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Sécurité Discussion :

Des agents de police pris en flagrant délit d’utilisation du système Flock Safety pour harcèlement


Sujet :

Sécurité

  1. #1
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    Par défaut Des agents de police pris en flagrant délit d’utilisation du système Flock Safety pour harcèlement
    Un policier a utilisé 83 000 caméras de lecture automatique des plaques minéralogiques pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Dans un récent rapport, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) a révélé un exemple effrayant de surveillance policière, dans lequel le bureau du shérif du Texas a utilisé les données de plus de 83 000 caméras de lecture automatique des plaques d'immatriculation (LAPI) pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir pratiqué un avortement sans assistance médicale. Selon l'EFF, le policier a effectué des recherches dans 6 809 réseaux de caméras différents gérés par la société de technologie de surveillance Flock Safety, y compris dans des États où l'accès à l'avortement est protégé par la loi, tels que Washington et l'Illinois. Le dossier de recherche indiquait clairement la raison : « a subi un avortement, recherche une femme ».

    La lecture automatisée des plaques d’immatriculation (LAPI) ou système de reconnaissance des plaques d’immatriculation (SRPI) est une technologie qui utilise la reconnaissance optique de caractères sur des images pour lire les plaques d'immatriculation des véhicules afin de créer des données de localisation des véhicules. La technologie peut utiliser des caméras de télévision existantes en circuit fermé, des caméras de contrôle du respect du code de la route ou des caméras spécialement conçues à cet effet. Le SRPI est utilisée par les forces de police du monde entier à des fins d'application de la loi, notamment pour vérifier si un véhicule est immatriculé ou homologué. Il est également utilisé pour le péage électronique sur les routes à péage et comme méthode de catalogage des mouvements de la circulation, par exemple par les agences autoroutières.

    Comme le souligne l'EFF dans son rapport, la décision rendue en 2022 par la Cour suprême des États-Unis dans l'affaire Dobbs v. Jackson Women's Health Organization a donné aux États le pouvoir de bannir et même de criminaliser l'avortement. Au Texas, où est basé l'officier qui a mené cette recherche, l'avortement est désormais presque entièrement interdit. Cependant, à Washington et dans l'Illinois, où se trouvent la plupart des caméras de surveillance de Flock Safety, l'avortement reste légal et protégé en tant que droit fondamental jusqu'à la viabilité du fœtus.

    L'EFF affirme que « le paysage juridique post-Dobbs a également ouvert la porte aux forces de l'ordre pour exploiter pratiquement toutes les formes de données (plaques d'immatriculation, enregistrements téléphoniques, données de géolocalisation) afin de poursuivre des individus au-delà des frontières des États ».


    L'Atlas of Surveillance de l'EFF a recensé plus de 1 800 agences ayant déployé des systèmes LAPI, mais au moins 4 000 agences sont en mesure d'effectuer des recherches via certaines agences du réseau Flock Safety. Comme l'explique l'EFF, « de nombreuses agences partagent librement les données avec d'autres agences à travers le pays, avec peu de contrôle, de restrictions ou même de normes d'accès aux données ». Bien que cette situation particulière mentionne explicitement un avortement, l'EFF note que de nombreuses autres données figurant dans les journaux d'audit publiés à la suite de demandes d'accès aux documents publics indiquent simplement « enquête » comme motif de la recherche de plaque d'immatriculation, sans aucune indication de l'infraction présumée.

    L'EFF souligne que « cette affaire met en évidence notre préoccupation croissante : l'infrastructure de surveillance de masse, initialement vendue comme un outil permettant de retrouver des voitures volées ou des personnes disparues, est désormais utilisée pour cibler les personnes qui ont recours à des soins de santé reproductive ». L'organisation insiste sur le fait que cet accès sans contrôle et sans mandat permet aux forces de l'ordre d'exercer une surveillance au-delà des limites des États, brouillant ainsi la frontière entre « protection » et persécution.

    Des voitures disparues à la surveillance des corps

    Dans son rapport, l'EFF a rappelé qu'elle a mis en garde depuis longtemps contre les dangers des systèmes ALPR. Selon l'organisation, « les lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (LAPI) scannent les plaques d'immatriculation, enregistrent les données relatives à l'heure et au lieu, et dressent un tableau détaillé des déplacements des personnes ». Des entreprises telles que Flock Safety et Motorola Solutions offrent aux forces de l'ordre l'accès à des bases de données nationales contenant ces lecteurs et, dans certains cas, leur permettent de surveiller des lieux tels que les cliniques pratiquant l'avortement ou de créer des « listes noires » de plaques d'immatriculation à suivre en temps réel. Comme l'indique l'EFF dans sa publication, la technologie de Flock Safety permet également aux agents de rechercher un véhicule en fonction de caractéristiques telles que la couleur, la marque et le modèle, même sans numéro d'immatriculation.

    L'EFF met en garde contre le fait que la menace est aggravée par la manière dont les enquêtes commencent la plupart du temps, citant un rapport publié par If/When/How sur la criminalisation de l'avortement autogéré, qui a révélé qu'environ un quart des cas impliquant des adultes (26 %) ont été signalés aux forces de l'ordre par des connaissances à qui des informations avaient été confiées, telles que « des amis, des parents ou des partenaires intimes », et 18 % par d'« autres » moyens. Selon l'organisation, cela signifie qu'avec la technologie SRPI, une information fournie par n'importe qui peut instantanément déboucher sur une chasse à l'homme à l'échelle nationale. Elle cite également Kate Bertash, du Digital Defense Fund, qui a expliqué à 404 Media que les militants anti-avortement documentent depuis longtemps les plaques d'immatriculation des patients et des prestataires qui se rendent dans des centres de santé reproductive, données qui peuvent désormais être facilement recoupées avec les bases de données SRPI.

    L'EFF note qu'un récent rapport de 404 Media prouve qu'il ne s'agit pas d'une préoccupation hypothétique, citant une enquête de plusieurs mois impliquant des centaines de demandes d'accès à des documents publics qui a révélé que de nombreux services de police californiens partageaient des dossiers contenant des profils de conduite détaillés de résidents locaux avec des agences hors de l'État, malgré les lois étatiques qui l'interdisent explicitement. Selon l'ONG, « cela signifie que même dans les États dits « sûrs », vos données pourraient finir par aider les forces de l'ordre du Texas ou de l'Idaho à vous poursuivre en justice, vous ou votre médecin ».

    L'EFF rapporte avoir exigé que 75 services de police californiens cessent de partager les données SRPI avec les États anti-avortement, une initiative qui, selon l'organisation, a largement porté ses fruits.


    La surveillance et la liberté reproductive ne peuvent coexister

    Dans son rapport, l'EFF rappelle que les législateurs qui soutiennent les droits reproductifs doivent reconnaître que l'accès à l'avortement et la surveillance de masse sont incompatibles.

    L'ONG explique que les systèmes initialement conçus pour suivre les voitures volées et délivrer des contraventions de stationnement sont devenus des outils permettant d'appliquer les lois les plus personnelles et les plus politiquement sensibles du pays. L'organisation avertit que « ce qui était au départ une préoccupation locale en matière de vie privée s'est transformé en une crise nationale des libertés civiles ».

    Elle indique par ailleurs que les lecteurs de plaques d'immatriculation d'hier se sont transformés en filets de surveillance reproductive d'aujourd'hui, soulignant la nécessité d'une action décisive. Comme l'affirme l'EFF dans son rapport, « il est maintenant temps d'agir de manière décisive », les dirigeants doivent prendre des mesures pour remédier à ce problème.

    L'EFF recommande aux dirigeants de supprimer les dangereux systèmes de surveillance qu'ils ont mis en place et d'adopter des lois étatiques fortes et applicables afin de limiter le partage des données, d'assurer une surveillance appropriée et de démanteler ces canaux de surveillance avant qu'ils ne deviennent la nouvelle norme, voire de supprimer purement et simplement ces systèmes.

    Un cartographe anti-surveillance refuse la demande de cessation et d'abstention de Flock Safety

    D'après l'EFF, Flock Safety s'est vanté volontiers que des milliers d'organismes locaux chargés de l'application de la loi à travers les États-Unis ont adopté ses lecteurs automatiques de plaques d'immatriculation (SRPI). Mais lorsqu'un militant pour la protection de la vie privée a lancé un site web pour cartographier l'emplacement exact de ces dispositifs montés sur des poteaux, l'entreprise a tenté de lui couper les ailes.

    La société avait en effet envoyé à DeFlock.me et à son créateur Will Freeman une lettre de cessation et d'abstention, affirmant que le projet diluait sa marque déposée. Comme le dit l'EFF, cette lettre est essentiellement « bonne à jeter à la poubelle ».

    L'ONG, qui représente Will Freeman, a envoyé à Flock Safety une lettre rejetant cette demande, soulignant que « ce projet citoyen relevait clairement du droit à la liberté d'expression garanti par le premier amendement. »

    L'EFF soutient dans son rapport que les caméras de suivi des voitures de Flock Safety « se sont répandues à travers les États-Unis comme une espèce invasive, profitant des craintes liées à la sécurité publique et engloutissant d'énormes quantités de données sensibles sur les conducteurs. » L'organisation explique que cette technologie « non seulement suit les véhicules grâce à leur plaque d'immatriculation, mais crée également des « empreintes digitales » de chaque véhicule, y compris la marque, le modèle, la couleur et d'autres caractéristiques distinctives ».


    L'EFF précise que le système de Flock Safety est une « technologie de surveillance de masse » qui collecte des informations sur tout le monde, qu'ils soient liés ou non à un crime, et qu'il a été « détourné par la police pour espionner leurs ex-partenaires et pourrait être utilisée pour cibler des personnes engagées dans des activités relevant du premier amendement ou nécessitant des soins médicaux. »

    L'organisation rappelle que DeFlock.me, grâce au crowdsourcing et à la recherche open source, vise à « mettre en lumière l'utilisation généralisée de la technologie LAPI, sensibiliser le public aux menaces qu'elle fait peser sur la vie privée et les libertés civiles, et donner au public les moyens d'agir ». Selon elle, alors que son projet Atlas of Surveillance a identifié plus de 1 700 agences utilisant des SRPI, DeFlock.me a cartographié plus de 16 000 emplacements de caméras individuelles, dont plus d'un tiers sont des dispositifs Flock Safety.

    L'EFF note dans son rapport que Flock Safety est tellement intégré dans les forces de l'ordre que certaines agences font même la promotion de l'entreprise en mentionnant son nom sur leur site web. Par exemple, le site web du shérif du comté de Sussex, en Virginie, ne comporte que deux rubriques dans sa barre de menu : « Rapports d'accidents » et « Flock Safety ».

    Comme l'explique l'EFF, le nom « DeFlock » représente l'objectif du projet qui est de « mettre fin à l'utilisation des SRPI et au statut de Flock en tant que l'un des fournisseurs de SRPI les plus utilisés », ce que l'EFF estime être « précis, approprié, efficace et, surtout, protégé par la loi ».

    Citation Envoyé par EFF
    Vos allégations de dilution par confusion et/ou ternissement échouent dès le départ, sans même qu'il soit nécessaire d'aborder la question de savoir pourquoi la dilution est improbable. La loi fédérale anti-dilution prévoit des exceptions expresses pour toute utilisation non commerciale d'une marque et pour toute utilisation en rapport avec la critique ou le commentaire du propriétaire de la marque ou de ses produits. L'utilisation du nom « DeFlock » par M. Freeman relève des deux cas.
    L'EFF affirme que la lettre de cessation et d'abstention de Flock Safety est le dernier exemple en date de groupes utilisant « de fausses revendications de propriété intellectuelle pour faire taire leurs détracteurs ». L'organisation fait valoir que ces revendications n'ont souvent aucun fondement juridique et visent à intimider les militants et les groupes de défense des droits disposant de peu de ressources en leur envoyant des lettres de menace rédigées par des cabinets d'avocats influents. L'ONG indique dans son rapport qu'elle s'engage à lutter contre ces « tyrans des marques déposées » et, dans le cas de Flock Safety, qu'elle s'oppose aux tentatives de l'entreprise visant à faire taire ses détracteurs.

    À propos de l'Electronic Frontier Foundation (EFF)

    L'Electronic Frontier Foundation est la principale organisation à but non lucratif qui défend les libertés civiles dans le monde numérique. Fondée en 1990, l'EFF défend la vie privée des utilisateurs, la liberté d'expression et l'innovation par le biais de litiges à fort impact, d'analyses politiques, d'activisme local et de développement technologique. La mission de l'EFF est de veiller à ce que la technologie soutienne la liberté, la justice et l'innovation pour tous les peuples du monde.

    Source : Electronic Frontier Foundation (EFF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous ce cas d'utilisation des systèmes de reconnaissance des plaques d’immatriculation crédible ou pertinente ?
    Pensez-vous que les réglementations actuelles relatives aux technologies de surveillance sont assez strictes pour protéger les droits à la vie privée et aux soins de santé ?

    Voir aussi :

    USA : l'EFF encourage les internautes à faire entendre leurs voix contre le projet de loi EARN IT, qui pourrait donner aux autorités la possibilité d'exiger un affaiblissement du chiffrement

    Un juge fédéral entre dans l'histoire en statuant que les fouilles de téléphones portables à la frontière doivent nécessiter un mandat, d'après un avis de l'Electronic Frontier Foundation (EFF)

    L'EFF propose d'aborder les préjudices en ligne avec des politiques "Privacy-First", une loi sur la confidentialité des données, promouvant la vie privée, la liberté d'expression et la sécurité

    Un rapport de l'EFF révèle comment les trackers de données personnelles de la Big Tech se cachent dans les médias sociaux et les sites Web et attaquent la vie privée des utilisateurs à chaque clic
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  2. #2
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    Par défaut La société Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police sur la base de ses déplacements
    La société de surveillance Flock utilise désormais l'IA pour signaler une personne à la police lorsqu'elle estime que ses déplacements sont « suspects », d'après l'ACLU

    D'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.

    Flock Group Inc, exerçant ses activités sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et un opérateur américain de matériel et de logiciels de sécurité, en particulier de systèmes de reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation (RAPI), de vidéosurveillance et de localisation des coups de feu, ainsi que de logiciels de soutien permettant d'intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite de tels systèmes sous contrat avec des organismes d'application de la loi, des associations de quartier et des propriétaires privés.

    En 2025, Flock affirme opérer dans plus de 5 000 communautés à travers 49 États américains, et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois. Le réseau de caméras de Flock Safety, qui utilise la reconnaissance d'images et l'apprentissage automatique, peut partager des données avec les services de police et être intégré dans des plateformes de police prédictive comme Palantir.

    Les préoccupations soulevées par l'ACLU ont tout sauf un caractère hypothétique. Dans une affaire récente rapportée par l'Electronic Frontier Foundation (EFF), un policier du Texas a utilisé plus de 83 000 caméras de surveillance automatique gérées par Flock pour retrouver une femme soupçonnée d'avoir avorté sans assistance médicale. Les recherches ont porté sur 6 809 réseaux de caméras, y compris dans des États où l'avortement reste légal, ce qui démontre la portée considérable de cette technologie.

    Récemment, l'Union américaine pour les libertés civiles a révélé que la société de surveillance policière Flock a mis en place un énorme système de suivi des plaques d'immatriculation à l'échelle nationale. Ce système enregistre en permanence les allées et venues des Américains dans une base de données nationale privée, qui est ensuite mise à la disposition des forces de l'ordre dans tout le pays. Ce système permet ainsi à la police d'effectuer des recherches sur les déplacements de tout véhicule qui lui est signalé. Si l'organisation de défense des droits civiques estime qu'une telle surveillance est déjà une mauvaise chose en soi, elle souligne que Flock analyserait également les habitudes de conduite des citoyens afin de déterminer si ils sont « suspects ».

    « Cela signifie que si votre police commence à utiliser Flock, elle pourrait vous cibler simplement parce qu'un algorithme a décidé que vos habitudes de déplacement suggèrent des actes criminels », déclare l'ACLU.


    L'organisation a notamment fait part de ses inquiétudes concernant une fonctionnalité peu connue du système de surveillance de Flock. Alors que des articles récents ont couvert la technologie de Flock, l'ACLU note que peu d'entre eux ont examiné cette fonctionnalité particulière, qu'elle décrit comme une « expansion significative de l'utilisation de l'infrastructure de surveillance de l'entreprise, qui permet à la police d'en savoir plus sur des véhicules spécifiques présentant un intérêt, mais aussi d'utiliser le système pour générer des soupçons en premier lieu. » L'ACLU avertit que les caméras de Flock Safety ne se contentent plus d'enregistrer les allées et venues des citoyens grâce à l'utilisation de l'IA, mais « évaluent désormais activement chacun d'entre nous afin de décider si nous devons être signalés aux forces de l'ordre comme participants potentiels au crime organisé. »

    Pour rappel, dans un communiqué de presse du 13 février 2025 vantant les mérites d'un « Expansive AI and Data Analysis Toolset for Law Enforcement » (Ensemble complet d'outils d'analyse des données et d'IA pour les forces de l'ordre), Flock a annoncé plusieurs nouvelles fonctionnalités, dont un outil appelé « Multi-State Insights » (aperçus multi-états) :

    Citation Envoyé par Flock Safety
    De nombreuses activités criminelles à grande échelle, telles que le trafic d'êtres humains et de stupéfiants et la criminalité organisée dans le commerce de détail (ORC), impliquent des déplacements au-delà des frontières de l'État. Grâce à notre nouvelle fonction « Multi-State Insights », les forces de l'ordre sont alertées lorsque des véhicules suspects ont été détectés dans plusieurs États, ce qui aide les enquêteurs à découvrir les réseaux et les tendances liés aux grandes organisations criminelles.
    Selon l'ACLU, Flock semble offrir cette capacité par le biais d'un « Gestionnaire d'enquêtes » plus important, qui invite les services de police à « maximiser vos données de LPR [reconnaissance des plaques d'immatriculation] pour détecter des schémas d'activités suspectes à travers les villes et les états ». La société de surveillance propose également une fonction « Véhicules liés » ou « Recherche de convoi » permettant à la police de « découvrir des véhicules fréquemment vus ensemble », ce qui la place carrément dans le domaine du suivi des associations de personnes, ainsi qu'une fonction « Recherche de lieux multiples », qui promet de « découvrir des véhicules vus dans des lieux multiples ».

    « Il s'agit là de variantes sur le même thème : utiliser le réseau de caméras non seulement pour enquêter sur la base de soupçons, mais aussi pour générer des soupçons », note l'ACLU.

    L'organisation américaine rappelle que dans une démocratie, le gouvernement ne devrait pas surveiller ses citoyens en permanence au cas où ils commettraient une infraction. Elle reconnaît toutefois qu'il est raisonnable pour un policier de réagir à une activité suspecte observée dans un lieu public, cependant, la surveillance de masse constitue « une tout autre affaire », selon l'ACLU.

    Le groupe de défense des droits civiques estime ainsi que la police ne devrait pas collecter et stocker des données sur les mouvements et les déplacements des personnes dans le temps et dans l'espace, ni s'engager à utiliser la technologie d'une entreprise privée pour accomplir la même chose. En outre, l'ACLU met en garde contre l'utilisation et la soumission de ces données à des algorithmes d'IA afin « d'attirer l'attention du gouvernement sur des civils innocents et aléatoires dont les habitudes de déplacement correspondent à ce que l'algorithme pense valoir la peine d'être porté à l'attention de la police. »

    L'ACLU précise que Flock est une société privée qui n'est donc pas soumise à des contrôles tels que les lois sur les archives publiques et la surveillance des élus. Elle ajoute également qu'on sait peu de choses sur la nature des algorithmes utilisés par l'entreprise, notamment sur leur logique sous-jacente, les données sur lesquelles ils ont été formés ou la fréquence et la nature de leurs taux d'erreur. « Quelqu'un sait-il s'il existe des modèles de mouvement caractéristiques du comportement criminel qui ne balaient pas un nombre beaucoup plus important d'innocents ? », s'interroge l'ACLU.

    L'organisation exprime par ailleurs des inquiétudes quant aux biais potentiels dans les algorithmes de Flock, soulignant qu'« il est très facile d'imaginer un algorithme formé sur les antécédents criminels dans lequel les quartiers à faibles revenus et les communautés de couleur sont fortement surreprésentés en raison des préjugés bien établis, de haut en bas, dans notre système de justice pénale. » Cette disparité signifie que le simple fait de vivre dans un tel quartier pourrait rendre une personne intrinsèquement suspecte aux yeux de ce système, alors qu'une personne vivant dans un endroit plus riche ne le serait jamais. « Entre autres problèmes, ce résultat est tout simplement injuste », souligne le groupe de défense des droits civiques.

    Au final, l'ACLU indique que Flock, après avoir construit une infrastructure de surveillance de grande envergure, étend désormais ses cas d'utilisation, confirmant ainsi les mises en garde répétées de l'organisation selon lesquelles de tels systèmes sont inévitablement détournés de leur mission initiale. Le groupe de défense affirme que cette évolution fournit « une raison de plus pour que les communautés refusent d'autoriser les services de police qui les desservent à participer à ce système de surveillance de masse. ».

    Rappelons toutefois que cette évolution s'inscrit également dans une tendance plus large des technologies de suivi des véhicules. Dans le Michigan, par exemple, les plaques d'immatriculation numériques de la start-up Reviver, déjà adoptées en Californie et en Arizona, sont désormais disponibles après avoir été approuvées par l'État. Commercialisée comme un moyen de localiser les véhicules perdus et de recevoir des alertes de sécurité, la « Rplate » peut être gérée via un smartphone et comprend des fonctionnalités GPS que les propriétaires peuvent activer ou désactiver. À mesure que ces outils se multiplient, l'équilibre entre commodité, sécurité publique et vie privée dépendra de plus en plus de la manière dont les citoyens, les décideurs politiques et les fournisseurs de technologies choisiront de fixer les limites.

    À propos de l'ACLU

    L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) est une importante association à but non lucratif américaine basée à New York dont la mission est de « défendre et préserver les droits et libertés individuelles garanties à chaque personne dans ce pays par la Constitution et les lois des États-Unis ». Ses moyens d'actions sont les poursuites judiciaires, le lobbying législatif et l'éducation civile communautaire. Les actions qu'elle a intentées ont souvent fait évoluer le droit constitutionnel. Le budget de l'ACLU en 2024 était de 383 millions de dollars, et ses membres sont actifs dans les 50 États américain, à Washington, DC, et à Porto Rico.

    Sources : Flock Safety, Union américaine pour les libertés civiles (ACLU)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Trouvez-vous cette initiative de la société Flock Safety judicieuse ou pertinente ?

    Voir aussi :

    Pour ou contre de telles mesures ? Des caméras avec intelligence artificielle sont posées sur les autoroutes pour repérer les conducteurs qui jettent les ordures par la fenêtre de leurs voitures

    La police peut désormais visionner les caméras de surveillance privées en temps réel, cette mesure ne rendrait pas la ville sécurisée, mais une surveillance généralisée à tout moment

    L'intelligence artificielle à la rescousse des forces de l'ordre pour endiguer le crime, soulève quelques inquiétudes
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  3. #3
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    Par défaut Des agents de police pris en flagrant délit d’utilisation du système Flock Safety pour harcèlement
    Des agents de police sans scrupules ont transformé un réseau national de caméras de surveillance en un outil de harcèlement, au moins 50 agents des forces de l'ordre inculpés pour utilisation abusive

    Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et opérateur américain privé de matériel et de logiciels de sécurité, notamment dans les domaines de la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), de la vidéosurveillance de masse, des systèmes de localisation des coups de feu et des logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l’ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, des systèmes de reconnaissance d’images et d’apprentissage automatique, qui partagent des données avec les services de police.

    Valorisée à 7,5 milliards de dollars et déployée dans plus de 6 000 communautés américaines, Flock Safety est devenue le symbole d'un État sécuritaire débridé. Ses caméras de reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation, soupçonnées d'alimenter les bases de données de l'immigration (ICE) sans mandat judiciaire, sont désormais la cible d'une résistance civile inédite : sabotages, démontages, actions en justice et résolutions municipales. Un front anti-surveillance bipartisan qui interroge les fondements mêmes du droit à la vie privée à l'ère numérique.

    Au cours des derniers mois, des personnes ont sectionné à la scie électrique des caméras de surveillance appartenant à la société Flock Safety dans le nord de l’État de New York, les ont aspergées de peinture à Oakland, en Californie, et les ont percutées avec un camion dans l’Idaho. En Floride, un homme est assis sur une chaise de jardin, brandissant un morceau de carton fixé à une perche pour bloquer le champ de vision de la caméra. Des municipalités se sont jointes à ce mouvement en désactivant les caméras ou en résiliant leurs contrats avec Flock à Fort Collins, dans le Colorado ; à Eugene, dans l’Oregon ; à Madison, dans le Wisconsin ; à Knoxville, dans le Tennessee ; à Syracuse, dans l’État de New York ; et à Walla Walla, dans l’État de Washington.

    Dans le même temps, Flock a fait la une des journaux pour toutes les mauvaises raisons. Des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes.


    Les caméras de surveillance de la société Flock Safety face à une résistance civile inédite

    Flock commercialise ses services comme un outil de lutte contre la criminalité, reposant sur un réseau de caméras qui enregistrent et analysent tout ce qui passe devant elles. Les forces de l’ordre ayant conclu des contrats avec Flock utilisent ses vastes bases de données de numéros de plaques d’immatriculation et d’autres informations sur les véhicules pour suivre ou reconstituer les déplacements de véhicules dans le cadre d’enquêtes criminelles.

    Flock affirme disposer de 120 000 lecteurs automatiques de plaques d’immatriculation (ALPR) et de caméras panoramiques, inclinables et zoomables (PTZ) déployés à travers les États-Unis, capturant des dizaines de milliards de points de données par mois. Les ALPR de Flock scannent automatiquement chaque plaque d’immatriculation qui passe devant eux, tandis que les caméras PTZ enregistrent des images en direct pouvant être visionnées et analysées. Les caméras de Flock étant toutes connectées, il en résulte un réseau national d’activités enregistrées. Dans la plupart des États, un policier d’un État peut être alerté si une voiture qu’il recherche apparaît dans un autre État et peut en informer les autorités locales.

    Ces dernières semaines et ces derniers mois, cependant, un autre type de réseau s’est formé : un mouvement d’opposition à l’entreprise qui s’étend d’un bout à l’autre du pays. Les opposants vont des responsables publics aux justiciers individuels, aussi bien dans les zones métropolitaines que rurales des États-Unis. Dans un pays politiquement divisé, l’opposition aux caméras Flock est l’un des rares sujets qui rassemble les citoyens de tous horizons idéologiques.

    « C’est une atteinte à la vie privée des gens », a déclaré Caleb Williams, un jeune homme de 24 ans vivant dans une zone rurale de Caroline du Sud qui se définit comme politiquement indépendant. « Les personnes rationnelles savent que cela revient à porter atteinte aux libertés individuelles », a déclaré Adrien Kaiser, qui se décrit comme un conservateur constitutionnaliste et vit au nord-ouest de Houston. « Je crois fermement que le gouvernement peut prendre des mesures pour améliorer la vie des gens, mais un État de surveillance est le premier pas vers un État policier », a déclaré Jon Dendy, un progressiste du Massachusetts.

    Le XXIe siècle a déjà connu une expansion de longue date de la surveillance. Les caméras sont omniprésentes dans les rues américaines et dans d’autres espaces publics ; le trafic Internet laisse une trace de tout ce que chacun a consulté sur ses appareils ; les entreprises de données publicitaires mobiles ont créé des cartes d’une précision étonnante indiquant où chacun se rend avec son téléphone personnel. En quoi Flock est-il si différent ?

    Cela tient en partie à une autre chose pour laquelle les Américains ont une affinité universelle : leurs voitures. « Il y a cette idée de la route sans fin, de la liberté de conduire », a déclaré Dave Maass, directeur des enquêtes à l’Electronic Frontier Foundation, une association à but non lucratif de défense des droits numériques. « Beaucoup de gens considèrent leur voiture comme une extension de leur domicile. » L’idée qu’une entreprise surveille en permanence les déplacements d’une voiture, qu’elle ait été impliquée ou non dans un crime, porte atteinte à la fois aux attentes des gens en matière de vie privée dans leur espace personnel et à leur liberté de mouvement.

    Mais Maass a également indiqué que les Américains sont désormais mieux informés qu’auparavant sur le fonctionnement exact de ces caméras. Autrefois, les gens considéraient les caméras installées à l’extérieur d’un magasin ou à un coin de rue comme de simples dispositifs : une vidéo était enregistrée, conservée pendant une période donnée conformément aux réglementations locales, puis supprimée.

    Le paramètre par défaut de Flock consiste à conserver les données de ses caméras pendant 30 jours, bien que les services de police locaux puissent raccourcir ou prolonger cette durée en fonction des réglementations régionales et locales. Mais la possibilité d’effectuer des recherches à l’échelle nationale sur ce système le distingue également des générations précédentes de systèmes de surveillance. « Dès que les gens commencent à prendre conscience de l’ampleur colossale des données collectées et de l’identité de ceux qui y ont accès, cela commence à les effrayer », a déclaré Maass.

    Une situation qui a poussé Amazon Ring a mettre fin à son partenariat avec la société de technologie policière Flock Safety. Ce partenariat a fait l'objet d'un examen minutieux après que la société de sonnettes Amazon ait diffusé une publicité pendant le Super Bowl février dernier en vantant une fonctionnalité « Search Party » qui utilise l'intelligence artificielle (IA) pour aider à localiser les animaux domestiques perdus. La décision de Ring d'annuler son partenariat avec Flock intervient alors que les entreprises technologiques sont soumises à une pression croissante pour réexaminer leur collaboration avec les agences fédérales.

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    Flock nie la surveillance de masse, mais des rapports prouvent le contraire

    « Souvent, nos détracteurs affirment que nous devons choisir entre la sécurité et la vie privée. Et je pense que c’est une erreur », a déclaré Garrett Langley, PDG de Flock. « En tant que pays, en tant que société, en tant qu’espèce, nous avons prouvé à maintes et maintes reprises que nous pouvions concilier sécurité et vie privée. » « Je pense qu’il existe un moyen efficace de faire connaître son opinion », a déclaré Langley. « On vote, on débat. Mais je dirais que je n’apprécie pas particulièrement le vandalisme, qu’il s’agisse de biens appartenant à Flock, au gouvernement ou simplement à un particulier. »

    Bien que Flock ait nié que les caméras soient également utilisées pour suivre des personnes à pied et affirme ne pas recourir à la technologie de reconnaissance faciale, il existe également des preuves indiquant que les données peuvent servir à rechercher des individus. Un rapport a révélé une fonctionnalité de Flock appelée « FreeForm » qui permet aux utilisateurs d’effectuer des recherches dans les enregistrements des caméras en fonction de la tenue vestimentaire d’une personne, de ses tatouages ou même de son origine ethnique.

    Flock ne partage pas de données avec des agences telles que l’ICE, mais un rapport montre que des policiers ont effectué des recherches pour faciliter des rafles d’immigrés. Flock a déclaré dans un communiqué que FreeForm intègre des « garde-fous » qui alertent les administrateurs du système lorsqu’une personne utilise des termes de recherche incluant « race, origine ethnique, religion, nationalité ».

    Les caméras ne sont pas non plus infaillibles dans le cadre de leurs utilisations autorisées. Le 28 juin, Joel Feder, journaliste et chroniqueur automobile, a raconté qu’il se trouvait à Plymouth, dans le Minnesota, au volant d’un Range Rover qu’il était en train d’essayer, lorsque le véhicule a soudainement été encerclé par quatre voitures de police. Les agents lui ont indiqué que la plaque d’immatriculation avait été signalée comme volée. « La voiture appartenait à Land Rover North America, il était impossible qu’elle ait été volée », a déclaré M. Feder.

    Au terme d’une longue conversation, Feder a expliqué avoir découvert qu’une plaque d’immatriculation portant un numéro similaire avait été signalée comme manquante à Los Angeles plusieurs semaines auparavant. Une version incomplète du numéro avait apparemment été saisie dans le National Crime Information Center (NCIC), une base de données nationale gérée par le FBI dont Flock extrait ses données.

    La technologie de Flock semblait ne pas tenir compte de la combinaison de chiffres grands et petits sur les plaques de concessionnaire du New Jersey de la Land Rover. « La caméra Flock a filmé l’intégralité de ma plaque, mais elle l’a tout de même signalée comme une correspondance », a déclaré Feder, qui a examiné les photos que la caméra Flock avait prises de son véhicule pendant sa conversation avec les forces de l’ordre.

    Dans le podcast « On The Drive », Langley a expliqué à Feder que cet incident constituait un « cas limite » et a indiqué que le principal problème résidait dans la base de données fédérale « archaïque ». Dans son propre récit de cette rencontre, Feder a précisé que les agents lui avaient conseillé de laisser sa voiture garée chez lui pour le moment, car il risquait d’être à nouveau signalé si une autre caméra Flock le repérait dans une autre ville.

    Cependant, d'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.


    Face aux nouvelles révélations, le rejet et la méfiance du public s'est renforcé

    La nouvelle selon laquelle les caméras Flock ont fait l’objet d’abus de la part de certains policiers n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. Selon un rapport, on recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes, notamment d’anciens partenaires. Langley a indiqué que son entreprise avait récemment mis en place un processus d’audit automatique rigoureux permettant de signaler aux administrateurs toute activité suspecte ou douteuse.

    Ces révélations ont suscité un élan croissant de résistance chez les citoyens lambda. Des dizaines de caméras Flock ont été désactivées de force ces dernières semaines, et de nombreuses personnes ont applaudi ces justiciers. En juin, un homme de Virginie-Occidentale accusé d’avoir détruit plusieurs caméras Flock a été arrêté. Sous une publication sur les réseaux sociaux annonçant son arrestation, des dizaines de personnes se sont portées volontaires pour lui fournir des alibis.

    « Il était parti pêcher avec moi ce jour-là, vous vous êtes trompés de personne », a écrit un homme. « La seule chose qui nous rassemble tous, et c’est exactement ce qu’ils ne veulent pas », a écrit une femme. « Les deux principaux signes qui montrent que nous pouvons bel et bien nous entendre sont 1) la Coupe du monde et 2) notre doigt d’honneur collectif adressé aux caméras Flock », a ajouté quelqu’un d’autre.

    À Houston, près de chez Adrien Kaiser, on compte près de 4 000 caméras Flock, ce qui en fait l’un des déploiements les plus importants de l’entreprise. Il a déclaré qu’il soutenait les forces de l’ordre, mais que cela ne devait pas se faire au détriment des droits et de la vie privée des citoyens. « Les droits individuels ont toujours été une priorité pour la gauche, tandis que les conservateurs envisagent les choses sous l’angle des droits constitutionnels. C’est donc là que se trouve le point de convergence », a expliqué Kaiser. « Nous voyons le même problème sous deux angles différents. »

    Tout comme Kaiser, Jon Dendy estime que les Américains, quel que soit leur bord politique, parviennent à la même conclusion par des chemins différents. « Les conservateurs s’inquiètent d’un État trop présent », a-t-il déclaré. « Et pour les progressistes, c’est la crainte d’abus de la part du gouvernement. » Caleb Williams a ajouté avoir pris connaissance de plusieurs cas où les données de Flock ont été détournées par des policiers qui se sont emparés des caméras pour suivre d’anciens partenaires. « Même si Flock aide à résoudre un crime, il semble que ces caméras ne valent pas la peine d’être conservées, compte tenu du tollé que les citoyens ont suscité à leur encontre dans tout le pays », a-t-il déclaré.

    Les commentateurs populistes, qui ont pris conscience de l’animosité croissante à l’égard de Flock, se joignent eux aussi au débat. « Chaque Américain est surveillé à chaque instant de la journée », a déclaré le youtubeur de gauche Hasan Piker lors d’un live l’année dernière. Au début du mois, le commentateur conservateur Tucker Carlson s’est lui aussi exprimé sur le sujet et a consacré un épisode entier de son podcast à expliquer comment des entreprises comme Flock sont en train de créer un État de surveillance permanent pour les citoyens américains. « Si vous deviez renoncer à toute vie privée, qu’obtiendriez-vous en échange ? La sécurité. Bien sûr. Et c’est toujours ce compromis. Le problème, c’est que cela n’a jamais fonctionné ainsi, car la sécurité n’a jamais été une priorité de cette classe dirigeante », a déclaré Carlson.

    Tucker Carlson et Piker ont tous deux reconnu que les gens perçoivent de plus en plus les institutions – notamment les responsables politiques, les forces de police et le secteur technologique – comme soucieuses de restreindre leurs libertés. « Ce ne sont pas des jeunes toxicomanes qui détruisent les caméras de Flock pour s’amuser », a déclaré Carlson. « Ce sont des Américains sobres, honnêtes et patriotes qui croient aux promesses de leur pays. »

    Cependant, Dave Maass souligne que, malgré tout le militantisme anti-Flock, cette entreprise n’est pas la seule à déployer des caméras de sécurité connectées. Vigilant Solutions et Motorola exploitent également des caméras ALPR, et certains signes indiquent qu’Axon, un important fournisseur de caméras corporelles destinées aux services de police, commence à remporter des marchés publics dans des villes qui travaillaient auparavant avec Flock.

    Mais les gens y prêtent attention. Récemment, lorsqu'une chaîne locale de Syracuse a annoncé que la ville mettrait fin à son partenariat avec Flock pour signer un nouvel accord avec Axon, les réactions ont été sans concession. Comme l’a écrit un internaute sur les réseaux sociaux : « Mes amis, nous devons mettre un frein à ces voyous autoritaires à la Big Brother, et ne pas les laisser se contenter de changer de marque de caméras. »

    Et vous ?

    Pensez-vous que ces rapports sont crédibles ou pertinents ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Un policier a utilisé 83 000 caméras de surveillance automatique pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Search Party de Ring : après les enfants, les animaux perdus deviennent le mobile pour instaurer la surveillance de masse par IA. Amazon exhibe son infrastructure IA de reconnaissance visuelle qui est opt-out

    Arrêtés par l'IA : quand la police ignore les normes après les correspondances de reconnaissance faciale par l'IA. Toutes les personnes arrêtées à tort subissent d'énormes préjudices
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  6. #6
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    C'est ce qui se produit avec tout les outils de surveillance :
    - Ils sont détournés à d'autres fins, légales ou non, pour des intérêts particuliers et généralement : Pour le pire.

    Cela peut venir des simples policiers, mais aussi des échelons bien plus haut (politiques, espionnage ...).
    J'ajoute que ces outils détruisent complètement la société de confiance quand la surveillance n'est pas ciblée, ni justifiée.

    Le mieux est d'interdire ces outils dangereux.

  7. #7
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    Par défaut Des caméras de surveillance « Flock » ont été vandalisées aux États-Unis après des abus policiers
    Des caméras de surveillance « Flock » ont été vandalisées aux États-Unis alors que le débat à leur sujet se poursuit, après avoir été utilisées à des fins de harcèlement par des policiers sans scrupules

    En l'espace de quelques années, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d'immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu'à vandaliser systématiquement ces équipements. Les opposants s'indignent face à ce qu'ils qualifient d'outil dangereux, susceptible d'être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour. Les détracteurs craignent que cela permette aux agents de police de suivre des véhicules sans mandat, ouvrant ainsi la voie à toute une série d'abus de pouvoir potentiels.

    Flock Group Inc., opérant sous le nom de Flock Safety, est un fabricant et exploitant américain privé de matériel et de logiciels de surveillance, notamment dans les domaines de la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ALPR), de la vidéosurveillance de masse, des systèmes de localisation des coups de feu et des logiciels permettant d’intégrer les données recueillies par ces technologies. Fondée en 2017, Flock exploite ces systèmes dans le cadre de contrats conclus avec des forces de l’ordre, des associations de quartier et des propriétaires privés. En 2025, Flock affirme être présente dans plus de 5 000 communes réparties dans 49 États américains et effectuer plus de 20 milliards de scans de véhicules aux États-Unis chaque mois. Le réseau de Flock Safety repose sur des caméras, des technologies de reconnaissance d'images et d'apprentissage automatique, qui partagent leurs données avec les services de police.

    Flock Safety, le leader incontesté de la reconnaissance automatique de plaques d'immatriculation (ALPR) aux États-Unis, fait face à une résistance civile inédite. Dans le même temps, des policiers ont été pris en flagrant délit d’utilisation du système pour traquer d’anciens partenaires et des collègues, et des journalistes ont rapporté que, contrairement aux affirmations de l’entreprise selon lesquelles elle n’enregistre que les véhicules, les caméras peuvent être utilisées pour suivre des personnes. Une révélation qui n’a fait qu’accroître le rejet et la méfiance du public. On recense plus d’une douzaine de cas où des policiers ont été accusés ou arrêtés pour avoir utilisé Flock afin de harceler et de traquer des personnes.

    En quelques années seulement, la start-up spécialisée dans la surveillance Flock a installé plus de 100 000 caméras de lecture de plaques d’immatriculation à travers les États-Unis. Mais un mouvement citoyen, indigné par les atteintes à la vie privée, riposte — allant même jusqu’à vandaliser systématiquement ces équipements. La première fois qu’il a décidé de détruire l’une de ces caméras, un justicier autoproclamé, tout de noir vêtu et connu sous le nom de Nomark, raconte qu’il était « super nerveux ». Aujourd’hui, après avoir mis hors service une trentaine de ces appareils près de chez lui, dans la région de Minneapolis, il a déclaré : « Je n’ai plus vraiment peur. »

    Les caméras Flock sont installées par les services de police, les associations de copropriétaires et les entreprises, officiellement pour surprendre les criminels en flagrant délit. Les données sont transférées vers le cloud de Flock et peuvent être partagées avec les abonnés. Mais les opposants s’indignent face à ce qu’ils qualifient d’outil dangereux, susceptible d’être utilisé pour porter atteinte à la vie privée et aux libertés civiles des Américains.


    À seulement 20 ans, Nomark propose à ses 500 000 abonnés Instagram un guide pratique pour rendre ces caméras inutilisables, sensibilisant ainsi le public à l’existence de ces dispositifs. Ses détracteurs soulignent — à juste titre — que ses actions sont illégales, mais des personnes partageant les mêmes idées ont emboîté le pas à travers tout le pays au cours des dernières semaines. Loin d’être considéré comme un mouvement marginal et radical, le mouvement anti-Flock prend de l’ampleur.

    Ses partisans sont actifs en ligne depuis des mois : ils créent des cartes participatives répertoriant les caméras, partagent des astuces pour obstruer leurs objectifs et saluent les « héros » arrêtés pour les avoir détruites. Le groupe Facebook « DeFlock America » compte plus de 600 000 membres et en gagne des milliers de plus chaque jour.

    Base de données gigantesque

    Les caméras « Flock » se distinguent des caméras de surveillance traditionnelles en ce qu’elles n’enregistrent pas de séquences vidéo. Elles prennent plutôt des photos des véhicules, en capturant la marque, le modèle, la couleur, les données de la plaque d’immatriculation et d’autres caractéristiques distinctives telles que les autocollants sur les pare-chocs. Et contrairement aux caméras de surveillance classiques, qui ne sont pas connectées en réseau, ces données sont conservées pendant un mois maximum et peuvent être partagées, parfois même au-delà des frontières des États. Les opposants affirment que cela donne à la police un accès excessif à la vie privée des Américains respectueux de la loi.

    Jon Bridges, responsable de la police à Richmond, la capitale de l’État de Virginie, explique que « pour pratiquement tout crime lié à un véhicule ou impliquant un véhicule, nous consultons au moins la base de données pour voir s’il y a des informations ». Son service utilise Flock depuis 2023. Jon Bridges a donné un exemple illustrant l’utilité de cette technologie : lors de l’enquête sur un double homicide domestique en mai, la police a rapidement identifié un suspect qui s’était enfui des lieux à bord de son pick-up. Les enquêteurs ont récupéré les données relatives à sa plaque d’immatriculation et ont saisi une alerte dans le système de Flock. Lorsqu’il est apparu sur une autre caméra, des agents d’un comté voisin l’ont arrêté.

    Risques d’abus

    Les détracteurs craignent que cela permette aux agents de police de suivre des véhicules sans mandat, ouvrant ainsi la voie à toute une série d’abus de pouvoir potentiels. Selon une enquête menée par le Washington Post, au moins 50 policiers ont été accusés d’avoir utilisé le système Flock à mauvais escient, la plupart d’entre eux pour espionner les allées et venues de leurs partenaires amoureux ou de leurs ex.

    Dans d’autres cas, des policiers ont utilisé Flock pour suivre des femmes ayant subi un avortement — pratique illégale dans plusieurs États américains. Certains ont illégalement transmis des données issues du système à des agents des services d’immigration. Le PDG de Flock, Garrett Langley, a qualifié certains opposants de « terroristes », attisant ainsi la polémique. « Il existe véritablement un incroyable mouvement populaire contre Flock », a déclaré Chad Marlow, conseiller politique principal de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qualifiant son essor de « stupéfiant ».

    Ce mouvement bénéficie d’un soutien tant à gauche qu’à droite de l’échiquier politique, notamment de la part des libertariens. L’ancien présentateur de Fox News et figure de proue du conservatisme, Tucker Carlson, a qualifié les vandales d’« Américains honnêtes et patriotes » qui ne font que « prendre les choses en main ». Partout dans le pays, des groupes locaux font pression sur leurs élus pour qu’ils prennent leurs distances avec Flock.

    En août 2025, d'après l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une organisation de défense des droits civiques, la société de surveillance Flock a étendu son système national de suivi des plaques d'immatriculation en utilisant l'IA pour signaler à la police toute personne dont elle estime les déplacements « suspects ». Selon l'ACLU, cette évolution marque une escalade inquiétante, car la police passe du simple accès aux données sur les déplacements des véhicules à l'identification et au signalement proactifs d'individus sur la base d'évaluations algorithmiques de leurs déplacements.

    Et vous ?

    Pensez-vous que les informations sur les abus de Flock sont crédibles ou pertinentes ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Un policier a utilisé 83 000 caméras de lecture automatique des plaques minéralogiques pour retrouver une femme qui a avorté, avec Flock Safety les policiers savent où vous êtes allé et qui vous avez rencontré

    Amazon Ring annule son partenariat avec Flock Safety, une entreprise controversée spécialisée dans les technologies destinées aux forces de l'ordre, après une vague de protestations contre la surveillance

    20 milliards de scans par mois, des données transmises à l'ICE sans mandat : Flock Safety ou comment une startup de surveillance est devenue l'ennemi public numéro un de la vie privée aux États-Unis
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