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Hardware Discussion :

Une production technologique entièrement américaine est quasi impossible à l'heure actuelle


Sujet :

Hardware

  1. #101
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    vlc...c'est européen
    Ouais c'est pas mal, mais il est doit être plus facile de trouver des exemples de logiciels qui ont été créés dans un pays européen et qui ont été racheté par une grosse société US.

    La CIA s'est servie de VLC et de plusieurs autres logiciels portés par la communauté du libre Pour mener ses opérations d'espionnage
    Il apparaît que la CIA exploite une ancienne version de la version portable de VLC afin d’utiliser des injections de bibliothèques de liens dynamiques (DLL) en ayant modifié le Manifest de l’application. En gros, ce faux VLC permet d’exfiltrer des données alors que l’utilisateur regarde une vidéo ou écoute de la musique.

  2. #102
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    Par défaut Les droits de douane de Donald Trump sont déclarés illégaux par la Cour suprême des États-Unis
    La Cour suprême inflige un camouflet à Donald Trump : ses droits de douane sont déclarés illégaux et son administration est sommée de restituer 166 milliards de dollars perçus auprès des entreprises

    L’administration Trump a instauré un portail numérique afin de restituer plus de 166 milliards de dollars de taxes d'importation à la suite d'une décision de la Cour suprême. Cette mesure fait suite à l'invalidation juridique des droits de douane jugés illégaux, offrant un espoir de soulagement financier à des milliers d'entreprises américaines. Ces taxes avaient déjà été toutes jugées illégales l'année dernière par le tribunal américain du commerce, mais avaient été rétablies par une Cour d'appel fédérale. La pression commerciale de Donald Trump a créé des tensions avec l'Union européenne et contribue à saper ses ambitions technologiques.

    L'administration Trump devrait commencer cette semaine à rembourser 166 milliards de dollars de droits de douane, à la suite d'une décision rendue en février dernier par la Cour suprême qui a jugé cette politique inconstitutionnelle. Le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), chargé de gérer le processus de remboursement, a mis en ligne le 20 avril un portail permettant aux organisations de déposer leur demande.

    Les remboursements devraient prendre deux à trois mois. Ils pourraient s'avérer une aubaine pour les petites entreprises qui ont été les plus touchées par le vaste régime tarifaire du président Donald Trump, dévoilé l'année dernière, qui visait les importations en provenance de presque tous les pays du monde. Peu après sa prise de fonction le 20 janvier 2025, Donald Trump a imposé des droits de douane tous azimuts, punissant sévèrement la Chine.

    Un échec cinglant pour une politique commerciale arbitraire

    Donald Trump avait déclaré disposer du pouvoir d'imposer des droits de douane en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationaux (IEEPA), une loi de 1977 destinée aux situations d'urgence nationale. Les droits de douane justifiés par cette loi, notamment les tarifs imposés en avril 2025, ainsi que les taxes visant la Chine, le Mexique et le Canada liées à l'afflux de fentanyl aux États-Unis, sont les seuls concernés par la mesure.


    Alors que le président américain promettait que ces droits de douane rendraient l'Amérique riche, ils se traduisent désormais par une débâcle financière où le gouvernement fédéral doit restituer plus de 166 milliards de dollars perçus illégalement. Ce revers juridique met fin à ce qui était considéré comme l'outil commercial le plus puissant et le plus arbitraire du président », utilisé pour tout, de la lutte contre la drogue à la protection d'alliés politiques.

    « Il s’agit essentiellement d’une procédure accélérée pour le traitement des remboursements. Les douanes estiment que les remboursements seront traités dans un délai de 60 à 90 jours après le dépôt des demandes. Si les importateurs déposent leurs demandes dès l’ouverture du système, les remboursements pourraient commencer à être versés entre la mi-juin et la mi-juillet », a déclaré Michael Lowell, associé du cabinet d'avocats Reed Smith.

    Comme souligné précédemment, ce lancement marque la première phase du processus de remboursement plus large, ce qui signifie que tous les importateurs ou toutes les catégories de droits de douane imposés par le président Donald Trump ne seront pas immédiatement éligibles au remboursement.

    Une gestion opaque et très coûteuse pour les contribuables

    Le processus de remboursement, baptisé CAPE, brille par son inefficacité et son manque de transparence, ne couvrant initialement que 63 % des entrées concernées. Malgré l'obligation légale de rendre cet argent, l'administration Trump a multiplié les manœuvres pour ralentir le processus, ne cédant que sous l'injonction directe de la Cour de commerce international en mars 2026. Donald Trump et ses collaborateurs sont vivement critiqués en ligne.

    Cette obstruction a un prix exorbitant puisque les intérêts sur les sommes dues s'élèvent à environ 22 millions de dollars par jour, soit 650 millions de dollars par mois, une charge monumentale qui pèse sur les finances publiques à cause d'une politique tarifaire jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême. Les remboursements seront effectués par voie électronique, conformément à la politique mise en place par les services de douane depuis début février.

    Signe de l'affluence attendue, plus de 3 000 entreprises, dont FedEx et Costco, avaient déjà poursuivi l'administration Trump afin d'obtenir leur remboursement avant même le lancement du site Web dédié aux demandes, certaines actions en justice ayant même été engagées avant la décision de la Cour suprême.

    De nombreux chefs d'entreprise ont déclaré ne pas savoir si la procédure de remboursement serait simple, Donald Trump s'y étant montré opposé. L'administration Trump a laissé entendre qu'il faudrait peut-être des mois avant que les entreprises ne reçoivent de l'argent. Ajoutant à l'incertitude, la Maison Blanche a refusé de dire si elle pourrait encore tenter de saisir à nouveau la justice pour tenter de bloquer tout ou partie des remboursements.

    Une injustice flagrante envers les consommateurs américains

    De nombreuses entreprises devraient se précipiter pour déposer des demandes de remboursement afin de récupérer les milliards qu'elles ont payés au titre de ces droits de douane désormais invalides. Les recettes douanières perçues par l'administration Trump ont atteint des niveaux records après l'instauration des droits de douane du « Jour de la Libération », soulignant l'ampleur des remboursements actuellement accordés aux importateurs.

    Outre les importateurs américains, les consommateurs américains ont été durement touchés par la hausse des prix et les problèmes de chaîne d’approvisionnement provoqués par les droits de douane instaurés par Donald Trump. Cependant, le mécanisme de remboursement actuellement déployé ignore délibérément les millions de citoyens qui ont supporté le coût réel de ces droits de douane à travers l'augmentation des prix à la consommation.

    Seuls les importateurs officiels sont éligibles pour récupérer ces fonds, sans aucune garantie que ces gains soient redistribués aux clients finaux. La mesure dans laquelle les consommateurs bénéficieront d'un quelconque avantage dépend de la volonté des entreprises de partager l'argent qui sera restitué. Certains acteurs envisageraient de répercuter ces remboursements, mais la majorité des entreprises n'ont pris aucun engagement en ce sens.

    Le public américain a payé le prix fort d'une expérience de protectionnisme ratée. Selon la Commission économique mixte du Congrès, les familles américaines ont payé plus de 1 700 dollars chacune en frais de droits de douane, alors que Donald Trump avait promis de baisser le coût de la vie. Une étude publiée en janvier par l’Institut Kiel, basé en Allemagne, a révélé que 96 % de la charge douanière est répercutée sur les acheteurs américains.

    « Que ce soit par le biais de la hausse des prix des produits importés, de la hausse des prix des produits fabriqués localement qui utilisent des intrants importés, ou de la réduction de la disponibilité et de la variété des produits, ce sont les ménages américains qui paient le prix des droits de douane », conclut l'étude.

    Le traumatisme durable des PME et l'incertitude persistante

    Les droits de douane fonctionnent comme une taxe sur les importations ; les entreprises américaines en absorbent souvent les coûts initiaux et les répercutent sur les prix, ce qui se traduit par une hausse des tarifs pour les grossistes, les détaillants et, en fin de compte, les consommateurs. Ainsi, les ménages et les entreprises peuvent être confrontés à une augmentation des coûts sur des produits allant de l'électronique aux matières premières.

    Pourtant, selon les experts en commerce, le recours généralisé aux droits de douane est loin d’être terminé. « Les droits de douane ne sont pas près de disparaître. C’est clair. C’est un élément central de la politique économique et commerciale de l’administration », a déclaré Michael Lowell, associé chez Reed Smith.

    Pour les petites structures, ces remboursements arrivent bien trop tard pour compenser les licenciements et les coupes budgétaires subis durant une année de « cauchemar économique ». Des entrepreneurs soulignent que ces sommes ne permettront pas de réparer les dommages structurels causés par l'instabilité permanente de la politique commerciale de la Maison-Blanche. Selon les experts, cette incertitude pourrait ralentir les investissements.

    De plus, l'ombre de nouveaux droits de douane plane déjà, l'administration Trump cherchant des moyens détournés pour remplacer les taxes invalidées, ce qui maintient les entreprises dans un état d'incertitude paralysant et neutralise tout impact économique positif potentiel de ces remboursements.

    L'impact contre-productif des droits de douane de Trump

    En raison de la guerre commerciale de Donald Trump contre la Chine, les promoteurs ne peuvent pas importer suffisamment de transformateurs, d’appareillages de commutation et de batteries pour construire l’infrastructure électrique dont chaque centre de données a besoin. Le secteur traverse une crise majeure. Cet état de choses souligne que les États-Unis restent très dépendants de la Chine, malgré des années d'efforts pour rapatrier la production.


    La Chine fabrique ces composants principalement pour des fournisseurs américains « depuis des décennies ». Ces composants nécessitaient auparavant un délai de livraison compris entre 24 et 30 mois avant 2020. Aujourd’hui, les délais d’attente peuvent atteindre cinq ans. Ce retard pourrait avoir son importance. En effet, certains analystes affirment que la Chine aurait environ 5 ans de retard sur les États-Unis dans la course à l’IA et d'autres secteurs.

    Plutôt que de compter sur la Chine, Donald Trump préférerait que les États-Unis fabriquent leur propre équipement. Cependant, à l'heure actuelle, la capacité de production américaine pour ces appareils ne peut pas suivre la demande. En conséquence, seulement un tiers des plus grands centres de données prévus pour 2026 sont effectivement en cours de construction. Les droits de douane contre la Chine paralysent plusieurs entreprises américaines.

    Les droits de douane avaient déjà aggravé les pénuries de GPU et augmenté les prix pour les consommateurs, car les fabricants tentaient de quitter la Chine pour des pays moins taxés comme le Vietnam. Mais ces pays ont également été soumis à des droits de douane élevés, et il n'y a plus d'endroit où aller. La vision de Donald Trump, à travers les droits de douane élevés, consiste à rendre les États-Unis plus grands, mais la réalité est plus prosaïque.

    L'industrie américaine impuissante face à cette demande

    Cette pénurie d'équipement est un obstacle majeur. Il ne s’agit pas de composants facultatifs. Ils constituent l’épine dorsale de l’infrastructure électrique de tout centre de données, l’équipement qui capte l’électricité du réseau et la rend utilisable pour des milliers de GPU fonctionnant en parallèle. Sans eux, il n'y a pas d'installation. Sans installation, il n'y a pas de capacité de calcul. Et sans capacité de calcul, la course à l'IA ralentit considérablement.

    Le problème est d'une simplicité trompeuse. Les centres de données consomment d'énormes quantités d'électricité, et cette énergie doit être gérée, convertie, stockée et distribuée à l'aide d'équipements industriels spécialisés. Les transformateurs abaissent la tension du réseau électrique à des niveaux utilisables.

    Les appareillages de commutation contrôlent et protègent le flux. Les systèmes de batteries assurent une alimentation de secours et la stabilité en cas de pics de demande ou de perturbations du réseau. Un seul grand centre de données dédié à l'IA peut consommer autant d'électricité qu'une petite ville. Mais l'infrastructure électrique nécessaire pour supporter cette charge ne peut pas être fournie par un fournisseur américain dans l'immédiat.

    Les États-Unis disposent d’une capacité de production nationale limitée en matière d’équipements électriques lourds. Depuis des années, l’industrie s’appuie sur les importations en provenance de Chine et d’Asie du Sud-Est pour combler ce manque. Les droits de douane ont rendu la construction des infrastructures dont les géants tels que Google et Microsoft ont désespérément besoin considérablement plus coûteuse et plus difficile sur le plan logistique.

    L'administration Trump semble déconnectée de la réalité

    Donald Trump semble ignorer la gravité de la crise des infrastructures électriques. En mars dernier, il a ordonné aux entreprises technologiques de construire ou d'acheter leur propre énergie, sans mentionner que le véritable problème réside dans l'impossibilité de brancher ces sources d'énergie faute d'équipements disponibles. À Santa Clara, dans la Silicon Valley, deux centres de données achevés restent actuellement inutilisés faute d'électricité.

    Le sort réservé à ces deux installations met en évidence un défi majeur pour le secteur technologique américain et, plus largement, pour l'économie dans son ensemble. Alors que l'essor de l'IA et du cloud computing stimule la construction massive de centres de données, l'accès à l'électricité apparaît comme le principal obstacle. L'appétit énergétique des centres de données destinés à l'IA met à rude épreuve les réseaux électriques dans le monde entier.

    Cela s'explique en grande partie par le vieillissement des infrastructures électriques, la lenteur de la construction de nouvelles lignes de transport d'électricité et divers obstacles réglementaires et administratifs. Et la pression sur les systèmes électriques mondiaux ne fera qu'augmenter. Selon les projections de BloombergNEF, les besoins en électricité associés aux charges de travail de l'IA devraient plus que doubler rien qu'aux États-Unis d'ici à 2035.

    Sur le Vieux Continent, la société d'analyse de données et de conseil GlobalData tire la sonnette d'alarme : l'essor de l'IA entraîne une hausse inquiétante de la consommation d’eau des centres de données européens alors que les ressources en eau deviennent limitées. La situation fait craindre une pénurie d'eau.

    Conclusion

    L'invalidation des droits de douane par la Cour suprême marque un tournant juridique : pour la première fois, l’usage détourné de la loi de 1977 (IEEPA) à des fins douanières a été sanctionné, brisant l'outil le plus flexible de l'exécutif. Cependant, ce remboursement massif ne pourra pas « réparer le préjudice » structurel subi par les petites entreprises, dont beaucoup ont dû licencier malgré les promesses initiales de prospérité du « Jour de la Libération ».

    La débâcle de l'administration Trump n'est pas un point final, mais le début d'un nouveau cycle d'incertitude économique pour les importateurs. Par ailleurs, les consommateurs américains sont les plus lésés par cette politique inconstitutionnelle, les entreprises répercutant les taxes sur les clients finaux.

    Les politiques de Donald Trump font obstacle à ses ambitions économiques. Les États-Unis restent extrêmement dépendants de l'expertise étrangère, notamment asiatique, pour la fabrication de batteries indispensables pour les drones, les véhicules électriques et bien d'autres appareils. Outre les centres de données, ses politiques en matière d'immigration sapent également l'objectif de souveraineté des États-Unis dans la technologie des batteries.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du revers essuyé par l'administration Trump dans sa politique tarifaire ?
    Trump ne renonce pas à ses taxes et cherchent à les imposer par d'autres mécanismes. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    Les droits de douane imposés par Donald Trump lui-même sapent ses ambitions en matière de centres de données pour l'IA, près de 50 % des projets de construction ont été reportés ou annulés

    La majorité des tarifs douaniers de Trump jugés illégaux par le tribunal américain du commerce qui ordonne leur blocage, mais une cour d'appel fédérale les rétablit : les implications pour le secteur Tech

    Trump sape l'objectif de souveraineté des États-Unis dans la technologie des batteries en expulsant des spécialistes sud-coréens de Hyundai, un savoir-faire indispensable pour développer leur propre industrie

  3. #103
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    Citation Envoyé par calvaire Voir le message
    perso moi j'ai ..., je fais du bateau et de la pêche dans les lagons. J'ai un pc..., je joue...
    ... pour moi.
    MOI J'AI, JE, J'AI, MOI...

    C'est dommage car certains de tes posts sont intéressants.

  4. #104
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    Citation Envoyé par witre Voir le message
    Bien sûr, il faudra se passer de Facebook, Gmail, Windows, Office et du cloud américain.
    Mais tout cela peut être facilement remplacé : c’est juste une question de volonté.
    Pour certains c'est fait.

  5. #105
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    Par défaut Nintendo poursuivi par des joueurs qui l'accusent de vouloir empocher deux fois la même somme
    Nintendo veut se faire rembourser les taxes douanières de Trump et des joueurs lui font un procès,
    l'accusant de vouloir récupérer deux fois la même somme puisque la hausse des prix était déjà répercutée sur les consommateurs

    Alors que le gouvernement américain vient d'ouvrir un portail de remboursement des taxes douanières jugées illégales, deux joueurs américains ont déposé une action collective contre Nintendo, l'accusant de vouloir empocher deux fois la même somme : une première fois via les hausses de prix répercutées sur les consommateurs, et une seconde fois via les remboursements fédéraux auxquels l'entreprise prétend avoir droit. Cette affaire, symptôme d'une crise tarifaire sans précédent dans l'industrie du jeu vidéo, illustre la complexité des conséquences juridiques et économiques des politiques commerciales de l'administration Trump.

    Pour comprendre cette plainte, il faut remonter au printemps 2025. En avril de cette année-là, le président Donald Trump déclenche une salve de droits de douane généralisés visant des dizaines de pays exportateurs vers les États-Unis, en s'appuyant sur l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) de 1977, un texte conférant au président des pouvoirs économiques d'urgence. La Chine, où une large partie des équipements électroniques grand public sont assemblés, se retrouve frappée par des taxes particulièrement lourdes.

    Nintendo, dont les consoles et accessoires sont majoritairement fabriqués en Asie (et en partie en Chine), réagit rapidement. L'entreprise commence par suspendre les précommandes de la Switch 2 aux États-Unis, invoquant l'incertitude économique ambiante. Quelques semaines plus tard, elle annonce une hausse des prix de plusieurs accessoires de la Switch 2 : le Pro Controller passe de 79,99 à 84,99 dollars, et le Dock Set de 109,99 à 119,99 dollars, soit des augmentations comprises entre 1 et 10 dollars selon les produits. La console elle-même, commercialisée à 449 dollars, ne voit pas son prix modifié.

    Puis, en août 2025, Nintendo relève les tarifs de toute la gamme Switch d'origine : la Switch Lite augmente de 30 dollars, la Switch standard de 40 dollars, et la Switch OLED de 50 dollars. Ces décisions sont explicitement reliées à la politique tarifaire de Trump par la direction même de Nintendo. Lors d'une réunion financière en mai 2025, le PDG Shuntaro Furukawa déclare aux investisseurs que les droits de douane sont traités comme un élément du coût de revient, directement intégrés dans la tarification. Cette déclaration, consignée dans un document officiel destiné aux marchés financiers, va se retourner contre l'entreprise quelques mois plus tard.

    La Cour suprême invalide les tarifs, et tout s'emballe

    Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis rend une décision qui change la donne : elle juge que le régime tarifaire mis en place par Trump est illégal, ouvrant ainsi la voie à des remboursements pour les importateurs ayant acquitté ces droits. La décision crée une onde de choc dans l'économie américaine. Des milliers d'entreprises, de la grande distribution à l'électronique en passant par la logistique, se retrouvent soudainement en position de réclamer des sommes considérables à l'administration fédérale. Le gouvernement américain promet d'ouvrir un portail de remboursement pour organiser le processus, et le calendrier s'accélère : le lancement de ce portail est annoncé début de la semaine du 20 avril 2026, et selon CNBC, les entreprises concernées pourraient récupérer jusqu'à 160 milliards de dollars au total.

    Nintendo n'attend pas. Le 6 mars 2026, soit deux semaines après la décision de la Cour suprême, Nintendo dépose une plainte devant la Cour du commerce international des États-Unis pour contester la légalité des tarifs et réclamer le remboursement des droits acquittés. L'entreprise n'est pas seule : elle est l'une de milliers de sociétés à avoir engagé une telle procédure avant que le portail officiel ne soit opérationnel. La procédure est ensuite mise en suspens, dans l'attente de la mise en place du mécanisme de remboursement.

    C'est à ce moment précis que deux joueurs américains décident de passer à l'action.


    L'action collective : la logique de l'enrichissement sans cause

    Gregory Hoffert, résident de Californie, et Prashant Sharan, résident de Washington, déposent une action collective contre Nintendo, qui a vocation à représenter l'ensemble des consommateurs américains ayant acheté des produits Nintendo dont les prix avaient été augmentés entre le 1er février 2025 et le 24 février 2026.

    Le raisonnement juridique des plaignants est fondé sur le concept d'enrichissement sans cause (unjust enrichment en droit américain). Leurs avocats soutiennent que Nintendo n'a pas véritablement subi les conséquences financières des droits de douane, puisque l'entreprise a simplement répercuté ces coûts sur ses clients via des hausses de prix, payant ainsi les taxes avec l'argent des consommateurs. Dès lors, si Nintendo obtient le remboursement de ces mêmes taxes par le gouvernement fédéral, elle encaisserait la même somme deux fois.

    La formulation retenue dans la plainte est lapidaire : « À moins que ce tribunal n'intervienne, Nintendo est en position de récupérer les mêmes paiements de droits de douane deux fois : une première fois auprès des consommateurs via des prix plus élevés, et une seconde fois auprès du gouvernement fédéral via des remboursements de tarifs, intérêts gouvernementaux inclus. »

    Les plaignants invoquent également une violation de la loi sur la protection des consommateurs de l'État de Washington, et estiment que la classe potentielle des victimes pourrait se compter en centaines de milliers, voire en millions de personnes.

    Pour étayer leur dossier, les avocats des plaignants s'appuient directement sur les déclarations publiques de la direction de Nintendo. Les propos de Furukawa aux investisseurs en mai 2025, affirmant que les tarifs sont intégrés dans les prix, constituent une pièce à charge directe, puisqu'ils établissent explicitement le lien causal entre les taxes douanières et les hausses pratiquées sur les consommateurs. C'est précisément ce lien que les plaignants cherchent à valoriser juridiquement : si Nintendo a elle-même reconnu répercuter les tarifs sur ses prix, elle ne saurait simultanément se faire rembourser ces mêmes tarifs sans redistribuer le produit à ceux qui les ont effectivement payés.

    Nom : nintendo.png
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    Nintendo face à ses propres déclarations

    La situation de Nintendo est d'autant plus délicate que l'entreprise n'a pas pris soin de communiquer clairement sur ses intentions concernant d'éventuels remboursements. Lorsque le journaliste Stephen Totilo de Game File a interrogé Nintendo à ce sujet en mars 2026, la réponse de l'entreprise s'est contentée de confirmer l'existence de la plainte sans donner d'indication sur une éventuelle redistribution aux clients.

    Cette absence de communication constitue un problème stratégique. Certains concurrents directs, comme FedEx et UPS, ont publiquement annoncé qu'ils reverseraient leurs remboursements de droits de douane à leurs clients et pourtant, ils font eux aussi l'objet de poursuites similaires. L'exemple illustre que même une promesse formelle n'immunise pas nécessairement une entreprise contre ce type d'action collective.

    Du côté des commentateurs juridiques, le scepticisme est de mise quant aux chances de succès de la plainte. Don McGowan, ancien directeur juridique de The Pokémon Company et désormais à la tête d'un cabinet de conseil, estime avoir « une difficulté exceptionnelle à voir en quoi il s'agirait d'une action en justice valide », avançant qu'il n'existe aucune distinction légale entre une hausse de prix motivée par les tarifs et une hausse décidée pour d'autres raisons commerciales, et qu'aucune obligation légale ne contraint une entreprise à maintenir ses marges à un niveau donné.

    Une vague contentieuse qui dépasse Nintendo

    L'affaire Nintendo ne doit pas être lue comme un cas isolé. Des actions similaires ont été déposées contre FedEx, UPS et l'importateur de lunettes EssilorLuxottica, et d'autres entreprises comme Costco font face à des recours comparables ; en somme, toutes entreprises ayant répercuté les coûts tarifaires sur leurs clients avant de solliciter des remboursements fédéraux.

    Ce contentieux de masse révèle une faille structurelle dans la manière dont la crise tarifaire a été gérée par les entreprises américaines : en faisant supporter le coût des droits de douane aux consommateurs finals tout en maintenant leurs propres recours juridiques ouverts, de nombreuses sociétés se retrouvent aujourd'hui dans une situation d'exposition double : face aux régulateurs et face à leurs propres clients. La légalité de cette stratégie reste entière tant que les tribunaux n'ont pas tranché, mais le risque réputationnel est réel.

    Pour Nintendo, l'enjeu dépasse la seule question financière. La firme de Kyoto vit actuellement l'un des cycles de lancement les plus importants de son histoire récente, avec la Switch 2 qui a atteint les rayons en juin 2025. Être associée à une image d'entreprise cherchant à s'enrichir doublement au détriment de ses clients, à tort ou à raison, pourrait peser sur la perception de la marque auprès d'une communauté de joueurs particulièrement sensible aux questions d'équité tarifaire, dans un contexte où les prix des jeux vidéo font déjà l'objet de critiques croissantes.

    L'issue de cette procédure reste incertaine. Le tribunal devra d'abord se prononcer sur la recevabilité de l'action collective avant d'examiner le fond. Mais quelle que soit la décision finale, l'affaire aura au moins eu le mérite de poser une question que beaucoup d'observateurs se posaient en silence : quand une politique fiscale illégale se retourne contre ceux qui l'ont conçue, qui doit récupérer l'argent (les entreprises ou les consommateurs qui l'ont réellement déboursé) ?

    Source : plainte des joueurs

    Et vous ?

    Le raisonnement juridique fondé sur l'enrichissement sans cause vous paraît-il solide, ou s'agit-il selon vous d'un recours opportuniste qui ne résistera pas à l'examen des tribunaux ?

    Les entreprises qui ont publiquement promis de reverser leurs remboursements tarifaires, et qui sont néanmoins poursuivies, devraient-elles bénéficier d'un traitement judiciaire différent de celles qui, comme Nintendo, sont restées silencieuses ?

    Cette affaire révèle-t-elle un vide juridique plus large concernant la répercussion des coûts fiscaux sur les consommateurs finals, ou est-ce simplement le résultat prévisible de décisions commerciales transparentes ?

    Si les tribunaux américains donnent raison aux plaignants, quel précédent cela créerait-il pour les centaines d'autres entreprises dans des situations similaires — et comment cela affecterait-il les stratégies de tarification en période d'instabilité fiscale ?

    Nintendo aurait-elle pu éviter cette situation en communiquant dès mars 2026 sur ses intentions de redistribution ? Ou la prudence juridique justifiait-elle ce silence ?

  6. #106
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    Cette entreprise de rapace avait bien fait fermé "Pokémon Uranium", essayer d'attaquer Palworld, et même attaquer en Justice des fan-art pour quelques $ ...

  7. #107
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    Par défaut La Cour juge illégaux les droits de douane de 10 % imposés par Trump pour remplacer les anciens
    La Cour juge illégaux les droits de douane de 10 % imposés par Trump pour remplacer les anciens : le cauchemar des acheteurs IT,
    Trump perd deux fois devant ses propres tribunaux et les droits de douane s'appliquent quand même

    Deux régimes de surtaxes douanières invalidés en trois mois par la justice américaine, 166 milliards de dollars à rembourser à 330 000 entreprises, et des droits spécifiques sur les puces avancées qui s'ajoutent au chaos ambiant : l'industrie technologique américaine subit de plein fouet les contradictions d'une politique commerciale improvisée au fil des défaites judiciaires. Pendant ce temps, Washington prépare déjà un plan C.

    Difficile de dresser un bilan ordonné d'une politique commerciale qui ressemble davantage à une série de tirs à l'aveugle qu'à une stratégie cohérente. Depuis avril 2025 et le fameux « Liberation Day », la journée où Trump a décrété des droits de douane « réciproques » sur la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis, les importateurs américains vivent dans un état d'incertitude permanente. Taux annoncés, suspendus, renégociés, annulés par les tribunaux, remplacés du jour au lendemain par d'autres : chaque semaine ou presque apporte son lot de nouvelles règles du jeu.

    L'instrument juridique initial, l'International Emergency Economic Powers Act de 1977 (IEEPA), avait permis à Trump d'imposer des droits différenciés par pays; par exemple 18 % pour l'Inde après un accord bilatéral en février 2026, 10 % pour la Chine après plusieurs réductions successives. C'est sur cette base que reposait l'essentiel de l'édifice tarifaire, représentant environ 70 % du total des droits collectés. Le 20 février 2026, la Cour suprême invalide l'ensemble du dispositif IEEPA à six voix contre trois, dans l'affaire Learning Resources, Inc. v. Trump.

    Pour les entreprises concernées, la nouvelle est à double tranchant : certes, elles ont droit à des remboursements. Mais personne ne sait vraiment quand, ni combien.

    166 milliards de dollars et une machine à rembourser grippée

    Le gouvernement américain a perçu environ 166 milliards de dollars de droits de douane IEEPA auprès de plus de 330 000 entreprises, une somme désormais intégralement sujette à remboursement. Pour mettre ce montant en perspective : c'est l'équivalent de plusieurs fois le budget annuel de la NASA, prélevé directement sur les trésoreries d'entreprises allant de la multinationale aux petits importateurs indépendants.

    L'agence des douanes américaines (CBP) a ouvert en avril 2026 le portail CAPE (Consolidated Administration and Processing of Entries) pour permettre aux entreprises de soumettre leurs demandes de remboursement. Mais le processus se déroule par phases, son calendrier reste flou, et les montants effectivement versés pourraient être affectés par de nouveaux recours juridiques de l'administration. Autrement dit : les entreprises ont peut-être droit à récupérer leur argent, mais elles ne savent pas quand elles le reverront.

    Pour les petites structures (fabricants, distributeurs, détaillants spécialisés qui importent des composants ou des produits finis), cette immobilisation de trésorerie n'est pas une abstraction comptable. C'est la différence entre investir, embaucher, ou survivre.


    Le plan B invalidé en moins de trois mois

    La Maison-Blanche n'a pas attendu pour improviser une solution de remplacement. Le jour même de la décision de la Cour suprême, Trump signe une proclamation imposant une surtaxe universelle de 10 % sur l'ensemble des importations, cette fois fondée sur la Section 122 du Trade Act de 1974, une disposition vieille de cinquante ans, jamais utilisée auparavant par aucun président américain.

    Contrairement au régime IEEPA qui permettait des taux différenciés par pays et des négociations bilatérales, la Section 122 impose un taux unique et non discriminatoire : 10 % supplémentaires sur tout, quel que soit le pays d'origine. Pour les importateurs, le changement est brutal : les accords négociés pays par pays sous l'ancien régime se retrouvent dans un flou juridique, et la structure tarifaire se simplifie brutalement, mais pas dans le bon sens du terme.

    La Section 122 est conçue comme une mesure d'urgence temporaire : elle expire après 150 jours, soit le 24 juillet 2026, sauf si le Congrès vote une prolongation. Cette date butoir était connue dès le départ, et les entreprises savaient que la stabilité promise n'était qu'illusoire.

    Le 7 mai 2026, la Court of International Trade de New York enfonce le clou : à deux voix contre une, le panel de juges conclut que Trump a outrepassé les pouvoirs délégués par le Congrès. Les surtaxes sont « invalides » et « non autorisées par la loi ». Le motif ? L'administration a confondu « déficit commercial » et « déficit de la balance des paiements », deux notions que les juges considèrent comme distinctes au sens de la loi de 1974.

    Sur le terrain : une imprévisibilité qui paralyse les décisions

    Ce que les communiqués de presse et les décisions de justice ne capturent pas facilement, c'est ce que cette instabilité signifie concrètement pour ceux qui gèrent des chaînes d'approvisionnement réelles.

    Un importateur de composants électroniques qui planifiait ses achats en Asie du Sud-Est a dû, en l'espace de douze mois, jongler avec des taux qui ont bondi, chuté, été suspendus, rétablis, puis invalidés rétroactivement. Ses contrats fournisseurs intégraient des prix calculés sur une base tarifaire qui a changé plusieurs fois. Ses clients en aval attendaient des produits dont le coût de revient variait d'une semaine à l'autre. Et maintenant, il attend un remboursement dont le calendrier est incertain, tout en continuant à payer des droits qui viennent d'être déclarés illégaux parce qu'il n'est pas partie au procès.

    C'est précisément ce dernier point qui crée une situation absurde : la décision du 7 mai ne bénéficie directement qu'aux deux petites entreprises et à l'État de Washington qui ont attaqué en justice. Pour tous les autres importateurs, les droits continuent d'être prélevés pendant que l'administration fait appel.

    Des avocats spécialisés en droit commercial estiment que d'autres importateurs vont désormais chercher à obtenir une mesure similaire qui s'appliquerait plus largement, mais ce processus prendra du temps. Du temps que beaucoup n'ont pas.

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    Le vrai plan C est déjà en marche

    La Maison-Blanche, qui a anticipé l'invalidation probable de la Section 122, a lancé en parallèle les procédures qui permettront de maintenir des droits de douane élevés après le 24 juillet, cette fois sur des bases juridiques jugées plus solides.

    Dès mars 2026, l'USTR a ouvert des investigations sous la Section 301 du Trade Act de 1974, ciblant les pratiques de soixante économies en matière de travail forcé dans leur production à l'export. Ces enquêtes devraient conclure à temps pour permettre l'imposition de nouveaux tarifs avant l'expiration des droits Section 122.

    La Section 301 et la Section 232 (cette dernière utilisée pour l'acier, l'aluminium, les automobiles ou le cuivre au nom de la sécurité nationale) présentent une caractéristique commune : elles exigent des enquêtes préalables et des constats factuels documentés, ce qui les rend plus longues à mettre en œuvre mais également plus résistantes aux recours judiciaires. En d'autres termes, le gouvernement apprend de ses erreurs procédurales, mais sans changer de cap.

    Pour les entreprises, cela signifie que la perspective d'un retour à des droits de douane « normaux » est probablement une illusion. Les surtaxes au titre de la Section 122 expireront en juillet, mais l'administration a clairement signalé que des droits de substitution seront en place avant cette date. Le mur des surtaxes change de fondation, mais il reste debout.

    Un Congrès constitutionnellement compétent, politiquement absent

    La Constitution américaine est sans ambiguïté : c'est le Congrès, pas le président, qui détient le pouvoir de lever des impôts, y compris les droits de douane. C'est précisément parce que le Congrès a délégué une partie de cette autorité à l'exécutif via diverses lois que Trump a pu agir ainsi, et c'est parce que cette délégation a ses limites que les tribunaux ont sanctionné ses excès.

    Les deux chambres du Congrès ont bien adopté des résolutions désapprouvant les tarifs IEEPA, mais sans parvenir à les bloquer effectivement. Depuis, le silence législatif est assourdissant. Aucune majorité ne semble prête à clarifier les règles du jeu, à encadrer les pouvoirs tarifaires du président, ni à assumer politiquement une position tranchée sur un sujet qui divise profondément l'électorat américain, y compris dans les rangs républicains dont beaucoup d'États dépendent massivement des importations.

    Ce vide crée une situation où c'est la justice qui arbitre, au cas par cas, une politique économique majeure avec toute la lenteur, la partialité procédurale et l'incertitude que cela implique pour ceux qui ont des usines à faire tourner et des commandes à honorer.

    L'industrie technologique en première ligne

    Pour les professionnels de l'IT, la guerre des surtaxes douanières n'est pas une abstraction juridique : c'est une perturbation concrète qui s'invite dans chaque appel d'offres, chaque bon de commande, chaque négociation fournisseur. L'électronique et les semi-conducteurs sont au cœur du dispositif tarifaire américain, et les règles du jeu changent plus vite que les cycles d'approvisionnement.

    Le secteur cumule en effet deux niveaux de surtaxes distinctes et partiellement indépendantes. Aux surtaxes universelles de 10 % (celles que les tribunaux viennent d'invalider mais qui continuent de s'appliquer pendant l'appel) s'ajoutent des droits spécifiques aux semi-conducteurs avancés. Depuis le 15 janvier 2026, une surtaxe de 25 % frappe une gamme ciblée de puces de calcul avancées, notamment les Nvidia H200 et AMD MI325X, imposée cette fois sous la Section 232 au nom de la sécurité nationale. Cette couche supplémentaire, elle, n'est pas concernée par les invalidations judiciaires récentes; elle repose sur un fondement légal distinct, plus solide, et n'a pas de date d'expiration.

    Le régime d'exceptions creuse néanmoins des distorsions significatives. Les importations de semi-conducteurs destinées aux data centers américains sont exemptées de cette surtaxe de 25 %, tout comme les équipements de fabrication importés par les fondeurs taïwanais qui s'engagent à produire sur le sol américain. Concrètement, un hyperscaler américain qui importe des H200 pour ses propres infrastructures n'est pas taxé. Un intégrateur européen ou asiatique qui importe les mêmes puces pour les revendre ou les intégrer dans des systèmes destinés à l'export, lui, l'est. La distorsion de concurrence est réelle et durable.

    L'exemption data center signifie concrètement : si ces puces importées sont destinées à équiper un data center américain (AWS, Microsoft, Google…), pas de surtaxe de 25 %. En revanche, si elles sont importées pour être intégrées dans des systèmes qui seront ensuite exportés (typiquement un constructeur de serveurs qui assemble aux États-Unis pour vendre à l'international), la surtaxe s'applique.

    La Chine est particulièrement exposée sur le périmètre électronique au sens large : les semi-conducteurs ne représentent qu'environ 10 % de ses exportations électroniques vers le marché américain, ce qui signifie que les surtaxes frappent massivement les ordinateurs, équipements télécom et électronique grand public. Pour un DSI qui s'approvisionnait en équipements réseau ou terminaux depuis des fournisseurs chinois, la reconfiguration est déjà en cours, souvent au profit de fabricants installés en Inde, au Vietnam ou au Mexique, eux-mêmes soumis aux surtaxes universelles, mais dans une moindre mesure.

    Sources : vidéo dans le texte, Congrès américain, Holland & Knight, Gibson Dunn, Oxford Economics

    Et vous ?

    Lorsqu'une politique tarifaire est déclarée illégale mais continue de s'appliquer pendant des mois le temps des appels, qui porte réellement le coût de cet entre-deux juridique et comment les entreprises peuvent-elles s'en prémunir ?

    La multiplication des régimes tarifaires successifs (IEEPA, Section 122, bientôt Section 301) reflète-t-elle une stratégie délibérée pour épuiser les plaignants potentiels, ou simplement de l'improvisation ?

    Face à cette instabilité chronique, les entreprises devraient-elles accélérer leur relocalisation de la production aux États-Unis ou parier sur un retour à la normale après 2028 ?

    Dans quelle mesure les chaînes d'approvisionnement mondiales ont-elles déjà structurellement intégré le risque politique américain comme une donnée permanente ?

    Les exemptions accordées aux data centers sur les surtaxes semi-conducteurs constituent-elles un avantage concurrentiel décisif pour les hyperscalers américains face aux opérateurs européens ou asiatiques qui importent les mêmes puces avec les droits plein pot ?

    La recomposition des chaînes d'approvisionnement tech vers des pays moins exposés (Mexique, Inde, Vietnam) est-elle désormais inévitable, ou les entreprises parient-elles encore sur une normalisation post-2028 ?

    Voir aussi :

    Nintendo veut se faire rembourser les taxes douanières de Trump et des joueurs lui font un procès : la hausse des prix était déjà répercutée sur le consommateur Nintendo toucherait donc deux fois la même somme

  8. #108
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    La Justice doit protéger les droits fondamentaux ... En quoi doit-elle se mêler des droits de douane qui relèvent purement de la politique régalienne ?

  9. #109
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    Citation Envoyé par Artaeus Voir le message
    La Justice doit protéger les droits fondamentaux ... En quoi doit-elle se mêler des droits de douane qui relèvent purement de la politique régalienne ?
    Parce que c'est son travail de vérifier la conformité aux lois et aux limites choisis par le législatif et l'executif ?

  10. #110
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    Par défaut Nintendo estime qu’il ne devrait pas avoir à rembourser les joueurs qui ont acheté des Switch plus chères
    Nintendo affirme que les utilisateurs ont volontairement payé des prix plus élevés en achetant des consoles Switch plus chères et n'ont donc pas droit à un remboursement des droits de douane

    Alors que Nintendo a intenté un procès au gouvernement américain en mars 2026 pour obtenir le remboursement de ces droits de douane, des joueurs ont décidé de poursuivre Nintendo en justice, affirmant que l’argent récupéré grâce aux remboursements de droits de douane devait revenir aux clients. Mais Nintendo a récemment demandé au tribunal de rejeter le recours collectif, arguant que les joueurs « ont reçu exactement ce qu’ils avaient négocié et payé » lorsqu’ils ont acheté une Switch après la hausse des prix. Nintendo affirme notamment : « Ceux qui ont acheté les produits Nintendo ont reçu exactement ce qu’ils avaient négocié et payé, » ajoutant que « les plaignants n’ont pas droit à une remise simplement en raison de l’évolution de la situation juridique liée aux droits de douane. »

    Nintendo est une multinationale japonaise spécialisée dans les jeux vidéo, dont le siège social est situé à Kyoto. Elle développe, édite et fabrique à la fois des jeux vidéo et des consoles de jeux vidéo. La Nintendo Switch est une console de jeux vidéo développée par Nintendo et commercialisée dans la plupart des régions du monde le 3 mars 2017. Lancée au cœur de la huitième génération de consoles de salon, la Switch a succédé à la Wii U et a rivalisé avec la PlayStation 4 de Sony et la Xbox One de Microsoft ; elle est également en concurrence avec les consoles de neuvième génération, la PlayStation 5 et la Xbox Series X/S.

    En 2025, Nintendo a augmenté le prix de la Switch originale aux États-Unis : la Switch Lite a vu son prix augmenter de 30 dollars, la Switch de 40 dollars et la Switch OLED de 50 dollars. Ces hausses de prix de Nintendo ont été largement attribuées à la décision du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douane généralisés à de nombreux pays, puis de suspendre certains d’entre eux, à l’exception d’un droit de douane important sur la Chine, où les produits technologiques sont souvent fabriqués.

    Après que la Cour suprême des États-Unis eut jugé que Donald Trump n’avait pas le pouvoir d’imposer ces droits de douane, Nintendo (ainsi que plus de 1 000 autres entreprises) a intenté un procès au gouvernement américain en mars 2026 pour obtenir le remboursement de ces droits, qu’elle considérait comme illégaux. À la suite de cela, deux joueurs – Gregory Hoffert, de Californie, et Prashant Sharan, de l’État de Washington – ont décidé de poursuivre Nintendo en justice, affirmant que l’argent récupéré grâce aux remboursements de droits de douane devait revenir aux clients.

    Récemment, Nintendo a demandé au tribunal de rejeter le recours collectif, arguant que les joueurs « ont reçu exactement ce qu’ils avaient négocié et payé » lorsqu’ils ont acheté une Switch après la hausse des prix. Les avocats de Nintendo soutiennent que l’argument selon lequel la société aurait agi de manière déloyale en ne baissant pas rétroactivement le prix de la Switch et en ne remboursant pas la différence aux joueurs « ne correspond pas au fonctionnement des transactions commerciales », car le client a accepté le prix au moment de l’achat de la console.

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    « Ils étaient libres de ne pas acheter le produit. Nintendo ou l’un de ses revendeurs a fixé un prix pour chaque produit, et les consommateurs ont décidé si ce prix valait la peine d’être payé », indique le mémoire de Nintendo. « Ceux qui ont acheté les produits Nintendo ont reçu exactement ce qu’ils avaient négocié et payé : une console, un jeu et/ou un accessoire à un prix convenu entre les deux parties. La somme versée par les plaignants correspond au prix d’achat des biens qu’ils souhaitaient et qu’ils ont reçus – les plaignants n’ont pas droit à une remise simplement en raison de l’évolution de la situation juridique liée aux droits de douane. »

    Le mémoire de Nintendo fait également valoir qu’un remboursement intégral de la différence n’était pas aussi simple qu’il n’y paraît, car plusieurs facteurs ont contribué à la hausse de ses prix, notamment « les coûts liés à la mémoire, à la main-d’œuvre, à l’expédition et aux droits de douane ». Elle affirme que le prix de la Switch n’a pas simplement été majoré du montant des droits de douane payés, mais que Nintendo a plutôt « procédé à des ajustements de prix modestes et sélectifs, et a choisi de prendre en charge les coûts des droits de douane sur certains de ses produits les plus populaires de 2025, notamment sa console phare, la Nintendo Switch 2 ».

    Elle fait également valoir que les plaignants qui poursuivent Nintendo n’ont pas pu subir de préjudice tangible du fait de la hausse du prix de la Switch, car ils n’étaient pas contraints de l’acheter. « Si un consommateur ne souhaitait pas payer le prix annoncé, il était libre de s’abstenir d’acheter le produit ou de se tourner vers des produits concurrents », précise-t-elle. Un petit rappel permet de mieux comprendre la position de Nintendo.

    Prévue pour un lancement mondial le 5 juin 2025, les joueurs américains n'ont pas pu précommander la Switch 2 à la date initialement prévue du 9 avril 2025. "Les précommandes de la Nintendo Switch 2 aux États-Unis ne débuteront pas le 9 avril 2025 afin d'évaluer l'impact potentiel des droits de douane et l'évolution des conditions du marché", a déclaré Nintendo dans un communiqué. En ligne, les internautes se sont empressés d'accuser Trump d'être à l'origine de cette perturbation. "Dites merci au pire président de l'histoire des États-Unis", a écrit un utilisateur sur X, tandis qu'un autre déclarait : "Trump ruine les choses comme d'habitude". Des réactions qui soulignaient que malgré le prix élevé de la Switch 2, les joueurs américains étaient impatients d'obtenir leurs nouvelles consoles.

    Source : Mémoire de Nintendo

    Et vous ?

    Pensez-vous que ce mémoire est crédible ou pertinent ?
    Quel est votre avis sur le sujet ?

    Voir aussi :

    Nintendo explique pourquoi le matériel et les logiciels de la Switch 2 coûtent si cher. Le système à 450 dollars n'est pas vendu à perte et son prix n'a pas été fixé en tenant compte des tarifs douaniers

    La Cour suprême inflige un camouflet à Donald Trump : ses droits de douane sont déclarés illégaux et son administration est sommée de restituer 166 milliards de dollars perçus auprès des entreprises

    Sony a augmenté le prix de sa console PlayStation 5 d'environ 25 % en Europe et au Royaume-Uni, avant de procéder à une mesure similaire aux États-Unis, suite aux droits de douane imposés par Donald Trump
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  11. #111
    Communiqués de presse

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    Par défaut Microsoft et Sony affirment qu'ils ne sont pas tenus de reverser les remboursements de droits de douane
    Microsoft et Sony affirment qu'ils ne sont pas tenus de reverser les remboursements de droits de douane à leurs clients, une position similaire à Nintendo, alors qu'ils font face à des recours collectifs

    Sony et Microsoft ont déposé des requêtes judiciaires demandant aux juges fédéraux de rejeter les recours collectifs exigeant que des millions d’acheteurs de consoles obtiennent une part des centaines de millions de dollars de remboursements de droits de douane versés par le gouvernement et perçus par les entreprises — en faisant valoir que les clients ayant acheté une PlayStation ou une Xbox au prix annoncé ont obtenu exactement ce pour quoi ils avaient payé, et qu’aucun tribunal ne peut les obliger à en restituer une partie. Pourtant, une petite entreprise de jeux vidéo de Portland a déjà démontré que cet argument sonnait très creux, proposant de rembourser automatiquement 12,36 dollars à chaque client ayant payé une surtaxe douanière.

    L’histoire commence début 2025, lorsque les droits de douane de grande envergure du « Jour de la Libération » du président Trump sont entrés en vigueur en vertu de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA), frappant de plein fouet les importations de produits électroniques. Les fabricants de consoles, dont le matériel est en grande partie assemblé en Asie, ont immédiatement dû absorber ces nouveaux coûts élevés.

    Microsoft a augmenté les prix de la Xbox en mai 2025, invoquant « les conditions du marché et la hausse des coûts de développement », puis les a relevés à nouveau en septembre de la même année. Sony a augmenté le prix de la PS5 de 50 dollars en août 2025, invoquant un contexte économique difficile. Nintendo, tout en maintenant le prix de la console Switch 2 à 499,99 dollars, a augmenté les prix des accessoires et du matériel existant. Aucune de ces trois entreprises n’a explicitement indiqué aux consommateurs que les droits de douane étaient à l’origine de ces hausses.

    La donne a radicalement changé le 20 février 2026, lorsque la Cour suprême a statué, par 6 voix contre 3, dans l’affaire Learning Resources, Inc. c. Trump, que l’IEEPA interdisait au président d’imposer des droits de douane. Cette décision a annulé tous les droits de douane imposés en vertu de cette loi, a ouvert la voie à des remboursements potentiels de droits à l’importation d’un montant compris entre environ 133 et 175 milliards de dollars, et a renvoyé les modalités de ces remboursements devant la Cour américaine du commerce international.

    Après cette décision, Nintendo (ainsi que plus de 1 000 autres entreprises) a intenté un procès au gouvernement américain en mars 2026 pour obtenir le remboursement de ces droits, qu’elle considérait comme illégaux. À la suite de cela, deux joueurs – Gregory Hoffert, de Californie, et Prashant Sharan, de l’État de Washington – ont décidé de poursuivre Nintendo en justice, affirmant que l’argent récupéré grâce aux remboursements de droits de douane devait revenir aux clients.

    Mais Nintendo a demandé au tribunal de rejeter le recours collectif, arguant que les joueurs « ont reçu exactement ce qu’ils avaient négocié et payé » lorsqu’ils ont acheté une Switch après la hausse des prix. Les avocats de Nintendo soutiennent notamment que l’argument selon lequel la société aurait agi de manière déloyale en ne baissant pas rétroactivement le prix de la Switch et en ne remboursant pas la différence aux joueurs « ne correspond pas au fonctionnement des transactions commerciales », car le client a accepté le prix au moment de l’achat de la console. Récemment, Microsoft et Sony ont suivi l'exemple de Nintendo.


    Les joueurs ont remarqué ce que les entreprises ont passé sous silence

    Lors de la conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre de l’exercice 2026, le 31 juillet, le directeur financier Lin Tao a révélé que la société s’attendait à environ 508 millions de dollars de remboursements de droits de douane au titre de l’IEEPA pour l’ensemble de l’exercice, dont 70 % avaient déjà été crédités au secteur des jeux vidéo — soit environ 356 millions de dollars reçus rien que pour le trimestre d’avril à juin. C’est cette manne, et non une hausse des ventes de jeux, qui a été le principal moteur de la progression de 37 % en glissement annuel du résultat d’exploitation de PlayStation pour le trimestre.

    Les consommateurs ont constaté une symétrie dérangeante : les prix ont augmenté lorsque les droits de douane ont été instaurés. Ils n’ont pas baissé lorsque la Cour suprême a annulé ces droits. Et les entreprises perçoivent désormais des centaines de millions de remboursements de la part du gouvernement pour cette même charge douanière qu’elles affirment avoir déjà répercuté sur leurs clients.

    En Californie, les plaignants Amorey Walker et Bryce Foster-Quarles ont déposé en mai 2026 une proposition de recours collectif accusant Sony de s’apprêter à bénéficier d’une « double aubaine » : en tirant profit une première fois de la hausse des prix à la consommation, puis une seconde fois du remboursement accordé par le gouvernement. Un autre acheteur de Xbox, Trevor Hastings, a intenté une action similaire contre Microsoft devant le tribunal du district ouest de Washington en juillet. Nintendo, confrontée depuis avril au même argument avancé par les plaignants Gregory Hoffert et Prashant Sharan, a déposé sa propre requête en irrecevabilité le 20 juillet 2026.

    La théorie juridique au cœur de ces trois actions en justice est celle de l’enrichissement sans cause : cette doctrine d’équité selon laquelle une partie ne peut conserver un avantage acquis aux dépens d’autrui sans justification légale. Les plaignants font valoir que, dans la mesure où la charge douanière a été répercutée sur les consommateurs par le biais de prix majorés, les remboursements du gouvernement — qui reviennent à l’importateur officiel, et non aux acheteurs en aval — constituent un double paiement pour un coût déjà pris en charge par les consommateurs.

    Comment Sony et Microsoft ont riposté en reprenant le modèle de Nintendo ?

    Sony et Microsoft ont toutes deux adopté une stratégie juridique sur deux fronts qui reprend le modèle déployé par les avocats de Nintendo en juillet. Le premier front concerne la contestation fondée sur le préjudice effectif. Les trois entreprises font valoir qu’un consommateur ayant volontairement acheté un produit à un prix annoncé publiquement, ayant reçu ce produit en état de marche et n’ayant bénéficié d’aucune promesse de remboursement, n’a subi aucun préjudice juridiquement reconnaissable. Les avocats de Microsoft ont souligné ce point avec une franchise remarquable, arguant que le lien de causalité avec les droits de douane n’était pas prouvé : les plaignants n’ont fourni aucun élément permettant d’établir que les coûts liés aux droits de douane — plutôt que les conditions du marché — aient été à l’origine d’une partie spécifique de la hausse du prix de la Xbox.

    Les avocats de Sony ont ajouté un deuxième argument qui a surpris certains observateurs juridiques. Ils ont mis en avant la hausse de prix supplémentaire appliquée par Sony en mars 2026 — après que la Cour suprême eut déjà invalidé les droits de douane — comme preuve que ces derniers n’étaient pas la cause déterminante de la hausse initiale d’août 2025. « Si les droits de douane étaient à l’origine des hausses de prix, on s’attendrait à ce que SIE baisse ses prix une fois ces droits supprimés — et non à ce qu’elle les augmente à nouveau », ont fait valoir les avocats de Sony. Sony a de nouveau augmenté le prix de la PS5 en mars 2026, annonçant de nouvelles hausses de prix à l’échelle mondiale et invoquant la persistance des « coûts des intrants ».

    Microsoft poursuit également une deuxième stratégie juridique, potentiellement plus efficace : orienter le litige vers un arbitrage privé en vertu de la loi fédérale sur l’arbitrage (Federal Arbitration Act). Les conditions générales d’utilisation de Microsoft comprennent une clause d’arbitrage et une renonciation au recours collectif. Si le tribunal l’applique, le recours collectif s’effondre, quelle que soit l’issue finale de la théorie de l’enrichissement sans cause sur le fond.

    Pour Microsoft, ce litige intervient a un moment critique : la division Microsoft Gaming traverse une crise financière majeure. Microsoft a été confronté à des difficultés sur le marché des consoles de jeux des dernières années et a vu les ventes de la console Xbox s'effondrer. En août 2024, un rapport a révélé une baisse stupéfiante de 42 % des revenus de la division Xbox au cours du trimestre précédent. Elle a vendu moins de 900 000 unités Xbox, contre 4,5 millions d'unités de PlayStation 5 expédiées. Selon les résultats financiers du premier trimestre de l'exercice 2026 de Microsoft, le chiffre d'affaires global de l'entreprise dans le domaine des jeux vidéo a diminué de 2 % par rapport à l'année précédente, avec une baisse de 29 % des ventes de matériel Xbox.

    Ce qu’aucun des documents juridiques des entreprises ne contient, c’est une ventilation de la structure réelle des coûts qui a motivé leurs décisions de tarification — les montants spécifiques en dollars attribuables aux droits de douane par rapport aux autres facteurs. Cette omission n’est pas fortuite : si cette ventilation montrait une corrélation étroite entre les coûts des droits de douane et les hausses de prix, elle saperait directement l’argument de défense fondé sur les « facteurs de marché ».

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    Les entreprises du secteur des jeux vidéo sont-elles tenues de reverser les remboursements de droits de douane ?

    En avril 2025, l’annonce du prix de la Nintendo Switch 2 avait déjà déclenché un large éventail de réactions, allant de la résignation amusée à une critique virulente des stratégies commerciales de l’entreprise. Si certains consommateurs reconnaissaient la hausse générale des coûts, d’autres dénoncaient une tarification opportuniste, estimant que Nintendo « fait payer parce qu’elle le peut ». Mais les dirigeants de Nintendo ont essayé de justifier les tarifs. Doug Bowser, président de Nintendo of America, a précisé que le tarif de 450 dollars pour la Switch 2 n’avait pas été fixé en tenant compte des droits de douane, mais plutôt selon ce que Nintendo estime être un bon équilibre entre le prix perçu par les consommateurs et la valeur réelle de l’appareil proposé. Les entreprises du secteur des jeux vidéo semblent tenir le même discours.

    Pourtant, les données économiques sur cette question ne jouent pas en faveur des entreprises. La Banque fédérale de réserve de New York a étudié la répercussion sur les consommateurs des droits de douane IEEPA de 2025 et a constaté que les importateurs en avaient répercuté 80 à 95 % en aval sur les consommateurs. Goldman Sachs a estimé de son côté que les droits de douane prévus par l’IEEPA avaient entraîné une hausse de 0,7 % de l’inflation à la consommation au cours des dix mois où ils ont été en vigueur. Les chercheurs du PERC de l’université Texas A&M ont conclu qu’un remboursement intégral par le gouvernement aux importateurs, sans aucune compensation en aval pour les consommateurs, « surcompenserait lesdites entreprises pour le préjudice économique causé par les droits de douane, et sous-compenserait les consommateurs et les entreprises en aval qui ont subi un préjudice en raison de la hausse des prix résultant de ces droits ».

    Les entreprises du secteur des jeux vidéo sont-elles donc tenues de reverser les remboursements de droits de douane ? En vertu de la législation américaine en vigueur, la réponse est non — à moins qu’une décision de justice ne les y oblige. Les remboursements au titre de l’IEEPA sont versés par le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis à l’importateur officiel, et non aux consommateurs finaux. Aucune loi fédérale n’oblige les entreprises à partager les remboursements de droits de douane accordés par le gouvernement avec les acheteurs en aval. L’argumentation des plaignants repose entièrement sur des arguments d’équité — enrichissement sans cause, sommes perçues et reçues, lois étatiques sur la protection des consommateurs — plutôt que sur un droit légal direct à une part du montant total des remboursements.

    La question juridique en suspens est de savoir si ces arguments fondés sur l’équité résisteront à la requête en irrecevabilité déposée par les défendeurs. Les tribunaux doivent déterminer si la chaîne de causalité — les droits de douane ont entraîné des hausses de prix ; ces hausses de prix ont porté préjudice aux consommateurs ; les remboursements gouvernementaux de ces mêmes droits de douane enrichissent donc injustement l’importateur aux dépens des consommateurs — est juridiquement suffisante pour établir un préjudice reconnaissable et un recours recevable. Aucun tribunal ne s’est encore prononcé sur cette question dans le contexte du matériel de jeux vidéo. Si les actions en justice échappent au rejet, la certification du recours collectif deviendra le prochain champ de bataille.

    Les arguments juridiques des géants des consoles contrastent avec l'initiative de la société Panic

    Panic Inc. est une société américaine de développement de logiciels et de jeux vidéo basée à Portland, Oregon. La société est spécialisée dans les applications macOS et iOS et commence à publier des jeux vidéo en 2016. En juin 2021, Panic a sortie Playdate, une console portable, conçue en collaboration avec la firme suédoise Teenage Engineering. L'appareil dispose d'un écran 1 bit de 400 x 240 pixels, d'un pavé directionnel à gauche, de deux boutons à droite et d'une manivelle mécanique sur le bord droit de l'appareil.

    Panic a fait apparaître la surtaxe douanière comme une ligne distincte lors du paiement — clairement identifiée, nettement séparée du prix de base du produit — afin que les acheteurs sachent précisément ce qu’ils payaient et pourquoi. Lorsque la Cour suprême a invalidé les droits de douane et que Panic a commencé à recevoir des remboursements de l’État, l’entreprise a mis en place un nouveau système interne pour traiter les remboursements automatiques à chaque client ayant payé la surtaxe. Chaque acheteur d’une Playdate ayant payé la surtaxe douanière a reçu automatiquement un avoir de 12,36 dollars, sans avoir à intenter de procès.

    Le PDG, Cabel Sasser, a expliqué le raisonnement de l’entreprise : « Ce n’est tout simplement pas notre argent, et ça nous a fait vraiment plaisir de le rendre. C’est un moyen simple de savoir qu’on a pris la bonne décision. » Il a reconnu l’effort que cela a représenté : « Cela nous a tout de même demandé beaucoup de travail de remplir toute la paperasse pour obtenir le remboursement du gouvernement, et il a fallu du travail pour mettre en place un petit système permettant de traiter ce remboursement. Parfois, on se disait : “Mais pourquoi avons-nous l’impression de faire plus d’efforts que même les grandes entreprises sur cette question ?” » Sasser a déclaré que la réponse était simple : la petite taille de Panic signifie qu’elle est bien plus directement en lien avec les personnes qui achètent réellement son matériel.

    Panic n’est pas la seule entreprise à s’être engagée à reverser les remboursements en aval. FedEx et UPS ont toutes deux annoncé leur intention de restituer les remboursements de droits de douane à leurs clients expéditeurs. Costco a indiqué qu’elle comptait faire de même. Mais dans le secteur du matériel de jeu, Panic est le seul fabricant à avoir tenu sa promesse — et à l’avoir fait automatiquement, avant toute pression juridique, et en toute transparence quant au mécanisme mis en place.

    Les tribunaux vont désormais décider si le choix de Sony, Microsoft et Nintendo est légal ou pas

    Trois requêtes distinctes en irrecevabilité — celle de Nintendo datée du 20 juillet, celle de Microsoft du 21 août et celle de Sony datant d’environ le 1er septembre — sont actuellement en instance devant deux tribunaux fédéraux de district. Les juges ne se sont pas encore prononcés. Si les demandes de rejet sont acceptées, ce précédent protégerait de fait toute entreprise de l’obligation de reverser en aval les remboursements accordés par le gouvernement, quelle que soit la mesure dans laquelle ces coûts étaient intégrés dans les prix à la consommation — une décision qui affecterait tous les secteurs dont les importateurs ont bénéficié de remboursements au titre de l’IEEPA, et pas seulement celui du jeu vidéo.

    Si les demandes de rejet sont rejetées et que les actions en justice aboutissent à la certification d’un recours collectif, l’exposition financière pourrait être considérable. À lui seul, le remboursement de 508 millions de dollars de Sony, si la division jeux vidéo est jugée responsable d’une part proportionnelle à la répercussion sur les consommateurs, représente un montant de dommages-intérêts substantiel. Microsoft et Nintendo font face à une exposition comparable.

    Le public américain a payé le prix fort de ces droits de douane. Selon la Commission économique mixte du Congrès, les familles américaines ont payé plus de 1 700 dollars chacune en frais de droits de douane, alors que Donald Trump avait promis de baisser le coût de la vie. Une étude publiée en janvier par l’Institut Kiel, basé en Allemagne, a révélé que 96 % de la charge douanière est répercutée sur les acheteurs américains. « Que ce soit par le biais de la hausse des prix des produits importés, de la hausse des prix des produits fabriqués localement qui utilisent des intrants importés, ou de la réduction de la disponibilité et de la variété des produits, ce sont les ménages américains qui paient le prix des droits de douane », conclut l'étude.

    Pour les millions de consommateurs qui ont acheté des consoles à des prix majorés par les droits de douane en 2025, ces affaires mettront des mois, voire des années, à être résolues. En attendant, le contraste entre ce que Panic a choisi de faire et ce que Sony, Microsoft et Nintendo ont choisi de faire a mis en lumière un point que les arguments juridiques avaient délibérément laissé dans l’ombre : il y a toujours eu un choix. Les fabricants de consoles l’ont fait. Les tribunaux vont désormais décider si ce choix était légal.

    Sources : Sony, Microsoft, Panic Inc.

    Et vous ?

    Pensez-vous que les arguments de Sony, Microsoft et Nintendo sont crédibles ou pertinentes ?
    Quel est votre avis sur l'initiative de la société Panic ?
    À votre avis, quel pourrait être le dénouement de cette affaire ?

    Voir aussi :

    Sony a augmenté le prix de sa console PlayStation 5 d'environ 25 % en Europe et au Royaume-Uni, avant de procéder à une mesure similaire aux États-Unis, suite aux droits de douane imposés par Donald Trump

    Nintendo affirme que les utilisateurs ont volontairement payé des prix plus élevés en achetant des consoles Switch plus chères et n'ont donc pas droit à un remboursement des droits de douane

    « Notre activité n'est pas viable aujourd'hui » : Microsoft va supprimer 3 200 emplois Xbox, sa plus importante réduction d'effectifs à ce jour et céder quatre studios dans le cadre d'une restructuration
    Publication de communiqués de presse en informatique. Contribuez au club : corrections, suggestions, critiques, ... Contactez le service news et Rédigez des actualités

  12. #112
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    Il est devenu très facile avec ChatGPT d'analyser des conditions générales de vente en transformant un charabia juridique en texte compréhensible pour savoir ce qu'on achète vraiment. Personne ne le fait malheureusement.

  13. #113
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    Il est devenu très facile avec ChatGPT d'analyser des conditions générales de vente en transformant un charabia juridique en texte compréhensible pour savoir ce qu'on achète vraiment. Personne ne le fait malheureusement.
    Moi je dirais plutôt heureusement avec le risque d'hallucination.

    l'IA peut donner de très bons résultats, mais aussi de très mauvais.

    La paresse, juste de lecture dans le cas de CGV, ou paresse intellectuelle si on ne comprend pas et compte sur chatGPT a un prix.
    Ma page sur developpez.com : http://chrtophe.developpez.com/ (avec mes articles)
    Mon article sur le P2V, mon article sur le cloud
    Consultez nos FAQ : Windows, Linux, Virtualisation

  14. #114
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    Citation Envoyé par RenarddeFeu Voir le message
    Il est devenu très facile avec ChatGPT d'analyser des conditions générales de vente en transformant un charabia juridique en texte compréhensible pour savoir ce qu'on achète vraiment. Personne ne le fait malheureusement.
    1. L'IA n'est pas fiable

    2. La seule assurance que vous avez est de le vérifier en lisant vous-même le "charabia juridique", d'en comprendre la teneur et ensuite de comparer le résultat de votre lecture avec la version de ChatGPT... Donc, 2 fois plus de travail en utilisant l'IA

    3. Quand vous devrez défendre vos droits, vous ne pourrez pas argumenter "monsieur le juge, mais pourtant ChatGPT a lu dans le contrat que..." Il vous sera répondu "ce n'est pas l'IA qui a accepté le contrat mais votre propre personne"!!!

  15. #115
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    Par défaut Une production technologique entièrement américaine est quasi impossible à l'heure actuelle
    Fabriquer entièrement aux États-Unis seulement 10 catégories de produits technologiques pourrait exiger 230 Mds $ et 19,5 milliards de kWh de plus par an
    l'ambition de Trump face au mur du réel

    Le projet de Donald Trump visant une production technologique entièrement américaine est jugé chimérique même par les industriels. Selon la Consumer Technology Association (CTA), rapatrier toute la chaîne d’approvisionnement de seulement dix catégories de produits essentiels coûterait des centaines de milliards de dollars et mobiliserait une main-d’œuvre et une électricité colossales, rendant cet objectif quasi infaisable. De plus, les prix de vente des appareils flamberaient pour les consommateurs. La CTA suggère de se concentrer d'abord sur l'assemblage national tout en réduisant les droits de douane sur les composants importés de pays alliés.

    Washington a initié une stratégie ambitieuse visant à relocaliser l'ensemble des chaînes d'approvisionnement des technologies clés sur le sol américain. Cette politique repose sur le lancement de la Mission Genesis par décret présidentiel fin 2025. Elle cherche à utiliser la domination des États-Unis dans le domaine de l'IA pour accélérer la recherche scientifique, doubler la productivité américaine en matière de science et d'ingénierie en dix ans.

    L'objectif fixé par le président américain Donald Trump est plus qu'audacieux : la création de chaînes d'approvisionnement autosuffisantes, sans dépendre de pays voisins ou d'alliés historiques pour la fabrication des composants. En juillet, la Maison-Blanche a annoncé des engagements fédéraux dépassant cinq milliards de dollars répartis sur plus de quinze agences pour soutenir des projets allant de la médecine à la recherche sur les matériaux.

    Cependant, de nombreux analystes estiment que la vision de Donald Trump est une « utopie ». Les coûts sont démesurés et États-Unis ne disposeraient pas de la main-d'œuvre qualifiée dans plusieurs domaines. La Consumer Technology Association (CTA) s'est penchée sur la question dans une étude récente.

    L'impact financier, humain et énergétique de la relocalisation

    Pour évaluer la viabilité de ce projet, l'association a analysé le coût et l'impact logistique du rapatriement complet de la production pour dix catégories d'équipements grand public, incluant les smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs et montres connectées. La mise en place d'une chaîne de production intégrale aux États-Unis d'ici 2031 pour ces dix catégories nécessiterait des investissements compris entre 185 et 230 milliards de dollars.

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    La contrainte en ressources humaines s'avère tout aussi impressionnante, car le secteur devrait embaucher entre 555 000 et 668 000 salariés à plein temps supplémentaires. Cela représenterait plus du double de l'effectif actuel dans l'industrie américaine de la fabrication d'ordinateurs et de produits électroniques.

    Le fonctionnement des usines de fabrication nécessiterait entre 19,1 et 19,5 milliards de kilowatts-heures d'électricité par an, entrant en compétition directe avec la consommation massive des centres de données pour l'IA. Dans son rapport, la CTA fait remarquer qu'il ne suffit plus de dire que « la relocalisation est difficile », soulignant la nécessité de chiffrer précisément ce que cette exigence imposerait aux entreprises locales et aux ménages.

    En autres projets audacieux, Washington vise aussi 50 % de semiconducteurs fabriqués sur son sol d’ici deux ans. À ce propos, Gary Shapiro, président du conseil d'administration de la CTA, a été catégorique : « il n'est pas réaliste de penser que dans deux ans, nous aurons plus de 50 % de la fabrication de semiconducteurs aux États-Unis ». Selon lui, « l'objectif est physiquement impossible, et impossible sur le plan de la main-d'œuvre ».

    Hausse des coûts de fabrication et répercussion potentielles

    Sur le plan économique, le rapport de la CTA souligne que les smartphones représentent le défi le plus complexe de ce projet ambitieux en raison de leur coût de fabrication très élevé et de leur caractère indispensable pour les consommateurs. En tenant compte des droits de douane en vigueur, l'association professionnelle estime que fabriquer intégralement un smartphone aux États-Unis ferait grimper son coût de production d'environ 152 %.

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    Les autres catégories verraient également leurs coûts de fabrication augmenter de façon spectaculaire, notamment de 93 % pour les ordinateurs portables, 97 % pour les montres connectées et 41 % pour les téléviseurs. Bien que les entreprises absorberaient une partie des coûts, la répercussion de 25 % à 50 % de cette hausse sur les prix de vente entraînerait une hausse moyenne pondérée des prix à la consommation entre 27 % et 55 %.

    Dans son rapport, l'association met en garde contre une politique indifférenciée, expliquant qu'imposer « une relocalisation totale risque d'imposer les coûts les plus élevés aux consommateurs là où la réalité économique est la moins favorable ». De plus, environ 80 % des membres de la CTA étant des petites et moyennes entreprises incapables d'absorber de tels investissements, ces augmentations risqueraient d'alimenter l'inflation globale.

    La CTA a également fait valoir que la politique tarifaire relative aux composants devait également être réexaminée. Elle a indiqué que les droits de douane sur les composants augmentaient les coûts d’assemblage aux États-Unis, alourdissant ainsi la charge des coûts de fabrication pour les entreprises locales, et qu’ils pourraient entraîner des hausses de prix abusives pour des produits que les consommateurs considèrent comme essentiels.

    Option d'un assemblage national et défis illustrés par Apple

    Afin d'éviter un choc économique brutal, la CTA préconise une approche par étapes en commençant par relocaliser uniquement l'assemblage final des produits. Selon l'association, cela réduirait les dépenses en capital nécessaires à une fourchette de 16 à 19 milliards de dollars. Et même dans cette configuration jugée prudente, la hausse des coûts de production atteindrait 67 % pour les smartphones et 50 % pour les ordinateurs portables.

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    Néanmoins, les entreprises pourraient maintenir leurs partenariats avec des fournisseurs alliés de confiance pour la fourniture des composants le temps de structurer l'industrie nationale. Le cas d'Apple met en lumière l'ampleur du problème : avec un droit de douane de 25 % visant à forcer la production de l'iPhone aux États-Unis, les estimations suggèrent qu'un iPhone fabriqué sur le sol américain pourrait coûter entre 1 500 et 3 500 dollars.

    Par ailleurs, un ancien ingénieur de fabrication chez Apple a aussi souligné qu'il est « pratiquement impossible » de trouver suffisamment d'ouvriers qualifiés aux États-Unis pour répondre à la demande mondiale. Steve Jobs et Tim Cook, deux anciens PDG d'Apple, ont déclaré depuis plus d'une décennie que la fabrication de l'iPhone n'est pas possible aux États-Unis. L'insistance de Donald Trump laisse pour l'instant Apple dans l'embarras.

    « Vous construisez cette [chaîne d'approvisionnement] aux États-Unis avec une usine en Virginie-Occidentale et dans le New Jersey. Ce seront des iPhone à 3 500 dollars », a déclaré Dan Ives, en référence aux usines de production de haute technologie où sont fabriquées les puces informatiques qui alimentent les appareils électroniques. Selon plusieurs analystes, les droits de douane de Donald Trump menacent directement l'empire d'Apple.

    En 2025, Barton Crockett, analyste chez Rosenblatt Securities, a noté : « nos calculs rapides suggèrent que cela pourrait faire exploser Apple, coûtant potentiellement à l'entreprise 40 milliards de dollars ». Il a déclaré que des négociations entre Apple, la Chine et la Maison Blanche sont probables pour éviter le drame : « nous avons du mal à imaginer que Trump fasse exploser une icône américaine [...], mais cela semble plutôt difficile ».

    Source : Consumer Technology Association

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du projet de relocalisation industrielle de Donald Trump ?
    Ce projet est-il réaliste ? Que pensez-vous de l'analyse de la Consumer Technology Association ?
    Que pensez-vous de l'approche progressive proposée par la Consumer Technology Association ? Est-elle pertinente ?
    Comment l'Europe peut-elle garantir sa souveraineté technologique dans les années à venir ? Peut-elle tout produire sur son territoire ?

    Voir aussi

    Le prix des iPhone pourrait tripler et atteindre 3 500 dollars s'ils sont entièrement fabriqués aux États-Unis, les analystes affirment qu'il s'agit d'une « utopie » qui pourrait décimer l'empire d'Apple

    Le PDG d'Apple, Tim Cook, prévient que les hausses de prix dues à l'intelligence artificielle sont inévitables, car la situation concernant les puces mémoire est devenue « insoutenable »

    La Cour juge illégaux les droits de douane de 10 % imposés par Trump pour remplacer les anciens : le cauchemar des acheteurs IT. Trump perd deux fois devant ses propres tribunaux

  16. #116
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    c'est un mal nécessaire et Trump à absolument raison la dessus.
    Perdre les usines et l'outil de production c'est perdre la matière grise qui conçoit ces appareils quelques années plus tards.

    La voiture électrique est une belle preuve qui n'ont rien à envier au "premium allemand" lors de ma dernière visite en visite je n'ai croisé quasi aucune allemande, que des marques locale et l'intérieur fait très premium et qualitatif, je pense apprendre peu de chose aux lecteur en disant cela...
    La nouveauté en revanche c'est que c'est plus en Europe mais en chine ou je trouve désormais les meilleurs ingénieur diesel au monde. Les derniers moteurs essence et diesel chinois ont réussie l'exploit d’être plus qualitatif que ce qu'on trouve sur le marché européen. Je vous invite à voir le Weichai WP13, un diesel de 12,5 litres pour poids lourds, Weichai a annoncé avoir atteint un rendement thermique de base de 53,09 % sur un moteur diesel.
    Et il me semble que les dernières voitures française comme la twingo sont conçu en chine

    Le smartphone est un belle exemple aussi, j'ai un oppo find x9 ultra, l'iphone ou le google pixel ou le dernier samsung galaxy ultra font de la peine niveau qualité photo. Les écrans de chez BOE n'ont rien à envier a samsung, quand au soc, le xiaomi XRING O3 n'a rien à envier a qualcomm ou aux puces apple.
    La France est un pays qui redistribue tout sauf de l'espoir.

  17. #117
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    Tout le monde a vu que la théorie "ils auront les usines, et on gardera les centres de recherche" a été une connerie monumentale en Europe concernant les délocalisations.
    Ils ont raison de relancer des productions et manufactures localement, alors que dans l'UE, tout est devenu "impossible" à peine l'idée proposée.

  18. #118
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    Trump a raison.

    En plus, l'IA va causer une vague de licenciements chez les cols blancs, et donc un afflux de travailleurs disponibles. La Silicone Valley regorge de futurs chômeurs qui feront d'excellents ouvriers à la chaîne.

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