IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)
Navigation

Inscrivez-vous gratuitement
pour pouvoir participer, suivre les réponses en temps réel, voter pour les messages, poser vos propres questions et recevoir la newsletter

  1. #41
    Chroniqueur Actualités

    Homme Profil pro
    Administrateur de base de données
    Inscrit en
    Mars 2013
    Messages
    9 744
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : Canada

    Informations professionnelles :
    Activité : Administrateur de base de données

    Informations forums :
    Inscription : Mars 2013
    Messages : 9 744
    Par défaut Intel met en garde les investisseurs suite à la participation de 10 % des États-Unis
    Intel met en garde les investisseurs suite à la participation de 10 % des États-Unis :
    « Cela crée un mauvais précédent si le président peut simplement acquérir 10 % d'une entreprise en menaçant son PDG », estime un investisseur

    Certains investisseurs sont mécontents qu'Intel ait accepté de vendre aux États-Unis une participation de 10 % dans la société après que Donald Trump ait attaqué le PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, en exigeant sa démission. Après qu'Intel ait accepté l'accord lors d'une réunion avec le président, certains investisseurs se sont alarmés lorsque Trump s'est vanté que sa campagne de pression avait fonctionné, affirmant que Tan « était venu pour garder son poste et qu'il avait fini par nous donner 10 milliards de dollars pour les États-Unis ».

    Depuis plusieurs années, l’administration américaine considère la production de semi-conducteurs comme un enjeu stratégique majeur. Dans ce contexte, Intel a bénéficié de programmes publics comme le CHIPS and Science Act ou encore les aides destinées à renforcer les chaînes d’approvisionnement critiques. Mais le 22 août 2025, un nouveau pas a été franchi : l’État fédéral ne s’est plus contenté de distribuer des subventions ou crédits fiscaux. Il a converti 11,1 milliards de dollars de fonds publics en une prise de participation directe de 9,9 % dans Intel, sous forme d’actions non votantes.

    Cette conversion s’est faite à un prix inférieur à celui du marché, offrant à l’État une plus-value immédiate et non négligeable. Donald Trump, qui a personnellement revendiqué le mérite de l’opération, n’a pas hésité à ironiser : « Les États-Unis n'ont rien payé pour ces actions », soulignant que, selon lui, c’est le contribuable américain qui en sort vainqueur.

    En pratique, l’État fédéral devient l’un des principaux actionnaires d’Intel. Mais la participation du gouvernement reste passive : pas de droits de vote, pas de siège au conseil d’administration. L’État n’a donc pas la main sur les choix stratégiques de l’entreprise, mais il devient un actionnaire de référence. À cela s’ajoute un mécanisme incitatif : un warrant valable cinq ans qui permettrait à l’État d’augmenter sa participation jusqu’à 5 % supplémentaires si Intel perdait le contrôle majoritaire de son activité de foundry. Une manière de garantir que l’entreprise reste un acteur américain central dans la production de puces stratégiques.

    Citation Envoyé par Intel
    Intel Corporation a annoncé aujourd'hui avoir conclu un accord avec l'administration Trump afin de soutenir le développement continu du leadership américain dans les domaines de la technologie et de la fabrication. Selon les termes de cet accord, le gouvernement américain investira 8,9 milliards de dollars dans des actions ordinaires d'Intel, reflétant ainsi la confiance que l'administration accorde à Intel pour faire progresser les priorités nationales clés et le rôle crucial que joue l'entreprise dans le développement de l'industrie nationale des semi-conducteurs.

    La participation du gouvernement sera financée par les 5,7 milliards de dollars restants des subventions précédemment accordées, mais non encore versées, à Intel dans le cadre de la loi américaine CHIPS and Science Act et par les 3,2 milliards de dollars accordés à l'entreprise dans le cadre du programme Secure Enclave. Intel continuera à respecter ses obligations au titre du programme Secure Enclave et a réaffirmé son engagement à fournir des semi-conducteurs fiables et sécurisés au ministère américain de la Défense. Cet investissement de 8,9 milliards de dollars s'ajoute aux 2,2 milliards de dollars de subventions CHIPS qu'Intel a reçus à ce jour, ce qui porte l'investissement total à 11,1 milliards de dollars.

    Les investisseurs réagissent : « Cela crée un mauvais précédent »

    « Cela crée un mauvais précédent si le président peut simplement s'approprier 10 % d'une entreprise en menaçant son PDG », a déclaré à Reuters James McRitchie, un investisseur privé et actionnaire activiste californien qui détient des actions Intel. Pour McRitchie, l'acceptation de l'accord par Tan a en fait envoyé le message suivant : « Nous aimons Trump, nous ne voulons pas qu'on nous prenne 10 % de notre entreprise. »

    McRitchie n'était pas le seul actionnaire à s'interroger. Kristin Hull, directrice des investissements d'une société militante californienne appelée Nia Impact Capital, qui gère des actions Intel pour ses clients, a déclaré à Reuters qu'elle avait « plus de questions que de confiance » quant aux avantages que cet accord apporterait aux investisseurs. Pour elle, cet accord semble brouiller les frontières « entre le gouvernement et le secteur privé ».

    Certains des premiers partisans de l'accord, notamment des géants technologiques comme Microsoft et des détracteurs de Trump comme Bernie Sanders (I-Vt.), ont salué cet accord qui permet aux États-Unis de tirer profit des milliards de dollars de subventions CHIPS accordées à Intel sous l'administration Biden. Après avoir fait pression en faveur de l'accord, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a critiqué Joe Biden pour avoir donné « gratuitement » les subventions CHIPS, tout en félicitant Trump d'avoir transformé les subventions de la loi CHIPS en « capitaux propres pour l'administration Trump » et « pour le peuple américain ».

    Mais pour les détracteurs de cet accord, il semble étrange que les États-Unis interviennent et prennent une participation dans une entreprise qui n'a pas besoin de l'aide du gouvernement. Le seul précédent récent est celui des États-Unis qui ont temporairement pris des participations dans des entreprises clés considérées comme vitales pour l'économie et qui risquaient de faire faillite pendant la crise financière de 2008.

    Comparons cela à l'accord avec Intel, où Tan a clairement indiqué qu'Intel, bien qu'en difficulté face à ses concurrents, « n'avait pas besoin d'argent », comme l'a noté Reuters, en grande partie grâce à l'achat par SoftBank de 2 milliards de dollars d'actions Intel dans les jours qui ont précédé la conclusion de l'accord américain. Au contraire, les États-Unis sont incités à prendre cette participation afin de contribuer à la mission de Trump qui consiste à mettre rapidement en place une chaîne d'approvisionnement nationale pour la fabrication de puces électroniques, capable de maintenir les États-Unis à la pointe de l'innovation en matière d'intelligence artificielle.

    Les investisseurs ont déclaré à Reuters qu'il était inhabituel pour les États-Unis d'exercer un contrôle aussi important sur une entreprise qui n'est pas en crise, soulignant que « ce niveau de malléabilité n'était généralement pas associé aux relations entre les entreprises et Washington ».

    Cette inquiétude dépasse le seul cas d’Intel. Plusieurs analystes redoutent que ce type de deal devienne un modèle réplicable. Déjà, certains conseillers économiques de la Maison-Blanche évoquent des interventions similaires dans d’autres secteurs stratégiques, comme l’énergie, les télécommunications ou l’aéronautique.


    Intel donne une liste de risques potentiels pour ses investisseurs

    Quelques jours après l’annonce, Intel a transmis un document détaillé à la SEC (Securities and Exchange Commission), listant tous les risques potentiels liés à cette opération. L’entreprise y déploie un véritable inventaire des incertitudes :
    • Un risque international majeur : Intel réalise près de 76 % de son chiffre d’affaires hors États-Unis. La Chine (29 %), Singapour (19 %) et Taïwan (14 %) représentent à elles seules plus de 60 % des ventes. Dans ce contexte, voir le gouvernement américain devenir actionnaire pourrait déclencher des représailles commerciales, renforcer les barrières réglementaires ou compliquer les négociations avec certains gouvernements.

      Nom : exterieur.png
Affichages : 4477
Taille : 14,3 Ko
    • Un obstacle à la flexibilité stratégique : Intel est engagé dans une transformation profonde, notamment via Intel Foundry Services. Or, l’accord prévoit un warrant de 5 % sur cinq ans au profit du gouvernement, activable si Intel vend ou scinde ses activités de fonderie. Résultat : une telle opération deviendrait politiquement et financièrement plus coûteuse, réduisant la marge de manœuvre de l’entreprise.
    • Une dilution des actionnaires existants : Même si les actions sont non votantes, l’émission de 433 millions de titres supplémentaires réduit mécaniquement la part relative des investisseurs traditionnels. Certains y voient une ingérence déguisée dans la gouvernance.
    • Un risque juridique non négligeable : Plusieurs experts estiment que le CHIPS Act n’autorisait pas formellement la conversion de subventions en equity. La légalité de l’opération pourrait donc être contestée, ouvrant la voie à des recours judiciaires.
    • Une réaction en chaîne des parties prenantes : Intel évoque dans son document le risque que clients, partenaires ou fournisseurs perçoivent cette entrée au capital comme une politisation de l’entreprise, nuisant à sa neutralité et à son attractivité commerciale.

    L'administration Trump a également souligné que la participation américaine dans Intel ne confère au département du Commerce aucun siège au conseil d'administration ni aucun droit de vote ou de gouvernance au sein d'Intel. Au contraire, les conditions stipulent que le département du Commerce doit « soutenir le conseil d'administration en matière de nomination des administrateurs et de propositions », selon le document déposé par Intel auprès de la SEC.

    Cependant, les États-Unis peuvent voter « comme ils le souhaitent », a rapporté Intel, et des experts ont suggéré que des réglementations pourraient être nécessaires pour « limiter les possibilités d'abus de la part du gouvernement, tels que le délit d'initié ». Cela pourrait rassurer quelque peu les investisseurs, a déclaré Rich Weiss, vice-président senior et directeur des investissements pour les stratégies multi-actifs chez American Century Investments. Sans de telles lois, Weiss a fait remarquer que « dans un scénario où les investissements directs du gouvernement ne seraient pas contrôlés, les transactions sur ces sociétés pourraient être beaucoup plus risquées pour les investisseurs ».

    Il semble également possible que les États-Unis puissent influencer les décisions d'Intel sans que le gouvernement ne prenne explicitement le contrôle des votes, ont suggéré les experts. « Plusieurs investisseurs et représentants » ont déclaré que les États-Unis pourraient avoir une incidence sur les décisions importantes concernant, par exemple, les licenciements ou les transferts d'activités vers les marchés étrangers. À un certain moment, Intel pourrait se retrouver coincé entre les intérêts de l'entreprise et ceux du pays, a déclaré Robert McCormick, directeur exécutif du Council of Institutional Investors.

    « Une participation du gouvernement dans une entité par ailleurs privée peut créer un conflit entre ce qui est bon pour l'entreprise et ce qui est bon pour le pays », a suggéré McCormick.

    Capitalisme d’État à l’américaine ?

    Historiquement, les États-Unis ont toujours privilégié une approche libérale du marché, où les interventions publiques directes au capital restaient rares et généralement limitées à des situations de crise (par exemple General Motors en 2009). La différence ici est de taille : Intel n’est pas en faillite. L’entreprise dispose de liquidités, investit massivement dans de nouvelles usines et reste un acteur clé des semi-conducteurs. L’intervention n’a donc rien d’un sauvetage, mais bien les traits d’une prise de contrôle partielle à visée stratégique.

    Des think tanks comme le Cato Institute y voient une dérive inquiétante : le risque que l’innovation privée soit bridée par des objectifs politiques de court terme, au détriment de l’agilité et de la compétitivité. À l’inverse, certains stratèges défendent ce choix comme une assurance souveraineté dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine.

    Source : document déposé par Intel auprès de la SEC

    Et vous ?

    Jusqu’où un gouvernement peut-il aller dans la prise de participation d’entreprises stratégiques sans nuire à la confiance des marchés ?

    La distinction entre actions votantes et non votantes suffit-elle à garantir l’indépendance de la gouvernance d’Intel ?

    Ce précédent risque-t-il de décourager l’investissement privé, notamment des fonds internationaux ?

    L’État doit-il intervenir directement au capital pour sécuriser une filière critique, ou d’autres leviers (subventions, réglementation, incitations fiscales) sont-ils plus adaptés ?

    Cette opération renforce-t-elle réellement la souveraineté technologique des États-Unis, ou s’agit-il surtout d’un coup politique ?

    Quelles pourraient être les réactions de la Chine, de Taïwan ou de l’Europe face à un Intel désormais partiellement « nationalisé » ?
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  2. #42
    Chroniqueur Actualités
    Avatar de Anthony
    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Novembre 2022
    Messages
    1 944
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Gironde (Aquitaine)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2022
    Messages : 1 944
    Par défaut Intel obtient 5,7 milliards de $ dans le cadre de son accord d'investissement avec le président Donald Trump
    Intel obtient un financement de 5,7 milliards de $ dans le cadre de son accord d'investissement avec le président Donald Trump, alors que la Maison-Blanche affirme que les détails sont "en cours de finalisation"

    Intel est désormais une entreprise partiellement détenue par l'État. La société technologique qui conçoit et fabrique des puces informatiques, entre autres composants, a reçu 5,7 milliards de dollars en espèces dans le cadre de son accord d'investissement avec le président américain Donald Trump.

    Pour rappel, la semaine du 18 août dernier, Intel a annoncé un accord avec le gouvernement américain qui permet à Washington de prendre une participation de 10 % dans l'entreprise autrefois florissante, aujourd'hui en difficulté. L'investissement de 8,9 milliards de dollars réalisé par l'administration Trump fait des États-Unis le le plus grand actionnaire d'Intel. Cependant, le gouvernement fédéral est un actionnaire passif, ce qui signifie qu'il ne dispose d'aucun droit de gouvernance, tel qu'un siège au conseil d'administration de l'entreprise.

    Cet accord découle de subventions déjà accordées à Intel, mais qui n'ont pas encore été versées. Au lieu de lancer un nouveau plan d'investissement, la Maison-Blanche a converti les fonds du CHIPS Act et du programme Secure Enclave en actions, ce qui lui a permis d'acquérir près de 10 % du capital d'Intel. En résumé, les États-Unis n'ont rien payé pour ces actions, ce dont Donald Trump se félicite. Washington a en outre négocié un bon de souscription supplémentaire de 5 % au cas où Intel cesserait de détenir plus de 51 % de son activité de fabrication sous contrat.


    L'investissement du gouvernement dans Intel intervient à un moment où l'ancien géant technologique est en train de prendre du retard sur ses concurrents tels que Nvidia dans la course mondiale à la fabrication de puces IA. En juin, Intel a annoncé des licenciements dans le cadre d'une campagne de réduction des coûts.

    L'accord convertit tout ou partie des subventions allouées à l'entreprise dans le cadre de la loi bipartisane américaine « Chips and Science Act » en actions. Intel a reçu un total de 10,9 milliards de dollars de subventions au titre de cette loi pour la fabrication commerciale et militaire, que l'ancien président Joe Biden a promulguée en 2022. Le financement prévu par la loi CHIPS devait être réparti dans le temps et destiné à renforcer la fabrication nationale de puces informatiques d'Intel grâce à de nouveaux projets, notamment une nouvelle usine dans l'Ohio.

    Ce nouvel accord est inhabituel compte tenu de l'importance traditionnelle accordée par les États-Unis au capitalisme de libre marché. Washington a généralement évité de prendre des participations directes dans des entreprises privées, mais Donald Trump n'a pas hésité à étendre l'autorité du gouvernement au secteur privé tout au long de son second mandat. Il avait initialement exigé qu'Intel licencie son PDG, Lip Bu-Tan, en raison de ses liens passés avec l'armée chinoise.

    Historiquement, le gouvernement américain a toujours évité d'intervenir directement dans l'économie, sauf dans des cas particuliers présentant un danger énorme, comme lorsqu'il a pris des participations temporaires dans des constructeurs automobiles et de grandes banques pendant la crise financière de 2008.

    Aujourd'hui, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis rejoignent la Chine dans la promotion des « champions nationaux », ces multinationales présentes dans des secteurs stratégiques qui servent les intérêts nationaux de leur gouvernement. La Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) est considérée comme le champion chinois de la fabrication de puces de pointe.

    La prise de participation du gouvernement dans Intel est la dernière tentative du président Donald Trump d'intervenir dans l'industrie de la fabrication de puces. Au début du mois d'août, le gouvernement américain a annoncé un accord qui obligerait deux concurrents d'Intel, Nvidia et Advanced Micro Devices, à verser 15 % de leurs revenus provenant des ventes en Chine.

    Cependant, la nature politique de l'accord entre Intel et Washington a suscité des inquiétudes chez les investisseurs. Certains ont en effet fait valoir que les pressions exercées par Donald Trump sur le PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, avaient contraint l'entreprise à conclure ce deal.

    Ces inquiétudes se sont intensifiées lorsque le président américain a présenté cet accord comme la preuve de son influence, affirmant que Lip-Bu Tan n'avait conservé son poste qu'en « cédant une participation de 10 milliards de dollars aux États-Unis ». Un résultat que certains actionnaires ont jugé déstabilisant.

    Source : Déclarations du directeur financier d'Intel, David Zinsner, lors d'une conférence avec les investisseurs

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous la décision d'Intel crédible ou pertinente ?

    Voir aussi :

    L'administration Trump est en pourparlers pour acquérir une participation de 10 % dans Intel en convertissant tout ou une partie des subventions accordées à l'entreprise en difficulté au titre du Chips Act

    Donald Trump exige la démission immédiate du PDG d'Intel Lip-Bu Tan qu'il accuse d'être en « conflit d'intérêts » avec la Chine, provoquant la chute des actions d'Intel

    Donald Trump fait volte-face concernant le PDG d'Intel, parlant désormais d'une « success story incroyable » quelques jours après avoir exigé sa démission. L'action d'Intel grimpe
    Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  3. #43
    Membre éprouvé
    Profil pro
    programmeur du dimanche
    Inscrit en
    Novembre 2003
    Messages
    1 060
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : programmeur du dimanche
    Secteur : Santé

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2003
    Messages : 1 060
    Par défaut
    Nième exemple du 'libéralisme' américain, libéraux ou respectueux du droit seulement si c'est le leur...
    Jadis, les USA sanctionnèrent Airbus à hauteur de 11 G€, car trop subventionné à leurs yeux.
    On peut toujours attendre une demande de réciprocité de l'UE, qui n'est au mieux qu'une carpette américaine.

  4. #44
    Invité de passage
    Homme Profil pro
    Ingénieur
    Inscrit en
    Août 2025
    Messages
    3
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Âge : 35
    Localisation : France, Paris (Île de France)

    Informations professionnelles :
    Activité : Ingénieur

    Informations forums :
    Inscription : Août 2025
    Messages : 3
    Par défaut
    Salut,
    Perso, j’aimerais bien qu’ils publient une roadmap plus transparente sur ce qu’ils comptent faire pour rester compétitifs, pas juste “on va investir”, mais quoi, quand, comment

  5. #45
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Traductrice Technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    2 605
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : Traductrice Technique

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 2 605
    Par défaut Intel a supprimé 35 500 emplois en moins de deux ans, dont 20 500 récemment
    Intel a supprimé 35 500 emplois en moins de deux ans, dont 20 500 récemment, dans la restructuration menée par son PDG Lip-Bu Tan afin d'améliorer l'efficacité et de rivaliser dans le domaine de l'IA

    Intel a supprimé 35 500 emplois en moins de deux ans, dont 20 500 récemment, dans le cadre de la restructuration menée par son PDG Lip-Bu Tan afin d'améliorer l'efficacité et de rivaliser dans le domaine de l'IA avec des concurrents tels que TSMC et Nvidia. Cette refonte réduit les dépenses de R&D dans un contexte de pression sur le marché. Ces mesures visent à repositionner Intel pour lui permettre de se redresser dans un environnement concurrentiel dans le domaine des semi-conducteurs.

    Intel Corporation est une multinationale américaine qui conçoit, fabrique et commercialise des composants informatiques tels que des processeurs centraux (CPU) et des produits connexes destinés aux marchés professionnels et grand public. Intel était le troisième fabricant mondial de puces semi-conductrices en termes de chiffre d'affaires en 2024 et figure depuis 2007 dans la liste Fortune 500 des plus grandes entreprises américaines en termes de chiffre d'affaires. Depuis 2025, Intel est partiellement détenue par le gouvernement américain.

    Autrefois leader dominant du secteur des semi-conducteurs, Intel est aujourd'hui confronté à de sérieux défis et est engagé dans une profonde restructuration pour remédier à l'érosion de son leadership technologique. Pour relever ces défis, Intel a annoncé en avril un plan de suppression de plus de 20 % de sa main-d'œuvre mondiale et de réduction des dépenses d'exploitation d'environ 500 millions de dollars cette année, puis d'un milliard de dollars supplémentaires l'année prochaine. En juillet, Intel a licencié 5 000 travailleurs US.

    En tout, un nouveau rapport estime qu'Intel a subi un bouleversement majeur, supprimant pas moins de 35 500 emplois en moins de deux ans. Cette restructuration agressive, initiée sous l'ancienne direction et accélérée par le nouveau directeur général Lip-Bu Tan, reflète la tentative désespérée de l'entreprise de s'aligner sur les réalités brutales du marché dans un contexte de concurrence féroce avec des rivaux tels que Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. et Nvidia Corp. Ces suppressions d'emplois, qui comprennent 20 500 postes supprimés au cours des trois derniers mois seulement, soulignent le virage pris par Intel vers l'efficacité et l'innovation dans un secteur de plus en plus dominé par l'intelligence artificielle et la conception de puces avancées.

    Les licenciements ont véritablement commencé l'année dernière, avec la suppression de 15 000 emplois sous la direction précédente, mais l'arrivée de Tan a marqué un tournant. Lors de sa première journée complète en tant que PDG permanent, il a annoncé des mesures radicales visant à « redimensionner » l'entreprise. Il ne s'agit pas d'une simple réduction des coûts, mais d'une refonte stratégique visant à réaffecter les ressources vers des domaines à forte croissance tels que les accélérateurs d'IA et les services de fonderie, où Intel a pris du retard. Des initiés soulignent que ces réductions ont durement touché les équipes de R&D, les dépenses dans ce domaine ayant chuté de plus de 800 millions de dollars par trimestre.


    Ces mesures interviennent alors qu'Intel est confronté à une érosion de ses parts de marché qui a entraîné une chute de son action et vu ses ambitions de fabrication contrariées par des retards de production. La percée de l'entreprise dans la fabrication de puces sous contrat, autrefois saluée comme un changement radical, a connu des revers, ce qui a incité Tan à annuler les projets moins prioritaires et à se concentrer sur les atouts fondamentaux.

    Au début de l'année, Intel prévoyait jusqu'à 25 000 suppressions d'emplois d'ici la fin de l'année, un chiffre qui a depuis explosé en raison des difficultés économiques actuelles. Cela reflète les turbulences plus générales du secteur technologique, où les entreprises se rationalisent pour financer leurs investissements dans l'IA, mais pour Intel, il s'agit également de survivre dans une économie post-pandémique marquée par des perturbations de la chaîne d'approvisionnement et des tensions géopolitiques autour de la production de puces.

    Au-delà des chiffres, le coût humain est considérable. Les employés touchés, dont beaucoup occupent des postes d'ingénieurs et d'opérateurs, sont confrontés à un marché de l'emploi incertain, les pôles technologiques de Californie étant les plus touchés, avec plus de 58 000 licenciements dans cet État seulement cette année. Les analystes du secteur affirment que cela pourrait freiner l'innovation, car les talents expérimentés se dispersent vers la concurrence, ce qui pourrait affaiblir le pipeline de R&D à long terme d'Intel.

    Les répercussions s'étendent à l'écosystème technologique mondial, où la réduction des effectifs d'Intel marque une phase de maturation pour les semi-conducteurs. Des concurrents tels qu'AMD et Qualcomm tirent parti des difficultés d'Intel pour renforcer leurs propres offres axées sur l'IA. Dans le même temps, des questions subsistent quant au rôle de l'IA dans ces réductions : s'agit-il d'un véritable moteur d'efficacité ou d'un bouc émissaire commode ? Un rapport explore ce débat, soulignant que les entreprises invoquent l'automatisation de l'IA pour justifier leurs réductions, alors même qu'elles investissent des milliards dans cette technologie.

    Pourtant, les déclarations du PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, ont mis en lumière une réalité difficile : Intel accuse un retard considérable dans le domaine de l'IA et a chuté de manière significative dans le classement des entreprises de semi-conducteurs. La nouvelle direction cherche à redéfinir la stratégie de l'entreprise avec une approche plus ciblée. Plutôt que de tenter de couvrir tous les fronts simultanément, Intel prévoit de concentrer ses efforts sur des niches prometteuses de l'IA.

    L'une de ces priorités est l'IA « en périphérie » (Edge AI), qui consiste à intégrer le traitement de l'IA directement dans les appareils, des PC aux équipements industriels, plutôt que de dépendre constamment du cloud. C'est un domaine où les puces d'Intel pourraient trouver une nouvelle pertinence. L'entreprise met également l'accent sur « l'IA agentique », un concept émergent où l'IA agit de manière plus autonome et proactive pour accomplir des tâches complexes.

    Pour les initiés du secteur, la trajectoire d'Intel sous la direction de Tan sera un test décisif. Grâce aux subventions du gouvernement américain prévues par le CHIPS Act, qui visent à soutenir la production nationale, l'entreprise doit désormais tenir ses promesses de reprise. Cependant, les plans initiaux de réduction de plus de 20 % des effectifs ont créé un précédent quant à l'ampleur des changements nécessaires. En cas de succès, cela pourrait repositionner Intel comme un acteur plus léger et plus agile ; dans le cas contraire, cela risquerait d'aggraver l'érosion d'un secteur où l'adaptabilité est primordiale.

    Pour l'avenir, la stratégie de Tan met l'accent sur les partenariats et les investissements ciblés, tels que des collaborations potentielles avec des entités chinoises pour le financement. Les observateurs qui suivent les licenciements dans le secteur technologique reflètent un sentiment général d'inquiétude, l'un d'entre eux soulignant que les suppressions d'emplois chez Intel s'inscrivent dans le cadre d'une hémorragie de 118 000 emplois dans le secteur technologique américain pour cette seule année. Juillet dernier, un rapport a recensé plus de 80 000 licenciements dans le secteur tech en 2025 : Intel, Microsoft, Meta et d'autres suppriment des milliers d'emplois sous l'effet de facteurs économiques et de l'intégration de l'IA.

    En fin de compte, les manœuvres audacieuses d'Intel mettent en évidence l'équilibre précaire entre la discipline en matière de coûts et l'innovation dans le domaine des semi-conducteurs. Alors que l'entreprise traverse cette transformation, les parties prenantes surveilleront de près les signes de reprise, sachant que dans ce secteur impitoyable, les secondes chances sont rares.

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Plus de 20 000 offres d'emploi de Développeur ou en Informatique

    Le fabricant de puces Intel prévoit de supprimer plus de 20 % de ses effectifs afin de réduire la bureaucratie et de reconstruire sa culture d'ingénierie sous la houlette de son nouveau PDG, Lip-Bu Tan

    Intel obtient un financement de 5,7 milliards de $ dans le cadre de l'accord d'investissement avec le président Donald Trump, alors que la Maison-Blanche affirme que les détails sont "en cours de finalisation"

    En 2024, Intel a dépensé 16,5 milliards de dollars en R&D, surpassant Nvidia de 28 % et AMD de 156 %, mais sans effet positif sur sa valeur boursière, Intel reste marginal sur le marché des puces d'IA
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  6. #46
    Membre éprouvé
    Avatar de calvaire
    Homme Profil pro
    .
    Inscrit en
    Octobre 2019
    Messages
    2 251
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Âge : 43
    Localisation : Singapour

    Informations professionnelles :
    Activité : .
    Secteur : Conseil

    Informations forums :
    Inscription : Octobre 2019
    Messages : 2 251
    Par défaut
    dans l'immédiat ca fera du bien a intel, ca dégagera plus de trésorerie.

    mais c'est sur le long terme le probleme, si ces salariés apportaient de la valeurs ajouté ou pas.
    car ça peut vite se traduire par moins d'innovation (si moins d'ingénieurs), ou moins de contrat commerciaux (si moins de commerciaux), des problèmes de fonctionnement qui vont ralentir la boite (si moins d'administratif/management).
    ou a l'inverse, moins de salariés et une restructuration des équipes/du management peut les rendre plus agiles et dégagés plus de valeurs ajoutés.
    j'ai connu les 2 cas, des boites qui ont dégraissés, parfois ca se passe mal et la boite fini par devenir has been et vivote, ou a l'inverse la boite se relève.

    J'ai reçu une proposition de job de Amazon hier d'ailleurs sur linkedin, et y'a 3 mois c'était oracle, que j'ai décliné, avec un plan de licenciement tous les 6 mois ca me donne perso pas envie d'aller chez un gafam en ce moment.
    Il y'a 10ans je pense que beaucoup en rêvait, aujourd’hui un salarié qui est bien dans sa boite je pense ne va même pas regarder l'offre d'emplois vu la perte de réputation des gafam. Je n'ai jamais été approché par des gafam jusqu’à aujourd'hui, soit c'est ma situation a Singapour, soit c'est je pense plutôt parce qu'ils ratissent bien plus large car y'a moins de volontaire qu'avant.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  7. #47
    Chroniqueur Actualités

    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    1 642
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : Bénin

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique
    Secteur : High Tech - Éditeur de logiciels

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 1 642
    Par défaut « Nous ne savons plus comment concevoir des produits », déplore l'ancien PDG d'Intel Pat Gelsinger
    L'ancien PDG d'Intel, Pat Gelsinger, dénonce le déclin de l'entreprise : « nous ne savons plus comment concevoir des produits ».
    Il impute cela à une série d'erreurs stratégiques et d'échecs de la direction

    Intel connaît une situation difficile et son poids sur le marché mondial des semiconducteurs diminue rapidement. L'ancien PDG Pat Gelsinger déplore ce qu'il considère comme un profond déclin des compétences fondamentales du géant des puces électroniques. Il attribue les difficultés actuelles d'Intel à une combinaison d'erreurs stratégiques, d'échecs de la direction, d'une incapacité à s'adapter à l'évolution rapide de la technologie des semiconducteurs, ainsi qu'à la mise en œuvre « hideuse » du CHIPS Act. Les remarques de Pat Gelsinger mettent en évidence les difficultés rencontrées par une entreprise autrefois synonyme d'innovation pour retrouver ses marques.

    Pat Gelsinger a démissionné brusquement en décembre 2024 après un mandat tumultueux. Son départ de la direction d'Intel est survenu alors qu'il menait des efforts pour remodeler l'industrie américaine des semiconducteurs et restaurer Intel dans sa position de leader. Des rapports ont souligné qu'il a été poussé vers la sortie pour performances insuffisantes, mais la situation ne s'est pas améliorée depuis son départ. Au contraire, elle semble s'empirer.

    Dans une récente sortie, Pat Gelsinger n'a pas mâché ses mots au sujet de la situation actuelle d'Intel. Il a formulé ses remarques lors d'une récente interview accordée au Financial Times. Il a évoqué la perte de vitesse d'Intel et l'absence de décisions stratégiques qui a conduit à ce désastre.

    Sa critique va au-delà des plaintes superficielles, elle s'intéresse à l'érosion des compétences techniques d'Intel. Il affirme que des années passées à privilégier les gains financiers à court terme au détriment des investissements techniques à long terme ont sapé la capacité de l'entreprise à concevoir et à fabriquer des puces de pointe. Il ne s'agit pas seulement d'opportunités manquées, comme le retard pris par Intel dans le domaine des accélérateurs IA.

    (Ce segment est largement dominé par Nvidia.) Selon Pat Gelsinger, il s'agit d'un échec systémique, où l'inertie bureaucratique a étouffé l'ingénierie audacieuse qui a défini l'apogée d'Intel sous la direction de dirigeants comme Andy Grove. Pat Gelsinger a donné quelques exemples spécifiques, notamment les retards dans les progrès technologiques qui ont fait prendre à Intel plusieurs générations de retard sur le géant géant taïwanais des puces TSMC.

    Une érosion progressive des compétences techniques chez Intel

    Les commentaires de Pat Gelsinger font écho aux frustrations plus générales de l'industrie, où le soutien fédéral a mis du temps à se traduire par des gains tangibles en matière de fabrication, laissant les entreprises américaines vulnérables dans une course mondiale de plus en plus dominée par les grosses fonderies asiatiques. De retour chez Intel en 2021, après plus d'une décennie d'absence, Pat Gelsinger a présenté un plan de relance de l'entreprise.

    Nom : ijuy.png
Affichages : 11590
Taille : 312,6 Ko
    Pat Gelsinger, ancien PDG d'Intel

    Ce plan de 20 milliards de dollars visait à rétablir le leadership d'Intel dans le domaine de la fabrication. Intel ouvrirait ses fonderies et fabriquerait des puces pour d'autres entreprises. Cela dit, l'optimisme irrépressible de Pat Gelsinger semble avoir irrité les analystes. Sa lune de miel en tant que directeur général a pris fin assez rapidement lorsqu'il a publié des perspectives optimistes pour « le rebond d'Intel », qui ne se sont finalement pas concrétisées.

    Les mégaclients pour la fonderie d'Intel ne se sont pas manifestés. Pat Gelsinger a évoqué « un déclin... plus profond et plus grave que je ne l'avais réalisé ». Au cours des cinq années qui ont précédé son retour, « aucun produit n'a été livré dans les délais ». « Les disciplines de base avaient été perdues ».

    « C'est comme si nous ne savions plus comment concevoir des produits ! » Il a ensuite fallu « un peu plus de temps » que prévu à Intel pour mettre au point sa technologie de fabrication 18A, essentielle pour montrer qu'elle pouvait rivaliser avec TSMC. Signe de la chute vertigineuse d'Intel, TSMC a commencé à fabriquer certaines des puces d'Intel au moment où Pat Gelsinger a pris les rênes de l'entreprise, ce qui a eu un grand impact sur les marges.

    D'autres anciens cadres d'Intel dénoncent le déclin d'un symbole

    Les voix issues du passé légendaire d'Intel viennent renforcer l'évaluation de Pat Gelsinger. Craig Barrett, PDG d'Intel de 1998 à 2005, a présenté un plan de sauvetage mettant l'accent sur des injections massives de liquidités (environ 40 milliards de dollars) afin de maintenir l'entreprise à la pointe de la fabrication de semiconducteurs avancés. Selon Craig Barrett, ce plan permettrait aussi de sauver l'industrie américaine des semiconducteurs de pointe.

    Dans une interview exclusive accordée à Fortune, Craig Barrett a souligné que si l'aide gouvernementale est utile, les véritables sauveurs doivent être des clients fortunés tels que Nvidia, Apple et Google (Alphabet), qui pourraient investir directement pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement. Le plan de Craig Barrett met en évidence un thème récurrent : « le déclin d'Intel n'est pas soudain, mais plutôt le résultat de décennies de complaisance ».

    Le point de vue de Craig Barrett rejoint les analyses qui retracent la chute d'Intel. Autrefois leader incontesté, Intel a vacillé à la suite d'une série d'erreurs, notamment un sous-investissement dans les puces mobiles et l'incapacité à se tourner vers les services de fonderie. En 2025, ces erreurs ont abouti à un investissement de 5 milliards de dollars de Nvidia dans Intel, une bouée de sauvetage qui met en évidence le désespoir d'Intel plutôt que sa force.

    Pat Gelsinger dénonce une application « hideuse » du CHIPS Act

    Pat Gelsinger a également critiqué la mise en œuvre du CHIPS Act du gouvernement américain, la qualifiant de « terrible » et estimant que la loi n'avait pas tenu ses promesses de revitalisation de la production nationale de puces. Malgré les milliards de dollars de subventions destinés à soutenir des entreprises comme Intel, Pat Gelsinger a souligné que les obstacles bureaucratiques et « plusieurs priorités inadaptées ont sapé l'impact de cette initiative ».

    Le CHIPS Act a été adopté en 2022 sous l'administration Biden, avec un financement fédéral de 52,7 milliards de dollars pour aider à la relance de l'industrie américaine des semiconducteurs. Le but était de reconstruire une industrie des puces qui s'était enfuie en Asie au cours des dernières décennies. À titre d'exemple, ce financement fédéral devait stimuler des investissements privés massifs, tels que les usines récemment achevées par TSMC en Arizona.

    Pat Gelsinger a fait pression sur les législateurs à Washington afin qu'ils adoptent le programme de subventions générationnel. Mais il a été frustré par la longueur du processus d'allocation des fonds publics. Pat Gelsinger dénonce une application « hideuse ». « Deux ans et demi plus tard, aucun argent n'a été versé ? J'ai trouvé cela scandaleux ! Et la façon dont cela a finalement été rejeté à la dernière minute. Cela m'a vraiment contrarié », a-t-il déclaré.

    Pour mémoire, le président américain Donald Trump a qualifié le CHIPS Act de « chose horrible » et préfère les droits de douane aux subventions fédérales. Pat Gelsinger est ouvert à l'idée des droits de douane comme instrument de rééquilibrage des chaînes d'approvisionnement qui se sont déplacées vers l'Asie au cours des 40 dernières années. « La loi sur les puces électroniques était excellente, mais sa mise en œuvre a été désastreuse, a-t-il déclaré.

    Intel laissé pour compte dans la course effrénée à l'IA générative

    Le lancement canon de ChatGPT par OpenAI fin 2022 a déclenché une ruée vers la technologie. Nvidia est devenu le plus grand bénéficiaire du boom de l'IA grâce de la demande pour ses GPU de pointe nécessaire à la construction des grands modèles de langage (LLM). Selon les estimations, Nvidia détient près de 90 % des parts sur le marché des accélérateurs pour l'IA. AMD tente de faire de l'ombre à Nvidia. Intel, en revanche, a été laissé pour compte.

    Pat Gelsinger lui-même a reconnu le retard pris par Intel dans le boom de l'IA pendant son mandat. Dans une interview après sa démission, il a décrit le marché de l'IA comme une « bulle » qui n'éclatera pas avant plusieurs années, mais dont les entreprises n'ont pas encore tiré de bénéfices concrets.

    Cet aveu d'échec met en évidence les difficultés internes d'Intel, notamment le départ de dirigeants clés dans le domaine de l'IA, comme Sachin Katti, comme le détaille une note obtenue par The Channel Company. Le changement considérable au sein du groupe IA reflète une restructuration plus large de l'organisation, Intel s'efforçant de rattraper son retard dans un domaine où il était autrefois prometteur grâce à des acquisitions telles que Habana Labs.

    Malgré son penchant pour le libre marché, Pat Gelsinger est ouvert à la récente prise de participation de 10 % du gouvernement fédéral américain dans Intel si cela peut contribuer à son succès. « Merci de revenir encore une fois sur l'histoire d'Intel », ajoute-t-il. D'autres critiquent cette initiative.

    Les polémiques autour de la gestion éphémère de Pat Gelsinger

    Selon un rapport, Pat Gelsinger a été évincé après que le conseil d'administration a perdu confiance dans ses projets d'amélioration d'Intel. Il aurait eu la possibilité de se retirer ou d'être démis de ses fonctions, et il a choisi de se retirer. Son mandat a été marqué par des pertes financières croissantes, des changements de direction et une intensification de la concurrence, notamment de la part de Nvidia, qui domine le marché des puces de pointe destinées à l'IA.


    Intel a vu sa valorisation chuter de quelque 30 % au début du mois d'août 2024 à la suite de mauvais résultats financiers ; l'entreprise a révélé une perte nette de 1,6 milliard de dollars, contre un bénéfice de 1,5 milliard de dollars l'année précédente. En conséquence, la société a licencié 15 % du personnel, soit 15 000 personnes, pour réduire ses coûts. Par la suite, Intel a enregistré des pertes nettes s'élevant à 16,6 milliards de dollars au troisième trimestre 2024.

    Le troisième trimestre 2024 a tout simplement été le pire de l'histoire du fabricant de puces. Des performances catastrophiques qui se constatent aussi à la bourse. Les actions d'Intel ont bondi à l'annonce du départ de Pat Gelsinger, mais elles se sont ensuite stabilisées à peu près au même niveau qu'avant l'annonce ; montrant l'incertitude persistante quant à l'avenir de l'entreprise, qui poursuit sa transition vers un modèle de fabrication de puces par des fonderies.

    Pour rester compétitif dans ce domaine, Pat Gelsinger avait annoncé qu'Intel allait se séparer d'Intel Foundry en tant que filiale indépendante au sein d'Intel, tandis que la construction d'usines de fabrication de puces en Allemagne et en Pologne a été suspendue. Il avait déclaré : « le conseil d'administration et moi-même avons convenu qu'il nous restait beaucoup de travail à accomplir pour améliorer notre efficacité, notre rentabilité et notre compétitivité sur le marché ».

    Pat Gelsinger s'est toutefois retiré avec un joli pactole. Selon les termes de l'accord de retraite et de séparation conclu avec Intel, il a droit à plusieurs paiements au cours des 18 mois suivant son départ. Pat Gelsinger recevra une indemnité de départ de base de 1,875 million de dollars, soit l'équivalent de 18 mois de son salaire annuel de 1,25 million de dollars. Il recevra une prime égale à 1,5 fois sa prime annuelle cible, soit environ 5,16 millions de dollars.

    Changements stratégiques chez Intel sous la nouvelle direction

    L'actuel PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, a pris les rênes de l'entreprise début 2025 alors que les crises s'accumulaient. Lip-Bu Tan, un capital-risqueur chevronné ayant des racines profondes dans le secteur des semiconducteurs, a prévu une refonte des opérations de fabrication et d'IA. Sa stratégie comprend des changements importants dans les méthodes de fabrication des puces et un regain d'intérêt pour l'IA, dans le but de relancer le géant en difficulté.

    Ironiquement, Pat Gelsinger a fait remarquer lors de son entretien au Financial Times que Lip-Bu Tan suivait globalement la stratégie qu'il avait mise en place avant son éviction en décembre 2024, y compris le modèle ambitieux « IDM 2.0 » qui visait à intégrer plus étroitement la conception et la fabrication.

    Lip-Bu Tan a commencé par des réductions de coûts agressives. En juillet 2025, Intel a annoncé son intention de supprimer 25 000 emplois, le PDG avertissant les employés qu'il n'y aurait plus de chèques en blanc ». Cette dernière restructuration, qui comprend des changements au sein de la direction, comme la nomination d'un nouveau responsable du centre de données provenant d'ARM, marque un virage vers l'efficacité plutôt que vers l'expansion.

    Selon certains analystes, les implications plus larges de la situation d'Intel s'étendent à la sécurité nationale. Ils présentent présentent le déficit d'innovation d'Intel comme une crise de défense, avec des ramifications mondiales. Les systèmes de défense modernes (missiles, radars, satellites, drones...) utilisent des puces avancées. Si Intel ne parvient pas à produire des puces de pointe, cela pourrait limiter les capacités technologiques de l’armée américaine.

    Conclusion : vers la reprise ou vers un déclin accru ?

    À l'avenir, les défis auxquels Intel sera confronté s'entrecroisent avec les tensions géopolitiques. Les lacunes du CHIPS Act ont exacerbé les vulnérabilités dans des secteurs critiques tels que la défense et l'IA. L'appel de Craig Barrett en faveur des investissements privés fait écho à cette situation, suggérant que des partenariats avec des géants de la technologie pourraient fournir l'échelle nécessaire aux usines de fabrication en Arizona et en Ohio.

    L'évaluation sans détour de Pat Gelsinger sert de signal d'alarme. Il a appelé à un retour aux fondamentaux de l'ingénierie, avertissant que sans cela, Intel risquait de perdre toute pertinence. Alors que le nouveau PDG Lip-Bu Tan gère les licenciements et la restructuration depuis son investiture en janvier 2025, le sort de l'entreprise dépend de sa capacité à retrouver son ingéniosité perdue, dans un contexte mondial où l'innovation est sans cesse en marche.

    Les difficultés actuelles d'Intel soulignent la fragilité de la domination technologique, où même les géants peuvent vaciller s'ils oublient comment construire l'avenir. Pat Gelsinger rappelle que « c'est la technologie, et non les idées politiques, qui améliore le bien-être humain ». Notons qu'en décembre 2024, des actionnaires d'Intel avaient demandé à la justice de contraindre Pat Gelsinger et le directeur financier de restituer trois années de salaire..

    Source : Pat Gelsinger, ancien PDG d'Intel

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous des remarques de Pat Gelsinger sur la situation actuelle d'Intel ?
    Il évoque une combinaison d'erreurs stratégiques et d'échecs de la direction. Qu'en pensez-vous ?
    Le plan de relance du nouveau PDG Lip-Bu Tan va-t-il conduire Intel vers la reprise ou vers un déclin accru ?

    Voir aussi

    Des actionnaires d'Intel demandent à la justice de contraindre l'ex PDG et le directeur financier de restituer trois années de salaire, les accusant de tromperie sur les performances financières de la fonderie

    Le PDG d'Intel estime qu'il est trop tard pour que l'entreprise rattrape son retard dans le secteur de l'IA, estimant que même dans la fabrication de puces Intel ne « figure plus dans le top 10 »

    L'ancien PDG d'Intel, Craig Barrett, présente un plan de sauvetage visant à sauver Intel ainsi que l'industrie américaine de fabrication de puces électroniques de pointe

  8. #48
    Membre chevronné

    Homme Profil pro
    Consultant informatique
    Inscrit en
    Avril 2015
    Messages
    488
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Vendée (Pays de la Loire)

    Informations professionnelles :
    Activité : Consultant informatique
    Secteur : Finance

    Informations forums :
    Inscription : Avril 2015
    Messages : 488
    Par défaut
    Intel s'est endormi déjà à l'époque Wintel. Ils livraient en masse des processeurs bizarrement conçus (jeux d'instructions, espace d'adressage), peu efficaces, mais adoptés par IBM pour ses PCs.
    A partir de là, la messe était dite... L'arrivée d'AMD aurait pu les réveiller, mais pas vraiment, le poids de l'historique était trop élevé. L'arrivée de Apple leur a redonné un peu de souffle, dont ils n'ont pas profité. Et ils ont magnifiquement snobé le marché des portables alors qu'Apple était demandeur...
    Aujourd'hui ils sont à la ramasse en terme de conception (haute efficacité, calcul parallèle, ...) aussi bien qu'en matière de know-how de fabrication. Comme ils n'ont pas vraiment fait évoluer leur environnement industriel ils sont coincés entre leur passé qui les ligote et le saut de compétence qu'il faut faire pour un redémarrage de type startup, ce qu'ils sont redevenus.
    Peut-être qu'il reste une trace de travaux originaux tels Loihi au fond d'un labo, mais on ne voit plus grand chose sortir...

Discussions similaires

  1. Réponses: 0
    Dernier message: 17/03/2021, 06h35
  2. Intel prévoit de supprimer 12 000 emplois d’ici un an
    Par Victor Vincent dans le forum Actualités
    Réponses: 24
    Dernier message: 05/07/2016, 01h00
  3. emploi a moins de 100%
    Par barnet dans le forum Emploi
    Réponses: 7
    Dernier message: 01/09/2007, 22h20

Partager

Partager
  • Envoyer la discussion sur Viadeo
  • Envoyer la discussion sur Twitter
  • Envoyer la discussion sur Google
  • Envoyer la discussion sur Facebook
  • Envoyer la discussion sur Digg
  • Envoyer la discussion sur Delicious
  • Envoyer la discussion sur MySpace
  • Envoyer la discussion sur Yahoo