IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)
Navigation

Inscrivez-vous gratuitement
pour pouvoir participer, suivre les réponses en temps réel, voter pour les messages, poser vos propres questions et recevoir la newsletter

Sécurité Discussion :

Des pirates dérobent le logiciel des caméras Flock et révèlent comment l'entreprise piste les individus


Sujet :

Sécurité

  1. #1
    Chroniqueur Actualités
    Avatar de Anthony
    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Novembre 2022
    Messages
    2 396
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Gironde (Aquitaine)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2022
    Messages : 2 396
    Par défaut Des pirates dérobent le logiciel des caméras Flock et révèlent comment l'entreprise piste les individus
    Un policier a utilisé 83 000 caméras de lecture automatique des plaques minéralogiques pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Dans un récent rapport, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) a révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (LAPI) pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

    La lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI) ou système de reconnaissance des plaques d’immatriculation (SRPI) est une technologie qui utilise la reconnaissance optique de caractères sur des images pour lire les plaques d'immatriculation des véhicules afin de créer des données de localisation des véhicules. La technologie peut utiliser des caméras de télévision existantes en circuit fermé, des caméras de contrôle du respect du code de la route ou des caméras spécialement conçues à cet effet. Le SRPI est utilisée par les forces de police du monde entier à des fins d'application de la loi, notamment pour vérifier si un véhicule est immatriculé ou homologué. Il est également utilisé pour le péage électronique sur les routes à péage et comme méthode de catalogage des mouvements de la circulation, par exemple par les agences autoroutières.

    Comme le souligne l'EFF dans son rapport, la décision rendue en 2022 par la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health Organization a donné aux États le pouvoir de bannir et même de criminaliser l'avortement. Au Texas, où est basé l'officier qui a mené cette recherche, l'avortement est désormais presque entièrement interdit. Cependant, à Washington et dans l'Illinois, où se trouvent la plupart des caméras de surveillance de Flock Safety, l'avortement reste légal et protégé en tant que droit fondamental jusqu'à la viabilité du fœtus.

    L'EFF affirme que « le paysage juridique post-Dobbs a également ouvert la porte aux forces de l'ordre pour exploiter pratiquement toutes les formes de données (plaques d'immatriculation, enregistrements téléphoniques, données de géolocalisation) afin de poursuivre des individus au-delà des frontières des États ».


    L'Atlas of Surveillance de l'EFF a recensé plus de 1 800 agences ayant déployé des systèmes LAPI, mais au moins 4 000 agences sont en mesure d'effectuer des recherches via certaines agences du réseau Flock Safety. Comme l'explique l'EFF, « de nombreuses agences partagent librement les données avec d'autres agences à travers le pays, avec peu de contrôle, de restrictions ou même de normes d'accès aux données ». Bien que cette situation particulière mentionne explicitement un avortement, l'EFF note que de nombreuses autres données figurant dans les journaux d'audit publiés à la suite de demandes d'accès aux documents publics indiquent simplement « enquête » comme motif de la recherche de plaque d'immatriculation, sans aucune indication de l'infraction présumée.

    L'EFF souligne que « cette affaire met en évidence notre préoccupation croissante : l'infrastructure de surveillance de masse, initialement vendue comme un outil permettant de retrouver des voitures volées ou des personnes disparues, est désormais utilisée pour cibler les personnes qui ont recours à des soins de santé reproductive ». L'organisation insiste sur le fait que cet accès sans contrôle et sans mandat permet aux forces de l'ordre d'exercer une surveillance au-delà des limites des États, brouillant ainsi la frontière entre « protection » et persécution.

    Des voitures disparues à la surveillance des corps

    Dans son rapport, l'EFF a rappelé qu'elle a mis en garde depuis longtemps contre les dangers des systèmes ALPR. Selon l'organisation, « les lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (LAPI) scannent les plaques d'immatriculation, enregistrent les données relatives à l'heure et au lieu, et dressent un tableau détaillé des déplacements des personnes ». Des entreprises telles que Flock Safety et Motorola Solutions offrent aux forces de l'ordre l'accès à des bases de données nationales contenant ces lecteurs et, dans certains cas, leur permettent de surveiller des lieux tels que les cliniques pratiquant l'avortement ou de créer des « listes noires » de plaques d'immatriculation à suivre en temps réel. Comme l'indique l'EFF dans sa publication, la technologie de Flock Safety permet également aux agents de rechercher un véhicule en fonction de caractéristiques telles que la couleur, la marque et le modèle, même sans numéro d'immatriculation.

    L'EFF met en garde contre le fait que la menace est aggravée par la manière dont les enquêtes commencent la plupart du temps, citant un rapport publié par If/When/How sur la criminalisation de l'avortement autogéré, qui a révélé qu'environ un quart des cas impliquant des adultes (26 %) ont été signalés aux forces de l'ordre par des connaissances à qui des informations avaient été confiées, telles que « des amis, des parents ou des partenaires intimes », et 18 % par d'« autres » moyens. Selon l'organisation, cela signifie qu'avec la technologie SRPI, une information fournie par n'importe qui peut instantanément déboucher sur une chasse à l'homme à l'échelle nationale. Elle cite également Kate Bertash, du Digital Defense Fund, qui a expliqué à 404 Media que les militants anti-avortement documentent depuis longtemps les plaques d'immatriculation des patients et des prestataires qui se rendent dans des centres de santé reproductive, données qui peuvent désormais être facilement recoupées avec les bases de données SRPI.

    L'EFF note qu'un récent rapport de 404 Media prouve qu'il ne s'agit pas d'une préoccupation hypothétique, citant une enquête de plusieurs mois impliquant des centaines de demandes d'accès à des documents publics qui a révélé que de nombreux services de police californiens partageaient des dossiers contenant des profils de conduite détaillés de résidents locaux avec des agences hors de l'État, malgré les lois étatiques qui l'interdisent explicitement. Selon l'ONG, « cela signifie que même dans les États dits « sûrs », vos données pourraient finir par aider les forces de l'ordre du Texas ou de l'Idaho à vous poursuivre en justice, vous ou votre médecin ».

    L'EFF rapporte avoir exigé que 75 services de police californiens cessent de partager les données SRPI avec les États anti-avortement, une initiative qui, selon l'organisation, a largement porté ses fruits.


    La surveillance et la liberté reproductive ne peuvent coexister

    Dans son rapport, l'EFF rappelle que les législateurs qui soutiennent les droits reproductifs doivent reconnaître que l'accès à l'avortement et la surveillance de masse sont incompatibles.

    L'ONG explique que les systèmes initialement conçus pour suivre les voitures volées et délivrer des contraventions de stationnement sont devenus des outils permettant d'appliquer les lois les plus personnelles et les plus politiquement sensibles du pays. L'organisation avertit que « ce qui était au départ une préoccupation locale en matière de vie privée s'est transformé en une crise nationale des libertés civiles ».

    Elle indique par ailleurs que les lecteurs de plaques d'immatriculation d'hier se sont transformés en filets de surveillance reproductive d'aujourd'hui, soulignant la nécessité d'une action décisive. Comme l'affirme l'EFF dans son rapport, « il est maintenant temps d'agir de manière décisive », les dirigeants doivent prendre des mesures pour remédier à ce problème.

    L'EFF recommande aux dirigeants de supprimer les dangereux systèmes de surveillance qu'ils ont mis en place et d'adopter des lois étatiques fortes et applicables afin de limiter le partage des données, d'assurer une surveillance appropriée et de démanteler ces canaux de surveillance avant qu'ils ne deviennent la nouvelle norme, voire de supprimer purement et simplement ces systèmes.

    Un cartographe anti-surveillance refuse la demande de cessation et d'abstention de Flock Safety

    D'après l'EFF, Flock Safety s'est vanté volontiers que des milliers d'organismes locaux chargés de l'application de la loi à travers les États-Unis ont adopté ses lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (SRPI). Mais lorsqu'un militant pour la protection de la vie privée a lancé un site web pour cartographier l'emplacement exact de ces dispositifs montés sur des poteaux, l'entreprise a tenté de lui couper les ailes.

    La société avait en effet envoyé à DeFlock.me et à son créateur Will Freeman une lettre de cessation et d'abstention, affirmant que le projet diluait sa marque déposée. Comme le dit l'EFF, cette lettre est essentiellement « bonne à jeter à la poubelle ».

    L'ONG, qui représente Will Freeman, a envoyé à Flock Safety une lettre rejetant cette demande, soulignant que « ce projet citoyen relevait clairement du droit à la liberté d'expression garanti par le premier amendement. »

    L'EFF soutient dans son rapport que les caméras de suivi des voitures de Flock Safety « se sont répandues à travers les États-Unis comme une espèce invasive, profitant des craintes liées à la sécurité publique et engloutissant d'énormes quantités de données sensibles sur les conducteurs. » L'organisation explique que cette technologie « non seulement suit les véhicules grâce à leur plaque d'immatriculation, mais crée également des « empreintes digitales » de chaque véhicule, y compris la marque, le modèle, la couleur et d'autres caractéristiques distinctives ».


    L'EFF précise que le système de Flock Safety est une « technologie de surveillance de masse » qui collecte des informations sur tout le monde, qu'ils soient liés ou non à un crime, et qu'il a été « détourné par la police pour espionner leurs ex-partenaires et pourrait être utilisée pour cibler des personnes engagées dans des activités relevant du premier amendement ou nécessitant des soins médicaux. »

    L'organisation rappelle que DeFlock.me, grâce au crowdsourcing et à la recherche open source, vise à « mettre en lumière l'utilisation généralisée de la technologie LAPI, sensibiliser le public aux menaces qu'elle fait peser sur la vie privée et les libertés civiles, et donner au public les moyens d'agir ». Selon elle, alors que son projet Atlas of Surveillance a identifié plus de 1 700 agences utilisant des SRPI, DeFlock.me a cartographié plus de 16 000 emplacements de caméras individuelles, dont plus d'un tiers sont des dispositifs Flock Safety.

    L'EFF note dans son rapport que Flock Safety est tellement intégré dans les forces de l'ordre que certaines agences font même la promotion de l'entreprise en mentionnant son nom sur leur site web. Par exemple, le site web du shérif du comté de Sussex, en Virginie, ne comporte que deux rubriques dans sa barre de menu : « Rapports d'accidents » et « Flock Safety ».

    Comme l'explique l'EFF, le nom « DeFlock » représente l'objectif du projet qui est de « mettre fin à l'utilisation des SRPI et au statut de Flock en tant que l'un des fournisseurs de SRPI les plus utilisés », ce que l'EFF estime être « précis, approprié, efficace et, surtout, protégé par la loi ».

    Citation Envoyé par EFF
    Vos allégations de dilution par confusion et/ou ternissement échouent dès le départ, sans même qu'il soit nécessaire d'aborder la question de savoir pourquoi la dilution est improbable. La loi fédérale anti-dilution prévoit des exceptions expresses pour toute utilisation non commerciale d'une marque et pour toute utilisation en rapport avec la critique ou le commentaire du propriétaire de la marque ou de ses produits. L'utilisation du nom « DeFlock » par M. Freeman relève des deux cas.
    L'EFF affirme que la lettre de cessation et d'abstention de Flock Safety est le dernier exemple en date de groupes utilisant « de fausses revendications de propriété intellectuelle pour faire taire leurs détracteurs ». L'organisation fait valoir que ces revendications n'ont souvent aucun fondement juridique et visent à intimider les militants et les groupes de défense des droits disposant de peu de ressources en leur envoyant des lettres de menace rédigées par des cabinets d'avocats influents. L'ONG indique dans son rapport qu'elle s'engage à lutter contre ces « tyrans des marques déposées » et, dans le cas de Flock Safety, qu'elle s'oppose aux tentatives de l'entreprise visant à faire taire ses détracteurs.

    À propos de l'Electronic Frontier Foundation (EFF)

    L'Electronic Frontier Foundation est la principale organisation à but non lucratif qui défend les libertés civiles dans le monde numérique. Fondée en 1990, l'EFF défend la vie privée des utilisateurs, la liberté d'expression et l'innovation par le biais de litiges à fort impact, d'analyses politiques, d'activisme local et de développement technologique. La mission de l'EFF est de veiller à ce que la technologie soutienne la liberté, la justice et l'innovation pour tous les peuples du monde.

    Source : Electronic Frontier Foundation (EFF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous ce cas d'utilisation des systèmes de reconnaissance des plaques d’immatriculation crédible ou pertinente ?
    Pensez-vous que les réglementations actuelles relatives aux technologies de surveillance sont assez strictes pour protéger les droits à la vie privée et aux soins de santé ?

    Voir aussi :

    USA : l'EFF encourage les internautes à faire entendre leurs voix contre le projet de loi EARN IT, qui pourrait donner aux autorités la possibilité d'exiger un affaiblissement du chiffrement

    Un juge fédéral entre dans l'histoire en statuant que les fouilles de téléphones portables à la frontière doivent nécessiter un mandat, d'après un avis de l'Electronic Frontier Foundation (EFF)

    L'EFF propose d'aborder les préjudices en ligne avec des politiques "Privacy-First", une loi sur la confidentialité des données, promouvant la vie privée, la liberté d'expression et la sécurité

    Un rapport de l'EFF révèle comment les trackers de données personnelles de la Big Tech se cachent dans les médias sociaux et les sites Web et attaquent la vie privée des utilisateurs à chaque clic
    Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  2. #2
    Chroniqueur Actualités
    Avatar de Anthony
    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Novembre 2022
    Messages
    2 396
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Gironde (Aquitaine)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2022
    Messages : 2 396
    Par défaut La société Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police sur la base de ses déplacements
    La société de surveillance Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police lorsqu'elle estime que ses déplacements sont « suspects », d'après l'ACLU

    D'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.

    Flock Group Inc, exerçant ses activités sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et un opérateur américain de matériel et de logiciels de sécurité, en particulier de systèmes de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (RAPI), de vidéosurveillance et de localisation des coups de feu, ainsi que de logiciels de soutien permettant d'intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite de tels systèmes sous contrat avec des organismes d'application de la loi, des associations de quartier et des propriétaires privés.

    En 2025, Flock affirme opérer dans plus de 5 000 communautés à travers 49 États américains, et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois. Le réseau de caméras de Flock Safety, qui utilise la reconnaissance d'images et l'apprentissage automatique, peut partager des données avec les services de police et être intégré dans des plateformes de police prédictive comme Palantir.

    Les préoccupations soulevées par l'ACLU ont tout sauf un caractère hypothétique. Dans une affaire récente rapportée par l'Electronic Frontier Foundation (EFF), un policier du Texas a utilisé plus de 83 000 caméras de surveillance automatique gérées par Flock pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir avorté sans assistance médicale. Les recherches ont porté sur 6 809 réseaux de caméras, y compris dans des États où l'avortement reste légal, ce qui démontre la portée considérable de cette technologie.

    Récemment, l'Union américaine pour les libertés civiles a révélé que la société de surveillance policière Flock a mis en place un énorme système de suivi des plaques d'immatriculation à l'échelle nationale. Ce système enregistre en permanence les allées et venues des Américains dans une base de données nationale privée, qui est ensuite mise à la disposition des forces de l'ordre dans tout le pays. Ce système permet ainsi à la police d'effectuer des recherches sur les déplacements de tout véhicule qui lui est signalé. Si l'organisation de défense des droits civiques estime qu'une telle surveillance est déjà une mauvaise chose en soi, elle souligne que Flock analyserait également les habitudes de conduite des citoyens afin de déterminer si ils sont « suspects ».

    « Cela signifie que si votre police commence à utiliser Flock, elle pourrait vous cibler simplement parce qu'un algorithme a décidé que vos habitudes de déplacement suggèrent des actes criminels », déclare l'ACLU.


    L'organisation a notamment fait part de ses inquiétudes concernant une fonctionnalité peu connue du système de surveillance de Flock. Alors que des articles récents ont couvert la technologie de Flock, l'ACLU note que peu d'entre eux ont examiné cette fonctionnalité particulière, qu'elle décrit comme une « expansion significative de l'utilisation de l'infrastructure de surveillance de l'entreprise, qui permet à la police d'en savoir plus sur des véhicules spécifiques présentant un intérêt, mais aussi d'utiliser le système pour générer des soupçons en premier lieu. » L'ACLU avertit que les caméras de Flock Safety ne se contentent plus d'enregistrer les allées et venues des citoyens grâce à l'utilisation de l'IA, mais « évaluent désormais activement chacun d'entre nous afin de décider si nous devons être signalés aux forces de l'ordre comme participants potentiels au crime organisé. »

    Pour rappel, dans un communiqué de presse du 13 février 2025 vantant les mérites d'un « Expansive AI and Data Analysis Toolset for Law Enforcement » (Ensemble complet d'outils d'analyse des données et d'IA pour les forces de l'ordre), Flock a annoncé plusieurs nouvelles fonctionnalités, dont un outil appelé « Multi-State Insights » (aperçus multi-états) :

    Citation Envoyé par Flock Safety
    De nombreuses activités criminelles à grande échelle, telles que le trafic d'êtres humains et de stupéfiants et la criminalité organisée dans le commerce de détail (ORC), impliquent des déplacements au-delà des frontières de l'État. Grâce à notre nouvelle fonction « Multi-State Insights », les forces de l'ordre sont alertées lorsque des véhicules suspects ont été détectés dans plusieurs États, ce qui aide les enquêteurs à découvrir les réseaux et les tendances liés aux grandes organisations criminelles.
    Selon l'ACLU, Flock semble offrir cette capacité par le biais d'un « Gestionnaire d'enquêtes » plus important, qui invite les services de police à « maximiser vos données de LPR [reconnaissance des plaques d'immatriculation] pour détecter des schémas d'activités suspectes à travers les villes et les états ». La société de surveillance propose également une fonction « Véhicules liés » ou « Recherche de convoi » permettant à la police de « découvrir des véhicules fréquemment vus ensemble », ce qui la place carrément dans le domaine du suivi des associations de personnes, ainsi qu'une fonction « Recherche de lieux multiples », qui promet de « découvrir des véhicules vus dans des lieux multiples ».

    « Il s'agit là de variantes sur le même thème : utiliser le réseau de caméras non seulement pour enquêter sur la base de soupçons, mais aussi pour générer des soupçons », note l'ACLU.

    L'organisation américaine rappelle que dans une démocratie, le gouvernement ne devrait pas surveiller ses citoyens en permanence au cas où ils commettraient une infraction. Elle reconnaît toutefois qu'il est raisonnable pour un policier de réagir à une activité suspecte observée dans un lieu public, cependant, la surveillance de masse constitue « une tout autre affaire », selon l'ACLU.

    Le groupe de défense des droits civiques estime ainsi que la police ne devrait pas collecter et stocker des données sur les mouvements et les déplacements des personnes dans le temps et dans l'espace, ni s'engager à utiliser la technologie d'une entreprise privée pour accomplir la même chose. En outre, l'ACLU met en garde contre l'utilisation et la soumission de ces données à des algorithmes d'IA afin « d'attirer l'attention du gouvernement sur des civils innocents et aléatoires dont les habitudes de déplacement correspondent à ce que l'algorithme pense valoir la peine d'être porté à l'attention de la police. »

    L'ACLU précise que Flock est une société privée qui n'est donc pas soumise à des contrôles tels que les lois sur les archives publiques et la surveillance des élus. Elle ajoute également qu'on sait peu de choses sur la nature des algorithmes utilisés par l'entreprise, notamment sur leur logique sous-jacente, les données sur lesquelles ils ont été formés ou la fréquence et la nature de leurs taux d'erreur. « Quelqu'un sait-il s'il existe des modèles de mouvement caractéristiques du comportement criminel qui ne balaient pas un nombre beaucoup plus important d'innocents ? », s'interroge l'ACLU.

    L'organisation exprime par ailleurs des inquiétudes quant aux biais potentiels dans les algorithmes de Flock, soulignant qu'« il est très facile d'imaginer un algorithme formé sur les antécédents criminels dans lequel les quartiers à faibles revenus et les communautés de couleur sont fortement surreprésentés en raison des préjugés bien établis, de haut en bas, dans notre système de justice pénale. » Cette disparité signifie que le simple fait de vivre dans un tel quartier pourrait rendre une personne intrinsèquement suspecte aux yeux de ce système, alors qu'une personne vivant dans un endroit plus riche ne le serait jamais. « Entre autres problèmes, ce résultat est tout simplement injuste », souligne le groupe de défense des droits civiques.

    Au final, l'ACLU indique que Flock, après avoir construit une infrastructure de surveillance de grande envergure, étend désormais ses cas d'utilisation, confirmant ainsi les mises en garde répétées de l'organisation selon lesquelles de tels systèmes sont inévitablement détournés de leur mission initiale. Le groupe de défense affirme que cette évolution fournit « une raison de plus pour que les communautés refusent d'autoriser les services de police qui les desservent à participer à ce système de surveillance de masse. ».

    Rappelons toutefois que cette évolution s'inscrit également dans une tendance plus large des technologies de suivi des véhicules. Dans le Michigan, par exemple, les plaques d'immatriculation numériques de la start-up Reviver, déjà adoptées en Californie et en Arizona, sont désormais disponibles après avoir été approuvées par l'État. Commercialisée comme un moyen de localiser les véhicules perdus et de recevoir des alertes de sécurité, la « Rplate » peut être gérée via un smartphone et comprend des fonctionnalités GPS que les propriétaires peuvent activer ou désactiver. À mesure que ces outils se multiplient, l'équilibre entre commodité, sécurité publique et vie privée dépendra de plus en plus de la manière dont les citoyens, les décideurs politiques et les fournisseurs de technologies choisiront de fixer les limites.

    À propos de l'ACLU

    L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) est une importante association à but non lucratif américaine basée à New York dont la mission est de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne dans ce pays par la Constitution et les lois des États-Unis ». Ses moyens d'actions sont les poursuites judiciaires, le lobbying législatif et l'éducation civile communautaire. Les actions qu'elle a intentées ont souvent fait évoluer le droit constitutionnel. Le budget de l'ACLU en 2024 était de 383 millions de dollars, et ses membres sont actifs dans les 50 États américain, à Washington, DC, et à Porto Rico.

    Sources : Flock Safety, Union américaine pour les libertés civiles (ACLU)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous cette initiative de la société Flock Safety judicieuse ou pertinente ?

    Voir aussi :

    Pour ou contre de telles mesures ? Des caméras avec intelligence artificielle sont posées sur les autoroutes pour repérer les conducteurs qui jettent les ordures par la fenêtre de leurs voitures

    La police peut désormais visionner les caméras de surveillance privées en temps réel, cette mesure ne rendrait pas la ville sécurisée, mais une surveillance généralisée à tout moment

    L'intelligence artificielle à la rescousse des forces de l'ordre pour endiguer le crime, soulève quelques inquiétudes
    Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  3. #3
    Membre chevronné Avatar de der§en
    Homme Profil pro
    Chambord
    Inscrit en
    Septembre 2005
    Messages
    1 426
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Loir et Cher (Centre)

    Informations professionnelles :
    Activité : Chambord
    Secteur : High Tech - Éditeur de logiciels

    Informations forums :
    Inscription : Septembre 2005
    Messages : 1 426
    Par défaut
    Aaaaah, voilà la cerise sur le gâteau pour la commission européenne afin de parachever sa mue en BIG BROTHER

  4. #4
    Membre habitué
    Homme Profil pro
    Ingénieur intégration/validation
    Inscrit en
    Septembre 2021
    Messages
    42
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Hauts de Seine (Île de France)

    Informations professionnelles :
    Activité : Ingénieur intégration/validation
    Secteur : Industrie

    Informations forums :
    Inscription : Septembre 2021
    Messages : 42
    Par défaut
    Prochaine étape : Le puçage des être humains comme dans "Demolition Man".

    Référence Stalone : Et pourquoi une laisse dans le c....

  5. #5
    Communiqués de presse

    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Avril 2025
    Messages
    973
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Paris (Île de France)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique

    Informations forums :
    Inscription : Avril 2025
    Messages : 973
    Par défaut Des agents de police pris en flagrant délit d’utilisation du système Flock Safety pour harcèlement
    Des agents de police sans scrupules ont transformé un réseau national de caméras de surveillance en un outil de harcèlement, au moins 50 agents des forces de l'ordre inculpés pour utilisation abusive

    Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et opérateur américain privé de matériel et de logiciels de sécurité, notamment dans les domaines de la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), de la vidéosurveillance de masse, des systèmes de localisation des coups de feu et des logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l’ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, des systèmes de reconnaissance d’images et d’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police.

    Valorisée à 7,5 milliards de dollars et déployée dans plus de 6 000 communautés américaines, Flock Safety est devenue le symbole d'un État sécuritaire débridé. Ses caméras de reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation, soupçonnées d'alimenter les bases de données de l'immigration (ICE) sans mandat judiciaire, sont désormais la cible d'une résistance civile inédite : sabotages, démontages, actions en justice et résolutions municipales. Un front anti-surveillance bipartisan qui interroge les fondements mêmes du droit à la vie privée à l'ère numérique.

    Au cours des derniers mois, des personnes ont sectionné à la scie électrique des caméras de surveillance appartenant à la société Flock Safety dans le nord de l’État de New York, les ont aspergées de peinture à Oakland, en Californie, et les ont percutées avec un camion dans l’Idaho. En Floride, un homme est assis sur une chaise de jardin, brandissant un morceau de carton fixé à une perche pour bloquer le champ de vision de la caméra. Des municipalités se sont jointes à ce mouvement en désactivant les caméras ou en résiliant leurs contrats avec Flock à Fort Collins, dans le Colorado ; à Eugene, dans l’Oregon ; à Madison, dans le Wisconsin ; à Knoxville, dans le Tennessee ; à Syracuse, dans l’État de New York ; et à Walla Walla, dans l’État de Washington.

    Dans le même temps, Flock a fait la une des journaux pour toutes les mauvaises raisons. Des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes.


    Les caméras de surveillance de la société Flock Safety face à une résistance civile inédite

    Flock commercialise ses services comme un outil de lutte contre la criminalité, reposant sur un réseau de caméras qui enregistrent et analysent tout ce qui passe devant elles. Les forces de l’ordre ayant conclu des contrats avec Flock utilisent ses vastes bases de données de numéros de plaques d’immatriculation et d’autres informations sur les véhicules pour suivre ou reconstituer les déplacements de véhicules dans le cadre d’enquêtes criminelles.

    Flock affirme disposer de 120 000 lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) et de caméras panoramiques, inclinables et zoomables (PTZ) déployés à travers les États-Unis, capturant des dizaines de milliards de points de données par mois. Les ALPR de Flock scannent automatiquement chaque plaque d’immatriculation qui passe devant eux, tandis que les caméras PTZ enregistrent des images en direct pouvant être visionnées et analysées. Les caméras de Flock étant toutes connectées, il en résulte un réseau national d’activités enregistrées. Dans la plupart des États, un policier d’un État peut être alerté si une voiture qu’il recherche apparaît dans un autre État et peut en informer les autorités locales.

    Ces dernières semaines et ces derniers mois, cependant, un autre type de réseau s’est formé : un mouvement d’opposition à l’entreprise qui s’étend d’un bout à l’autre du pays. Les opposants vont des responsables publics aux justiciers individuels, aussi bien dans les zones métropolitaines que rurales des États-Unis. Dans un pays politiquement divisé, l’opposition aux caméras Flock est l’un des rares sujets qui rassemble les citoyens de tous horizons idéologiques.

    « C’est une atteinte à la vie privée des gens », a déclaré Caleb Williams, un jeune homme de 24 ans vivant dans une zone rurale de Caroline du Sud qui se définit comme politiquement indépendant. « Les personnes rationnelles savent que cela revient à porter atteinte aux libertés individuelles », a déclaré Adrien Kaiser, qui se décrit comme un conservateur constitutionnaliste et vit au nord-ouest de Houston. « Je crois fermement que le gouvernement peut prendre des mesures pour améliorer la vie des gens, mais un État de surveillance est le premier pas vers un État policier », a déclaré Jon Dendy, un progressiste du Massachusetts.

    Le XXIe siècle a déjà connu une expansion de longue date de la surveillance. Les caméras sont omniprésentes dans les rues américaines et dans d’autres espaces publics ; le trafic Internet laisse une trace de tout ce que chacun a consulté sur ses appareils ; les entreprises de données publicitaires mobiles ont créé des cartes d’une précision étonnante indiquant où chacun se rend avec son téléphone personnel. En quoi Flock est-il si différent ?

    Cela tient en partie à une autre chose pour laquelle les Américains ont une affinité universelle : leurs voitures. « Il y a cette idée de la route sans fin, de la liberté de conduire », a déclaré Dave Maass, directeur des enquêtes à l’Electronic Frontier Foundation, une association à but non lucratif de défense des droits numériques. « Beaucoup de gens considèrent leur voiture comme une extension de leur domicile. » L’idée qu’une entreprise surveille en permanence les déplacements d’une voiture, qu’elle ait été impliquée ou non dans un crime, porte atteinte à la fois aux attentes des gens en matière de vie privée dans leur espace personnel et à leur liberté de mouvement.

    Mais Maass a également indiqué que les Américains sont désormais mieux informés qu’auparavant sur le fonctionnement exact de ces caméras. Autrefois, les gens considéraient les caméras installées à l’extérieur d’un magasin ou à un coin de rue comme de simples dispositifs : une vidéo était enregistrée, conservée pendant une période donnée conformément aux réglementations locales, puis supprimée.

    Le paramètre par défaut de Flock consiste à conserver les données de ses caméras pendant 30 jours, bien que les services de police locaux puissent raccourcir ou prolonger cette durée en fonction des réglementations régionales et locales. Mais la possibilité d’effectuer des recherches à l’échelle nationale sur ce système le distingue également des générations précédentes de systèmes de surveillance. « Dès que les gens commencent à prendre conscience de l’ampleur colossale des données collectées et de l’identité de ceux qui y ont accès, cela commence à les effrayer », a déclaré Maass.

    Une situation qui a poussé Amazon Ring a mettre fin à son partenariat avec la société de technologie policière Flock Safety. Ce partenariat a fait l'objet d'un examen minutieux après que la société de sonnettes Amazon ait diffusé une publicité pendant le Super Bowl février dernier en vantant une fonctionnalité « Search Party » qui utilise l'intelligence artificielle (IA) pour aider à localiser les animaux domestiques perdus. La décision de Ring d'annuler son partenariat avec Flock intervient alors que les entreprises technologiques sont soumises à une pression croissante pour réexaminer leur collaboration avec les agences fédérales.

    Nom : 1.jpg
Affichages : 2210
Taille : 6,6 Ko

    Flock nie la surveillance de masse, mais des rapports prouvent le contraire

    « Souvent, nos détracteurs affirment que nous devons choisir entre la sécurité et la vie privée. Et je pense que c’est une erreur », a déclaré Garrett Langley, PDG de Flock. « En tant que pays, en tant que société, en tant qu’espèce, nous avons prouvé à maintes et maintes reprises que nous pouvions concilier sécurité et vie privée. » « Je pense qu’il existe un moyen efficace de faire connaître son opinion », a déclaré Langley. « On vote, on débat. Mais je dirais que je n’apprécie pas particulièrement le vandalisme, qu’il s’agisse de biens appartenant à Flock, au gouvernement ou simplement à un particulier. »

    Bien que Flock ait nié que les caméras soient également utilisées pour suivre des personnes à pied et affirme ne pas recourir à la technologie de reconnaissance faciale, il existe également des preuves indiquant que les données peuvent servir à rechercher des individus. Un rapport a révélé une fonctionnalité de Flock appelée « FreeForm » qui permet aux utilisateurs d’effectuer des recherches dans les enregistrements des caméras en fonction de la tenue vestimentaire d’une personne, de ses tatouages ou même de son origine ethnique.

    Flock ne partage pas de données avec des agences telles que l’ICE, mais un rapport montre que des policiers ont effectué des recherches pour faciliter des rafles d’immigrés. Flock a déclaré dans un communiqué que FreeForm intègre des « garde-fous » qui alertent les administrateurs du système lorsqu’une personne utilise des termes de recherche incluant « race, origine ethnique, religion, nationalité ».

    Les caméras ne sont pas non plus infaillibles dans le cadre de leurs utilisations autorisées. Le 28 juin, Joel Feder, journaliste et chroniqueur automobile, a raconté qu’il se trouvait à Plymouth, dans le Minnesota, au volant d’un Range Rover qu’il était en train d’essayer, lorsque le véhicule a soudainement été encerclé par quatre voitures de police. Les agents lui ont indiqué que la plaque d’immatriculation avait été signalée comme volée. « La voiture appartenait à Land Rover North America, il était impossible qu’elle ait été volée », a déclaré M. Feder.

    Au terme d’une longue conversation, Feder a expliqué avoir découvert qu’une plaque d’immatriculation portant un numéro similaire avait été signalée comme manquante à Los Angeles plusieurs semaines auparavant. Une version incomplète du numéro avait apparemment été saisie dans le National Crime Information Center (NCIC), une base de données nationale gérée par le FBI dont Flock extrait ses données.

    La technologie de Flock semblait ne pas tenir compte de la combinaison de chiffres grands et petits sur les plaques de concessionnaire du New Jersey de la Land Rover. « La caméra Flock a filmé l’intégralité de ma plaque, mais elle l’a tout de même signalée comme une correspondance », a déclaré Feder, qui a examiné les photos que la caméra Flock avait prises de son véhicule pendant sa conversation avec les forces de l’ordre.

    Dans le podcast « On The Drive », Langley a expliqué à Feder que cet incident constituait un « cas limite » et a indiqué que le principal problème résidait dans la base de données fédérale « archaïque ». Dans son propre récit de cette rencontre, Feder a précisé que les agents lui avaient conseillé de laisser sa voiture garée chez lui pour le moment, car il risquait d’être à nouveau signalé si une autre caméra Flock le repérait dans une autre ville.

    Cependant, d'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.


    Face aux nouvelles révélations, le rejet et la méfiance du public s'est renforcé

    La nouvelle selon laquelle les caméras Flock ont fait l’objet d’abus de la part de certains policiers n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. Selon un rapport, on recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes, notamment d’anciens partenaires. Langley a indiqué que son entreprise avait récemment mis en place un processus d’audit automatique rigoureux permettant de signaler aux administrateurs toute activité suspecte ou douteuse.

    Ces révélations ont suscité un élan croissant de résistance chez les citoyens lambda. Des dizaines de caméras Flock ont été désactivées de force ces dernières semaines, et de nombreuses personnes ont applaudi ces justiciers. En juin, un homme de Virginie-Occidentale accusé d’avoir détruit plusieurs caméras Flock a été arrêté. Sous une publication sur les réseaux sociaux annonçant son arrestation, des dizaines de personnes se sont portées volontaires pour lui fournir des alibis.

    « Il était parti pêcher avec moi ce jour-là, vous vous êtes trompés de personne », a écrit un homme. « La seule chose qui nous rassemble tous, et c’est exactement ce qu’ils ne veulent pas », a écrit une femme. « Les deux principaux signes qui montrent que nous pouvons bel et bien nous entendre sont 1) la Coupe du monde et 2) notre doigt d’honneur collectif adressé aux caméras Flock », a ajouté quelqu’un d’autre.

    À Houston, près de chez Adrien Kaiser, on compte près de 4 000 caméras Flock, ce qui en fait l’un des déploiements les plus importants de l’entreprise. Il a déclaré qu’il soutenait les forces de l’ordre, mais que cela ne devait pas se faire au détriment des droits et de la vie privée des citoyens. « Les droits individuels ont toujours été une priorité pour la gauche, tandis que les conservateurs envisagent les choses sous l’angle des droits constitutionnels. C’est donc là que se trouve le point de convergence », a expliqué Kaiser. « Nous voyons le même problème sous deux angles différents. »

    Tout comme Kaiser, Jon Dendy estime que les Américains, quel que soit leur bord politique, parviennent à la même conclusion par des chemins différents. « Les conservateurs s’inquiètent d’un État trop présent », a-t-il déclaré. « Et pour les progressistes, c’est la crainte d’abus de la part du gouvernement. » Caleb Williams a ajouté avoir pris connaissance de plusieurs cas où les données de Flock ont été détournées par des policiers qui se sont emparés des caméras pour suivre d’anciens partenaires. « Même si Flock aide à résoudre un crime, il semble que ces caméras ne valent pas la peine d’être conservées, compte tenu du tollé que les citoyens ont suscité à leur encontre dans tout le pays », a-t-il déclaré.

    Les commentateurs populistes, qui ont pris conscience de l’animosité croissante à l’égard de Flock, se joignent eux aussi au débat. « Chaque Américain est surveillé à chaque instant de la journée », a déclaré le youtubeur de gauche Hasan Piker lors d’un live l’année dernière. Au début du mois, le commentateur conservateur Tucker Carlson s’est lui aussi exprimé sur le sujet et a consacré un épisode entier de son podcast à expliquer comment des entreprises comme Flock sont en train de créer un État de surveillance permanent pour les citoyens américains. « Si vous deviez renoncer à toute vie privée, qu’obtiendriez-vous en échange ? La sécurité. Bien sûr. Et c’est toujours ce compromis. Le problème, c’est que cela n’a jamais fonctionné ainsi, car la sécurité n’a jamais été une priorité de cette classe dirigeante », a déclaré Carlson.

    Tucker Carlson et Piker ont tous deux reconnu que les gens perçoivent de plus en plus les institutions – notamment les responsables politiques, les forces de police et le secteur technologique – comme soucieuses de restreindre leurs libertés. « Ce ne sont pas des jeunes toxicomanes qui détruisent les caméras de Flock pour s’amuser », a déclaré Carlson. « Ce sont des Américains sobres, honnêtes et patriotes qui croient aux promesses de leur pays. »

    Cependant, Dave Maass souligne que, malgré tout le militantisme anti-Flock, cette entreprise n’est pas la seule à déployer des caméras de sécurité connectées. Vigilant Solutions et Motorola exploitent également des caméras ALPR, et certains signes indiquent qu’Axon, un important fournisseur de caméras corporelles destinées aux services de police, commence à remporter des marchés publics dans des villes qui travaillaient auparavant avec Flock.

    Mais les gens y prêtent attention. Récemment, lorsqu'une chaîne locale de Syracuse a annoncé que la ville mettrait fin à son partenariat avec Flock pour signer un nouvel accord avec Axon, les réactions ont été sans concession. Comme l’a écrit un internaute sur les réseaux sociaux : « Mes amis, nous devons mettre un frein à ces voyous autoritaires à la Big Brother, et ne pas les laisser se contenter de changer de marque de caméras. »

    Et vous ?

    Pensez-vous que ces rapports sont crédibles ou pertinents ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Un policier a utilisé 83 000 caméras de surveillance automatique pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Search Party de Ring : après les enfants, les animaux perdus deviennent le mobile pour instaurer la surveillance de masse par IA. Amazon exhibe son infrastructure IA de reconnaissance visuelle qui est opt-out

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  6. #6
    Membre actif
    Homme Profil pro
    Architecte réseau
    Inscrit en
    Mars 2025
    Messages
    379
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Âge : 35
    Localisation : France, Rhône (Rhône Alpes)

    Informations professionnelles :
    Activité : Architecte réseau
    Secteur : Industrie

    Informations forums :
    Inscription : Mars 2025
    Messages : 379
    Par défaut
    C'est ce qui se produit avec tout les outils de surveillance :
    - Ils sont détournés à d'autres fins, légales ou non, pour des intérêts particuliers et généralement : Pour le pire.

    Cela peut venir des simples policiers, mais aussi des échelons bien plus haut (politiques, espionnage ...).
    J'ajoute que ces outils détruisent complètement la société de confiance quand la surveillance n'est pas ciblée, ni justifiée.

    Le mieux est d'interdire ces outils dangereux.

  7. #7
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Rien
    Inscrit en
    Juillet 2026
    Messages
    235
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France, Paris (Île de France)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rien

    Informations forums :
    Inscription : Juillet 2026
    Messages : 235
    Par défaut Des caméras de surveillance « Flock » ont été vandalisées aux États-Unis après des abus policiers
    Des caméras de surveillance « Flock » ont été vandalisées aux États-Unis alors que le débat à leur sujet se poursuit, après avoir été utilisées à des fins de harcèlement par des policiers sans scrupules

    En l'espace de quelques années, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d'immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour. Les détracteurs craignent que cela permette aux agents de police de suivre des véhicules sans mandat, ouvrant ainsi la voie à toute une série d'abus de pouvoir potentiels.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et exploitant américain privé de matériel et de logiciels de surveillance, notamment dans les domaines de la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), de la vidéosurveillance de masse, des systèmes de localisation des coups de feu et des logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l’ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En 2025, Flock affirme être présente dans plus de 5 000 communes réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois. Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, des technologies de reconnaissance d'images et d'apprentissage automatique, qui partagent leurs données avec les services de police.

    Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    En quelques années seulement, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d’immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu’à vandaliser systématiquement ces équipements. La première fois qu’il a décidé de détruire l’une de ces caméras, un justicier autoproclamé, tout de noir vêtu et connu sous le nom de Nomark, raconte qu’il était « super nerveux ». Aujourd’hui, après avoir mis hors service une trentaine de ces appareils près de chez lui, dans la région de Minneapolis, il a déclaré : « Je n’ai plus vraiment peur. »

    Les caméras Flock sont installées par les services de police, les associations de copropriétaires et les entreprises, officiellement pour surprendre les criminels en flagrant délit. Les données sont transférées vers le cloud de Flock et peuvent être partagées avec les abonnés. Mais les opposants s’indignent face à ce qu’ils qualifient d’outil dangereux, susceptible d’être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains.


    À seulement 20 ans, Nomark propose à ses 500 000 abonnés Instagram un guide pratique pour rendre ces caméras inutilisables, sensibilisant ainsi le public à l’existence de ces dispositifs. Ses détracteurs soulignent — à juste titre — que ses actions sont illégales, mais des personnes partageant les mêmes idées ont emboîté le pas à travers tout le pays au cours des dernières semaines. Loin d’être considéré comme un mouvement marginal et radical, le mouvement anti-Flock prend de l’ampleur.

    Ses partisans sont actifs en ligne depuis des mois : ils créent des cartes participatives répertoriant les caméras, partagent des astuces pour obstruer leurs objectifs et saluent les « héros » arrêtés pour les avoir détruites. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour.

    Base de données gigantesque

    Les caméras « Flock » se distinguent des caméras de surveillance traditionnelles en ce qu’elles n’enregistrent pas de séquences vidéo. Elles prennent plutôt des photos des véhicules, en capturant la marque, le modèle, la couleur, les données de la plaque d’immatriculation et d’autres caractéristiques distinctives telles que les autocollants sur les pare-chocs. Et contrairement aux caméras de surveillance classiques, qui ne sont pas connectées en réseau, ces données sont conservées pendant un mois maximum et peuvent être partagées, parfois même au-delà des frontières des États. Les opposants affirment que cela donne à la police un accès excessif à la vie privée des Américains respectueux de la loi.

    Jon Bridges, responsable de la police à Richmond, la capitale de l’État de Virginie, explique que « pour pratiquement tout crime lié à un véhicule ou impliquant un véhicule, nous consultons au moins la base de données pour voir s’il y a des informations ». Son service utilise Flock depuis 2023. Jon Bridges a donné un exemple illustrant l’utilité de cette technologie : lors de l’enquête sur un double homicide domestique en mai, la police a rapidement identifié un suspect qui s’était enfui des lieux à bord de son pick-up. Les enquêteurs ont récupéré les données relatives à sa plaque d’immatriculation et ont saisi une alerte dans le système de Flock. Lorsqu’il est apparu sur une autre caméra, des agents d’un comté voisin l’ont arrêté.

    Risques d’abus

    Les détracteurs craignent que cela permette aux agents de police de suivre des véhicules sans mandat, ouvrant ainsi la voie à toute une série d’abus de pouvoir potentiels. Selon une enquête menée par le Washington Post, au moins 50 policiers ont été accusés d’avoir utilisé le système Flock à mauvais escient, la plupart d’entre eux pour espionner les allées et venues de leurs partenaires amoureux ou de leurs ex.

    Dans d’autres cas, des policiers ont utilisé Flock pour suivre des femmes ayant subi un avortement — pratique illégale dans plusieurs États américains. Certains ont illégalement transmis des données issues du système à des agents des services d’immigration. Le PDG de Flock, Garrett Langley, a qualifié certains opposants de « terroristes », attisant ainsi la polémique. « Il existe véritablement un incroyable mouvement populaire contre Flock », a déclaré Chad Marlow, conseiller politique principal de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qualifiant son essor de « stupéfiant ».

    Ce mouvement bénéficie d’un soutien tant à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, notamment de la part des libertariens. L’ancien présentateur de Fox News et figure de proue du conservatisme, Tucker Carlson, a qualifié les vandales d’« Américains honnêtes et patriotes » qui ne font que « prendre les choses en main ». Partout dans le pays, des groupes locaux font pression sur leurs élus pour qu’ils prennent leurs distances avec Flock.

    En août 2025, d'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'IA pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.

    Et vous ?

    Pensez-vous que les informations sur les abus de Flock sont crédibles ou pertinentes ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Un policier a utilisé 83 000 caméras de lecture automatique des plaques minéralogiques pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Amazon Ring annule son partenariat avec Flock Safety, une entreprise controversée spécialisée dans les technologies destinées aux forces de l'ordre, après une vague de protestations contre la surveillance

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  8. #8
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Rien
    Inscrit en
    Juillet 2026
    Messages
    235
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France, Paris (Île de France)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rien

    Informations forums :
    Inscription : Juillet 2026
    Messages : 235
    Par défaut Flock développe une IA de suivi des individus, malgré ses affirmations contraires
    Bien qu'il affirme le contraire depuis des années, Flock développe un système d'IA capable de reconnaître, identifier et suivre des individus à partir des schémas de déplacement des véhicules

    Flock Safety affirme depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus ». Or, selon une nouvelle enquête, elle a désormais mis au point un outil capable de faire exactement cela. Ce système d'intelligence artificielle (IA) permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d'immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ. Les journalistes de WIRED ont reconstitué l'outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Un ancien policier ayant examiné le logiciel a affirmé que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ».

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est une société privée Template: Par qui ? Quand ? américaine spécialisée dans la fabrication et l'exploitation de matériel et de logiciels de surveillance, notamment la reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (ALPR), la vidéosurveillance de masse, les systèmes de localisation des coups de feu et les logiciels associés permettant d'intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l'ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés.

    Récemment, Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, a fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    La société de vidéosurveillance Flock Safety affirme depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus ». Or, selon une nouvelle enquête, elle a désormais mis au point un outil capable de faire exactement cela. Ce système d’IA permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d’immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ, a rapporté WIRED.

    Les journalistes de WIRED, Dhruv Mehrotra et Dell Cameron, ont déclaré avoir reconstitué l’outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Le code révélait ses invites, ses formulaires de recherche et ses flux de travail prévus, ont-ils précisé. Il ne dévoilait toutefois pas les instructions sous-jacentes du modèle ni les contrôles appliqués sur les serveurs de Flock.

    Nom : flock.png
Affichages : 893
Taille : 181,6 Ko

    Flock avait d’abord baptisé ce système « Nightshift » et l’appelle désormais « OS Investigate ». Selon WIRED, cet outil est capable de recouper les images de véhicules avec les dossiers d’enquête de la police et les registres d’arrestation. Il peut également exploiter les registres des appels au 911, les résultats balistiques et les bases de données d’identité commerciales. Le réseau de caméras de Flock passe ainsi du simple enregistrement des déplacements des voitures à un véritable moteur de génération de suspects.

    Recherche basée sur le comportement

    Certaines recherches trouvent leur origine dans le travail policier courant, explique WIRED. Un agent peut saisir un numéro d’immatriculation et demander quels véhicules ont été aperçus à proximité. D’autres appliquent la logique inverse. Une requête permet de rechercher des témoins potentiels, en identifiant les véhicules les plus fréquemment observés dans un quartier au cours des 14 derniers jours. Une autre signale les véhicules ayant fréquenté au moins trois magasins en trois jours.

    Parmi les requêtes examinées par WIRED, 19 se concentrent sur des schémas de comportement. Quatorze d’entre elles ne nécessitent ni numéro d’immatriculation, ni nom, ni description physique. Un agent indique un lieu, une période et un comportement, et l’outil renvoie les personnes ou les véhicules qui correspondent. Il peut ensuite associer à un numéro d’immatriculation des noms, des adresses, des proches, des numéros de téléphone et des comptes en ligne. Une requête part des personnes arrêtées plus de deux fois en deux ans. Elle localise leurs domiciles et demande une « analyse approfondie » de trois d’entre elles.

    Ces résultats constituent des pistes, et non des preuves. Un lien déduit entre deux véhicules ne signifie pas que leurs propriétaires se connaissent. Des passages répétés dans un quartier commerçant ne constituent pas une preuve d’infraction. Les détracteurs affirment qu’une requête prédéfinie peut faire passer une correspondance statistique ténue pour un résultat de base de données courant.


    Le point de vue des experts et de Flock

    Chad Marlow, avocat à l’American Civil Liberties Union, a expliqué à WIRED que le danger résidait dans le fait que les agents pourraient « pêcher » des délits. Il a précisé que la formulation d’une instruction déterminait le résultat. « La différence entre un policier qui dit “Voyez-vous des schémas criminels ?” et un autre qui dit “Trouvez-moi des schémas criminels” va produire deux résultats différents. » L’absence de limites imposées aux consignes, a-t-il ajouté, permet à la police de « guider l’IA ». Un ancien policier ayant examiné le logiciel, Noel Pichardo, s’est montré plus direct, affirmant que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ».

    Flock a indiqué que l’outil était encore en cours de développement. Une porte-parole, Paris Lewbel, a déclaré à WIRED qu’OS Investigate était en cours de développement en collaboration avec un petit groupe de partenaires des forces de l’ordre, qu’il s’agissait d’un produit distinct de celui de l’entreprise dédié aux plaques d’immatriculation, et que ses fonctionnalités pourraient évoluer avant une commercialisation à plus grande échelle. L’entreprise n’a pas contesté les fonctionnalités décrites par WIRED.

    Une dérive vers la surveillance

    Ce rapport paraît alors que Flock fait face à des critiques croissantes concernant l’utilisation que fait la police de ses outils existants. Il a été rapporté ce mois-ci qu’au moins 50 agents des forces de l’ordre avaient fait l’objet d’accusations ou de poursuites pour utilisation abusive de la technologie de reconnaissance des plaques d’immatriculation. Les caméras de Flock étaient en cause dans 46 de ces affaires, selon le journal. Parmi ces abus, on compte notamment des agents qui auraient harcelé d’anciens partenaires.

    Le 13 août, Flock a annoncé de nouvelles mesures de sécurité : réduction de la durée de conservation des données par défaut à sept jours, mise en place de verrouillages automatiques en cas d’activité inhabituelle et obligation pour les agents d’associer des codes d’affaire à leurs recherches d’ici fin 2026. Flock a conçu ces contrôles autour des recherches lancées par une personne. OS Investigate ajoute la génération automatisée de pistes et des invites modifiables, que, selon les critiques, les mécanismes de contrôle conçus pour les recherches manuelles pourraient ne pas prendre en compte.

    Un autre projet vise à rendre ces mêmes données accessibles au public. Un site web intitulé « Have I Been Flocked » permet aux conducteurs de vérifier si un opérateur a saisi leur numéro d’immatriculation dans le système. Il s’appuie sur des journaux d’audit que ses organisateurs ont recueillis grâce à des demandes d’accès aux documents publics adressées à plus de 6 500 organismes. Ses organisateurs précisent toutefois que ces données sont incomplètes et souvent expurgées.

    Comment fonctionne vraiment cet outil

    OS Investigate s'inscrit dans la voie que Flock suit depuis des années. L'entreprise s'est diversifiée au-delà des lecteurs de plaques fixes pour se lancer dans les caméras vidéo, la détection de coups de feu, les drones et les logiciels d'appel d'urgence au 911, et OS Investigate est la couche logicielle qui permet d'interroger l'ensemble de ces données de manière intégrée. Le directeur général, Garrett Langley, a déclaré cette semaine au podcast « All-In » que les drones constituent désormais l'activité de l'entreprise qui connaît la croissance la plus rapide.

    Les investisseurs ont soutenu cette expansion. Flock a levé 275 millions de dollars en mars 2025, avec une valorisation de 7,5 milliards de dollars, lors d’un tour de table mené par Andreessen Horowitz, et sa valorisation la plus récente a été estimée à 8,4 milliards de dollars. Ses caméras sont désormais déployées dans plus de 6 000 communes. Les concurrents se lancent à leur poursuite : Axon, par exemple, associe ses propres caméras de reconnaissance des plaques d’immatriculation à une plateforme opérationnelle en temps réel, dans le cadre d’une course plus large visant à regrouper les interventions, les vidéos et les dossiers au sein d’un système policier unique et consultable.

    La résistance commence déjà à influencer les marchés sur lesquels Flock peut vendre ses produits. Plusieurs collectivités, de Mountain View en Californie à Bandera au Texas, ont annulé ou remis en cause leurs contrats, selon WIRED, et une ville du Minnesota a constaté que ses caméras Flock avaient disparu du jour au lendemain. Pour l’instant, le défi de Langley consiste à déterminer si l’entreprise est capable d’intégrer des limites contraignantes au sein d’OS Investigate avant qu’une piste générée par l’IA n’atteigne une personne qui n’a jamais été soupçonnée d’un crime.

    En août 2025, d'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'IA pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.

    En l'espace de quelques années, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d'immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour. Les détracteurs craignent que cela permette aux agents de police de suivre des véhicules sans mandat, ouvrant ainsi la voie à toute une série d'abus de pouvoir potentiels.

    Source : Wired

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette information est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis

    Le PDG d'Amazon Ring affirme que les caméras de sécurité alimentées par l'IA peuvent éliminer la plupart des crimes et s'impliquer davantage en partageant des images pour les enquêtes policières

    Des agents de police sans scrupules ont transformé un réseau national de caméras de surveillance en un outil de harcèlement, au moins 50 agents des forces de l'ordre inculpés pour utilisation abusive
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  9. #9
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Traductrice Technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    3 135
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : Traductrice Technique

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 3 135
    Par défaut Un policier utilise les caméras de Flock pour communiquer à un agresseur la localisation exacte de sa victime
    La réalité terrifiante de la mise à disposition de technologies de surveillance de masse non réglementées à la police : un policier licencié pour une utilisation abusive de la base de données des caméras Flock

    Une nouvelle affaire choquante en Californie a mis au jour une énorme lacune juridique qui permet à des agents sans scrupules de rester en liberté. Un policier de San José a récemment été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety de la ville pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position en temps réel directement à son agresseur présumé. Conséquence directe de ce scandale, le service affirme que les agents ont désormais strictement l’interdiction d’accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. Malgré cette grave atteinte à la sécurité publique et ce harcèlement numérique flagrant, l’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a simplement été licencié, et non arrêté.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est une société américaine privée spécialisée dans la fabrication et l’exploitation de matériel et de logiciels de surveillance, notamment la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), la vidéosurveillance de masse, les systèmes de localisation des coups de feu et les logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l'ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En juillet 2026, Flock affirmait être présente dans plus de 6 000 collectivités réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois.

    Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, la reconnaissance d’images et l’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police. Cependant, Flock Safety fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    En juin 2025, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) avait déjà révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (ALPR) pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

    Des révélations qui n’ont fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. Un nouveau rapport vient s'ajouter à cette liste. Quelques jours seulement après l’arrestation d’agents en Floride et à New York pour avoir détourné des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) à des fins de harcèlement personnel, une nouvelle affaire choquante en Californie a mis au jour une énorme lacune juridique qui permet à des agents sans scrupules de rester en liberté. Un policier de San José a récemment été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety de la ville pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position en temps réel directement à son agresseur présumé.


    Un policier a accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position à son agresseur présumé

    Cet effroyable abus de pouvoir a été découvert après que la victime a signalé à la police que son agresseur présumé affirmait connaître sa position exacte. « Le policier a utilisé son téléphone personnel pour accéder au système de caméras Flock », précise le rapport. « Il a ensuite communiqué la position d’un véhicule à son cousin, qui était suspect dans une affaire de violence conjugale. » Le cousin a alors activement utilisé ces données de localisation en temps réel, extrêmement sensibles, pour traquer la victime.

    Le service a immédiatement mis le policier en congé administratif et ouvert une enquête interne. Dans une déclaration publique ferme, le chef de la police de San José, Paul Joseph, a condamné ces agissements : « Lorsqu’un agent trahit aussi gravement la confiance du public, ma responsabilité est claire : cette personne ne peut pas rester à un poste d’autorité policière, et elle ne peut pas porter l’insigne de San José. Cette technologie est nouvelle ; la norme, elle, ne l’est pas ».

    Conséquence directe de ce scandale, le service affirme que les agents ont désormais strictement l’interdiction d’accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. Malgré cette grave atteinte à la sécurité publique et ce harcèlement numérique flagrant, l’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a simplement été licencié — et non arrêté. « Ni le cousin ni l’agent n’ont fait l’objet de poursuites pénales », a noté le rapport.

    Comment un agent peut-il aider activement un suspect de violence conjugale à harceler une victime sans enfreindre la loi ? Tout repose sur une terrifiante subtilité juridique dans la législation californienne sur la protection de la vie privée. Comme l’agent était un membre assermenté des forces de l’ordre, il « avait techniquement l’autorisation d’accéder à la base de données ; même s’il en a fait un usage abusif, il n’a pas commis de crime ». Steven Clark, analyste juridique et ancien procureur, a expliqué cette dangereuse lacune juridique. « Il existe une faille juridique concernant Flock : il est illégal d’accéder à une base de données pénale confidentielle sans motif légitime, mais Flock n’est pas concerné par cette disposition », a déclaré Clark.

    La législation sur la protection de la vie privée n'arrive pas à suivre les cas d'abus

    Alors que le bureau du procureur du comté de Santa Clara a refusé de porter plainte, un autre rapport confirme que le service de police de San José a transmis l’affaire à la Commission sur les normes et la formation des agents de la paix (POST), qui détient le pouvoir de révoquer définitivement son habilitation à exercer dans tout l’État. Cet incident terrifiant est en passe de devenir la « preuve n° 1 » pour les associations de défense de la vie privée numérique qui luttent contre la surveillance municipale. L’Institute for Justice a récemment souligné qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé, citant plus de 140 cas documentés à l’échelle nationale d’agents ayant abusé des bases de données ALPR, souvent pour suivre des partenaires amoureux ou des victimes de violences.

    San José est déjà confrontée à une avalanche de poursuites judiciaires concernant les quelque 500 caméras Flock qui couvrent toute la ville. L’ACLU de Californie du Nord et l’Electronic Frontier Foundation (EFF) ont apporté leur soutien à des actions en justice arguant que la surveillance rétrospective des citoyens viole les droits constitutionnels. Dans le même temps, les efforts législatifs visant à combler cette lacune restent complètement au point mort.

    Malgré le nombre croissant de cas d’abus liés à l’ALPR à travers le pays, les législateurs californiens ont récemment ajourné leurs travaux pour la cinquième année consécutive sans imposer de nouvelles garanties strictes concernant la technologie de lecture des plaques d’immatriculation, laissant ainsi des millions de conducteurs exposés à ce type précis de traçage abusif qui a failli coûter la vie à une victime de violence conjugale à San José.

    Avec le manque de régulation, la population est tentée à se faire justice. En l'espace de quelques années, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d'immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour.

    En outre, ces révélations interviennent alors qu'une nouvelle enquête a montré que Flock Safety a mis au point un outil capable de reconnaître, d'identifier, et de suivre des individus. La société a affirmé depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus », mais ce système d'intelligence artificielle (IA) permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d'immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ. L'enquête a reconstitué l'outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Un ancien policier ayant examiné le logiciel a affirmé que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ». Un outil d'IA qui a ouvert la voie à toute une série d'abus de pouvoir potentiels.

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    La société de surveillance Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police lorsqu'elle estime que ses déplacements sont « suspects », d'après l'ACLU

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices

    Les forces de police aux USA craignent que les lunettes connectées de Meta ne soient utilisées pour les filmer à leur insu. Ces agences surveillent le public sans relâche, mais ne veulent pas être surveillées
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  10. #10
    Chroniqueur Actualités
    Avatar de Anthony
    Homme Profil pro
    Rédacteur technique
    Inscrit en
    Novembre 2022
    Messages
    2 396
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : France, Gironde (Aquitaine)

    Informations professionnelles :
    Activité : Rédacteur technique

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2022
    Messages : 2 396
    Par défaut La police analyse des milliers de caméras Flock en indiquant comme motif de recherche "PTDR", "jsp" et "Hehe"
    Les policiers passent au crible des milliers de caméras Flock en indiquant comme motif de recherche des expressions comme "PTDR", "jsp" et "Hehe", traitant la surveillance de masse comme une plaisanterie

    Les services de police des États-Unis effectuent des recherches dans des bases de données de surveillance de masse à partir de termes tels que « LMAO », « hehe » et « idk », selon une nouvelle analyse réalisée par l’Electronic Frontier Foundation (EFF) à partir des journaux d’audit des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) de Flock Safety. En mai 2025, un agent du service de police de Goshen, dans l’Indiana, a effectué à lui seul une recherche dans 6 474 réseaux de lecteurs ALPR, soit 82 413 caméras, en indiquant « idk » (pour « I don't know », soit « je ne sais pas ») comme motif. Ce cas est loin d’être isolé : partout dans le pays, des agents ont justifié des recherches de données sensibles par des mentions telles que « LOL », « sexy » ou encore en tapant au hasard sur leur clavier. Cette pratique s’inscrit dans une longue série d’abus avérés — harcèlement, surveillance de manifestations, profilage ethnique — liés à l’utilisation des systèmes ALPR. En l’absence d’obligation de mandat et avec un contrôle minimal, cette technologie, vendue aux conseils municipaux comme un outil de lutte contre les crimes graves, est devenue, selon l’EFF, un système de surveillance de masse « incompatible avec une société libre » que la police utilise comme un moteur de recherche personnel.

    L'Electronic Frontier Foundation est la principale organisation à but non lucratif qui défend les libertés civiles dans le monde numérique. Fondée en 1990, l'EFF défend la vie privée des utilisateurs, la liberté d'expression et l'innovation par le biais de recours judiciaires stratégiques, d'analyses politiques, d'actions militantes sur le terrain et de développements technologiques. La mission de l'EFF est de veiller à ce que la technologie soit au service de la liberté, de la justice et de l'innovation pour tous les citoyens du monde.

    L'analyse de l'EFF intervient alors que Flock Safety est désormais confronté à une résistance civile sans précédent. Des rapports récents ont en effet révélé que des agents de police sans scrupules ont transformé le réseau national de caméras de surveillance de l'entreprise en un outil de harcèlement ; au moins 50 agents des forces de l'ordre ont été inculpés pour utilisation abusive. Contrairement aux affirmations de Flock Safety selon lesquelles son système n'enregistrerait que des véhicules, ses caméras permettent donc bel et bien de traquer et de harceler des individus. Cette découverte a renforcé la méfiance du public, déjà alimentée par plus d'une douzaine de cas documentés.

    L'un des cas les plus édifiants recensés par l'EFF est celui révélé en 2025 : un policier du bureau du shérif d'un comté du Texas avait utilisé plus de 83 000 caméras de surveillance pour retrouver une femme qui aurait avorté sans assistance médicale. L'agent avait interrogé pas moins de 6 809 réseaux de caméras Flock Safety, y compris dans des États comme Washington ou l'Illinois, où le droit à l'avortement est pourtant protégé par la loi.

    Petite devinette : pourquoi un agent du commissariat de Goshen a-t-il effectué une recherche dans 6 474 réseaux de lecture automatique des plaques d'immatriculation (ALPR), représentant les données de 82 413 caméras, le 7 mai 2025 ? Si votre réponse est « Je ne sais pas », il s'avère que vous avez tout à fait raison. L'agent a laissé les lettres « idk » (pour « I don't know », soit « je ne sais pas ») dans le champ de recherche où les policiers sont censés indiquer le motif de la recherche.

    Lorsque les forces de l'ordre et les commerciaux du secteur technologique présentent les systèmes ALPR aux conseils municipaux, ils suivent un scénario bien rodé. Ils vantent les mérites de cette technologie, souvent fournie par des entreprises privées telles que Flock Safety, Motorola Solutions ou Axon, en la présentant comme un outil indispensable pour élucider des crimes graves, tels que les vols de voiture, les enlèvements ou les meurtres.

    Mais lorsqu’on fait abstraction des arguments soigneusement préparés, les données continuent de révéler une réalité bien différente. Une analyse réalisée par l’EFF sur les journaux de recherche ALPR des systèmes Flock Safety montre que des agents de police à travers tout le pays espionnent les conducteurs pour des « raisons » totalement absurdes. La police interroge régulièrement la base de données Flock sans fournir aucune justification légitime, bafouant ainsi les libertés civiles des citoyens en invoquant des motifs tels que « LOL » (abréviation de « laugh out loud »), « LMAO » (abréviation de « laughing my ass off »), « sexy » et « idk » (abréviation de « I don’t know ») pour accéder à des données de localisation sensibles issues de l’ALPR.

    Et dans certains cas, les agents se contentent d'appuyer frénétiquement sur les touches du clavier au lieu d'expliquer clairement la nature de leurs recherches.


    Flock Safety affirme avoir amélioré son système en obligeant les agents à sélectionner un motif parmi une liste déroulante avant de lancer une recherche – mais cela ne fait que permettre aux agents de dissimuler plus facilement les recherches abusives sous le couvert d'une apparence d'uniformité. Le système n'exige pas de preuve attestant que le motif sélectionné dans la liste déroulante correspond effectivement à l'objectif réel de la recherche.

    En l’absence d’obligation de mandat, avec des garde-fous limités et des processus d’audit insuffisants, les bases de données ALPR ont favorisé une culture d’accès illimité aux informations de localisation de chacun. Cette culture d’abus a permis à la police de traiter un réseau de surveillance de masse comme son propre moteur de recherche personnel, autorisant le suivi des déplacements de citoyens lambda pour des plaintes mineures, des caprices personnels et, parfois, semble-t-il, juste pour s’amuser.

    Une culture d'abus bien documentée

    L'utilisation abusive des systèmes ALPR n'est pas un phénomène nouveau ; elle fait la une des journaux depuis plus d'un an. Plusieurs rapports ont déjà révélé que des agents abusent régulièrement de ces systèmes pour harceler d'anciens ou de potentiels partenaires. Des systèmes ALPR ont été utilisés pour surveiller des manifestations, ce qui peut avoir un effet dissuasif sur la liberté d'expression protégée par le Premier amendement. Des agents ont également tenté d'utiliser un système ALPR pour retrouver la trace d'une femme souhaitant avorter.

    En général, c'est grâce à des documents appelés « audits de réseau » que l'on prend connaissance de ces utilisations ; il s'agit de longs tableaux qui répertorient toutes les recherches effectuées sur le système d'une agence. Il n'est pas rare que même une petite agence dispose d'un registre contenant des millions de recherches provenant de milliers d'agences externes à travers les États-Unis.

    L'EFF a également déjà mis au jour un profilage systémique effroyable : plus de 80 services de police utilisent des termes tels que « Roma » et « g*psy » pour cibler les personnes d'origine rom, souvent sans même mentionner de crime présumé. Et lorsque la police n’utilise pas les systèmes ALPR à des fins de harcèlement ou de profilage, elle y a systématiquement recours pour des enquêtes de très faible importance : vérifier si un élève réside dans une zone scolaire spécifique, effectuer des vérifications d’antécédents professionnels, donner suite à des plaintes pour musique trop forte, ou cibler un motard simplement parce qu’il tient un téléphone portable à la main.

    Mais, d’une manière ou d’une autre, la situation empire encore.

    L'absurdité des motifs de recherche documentés

    L'analyse réalisée par l'EFF sur les données de recherche ALPR de Flock Safety, obtenues grâce à des demandes d'accès aux documents publics, a mis en lumière une tendance inquiétante. En l'absence de contrôle judiciaire, les agents saisissent des termes ridiculement futiles pour justifier leurs recherches. Voici un petit aperçu de ce que la police considère comme une « raison » suffisante pour suivre le véhicule d'une personne :

    La surveillance, une plaisanterie

    • Les agents du service de police de Barberton (Ohio) ont effectué de nombreuses recherches entre mars 2024 et mai 2026, en indiquant « LOL » ou « lol » comme motif.
    • Les agents du bureau du shérif du comté de Harris (Texas) ont effectué plusieurs recherches entre avril et mai 2026, en indiquant « LOL » ou « lol » comme numéro de dossier.
    • Les agents du département du shérif du comté de Lake (Indiana) ont effectué des recherches en juillet 2025 sur le terme « LMAO ».
    • Les agents du service de police de Richmond (Californie) ont effectué plusieurs recherches en novembre 2024 sur le terme « Hehe ».
    • Les agents du département du shérif du comté de Riverside (Californie) ont effectué des recherches en 2024 sur le terme « Haha ».

    Nom : flock camera EFF fig 1.png
Affichages : 1130
Taille : 38,7 Ko

    L'approche « Je ne sais pas, je m'en fiche »

    • Les employés du bureau du shérif du comté de Kankakee (Illinois) ont effectué des recherches (2023-2025) sur les expressions « idk » (je ne sais pas) ou « idk lol ».
    • Le service de police de Goshen (Indiana) a effectué des recherches (mai-juin 2025) sur l'expression « idk ».
    • En mai 2025, le service de police de Fishers (Indiana) a effectué des recherches sur le terme « blah ».
    • Un employé du service de police de Pasco (Washington) a recherché au moins quatre numéros de plaque d'immatriculation différents, en indiquant dans le champ « motif » : « vol, je ne me souviens plus du numéro de dossier, laissez-moi tranquille ».
    • Le département du shérif de San Diego (Californie) a effectué des recherches en mai 2025 en indiquant « idk » dans le champ « motif ».
    • Plus de 30 services ont effectué plus de 6 300 recherches en indiquant « TBD » (abréviation de « To Be Determined », c'est-à-dire « à déterminer ») comme « motif ». Parmi celles-ci figuraient le Département de la sécurité publique de l’Arizona, le service de police de Manteca (Californie) et le service de police de Baton Rouge (Louisiane). À lui seul, le service de police de Priceville (Alabama) a effectué 1 954 recherches avec la mention « TBD » comme motif.

    Insultes et recherches inappropriées

    • Le service de police de Belton (Missouri) a effectué des recherches (août-septembre 2024) sur le terme « d*ckhead ».
    • Un employé du service de police de Manteca (Illinois) a effectué des recherches en juin 2024 sur le terme « sh*thead ».
    • Un employé du service de police de Norton (Massachusetts) a effectué des recherches en décembre 2024 sur le terme « Sexy ».
    • Des employés du service de police de Corona (Californie) ont effectué des recherches (entre 2023 et 2025) sur les termes « weird » (bizarre) ou « WEIRD KID » (gamin bizarre).
    • En octobre 2025, des agents du service de police de Thornton (Colorado) ont effectué plusieurs recherches sur l’expression « conduire en se comportant bizarrement ».
    • Un agent du service de police de Columbus (Ohio) a effectué des recherches en 2023 sur le terme « idiot ».
    • Un agent du service de police de Michigan City (Indiana) a effectué des recherches en juin 2025 en saisissant « f*ck ce nouveau moteur de recherche ».

    Appuyer frénétiquement sur les touches du clavier

    L'une des découvertes les plus inquiétantes faites par l'EFF dans les données d'audit du réseau est le grand nombre de « motifs » qui semblent n'être rien d'autre que le résultat d'un agent appuyant au hasard sur des touches. Il s'agit généralement d'une longue suite de caractères absurde provenant de la même ligne ou de la même zone du clavier.

    Nom : flock camera EFF fig 2.png
Affichages : 1093
Taille : 59,4 Ko

    Par exemple :

    • Un employé du service de police d'Eatonton (Géorgie) a effectué des recherches en indiquant comme motif des chaînes de caractères telles que HJKNUILH, uiokjk.kuj, GJLHBNMN, hjhbnmg et iuohjk.
    • Un employé du service de police d'Atlanta (Géorgie) a effectué des recherches en indiquant « asdfga » comme motif.
    • Des employés du bureau du shérif du comté de Bay (Floride) ont effectué des recherches en indiquant des motifs tels que ;'lkjh, /lkjh et lkjhg.
    • Un employé du bureau du shérif du comté de Brown (Wisconsin) a effectué des recherches en saisissant des motifs tels que « gyghkkghghjkghjk », « ggyjgyujdsrdghdfhjkghjghk », « HJHJKLHLKHJK », « hjjkjkhjkljk » et « JHLJKHHJKL ».
    • Un employé du bureau du shérif du comté de Lake (Ohio) a effectué des recherches en indiquant des motifs tels que « asdfg » et « ghjkl », tandis qu'un deuxième agent a effectué une série de recherches qui commençaient par le mot « investigation » mais qui se sont ensuite transformées en une succession aléatoire de touches, notamment : Investigatafy, Investigatafyd, Investigatafydl, Investigatafydlh, investigatafydlhj, investigatafydlhji, investigatafyfdlhji, investigatafyfdlhjigkfgty, investigatafyfdlhjigkfgtyy, investigatafyfdlhjij, investigatafyfdlhjik, investigatafyfdlhjikf, investigatafyfdlhjikfg, investigatafyfdlhjikfgty, investigatafyfdlhjikfgy et investigatafyfdlhjiy.
    • Le service de police de Moore (Oklahoma) a effectué des recherches en utilisant des motifs tels que « jhjhjkhj », « jhjkhjh », « jhjkhjkh », « jkhhkjhjk », « Jkhjkhj », « Jkhjkhjk », « Jkhjkhjkh », « jkhjkhkjh », « jkjkhjkh », « kjjkhjk », « loiuiou », « ukjhjkh » et « ulkuiou ».
    • Un employé du service de police de Westlake (Ohio) a effectué des recherches en indiquant comme motifs « fghjkl », « ghjkl » et « lkjhg ».
    • Un employé de la police d'État du Kentucky a effectué des recherches en indiquant comme motifs « mhghjk », « mhgnhjkj », « nbvcxcvbn », « nmbvcbnm » et « sdfghj ».

    Il est difficile, selon l'EFF, d'imaginer une situation dans laquelle ces caractères pourraient constituer un code policier valide. En revanche, on peut facilement imaginer qu'un agent prenne des raccourcis dans un champ de saisie dont il sait que personne ne vérifie le contenu, surtout s'il utilise l'application Flock Safety depuis son téléphone tout en conduisant.

    Comment les services de police ont réagi

    Face à ces recherches manifestement peu sérieuses, les services de police ont multiplié les réponses évasives et les excuses d'ordre administratif.

    En réponse à la demande de commentaires formulée par l'EFF, le service de police de Thornton (Colorado) a affirmé que le système n'obligeait pas les agents à choisir parmi une liste prédéfinie à l'époque, mais que c'était le cas aujourd'hui. Il a également procédé à un audit des recherches portant sur les « comportements étranges au volant », affirmant qu'elles avaient toutes été effectuées à des « fins légitimes de sécurité publique ».

    D'autres services de police contactés par l'EFF pour obtenir leurs commentaires ont fait part des éléments suivants :

    Le service de police de Richmond (Californie) a déclaré que les agents impliqués dans les recherches portant sur les termes « Hehe » et « idk » avaient fait l’objet d’un « entretien disciplinaire ».

    Le service de police de Corona (Californie) a indiqué que les agents ayant effectué des recherches sur le terme « WEIRD KID » ne travaillaient plus pour la ville pour des raisons sans rapport avec cette affaire.

    Le service de police de Columbus (Ohio) a invoqué sa convention collective, précisant que son inspecteur général n'était compétent que pour enquêter sur les incidents survenus au cours des 90 derniers jours, ce qui a permis à l'agent ayant effectué une recherche sur le terme « idiot » en 2023 d'échapper à toute sanction.

    Le service de police de Belton (Missouri) a promis de mener une « enquête approfondie » sur les recherches avec la mention « d*ckhead » en s'appuyant sur les règles syndicales et les politiques du personnel en vigueur.

    Le service de police de Manteno (Illinois) a déclaré qu'il allait « examiner minutieusement ces recherches et les circonstances qui les entourent » et « prendre toutes les mesures jugées appropriées au vu des faits et des circonstances ».

    Le service de police de Manteca (Californie) a déclaré : « Depuis le début de l’année 2026, notre personnel a reçu pour consigne d’indiquer, dans le champ « motif » des recherches effectuées via le système ALPR, l’objectif de maintien de l’ordre justifiant la recherche, et qu’il n’est pas acceptable d’y inscrire « TBD ». Le porte-parole a ajouté : « La présence de la mention « TBD » dans le champ « motif » lors de recherches antérieures ne doit pas, en soi, être interprétée comme signifiant que la recherche en question a été effectuée sans motif légitime lié à l’application de la loi ou qu’un soupçon raisonnable était requis. »

    La police de Fishers (Indiana) a déclaré que l'inspecteur qui avait recherché le terme « blah » l'avait fait « lorsqu'il rencontrait des difficultés avec la technologie » et que ce terme « est utilisé lorsqu'il utilise activement la technologie pour résoudre une affaire criminelle et que celle-ci ne fonctionne pas assez vite à son goût ». Le service a précisé qu'« on lui a demandé d'utiliser le terme « test » à l'avenir ».

    Le service de police du comté de Cobb (Géorgie) a reconnu que « TBD » signifiait « À déterminer » et ne constituait plus un motif de recherche valable. « Nous avons mis en place une nouvelle politique, entrée en vigueur après les dates mentionnées dans votre audit, qui exige désormais, en plus d'une infraction pénale et d'un motif, un numéro de dossier pour toute recherche effectuée sur FLOCK », a déclaré le service de police à l'EFF.

    Le département du shérif du comté de San Diego indique avoir examiné les cas où la mention « idk » avait été utilisée et avoir conclu qu’« une enquête en cours était liée à ces recherches ». Le département a expliqué que cela s’expliquait par le fait que le champ « motif » était facultatif à l’époque (ce qui était vrai au niveau logiciel), mais que la loi californienne impose depuis 2015 aux agents de consigner le motif de leur accès aux données ALPR. Le porte-parole du shérif précise que le champ « motif » est désormais obligatoire et qu’il s’accompagne d’un menu déroulant.

    La fausse excuse de la « mise à jour des fonctionnalités » du menu déroulant

    L'EFF indique que sous prétexte de rationaliser les journaux d’audit, Flock Safety a annoncé fin 2025 qu’elle allait remplacer le champ de recherche libre obligatoire « motifs » par un menu déroulant prérempli proposant des catégories d’infractions génériques. Depuis cette mise à jour, les agents ne sont plus tenus de saisir la raison pour laquelle ils consultent l'historique des déplacements d'un conducteur ; ils peuvent désormais sélectionner en une demi-seconde une option prédéfinie telle que « Infraction au code de la route » ou « Autre ».

    Le fait de remplacer l'obligation de justifier la raison de la recherche par des recherches en un clic constitue un recul en matière de transparence, selon l'EFF. Cette mesure pourrait également expliquer pourquoi les journaux d'audit, notamment ceux mis en avant plus haut, ont considérablement diminué depuis le début de l'année 2026.

    Le point essentiel, c'est notre vie privée

    L'EFF fait valoir que ce type d'enregistrements va à l'encontre de la transparence, sape la responsabilité et ne répond absolument pas à ce qu'exigent de nombreuses juridictions en vertu de la loi ou des politiques en vigueur : « un motif valable justifiant la fouille ». Selon l'EFF, cette situation persiste parce que la police utilise les systèmes de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (ALPR) comme un moyen pratique de contourner les garanties constitutionnelles en matière de vie privée.

    Nom : flock camera EFF fig 3.png
Affichages : 265
Taille : 152,8 Ko

    L'EFF souligne que dans d'autres contextes, tels que la recherche d'informations de localisation de téléphones portables, la police doit s'adresser à un juge, démontrer l'existence d'un motif raisonnable et obtenir un mandat de perquisition. Mais comme la législation et les tribunaux n'ont pas suivi le rythme des avancées technologiques en matière de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (ALPR), la police ne procède pas de la même manière avant de consulter les bases de données ALPR. Au contraire, affirme l'EFF, elle dispose d'une liberté totale pour suivre les déplacements d'une personne sans le moindre contrôle judiciaire.

    Comme le souligne l'EFF concernant l'utilisation de la surveillance ALPR pour des enquêtes de moindre importance, si un chef de police se présentait devant un conseil municipal et demandait l'autorisation d'installer des centaines de caméras dans le seul but de permettre à ses agents d'enquêter sur le grave délit consistant à dire « haha », il serait chassé de la salle sous les rires. Il en irait de même si un agent demandait à un juge de signer un mandat pour retrouver quelqu'un pour avoir dit « LOL ».

    Le fait que ces recherches aient échappé non seulement à l'agence chargée de superviser cet agent, mais aussi aux milliers d'autres agences dont les systèmes ont été consultés, montre qu'il est aujourd'hui difficile de compter sur les agences pour s'autocontrôler.

    « La surveillance de masse est incompatible avec une société libre, d’autant plus lorsque les personnes ayant accès à ces données les traitent comme une plaisanterie. Cette surveillance de masse par reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR) — la collecte et la conservation aveugles et continues des données de localisation de chaque conducteur, indépendamment de tout soupçon — ne devrait pas exister », a déclaré l'EFF. « Mais comme c’est le cas, l’EFF continue d’exhorter les tribunaux et les assemblées législatives des États à intervenir immédiatement et à imposer des restrictions strictes et applicables pour mettre un frein à ces abus. Au minimum, cela implique d’imposer des délais stricts pour la suppression des données et une obligation de mandat judiciaire à toute épreuve. »

    Si la police souhaite disposer du pouvoir de suivre les déplacements d'une personne, elle doit être tenue de convaincre un juge en lui présentant des preuves et en invoquant un motif raisonnable. Elle ne devrait pas pouvoir contourner la Constitution sous prétexte d'une recherche portant sur « haha ».

    L'EFF fait valoir que si la police souhaite disposer du pouvoir de suivre les déplacements d'une personne, elle doit être tenue de convaincre un juge en lui présentant des preuves et un motif raisonnable. L'organisation ajoute que les forces de l'ordre ne devraient pas pouvoir contourner la Constitution sous prétexte d'une recherche portant sur « haha ».

    Les cas d'utilisation rapportés par l'EFF ne sont malheureusement pas isolés, comme en témoigne un incident récent survenu en Californie. Un policier de San José a récemment été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock de la ville pour localiser une victime de violences conjugales, puis avoir transmis sa position en temps réel à son agresseur présumé. À la suite de ce scandale, le service de police a désormais interdit à ses agents d'accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. L'agent en question, dont l'identité n'a pas été révélée, a toutefois simplement été licencié, sans faire l'objet d'aucune poursuite pénale.

    Face à l'accumulation de ces dérives, la contestation ne se limite plus aux tribunaux ou aux rapports d'ONG : elle s'exprime désormais physiquement sur le terrain. Alors que Flock Safety a déployé plus de 100 000 caméras de reconnaissance de plaques sur le territoire américain, un mouvement citoyen s'est organisé pour vandaliser ces dispositifs, jugés dangereux pour la vie privée et les libertés civiles. Le groupe Facebook « DeFlock America », fort de plus de 600 000 membres et en croissance constante, illustre l'ampleur de cette contestation, portée par la crainte que ces caméras permettent un suivi des véhicules sans mandat et ouvrent la porte à de multiples abus de pouvoir.

    Source : Electronic Frontier Foundation (EFF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous les conclusions de cette étude de l'EFF crédibles ou pertinentes ?

    Voir aussi :

    Bien qu'il affirme le contraire depuis des années, Flock développe un système IA capable de reconnaître, identifier et suivre des individus, à partir des schémas de déplacement des véhicules

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis

    Les lecteurs de plaques d'immatriculation peuvent désormais suivre votre téléphone grâce à une nouvelle technologie de surveillance qui transforme les caméras routières en outils de pistage plus performants
    Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  11. #11
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Traductrice Technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    3 135
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : Traductrice Technique

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 3 135
    Par défaut La police s'est servie d'images de caméras de surveillance pour emprisonner une femme innocente pendant 13 jou
    La police s'est servie d'images de caméras de surveillance pour emprisonner une femme innocente pendant 13 jours : « J'ai cru que ma vie était finie »

    Une image captée par une caméra Flock a conduit des agents de la police routière à emprisonner une femme innocente pendant 13 jours. Mais les recherches menées par son avocat ont déclenché une nouvelle enquête qui avait confirmé que la voiture n'était pas impliquée dans l’accident. Flock Safety a déclaré dans un communiqué que sa technologie n’avait jamais été en cause dans cette affaire. La femme ne poursuit pas Flock en justice et a déclaré qu’elle tenait davantage pour responsables les agents qui ont utilisé cette technologie que les caméras elles-mêmes. Mais elle continue de les détester : « Ce serait bien si elles n’existaient pas ».

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est une société américaine privée spécialisée dans la fabrication et l’exploitation de matériel et de logiciels de surveillance, notamment la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), la vidéosurveillance de masse, les systèmes de localisation des coups de feu et les logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l'ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En juillet 2026, Flock affirmait être présente dans plus de 6 000 collectivités réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois.

    Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, la reconnaissance d’images et l’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police. Cependant, Flock Safety fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    En juin 2025, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) avait déjà révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (ALPR) pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

    Un nouveau rapport vient s'ajouter à cette liste de révélations, qui ne fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. Lindsey Isaacs dormait dans son appartement lorsque des agents de la police routière de Floride ont commencé à frapper violemment à sa porte, prêts à annoncer qu’ils la soupçonnaient d’être responsable de la mort de trois personnes. Leurs preuves : des images du véhicule de madame Isaacs capturées par une caméra Flock Safety près du lieu de l’accident à Deland, en Floride, ainsi que des « marques » sur le Durango qui, selon eux, étaient « compatibles avec les dégâts » subis par les véhicules percutés.

    « J’ai cru qu’on me tendait un piège. Je ne comprenais pas ce qui se passait », a déclaré Isaacs. En raison des images de sa plaque d’immatriculation et d’allégations concernant des preuves matérielles qui s’avéreraient inexistantes, elle a passé 13 jours en prison après avoir été arrêtée et s’être vu refuser la liberté sous caution pour des crimes qu’elle n’avait pas commis. Flock affirme que sa technologie n’est qu’un outil d’enquête et qu’il appartient aux forces de l’ordre d’identifier correctement les auteurs lors de la prise de décision d’arrestation, mais les détracteurs affirment qu’un contrôle limité met des innocents en danger.


    Soupçonnée en raison des images de sa plaque d’immatriculation capturées par une caméra Flock Safety

    Alors qu’elle se trouvait devant son domicile de Palm Coast, en Floride, aux premières heures du 5 octobre 2025, deux agents de la police d’État de Floride ont affirmé que la Dodge Durango d’Isaacs avait été aperçue la nuit précédente en train de rouler à plus de 160 Km par heure sur l’Interstate 4, effectuant des embardées « agressives » et provoquant finalement un accident mortel impliquant plusieurs véhicules avant de prendre la fuite dans la nuit.

    Le véhicule de Isaacs a été saisi et retenu pendant des mois, mais ce n’est que dix semaines après qu’elle eut déposé une requête pour récupérer sa voiture, en avril de cette année, que les choses ont commencé à bouger. Mais au lieu de récupérer sa voiture, Isaacs a été incarcérée le 17 avril à la prison du comté de Volusia, accusée de trois chefs d’homicide involontaire au volant et de trois chefs de délit de fuite après un accident mortel — des infractions passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité.

    Ce sont également des crimes que Lindsey Isaacs n’a pas commis. « Souvent, on a affaire à des cas où, vous savez, une personne vous dit : “Oh, je n’ai rien fait”, mais elle était bien là, et elle ajoute : “Oh non, je n’ai pas changé de voie”, ou quelque chose de ce genre. Elle s’est mise dans cette situation, mais sans rien faire », a déclaré l’avocat de Lindsey Isaacs, Patrick McGeehan. « Dans le cas de Lindsey, rien n’indiquait qu’elle ait jamais été sur les lieux. »

    Une enquête menée par le bureau du procureur général de Floride a révélé que c’était une Dodge Durango qui avait provoqué l’accident mortel en chaîne du 4 octobre 2025 — une voiture de couleur bordeaux, comme le prouvent les traces de peinture retrouvées sur l’un des véhicules percutés. La Durango de Lindsey Isaacs est noire.

    « Ils disposaient de trois descriptions correspondant à trois véhicules différents », a déclaré McGeehan à propos des enquêteurs initiaux. « Ils avaient un témoin qui parlait d’une Dodge Durango noire, un autre d’une Dodge Durango blanche, et un troisième d’une Dodge Durango bordeaux dont il avait vu une partie de la plaque d’immatriculation. Pour une raison quelconque, [la patrouille routière de Floride] ne s’est jamais intéressée à autre chose qu’à la Dodge Durango noire. »

    « Ils se sont focalisés sur cette Dodge Durango noire, au détriment de tout le reste »

    D’après l’acte de mise en détention utilisé pour incarcérer Isaacs pendant 13 jours — ainsi que celui utilisé pour arrêter un suspect après l’innocence d’Isaacs —, les agents de l’unité d’enquête sur les homicides routiers de Deland ont effectué une recherche dans les images des caméras Flock de la zone, à la recherche spécifique d’un Durango noir aux alentours de l’heure de l’accident. « Ils se sont focalisés sur cette Dodge Durango noire, au détriment de tout le reste », a déclaré McGeehan.

    Les images et les données du réseau Flock ont conduit les enquêteurs jusqu’à la porte d’entrée d’Isaacs, les caméras ayant capturé ses déplacements tout au long de la soirée, notamment une caméra située à 5 km à l’ouest du lieu de l’accident. McGeehan et son client ont déclaré qu’ils estimaient que les données du réseau Flock n’avaient pas été utilisées comme piste d’enquête, mais plutôt comme une preuve prétendument définitive de la culpabilité d’Isaacs. « C’est clairement un biais de confirmation, au plus haut degré », a déclaré McGeehan.

    Une plainte civile déposée par Isaacs contre les deux agents chargés de l’enquête allègue non seulement que l’enquête a été insuffisante et que les éléments de preuve indiquant l’innocence d’Isaacs ont été ignorés, mais aussi que les agents ont même fait de fausses déclarations dans les documents juridiques et devant le tribunal afin d’étayer une conclusion suggérée par les données du système de reconnaissance des plaques d’immatriculation. « Oh, il y a eu un échec majeur. Un échec majeur du travail de la police. Un échec majeur des compétences élémentaires en matière d’enquête », a déclaré McGeehan.

    Flock Safety affirme que sa technologie n’avait jamais été en cause dans cette affaire

    Flock Safety a déclaré dans un communiqué que sa technologie n’avait jamais été en cause dans cette affaire — et a mis en avant une affirmation figurant dans la plainte civile d’Isaacs selon laquelle les données de Flock auraient dû disculper Isaacs au lieu de l’impliquer, arguant qu’elles montraient en réalité qu’elle se trouvait à 5 km du lieu de l’accident deux minutes avant le premier appel au 911.

    Un porte-parole a déclaré : « Les caméras Flock fournissent des pistes d’enquête ; elles n’identifient pas les auteurs, ne déterminent pas la culpabilité et ne prennent pas de décisions d’arrestation. En réalité, la plainte elle-même qualifie les preuves fournies par Flock de « disculpatoires, et non incriminantes », ce qui signifie que ces preuves écartaient Mme Isaacs de toute implication plutôt que de la mettre en cause : elles situaient précisément son véhicule à trois miles du lieu de l’accident, deux minutes seulement avant celui-ci. Présenter son arrestation comme le résultat de la technologie Flock déforme fondamentalement tant les allégations que le rôle joué par notre technologie dans cette affaire. »

    Cependant, parmi les critiques croissantes à l’encontre de l’entreprise et de sa technologie, certaines allégations soulignent que l’étendue du réseau de caméras et les outils d’intelligence artificielle conçus pour « relier les points » augmentent le risque de conclusions erronées fondées sur des preuves fragiles. Une situation qui provoque un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée et ripostant — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour.

    Des personnes interpellées par la police ou arrêtées en raison d’erreur dans les données capturées

    Dans certains cas, des personnes ont été interpellées par la police ou arrêtées en raison d’une erreur dans les données capturées par des lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation, y compris les caméras Flock. L’Institute for Justice a recensé plus d’une vingtaine de cas d’automobilistes innocents interpellés, voire menacés par une arme, parce que leur véhicule était soupçonné d’avoir été volé ou d’être impliqué dans un autre délit en raison d’une erreur de lecture de la plaque d’immatriculation ou d’une autre erreur. Flock a affirmé que ses caméras capturaient correctement 93 plaques d’immatriculation sur 100, mais comme dans le cas d’Isaacs, il y a eu des cas où, même lorsque les informations étaient correctement enregistrées, la mauvaise personne s’est retrouvée inculpée d’un délit.

    Dans le Colorado, Chrisanna Elser a été faussement accusée d’avoir volé des colis sur un perron après que les caméras Flock ont montré son pick-up traversant la ville à peu près au moment du vol ; l’enquêteur a déclaré être « sûr à 100 % » qu’elle était la femme visible sur les images de la caméra de la sonnette enregistrant le crime. Elser a passé des semaines à rassembler ses propres preuves pour prouver son innocence et obtenir l’abandon des poursuites. « On dirait que le principe s’est inversé pour devenir : “Vous êtes coupable jusqu’à ce que vous prouviez votre innocence” », a déclaré Elser.

    Une femme du Rhode Island a également intenté un procès en juin après avoir été arrêtée à tort et inculpée de conduite imprudente et de fuite devant la police, ces accusations reposant en partie sur des images provenant d’une caméra Flock. Dans cette affaire, un agent avait pris en chasse un véhicule pour non-respect d’un stop, affirmant que la conductrice était une femme blanche aux cheveux roux. Selon les dossiers judiciaires, après avoir recherché le propriétaire du véhicule et l’un de ses complices présumés, les agents ont fouillé les comptes de réseaux sociaux de ce dernier et identifié la plaignante comme étant la femme aux cheveux roux. L’un des agents a indiqué avoir visionné les images Flock du véhicule suspect et en avoir conclu que la conductrice correspondait à la photo du permis de conduire de la plaignante — ce que les défendeurs dans l’affaire civile ont admis dans leur réponse déposée.

    Plus récemment, une nouvelle affaire choquante en Californie a mis au jour une énorme lacune juridique qui permet à des agents sans scrupules de rester en liberté. Un policier de San José a été licencié après avoir accédé illicitement au réseau de caméras Flock Safety de la ville pour localiser une victime de violences conjugales et avoir communiqué sa position en temps réel directement à son agresseur présumé. Conséquence directe de ce scandale, le service affirme que les agents ont désormais strictement l’interdiction d’accéder au système ALPR depuis leurs appareils personnels. Malgré cette grave atteinte à la sécurité publique et ce harcèlement numérique flagrant, l’agent, dont l’identité n’a pas été révélée, a simplement été licencié, et non arrêté.

    Une nouvelle enquête avait confirmé que la voiture n'était pas impliquée dans l’accident

    McGeehan a déclaré que ce type de conclusion constituait l’un de ses principaux problèmes concernant la manière dont la technologie Flock est utilisée par les forces de l’ordre. « C’est un outil d’enquête. Ce n’est pas une solution miracle. Et actuellement, beaucoup s’en servent comme s’il s’agissait d’une solution miracle, à l’instar de ces agents dans cette affaire », a-t-il déclaré, faisant référence à la fausse accusation portée contre Isaacs.

    McGeehan, qui est lui-même un ancien adjoint du shérif, a déclaré qu’il était favorable à ce que les enquêteurs aient accès aux données relatives aux plaques d’immatriculation, mais il fait valoir que le système fonctionne actuellement sans véritable contrôle sur la manière dont il est utilisé. « Je veux dire, c’est un bon outil, mais aujourd’hui, son utilisation n’est soumise à aucune restriction », a-t-il déclaré. « C’est le Far West de Flock. »

    Lors de l’audience de mise en liberté sous caution d’Isaacs, McGeehan a présenté des preuves — des photographies du Durango d’Isaacs tel qu’il se trouvait dans la fourrière de la police — qui, selon lui, montraient que le véhicule ne présentait absolument aucun dommage, et encore moins des dommages qui auraient pu indiquer qu’il avait été impliqué dans un accident.

    Lors de l’audience, le juge a estimé que l’État s’était acquitté de la charge de la preuve nécessaire pour maintenir Isaacs en détention, mais le procureur adjoint Mike Willard a jugé les éléments de preuve présentés par McGeehan convaincants. Willard a alors contacté l’équipe spécialisée dans les enquêtes et les reconstitutions de la Patrouille routière de Floride, qui a commencé à examiner l’affaire. L’équipe a ouvert une enquête sur cette affaire et a déterminé dès le premier jour que le Durango d’Isaacs ne présentait aucun dommage pouvant suggérer qu’il avait été impliqué dans l’accident.

    Après avoir réinterrogé les témoins, ils ont rapidement identifié une conductrice d’un Durango bordeaux qui avait des liens avec l’une des victimes, et dont la plaque d’immatriculation correspondait au numéro partiel fourni lors d’un des premiers appels au 911. Les enquêteurs ont également trouvé des preuves indiquant que la voiture bordeaux avait été impliquée dans un accident à grande vitesse — ainsi que des indices suggérant que la conductrice avait tenté de dissimuler ces preuves.

    Au bout de 13 jours qu’elle a qualifiés de « pires que l’enfer », l'accusée a retrouvé sa liberté

    Le 22 mai, l’État a abandonné toutes les poursuites contre Isaacs et, quelques heures plus tard, a arrêté la conductrice du véhicule bordeaux. Celle-ci a plaidé non coupable. Ayant travaillé sur des affaires similaires au sein du bureau du shérif de Miami-Dade, Willard a déclaré qu’il trouvait les agissements des enquêteurs initiaux répréhensibles. « Leurs agissements, dans cette affaire, étaient embarrassants. Et personnellement, en tant qu’ancien enquêteur spécialisé dans les homicides routiers, cela m’a mis personnellement dans l’embarras », a-t-il déclaré.

    Au bout de 13 jours qu’elle a qualifiés de « pires que l’enfer », Isaacs a retrouvé sa liberté, mais elle a déclaré en avoir tout de même payé le prix. « Je vais devoir porter ce fardeau comme un énorme sac de briques pour le reste de ma vie », a-t-elle déclaré. La médiation dans le cadre du procès civil intenté par Mme Isaacs contre les policiers qui l’ont accusée d’avoir tué trois personnes est prévue dans le courant du mois.

    Elle ne poursuit pas Flock en justice et a déclaré qu’elle tenait davantage pour responsables les agents qui ont utilisé cette technologie que les caméras elles-mêmes — mais elle continue de les détester. « Ce serait bien si elles n’existaient pas », a-t-elle déclaré. « Je sais qu’elles sont utiles dans certains cas et certaines situations, mais c’est une atteinte à la vie privée, et elles font l’objet d’abus de toutes sortes. »

    Isaacs et d’autres Floridiens verront bientôt moins de caméras Flock dans leur quotidien : le 31 août, le gouverneur de Floride a décidé de faire retirer les caméras Flock et autres lecteurs de plaques d’immatriculation fixes des voies publiques de l’État dans un délai de 30 jours. Le comté de Volusia, où Isaacs a été incarcérée, a été l’un des premiers bureaux du shérif de l’État à annoncer qu’il retirerait ses propres caméras Flock.

    Mais lorsqu’elle passera devant l’une d’entre elles, Isaacs a déclaré que cette expérience continuerait probablement à la hanter. « C’est comme si tout ce qui m’est arrivé se rejouait immédiatement dans mon esprit », a-t-elle déclaré, « et j’ai l’impression qu’ils m’observent. Ils observent, vous voyez ? Ils observent tout le monde. »

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce rapport est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices

    Bien qu'il affirme le contraire depuis des années, Flock développe un système IA capable de reconnaître, identifier et suivre des individus, à partir des schémas de déplacement des véhicules

    Les policiers passent au crible des milliers de caméras Flock en indiquant comme motif de recherche des expressions comme "PTDR", "jsp" et "Hehe", traitant la surveillance de masse comme une plaisanterie
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  12. #12
    Membre éprouvé
    Profil pro
    programmeur du dimanche
    Inscrit en
    Novembre 2003
    Messages
    1 215
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : programmeur du dimanche
    Secteur : Santé

    Informations forums :
    Inscription : Novembre 2003
    Messages : 1 215
    Par défaut
    heureusement que ce n'est pas en France...

    En France, on a de l'ordre du million de vraies fausses plaques en circulation (https://journaldupneu.com/services/i...r-des-comptes/). La raison est qu'autrefois c'était fait à la main par les préfectures par des agents qui connaissaient leur rayon, mais que lorsque ça a été informatisé, de nombreuses failles de logiques dans le processus ont été décelées par des acteurs malveillants (en jouant avec les délais légaux, avec des entreprise éphémères, des entreprises UE hors France), qui permettent de créer des fausses vraies plaques (c'est à dire de fausses plaques délivrées par les autorités compétentes), en grandes quantités.

    Sans compter les doublettes (les fausses plaques qui copient celles d'une voiture identique, qui peuvent être fabriquées par n'importe qui depuis que le marché a été libéralisé)

  13. #13
    Chroniqueur Actualités
    Avatar de Patrick Ruiz
    Homme Profil pro
    Redacteur web
    Inscrit en
    Février 2017
    Messages
    2 620
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : Cameroun

    Informations professionnelles :
    Activité : Redacteur web
    Secteur : Communication - Médias

    Informations forums :
    Inscription : Février 2017
    Messages : 2 620
    Par défaut Des pirates dérobent le logiciel des caméras Flock et révèlent comment l'entreprise piste les individus
    Faut-il saper la vie privée pour protéger l’ordre public ? Des pirates dérobent le logiciel des caméras Flock utilisées par la police et révèlent comment l'entreprise piste les voitures et les personnes

    Le piratage et l'analyse technique des caméras de surveillance Flock Safety ont mis en lumière le fonctionnement interne de ce réseau de surveillance de masse. En septembre 2026, des révélations majeures ont dévoilé comment ces outils traquent les véhicules et les citoyens. Le tableau réanime le débat sur le dilemme entre nécessité de maintien de l’ordre public et craintes de surveillance de masse.

    Tout est parti du vol du logiciel Flock. Comment les pirates y sont parvenus ?

    Un collectif de pirates activistes nommé stegan0gram est parvenu à extraire le logiciel embarqué et une copie quasi complète des données locales d'une caméra opérationnelle.

    Les pirates ont physiquement démonté une caméra installée au-dessus d'une chaussée. Contrairement aux affirmations de Flock qui certifiait que ses appareils étaient protégés par un chiffrement de bout en bout, le groupe a réussi à extraire la clé de chiffrement directement depuis le stockage physique de l'appareil. Cela leur a permis de déverrouiller le système et d'accéder aux journaux de bord ainsi qu'aux flux vidéo.

    L'analyse du code source de l'interface policière de Flock (baptisée OS Investigate, anciennement Nightshift) et du logiciel embarqué a mis en lumière les mécanismes précis de suivi.

    • Extraction d'images en masse : Pour un seul passage de véhicule, le logiciel génère des dizaines d'images distinctes (parfois plus de 100) pour créer une signature unique du véhicule. Les journaux récupérés ont montré qu'une seule caméra avait généré 1,6 million d'images en seulement 21 jours.
    • Détection explicite des individus : Bien que Flock affirme ne pas faire de reconnaissance faciale, son logiciel de vision par ordinateur (qui exécute une vingtaine d'applications simultanées sur l'appareil) est programmé pour détecter et catégoriser explicitement les personnes, les piétons, les cyclistes et les caractéristiques des objets.
    • Isolation des détails visuels spécifiques : L'intelligence artificielle isole les détails hautement spécifiques comme les autocollants sur les pare-chocs ou les motifs graphiques. Les pirates ont par exemple découvert que la caméra avait capturé et isolé un écusson de drapeau américain sur la sacoche d'un motard.
    • Analyse comportementale globale : Le logiciel central croise les données des caméras avec des fichiers de police et des bases de données commerciales pour identifier les conducteurs, repérer les véhicules qui voyagent fréquemment ensemble et cartographier les habitudes de vie.


    Faut-il s’armer de dispositifs qui mettent en danger la vie privée au motif de préserver l’ordre public ? C’est le dilemme que posent des dispositifs comme les caméras Flock

    Pour les forces de l'ordre, la technologie Flock Safety est un outil d'investigation d'une efficacité redoutable :

    • Lecteurs automatisés de plaques (ALPR) : Les caméras photographient en continu les plaques d'immatriculation
    • Reconnaissance par IA : Au-delà des numéros, l'intelligence artificielle identifie la marque, la couleur, le modèle, les rayures, et même les autocollants des véhicules.
    • Alertes en temps réel : Le système signale instantanément le passage de voitures volées ou de véhicules suspectés d'être liés à un crime (listes de surveillance)
    • Résolution de crimes : La firme affirme avoir soutenu plus d'un million d'enquêtes criminelles (enlèvements, homicides, vols)


    De l’autre côté, Les associations de libertés civiles, comme l'ACLU et la Electronic Frontier Foundation (EFF), dénoncent la création d'un système de surveillance de masse injustifié :

    • Possibilité de suivi permanent sans mandat : Les caméras enregistrent les déplacements de millions de citoyens ordinaires qui ne sont suspectés d'aucun crime.
    • Cartographie des habitudes de vie : Reconstituer l'itinéraire d'un véhicule permet de déduire des données ultra-privées : opinions politiques (visites à des manifestations), orientation religieuse (lieux de culte) ou état de santé.
    • Base de données centralisée : Les données récoltées sont stockées, interconnectées au niveau national et accessibles par des milliers d'agents sans contrôle judiciaire strict.



    Des cas documentés viennent légitimer les craintes de surveillance de masse

    Une enquête d'envergure du Washington Post a révélé qu'au moins 50 policiers ont détourné le système Flock à des fins personnelles. Des agents ont utilisé la base de données pour traquer illégalement les déplacements de leurs épouses, de leurs ex-compagnes ou de femmes de leur entourage, transformant un outil de sécurité publique en instrument de harcèlement domestique.

    Dans le contexte post-Roe v. Wade, des documents officiels ont révélé au Texas que des shérifs adjoints ont interrogé le réseau Flock pour suivre une femme soupçonnée de se rendre dans une clinique pour avorter. Cette militarisation de la surveillance contre les droits des femmes a provoqué une indignation politique majeure.

    Une analyse de l'EFF a démontré que plus de 80 agences de police utilisaient des termes à caractère racial (comme le mot "Roma" ou des injures raciales) pour effectuer des recherches de véhicules sur le réseau national Flock, et ce, sans aucun lien avec un crime précis.

    Bien que Flock nie tout contrat direct avec les agences fédérales de l'immigration (comme l'ICE), des policiers locaux ont utilisé le système pour transmettre des données de localisation à la police des frontières, contournant les lois locales de certaines villes sanctuaires protectrices des immigrés.


    C’est la raison d’être de mouvements de révolte et de protestations contre ces caméras Flock

    Dans le cadre du mouvement DeFlock, des collectifs de citoyens partagent des cartes participatives pour localiser les appareils. Dans plus de 30 États, des actes de sabotage (caméras sciées, masquées par des cartons ou aspergées de peinture) se multiplient.

    Près de 70 villes américaines (dont Los Angeles, Fort Collins, Madison) ont purement et simplement annulé leurs contrats ou désactivé leurs caméras Flock. Certaines municipalités (notamment dans le Wisconsin) reprochent également à Flock de réaliser des profits commerciaux sur la revente de données prétendument anonymisées.

    Des membres du Congrès américain ont lancé une enquête formelle sur la manière dont Flock menace les libertés civiles des minorités et des femmes.

    Sous une pression étouffante, le PDG de Flock Safety, Garrett Langley, a dû formellement s'excuser pour les dérives policières. L'entreprise a réduit sa durée par défaut de conservation des données (passant de 30 jours à 7 jours) et a imposé l'obligation pour les policiers d'entrer un numéro de dossier criminel valide pour chaque recherche. Des réformes jugées encore insuffisantes par les défenseurs de la vie privée.

    Source : 404 Media

    Et vous ?

    Faut-il saper la vie privée pour assurer le maintien de l’ordre public ?
    Comment peut-on parvenir à un équilibre entre les deux extrêmes ?

    Voir aussi :

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices

    Bien qu'il affirme le contraire depuis des années, Flock développe un système IA capable de reconnaître, identifier et suivre des individus, à partir des schémas de déplacement des véhicules

    Les policiers passent au crible des milliers de caméras Flock en indiquant comme motif de recherche des expressions comme "PTDR", "jsp" et "Hehe", traitant la surveillance de masse comme une plaisanterie
    Contribuez au club : Corrections, suggestions, critiques, ... : Contactez le service news et Rédigez des actualités

  14. #14
    Membre actif
    Homme Profil pro
    Architecte réseau
    Inscrit en
    Mars 2025
    Messages
    379
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Âge : 35
    Localisation : France, Rhône (Rhône Alpes)

    Informations professionnelles :
    Activité : Architecte réseau
    Secteur : Industrie

    Informations forums :
    Inscription : Mars 2025
    Messages : 379
    Par défaut
    Les adeptes de la surveillance :
    Toujours prêt à donner votre visage et déplacement en étant filmé si c'est pour la sécurité ?
    Vous accepterez bien de donner votre CNI pour protéger les enfants des réseaux sociaux aussi ?

  15. #15
    Membre extrêmement actif
    Homme Profil pro
    Développeur informatique
    Inscrit en
    Octobre 2017
    Messages
    3 178
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Homme
    Localisation : Suisse

    Informations professionnelles :
    Activité : Développeur informatique

    Informations forums :
    Inscription : Octobre 2017
    Messages : 3 178
    Par défaut
    Faut-il saper la vie privée pour protéger l’ordre public ?
    En l’occurrence, l'usage de caméras contrôlant l'espace public n'a JAMAIS protégé l'ordre public!

    Les caméras n'empêchent pas les délits... Elles permettent simplement dans certains cas de retrouver plus facilement les auteurs!

  16. #16
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Traductrice Technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    3 135
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : Traductrice Technique

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 3 135
    Par défaut Cinq policiers poursuivis pénalement pour avoir utilisé abusivement les caméras « Flock »
    Cinq policiers poursuivis pénalement pour avoir utilisé abusivement les caméras « Flock » à des fins personnelles, notamment pour surveiller leurs épouses, leurs ex-épouses ou d'autres femmes

    Cinq agents du service de police métropolitain d’Indianapolis ont été inculpés pour avoir utilisé abusivement la technologie de lecture des plaques d’immatriculation de leur service, selon des documents judiciaires. Dans l’un des cas, Jonathan Schultz, un vétéran de l’IMPD comptant 18 ans d’ancienneté, aurait utilisé les 300 caméras « Flock » de l’agence pour suivre plusieurs femmes, dont son ex-femme, puis aurait cherché à entrer en contact avec elles en se basant sur leurs déplacements suivis par les caméras. Les autres agents auraient utilisé le système Flock à des fins personnelles, et l’un d’entre eux aurait notamment utilisé le système pour suivre son ex-femme. Les cinq agents font désormais l’objet d’accusations pour délits graves et délits mineurs.

    Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    En 2025, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) a révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

    Récemment, cinq agents du service de police métropolitain d’Indianapolis ont été inculpés pour avoir utilisé abusivement la technologie de lecture des plaques d’immatriculation de leur service, selon des documents judiciaires. Michael Rogers, Jonathan Schultz, Cassandra Crawley, Matthew Binford et Abigail Cramer ont tous été inculpés par le parquet du comté de Marion, dans l’Indiana, après que le service de police eut identifié une utilisation abusive potentielle de cette technologie et transmis l’enquête aux procureurs du comté.

    Selon l’IMPD, leur ancienneté au sein des forces de police allait de 4 à 18 ans. Dans l’un des cas, Jonathan Schultz, un vétéran de l’IMPD comptant 18 ans d’ancienneté, aurait utilisé les 300 caméras « Flock » de l’agence pour suivre plusieurs femmes, dont son ex-femme, puis aurait cherché à entrer en contact avec elles en se basant sur leurs déplacements suivis par les caméras. Schultz aurait rencontré l’une de ces femmes lors d’un cours de sport en 2023. Elle a déclaré à la police qu’il aurait eu « une obsession étrange à son égard, comme le laissaient entendre les commentaires qu’il avait faits après le cours de sport ».


    La déclaration sous serment allègue qu’il aurait recherché sa plaque d’immatriculation dans le système. Dans un autre cas, Schultz aurait effectué des recherches sur une femme qu’il avait rencontrée sur son lieu de travail en 2025, et après cette rencontre, il aurait commencé à lui envoyer des SMS. Il se serait ensuite présenté à nouveau à elle lors d’un événement quelques mois plus tard.

    « Elle lui a dit qu’elle trouvait ça inquiétant qu’il ait obtenu son numéro et elle a déclaré qu’il avait tenté d’esquiver cette conversation. Il a répondu qu’il avait dû trouver son numéro parce qu’il avait renversé du yaourt sur son pantalon et lui a dit : “Tu sais à quoi ça ressemble”. Elle a déclaré que Schultz la mettait mal à l’aise par ses gestes et par certains des commentaires qu’il faisait », selon le dossier judiciaire.

    De manière générale, il se serait rendu à la salle de sport toujours à peu près à l’heure où elle s’entraînait, et il aurait recherché sa plaque d’immatriculation dans la base de données Flock. Lors d’un autre incident survenu à la salle de sport, il aurait utilisé la fonction de recherche de Flock pour localiser une autre personne. Il aurait laissé un mot sur son véhicule après avoir recherché sa plaque d’immatriculation plus de 170 fois en l’espace de trois mois, selon les dossiers judiciaires.

    Les autres agents auraient utilisé le système Flock à des fins personnelles, et l’un d’entre eux aurait notamment utilisé le système pour suivre son ex-femme. Les cinq agents font désormais l’objet d’accusations pour délits graves et délits mineurs.

    « La technologie de lecture automatique des plaques d’immatriculation est un outil puissant au service des forces de l’ordre, et ce pouvoir s’accompagne de la responsabilité de l’utiliser de manière légale et appropriée », a déclaré Ryan Mears, procureur du comté de Marion, dans un communiqué. « Ce qui est allégué dans ces affaires constitue un abus flagrant de cette responsabilité, et ce comportement sape la confiance que notre communauté doit avoir dans les forces de l’ordre. »

    Dans un communiqué, l’IMPD a déclaré que les inculpations de mercredi représentaient « une journée profondément décourageante et décevante pour l’IMPD ». « Les actes de ces individus ont largement dépassé le cadre d’une simple erreur administrative ou d’une violation du règlement du service. Ces actes ont franchi le seuil de la conduite criminelle et ont ébranlé les fondements de confiance sur lesquels repose notre service », a déclaré la chef Tanya Terry dans ce communiqué.

    Dans cette nouvelle affaire, un porte-parole de Flock a déclaré : « L’utilisation abusive de tout outil destiné aux forces de l’ordre est inacceptable, et nous continuerons à investir dans des mesures de sécurité qui aident les services à détecter les abus et à demander des comptes aux utilisateurs. » « Depuis le premier jour, Flock dispose de journaux d’audit détaillés qui permettent aux services de savoir comment le système est utilisé, y compris chaque recherche, qui l’a effectuée et ce qui a été recherché », a ajouté le porte-parole.

    Cette position n'est pas nouvelle, Flock Safety affirme depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus ». Or, selon une enquête d'août, elle a désormais mis au point un outil capable de faire exactement cela. Ce système d'intelligence artificielle (IA) permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d'immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ. Les journalistes de WIRED ont reconstitué l'outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Un ancien policier ayant examiné le logiciel a affirmé que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ».

    Ces accusations illustrent un cas où des agents des forces de l’ordre auraient utilisé de manière abusive des lecteurs de plaques d’immatriculation à des fins personnelles — une tendance observée dans tout le pays. Un policier du Kentucky a été arrêté le mois dernier après que les autorités l’ont accusé d’avoir utilisé des caméras Flock pour suivre son ex-petite amie à plus de 2 000 reprises. À Savannah, en Géorgie, six employés du service de police ont été licenciés en août pour abus présumé des caméras Flock.

    Ce mois-ci, une image captée par une caméra Flock a conduit des agents de la police routière à emprisonner une femme innocente pendant 13 jours. Mais les recherches menées par son avocat ont déclenché une nouvelle enquête qui avait confirmé que la voiture n'était pas impliquée dans l’accident. Flock Safety a déclaré dans un communiqué que sa technologie n’avait jamais été en cause dans cette affaire. La femme ne poursuit pas Flock en justice et a déclaré qu’elle tenait davantage pour responsables les agents qui ont utilisé cette technologie que les caméras elles-mêmes. Mais elle continue de les détester : « Ce serait bien si elles n’existaient pas ».

    Et vous ?

    Pensez-vous que ces rapports sont crédibles ou pertinents ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis

    La société de surveillance Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police lorsqu'elle estime que ses déplacements sont « suspects », d'après l'ACLU

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  17. #17
    Communiqués de presse

    Femme Profil pro
    Traductrice Technique
    Inscrit en
    Juin 2023
    Messages
    3 135
    Détails du profil
    Informations personnelles :
    Sexe : Femme
    Localisation : France

    Informations professionnelles :
    Activité : Traductrice Technique

    Informations forums :
    Inscription : Juin 2023
    Messages : 3 135
    Par défaut Une juge fédérale estime qu'une recherche par Flock constituait une « surveillance de masse aveugle »
    Une juge fédérale estime qu'une recherche par caméras Flock constituait une « surveillance de masse aveugle » et était inconstitutionnelle, après que des policiers aient été inculpés pour utilisation abusive

    Une juge fédérale de l’Oklahoma a estimé que les fouilles sans mandat utilisant les données de caméras de surveillance alimentées par l’IA — telles que celles collectées par la technologie phare de Flock Safety — pourraient enfreindre le quatrième amendement en l’absence de motif raisonnable suffisant. « Le droit de ne pas faire l’objet d’une surveillance persistante et de type "filet" lorsqu’on se trouve dans un lieu public n’est pas un concept étranger à notre société, et il s’agit d’une attente raisonnable que la société accepte déjà », a écrit la juge fédérale Sara Hill dans son jugement.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et opérateur américain privé spécialisé dans le matériel et les logiciels de surveillance, notamment la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), la vidéosurveillance de masse, les systèmes de localisation des coups de feu et les logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l’ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En juillet 2026, Flock affirmait être présent dans plus de 6 000 collectivités réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois.

    Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, des systèmes de reconnaissance d’images et d’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police. Cependant, des rapports ont révélé l'utilisation abusive de cette technologie par la police. En septembre 2026, cinq agents du service de police métropolitain d’Indianapolis ont été inculpés pour avoir utilisé abusivement la technologie de lecture des plaques d’immatriculation de leur service. Les agents auraient utilisé le système Flock à des fins personnelles, et l’un d’entre eux aurait notamment utilisé le système pour suivre son ex-femme.

    En juin 2025, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) a notamment rapporté un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois.

    Récemment, une juge fédérale de l’Oklahoma a estimé que les fouilles sans mandat utilisant les données de caméras de surveillance alimentées par l’IA — telles que celles collectées par la technologie phare de Flock Safety — pourraient enfreindre le quatrième amendement en l’absence de motif raisonnable suffisant. « Le droit de ne pas faire l’objet d’une surveillance persistante et de type "filet" lorsqu’on se trouve dans un lieu public n’est pas un concept étranger à notre société, et il s’agit d’une attente raisonnable que la société accepte déjà », a écrit la juge fédérale Sara Hill dans son jugement.

    Hill, nommée par l’ancien président Biden, a poursuivi : « Mais cela devient problématique sur le plan constitutionnel lorsque les forces de l’ordre peuvent répertorier de manière indiscriminée et passive vos déplacements sur une longue période, puis utiliser ces informations à n’importe quelle fin, dès que cela leur convient. »


    Flock propose un système de lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR), qui utilisent des dispositifs d’enregistrement pour consigner les numéros de plaques et identifier ce que l’entreprise appelle une « signature du véhicule » — notamment la marque, le modèle et d’autres caractéristiques d’identification de la voiture. Les caméras ne collectent pas les données biométriques des occupants d’un véhicule.

    La décision portait sur le rôle des ALPR lors d’un contrôle routier effectué par un adjoint du shérif du comté de Tulsa, qui a abouti à une arrestation pour possession de stupéfiants. Dans cette affaire, l’adjoint a commencé à suivre une conductrice après avoir remarqué qu’elle arborait une plaque d’immatriculation d’un autre État et a soumis son véhicule à une recherche dans une base de données alimentée par l’IA — prétendument avant même que l’agent n’ait identifié la moindre infraction au code de la route ou autre activité criminelle.

    Selon la décision du juge, l’agent avait accès à la fois aux systèmes Flock et VehicleManager, et sa recherche a révélé plus de 50 signalements du véhicule de la femme dans plusieurs États. L’adjoint du shérif a finalement constaté une infraction et a arrêté la conductrice. La décision du juge ne qualifie pas d’illégale l’utilisation des données de Flock pour faciliter les arrestations ; elle précise plutôt que, dans cette affaire, l’agent ne disposait pas d’un motif raisonnable et a « porté atteinte à son droit légitime à la vie privée » en recourant à cette technologie — établissant ainsi un précédent plus strict concernant les cas dans lesquels les forces de l’ordre peuvent utiliser des bases de données ALPR exhaustives lors d’enquêtes.

    Un porte-parole de Flock a déclaré : « Cette décision va à l’encontre de la jurisprudence dominante dans des affaires similaires à travers le pays, y compris de multiples décisions récentes rendues en Oklahoma, et nous nous attendons à ce qu’elle fasse l’objet d’un appel et soit finalement infirmée. » « Cette décision se limite aux faits spécifiques de cette affaire. Elle ne constitue pas un précédent faisant autorité et n’affecte pas l’utilisation continue par les forces de l’ordre de ces technologies importantes pour la sécurité publique », a ajouté le porte-parole.

    Flock Safety affirme depuis des années que ses caméras « ne peuvent ni reconnaître, ni identifier, ni suivre des individus ». Or, selon une enquête, elle a désormais mis au point un outil capable de faire exactement cela. Ce système d'IA permet à la police de rechercher des personnes et des véhicules en se basant uniquement sur leurs schémas de déplacement. Il ne nécessite ni plaque d'immatriculation, ni nom, ni infraction comme point de départ. Les journalistes de WIRED ont reconstitué l'outil à partir de fichiers exposés via les pages de connexion de Flock. Un ancien policier ayant examiné le logiciel a affirmé que cela montrait que Flock « suit littéralement les gens ».

    Deux gouverneurs républicains — Greg Abbott, gouverneur du Texas, et Ron DeSantis, gouverneur de Floride — ont pris des mesures au cours des deux derniers mois pour limiter l’utilisation de cette technologie dans leurs États respectifs. Un nombre croissant de municipalités ont également résilié leurs contrats avec Flock. Les sénateurs Bernie Sanders (I-Vt.) et Jeff Merkley (D-Ore.), ainsi que la députée Alexandria Ocasio-Cortez (D-N.Y.), ont de même présenté un projet de loi visant à la fois à interdire aux agences fédérales d’utiliser cette technologie de surveillance basée sur l’intelligence artificielle et à suspendre les subventions gouvernementales destinées aux forces de l’ordre locales souhaitant passer des contrats avec des fabricants de systèmes ALPR.

    Source : Décision d'un juge fédéral de l'Oklahoma

    Et vous ?

    Pensez-vous que cette décision est crédible ou pertinente ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis

    Des agents de police sans scrupules ont transformé un réseau national de caméras de surveillance en un outil de harcèlement, au moins 50 agents des forces de l'ordre inculpés pour utilisation abusive

    La police s'est servie d'images de caméras de surveillance Flock pour emprisonner une femme innocente pendant 13 jours : « J'ai cru que ma vie était finie »
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

Discussions similaires

  1. Réponses: 0
    Dernier message: 01/12/2023, 10h35
  2. [madkit] comment lancer des agents de java
    Par anisj1m dans le forum API standards et tierces
    Réponses: 2
    Dernier message: 05/08/2006, 08h59
  3. Modele GL d'un GUI pour des "agents" mobiles
    Par fabgamer dans le forum Graphisme
    Réponses: 3
    Dernier message: 01/08/2006, 17h32
  4. Récupérer le nom des styles de police
    Par boublee dans le forum Windows
    Réponses: 1
    Dernier message: 10/08/2005, 17h02

Partager

Partager
  • Envoyer la discussion sur Viadeo
  • Envoyer la discussion sur Twitter
  • Envoyer la discussion sur Google
  • Envoyer la discussion sur Facebook
  • Envoyer la discussion sur Digg
  • Envoyer la discussion sur Delicious
  • Envoyer la discussion sur MySpace
  • Envoyer la discussion sur Yahoo