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Solutions d'entreprise Discussion :

France : la DINUM quitte officiellement Windows pour Linux et impose un plan de souveraineté aux ministères


Sujet :

Solutions d'entreprise

  1. #1
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    Par défaut France : la DINUM quitte officiellement Windows pour Linux et impose un plan de souveraineté aux ministères
    France : la stratégie numérique de l’État mise en œuvre par la DINUM est illisible et les logiciels proposés sont excessivement coûteux, instables et peu utilisés
    selon un rapport de la Cour des comptes

    Le dernier rapport de la Cour des comptes sur l'état de la direction interministérielle du numérique (DINUM) livre un bilan désastreux. Le rapport souligne en effet que l’instabilité administrative et stratégique de la Dinum nuit à sa capacité de pilotage de la transformation numérique de l’État. La DINUM manquerait de ressources humaines qualifiées. Le service a développé une suite de logiciels qu'il appelle « la suite numérique de l’agent public », mais malgré des investissements importants, elle n'a jamais été largement adoptée par les agents de l'État. Les logiciels de la DINUM, tels que Tchap, Resana, Osmose, etc., ont un coût très élevé pour une faible valeur ajoutée.

    Créée en 2019, la DINUM est l’héritière de plusieurs directions interministérielles qui, depuis 2011, assurent la transformation numérique de l’action publique, au gré de rattachements politiques et administratifs très variables. La direction a, dans ce contexte déjà mouvant, changé à plusieurs reprises d’axes stratégiques, altérant la continuité des actions engagées et rendant peu lisible la stratégie de l’État. Selon la Cour des comptes, l'agence doit encore consolider sa légitimité. Le dernier rapport de la Cour des comptes est intitulé "Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la DINUM" et tire les conclusions suivantes :

    TECH.GOUV : une stratégie éclatée et arrêtée prématurément sans véritable évaluation

    TECH.GOUV est une stratégie numérique adoptée en 2019 par la DINSIC (la prédécesseure de la DINUM). Elle est articulée autour de six objectifs : la simplification des démarches ; la réduction des fractures territoriales et administratives ; une meilleure attractivité des ressources humaines du numérique au sein de l’État et une simplification du quotidien des agents publics ; l’accroissement de l’autonomie et de la sécurité numérique de l’État ; l’optimisation des dépenses publiques et le développement des partenariats avec la société civile. Mais cette stratégie a très vite été abandonnée à la suite d'un changement dans l'agence.


    TECH.GOUV était censé durer trois ans au départ. Mais malgré une actualisation de la stratégie en septembre 2021 qui devait la faire courir jusqu’en mai 2022, la stratégie TECH.GOUV a été de facto interrompue en janvier 2022 avec le départ du directeur interministériel. Cet arrêt soudain montre que cette stratégie n’avait fait l’objet que d’une appropriation très limitée par les agents, les ministères et les administrations partenaires. « TECH.GOUV n’a pas été évalué : à ce jour, un seul bilan intermédiaire est disponible, réalisé lors de l’actualisation de cette stratégie en septembre 2021 », indique le rapport de la Cour.

    Cette stratégie se décline en deux axes et huit missions, elles-mêmes décomposées en 35 programmes. En prenant uniquement en compte les 45 indicateurs prévus dès 2019, seuls 14 étaient complètement atteints à la mi-2021. De plus, 18 objectifs devaient être soit définitivement déployés, soit lancés en 2022. La période d’intérim du directeur, qui a duré neuf mois, explique en partie les flottements sur la continuité du projet TECH.GOUV au cours de l’année 2022.

    La suite numérique de l’agent public : un produit souverain peu convaincant

    La DINUM est engagée dans le développement de la « suite numérique de l’agent public », conçue pour améliorer l’efficacité et la fluidité du travail quotidien des agents de l’État, quel que soit leur ministère. Mais les observations sur le terrain sont encore très loin des résultats escomptés. Les outils interministériels développés par la DINUM ont "un coût très élevé" et à peine 16 % des agents publics d’agents s’en déclarant « très satisfaits ».

    Pendant la pandémie de Covid-19, la DINUM a fourni un ensemble de produits numériques interministériels regroupés sous le nom de « sac à dos numérique de l’agent public » (SNAP) financés par le plan de relance. Selon le rapport de la Cour des comptes, cette suite bureautique applicative s’appuyait sur les produits interministériels existants portés par des ministères ou la DINUM, offrant une alternative souveraine face aux solutions du marché.

    Le SNAP a évolué en 2023 vers un projet de « suite numérique » unifiée, en « open source » et souveraine, qui irait au-delà des seuls logiciels d’échange (messagerie instantanée « Tchap », Audioconférence, Webconférence et Webinaire de l’État) et de communautés professionnelles en ligne (« Osmose » et « Resana »), afin de créer de nouvelles briques de messagerie, stockage et d’édition collaborative interministérielle. Dans la pratique, cette suite s'avère peu usitée.

    La Cour des comptes juge plutôt bon le niveau de satisfaction de ces outils interministériel, même si le taux d’agents s’en déclarant « très satisfaits » ne dépasse jamais 16 %. Par ailleurs, les statistiques d’impact des produits interministériels, si elles font l’objet d’une communication transparente, ne sont pas encore totalement consolidées.

    Un coût très élevé pour un résultat mitigé

    Selon le rapport de la Cour des comptes, la suite numérique de l’agent public présente un coût important. D’une part, le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur Tchap à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour Tchap), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets. Les réflexions autour des gains liés à la mutualisation des produits interministériels sont en cours.

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    La DINUM affirme que ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an et par agent. Selon le rapport de la Cour, à ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.

    Pour autant, la suite numérique de l’agent public demeure une offre peu lisible et instable, qui reste inconnue de la plupart des agents. D’après le baromètre de l’agent public de 2022, ces outils sont en effet méconnus et inutilisés par la plupart des agents publics, soit près de 70 % des agents.

    Une solution souveraine peu connue

    Les outils la suite numérique de l'agent public peinent à trouver un large public, qui reste concentré dans certaines administrations. C’est le cas de la messagerie instantanée Tchap. Depuis sa création en 2019, le nombre de messages échangés a connu un pic en janvier 2022 (4,8 millions), puis a décru pour s’établir autour de 3 millions de messages en décembre 2023. Ces derniers ont été envoyés à hauteur de 26 % par des agents de la direction générale des finances publiques (DGFiP).

    Environ 8 % des messages ont été envoyés par des agents de l’Insee et 7 % par des agents de la gendarmerie. Au total, moins de 190 000 agents utilisent activement Tchap, même si le nombre d’utilisateurs actifs a progressé de 30 % en 2023 (environ 100 000 utilisateurs actifs début 2022). Tchap reste en effet très peu utilisé à l’extérieur de l’administration (3,3 % des utilisateurs actifs en 2023), rendant difficile la communication hors de ce périmètre.

    Et malgré des investissements publics importants consentis pour développer l’usage de ce produit (5,6 M€ en coût de réalisation entre 2021 et 2023 et 1,85 M€ en coût de maintenance estimé en 2024), la Première ministre a demandé, en novembre 2023, aux membres du Gouvernement et des cabinets ministériels de privilégier une alternative privée, « Olvid » à l’utilisation de Tchap. Une recommandation qui ne participe pas à la popularisation de la solution souveraine.

    Le nombre de réunions organisées via l’outil « Audioconférence » n’a cessé de décroitre depuis un pic à 18 500 en janvier 2022, pour atteindre à peine 8 000 réunions en novembre 2023. « Webconf de l’État » est davantage utilisé, avec une augmentation importante du nombre de conférences entre février 2020 (moins de 3 000) et novembre 2023 (environ 79 000). Enfin, l’outil « Webinaire de l’État » a atteint un plafond autour de 5 000 webinaires par mois depuis la fin de l’année 2022.

    Risque d'une baisse de qualité de service

    La Cour des comptes souligne dans son rapport que l’offre de produits est parfois peu lisible. À titre d’exemple, « Resana » et « Osmose » constituent deux services relativement similaires, proposant des plateformes collaboratives pour les agents publics. La coexistence de ces deux produits est liée au contexte de la crise sanitaire : la DINUM a ouvert, en urgence, plusieurs services pour fournir des outils permettant le travail à distance à l’ensemble des agents.

    Au printemps 2020, aucune des deux plateformes n’était en capacité d’accueillir l’ensemble des agents sans risque opérationnel majeur. Le choix a été fait de proposer les deux services afin d’être en mesure d’augmenter les capacités au niveau des infrastructures et de l’architecture logicielle et d’orienter les utilisateurs en fonction des usages recherchés. Quatre ans après son lancement, la DINUM envisage désormais l’arrêt du produit Osmose, malgré sa diffusion.

    Osmose comptait 48 000 utilisateurs actifs au troisième trimestre 2023. Selon la Cour des comptes, cet arrêt pourrait en partie s’expliquer par le fait que l’entreprise qui porte « Osmose » n’est pas favorable à l’idée d’ouvrir au moins une partie du code source (contrairement à l’entreprise qui porte Resana).

    Un projet d’arrêt lissé sur une année est envisagé, sans qu’une décision définitive ait encore été prise. Le déploiement plus large de « Resana » aux communautés animées dans le cadre d’Osmose risque également de se faire avec heurts et une baisse de qualité de service pour les agents.

    L'intelligence artificielle : un foisonnement d'initiatives non structurées

    La transformation numérique de l’État est confrontée à plusieurs défis. « Les initiatives foisonnantes des ministères et de la Dinum sur l’utilisation de l’IA, notamment de l’IA générative, ne sont pas encore articulées autour d’une stratégie de l’IA et ne bénéficient pas des retours d’expériences des précédents projets », indique le rapport.

    Le rapport souligne que la DINUM doit assurer la coordination de l’action publique quant aux recherches, expérimentations et déploiements de l’IA au service de l’administration et des usagers. Selon la Cour des comptes, une meilleure coordination avec les actions précédemment entreprises, aujourd’hui insuffisante, est indispensable, au même titre que la mutualisation des investissements, comme l’a appelé de ses vœux la commission de l’IA en mars 2024.

    Manque de ressources humaines de qualité pour accomplir la mission

    Selon l'évaluation de la Cour des comptes, les effectifs et les moyens dont dispose la DINUM ne permettront probablement pas d’aboutir, dans des délais raisonnables, à des outils susceptibles d’être facilement adoptés par les agents. L'évaluation révèle en effet que quatre ETP [équivalent temps plein (travaillé)] sont chargés de la gestion de l'outil « Webconférence de l’État », trois ETP pour « Webinaire de l’État », 0,5 ETP pour « Audioconférence de l’État ».

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    Certains produits sont un peu mieux dotés en ressources humaines : 5 ETP pour « AgentConnect » et un peu plus de 13 ETP pour « Tchap ». Au total, la Cour des comptes estime qu'il serait préférable que l’État se concentre sur des produits à forte valeur ajoutée pour les agents et les usagers. Ainsi, elle estime que la plateforme « AgentConnect » mériterait des investissements plus importants, ce que la DINUM indique avoir pour objectif en 2024.

    Sur le modèle de « FranceConnect » pour les usagers, la plateforme « AgentConnect » permet aux agents publics d’utiliser, de manière sécurisée, un authentifiant unique pour accéder à plusieurs applications métiers et outils collaboratifs communs à tous les ministères. Toutefois, l'évaluation révèle que malgré son potentiel d’amélioration du quotidien des agents et l’absence d’offre du secteur privé, le nombre d’utilisateurs uniques a très fortement diminué.

    La solution a atteint un pic de 22 043 utilisateurs en mars et de 8 015 utilisateurs en décembre 2023. « AgentConnect » était, entre juin 2021 et décembre 2023, utilisé à 66 % pour accéder au portail des applications interministérielles de ressources humaines, contre à peine 13 % pour accéder à « Osmose » et 12 % à « Resana ».

    Par ailleurs, il faut noter un fort taux d’équipements numériques des agents publics, qui disposaient en 2022 à plus de 72 % d’un ordinateur portable, à environ 54 % d’un ordinateur fixe, à un peu de moins de 40 % d’un smartphone et à moins de 10 % d’une tablette. Toutefois, près d’un quart (23%) des agents publics se déclarent insatisfaits de leur environnement de travail numérique, notamment pour ce qui concerne le travail à distance.

    Les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements colossaux

    La DINUM dispose depuis mars 2023 d'une nouvelle feuille de route intitulée "Une stratégie numérique au service de l’efficacité de l’action publique". Cependant, la Cour indique que les travaux qui ont abouti à la définition de cette feuille de route n’ont pas tiré des leçons de la stratégie TECH.GOUV.

    Citation Envoyé par Extrait du rapport de la Cour des comptes

    La création d’un département chargé des produits interministériels, source de potentiels coûts croissants, fait l’objet de craintes renouvelées en résonnance avec l’instabilité passée de l’organisation de la direction. La question se pose donc de savoir si les produits de la « suite numérique de l’agent public », peu connus et peu utilisés et dont le coût devrait continuer à augmenter, seront en mesure, avec les moyens de la DINUM, de concurrencer les offres proposées par le secteur privé, déjà largement adoptées par les agents.

    Il est certes souhaitable que l’État dispose d’une solution souveraine de repli en cas de difficultés touchant ces plateformes privées, mais les résultats ne sont pas à la hauteur des investissements réalisés.

    Ce nouveau département doit donc faire rapidement la preuve de sa plus-value, non par le développement de produits considérés comme interministériels par la seule DINUM, mais par la réponse à des besoins interministériels avérés, car reconnus comme tels par les administrations. À l’exception de « clubs utilisateurs » pour certains produits, aucun véritable comité de pilotage n’a été formalisé avec les ministères pour recueillir leurs demandes et propositions sur l’ensemble des produits à vocation interministérielle.
    Le budget de la DINUM s’élève à 79 M€ d’AE (autorisations d'engagement) et 138 M€ de CP (crédits de paiement) en 2023, dont 16 M€ de dépenses de masse salariale. Le rapport indique que les dépenses de fonctionnement et d’intervention dont la DINUM a la responsabilité font l’objet d’une construction budgétaire complexe. La progression de ses moyens, qui reflète l’extension de ses missions, impose de renforcer le pilotage de sa dépense et la maîtrise de ses risques financiers.

    Source : rapport de la Cour des comptes (PDF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous du bilan mitigé de la stratégie numérique de l’État mise en œuvre par la DINUM ?
    Selon vous, pourquoi les solutions logicielles proposées la DINUM sont-elles instables malgré un coût aussi élevé ?
    Qu'est-ce qui pourrait expliquer le faible taux d'adoption des outils proposés par la DINUM dans la suite bureautique de l'agent public ?
    Le manque de personnel qualifié au sein de la DINUM est-il à l'origine de ce problème ? Comment y remédier selon vous ?
    Que pensez-vous de la recommandation d'utiliser l'application privée « Olvid » au détriment de la solution d'État « Tchap » ?
    Comment la DINUM peut-elle rendre la stratégie numérique de l'État plus lisible et développer des logiciels plus adaptés et plus usités ?

    Voir aussi

    France : le Gouvernement dévoile son plan d'action pour accélérer le recours aux logiciels libres, et aux communs numériques dans l'administration

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  2. #2
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    bah ... comme ça on se démarque des autres !

    il faut rappeler Cédric, il va nous trouver une solution :p

  3. #3
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    Ce n'est pas sans solution. Plus d'impôts et de réglementation devrait solutionner le problème.

  4. #4
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    Agent publique hospitalier, je me suis fait refuser l'accès à Resana au motif que je n'étais pas agent public d'État et qu'ouvrir aux autres fonctions publiques risquait de surcharger les infrastructures... Du coup on doit se tourner vers des solutions qui vont nous coûter cher ! Bref solution numéro 1 : permettre aux agents publics d'accéder aux outils !

  5. #5
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    Dans le milieu hospitalier aussi, on utilise que des solutions privés (et non souveraine) pour les conférences et rendez vous.
    Ça me rire.... (Non)

  6. #6
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    Par défaut France : la DINUM quitte officiellement Windows pour Linux et impose un plan de souveraineté aux ministères
    La DINUM quitte officiellement Windows pour Linux et impose à chaque ministère français un plan de souveraineté numérique avant l'automne 2026 :
    « L’État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il doit en sortir »

    La direction interministérielle du numérique a organisé un séminaire historique réunissant pour la première fois ministères, opérateurs publics et acteurs privés autour d'un objectif commun : mettre fin à la dépendance numérique de la France envers les géants technologiques américains. Au cœur du dispositif, l'annonce la plus symbolique : la DINUM quitte Windows pour Linux. Mais derrière ce signal fort se cache un chantier d'une ampleur inédite, dont personne ne minimise encore la difficulté.

    Il y a des annonces qui ressemblent à des communiqués de plus, et d'autres qui marquent un tournant. Celle du 8 avril 2026 appartient à la seconde catégorie. À l'initiative du Premier ministre, la DINUM a réuni ministères, opérateurs publics et acteurs privés lors d'un séminaire interministériel consacré à la réduction des dépendances numériques extra-européennes. Le message central est formulé sans ambiguïté dans le communiqué officiel : la DINUM annonce sa sortie de Windows au profit de postes sous système d'exploitation Linux.

    Ce n'est pas la première fois que la France affiche des ambitions souverainistes dans le numérique. Mais c'est probablement la première fois que la déclaration vient directement de l'organe chargé de piloter la stratégie numérique de l'État, et qu'elle s'accompagne d'un calendrier contraignant pour l'ensemble de l'appareil administratif. Chaque ministère, opérateurs inclus, sera tenu de formaliser son propre plan d'ici l'automne, portant sur sept axes : poste de travail, outils collaboratifs, antivirus, intelligence artificielle, bases de données, virtualisation et équipements réseau.

    L'annonce, saluée avec enthousiasme sur les forums spécialisés où elle a recueilli en quelques heures plus de 650 points et 300 commentaires, est perçue à l'international comme un signal fort. Plusieurs voix dans la communauté technique notent qu'il ne s'agit pas d'un projet pilote ou d'une initiative locale : c'est une déclaration formelle de l'une des plus grandes administrations d'Europe.

    Pour David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics :

    « L’État ne peut plus se contenter de constater sa dépendance, il doit en sortir. Nous devons nous désensibiliser des outils américains et reprendre le contrôle de notre destin numérique. Nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques. La transition est en marche : nos ministères, nos opérateurs et nos partenaires industriels s’engagent aujourd’hui dans une démarche sans précédent pour cartographier nos dépendances et renforcer notre souveraineté numérique. La souveraineté numérique n'est pas une option. »

    Le contexte géopolitique qui a tout changé

    Pour comprendre pourquoi cette annonce intervient maintenant, il faut revenir à l'évolution du rapport entre l'Europe et les États-Unis depuis le début de l'année 2025. Les tensions entre l'UE et les États-Unis autour du Groenland ont révélé l'évidence : les administrations européennes sont massivement dépendantes d'outils américains que Washington pourrait menacer de couper. L'hypothèse, longtemps cantonnée aux scénarios catastrophistes, a acquis une crédibilité nouvelle avec la politique étrangère erratique de Donald Trump.

    Les lois américaines permettent à Washington d'accéder à toute donnée gérée par une entreprise américaine, même hébergée à l'étranger. Et des pressions ont déjà été exercées, notamment pour restreindre l'accès à des services Outlook pour des membres de l'ONU dont les positions entraient en conflit avec la Maison-Blanche. Dans ce contexte, confier les données de santé de millions de Français, les communications interministérielles ou les marchés publics à des infrastructures contrôlées depuis Redmond ou Seattle n'est plus seulement une question de coût ou d'efficacité, c'est une question de sécurité nationale.

    Le ministre David Amiel a formulé cela sans détour : nous ne pouvons plus accepter que nos données, nos infrastructures et nos décisions stratégiques dépendent de solutions dont nous ne maîtrisons ni les règles, ni les tarifs, ni les évolutions, ni les risques. La rhétorique est celle de la souveraineté, mais la motivation sous-jacente est autant stratégique qu'idéologique.

    Ce qui est déjà en marche

    L'annonce du 8 avril ne part pas de rien. Plusieurs basculements sont déjà engagés ou récemment finalisés, et ils dessinent la trajectoire concrète du projet.

    La Caisse nationale d'Assurance maladie vient d'annoncer la migration de ses 80 000 agents vers une suite d'outils entièrement français : Tchap pour la messagerie interne, Visio pour les réunions en ligne et FranceTransfert pour l'échange sécurisé de documents. C'est l'une des plus grandes migrations de ce type jamais entreprises dans l'administration française, et elle intervient en plein déploiement de l'annonce DINUM.

    Le mois dernier, le gouvernement avait également annoncé la migration de la plateforme nationale des données de santé vers une solution souveraine hébergée en Europe, avec une échéance fixée à fin 2026. Les données de santé, parmi les plus sensibles qui soient, quittent ainsi l'orbite Microsoft, un signal fort quant à la détermination réelle du gouvernement.

    Ces précédents ne sont pas apparus de nulle part. La gendarmerie nationale fonctionne sous Linux depuis 2008, ce qui en fait depuis près de vingt ans le principal modèle de référence pour toute discussion sur la faisabilité d'une migration à grande échelle dans l'administration française. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) explore également cette voie. Ce qui était une exception est en train de devenir la norme.

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    La « Suite » comme colonne vertébrale logicielle

    La sortie de Windows ne peut se concevoir sans une alternative crédible sur le plan applicatif. C'est là qu'entre en scène « La Suite », la plateforme collaborative interministérielle développée par la DINUM. Elle regroupe Tchap (messagerie), Visio (visioconférence), FranceTransfert (partage de fichiers), ainsi que Grist pour les tableurs, ce dernier étant développé par une entreprise américaine, mais sous licence open source avec une contribution active des équipes françaises.

    Un développeur français présent sur Hacker News, qui avait contacté la DINUM avec son propre outil open source, note que l'administration tend à préférer construire ses propres solutions plutôt que de contribuer à des projets existants qu'elle ne contrôle pas entièrement. Ce réflexe, compréhensible du point de vue de la souveraineté, mais potentiellement coûteux, illustre une tension classique entre l'efficacité de la commande open source et le besoin de maîtrise institutionnelle.

    Du côté de l'écosystème franco-allemand, des initiatives comme OpenBuro et Open-Interop travaillent à définir des standards d'interopérabilité qui permettraient aux différents outils souverains européens de communiquer sans friction. La France et l'Allemagne collaborent également sur un outil de traitement de texte collaboratif concurrent des suites américaines, publié sous licence libre. L'Europe, sur ce terrain, commence à parler d'une même voix — même si la coordination reste fragile.

    Les défis techniques que personne ne minimise

    Sur Hacker News, les commentaires les plus intéressants ne sont pas ceux qui applaudissent l'initiative, mais ceux qui identifient précisément les obstacles. Le premier, souvent cité, concerne la gestion centralisée des postes de travail. Linux ne dispose pas encore d'un équivalent aussi cohérent et intégré que la combinaison Active Directory / Group Policy de Microsoft pour administrer un parc de machines à grande échelle. Des solutions existent (FreeIPA, Ansible, Puppet) mais elles demandent des compétences que les équipes informatiques de l'État n'ont pas nécessairement en nombre.

    La question de l'accès à distance non supervisé est également soulevée : avec Wayland, protocole d'affichage moderne sous Linux, l'accès à distance non attendu par l'utilisateur est techniquement très difficile à mettre en œuvre, ce qui pose des problèmes concrets pour les équipes de support informatique qui doivent intervenir à distance sur les postes des agents.

    Enfin, il y a la question des applications métier. Si les outils de bureautique générique (traitement de texte, tableur, présentation) disposent d'alternatives solides, certaines applications spécialisées (logiciels de recherche, outils de mesure industrielle, certains progiciels de gestion) restent dépendantes de Windows ou d'environnements d'exécution qui ne fonctionnent pas nativement sur Linux. Des environnements comme ceux utilisant les instruments National Instruments (NI), omniprésents dans la recherche, n'ont pas d'équivalent Linux fonctionnel.

    Ces obstacles sont connus et documentés. La question n'est pas de savoir s'ils existent (ils existent) mais si la volonté politique est désormais suffisamment forte pour financer leur résolution sur le long terme.

    Une fenêtre d'opportunité politique et industrielle

    Ce qui rend cette annonce différente des précédentes, c'est la conjonction de trois facteurs : une pression géopolitique inédite, un calendrier contraignant avec reddition de comptes ministérielle à l'automne, et une dynamique européenne qui dépasse les frontières françaises. L'Allemagne développe son « DeutschlandStack », d'autres États membres réfléchissent à des démarches similaires. L'idée que les gouvernements européens pourraient coordonner leurs achats publics pour peser sur l'écosystème logiciel libre commence à prendre corps.

    Les premières « rencontres industrielles du numérique », organisées en juin 2026, seront l'occasion de formaliser une alliance public-privé pour la souveraineté européenne, en donnant de la visibilité à la filière industrielle française quant aux besoins de l'État. C'est potentiellement un levier de commande publique considérable.

    Pour le secteur du logiciel libre et des éditeurs européens, c'est une fenêtre rare. Les décisions d'achat public sont lentes à prendre et longues à défaire. Si les alternatives open source démontrent leur fiabilité dans ce contexte de migration massive, l'effet d'entraînement pourrait s'étendre bien au-delà de l'administration française. À condition, naturellement, que les plans annoncés ne restent pas au stade de l'intention.

    Source : annonce officielle

    Et vous ?

    La migration de la gendarmerie nationale vers Linux en 2008 est souvent citée comme preuve de faisabilité, mais les besoins d'une force de sécurité nationale sont-ils vraiment comparables à ceux d'un ministère de l'Économie ou d'un service de santé publique ? Quels types d'organisations sont réellement prêts pour une telle transition en 2026 ?

    L'un des angles morts de cette annonce concerne la gestion centralisée des postes (l'équivalent d'Active Directory sous Linux). Des solutions comme FreeIPA ou Ansible existent, mais sont-elles suffisamment matures et documentées pour être déployées à l'échelle de l'État français sans surcoût massif en formation et en intégration ?

    La France et l'Allemagne commencent à coordonner leurs efforts (outil de traitement de texte collaboratif commun, standards Open-Interop). Cela constitue-t-il le début d'un véritable écosystème logiciel européen souverain, ou restera-t-on dans une logique de projets nationaux parallèles qui se font concurrence ?

    Microsoft a largement anticipé ce type de mouvement en basculant son modèle vers le cloud (Azure, Microsoft 365, Intune). Une administration qui quitte Windows mais continue à utiliser des services Microsoft hébergés aux États-Unis a-t-elle vraiment gagné en souveraineté ?

    Le calendrier est ambitieux : plans ministériels avant l'automne 2026, premières coalitions industrielles en juin. Quels indicateurs concrets permettront de distinguer une vraie transition d'un plan de communication bien orchestré ?

    Voir aussi :

    France : il est demandé aux ministres d'abandonner WhatsApp, Telegram et Signal au profit d'Olvid, une app de messagerie française. Signal estime que la France dit n'importe quoi sur sa messagerie

    France et Allemagne dévoilent Docs : l'alternative à Google Docs et Microsoft Office 365 a été lancée en open source dans un souci d'indépendance numérique, le projet devra convaincre au-delà du symbole
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  7. #7
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  8. #8
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    Je comprends l'impérarif politique mais... Bienvenue en l'enfer.

    Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus... On va régresser numériquement d'au moins 80%. On se libère d'un tyran Etat-unisien... pour tomber dans la fosse aux cafards.

    Je préfère encore l'idée de revenir à des machines à écrire, des formulaires papiers et des armoires pleine d'archives. Au moins, cela donnerait du boulot à la population moyenne, en leur donnant au passage quelques vertues comportementales : rigueur, coopération IRL, efforts... Tout cela de façon à éviter, qu'un jour prochain, cette même population élise un Trump-like sous l'effet d'un numérisation débilisante pour la majorité.

  9. #9
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    A moins de pouvoir migrer TOUS les PC et TOUS les serveurs, ce qui m'étonnerait, le seul résultat sera un parc hétérogène, avec des Linux bien moins faciles à gérer, tout ça pour pouvoir déclarer publiquement (ou à un directeur qui n'y connaît rien) que la dépendance envers Microsoft a baissé... on en reparlera

  10. #10
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    Je salue la prise de décision. Mais face aux échecs de développement des logiciels de paie des armées, de gestion de plaintes de la police nationale, de RH de l’Éducation Nationale, ne risque-t-on pas, en créant des solutions spécifiques à l'administration française, de rencontrer les même soucis au-delà de la migration vers Linux ?

    La DINUM ne part pas de zéro et il faut bien se lancer, mais après un échec de migration d'application, la volonté restera-t-elle la même ?

  11. #11
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    Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
    Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
    J'espère pour vous que c'était de l'humour.

    Mais peut-être est-il utile de préciser pour l'audience que les logiciels libres et open source sont avant tout centrés sur l'utilisateur et la communauté, qu'ils favorisent l'interopérabilité et ont tendance à assurer la rétrocompatibilité sur des décennies.

    Il faut également mentioner que des solutions open source comme DeepSeek n'ont pas renvoyé les Chinois au moyen-âge à 80%, auquel cas, ils se portent plutôt bien.

    Pendant ce temps chez Microsoft, non seulement ils continuent à faire du lobbying de haut niveau et de la vente liée, mais en plus ils essaient de forcer leurs utilisateurs à passer à Windows 11 à coups de pop up, sans parler du fait qu'ils sont forcés à sauvegarder leur données dans le Cloud dès le first boot et à utiliser des fonctionnalités IA qu'ils n'ont jamais demandé.

    Les Français ont toujours été des précurseurs du logiciel libre et de la souveraineté numérique. Dès 1998 avec Mandrake Linux, et 30 ans plus tard, cela n’a pas changé. L'État français est exemplaire sur ce point.

  12. #12
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    Je salue la prise de décision. Mais face aux échecs de développement des logiciels de paie des armées, de gestion de plaintes de la police nationale, de RH de l’Éducation Nationale, ne risque-t-on pas, en créant des solutions spécifiques à l'administration française, de rencontrer les même soucis au-delà de la migration vers Linux ?
    Si on utilise des équipes efficaces plutôt que payer des consultants à la con ça peut marcher.

    Il y a des consultants très bon et efficaces, le prob est plutôt les usines à consulting.
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  13. #13
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    Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
    Je comprends l'impérarif politique mais... Bienvenue en l'enfer.
    Un enfer où la rétrocompatibilité n'existe plus, où l'interopérabilité n'existe plus, où l'utilisateur final et ses intérêts n'existent plus...
    A quelle enfer penses tu ? Penses-tu à des types de fichier part
    Dans un premier temps, il va y avoir une étude qui va être faite pour migrer les solutions vers un format standard du libre. Dans le pire des cas, il y aura toujours des postes sous WIndows en attendant de trouver des solutions.
    De plus, il y aura des solutions en mode Web (en "on premise" idéalement, sinon en mode SAAS). Avec ces solutions, un simple navigateur permet d'accéder à l'application, et est donc cross plateforme (à quelques exceptions près)


    Citation Envoyé par Play3fr Voir le message
    A moins de pouvoir migrer TOUS les PC et TOUS les serveurs, ce qui m'étonnerait, le seul résultat sera un parc hétérogène, avec des Linux bien moins faciles à gérer, tout ça pour pouvoir déclarer publiquement (ou à un directeur qui n'y connaît rien) que la dépendance envers Microsoft a baissé... on en reparlera
    Ce serait en effet plus compliqué, mais en effet ce serait une hérésie de tous migrer d'un seul coup. Il y aura toujours des points de blocages sur certains aspects. Donc la méthode la plus efficace est d'y aller et petit à petit, d'être confronter aux problèmes pour pouvoir avancer, et ainsi ne plus dépendre d'une unique entreprise qui est une hérésie totale.

  14. #14
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    Par défaut Bloqués à la fin du siècle dernier
    J'avoue qu'en lisant certaines commentaires comme "bienvenue en l'enfer" et la grande peur du manque d'interopérabilité, ça me rappelle des débats identiques dans ma jeunesse (les années 80-90) entre les pourfendeurs (à l'époque) d'Apple ou de Microsoft autour des formats de traitements de texte (la sacrosainte "machine à écrire").

    Pour de très nombreux usages, et chaque fois plus nombreux avec les outils SaaS (Cloud ou OnPremise), mis à part la barrière psychologique, passer d'un ordinateur dont l'OS et/ou les logiciels sont fermés à des solutions libres est semblable à changer d'un véhicule d'une marque à une autre: peut-être que quelques commandes ne sont pas au même endroit, mais ça n'oblige pas à repasser son permis ou à emprunter un réseau routier différent.

    Oui, il y a (et aura toujours) des problèmes d'interopérabilités entre logiciels, qu'ils soient propriétaires ou ouverts, et même si ils tournent tous sur le même OS (mes collègues qui travaillent dans l'informatique de santé peuvent en témoigner).
    La question est si on préfère dépenser notre énergie (et nos deniers) pour suivre des standards "de fait" (comme dans le cas des suites bureautiques les formats Office Open XML qui n'ont d'open que le nom et sont contrôlés par un seul acteur) ou suivre, voire contribuer, à des standards "concertés" (comme les formats OpenDocument) ?

    Oui, il a beaucoup de progiciels qui ne tournent que sous un OS, souvent de la famille MS Windows, car l'opportunité de marché des autres OS leur semblent moindre.
    Ça me semble donc important que des acteurs "de poids", comme des services étatiques (mais pas que), aident à rééquilibrer/orienter ces marchés.

    Pour ceux qui en doutent, parmi l'administration comme ailleurs, il y a des collectifs d'agents qui œuvrent déjà pour un plus grand usage des solutions libres - sans prôner une bascule complète du jour au lendemain.
    Par exemple, ces deux émissions du podcast Libre à vous parle de ce sujet:
    - #232 - Le collectif Alpes Numérique Libre (21/01/2025) - https://www.libreavous.org/232
    - #128 - La politique logiciel libre d’Échirolles (18/01/2022) - https://www.libreavous.org/128

  15. #15
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    Citation Envoyé par alvi392 Voir le message
    J'espère pour vous que c'était de l'humour.
    Non, juste en salarié de microsoft France

  16. #16
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    Par défaut C'est une bonne chose, mais il y'a un mais...
    à toutes et tous,

    C'est évidemment une bonne chose que de s'éloigner de solutions étrangères, mais (et je n'ai pas vu de réaction sur ce sujet annexe) même si c'est bonne bonne chose pour une "souveraineté" Européenne, cela signifie également une perte de souveraineté des états, laissant l'UE aux commandes de ce monde numérique de demain. Cela va dans le sens d'une UE qui impose de plus en plus ses vues aux états qui perdront ici encore une partie du peu de souveraineté étatique qu'il ont encore.

    Ce serait une avancée magnifique si l'UE se comportait comme un dôme de protection pour TOUS les états. Mais malheureusement, l'UE n'a pas vraiment été exemplaire dans beaucoup de domaines. Une fois cette souveraineté numérique de l'UE installée, elle pourra mettre en place encore plus facilement la surveillance de masse à la Chinoise qu'elle désire.

    Je n'ai pas toutes les données ni ne suis au courant de toutes les intentions qui poussent ce projet, très "pro-européen", mais le fait que ce projet soit piloté par un gouvernement Macroniste, qui est à 100% "pro-européen fédérale" désireux de retirer aux états toute trace de souveraineté nationale, fait clignoter une alarme qu'il ne faudrait pas, je pense, prendre à la légère.

    Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je suis pour une UE, mais plutôt via une coopérations d'états souverains que via une dissolution de la souveraineté des états dans une UE qui, au risque de me répéter, n'a pas vraiment prouvé qu'elle était au service de TOUS les peuples Européens. Par exemple, échanger la souveraineté alimentaire de la France contre la vente de véhicules provenant de l'industrie Allemande n'est pas une bonne chose...

    Soit on est souverain en tout, soit on n'est souverain en rien.

    Je reste donc prudent suite à cette annonce, qui semble d'ailleurs survenir alors qu'il semble déjà que plusieurs "briques" ont déjà été développées ou sont déjà en cours, alors qu'il me semble qu'il n'y a pas eu le moindre débat sur ce projet, qui concerne quand même chaque citoyen Européen.

    Que le meilleur arrive.

    BàV et Peace & Love.

  17. #17
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    Le discours de la souveraineté est assez faussé car nous ne serons jamais souverains pour le hardware, qui surplante le software, que le software soit libre ou propriétaire (Sujet dédié : La souveraineté numérique : une imposture intellectuelle ? ).

    Le secteur de notre souveraineté, le matérialisé, quant à lui, s'effondre :
    Sept usines fermées en deux ans en France : en grande difficulté, l’industrie papetière appelle à une politique ambitieuse en faveur de la réindustrialisation
    https://www.usinenouvelle.com/papier...7XFUXHL7A.html

    Connecter les serveurs de données et postes de travail à un réseau public international est une hérésie - l'histoire de l'informatique connectée n'étant faite de que failles de sécurité - qui se confirme chaque jour par des fuites de données honteuses dont le mauvais choix se dissimule en des postures de victimes en lieu de coupables.

  18. #18
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    Il y aura une forme d'enfer de par manque de compétences par les mêmes équipes des produits/technos sources vers destination, la résistance au changement. ca reste surmontable avec une vraie volonté politique. Reste à voir si ça fera pas un pschitt.
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  19. #19
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    Citation Envoyé par Access_to_folder Voir le message
    Le discours de la souveraineté est assez faussé car nous ne serons jamais souverains pour le hardware, qui surplante le software, que le software soit libre ou propriétaire.
    Quand on doit reconstruire une maison, il faut bien recommencer par quelque part !!!

    Avec votre état d'esprit, il y a bien longtemps que tous le continent européen de Lisbonne à Moscou parlerait allemand!

  20. #20
    Invité de passage

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    Citation Envoyé par Christophe Voir le message
    Il y aura une forme d'enfer de par manque de compétences par les mêmes équipes des produits/technos sources vers destination, la résistance au changement. ca reste surmontable avec une vraie volonté politique. Reste à voir si ça fera pas un pschitt.
    La résistance au changement ne concernera pas les informaticiens qui pour la plupart ont dans leur cursus de formation de l'Unix.
    Quant à l'usager, que ce soit dans le libre ou le propriétaire, il est difficile d'avoir maintenant du cycle de vie long, tout le contraire, et la confrontation au changement est régulière.

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