Discussion :
Après des années à brûler du capital sur la promesse d'une rentabilité future, OpenAI et Anthropic n'ont plus le luxe de perdre de l'argent :
entre IPO imminentes, pénurie de GPU et agents voraces en calcul, 2026 est l'année où il faut enfin prouver que le modèle tient
À mesure que les agents IA cannibalisent le calcul disponible, les deux fers de lance de l'intelligence artificielle générative se retrouvent contraints d'arbitrer entre leurs produits phares, de revoir leurs tarifications et de préparer des introductions en bourse colossales. Le mirage de la croissance illimitée se heurte à la physique des GPU et à la logique impitoyable des investisseurs.
Le 24 mars 2026, OpenAI a décidé de fermer Sora, son outil de génération vidéo par IA, à peine six mois après son lancement public. Le geste a surpris par sa brutalité, mais les chiffres derrière cette décision l'expliquent sans ambiguïté. Forbes estimait le coût d'inférence de Sora à environ 15 millions de dollars par jour à son pic d'activité pour un revenu total sur l'ensemble de sa durée de vie de 2,1 millions de dollars. Le ratio est éloquent : le produit le plus viral d'OpenAI brûlait ses ressources de calcul sans générer de retour mesurable.
Les téléchargements mensuels de l'application avaient atteint un pic de 3,33 millions en novembre 2025, avant de chuter à un peu plus d'un million en février 2026, soit une baisse d'environ 66 % en trois mois. La rétention catastrophique confirmait ce que les ingénieurs savaient depuis le début : la génération vidéo est structurellement plus coûteuse à chaque étage de la chaîne de production. Résolution, durée, complexité des scènes et nombre d'itérations ont chacun un coût en calcul. Un clip 4K est exponentiellement plus exigeant en ressources qu'une image équivalente.
La décision de fermeture a eu une victime collatérale de taille. Disney avait engagé un milliard de dollars dans le partenariat, et a appris la fermeture de Sora moins d'une heure avant l'annonce publique. L'accord est mort avec le produit. Que l'entreprise la plus capitalisée du secteur IA soit en mesure de rompre un contrat d'un milliard de dollars par manque de GPU disponibles dit beaucoup sur l'état réel de l'industrie.
La pénurie de calcul, nouveau facteur structurant
La demande croissante en agents IA autonomes entre en collision frontale avec des capacités de calcul limitées. Les prix des GPU ont bondi de près de 50 % selon les données de marché. Le boom de l'IA consomme de la puissance de calcul plus vite que l'industrie ne peut en fournir.
OpenAI a vu sa consommation de tokens sur l'API bondir de 6 milliards par minute en octobre à 15 milliards par minute fin mars, selon le Wall Street Journal. La directrice financière Sarah Friar a indiqué passer une grande partie de son temps à chercher des capacités de calcul à court terme et à prendre des décisions difficiles sur les projets à mettre en veille, faute de ressources disponibles.
Anthropic n'est pas épargnée. Depuis la mi-février, les pannes se sont accumulées avec une telle fréquence que certains clients entreprises ont commencé à migrer vers d'autres fournisseurs. GitHub a lui aussi annoncé de nouvelles limites pour Copilot le 10 avril, citant explicitement la croissance rapide, la haute concurrence et l'usage intensif comme raisons. La rareté du calcul est en train de devenir le principal facteur d'arbitrage stratégique dans tout le secteur.
OpenClaw, ou comment déguiser une hausse de prix en changement de politique
Si la fermeture de Sora a frappé les esprits par son caractère spectaculaire, la décision d'Anthropic concernant OpenClaw a été tout aussi significative pour la communauté des développeurs. Anthropic a annoncé ne plus autoriser les utilisateurs de Claude à exécuter OpenClaw sur les abonnements standard. Les utilisateurs ont été redirigés vers une tarification à l'usage nettement plus coûteuse.
Les chiffres expliquent cette politique. Un abonnement Max coûte 200 $ par mois pour une utilisation intensive de Claude. Le prix de l'API pour Claude Opus 4.6 est de 15 $ par million de jetons d'entrée et de 75 $ par million de jetons de sortie. Un agent OpenClaw actif exécutant Opus peut consommer des millions de jetons par jour, ce qui rend un abonnement forfaitaire de 200 $ profondément non rentable pour Anthropic.
Un utilisateur de X l'a clairement exprimé : « Il est assez évident que l'abonnement Claude Max n'est pas viable économiquement. La seule raison de son existence est de promouvoir l'écosystème Anthropic auprès de nouveaux utilisateurs. Ainsi, les personnes qui l'utilisent pour plusieurs comptes ou pour des produits non Anthropic (par exemple OpenClaw) sont exclues. Ce n'est que du business. » Ce ne sont que les affaires. Mais ce sont ces affaires qui poussent les utilisateurs les plus engagés (ceux qui créent des agents, ceux qui vantent les capacités de Claude, ceux qui créent l'écosystème) vers des concurrents qui pratiquent des prix différents.
The Verge a décrit la manœuvre comme une interdiction déguisée en modification tarifaire, et la réaction de la communauté des développeurs a été vive. Anthropic avait déjà annoncé sa décision de facturer séparément aux abonnés Claude Code l'utilisation d'OpenClaw, ce qui a suscité des réactions mitigées parmi les utilisateurs. La logique économique est limpide : les agents consomment des tokens à un rythme sans commune mesure avec les usages conversationnels classiques, et les forfaits à prix fixe ne peuvent mathématiquement pas absorber ces charges.
Les projections du Wall Street Journal : le grand écart
Les projections financières des deux sociétés, révélées par le Wall Street Journal, dépeignent une croissance vertigineuse, avec des centaines de milliards de revenus et un retour à la rentabilité d'ici la fin de la décennie. Ces chiffres contrastent violemment avec la réalité comptable actuelle.
En 2025, OpenAI a généré environ 13 milliards de dollars de revenus tout en accusant des pertes d'environ 9 milliards. Ses propres projections internes tablent sur des pertes atteignant 14 milliards en 2026. La société dépense approximativement 1,50 dollar pour chaque dollar qu'elle perçoit. La trajectoire vers la rentabilité, si elle existe, reste invisible dans les chiffres actuels.
OpenAI a levé 110 milliards de dollars à une valorisation de 730 milliards et vise une introduction en bourse fin 2026 pouvant la valoriser jusqu'à mille milliards de dollars. Atteindre cette valorisation en bourse exige un récit de croissance propre et convaincant. Fermer Sora, produit à fort déficit, avant de se soumettre à l'examen des marchés publics relève donc autant de la communication financière que de la stratégie produit.
Anthropic prend de l'avance sur le marché des entreprises
Face à ces turbulences, Anthropic semble mieux positionner ses pions. Selon les données de dépenses d'entreprise compilées par Ramp, Anthropic capte désormais plus de 73 % des dépenses parmi les entreprises achetant des outils IA pour la première fois. Il y a dix semaines, la répartition avec OpenAI était à parité. Il y a six mois, l'écart de revenus entre OpenAI et Anthropic était de 16 milliards de dollars. Il n'est plus que de 6 milliards. Au rythme actuel, Anthropic pourrait rattraper OpenAI avant la fin de l'année.
La stratégie délibérément focalisée sur le texte et le code, au détriment de la génération vidéo et des expériences grand public, s'avère rétrospectivement juste. Pendant qu'OpenAI négociait avec Disney, Anthropic livrait Claude Cowork et gagnait des clients entreprises.
Chaque directeur produit à qui l'on parle mentionne désormais Claude Code en priorité. La part de ceux qui citent Cursor a chuté dramatiquement en trois mois. Le marché des outils de développement assisté par IA est en train de se consolider, et Anthropic occupe une position avantageuse au risque, toutefois, de devenir à son tour victime de sa propre croissance, comme l'attestent ses problèmes de disponibilité.
Les introductions en bourse comme accélérateur de crise
Les deux sociétés foncent vers des introductions en bourse qui figureraient parmi les plus importantes de l'histoire de la technologie. La pression pour générer de l'argent n'a jamais été aussi intense. Or cette pression crée précisément les conditions d'un cercle vicieux : pour séduire les marchés publics, il faut montrer une trajectoire vers la rentabilité, ce qui implique de réduire les coûts, donc de rationner le calcul, donc de dégrader l'expérience des utilisateurs les plus actifs, qui sont aussi ceux sur lesquels repose la démonstration de la valeur du produit.
La question centrale est désormais de savoir si l'une ou l'autre société peut atteindre les projections de croissance promises aux investisseurs tout en restreignant simultanément l'accès à ses fonctionnalités les plus précieuses. Le dilemme est structurel, pas conjoncturel.
Le PDG de Vultr, J.J. Kardwell, a déclaré au Wall Street Journal que la crise de capacité actuelle est sans précédent dans ses cinq années à la tête de son entreprise d'infrastructure cloud. Il pointe les délais d'approvisionnement matériel, la lenteur de construction des centres de données, et le fait que la capacité électrique disponible jusqu'en 2026 est déjà réservée.
Vers une recomposition du secteur
Ce que révèlent ces événements, au-delà des décisions opérationnelles, c'est une transformation profonde du modèle économique de l'IA générative. La phase d'acquisition d'utilisateurs à tout prix, financée par des levées de fonds successives, touche à sa fin. Les choix effectués par OpenAI et Anthropic vont résonner dans tout l'écosystème IA. Les startups plus petites observeront de près comment ces leaders naviguent le mur de la monétisation. Les résultats pourraient établir des précédents pour les modèles d'affaires et les stratégies d'investissement.
La réorientation vers les agents d'entreprise et la productivité professionnelle est déjà en cours des deux côtés. La stratégie d'OpenAI est désormais claire : supprimer les projets secondaires, construire une super-application de bureau combinant ChatGPT, Codex et un navigateur, et poursuivre la R&D à long terme sur la robotique. Anthropic, de son côté, mise sur Claude Code et les outils d'automatisation bureau pour ancrer sa valeur dans les processus de travail des entreprises.
Reste la question fondamentale que ni l'une ni l'autre société n'a encore résolue : à quel prix unitaire un agent IA doit-il être facturé pour que le modèle soit rentable ? Les expérimentations tarifaires actuelles (passage au comptage de tokens, création de paliers premium, restriction des abonnements flat-rate) ressemblent moins à une stratégie affirmée qu'à une série d'ajustements empiriques dans l'obscurité. Le mur de la monétisation n'a pas encore été franchi. Il a simplement été rendu visible.
Source : WSJ, Podscat Apple
Et vous ?
La concentration sur les agents d'entreprise et le code est-elle une stratégie durable, ou OpenAI et Anthropic sont-elles en train de sacrifier l'adoption grand public qui, sur le long terme, forge la légitimité culturelle d'une plateforme ?
Le passage à la tarification à l'usage pour les agents marque-t-il la fin du modèle SaaS à abonnement fixe pour l'IA, ou s'agit-il d'une mesure transitoire avant que les coûts d'inférence ne s'effondrent suffisamment ?
Si Anthropic rattrape OpenAI en revenus d'ici fin 2026, cela rend-il une consolidation (fusion, acquisition, ou partenariat structurant) plus ou moins probable dans les années suivantes ?
La fermeture de Sora illustre un échec à anticiper les coûts d'infrastructure réels d'un produit grand public. Est-ce une leçon isolée, ou révèle-t-elle une incapacité systémique des labos d'IA à concevoir des produits viables économiquement dès la phase de conception ?
Voir aussi :
OpenAI met fin à l'abonnement forfaitaire de Codex et bascule vers la facturation au token : les développeurs vont-ils payer dix fois plus cher pour le même usage ?
Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités
Le climat chez OpenAI est plutôt morose : l'entreprise fait face à une instabilité interne croissante marquée par des polémiques publiques, des contrats militaires controversés et démissions en série au sommet
OpenAI traverse une période de forte instabilité interne marquée par de nombreux départs au sein de sa direction. L'entreprise a récemment opéré un pivot stratégique majeur, abandonnant plusieurs projets créatifs pour se concentrer sur des outils lucratifs destinés aux entreprises et à la programmation. Ce virage vise à rassurer les investisseurs avant une éventuelle introduction en bourse, alors que les dépenses massives de la firme suscitent des inquiétudes. En parallèle, le PDG Sam Altman doit faire face à des controverses éthiques liées à des contrats militaires ainsi qu'à des défis juridiques croissants, notamment un procès intenté par Elon Musk.
OpenAI se trouve actuellement dans une posture paradoxale, caractérisée par une puissance financière colossale contrebalancée par une instabilité interne croissante. L'entreprise a récemment conclu une levée de fonds de 122 milliards de dollars, portant sa valorisation à 852 milliards, tout en préparant une éventuelle introduction en bourse (IPO) pour la fin de l'année. Toutefois, elle est confrontée à de nombreux défis internes qui créent l'incertitude.
L'avance de longue date de ChatGPT sur le marché de l'IA grand public lui a valu un statut de marque générique, à l'instar de « Kleenex » pour les mouchoirs en papier. Mais au cours des derniers mois, une série de remaniements au sein de la direction, l'abandon de certains projets et d'autres actualités ont soulevé des questions quant à la stabilité réelle de l'entreprise, et à la durée pendant laquelle elle pourra rester au sommet dans la course.
À la suite de la dernière levée de fonds, la pression s’exerce désormais sur les dirigeants pour qu'ils assurent une croissance durable et justifient la valorisation de l'entreprise. OpenAI traverse une crise d'innovation avec une vitesse de consommation de sa trésorerie qui inquiète les investisseurs.
Controverses éthiques et réorientation brutale des produits
L'année 2026 a débuté par une série de polémiques liées à la signature d'un contrat avec le Pentagone, soulevant des inquiétudes sur l'usage de l'IA pour la surveillance de masse ou les armes autonomes, un contrat que certains concurrents avaient refusé de signer. (Anthropic avait refusé de signer.) Cette décision a suscité la polémique tant en interne qu’en externe, et même le PDG Sam Altman a reconnu qu’OpenAI a été « opportuniste et négligent ».
Sam Altman a reconnu avoir précipité les choses, modifié l'accord et interdit au Pentagone d'espionner les Américains via ChatGPT. Dans un message sur X (ex-Twitter), il a déclaré qu'OpenAI maintenait le contrôle de ses technologies : « à l'heure actuelle, nous contrôlons les modèles que nous déployons ».
Par la suite, OpenAI a brusquement modifié sa feuille de route en abandonnant l'outil de génération vidéo Sora. L'abandon de Sora a mis fin à son partenariat avec Disney si précipitamment que « les deux entreprises auraient encore travaillé ensemble 30 minutes avant » que Disney n’apprenne la nouvelle. OpenAI a également ajouté le mois dernier qu’il mettait en veilleuse des projets mûris de longue date visant à permettre l’envoi de sextos via ChatGPT.
Cette réorientation marque un pivot stratégique vers les outils destinés aux entreprises et au codage informatique, la direction d'OpenAI souhaitant éviter de se laisser distraire par des projets secondaires alors que des infrastructures majeures, comme le projet de centre de données Stargate, semblent stagner.
Sam Altman : un dirigeant très controversé dans l'industrie
Samuel Altman, 40 ans, est un homme d'affaires et entrepreneur américain qui occupe depuis 2019 le poste de PDG du laboratoire de recherche en IA OpenAI. Sam Altman a étudié à Stanford pendant deux ans avant d'abandonner ses études et de cofonder Loopt, un service de réseau géosocial pour smartphones. En 2011, il a rejoint Y Combinator, un accélérateur de startups et une société de capital-risque, dont il a été le président de 2014 à 2019.
Mais Sam Altman est un personnage très controversé. Il a transformé OpenAI, fondée à l'origine comme organisation à but non lucratif, en une entreprise à but lucratif valorisée à des centaines de milliards de dollars, ce que beaucoup voient comme une trahison des idéaux fondateurs.
Il est également une personne clivante. Sam Altman prêche la prudence sur les dangers de l'IA tout en étant celui qui accélère le plus son développement à des fins commerciales. Il est accusé de chercher à contrôler la réglementation sur l'IA. Il fait l'objet d'enquêtes remettant en cause son intégrité, d'accusations d'abus au sein de sa famille et incarne les inquiétudes profondes de la société face aux changements radicaux apportés par la technologie.
Par exemple, dans sa récente enquête, le New Yorker a documenté la gouvernance d'OpenAI et du caractère de son PDG. La juxtaposition était saisissante au point d'en être comique : d'un côté, l'homme qui se pose en architecte du futur de l'humanité ; de l'autre, le portrait que dressent de lui des dizaines d'ex-collaborateurs, partenaires et membres de son conseil d'administration, celui d'un dirigeant pathologiquement incapable de dire la vérité.
Des détails du rapport révèlent que certains des collègues de Sam Altman estimaient qu’il manquait d’une expertise technique approfondie en programmation et en apprentissage automatique, bien qu’il dirige l’une des entreprises d’IA les plus influentes au monde. Selon l'article du New Yorker, plusieurs ingénieurs et initiés ayant travaillé avec le PDG ont déclaré qu’il ne disposait pas d’une grande expérience en codage ou en apprentissage automatique.
Instabilité de la direction et des défis juridiques croissants
La structure dirigeante subit des remaniements profonds avec le départ ou la mise en congé médical de plusieurs membres clés de la direction, tels que la responsable du déploiement de l'AGI, la directrice du marketing et le directeur de l'exploitation. Ces mouvements interviennent dans un climat de méfiance, alimenté par des rapports de presse suggérant que « le PDG Sam Altman aurait pu induire en erreur son conseil d'administration par le passé ».
En complément, la startup doit se préparer à un affrontement judiciaire potentiellement dommageable contre Elon Musk, dont les poursuites ont déjà commencé à exposer des communications internes confidentielles. Pour tenter de reprendre la main sur son image de marque, OpenAI a acquis le média en ligne TBPN afin de créer un espace de dialogue contrôlé sur les évolutions de l'IA. Cependant, ses détracteurs y voient une chambre de propagande.
« En réfléchissant à l’avenir de la communication chez OpenAI, une chose m’est apparue clairement : les codes de communication habituels ne s’appliquent tout simplement pas à nous », avait déclaré la responsable du déploiement de l’AGI chez OpenAI, Fidji Simo, qui était auparavant la directrice des applications.
OpenAI est vulnérable, en particulier à l’approche de son introduction en bourse potentielle. Alors que les investisseurs injectent des milliards de dollars, tous les regards sont tournés vers son bilan. La directrice financière Sarah Friar aurait exprimé ses inquiétudes quant au fait que l’entreprise ne soit pas prête à entrer en bourse aussi vite que le PDG Sam Altman le souhaite. En effet, la pression pour générer des revenus n’a jamais été aussi forte.
Pression croissante sur la rentabilité et concurrence accrue
À l'approche d'une potentielle introduction en bourse, la santé financière d'OpenAI est de plus en plus scrutée, d'autant que la directrice financière a remis en question la capacité de l'entreprise à franchir cette étape. Malgré des revenus en croissance, Sam Altman a dû adopter une posture défensive face aux critiques concernant le gouffre entre les dépenses colossales de la société et ses revenus réels. OpenAI brûle ses liquidités à un rythme soutenu.
Par le passé, Sam Altman ne s’était pas montré très préoccupé par la question de savoir quand et comment OpenAI deviendrait rentable ; en 2024, des rapports suggéraient que l’entreprise ne s’attendait pas à y parvenir avant 2029. Lors de la journée annuelle Dev Day d’OpenAI en octobre, Sam Altman a expliqué : « évidemment, un jour, nous devrons être très rentables, et nous sommes confiants et patients quant à notre capacité à y parvenir ».
Dans ce contexte de « code rouge », OpenAI cherche désormais à prioriser les projets ayant le plus fort potentiel de profit immédiat pour faire face à la popularité d'Anthropic dans le domaine du codage informatique et à l'intégration profonde des applications Gemini de Google dans leur écosystème.
Des projections financières comme moteurs de croissance
OpenAI a révélé l'existence d'un nouvel outil de cybersécurité jugé si puissant qu'il ne peut être diffusé auprès du grand public. Cette annonce survient quelques jours seulement après que son concurrent Anthropic a lancé son modèle Claude Mythos, conçu pour aider les entreprises à détecter et corriger des failles de sécurité majeures. Comme Anthropic, OpenAI envisage de proposer son outil à un petit groupe de clients pour des raisons de sécurité.
Mais le manque de détails techniques alimente les critiques selon lesquelles OpenAI cherche avant tout à égaler les affirmations marketing d'Anthropic. En effet, alors qu'Anthropic prétend que son outil Claude Mythos peut identifier des vulnérabilités vieilles de trente ans, OpenAI s'efforce de prouver que ses propres outils peuvent atteindre un niveau de performance similaire.Toutefois, il n'est pas possible de vérifier ces informations de façon indépendante.
Les organisations admises à ce programme pilote ont accès à des modèles encore plus performants ou permissifs en matière de cybersécurité afin d’accélérer les efforts de défense légitime. Mais OpenAI n’a pas eu la brillante idée de positionner ce produit comme quelque chose qui va fondamentalement redessiner le paysage cyber comme nous le connaissons. Il doit donc rappeler à tout le monde qu’Anthropic n’est pas le seul acteur sur ce marché.
Au-delà des capacités techniques de ses outils, OpenAI mise sur des ambitions financières colossales pour asseoir sa domination sur le marché de l'IA. OpenAI prévoit d'atteindre 102 milliards de dollars de revenus publicitaires d'ici 2030, un bond immense par rapport aux 2,5 milliards de dollars projetés pour 2026.
Cette stratégie de communication repose sur des prévisions très optimistes, nécessaires selon certains analystes pour maintenir l'intérêt des investisseurs malgré des retours parfois mitigés de la part de ses premiers partenaires. En gros, Sam Altman et son équipe combinent le développement de technologies de pointe réservées à une élite avec une stratégie commerciale agressive pour rester au centre de l'attention mondiale, mais également à flot.
La bulle IA repose sur un mirage soigneusement entretenu
Edward Zitron estime que « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle. Il critique le modèle de capital-risque et de l’investissement dans l’IA.
Edward Zitron est auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais. Il est connu pour ses analystes critiques sur le secteur technologique, notamment l'essor de l'IA générative. Il dénonce le battage médiatique intense autour des entreprises spécialisées dans l'IA générative. D'après lui, le secteur de l'IA utilise les médias pour dissimuler une croissance des infrastructures beaucoup plus lente que ce qui est annoncé officiellement.
« Toute la bulle IA repose sur un vague sentiment d'inévitabilité : l'idée que si tout le monde croit suffisamment fort que rien de tout cela ne peut jamais, jamais mal tourner, alors à un moment donné, tous les problèmes évidents finiront par disparaître », a écrit Edward Zitron dans une nouvelle analyse.
Edward Zitron affirme que le marché actuel de l'IA présente des signes inquiétants de surchauffe, rappelant la bulle Internet de la fin des années 1990, mais à une échelle encore plus grande. Les investissements massifs dans des startups souvent dépourvues de modèle économique viable alimentent une spéculation excessive, où la perception de croissance prime sur la création de valeur réelle. Les conséquences à terme pourraient être dévastatrices.
Conclusion
OpenAI se trouve actuellement à une croisée des chemins critique, où son immense valorisation de 852 milliards de dollars masque une fragilité interne croissante. Malgré sa position de leader mondial avec ChatGPT, l'entreprise fait face à une série de revers stratégiques majeurs, illustrée par l'abandon soudain de projets phares comme Sora et une réorientation brutale vers les outils d'entreprise pour contrer une concurrence de plus en plus agressive.
Ce « code rouge » met en évidence la difficulté de justifier des dépenses massives sans revenus assurant une rentabilité durable. L'avenir de l'entreprise est d'autant plus incertain que son instabilité structurelle et ses défis juridiques s'intensifient à l'approche d'une éventuelle introduction en bourse.
Entre les départs en cascade au sein de la haute direction, les polémiques sur la transparence de Sam Altman et une bataille judiciaire potentiellement dévastatrice contre Elon Musk, OpenAI lutte désormais pour garder le contrôle de son propre récit. En fin de compte, la capacité de l'entreprise à convertir son avance technologique en modèle économique durable reste la question centrale, sa directrice financière ayant exprimé quelques doutes.
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des turbulences que traverse actuellement OpenAI ?
OpenAI est-il en mesure de convertir son avance en un modèle économique durable ?
Voir aussi
Après des années à brûler du capital sur la promesse d'une rentabilité future, OpenAI et Anthropic n'ont plus le luxe de perdre de l'argent : entre IPO imminentes, pénurie de GPU et agents voraces en calcul
OpenAI a clôturé son dernier tour de table avec 122 milliards $ de capitaux engagés, pour une valorisation post-financement de 852 milliards $
Le secteur de l'IA s'apprête à passer un test crucial en 2026 : la vitesse à laquelle OpenAI brûle sa trésorerie pourrait être l'une des grandes questions pour savoir si la bulle éclatera
Bulle de l'IA : OpenAI n'aurait pas atteint ses objectifs de chiffre d'affaires, ce qui fait chuter le cours de l'action Oracle, alors que les deux entreprises ont conclu un partenariat de 300 milliards $
Oracle, qui a conclu un partenariat de 300 milliards de dollars sur cinq ans pour fournir de la puissance de calcul à OpenAI dans le cadre de ses opérations d'IA, a vu son cours baisser, tout comme celui des fabricants de puces électroniques tels que Nvidia et Broadcom. Le Wall Street Journal a rapporté qu'OpenAI n'avait pas atteint récemment ses propres prévisions en matière de croissance du nombre d'utilisateurs et de chiffre d'affaires. Ce déficit a suscité des inquiétudes en interne quant à la capacité de l'entreprise à tenir le rythme de ses engagements financiers colossaux. OpenAI a réfuté ces informations.
OpenAI est une entreprise américaine d'intelligence artificielle (IA) fondée en 2015 à San Francisco en Californie. L'entreprise est connue pour ses grands modèles de langage tels que GPT-4o, la série de modèles de génération d'images DALL-E et le modèle de génération de vidéos Sora. Son lancement de ChatGPT en novembre 2022 a déclenché un intérêt mondial pour les agents conversationnels et l'IA générative.
À mesure que l’intelligence artificielle générative s’impose comme un pilier stratégique pour les grandes entreprises technologiques, la réalité économique qui la sous-tend apparaît de plus en plus contrastée. Derrière l’image d’une OpenAI toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle financier sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son dirigeant, l’entreprise incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais encore loin d’être rentable.
Selon un rapport de janvier 2026, OpenAI s'attend à perdre 44 milliards de dollars entre 2023 et fin 2028, avant de dégager un bénéfice de 14 milliards de dollars en 2029. De manière quelque peu incongrue, le rapport affirme également que la consommation de trésorerie d'OpenAI n'est pas aussi grave qu'on le pensait auparavant, la société n'ayant dépensé que 340 millions de dollars au cours du premier semestre de l'exercice financier le plus récent. La manière dont cela s'accorde avec les pertes globales se chiffrant en plusieurs milliards n'est pas expliquée.
Récemment, les actions des entreprises liées aux infrastructures d'intelligence artificielle ont chuté après la publication d'un rapport indiquant qu'OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs de croissance internes, soulevant de nouvelles questions quant à la viabilité du rythme des dépenses dans ce secteur. Oracle, qui a conclu un partenariat de 300 milliards de dollars sur cinq ans pour fournir de la puissance de calcul à OpenAI pour ses opérations d'IA, a chuté de 4 %.
Les fabricants de puces, notamment Broadcom et Advanced Micro Devices, ont reculé respectivement de 4 % et 3 %. L'action de Nvidia a chuté de plus de 1 %. Qualcomm a reculé de 0,2 %, mais a clôturé en hausse par rapport à ses plus bas niveaux. Le titre avait légèrement progressé lundi après des informations selon lesquelles la société travaillerait avec OpenAI sur des puces pour smartphones liées aux ambitions matérielles de cette dernière. Le titre CoreWeave, spécialisé dans le néocloud, a chuté de plus de 5 %. En Asie, SoftBank Group, l'un des principaux investisseurs d'OpenAI, a plongé d'environ 10 %.
Le Wall Street Journal a rapporté qu'OpenAI n'avait récemment pas atteint ses propres prévisions en matière de croissance du nombre d'utilisateurs et de chiffre d'affaires. Ce déficit a suscité des inquiétudes en interne quant à la capacité de l'entreprise à tenir le rythme des engagements financiers colossaux nécessaires pour construire des centres de données et garantir une capacité de calcul à long terme.
Selon l'article, la directrice financière Sarah Friar a averti ses collègues que si la croissance du chiffre d'affaires ne s'accélérait pas, l'entreprise pourrait rencontrer des difficultés à financer ses futurs contrats de calcul. OpenAI a réfuté ces informations. « C'est ridicule. Nous sommes tout à fait d'accord pour acheter autant de puissance de calcul que possible et nous y travaillons d'arrache-pied ensemble chaque jour », a déclaré l'entreprise.
Oracle a défendu la trajectoire de croissance d'OpenAI, affirmant constater de ses propres yeux à quelle vitesse l'adoption de la technologie d'OpenAI s'accélère. « Nous sommes extrêmement enthousiastes à l’idée de notre partenariat avec OpenAI et restons concentrés sur la mise en place et la fourniture de la capacité dont ils ont besoin pour répondre à une demande en forte croissance », a déclaré un porte-parole d’Oracle. « Le nouveau modèle 5.5 d’OpenAI constitue une avancée significative, et nous nous attendons à ce que cette dynamique se poursuive à mesure que l’accès à leur technologie s’étend à l’ensemble des fournisseurs de cloud. »
OpenAI, qui a déclenché le boom de l’IA avec le lancement de son chatbot ChatGPT en 2022, a récemment clôturé un tour de table record de 122 milliards de dollars, avec une valorisation post-financement de 852 milliards de dollars. « On pourrait supposer que tout ralentissement était connu des investisseurs, n’est-ce pas ? Si ce n’est pas le cas, c’est une honte pour OAI », a déclaré Jordan Klein, spécialiste du secteur TMT chez Mizuho, dans une note. « En quoi cette mise à jour peut-elle être nouvelle, puisque le tour de table s’est clôturé fin mars, au moment où le trimestre aurait pris fin ? Et nous ne sommes même pas encore le 1er mai. Je doute fortement que les fondamentaux d’OAI se soient détériorés aussi rapidement en moins de 30 jours. »
Parallèlement, la concurrence dans le domaine de l’IA d’entreprise s’intensifie. Anthropic gagne du terrain auprès des entreprises, tandis que les modèles Gemini de Google prennent également de l’ampleur, les entreprises adoptant de plus en plus plusieurs fournisseurs. Pourtant, certains investisseurs se sont demandé si ce rapport modifiait de manière significative les perspectives générales en matière de dépenses dans l’IA.
« Je considère cet article comme une simple répétition de ce que nous savions déjà : la croissance d’OpenAI semble avoir ralenti entre fin 2025 et début 2026, l’entreprise ayant cédé une partie de ses parts de marché à Anthropic et Gemini », a déclaré John Belton, gestionnaire de portefeuille chez Gabelli Funds. « Rien ici ne suggère que cela constitue un problème pour le rythme des dépenses dans l’ensemble du secteur ; cela ressemble plutôt à une confirmation des récentes tendances en matière de parts de marché d’OpenAI. »
D’autres ont souligné à quel point il est difficile d’appliquer les indicateurs traditionnels au cycle actuel de l’IA. Luke Rahbari, PDG d’Equity Armor Investments, a déclaré que les écarts par rapport aux objectifs de chiffre d’affaires devaient être considérés avec prudence, compte tenu du caractère imprécis des prévisions dans un secteur en évolution rapide. « Le fait qu’OpenAI n’atteigne pas ses objectifs de chiffre d’affaires est, dans l’ensemble, une distraction », a déclaré Rahbari. « Dans le paysage actuel de l’IA, ces projections sont largement arbitraires. Aucun acteur majeur de cette course ne peut prévoir avec précision son chiffre d’affaires ou ses dépenses d’investissement avec une marge d’erreur comprise entre 25 % et 50 %. »
En février, OpenAI avait déjà revu à la baisse ses ambitions en matière de dépenses informatiques à long terme, alors que des signes indiquent que le boom de l'IA entre dans une phase plus modérée. L'entreprise prévoit désormais de dépenser environ 600 milliards de dollars en capacité de calcul d'ici 2030, soit bien moins que les 1 400 milliards de dollars annoncés précédemment par le PDG Sam Altman. Cet objectif révisé correspond davantage aux revenus attendus, qui devraient dépasser 280 milliards de dollars d'ici la fin de la décennie. Toutefois, malgré un chiffre d'affaires de 13,1 milliards de dollars en 2025, dépassant son objectif initial de 10 milliards, la startup de Sam Altman continue de brûler des milliards chaque année.
À mesure que l’IA s’impose comme un pilier de l’économie numérique, certaines entreprises finissent par être perçues comme intouchables. OpenAI incarne parfaitement cette tentation : omniprésente, technologiquement dominante et au cœur de multiples chaînes de valeur. Pourtant, selon l’analyse d’un économiste reconnue récemment, cette entreprise est loin d’être « trop grande pour échouer ». Au contraire, elle concentrerait plusieurs vulnérabilités structurelles qui rappellent que, même dans l’IA, les lois économiques restent implacables. L'économiste Jason Furman a notamment déclaré : « Je n'ai aucune raison de penser qu'OpenAI ou toute autre entreprise de ce secteur va faire faillite. Mais si c'était le cas, ce ne sont pas des banques. Elles ne sont pas trop grandes pour faire faillite. »
Source : WSJ
Et vous ?
Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Voir aussi :
Oracle dans la tourmente après avoir misé 300 milliards de dollars sur OpenAI ? L'entreprise veut devenir un hyperscaler de première division grâce à l'IA, mais le marché y voit un pari dangereux
Après des années à brûler du capital sur la promesse d'une rentabilité future, OpenAI et Anthropic n'ont plus le luxe de perdre de l'argent : entre IPO imminentes, pénurie de GPU et agents voraces en calcul
Comment les acteurs de l'IA recyclent leurs milliards entre eux : les ventes de puces en amont soutiennent les paris sur les infrastructures en aval, créant une chaîne critique de flux économiques circulaires
Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités
Je lisais un article sur investir quant aux résultats des trimestriels à paraître ce soir pour M$, Alphabet Meta et Amazon et un analyste a dit que les investisseurs veulent voir un retour sur investissement pour juger de la politique de dépenses à tout crin dans l'IA. Il disait en substance que, suivant les retours, l'investissement serait jugé fiable ou non fiable. Et donc on peut s'attendre à de sévères variations suivant les résultats en bon comme en mauvais.
Open AI veut entrer en bourse. Mais la cotation veut qu'ils se prêtent au jeu des résultats trimestriels et la sanction aurait été sévère pour eux s'ils étaient coté en bourse à la lecture de cette nouvelle.
OpenAI prévoit une chute de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, passant de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026, et espère échapper à ce désastre en augmentant la publicité
Selon un rapport de The Information, OpenAI prévoit une baisse de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, qui passerait de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026. Pour compenser ce recul, l'entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA) envisagerait de développer son offre ChatGPT Go, moins coûteuse et financée par la publicité, avec pour objectif d'atteindre 112 millions d'abonnés en 2026. Cette réorientation ambitieuse soulève toutefois des questions quant à la viabilité d'une telle croissance, d'autant qu'il a récemment été révélé qu'OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs en matière de nouveaux utilisateurs et de chiffre d'affaires.
OpenAI Global, LLC est un organisme américain de recherche en intelligence artificielle (IA) composé d'une société à but lucratif d'intérêt public (PBC) et d'une fondation à but non lucratif, dont le siège social est situé à San Francisco. OpenAI a développé la famille GPT de grands modèles de langage, la série DALL-E de modèles de conversion texte-image et la série Sora de modèles de conversion texte-vidéo, qui ont influencé la recherche industrielle et les applications commerciales. Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 est considéré comme ayant suscité un intérêt généralisé pour l'IA générative.
Ce virage intervient dans un contexte de pressions financières autour du modèle économique d'OpenAI. Selon le Wall Street Journal, l'entreprise n'aurait pas atteint ses objectifs en matière de chiffre d'affaires et d'acquisition d'utilisateurs, ce qui alimente des inquiétudes quant à sa capacité à honorer ses engagements financiers. Oracle, qui a conclu un partenariat de 300 milliards de dollars sur cinq ans pour fournir de la puissance de calcul à OpenAI pour ses opérations d'IA, a vu son cours chuter de 4 % en conséquence.
Le 28 avril 2026, le site The Information a rapporté qu'OpenAI prévoyait une baisse de 80 % du nombre d'abonnés à ChatGPT Plus (20 dollars par mois), passant de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026. L'entreprise prévoit de compenser ce manque à gagner grâce à ses abonnements « ChatGPT Go », moins chers et financés par la publicité, en faisant passer leur nombre de 3 millions en 2025 à 112 millions en 2026.
« Au début de cette année, OpenAI prévoyait que le nombre d'abonnés grand public à ChatGPT Go, qui coûte 8 dollars par mois aux États-Unis et environ 5 dollars par mois dans d'autres pays comme l'Inde, allait être multiplié par environ 36 pour atteindre 112 millions cette année. En conséquence, les dirigeants ont estimé que le nombre d'abonnés à ChatGPT Plus allait chuter de 80 % pour s'établir à environ 9 millions. Les utilisateurs du forfait Pro, le plus cher, doubleront mais ne représenteront toujours que moins de 1 % du total, selon ces prévisions », a écrit The Information.
C'est une conclusion pour le moins audacieuse. Ce qu'OpenAI dit en réalité ici, c'est qu'il s'attend à un déclin spectaculaire de son activité principale – les abonnements à ChatGPT à 20 dollars par mois – et qu'il compte bien, d'une manière ou d'une autre, attirer 109 millions de nouveaux abonnés payants pour un produit totalement différent. Comme l'a souligné The Information, cela représenterait une augmentation de 3 600 % du nombre d'abonnés d'une année sur l'autre.
Les amateurs de maths s'apercevront également que, si l'on part d'un abonnement à 5 dollars par mois, même si OpenAI réussissait ce qui serait la plus grande campagne d'acquisition d'utilisateurs de l'histoire, il lui manquerait encore 155 millions de dollars. On peut alors imaginer que la réponse d'OpenAI serait « nous allons diffuser des publicités à ces clients » et « certains d'entre eux paieront 8 dollars par mois », deux arguments qui ne tiennent pas la route.
Si l'on met ChatGPT Go de côté un instant, il est assez remarquable qu'OpenAI prévoie une baisse de 80 % des abonnements à ChatGPT Plus. Peut-être que cette prévision ne se concrétisera que si ChatGPT Go connaît une telle croissance, ou peut-être s'agit-il d'une situation qu'OpenAI voit déjà se produire, puisque le Wall Street Journal a récemment rapporté qu'OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs en matière de nouveaux utilisateurs et de chiffre d'affaires, ce qui rend le moment choisi pour cette fuite d'autant plus suspect.
Il faut par ailleurs ajouter que le fait d'attirer 109 millions de nouveaux abonnés, quel que soit le prix, risque d'augmenter considérablement le rythme de consommation des liquidités d'OpenAI.
Cette réorientation intervient par ailleurs dans un contexte financier nettement plus fragile qu’il n’y paraît pour l'entreprise. Au début de l'année, des documents internes consultés par The Information indiquaient qu'OpenAI anticipait une perte de 14 milliards de dollars en 2026, soit un niveau environ trois fois supérieur aux estimations pour 2025. Ces projections s'inscrivent dans une trajectoire déficitaire prolongée, avec des pertes cumulées pouvant atteindre 44 milliards de dollars jusqu'en 2029, avant un retour éventuel à la rentabilité.
La fragilité financière d'OpenAI alimente un débat plus large sur la solidité des géants de l'IA générative et leur capacité à s'inscrire durablement dans le paysage économique. Plusieurs experts, dont l'économiste Jason Furman de l'université Harvard, estiment qu'OpenAI n'est pas « trop grande pour faire faillite », malgré sa position centrale dans l'écosystème de l'IA. Selon lui, la domination technologique ne garantit ni la rentabilité ni la résilience à long terme, en particulier dans un marché encore en phase de structuration. Étant donné le rôle central d'OpenAI dans l'ensemble de l'économie de l'IA, une éventuelle défaillance pourrait exposer ses partenaires et ses investisseurs à un risque important.
Source : The information
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous les conclusions de ce rapport de The Information crédibles ou pertinentes ?
Voir aussi :
Microsoft perd son accès exclusif à la technologie d'OpenAI, qui est désormais libre de proposer ses produits via n'importe quel fournisseur de services cloud, à commencer par AWS
Le procès Musk contre Altman pourrait forcer OpenAI à ouvrir ses modèles IA au monde entier, exactement ce que ses fondateurs avaient promis avant d'oublier leur serment
Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités
Mark Cuban affirme qu'OpenAI ne sera jamais en mesure de rentabiliser ses investissements massifs de 1 000 milliards dans l'IA
« ils sont en train de dilapider cet argent à une échelle vertigineuse »
Le milliardaire Mark Cuban exprime un scepticisme marqué quant à la rentabilité des investissements massifs dans les modèles d'IA. Il a déclaré que de nombreuses entreprises gaspillent leurs capitaux dans une course effrénée pour devenir le leader du marché, alors que les coûts technologiques chutent rapidement. En d'autres termes, elles dépensent énormément pour un avantage difficile à maintenir. Mark Cuban critique également les stratégies de communication de dirigeants comme Sam Altman, suggérant que leurs discours servent principalement à lever des fonds. Il est sceptique quant au succès d'OpenAI et à sa capacité à rembourser ses dettes colossales.
Mark Cuban, 67 ans, est un homme d'affaires originaire de Pittsburgh. Le milliardaire est propriétaire de la chaîne de cinémas Landmark Theatres et du studio Magnolia Pictures, notamment via la holding 2929 Entertainment, président de la chaîne de télévision HDNet et propriétaire majoritaire de l'équipe de basket-ball des Mavericks de Dallas entre 2000 et 2023. Il est également l'un des présentateurs (et investisseurs) de l'émission Shark Tank.
S
Mark Cuban a récemment accordé une interview à Alex Kantrowitz, qui présente le podcast « Big Technology ». Lors de l'entretien, Mark Cuban a critiqué la bulle de l'IA et a mis en lumière les défis stratégiques et technologiques auxquels sont confrontés les géants de l'IA comme OpenAI et Anthropic.
La spécialisation des modèles et la dynamique du marché
Mark Cuban a souligné que le secteur de l'IA entre dans une phase où l'entraînement des grands modèles de langage devient moins généraliste pour se concentrer sur des capacités spécifiques. Par exemple, Anthropic s'est distingué dans le domaine de la programmation, tandis qu'OpenAI semble orienter ses efforts vers le secteur de la santé. Cependant, il considère que la santé pour OpenAI est davantage une fonctionnalité qu'un produit en soi.
Selon Mark Cuban, d'autres acteurs comme Open Evidence peuvent concurrencer ce créneau en investissant massivement dans la propriété intellectuelle. Pour rappel, OpenAI a récemment mis fin à son logiciel de génération de vidéo Sora afin d'économiser des ressources. Selon des rapports tiers, OpenAI a débranché son IA face à une demande en puissance de calcul insoutenable et un coût journalier atteignant 15 millions de dollars à son pic.
Sora est le modèle de génération de vidéo développé par OpenAI. Il est capable de produire des séquences vidéo réalistes à partir d'instructions en langage naturel (prompts). Sora (le modèle, l'API, les préversions) existe depuis février 2024, soit environ quinze mois. L'application mobile autonome baptisée « Sora » a été lancée en septembre 2025. OpenAI a surpris toute l'industrie technologique en annonçant ce mois-ci la fin brutale du système.
Mark Cuban a exprimé une incertitude quant à l'avenir de Meta ou d'OpenAI, estimant que si une entreprise dépense des sommes astronomiques pour finir par n'être qu'une simple application parmi d'autres, l'investissement ne sera pas rentabilisé. OpenAI fait face à une concurrence accrue de la part d'Anthropic et des startups d'IA chinoises. Pour le milliardaire, le marché ne pourra supporter que trois ou quatre gagnants majeurs au maximum.
Les enjeux critiques de la propriété intellectuelle pour l'IA
Un point central de l'argumentation de Mark Cuban concerne la protection de l'avantage concurrentiel à l'ère des modèles de langage. Il conseille vivement aux institutions, comme les hôpitaux ou les centres de recherche, de ne pas publier leurs travaux sous forme de brevets ou d'articles scientifiques, car dès qu'une information devient publique, tous les modèles d'IA du secteur peuvent l'ajouter à leurs données d'entraînement quasi immédiatement.
Le milliardaire recommande plutôt de vendre cette propriété intellectuelle, car la publication, bien qu'elle valorise le prestige de l'auteur, détruit l'avantage stratégique en offrant gratuitement les données aux modèles concurrents. Ainsi, la capacité d'acquérir de la propriété intellectuelle exclusive devient un levier de différenciation crucial pour les entreprises du secteur. Certains éditeurs ont déjà conclu des partenariats avec des entreprises d'IA.
Du langage naturel à l'apprentissage du monde physique
Selon Mark Cuban, l'une des limites majeures des modèles actuels est qu'ils reposent essentiellement sur du texte et des images sans comprendre les lois de la physique ou la réalité du monde tangible. Il prend l'exemple d'un enfant qui fait tomber une tasse pour illustrer que les modèles actuels ne saisissent pas intrinsèquement ces interactions physiques. Il fait écho à des critiques exprimées par d'autres experts en IA, comme Yann Le Cun.
Yann Le Cun est un informaticien franco-américain. Il est spécialisé dans les domaines tels que l'apprentissage automatique, la vision par ordinateur, la robotique mobile et les neurosciences computationnelles. En 2018, Yann Le Cun, Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton ont reçu le prix Turing pour leurs travaux sur l'apprentissage profond. Les trois hommes sont parfois appelés les « parrains de l'IA » et les « parrains de l'apprentissage profond ».
Il a quitté son poste de directeur scientifique de l'IA de Meta au début de l'année. Il a ensuite fondé sa propre startup AMI Labs (Advanced Machine Intelligence) et a levé un milliard de dollars pour développer « une IA qui comprend le monde physique comme le font les animaux et les humains ».
Yann Le Cun estime que l'idée selon laquelle les grands modèles de langage pourraient évoluer pour atteindre un niveau d'intelligence égale à celui de l'homme est une « absurdité totale ». AMI Labs est pour lui l'occasion de cesser d'être celui qui crie depuis les coulisses de la scène et de devenir celui qui se construit sa propre rampe. Il ciblerait dans un premier temps les organisations qui gèrent des systèmes complexes avec des applications grand public.
Mark Cuban anticipe une transition des modèles de langage vers ce qu'il appelle une approche de vision du monde, capable de traiter la vidéo et de comprendre la physique. À titre d'illustration, Mark Cuban mentionne son investissement dans une startup de satellites capable d'identifier la composition des matériaux par spectrographie, une technologie qui, selon lui, pourrait surpasser les capacités actuelles de modèles comme Claude ou Grok.
Analyse des leaders et des tactiques de financement
Mark Cuban porte un regard critique sur les dirigeants des deux principales entreprises d'IA, Anthropic et OpenAI. Il voit une part de lui-même en Dario Amodei d'Anthropic, notamment dans sa propension à utiliser des discours alarmistes pour lever des fonds, comparant cela à sa propre expérience lors de la création de Broadcast.com. Il souligne qu'Anthropic a une stratégie cohérente avec son positionnement sur la programmation et les agents.
En revanche, Mark Cuban se montre plus sceptique envers Sam Altman, jugeant sa stratégie trop dispersée, ce qui pourrait finir par se retourner contre lui. Il évoque également des problèmes de confiance et de relations commerciales, citant le fait qu'OpenAI se serait retiré d'un contrat majeur de puces mémoire, soulignant que de tels revirements peuvent nuire à la réputation sur le long terme. Sam Altman est un personnage très controversé.
Pour Mark Cuban, la communication actuelle de ces leaders sert avant tout à alimenter des levées de fonds plutôt qu'à apporter un bénéfice direct immédiat. OpenAI prévoit de dépenser jusqu'à 1 000 milliards de dollars dans les années à venir. Cette somme astronomique est destinée à augmenter la capacité des centres de données, afin de soutenir la puissance de calcul indispensable à l'entraînement et au fonctionnement des modèles de langage.
Cependant, Mark Cuban se montre extrêmement sceptique vis-à-vis de ce chiffre, estimant que les capacités de traitement informatique vont devenir plus performantes et moins coûteuses bien plus rapidement que prévu, ce qui rendrait ces prévisions de dépenses totalement obsolètes d'ici quelques années.
Mark Cuban remet en cause les prévisions de rentabilité
L'argent nécessaire à ces investissements provient de levées de fonds permanentes et agressives menées par les dirigeants de ces entreprises auprès d'investisseurs du monde entier. Mark Cuban décrit une dynamique où les leaders de l'IA, tels que Sam Altman ou Dario Amodei, doivent convaincre les financeurs mondiaux de leur fournir des capitaux records, une démarche qu'il illustre par l'expression « baiser toutes les bagues » à travers le globe.
Selon le milliardaire, ces entreprises sont prises dans un cycle où elles doivent dépenser tout l'argent possible pour espérer devenir le leader unique du marché, car si elles cessent de lever des fonds dans ce contexte d'incertitude, elles risquent de s'effondrer brusquement avant d'avoir pu l'emporter.
Concernant la rentabilité, Mark Cuban affirme de manière catégorique que ces entreprises n'obtiendront jamais de retour sur investissement pour de telles sommes et qu'elles sont en train de « jeter cet argent par les fenêtres » à une échelle massive. Mark Cuban compare la situation actuelle dans l'industrie de l'IA à celle qui prévaut dans le streaming ou la recherche en ligne, où seuls un ou deux acteurs parviennent réellement à être rentables.
OpenAI face à l’enjeu de la durabilité de son modèle économique
Le financement du service gratuit provient de plusieurs canaux payants. Les abonnements premium constituent une source directe de revenus récurrents. Les entreprises et développeurs paient aussi pour l’accès aux API, ce qui constitue une part importante de la monétisation. À cela s’ajoute l’écosystème de modèles personnalisés via une place de marché dédiée. Ces flux compensent partiellement le coût de l’accès gratuit accordé au grand public.
À la mi-2025, l'offre ChatGPT Plus comptait environ 10 millions d'utilisateurs. OpenAI comptait 3 millions d'utilisateurs professionnels payants dans les catégories Entreprise, Équipe et Éducation. Le nombre total d'abonnés payants était estimé à environ 35 millions. Et le taux de conversion des utilisateurs gratuits en utilisateurs payants était d'environ 5 à 6 %. Ces revenus sont encore loin de couvrir les dépenses d'exploitation colossales d'OpenAI.
La société a déclaré un chiffre d'affaires annuel de plus de 2 milliards de dollars en 2023. Depuis lors, sa croissance s'est considérablement accélérée. OpenAI a déclaré en 2025 que son chiffre d'affaires annualisé dépassait les 20 milliards de dollars, soit une augmentation de 233 % par rapport à 2024, où le chiffre d'affaires était passé de 2 milliards de dollars en 2023 à 6 milliards de dollars en 2024. Cependant, les pertes continuent à augmenter.
Malgré cette croissance historique, le fabricant de ChatGPT dépenserait plus de 17 milliards de dollars par an. Rien qu'au premier semestre 2025, OpenAI a brûlé environ 13,5 milliards de dollars, contre des revenus modestes de 4,3 milliards de dollars, mais la startup vaut désormais 500 milliards de dollars.
Derrière l’image d’une entreprise toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle de financement sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son patron, OpenAI incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais très loin d’être rentable.
La bulle actuelle dans l'IA est bien pire que la bulle des dotcoms
Edward (Ed) Benjamin Zitron, auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais, a rapporté le mois dernier : « la situation actuelle est bien pire que celle qui prévalait lors de la bulle Internet ». De nombreux PDG ont admis qu'ils ne tirent aucun bénéfice des investissements dans l'IA. Au lieu de cela, une gigantesque bulle s'est formée autour de l'IA et son éclatement pourrait effacer des centaines de milliards de dollars d'investissements.
Il a rappelé quelques chiffres clés de la bulle Internet d'il y a vingt ans. Le capital-risque américain a investi 11,49 milliards de dollars (23,08 milliards de dollars actuels) en 1997, 14,27 milliards de dollars (28,21 milliards de dollars actuels) en 1998, 48,3 milliards de dollars (95,50 milliards de dollars actuels) en 1999 et plus de 100 milliards de dollars (197,71 milliards de dollars) en 2000, pour un total de 344,49 milliards de dollars (en dollars actuels).
Ce montant représente seulement 6,174 milliards de dollars de plus que les 338,3 milliards de dollars levés en 2025, dont 40 à 50 % (environ 168 milliards de dollars) ont été investis dans l'IA générative. En 2024, les startups nord-américaines spécialisées dans l'IA ont levé environ 106 milliards de dollars.
À partir de ces données, Edward Zitron explique que la bulle actuelle est en fait « bien pire » que la bulle Internet, parce que les sommes investies sont presque aussi importantes et que l’écart entre promesse et réalité économique semble encore plus grand. Selon le New York Times, « 48 % des entreprises de l'ère des dotcoms créées depuis 1996 existaient encore fin 2004, soit plus de quatre ans après le pic atteint par le Nasdaq en mars 2000 »
Sam Altman : un dirigeant très controversé dans l'industrie
Samuel Altman, 40 ans, est un homme d'affaires et entrepreneur américain qui occupe depuis 2019 le poste de PDG du laboratoire de recherche en IA OpenAI. Sam Altman a étudié à Stanford pendant deux ans avant d'abandonner ses études et de cofonder Loopt, un service de réseau géosocial pour smartphones. En 2011, il a rejoint Y Combinator, un accélérateur de startups et une société de capital-risque, dont il a été le président de 2014 à 2019.
Mais Sam Altman est un personnage très controversé. Il a transformé OpenAI, fondée à l'origine comme organisation à but non lucratif, en une entreprise à but lucratif valorisée à des centaines de milliards de dollars, ce que beaucoup voient comme une trahison des idéaux fondateurs.
Il est également une personne clivante. Sam Altman prêche la prudence sur les dangers de l'IA tout en étant celui qui accélère le plus son développement à des fins commerciales. Il est accusé de chercher à contrôler la réglementation sur l'IA. Il fait l'objet d'enquêtes remettant en cause son intégrité, d'accusations d'abus au sein de sa famille et incarne les inquiétudes profondes de la société face aux changements radicaux apportés par la technologie.
Par exemple, dans sa récente enquête, le New Yorker a documenté la gouvernance d'OpenAI et du caractère de son PDG. La juxtaposition était saisissante au point d'en être comique : d'un côté, l'homme qui se pose en architecte du futur de l'humanité ; de l'autre, le portrait que dressent de lui des dizaines d'ex-collaborateurs, partenaires et membres de son conseil d'administration, celui d'un dirigeant pathologiquement incapable de dire la vérité.
Des détails du rapport révèlent que certains des collègues de Sam Altman estimaient qu’il manquait d’une expertise technique approfondie en programmation et en apprentissage automatique, bien qu’il dirige l’une des entreprises d’IA les plus influentes au monde. Selon l'article du New Yorker, plusieurs ingénieurs et initiés ayant travaillé avec le PDG ont déclaré qu’il ne disposait pas d’une grande expérience en codage ou en apprentissage automatique.
Source : Mark Cuban
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de l'analyse de Mark Cuban sur l'état actuel du secteur de l'IA ?
Mark Cuban estime qu'OpenAI ne rentabilisera pas son investissement de 1 000 milliards. Qu'en pensez-vous ?
Voir aussi
L'ancien directeur de l'IA chez Meta, Yann LeCun, lève 1 milliard $ pour développer une IA avec la startup française AMI qui comprend le monde physique « comme le font les animaux et les humains »
Le climat chez OpenAI est plutôt morose : l'entreprise fait face à une instabilité interne marquée par des polémiques publiques, des contrats militaires controversés et des démissions en série au sommet
Yann LeCun, l'un des meilleurs chercheurs en IA de Meta et l'un des plus grands scientifiques mondiaux dans ce domaine, quitte l'entreprise, estimant que les grands modèles de langage (LLM) sont une impasse
OpenAI dépose une demande d'introduction en bourse dans le cadre d'une opération qui pourrait valoriser le créateur de ChatGPT à plus de 1 000 milliards $, même si elle ne prévoit pas de bénéfices avant 2030
OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT, a déposé en toute confidentialité une demande d'introduction en bourse aux États-Unis. OpenAI a révélé le dépôt de ce dossier confidentiel, sans toutefois dévoiler le montant ni les conditions de l'offre prévue. D'après le rapport, OpenAI vise une valorisation pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars, et son introduction en bourse pourrait avoir lieu dès septembre. Mais dans un communiqué, OpenAI a précisé que le calendrier restait incertain.
OpenAI est un organisme américain de recherche en intelligence artificielle (IA) dont le siège social est situé à San Francisco. OpenAI a développé la famille de grands modèles de langage Generative Pre-trained Transformer (GPT), la série DALL-E de modèles de synthèse d'images à partir de texte et la série Sora de modèles de synthèse de vidéos à partir de texte, qui ont influencé la recherche industrielle et les applications commerciales. Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 est considéré comme ayant catalysé le boom de l'IA et suscité un intérêt généralisé pour l'IA générative.
OpenAI a été fondée en 2015 dans le Delaware en tant qu'organisation à but non lucratif et une filiale à but lucratif de cette organisation a été créée en 2019. Microsoft avait auparavant investi plus de 13 milliards de dollars dans OpenAI et fournit des ressources de cloud computing Azure. Une restructuration en 2025 a transformé cette filiale en une société d'intérêt public (PBC) détenue à 26 % par l'organisation à but non lucratif. Cette restructuration majeure permet désormais à OpenAI d'opérer en tant qu'entreprise à but lucratif, tout en conservant le contrôle via sa fondation à but non lucratif.
A la suite de sa restructuration, un rapport a révélé qu'OpenAI prépare le terrain pour une introduction en bourse qui pourrait valoriser l'entreprise à 1 000 milliards de dollars, dans ce qui pourrait être l'une des plus importantes introductions en bourse de tous les temps. La directrice financière Sarah Friar a déclaré à certains associés que la société visait une introduction en bourse en 2027. Mais certains conseillers prévoient qu'elle pourrait avoir lieu encore plus tôt, vers la fin de 2026. Avec un chiffre d'affaires annualisé qui devrait atteindre environ 20 milliards de dollars d'ici la fin de l'année, les pertes s'accumulent également au sein de cette entreprise évaluée à 500 milliards de dollars.
Récemment, un nouveau rapport a révélé qu'OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT, a déposé en toute confidentialité une demande d'introduction en bourse aux États-Unis. OpenAI a révélé le dépôt de ce dossier confidentiel, sans toutefois dévoiler le montant ni les conditions de l'offre prévue. D'après le rapport, OpenAI vise une valorisation pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars, et son introduction en bourse pourrait avoir lieu dès septembre.
OpenAI dépose en toute confidentialité une demande d'introduction en bourse
Cette initiative plonge OpenAI dans une course de plus en plus intense entre les entreprises d'IA pour accéder aux marchés publics. Son rival Anthropic, créateur de la famille de modèles Claude, a déposé son propre dossier confidentiel le 1er juin, peu après avoir clôturé un tour de table de 65 milliards de dollars qui l'évaluait à 965 milliards de dollars. SpaceX, la société d'Elon Musk, a été la première à déposer son dossier, visant 75 milliards de dollars pour une valorisation de 1 750 milliards de dollars. Ensemble, ces trois introductions en bourse constituent le test le plus significatif de l'appétit des investisseurs pour les actions technologiques à forte croissance depuis une décennie.
Les résultats financiers d’OpenAI ont progressé à un rythme effréné. En mars, l’entreprise a indiqué à ses investisseurs qu’elle générait 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires mensuel, soit environ quatre fois le taux de croissance atteint par Alphabet et Meta au cours de leurs premières années. À titre de comparaison, son chiffre d’affaires trimestriel s’élevait à environ 1 milliard de dollars à la fin de 2024.
Plus tôt cette année, la société a levé 110 milliards de dollars à une valorisation de 840 milliards de dollars auprès d’investisseurs tels que SoftBank, Amazon et Nvidia, et a révélé que ChatGPT comptait plus de 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires et plus de 50 millions d’abonnés payants. Malgré la forte hausse de son chiffre d’affaires, OpenAI ne prévoit pas de dégager de bénéfices avant 2030.
Dans un communiqué, OpenAI a précisé que le calendrier restait incertain. « Cela pourrait prendre un certain temps, car il y a des choses que nous voulons faire et qui sont probablement plus faciles à réaliser en tant que société privée », a déclaré la société.
La victoire d'OpenAI contre Elon Musk a ouvert la voie vers les marchés boursiers
La voie vers les marchés boursiers a également été dégagée par une victoire juridique importante. En mai, un jury américain a donné tort à Elon Musk, qui avait poursuivi OpenAI en justice, alléguant que l'entreprise avait abandonné sa mission initiale à but non lucratif. Ce verdict unanime a levé un obstacle majeur à l'introduction en bourse, ont déclaré des analystes.
La structure d’OpenAI, qui a débuté en tant qu’organisation à but non lucratif en 2015 avant d’ajouter une branche à but lucratif, a fait l’objet d’une attention particulière. Fin 2024, la société a annoncé son intention de créer une société d’intérêt public afin d’attirer davantage de capitaux. Son partenariat avec Microsoft, l’un de ses premiers investisseurs qui a injecté 13 milliards de dollars dans l’entreprise depuis 2019, a récemment été renégocié, permettant à OpenAI de conclure des accords avec Amazon et Google également.
Le dépôt confidentiel d’OpenAI était largement attendu, les marchés prédictifs pariant initialement qu’elle devancerait Anthropic. Au lieu de cela, c’est Anthropic qui a pris l’avantage après sa levée de fonds. Les mois à venir permettront de voir si les investisseurs publics sont prêts à valoriser le boom de l’IA à ces niveaux sans précédent.
Et vous ?
Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Voir aussi :
Après des années à brûler du capital sur la promesse d'une rentabilité future, OpenAI et Anthropic n'ont plus le luxe de perdre de l'argent : entre IPO imminentes, pénurie de GPU et agents voraces en calcul
Le S&P 500 rejette SpaceX et refuse également l'entrée à OpenAI et Anthropic : SpaceX ne bénéficiera pas d'un accès accéléré à des milliards $ supplémentaires par le biais de fonds d'investissement passifs
Bulle IA : OpenAI n'aurait pas atteint ses objectifs de chiffre d'affaires, ce qui fait chuter le cours de l'action Oracle, alors que les deux entreprises ont conclu un partenariat de 300 milliards $
Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités
OpenAI envisage de baisser considérablement les prix de ses services d'IA, dans le but de détourner les consommateurs de son concurrent Anthropic
OpenAI envisagerait de réduire considérablement le prix de l'accès payant à ses modèles d'intelligence artificielle (IA) afin d'attirer les utilisateurs de son concurrent Anthropic, rapporte le Wall Street Journal. Cette initiative, qui concerne la facturation par jetons pour les abonnements à GPT-5.5, intervient dans un contexte de concurrence croissante, alors que le développeur de ChatGPT s'attend à ce que son concurrent Anthropic procède à des baisses de prix similaires.
OpenAI est un organisme américain de recherche en IA dont le siège social est situé à San Francisco. Il est constitué d’OpenAI Group PBC, une société d’intérêt public à but lucratif (PBC), détenue en partie par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif. OpenAI a développé la famille de grands modèles de langage GPT, la série DALL-E et la série Sora.
Le lancement de ChatGPT par OpenAI en novembre 2022 est considéré comme ayant catalysé le boom de l'IA et suscité un intérêt généralisé pour l'IA générative. Toutefois, selon un rapport publié par The Information en avril 2026, OpenAI prévoit une chute de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, qui passerait de 44 millions en 2025 à environ 9 millions en 2026.
D'après un récent rapport du Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, OpenAI envisagerait de baisser considérablement les prix de ses services d'IA afin de détourner les consommateurs de son concurrent Anthropic.
« L'entreprise envisage de réduire considérablement le prix des jetons, l'unité de mesure utilisée par les entreprises d'intelligence artificielle pour facturer leurs produits », indique le rapport, ajoutant que cette décision « s'inscrit dans la perspective de baisses similaires auxquelles l'entreprise s'attend chez Anthropic », selon certaines sources.
Le développeur de ChatGPT propose actuellement à ses utilisateurs des abonnements à plusieurs niveaux, à 8, 20 et 100 dollars par mois (ou plus), pour accéder à ses modèles phares GPT-5.5. Anthropic, quant à lui, facture aux utilisateurs 17 dollars par mois pour un abonnement annuel à Claude Pro, et 100 dollars ou plus par mois pour un abonnement à Claude Max.
Cette information concernant d'éventuelles baisses de prix intervient alors que la concurrence s'intensifie entre les deux entreprises.
Le lundi 8 juin 2026, OpenAI a déposé en toute confidentialité une demande d'introduction en bourse auprès de la Commission américaine des opérations boursières (SEC), peu après le dépôt d'une demande similaire par Anthropic.
Anthropic a clôturé son tour de table de série H le 28 mai avec une valorisation de 965 milliards de dollars, devançant légèrement OpenAI, qui était évaluée à 852 milliards de dollars en mars.
En mai dernier, ChatGPT est devenue la première application à atteindre le milliard d'utilisateurs mensuels — environ trois ans après son lancement en novembre 2022 —, dépassant ainsi le précédent record détenu par Google Maps, qui avait mis environ cinq ans après son lancement pour franchir ce cap, selon les estimations du cabinet d'études de marché Sensor Tower.
Au-delà de la bataille tarifaire avec Anthropic, OpenAI reste confrontée à d'importants défis financiers qui pèsent sur son modèle économique. Des documents internes consultés par The Information indiquent que l'entreprise pourrait enregistrer une perte de 14 milliards de dollars en 2026, soit environ trois fois plus que les estimations initiales pour 2025. Le rapport affirme également qu'OpenAI continuerait d'accumuler des pertes importantes, atteignant 44 milliards de dollars d'ici 2029, avant un éventuel retour à la rentabilité.
Source : WSJ
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous cette initiative d'OpenAI crédible ou pertinente ?
Voir aussi :
OpenAI améliore la fonctionnalité de mémoire de ChatGPT sur son offre gratuite grâce à « Dreaming », une nouvelle architecture qui permet à ChatGPT de trier vos conversations et d'enregistrer des informations
Le S&P 500 rejette SpaceX et refuse également l'entrée à OpenAI et Anthropic : SpaceX ne bénéficiera pas d'un accès accéléré à des milliards $ supplémentaires par le biais de fonds d'investissement passifs
"ChatGPT est mort" : OpenAI prévoit de transformer son chatbot en une "super-app" dotée d'agents IA destinée à un usage quotidien, afin de générer davantage de revenus et de sauver OpenAI du désastre financier
Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités
Déjà que OpenAI et consorts étaient des entreprises à l'activité fortement déficitaires...![]()
Des documents financiers divulgués révèlent qu’OpenAI perd des milliards de dollars par an. La croissance du chiffre d’affaires est largement éclipsée par les dépenses de R&D et autres coûts
OpenAI traverse une période de croissance fulgurante de ses revenus qui reste toutefois éclipsée par des pertes colossales. Bien que son chiffre d'affaires ait atteint des milliards, les dépenses massives dans la recherche et le développement pour l'entraînement des modèles et les frais d'infrastructure dépassent largement ses gains. OpenAI affiche un déficit opérationnel croissant, malgré une amélioration relative de ses marges proportionnelles à ses revenus. Pour rassurer les investisseurs avant une prochaine éventuelle introduction en bourse, la direction tente de réduire les dépenses superflues et de se concentrer sur la rentabilité de ses services de base.
OpenAI dépose des documents auprès de la SEC en vue d’une introduction en bourse attendue. Il s'agit d'une ambition partagée par de nombreux acteurs de la course, comme Anthropic, ce qui a d'ailleurs poussé OpenAI à se restructurer l'année dernière. Cette restructuration lui permet désormais d'opérer en tant qu'entreprise à but lucratif, sous la forme d'une société d'intérêt public tout en conservant le contrôle via sa fondation à but non lucratif.
Cependant, le laboratoire de San Francisco reste largement déficitaire, malgré la diversification de ses services payants. Les documents financiers récemment divulgués révèlent une entreprise avec des revenus en forte croissance, mais actuellement dépassés par des dépenses encore plus importantes.
Les états financiers audités, obtenus par le journaliste indépendant Edward Zitron, montrent que le chiffre d’affaires déclaré d’OpenAI est passé de 3,7 milliards de dollars en 2024 à 13,07 milliards de dollars en 2025. Le Financial Times, qui a examiné ces mêmes documents, indique que son chiffre d’affaires mensuel avait atteint près de 2 milliards de dollars fin 2025, ce qui suggère que son rythme de croissance s’est maintenu tout au long de l’année.
Des dépenses massives creusant le déficit d'exploitation
La croissance d'OpenAI s'appuie sur une base d'utilisateurs massive, le laboratoire revendiquant plus de 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT, parmi lesquels on compte environ 50 millions d'abonnés payants. Malgré cette croissance fulgurante, les revenus de l'entreprise sont largement éclipsés par des dépenses faramineuses, en particulier dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et du cloud computing.
Les coûts de R&D sont passés de 7,81 milliards en 2024 à 19,18 milliards en 2025, dont 10,59 milliards versés uniquement à Microsoft. À cela s'ajoutent les coûts de production et de distribution, qui ont grimpé de 2,65 milliards à 7,5 milliards de dollars sur la même période, reflétant l'augmentation de la puissance de calcul requise. Les dépenses de vente et de marketing ont également explosé, passant de 1,11 milliard à environ 6 milliards de dollars.
Par conséquent, la perte d'exploitation a considérablement augmenté, passant de 8,78 milliards en 2024 à 20,92 milliards de dollars en 2025. Au niveau global, les documents indiquent que la perte nette annoncée pour 2025 a atteint près de 39 milliards de dollars, contre un peu plus de 5 milliards en 2024.
Toutefois, ce chiffre colossal comprend une charge comptable non récurrente d'environ 30 milliards de dollars liée à des ajustements de valorisation à la suite du passage d'OpenAI à une structure à but lucratif. Sans cela, la perte nette s'élève à un montant plus raisonnable d'environ 8 milliards de dollars. Parallèlement, l'entreprise continue de séduire les investisseurs : une levée de fonds réalisée en mars lui a permis de récolter 122 milliards de dollars.
La domination de ChatGPT s'effrite face à la concurrence
Selon un récent rapport de Sensor Tower, ChatGPT commence à montrer des signes de recul face à une concurrence accrue dans le secteur. Sa part de marché est tombée pour la première fois sous la barre symbolique des 50 %. Bien que ChatGPT demeure le chatbot d'IA le plus populaire sur le marché avec plus de 1,1 milliard d'utilisateurs mensuels, sa part de marché a largement reculé pour s'établir à 46,4 % à la fin du mois de mai 2026.
Cette baisse s'explique par la croissance rapide des rivaux, notamment Gemini de Google, qui capte 27,7 % du marché grâce à son intégration aux outils de l'entreprise, et Claude d'Anthropic, qui détient 10,3 % des parts et se distingue dans les tâches de productivité. Les utilisateurs sont de plus en plus enclins à changer de plateforme, une tendance parfois accélérée par plusieurs événements précis, comme la perte de confiance envers OpenAI.
Le marché des outils d'IA passe d'une logique de croissance pure à une stratégie de rentabilité. Au premier semestre 2026, les utilisateurs ont dépensé plus de 4,2 milliards de dollars sur ces applications, une hausse significative par rapport à l'année précédente, pour près de 2,3 milliards de téléchargements. En matière de revenus, l'Amérique du Nord et l'Europe dominent, tandis que l'Asie a enregistré une légère baisse de ses téléchargements.
Claude se démarque particulièrement aux États-Unis avec un taux de conversion record, 13 % de ses utilisateurs payant pour un abonnement. Parallèlement, l'engagement des utilisateurs a doublé, atteignant près de 36 milliards d'heures passées sur les applications d'IA au premier semestre 2026.
Rentabilité : les acteurs de l'IA se tournent vers la publicité
Pour diversifier ses revenus au-delà des abonnements à ses services, OpenAI a commencé à intégrer progressivement des publicités dans ChatGPT depuis février. En mai, 17 % des utilisateurs quotidiens y étaient exposés, les annonceurs principaux venant des secteurs des logiciels, du shopping, des médias et de la restauration. De plus, ChatGPT renvoie de plus en plus de trafic vers de gros détaillants en ligne comme Target, Costco et Walmart.
Amazon, en revanche, a choisi de bloquer les robots de ChatGPT, ce qui profite à l'assistant de Walmart, Spark, en pleine croissance. Malgré une croissance stagnante de son propre assistant IA Rufus, Amazon a tout de même constaté que celui-ci augmentait considérablement le temps passé sur son application et les taux de conversion des acheteurs qui l'utilisent. (Il est important de souligner qu'Amazon a massivement investi dans Anthropic.)
Selon un rapport publié par The Information en avril, OpenAI prévoit une baisse de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, qui passerait de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026. Pour compenser ce recul spectaculaire, le laboratoire de San Francisco a mis en place un plan. Il envisagerait de développer son offre ChatGPT Go, moins coûteuse et financée par la publicité, avec pour objectif d'atteindre 112 millions d'abonnés en 2026.
OpenAI est soumis à la pression des investisseurs pour devenir rentable. Mais cette réorientation ambitieuse soulève toutefois des questions quant à la viabilité d'une telle croissance, d'autant qu'il a été révélé qu'OpenAI n'avait pas atteint ses objectifs en matière de nouveaux utilisateurs et de chiffre d'affaires.
OpenAI forcé de démontrer une voie crédible vers la rentabilité
Le financement du service gratuit provient de plusieurs canaux payants. Les abonnements premium constituent une source directe de revenus récurrents. Les entreprises et développeurs paient aussi pour l’accès aux API, ce qui constitue une part importante de la monétisation. À cela s’ajoute l’écosystème de modèles personnalisés via une place de marché dédiée. Ces flux compensent partiellement le coût de l’accès gratuit accordé au grand public.
À la mi-2025, l'offre ChatGPT Plus comptait environ 10 millions d'utilisateurs. OpenAI comptait 3 millions d'utilisateurs professionnels payants dans les catégories Entreprise, Équipe et Éducation. Le nombre total d'abonnés payants était estimé à environ 50 millions. Et le taux de conversion des utilisateurs gratuits en utilisateurs payants était d'environ 5 à 6 %. Ces revenus sont encore loin de couvrir les dépenses d'exploitation colossales d'OpenAI.
La société a déclaré un chiffre d'affaires annuel de plus de 2 milliards de dollars en 2023. Depuis lors, sa croissance s'est considérablement accélérée. OpenAI a déclaré en 2025 que son chiffre d'affaires annualisé dépassait les 20 milliards de dollars, soit une augmentation de 233 % par rapport à 2024, où le chiffre d'affaires était passé de 2 milliards de dollars en 2023 à 6 milliards de dollars en 2024. Cependant, les pertes continuent à augmenter.
Malgré cette croissance historique, le fabricant de ChatGPT dépenserait plus de 17 milliards de dollars par an. Rien qu'au premier semestre 2025, OpenAI a brûlé environ 13,5 milliards de dollars, contre des revenus modestes de 4,3 milliards de dollars, mais la startup vaut désormais 850 milliards de dollars.
Derrière l’image d’une entreprise toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle de financement sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son patron, OpenAI incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais très loin d’être rentable.
Instabilité de la direction et des défis juridiques croissants
La structure dirigeante subit des remaniements profonds avec le départ ou la mise en congé médical de plusieurs membres clés de la direction, tels que la responsable du déploiement de l'AGI, la directrice du marketing et le directeur de l'exploitation. Ces mouvements interviennent dans un climat de méfiance, alimenté par des rapports de presse suggérant que « le PDG Sam Altman aurait pu induire en erreur son conseil d'administration par le passé ».
Sam Altman est un personnage très controversé. Il a transformé OpenAI, fondée à l'origine comme organisation à but non lucratif, en une entreprise à but lucratif, ce que certains voient comme une trahison des idéaux fondateurs. Certains de ces collègues ont confié au New Yorker qu’il manque d’une expertise technique approfondie en programmation et en apprentissage automatique, bien qu’il dirige l’une des entreprises d’IA les plus influentes au monde.
« En réfléchissant à l’avenir de la communication chez OpenAI, une chose m’est apparue clairement : les codes de communication habituels ne s’appliquent tout simplement pas à nous », avait déclaré la responsable du déploiement de l’AGI chez OpenAI, Fidji Simo, qui était auparavant la directrice des applications.
OpenAI est vulnérable, en particulier à l’approche de son introduction en bourse potentielle. Alors que les investisseurs injectent des milliards de dollars, tous les regards sont tournés vers son bilan. La directrice financière Sarah Friar aurait exprimé ses inquiétudes quant au fait que l’entreprise ne soit pas prête à entrer en bourse aussi vite que le PDG Sam Altman le souhaite. En effet, la pression pour générer des revenus n’a jamais été aussi forte.
La bulle IA repose sur un mirage soigneusement entretenu
Edward Zitron estime que « beaucoup de nouvelles technologies intégrant l’IA ne sont que des itérations d’outils déjà existants, habillés de marketing extravagant ». Ces produits sont présentés comme révolutionnaires alors qu’ils ne font rien de fondamentalement nouveau. L’industrie se concentre sur l’image et le battage médiatique plutôt que sur la création de valeur réelle. Il critique le modèle de capital-risque et de l’investissement dans l’IA.
Edward Zitron est auteur, podcasteur et spécialiste des relations publiques anglais. Il est connu pour ses analystes critiques sur le secteur technologique, notamment l'essor de l'IA générative. Il dénonce le battage médiatique intense autour des entreprises spécialisées dans l'IA générative. D'après lui, le secteur de l'IA utilise les médias pour dissimuler une croissance des infrastructures beaucoup plus lente que ce qui est annoncé officiellement.
« Toute la bulle IA repose sur un vague sentiment d'inévitabilité : l'idée que si tout le monde croit suffisamment fort que rien de tout cela ne peut jamais, jamais mal tourner, alors à un moment donné, tous les problèmes évidents finiront par disparaître », a écrit Edward Zitron dans une nouvelle analyse.
Edward Zitron affirme que le marché actuel de l'IA présente des signes inquiétants de surchauffe, rappelant la bulle Internet de la fin des années 1990, mais à une échelle encore plus grande. Les investissements massifs dans des startups souvent dépourvues de modèle économique viable alimentent une spéculation excessive, où la perception de croissance prime sur la création de valeur réelle. Les conséquences à terme pourraient être dévastatrices.
L'IA est trop chère pour qu'un laboratoire puisse la rentabiliser
Anthropic et OpenAI brûlent leurs réserves de liquidités sans aucun plan viable pour arrêter cette hémorragie financière. Edward Zitron estime que les deux entreprises doivent générer ou lever plus de 1,25 billion de dollars au cours des quatre prochaines années. L'analyste soutient aussi que « les prévisions selon lesquelles ces laboratoires deviendraient rentables d'ici 2027 ou 2028 sont purement fantaisistes et destinées à tromper les investisseurs ».
À en croire son analyse, la réalité montre que les marges brutes de ces entreprises se détériorent, car ces dernières sont contraintes d'acheter des capacités de calcul en urgence et au prix fort pour répondre à une demande difficile à anticiper. Ed Zitron estime qu'Anthropic semble ainsi dépenser trois dollars pour chaque dollar gagné, tout en accumulant des centaines de milliards de dollars d'engagements financiers envers les fournisseurs de cloud.
Les centres de données ont besoin d’électricité pour fonctionner, et ceux dédiés à l’IA, en particulier, en consomment énormément. Il faut aussi du personnel pour s’occuper de la maintenance, des réparations et de l’exploitation. À cela s’ajoutent les impôts, les assurances et les autres frais courants qui, une fois additionnés, donnent un chiffre colossal et effrayant. Pour que tout ceci soit rentable à l'avenir, ces quatre conditions doivent être remplies :
- les revenus liés à l'IA doivent exploser ;
- il faut cesser d’investir en dépenses d’investissement ;
- les GPU doivent générer une marge positive, en tenant compte à la fois de leur coût et de la dette liée à leur mise en service ;
- les revenus de l’IA doivent rester stables avant et après l’arrêt de ces dépenses d’investissement.
Si les dépenses d'investissement ne cessent jamais, il faut que les revenus explosent de manière spectaculaire, à hauteur de presque le double de l'ensemble des activités de Microsoft, Meta et Google, et le triple du chiffre d'affaires annuel d'AWS (128 milliards de dollars). Par ailleurs, il faut que ces revenus soient aussi rentables, car sinon, d'autres activités saines pourraient finir par ralentir, laissant l'IA creuser un trou dans les marges globales.
Conclusion : défis futurs et recentrage stratégique
OpenAI se retrouve dans une situation délicate. Pour espérer atteindre la rentabilité d'ici 2030, OpenAI devra impérativement maîtriser ses coûts, tout particulièrement ceux liés à l'entraînement de ses nouveaux modèles. La société doit faire face à une clientèle professionnelle exigeant un retour sur investissement mesurable et à la pression de son concurrent Anthropic, ce qui pourrait l'obliger à baisser ses prix et aggraver temporairement ses pertes.
En réponse, la direction d'OpenAI a décidé de réduire ses projets annexes pour se concentrer sur ses utilisateurs principaux dans le domaine de la programmation et des affaires. Ce recentrage s'est notamment traduit par la fermeture en mars dernier de son modèle de génération de vidéos, Sora.
Le milliardaire Mark Cuban a critiqué les investissements massifs du secteur de l'IA et a déclaré qu'OpenAI ne sera jamais en mesure de rentabiliser ses investissements massifs de 1 000 milliards dans l'IA : « ils sont en train de dilapider cet argent à une échelle vertigineuse ». Il critique également les stratégies de communication de dirigeants comme Sam Altman, estimant que leurs discours servent principalement à lever des capitaux.
La fragilité financière d'OpenAI alimente un débat plus large sur la solidité des acteurs de l'IA et leur capacité à s'inscrire durablement dans le paysage économique. Selon certains experts, « OpenAI n'est pas trop grande pour faire faillite », malgré sa position centrale dans l'écosystème de l'IA. Selon eux, la domination technologique ne garantit ni la rentabilité ni la résilience à long terme, en particulier dans un marché encore en phase de structuration.
Sources : Sensor Tower, billet de blogue
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de la fragilité financière d'OpenAI ?
Selon vous, OpenAI pourra-t-il survivre longtemps ainsi ? Pourquoi ?
OpenAI vise la rentabilité d'ici 2030. Cette prévision peut-elle se concrétiser ?
L'ensemble du secteur de l'IA n'est pas rentable. Cette tendance va-t-elle s'inverser à l'avenir ?
![]()
Voir aussi
Les documents internes d'OpenAI prévoient une perte de 14 milliards de $ en 2026 : « OpenAI est en train de s'effondrer. Aucune start-up dans l'histoire n'a jamais fonctionné avec de telles pertes »
OpenAI prévoit une chute de 80 % du nombre d'abonnements à ChatGPT Plus, passant de 44 millions en 2025 à 9 millions en 2026, et espère échapper à ce désastre en augmentant la publicité
OpenAI envisage de baisser considérablement les prix de ses services d'IA, dans le but de détourner les consommateurs de son concurrent Anthropic
L'échec d'OpenAI serait l'équivalent de la faillite de Lehman Brothers pour la bulle IA, le pilier d'un cycle de dépenses dans l'IA de plusieurs milliers de milliards $ sans retour sur investissement
Ed Zitron, critique technologique et auteur d’une lettre d’information, met en garde contre le fait que l’échec d’OpenAI provoquerait un effondrement bouleversant le marché, comparable à celui de Lehman Brothers, en faisant valoir que l’architecture financière de l’ensemble du secteur de l’IA dépend de la pérennité d’une seule et même entreprise. Zitron soutient que la bulle de l’IA ne repose pas sur des rendements mesurables, mais sur ce qu’il qualifie de « psychose quasi sectaire » qui contamine les investisseurs fortunés et les institutions. La lettre d’information de Zitron se termine par une prévision sans concession : « Je pense qu’une fois qu’OpenAI s’effondrera, cela aura un effet violent et dévastateur sur l’ensemble du marché boursier, prélude à une chute bien plus importante, car tout le monde admettra alors que la bulle de l’IA a éclaté. »
OpenAI est un organisme américain de recherche en intelligence artificielle (IA) dont le siège social est situé à San Francisco. Il est constitué d’OpenAI Group PBC, une société à but lucratif d’intérêt public (PBC), contrôlée en partie par OpenAI Foundation, une organisation à but non lucratif. OpenAI développe des modèles d’IA générative, notamment la série GPT de grands modèles de langage. Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 est considéré comme ayant catalysé l’essor de l’IA et suscité un intérêt généralisé pour l’IA générative.
En 2023 et 2024, OpenAI a fait l'objet de plusieurs poursuites judiciaires pour violation présumée du droit d'auteur intentées par des auteurs et des entreprises médiatiques dont les œuvres avaient été utilisées pour entraîner certains des produits d'OpenAI. En novembre 2023, le conseil d'administration d'OpenAI a démis Sam Altman de ses fonctions de PDG, invoquant un manque de confiance à son égard, mais l'a réintégré cinq jours plus tard à la suite d'un remaniement du conseil. Tout au long de l'année 2024, environ la moitié des chercheurs en sécurité de l'IA alors employés ont quitté OpenAI, invoquant le fait que l'entreprise ne considérait plus les objectifs de sécurité comme une priorité.
À mesure que l’IA générative s’impose comme un pilier stratégique pour les grandes entreprises technologiques, la réalité économique qui la sous-tend apparaît de plus en plus contrastée. Derrière l’image d’une OpenAI toute-puissante, portée par le succès planétaire de ChatGPT, se dessine un modèle financier sous tension, marqué par des pertes colossales anticipées, notamment 14 milliards de $ de perte en 2026, et une dépendance accrue à des partenariats géopolitiques et industriels. Entre projections internes alarmantes et tournées diplomatiques de son dirigeant, l’entreprise incarne aujourd’hui les paradoxes d’une IA devenue incontournable, mais encore loin d’être rentable.
Récemment, Ed Zitron, critique technologique et auteur d’une lettre d’information, met en garde contre le fait que l’échec d’OpenAI provoquerait un effondrement bouleversant le marché, comparable à celui de Lehman Brothers, en faisant valoir que l’architecture financière de l’ensemble du secteur de l’IA dépend de la pérennité d’une seule et même entreprise. Dans un article publié dans sa lettre d’information « Where’s Your Ed At », Zitron affirme qu’OpenAI est « l’un des plus gros passifs de l’histoire économique récente » et que, sans elle, la justification des milliers de milliards de dollars de dépenses d’investissement dans le secteur technologique s’évaporerait. « Si elle venait à faire faillite, les répercussions marqueraient un tournant — le moment « Lehman Brothers » de l’ère de l’IA, clôturant un chapitre de l’histoire économique et ouvrant brutalement le suivant », écrit-il.
Zitron soutient que la bulle de l’IA ne repose pas sur des rendements mesurables, mais sur ce qu’il qualifie de « psychose quasi sectaire » qui contamine les investisseurs fortunés et les institutions. Il fait remonter le cycle de dépenses actuel au lancement de ChatGPT en novembre 2022, qui, selon lui, a fourni à un secteur technologique en difficulté un argumentaire pour justifier des investissements massifs dans les infrastructures. Il affirme également qu’Anthropic, le concurrent le plus proche d’OpenAI, n’existe que grâce au mythe entourant OpenAI et est confronté aux mêmes pressions financières sous-jacentes.
Au cœur de son argumentation se trouve l’exposition financière d’OpenAI. L’entreprise prévoit de dépenser plus de 50 milliards de dollars en ressources informatiques cette année et s’est engagée à verser environ 748 milliards de dollars à Microsoft, Amazon et Oracle, selon son analyse. OpenAI porte également le poids d’un tour de table de 122 milliards de dollars qui n’est pas encore entièrement clôturé, le groupe SoftBank y contribuant par tranches de 30 milliards de dollars — dont la troisième est due le 1er octobre 2026.
Zitron soutient qu’un arrêt des paiements aux partenaires d’infrastructure tels qu’Oracle et CoreWeave priverait ces entreprises des flux de trésorerie nécessaires pour honorer leurs propres engagements de dette. Il note qu’Oracle s’est engagé à investir plus de 340 milliards de dollars pour développer la capacité des centres de données d’OpenAI dans le cadre d’un contrat informatique de 300 milliards de dollars, et que sa notation de crédit a été abaissée au niveau le plus bas de la catégorie « investment grade » par S&P Global — l’agence désignant elle-même OpenAI comme un risque de crédit majeur.
OpenAI a déposé le mois dernier un dossier confidentiel d’introduction en bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), avec une valorisation de 852 milliards de dollars, sous la houlette de Goldman Sachs et Morgan Stanley. La société envisage de reporter son introduction en bourse jusqu’en 2027, après que ses conseillers l’ont avertie qu’une valorisation de 1 000 milliards de dollars — que le PDG Sam Altman a qualifiée de « minimum » — pourrait ne pas être réalisable dans les conditions actuelles du marché. OpenAI a enregistré une perte nette de 38,5 milliards de dollars en 2025 pour un chiffre d’affaires de 13,07 milliards de dollars.
La lettre d’information de Zitron se termine par une prévision sans concession : « Je pense qu’une fois qu’OpenAI s’effondrera, cela aura un effet violent et dévastateur sur l’ensemble du marché boursier, prélude à une chute bien plus importante, car tout le monde admettra alors que la bulle de l’IA a éclaté. » En mars 2026, Edward Zitron avait déjà dénoncé la bulle de l'IA. Il affirmait que cette bulle est entretenue par des « promesses industrielles trompeuses ». Il souligne un décalage majeur entre les ventes massives de processeurs et la lenteur réelle de construction des centres de données, freinée par des contraintes énergétiques et logistiques. L'auteur accuse les entreprises technologiques de dissimuler ces retards tout en favorisant le contournement de l'interdiction des exportations vers la Chine.
Source : Lettre d’information d'Ed Zitron
Et vous ?
Pensez-vous que cette analyse est crédible ou pertinente ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Voir aussi :
Bulle IA : OpenAI n'aurait pas atteint ses objectifs de chiffre d'affaires, ce qui fait chuter le cours de l'action Oracle, alors que les deux entreprises ont conclu un partenariat de 300 milliards $
OpenAI perd-elle la guerre de l'IA ? La société qui avait déclenché la révolution de l'IA générative avec ChatGPT pourrait perdre son trône plus vite que prévu
L'IA coûte trop cher et n'est rentable pour personne : seuls Nvidia, les fabricants de matériel et le BTP en tirent profit, portés par la frénésie des centres de données, selon l'analyste Ed Zitron
Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités
OpenAI prévoit d'investir 750 milliards de dollars dans des infrastructures d'IA d'ici 2030, alimentées au gaz naturel, dont un quart proviendra de turbines à cycle simple, plus polluantes
OpenAI prévoit d'investir la somme colossale de 750 milliards de dollars dans ses infrastructures technologiques d'ici 2030 pour soutenir ses ambitions en IA. Ce projet d'envergure débute par la création du Project Camellia, un centre de données massif situé en Géorgie représentant un investissement de 20 milliards de dollars. Pour faciliter son installation, OpenAI bénéficie d'importantes exonérations fiscales locales tout en s'engageant à assumer l'intégralité des coûts d'infrastructure. Mais des préoccupations subsistent quant à l'impact environnemental et à la stabilité du réseau électrique régional. La viabilité à long terme de ces projets inquiète également.
OpenAI a considérablement revu à la hausse ses ambitions en matière de centres de données destinés à l'IA, ainsi que son budget alloué à cet effet. L'entreprise porte désormais ses prévisions de dépenses en puissance de calcul à environ 750 milliards de dollars d’ici 2030. Cette somme vertigineuse représente une augmentation de 25 % par rapport aux 600 milliards de dollars qui avaient été projetés plus tôt dans l'année.
Cette hausse s'explique par la conclusion de nouveaux accords avec des fournisseurs de services cloud, OpenAI cherchant à s'assurer l'immense capacité de calcul nécessaire à ses ambitions en IA. Les dépenses d’OpenAI en matière de cloud computing sont devenues une priorité le PDG Sam Altman, mais ont suscité des tensions entre ce dernier et sa directrice financière, Sarah Friar, à l’approche de l’introduction en bourse prévue de l'entreprise.
Sarah Friar s'inquiète du fait qu'OpenAI pourrait ne pas être en mesure de payer ses futurs contrats informatiques si la croissance des revenus n'est pas assez rapide. Ses inquiétudes font échos aux préoccupations des analystes de Wall Street, qui alertent sur le niveau de la dette hors bilan des entreprises d'IA.
Project Camellia : première étape de l'ambitieux projet d'OpenAI
La première étape concrète de cette stratégie est le Projet Camellia, un campus de centres de données de 20 milliards de dollars situé dans le comté d'Effingham, en Géorgie. Ce développement s'étendra sur plus de 560 hectares et nécessitera 3,2 gigawatts d'électricité, qui seront fournis par Georgia Power entre 2028 et 2032. Selon une source au fait du projet, il s'agit du tout premier campus dont OpenAI est concepteur et développeur principal.
Auparavant, OpenAI se contentait de louer des puces à des fournisseurs cloud. (C'est une pratique très répandue dans l'industrie de l'IA.) Afin de rassurer les autorités locales, l'entreprise a déclaré qu'elle allait « payer le coût total des infrastructures et des services électriques » de ce nouveau centre de données.
OpenAI a recruté Brent Mayo, l’un des architectes du déploiement des centres de données d’Elon Musk, selon des sources proches du dossier. En tant que responsable de la construction et de la mise en service des centres de données chez OpenAI, Brent Mayo a pour mission de veiller à ce que les campus construits par ses partenaires cloud soient livrés dans les délais. Il participera également au nouveau projet de centre de données en Géorgie.
Brent Mayo, qui a quitté xAI au début de l'année, a joué un rôle important dans la mise en place du premier supercalculateur Colossus de l'entreprise d'Elon Musk à Memphis, dans le Tennessee. Il a supervisé les travaux nécessaires à l’installation rapide et à la mise en service de vastes clusters de puces d’IA. Ces derniers mois, OpenAI s'est lancé dans une vaste opération d'embauche, débauchant des talents chez xAI, Apple et bien d'autres encore.
Inquiétudes liées aux enjeux énergétiques et environnementaux
L'alimentation d'un projet de cette envergure soulève d'importants défis énergétiques. Pour honorer le contrat, Georgia Power prévoirait d'ajouter 9 885 mégawatts de capacité à son réseau. La majeure partie de cette nouvelle énergie proviendra du gaz naturel, la compagnie prévoyant de construire ou d'acheter environ 5,8 gigawatts de capacité générée par ce biais, ce qui fera plus que doubler sa flotte actuelle d'infrastructures liées au gaz naturel.
Pour atténuer l'impact sur le réseau, OpenAI s'est engagée à réduire sa consommation d'électricité jusqu'à 1 gigawatt lors des périodes de forte demande. Le projet a par ailleurs reçu le soutien des autorités locales et bénéficiera d'une réduction de 50 % de ses impôts fonciers pendant 15 ans, ce qui suscite des protestations.
Bien que le montant exact versé à Georgia Power pour réserver cette énergie n'ait pas été dévoilé, Sachin Katti, le vice-président de la stratégie de calcul d'OpenAI, a indiqué qu'il s'agissait d'un « montant significatif » donnant à la compagnie d'électricité la certitude de pouvoir construire des capacités de production supplémentaires. L'essor rapide des centres de données a provoqué la hausse des prix de l'électricité, impactant les populations locales.
Les centres de données d'Irlande consomment 23 % de l'électricité du pays, ce qui fait grimper les factures des ménages, leur consommation ayant augmenté de 518 % depuis 2015 et triplé entre 2019 et 2025. Avec ses 37 centres de données, le comté de Henrico, en Virginie, a récemment demandé aux écoles de « faire des économies d'électricité » pour faire face à l'augmentation des coûts de l'énergie provoquée par l'appétit énergétique de l'IA.
La consommation énergétique mondiale des centres de données pourrait tripler d'ici à 2030. Aux États-Unis, les prix de détail ont déjà progressé de 6 % en moyenne en 2025, avec des hausses spectaculaires comme +19 % dans le New Jersey, une tendance attribuée à la demande des centres de données. En Europe, la situation reste plus contenue grâce aux énergies renouvelables, mais des tensions apparaissent déjà dans certains pays européens.
Remaniement stratégique chez OpenAI et contrats pharaoniques
À la suite des difficultés rencontrées par son initiative initiale baptisée Stargate, OpenAI cherche désormais à prendre un contrôle plus direct sur ses centres de données. À l'origine, Sam Altman envisageait Stargate comme une coentreprise avec SoftBank et Oracle qui investirait jusqu'à 500 milliards de dollars dans l'infrastructure américaine d'IA sur quatre ans. Mais ce projet a peiné à démarrer. De nombreux analystes sont sceptiques quant à sa réussite.
Aujourd’hui, OpenAI relance son initiative interne pour renforcer son contrôle sur ses centres de données. Dans cette optique, la société a subi un remaniement avec le recrutement de plusieurs anciens cadres de xAI d'Elon Musk. Outre Brent Mayo, OpenAI a également recruté Uday Ruddarraju, qui avait auparavant travaillé sur le projet Colossus de xAI. Uday Ruddarraju est désormais le directeur technique chargé de la capacité de calcul chez OpenAI.
Dans un autre registre, Apple poursuit OpenAI pour avoir débauché certains de ses employés et leur avoir soutiré, lors d'entretiens d'embauche, des informations sur le matériel de l'iPhone et d'autres secrets. OpenAI aurait ainsi incité des candidats à divulguer des composants internes et des données sur des projets non révélés. OpenAI nie tout intérêt pour les secrets commerciaux d'autrui et maintient son ambition de créer une technologie originale.
En plus de développer ses propres infrastructures, OpenAI maintient des accords avec d'autres partenaires, incluant 6 gigawatts réservés auprès d'Oracle, un contrat de 138 milliards de dollars sur huit ans avec AWS, et un engagement supplémentaire de 250 milliards de dollars envers Microsoft Azure.
Les dépenses massives d'OpenAI creusent son déficit d'exploitation
La croissance d'OpenAI s'appuie sur une base d'utilisateurs massive, le laboratoire revendiquant plus de 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT, parmi lesquels on compte environ 50 millions d'abonnés payants. Malgré cette croissance fulgurante, les revenus de l'entreprise sont largement éclipsés par des dépenses faramineuses, en particulier dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et du cloud computing.
Les coûts de R&D sont passés de 7,81 milliards en 2024 à 19,18 milliards en 2025, dont 10,59 milliards versés uniquement à Microsoft. À cela s'ajoutent les coûts de production et de distribution, qui ont grimpé de 2,65 milliards à 7,5 milliards de dollars sur la même période, reflétant l'augmentation de la puissance de calcul requise. Les dépenses de vente et de marketing ont également explosé, passant de 1,11 milliard à environ 6 milliards de dollars.
Par conséquent, la perte d'exploitation a considérablement augmenté, passant de 8,78 milliards en 2024 à 20,92 milliards de dollars en 2025. Au niveau global, les documents indiquent que la perte nette annoncée pour 2025 a atteint près de 39 milliards de dollars, contre un peu plus de 5 milliards en 2024.
Toutefois, ce chiffre colossal comprend une charge comptable non récurrente d'environ 30 milliards de dollars liée à des ajustements de valorisation à la suite du passage d'OpenAI à une structure à but lucratif. Sans cela, la perte nette s'élève à un montant plus raisonnable d'environ 8 milliards de dollars. Parallèlement, l'entreprise continue de séduire les investisseurs : une levée de fonds réalisée en mars lui a permis de récolter 122 milliards de dollars.
Source : documents déposés par OpenAI
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous des nouvelles ambitions de Sam Altman en matière d'IA ?
Même la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, a exprimé des réserves sur ses projets. Qu'en pensez-vous ?
Sam Altman élargit ses ambitions alors que le déficit d'exploitation d'OpenAI continue de se creuser. Qu'en pensez-vous ?
Voir aussi
Les datacenters d'Irlande consomment désormais 23 % de l'électricité du pays, ce qui fait grimper les factures des ménages, leur consommation ayant augmenté de 518 % depuis 2015 et triplé entre 2019 et 2025
Des documents financiers divulgués révèlent qu'OpenAI perd des milliards de dollars par an. La croissance du chiffre d'affaires est largement éclipsée par les dépenses de R&D et autres coûts
Les allégations les plus folles de la plainte d'Apple contre OpenAI : complicité d'anciens employés, contournement de protocoles de sécurité, espionnage, et vol de secrets industriels et de prototypes
Partager