le partage des capacités numériques via un nouveau forum baptisé « Eurocloud ». En complément, le plan de souveraineté prévoit de réviser la loi de 2023 sur les puces électroniques au moyen de nouvelles initiatives industrielles, afin de stimuler la demande européenne en semiconducteurs avancés.

    Le plan contient également des exigences en matière de sécurité. Afin de protéger les secteurs publics sensibles, la Commission souhaite pouvoir évaluer la fiabilité des pays tiers. Les gouvernements de l'UE auront l'obligation de réaliser une évaluation des risques de souveraineté pour chaque service numérique qu'ils utilisent, en analysant le contrôle étranger, l'accès potentiel aux données sensibles et les risques de perturbation opérationnelle.

    Selon la responsable européenne de la technologie, Henna Virkkunen, quatre niveaux de souveraineté ont été définis. Les niveaux les plus élevés imposent des exigences extrêmement strictes pour empêcher toute possibilité de coupure unilatérale ou d'ingérence étrangère. Le « Cloud Act » américain, qui oblige les entreprises basées aux États-Unis à fournir les données hébergées sur leurs serveurs, rend difficile l'atteinte de ces exigences maximales.

    Une approche multiforme qui cible les technologies émergentes

    En investissant dans ses propres infrastructures technologiques et dans l'innovation, l'UE envoie un message clair : elle souhaite devenir une actrice clé du paysage technologique mondial, et non pas se contenter d'être une simple consommatrice de technologies américaines. Néanmoins, la Commission estime que seul un pour cent des services publics européens sont d'une sensibilité telle qu'ils nécessiteraient l'exclusion totale des technologies étrangères.

    Ce qui ressort immédiatement de cette stratégie, c'est l'accent mis par l'UE sur les technologies critiques telles que l'IA et les micropuces. Ces secteurs constituent l'épine dorsale des économies modernes, et en consolidant sa position dans ces domaines, l'UE assure la pérennité de son économie numérique. La stratégie de souveraineté technologique de l'UE est multiforme et cible divers secteurs technologiques. Voici un résumé de cette approche :

    centres de données : l'UE vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des centres de données américains, qui sont souvent soumis aux lois américaines en matière de surveillance. Cette évolution vers la souveraineté des données constitue une étape cruciale pour protéger la vie privée des citoyens européens et garantir l'autonomie numérique de l'Union ;
    intelligence artificielle : Bruxelles investit dans la recherche et le développement en matière d'IA afin de favoriser l'innovation européenne et de réduire la dépendance vis-à-vis des technologies américaines dans ce domaine. Il s'agit d'une initiative stratégique, car l'IA devient de plus en plus un moteur clé de la croissance économique et un outil essentiel pour divers secteurs ;
    micropuces : la Commission, en collaboration avec des pôles de recherche, envisage la création d’une usine de puces de pointe en Europe. Cette initiative vise à remédier à la pénurie mondiale de puces et à réduire la dépendance de l’UE vis-à-vis des fabricants de puces asiatiques et américains ;
    logiciels : l’UE promeut les logiciels libres et encourage le développement d’alternatives européennes aux suites logicielles américaines populaires. Cette initiative permet non seulement de réduire la dépendance, mais aussi de favoriser la concurrence et l’innovation dans le secteur des logiciels.

    Le projet de l'UE en matière de souveraineté technologique est ambitieux, et son succès dépendra de divers facteurs. Selon les commentaires des analystes, le principal défi consistera à trouver un équilibre entre la nécessité d'une innovation rapide et le cadre réglementaire strict de l'UE. Si les réglementations sont indispensables pour protéger les consommateurs et garantir des pratiques éthiques, elles peuvent parfois freiner l'innovation.

    De plus, l'UE devra naviguer dans le réseau complexe des relations internationales et des tensions commerciales potentielles qui pourraient découler de sa volonté d'affirmer sa souveraineté technologique. Les Big Tech américains se sentent menacés. La décision de l'UE de réserver des fréquences satellitaires, par exemple, pourrait conduire à une confrontation avec les États-Unis, qui dominent actuellement le secteur des technologies spatiales.

    Une coopération maintenue avec les Big Tech américains

    Il ne s'agit pas d'une rupture brutale. Malgré cette volonté d'indépendance, plusieurs gouvernements européens estiment qu'une rupture totale avec la technologie américaine n'est ni réaliste ni souhaitable. La Commission prend d'ailleurs soin de souligner que ces nouvelles mesures ne visent pas spécifiquement les entreprises américaines, dans un contexte où le Parlement européen finalise un accord commercial controversé avec les États-Unis.

    De plus, les entreprises américaines pourraient conserver un accès élevé au marché européen grâce aux accords existants sur la confidentialité des données et aux garanties mises en place par ces entreprises pour lutter contre les ingérences étrangères. La place qu'occupera le secteur technologique américain dans les secteurs sensibles de l'économie européenne dépendra finalement de la version définitive de la législation et de son application.

    Conclusion

    Le projet de l'UE pour réduire sa dépendance numérique aux États-Unis est ambitieux et pourrait transformer le paysage technologique mondial. Si le chemin vers la souveraineté technologique est semé d'embûches, des analystes estiment que la détermination et l'approche stratégique de l'UE lui offrent une chance de s'imposer. Les Big Tech américains tels que Google, Microsoft et Amazon craignent déjà pour leur place sur le marché européen.

    Le Parlement européen envisagerait de délaisser Google Search au profit du moteur de recherche français Qwant. C’est ce que suggèrent certains rapports tirés d’une communication en interne au sein de l’instance européenne. La manœuvre viserait à promouvoir la souveraineté numérique et à protéger la vie privée des utilisateurs. Cela dit, Selon plusieurs rapports, Qwant est considéré par certains analystes comme une surcouche de Microsoft Bing.

    En France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie, les gouvernements investissent à l'échelle nationale et transnationale dans le développement de plateformes et d'outils numériques open source pour la gestion des chats, des vidéos et des documents. En Suède, un système similaire développé localement pour le chat, la vidéo et la collaboration en ligne, fonctionne dans des centres de données nationaux plutôt que dans des clouds étrangers.

    Source : la Commission européenne

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du nouveau plan stratégique de l'UE pour atteindre la souveraineté technologique ?
    L'UE mise sur les centres de données, l'IA, les micropuces et les logiciels pour atteindre son but. Qu'en pensez-vous ?
    Selon vous, ce plan est-il optimal ? Peut-on faire mieux ? Si oui, quels sont les ajustements que l'UE pourrait apporter à son plan ?

    Voir aussi

    Le Parlement de l'UE en passe de délaisser Google Search au profit d'un moteur de recherche français ? Des rapports citent Qwant que certains intervenants désignent comme une surcouche de Microsoft Bing

    Souveraineté numérique de l'UE : les acteurs du secteur du cloud ne sont pas convaincus, les hyperscaleurs américains et asiatiques mènent toujours la danse en Europe

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    Par défaut L'Open Source Initiative a salué le nouveau paquet de mesures de l'UE sur la souveraineté technologique
    L'Open Source Initiative a salué le nouveau paquet de mesures de l'UE sur la souveraineté technologique, soulignant que « plus d'un tiers de ce document de 29 pages est consacré à l'open source »

    Le 27 mai 2026, la Commission européenne a présenté son « Tech Sovereignty Package », un ensemble de mesures destinées à renforcer l'autonomie stratégique du bloc dans les grands secteurs numériques. Récemment, l'Open Source Initiative a salué le nouveau paquet de mesures de l'UE sur la souveraineté technologique. Selon l'OSI, le « Tech Sovereignty Package » de la Commission répond à bon nombre des préoccupations de l’OSI et adopte de nombreuses recommandations. Cependant, si la stratégie de l’UE est sur la bonne voie, l'OSI affirme que sa poursuite dépendra de l’adoption des propositions législatives de la Commission et de la manière dont elles seront façonnées en cours de route.

    En janvier 2026, la Commission de l’Union Européenne a lancé une nouvelle consultation sur l'open source. L’objectif : Affranchir l’UE des géants technologiques américains qui peuvent servir de moyen de sanctions comme l’illustrent de nombreux cas de figures par le passé. Bruxelles affirme que la dépendance de l'UE vis-à-vis des fournisseurs de technologies non européens (comprendre : les géants technologiques américains) est devenue un handicap stratégique, limitant le choix, affaiblissant la compétitivité et créant des risques pour la chaîne d'approvisionnement dans tous les domaines, des services cloud aux infrastructures critiques.

    L'open source offre une issue à cette impasse en soutenant « un portefeuille diversifié de solutions numériques de haute qualité et sécurisées » qui peuvent constituer des alternatives viables aux plateformes propriétaires, a déclaré la Commission de l’Union européenne. La Commission a également annoncé qu'elle va élaborer une nouvelle approche européenne en matière d'open source et revoir sa stratégie 2020-2023, qui était principalement axée sur la manière dont les institutions européennes utilisent et partagent les codes en interne.

    Puis le 27 mai 2026, la Commission européenne a présenté son « Tech Sovereignty Package », un ensemble de mesures destinées à renforcer l'autonomie stratégique du bloc dans les grands secteurs numériques. Le volet le plus commenté du paquet porte sur les restrictions d'accès aux données publiques sensibles. Les géants américains du cloud (Microsoft, Amazon et Google) pourraient se voir limités dans leur capacité à traiter certaines catégories de données au nom d'organismes publics, notamment dans les domaines financier, judiciaire et sanitaire. Derrière cette initiative se joue une bataille bien plus large : celle de l'autonomie stratégique de l'Europe dans un monde numérique dominé à 70 % par des acteurs américains, et d'une infrastructure cloud souveraine qui tarde à émerger.

    Récemment, l'Open Source Initiative a salué le nouveau paquet de mesures de l'UE sur la souveraineté technologique. L'Open Source Initiative (OSI) est une organisation américaine à but non lucratif qui gère la Définition de l'open source (OSD), la norme dominante en matière de logiciels open source. L'organisation a été fondée en février 1998. Pendant la majeure partie de son existence, les activités de l'OSI se sont concentrées sur la définition et la certification des licences logicielles conformes à cette définition. L'OSI avait à l'origine un modèle organisationnel fermé, mais a commencé à évoluer vers une organisation associative dans les années 2010 afin de lever davantage de fonds et d'étendre ses activités.

    Selon l'OSI, le « Tech Sovereignty Package » de la Commission répond à bon nombre des préoccupations de l’OSI et adopte de nombreuses recommandations. L'OSI déclare : « Il est encourageant de voir que la voix des communautés open source est entendue à Bruxelles. Nous y voyons la preuve d’une reconnaissance croissante de l’importance de l’open source parmi les législateurs et du travail acharné des représentants des communautés. »

    Cependant, si la stratégie de l’UE est sur la bonne voie, l'OSI affirme que sa poursuite dépendra de l’adoption des propositions législatives de la Commission et de la manière dont elles seront façonnées en cours de route. L'OSI conclut : « De son côté, l'OSI poursuivra son action de sensibilisation et de plaidoyer afin de s'assurer que les législateurs comprennent les avantages de l'open source et disposent des outils nécessaires pour prendre des décisions qui favorisent à la fois l'essor de l'open source et celui de l'Europe.»

    Le communiqué de l'OSI rappelle un rapport de la Linux Foundation en 2025, « World of Open Source Europe Report», qui décrit l'open source comme un avantage stratégique pour l'Europe, mais avertit que l'absence de stratégie cohérente, d'adhésion des dirigeants et d'alignement des politiques pourrait freiner le continent. Le rapport révèle que l'open source est non seulement largement adopté, mais qu'il est également devenu essentiel à la souveraineté numérique de l'Europe. Malgré cela, l'étude met en garde contre le fait que sans investissements plus importants, un engagement plus fort de la part des dirigeants et des cadres politiques encourageant l'innovation, l'Europe risque de ne pas exploiter pleinement son potentiel pour devenir leader mondial de l'innovation ouverte.

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    Voici le communiqué de l'Open Source Initiative :

    L'OSI salue le paquet « souveraineté technologique » de l'Union européenne

    Cette semaine, l'Union européenne (UE) a publié son paquet « souveraineté technologique », dont la vision place l'open source au cœur des ambitions de l'UE en matière de souveraineté numérique, tout en répondant à de nombreuses préoccupations et demandes des communautés open source.

    En février de cette année, l'OSI a soumis ses commentaires sur la stratégie de l'UE relative aux écosystèmes numériques ouverts. Nos commentaires exposaient une vision de la manière dont l’Open Source pourrait servir les objectifs de souveraineté numérique de l’UE d’une manière qui profite à la fois aux communautés Open Source et à l’Union européenne.

    Initialement reportée à deux reprises, la stratégie a finalement été intégrée au paquet phare sur la souveraineté technologique. L’attente en valait la peine : plus d’un tiers du document de 29 pages est consacré à l’Open Source, et bon nombre des demandes clés de l’OSI y sont abordées, ainsi que de nouvelles annonces passionnantes ! Ci-dessous, nous examinons ce que nous avions demandé et comment la stratégie y répond.

    Marchés publics : ouvrir la voie à l’open source

    L’un des principaux obstacles à l’adoption de l’open source a été les marchés publics. Trop souvent, les appels d’offres ont été conçus autour de solutions propriétaires, ignorant les avantages de l’open source et enfermant les institutions publiques dans des écosystèmes fermés. L’OSI a appelé à des règles de passation de marchés qui privilégient l’interopérabilité, la réutilisabilité et l’indépendance vis-à-vis des fournisseurs.

    Ce paquet constitue une avancée majeure dans ce domaine. L’UE s’engage à faire du secteur public un consommateur de référence pour les solutions open source. La Commission prévoit de réformer les règles de passation des marchés publics afin de supprimer les obstacles à l’open source, de fournir de meilleures orientations aux pays de l’UE sur les critères d’attribution des marchés pour éviter d’exclure l’open source, et de respecter le principe « argent public, code public » lors de l’acquisition de services de développement logiciel.

    Ces deux propositions vont dans le sens des recommandations de l’OSI. La prochaine étape cruciale est la réforme de la législation européenne sur les marchés publics. L’OSI continuera à militer pour que ces engagements se traduisent en actions concrètes.

    Entreprises : soutenir les start-ups open source

    Au-delà des marchés publics, l’OSI a mis en avant les défis auxquels sont confrontées les communautés open source en Europe, en particulier les difficultés d’accès aux investissements et à l’expertise nécessaires pour commercialiser et développer leurs projets.

    La Commission a répondu en s’engageant à veiller à ce que les entreprises open source soient prises en considération pour un financement au titre du Fonds européen pour la compétitivité (ECF). Elle prévoit également de créer des « accélérateurs d’entreprises open source » qui offriront du mentorat, des formations, des conseils juridiques et en matière de licences, ainsi qu’un soutien au développement commercial, y compris en marketing. De plus, la Commission s’efforcera de sensibiliser le secteur aux solutions open source en tirant parti des réseaux de soutien aux entreprises existants de l’UE.

    Ces mesures répondent directement aux préoccupations de l’OSI et pourraient considérablement dynamiser l’écosystème open source en Europe.

    Financement : soutenir l’écosystème

    Prendre des mesures pour garantir la pérennité de l’écosystème open source était l’une des principales demandes de l’OSI à la Commission européenne. Cela vaut tout particulièrement pour les composants open source dont nous dépendons tous : si des ressources adéquates ne sont pas disponibles pour la maintenance de ces composants, nous risquons une dégradation de la sécurité ou de nous retrouver avec des logiciels orphelins.

    Dans nos commentaires, nous avons appelé à la poursuite de l’initiative « Internet de nouvelle génération » (NGI), qui a financé de nombreux projets open source, ainsi qu’à la création d’un Fonds européen pour les technologies souveraines afin de financer la maintenance continue et le développement de fonctionnalités répondant aux besoins de l’UE. Nous avons également souligné la nécessité d’intégrer l’open source dans d’autres possibilités de financement (comme le programme Horizon Europe, doté de plus de 100 milliards d’euros).

    La stratégie de la Commission répond à ces demandes. Le NGI sera renforcé sous le nouveau nom « Open Internet Stack ». Un nouvel instrument de maintenance open source financera la « maintenance et le maintien de la sécurité des composants essentiels ». La Commission établira également une liste des dépendances open source critiques et pertinentes pour la sécurité afin d’éclairer les décisions de financement et de promouvoir les solutions open source comme approche par défaut dans le cadre du financement d’Horizon Europe.

    De plus, nous avons souligné la nécessité de mettre en œuvre la loi européenne sur la cyber-résilience (CRA) de manière à ce qu’elle profite aux projets open source – et non qu’elle leur impose un fardeau –, notamment par le biais d’« attestations de sécurité volontaires » en tant que mécanisme de financement. Bien que la Commission ne mentionne pas explicitement le financement, elle s’engage à accélérer les programmes d’attestation de sécurité volontaire. L’OSI continuera à militer pour s’assurer que ces programmes profitent véritablement aux communautés open source.

    Gestion : soutenir les fondations

    En ce qui concerne la CRA, le paquet comprend également des mesures visant à répondre à certaines des préoccupations que l'OSI, l'Eclipse Foundation et l'Apache Software Foundation ont soulevées auprès de la Commission au sujet des « gestionnaires de logiciels » dans le cadre de la CRA. Nous craignions que les obstacles à la mise en place et au fonctionnement de gestionnaires en Europe ne soient trop importants, empêchant ainsi l'émergence de gestionnaires de logiciels et le succès de la loi, et ayant un impact négatif sur la pérennité de l'open source. Nous avons également fait part de ces préoccupations dans nos commentaires adressés à la Commission.

    Le paquet « Souveraineté technologique » propose une série de mesures pour répondre à ces préoccupations : le développement d’une « boîte à outils de gestion » destinée à guider les projets souhaitant mettre en place des gestionnaires, des associations et des fondations au sein de l’UE. La Commission s’est également engagée à lancer une étude sur la faisabilité d’un cadre européen pour les fondations, afin que celles-ci puissent être régies par un ensemble unique de règles plutôt que par des règles différentes pour chacun des 27 pays de l’UE.

    Nous pensons que ces mesures aideront les organisations qui souhaitent s’établir ou créer une filiale ou une organisation sœur au sein de l’UE. Nous pensons également que les possibilités de financement susmentionnées pourraient également être accessibles aux fondations.

    Normes : lever les obstacles à la participation à l’open source

    Au cours des deux dernières années, nous avons beaucoup travaillé sur les normes relatives à la loi européenne sur la cyber-résilience. Nous nous sommes poussés à nos limites pour garantir que l'open source ait son mot à dire dans l'élaboration de ces normes, et cela n'a pas été facile.

    Les réunions qui duraient toute la journée, la prise de décision synchrone et les obstacles financiers et organisationnels à la participation à l'open source ont contraint notre équipe européenne à consacrer la quasi-totalité de son temps de travail à faire entendre la voix de l'open source. Si ces efforts commencent aujourd'hui à porter leurs fruits, ils ne sont tout simplement pas reproductibles pour chaque nouvelle loi.

    Nous avions déjà soulevé cette question auprès de la Commission européenne dans nos commentaires sur la réforme de la normalisation, mais nous l’avons soulevée à nouveau dans nos commentaires sur la stratégie relative aux écosystèmes numériques : ne pas pouvoir participer à la normalisation signifie que les projets et les entreprises open source n’ont pas leur mot à dire sur les règles qui les concernent. Cela doit changer.

    La Commission reconnaît ce défi et s’engage à faciliter la participation des communautés open source à la normalisation grâce à un financement spécifique et à des révisions du règlement sur la normalisation. Cependant, les modifications qu’elle mettra en œuvre dans le règlement sur la normalisation ne sont pas claires, et elle ne répond pas à notre demande d’un mode de renonciation aux droits, qui garantirait que les normes requises pour la conformité juridique ne soient pas grevées de brevets ou bloquées derrière un mur payant. L’OSI continuera à faire pression pour obtenir ce changement, ainsi que d’autres améliorations du système de normalisation de l’UE.

    Montrer l’exemple : l’adoption de l’open source par l’UE

    L’UE prend également des mesures pour montrer l’exemple en matière d’adoption de l’open source. Elle déploie en interne un système de communication basé sur Matrix et l’environnement de collaboration openDesk, teste un système d’exploitation alternatif pour remplacer Windows, qui est actuellement largement utilisé dans les institutions de l’UE, et étend sa présence sur le Fediverse, les commissaires et les départements clés ayant déjà rejoint le serveur Mastodon de l’UE.

    Nous suivrons ces initiatives de près, mais nous saluons l’engagement de l’UE à montrer l’exemple.

    Compétences et connaissances : construire un avenir durable

    L’open source se nourrit de la collaboration et du partage d’expertise. Pour assurer son succès à long terme, l’Europe a besoin d’une main-d’œuvre qui comprenne les projets open source et y contribue. L’OSI a souligné l’importance d’intégrer l’open source dans les programmes d’éducation et de reconversion professionnelle, ainsi que de soutenir les développeurs dans la commercialisation de leurs projets.

    La stratégie de la Commission s’aligne étroitement sur ces objectifs. Elle propose des programmes de master sur le développement collaboratif de l’open source et la gouvernance communautaire, un soutien au déploiement de l’open source dans les écoles et les universités, le renforcement des compétences des fonctionnaires pour l’utilisation de solutions open source, ainsi qu’un financement Erasmus+ pour les apprenants en open source afin de couvrir les frais de mobilité (par exemple, pour des stages dans des entreprises open source ou des rencontres communautaires).

    Ces mesures peuvent contribuer à combler le déficit de connaissances en matière d’open source, à renforcer son adoption et à favoriser le développement de communautés plus solides grâce à la mobilité et à l’éducation.

    Conclusion

    Le paquet « Souveraineté technologique » de la Commission répond à bon nombre des préoccupations de l’OSI et adopte de nombreuses recommandations. Il est encourageant de voir que la voix des communautés open source est entendue à Bruxelles. Nous y voyons la preuve d’une reconnaissance croissante de l’importance de l’open source parmi les législateurs et du travail acharné des représentants des communautés.

    Cette stratégie a mis l’UE sur la bonne voie, mais la poursuite de cette trajectoire dépendra de l’adoption des propositions législatives de la Commission — et de la manière dont elles seront façonnées en cours de route. D’ici l’automne 2026, nous nous attendons à ce que les propositions législatives du paquet parviennent au Parlement européen.

    De son côté, l'OSI poursuivra son action de sensibilisation et de plaidoyer afin de s'assurer que les législateurs comprennent les avantages de l'open source et disposent des outils nécessaires pour prendre des décisions qui favorisent à la fois l'essor de l'open source et celui de l'Europe.

    Le contenu de ce communiqué, dont Opensource.org est l'auteur, est soumis à une licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

    Source : Communiqué de l'OSI

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    Voir aussi :

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    Euro-Office, le pari européen contre Microsoft promet une compatibilité sans faille, mais ONLYOFFICE coupe court : le fork censé incarner la souveraineté numérique de l'UE déjà sous la menace d'un procès

    L'UE propose des mesures visant à renforcer sa souveraineté numérique et à réduire sa dépendance aux technologies américaines. Le plan cible les centres de données, l'IA, les micropuces et les logiciels
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