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Écologie Discussion :

Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ?

  1. #121
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    Par défaut La FCC reconnaît que les projets de centres de données orbitaux nécessitent une évaluation environnementale
    La FCC reconnaît enfin que les projets de centres de données orbitaux nécessitent une évaluation environnementale. Dans l'intervalle, plusieurs organisations réclament un moratoire sur les lancements

    Les projets de centres de données orbitaux suscitent une opposition massive. Plusieurs organisations environnementales exhortent la FCC à suspendre l'approbation des projets de centres de données en orbite portés par des entreprises comme SpaceX et Blue Origin. Elles réclament une étude d'impact écologique approfondie, s'inquiétant des conséquences de l'envoi de plus d'un million de satellites dans l'exosphère. Elles soulignent des risques majeurs tels que la pollution lumineuse, les émissions de débris et la dégradation de la couche d'ozone lors des rentrées atmosphériques. Pour de nombreux experts, les centres de données orbitaux sont une idée catastrophique.

    Des groupes de défense de l'environnement, menés par Earthjustice agissant au nom de DarkSky International, Environment America et de l'organisation PEER, ont déposé une pétition auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis. Leur démarche vise à suspendre l'approbation du secteur émergent des centres de données orbitaux en attendant qu'un examen approfondi de leur impact environnemental soit mené.

    Les militants soutiennent que « les réglementations actuelles sont obsolètes » face à ce déploiement massif d'infrastructures spatiales sans précédent. La pétition exige que le régulateur élabore une déclaration d'impact environnemental programmatique (Programmatic Environmental Impact Statement - PEIS) avant d'approuver toute nouvelle demande. « S’il y a bien une situation qui justifie une PEIS, c’est celle-ci », affirment les auteurs de la pétition.

    Les organisations menées par Earthjustice expliquent également : « une PEIS permettrait une analyse exhaustive des impacts de multiples propositions qui visent toutes le même objectif, à savoir mettre en orbite un nombre pratiquement incalculable de nouveaux satellites servant de centres de données, ce qui menace de dégrader la couche d’ozone et la qualité du ciel nocturne, et de modifier la composition chimique même de la stratosphère ».

    les experts alertent sur une initiative aux dimensions démesurées

    L'IA absorbe tout depuis quelques années : GPU, mémoire, capacité de calcul, énergie... La demande massive de l'industrie de l'IA a provoqué une pénurie de certains composants électroniques tels que la mémoire et met à rude épreuve les réseaux électriques dans plusieurs pays. Pour résoudre en partie ces problèmes, les milliardaires de la technologie, comme Jeff Bezos et Elon Musk, ont décidé d'envoyer les centres de données en orbite terrestre basse.

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    La pétition des organisations environnementales s'inquiète en effet du volume massif d'infrastructures spatiales prévu par des entreprises telles que SpaceX, Blue Origin, Starcloud et Cowboy Space. Le document juridique rappelle : « collectivement, ces différents projets cherchent à placer bien plus d'un million de satellites de centres de données en orbite, augmentant le volume existant de satellites en orbite terrestre basse de plusieurs ordres de grandeur ».

    À elle seule, la société SpaceX d'Elon Musk a déposé une demande auprès de la FCC pour déployer une mégaconstellation de centres de données orbitaux pouvant compter jusqu’à un million de satellites en orbite terrestre basse. Elon Musk reste persuadé que l'espace est la clé de voûte énergétique du progrès de l'IA. « L’espace sera l’endroit le moins coûteux pour déployer l’IA, et ce sera le cas d’ici deux ans, trois au plus tard », a déclaré le milliardaire.

    Face à cette explosion du nombre d'appareils, les militants écologistes soulignent que « les règles de licence actuelles de la FCC ont été rédigées pour des constellations beaucoup plus petites et ne sont plus adaptées à des projets se chiffrant en centaines de milliers ou en millions d'engins spatiaux ». Historiquement, la FCC considère que « les licences pour le déploiement de satellites sont globalement exclues des examens environnementaux détaillés ».

    Ces projets comportent des risques écologiques majeurs et cumulatifs

    L'un des arguments centraux de la pétition rédigée par ces organisations est que « l'impact de ces constellations géantes ne peut pas être correctement mesuré si la FCC évalue les candidatures une par une ». Les groupes environnementaux estiment qu'il est indispensable de réaliser une analyse globale afin d'examiner « les risques, les alternatives, les besoins, les coûts et les impacts de cette transformation soudaine de l'exosphère de notre planète ».

    Les inquiétudes écologiques sont : les émissions liées aux lancements de fusées, la libération de polluants lorsque les satellites brûlent lors de leur rentrée atmosphérique, l'appauvrissement de la couche d'ozone, la multiplication des débris orbitaux, ainsi que la pollution lumineuse et ses interférences avec l'astronomie et la faune. La FCC reconnaît désormais que la croissance rapide de l'industrie spatiale nécessite une mise à jour de la réglementation.

    Cependant, les développeurs de ces projets ne voient pas les choses de cette façon. Selon les partisans des centres de données orbitaux, le fait de délocaliser la puissance de calcul hors de la Terre permettrait notamment de répondre aux préoccupations croissantes en matière d’énergie, d’eau et d’occupation des sols auxquelles sont confrontés les centres de données terrestres, dans un contexte de demande en forte hausse pour les infrastructures d’IA.

    Mais ils sont critiques pour leur manque de transparence sur l'impact écologique de leurs projets. La pétition dénonce un double discours : « les promoteurs de ces propositions décrivent leurs projets en des termes grandioses qui transforment la civilisation. Mais ces mêmes promoteurs ont refusé d'accepter toute enquête sur les impacts de leur technologie prétendument historique sur l'environnement, la science, l'économie ou d'autres valeurs ».

    L'IA dans l'espace : la balle est désormais dans le camp de la FCC

    Par le passé, des associations environnementales ont déjà appelé la FCC à freiner le développement des centres de données orbitaux dans le cadre de dossiers réglementaires individuels, mais Jan Hasselman, avocat senior chez Earthjustice, a déclaré que c’était la première fois qu’elles demandaient un examen global de l’ensemble de ces projets. Mais selon les critiques, les enjeux pourraient contraindre le régulateur américain à laisser le statu quo.

    Le régulateur subit des pressions pour réduire les formalités administratives et accélérer les délais de traitement des demandes relatives aux constellations, afin de suivre le rythme des progrès technologiques et de l’évolution rapide du secteur, dans un contexte de concurrence croissante de la part de la Chine et d’autres pays. L'IA est devenu un enjeu de souveraineté majeur et les États-Unis pourraient placer la technologie devant l'environnement.


    Bien que la FCC n’ait pas réexaminé l’exclusion catégorique applicable aux autorisations de satellites au titre de la NEPA (National Environmental Policy Act) face à l’essor des mégaconstellation, le régulateur a renforcé ces dernières années la réglementation relative aux débris spatiaux, notamment en exigeant que les nouveaux satellites en orbite basse (LEO) soient désorbités dans les cinq ans suivant la fin de leur mission, au lieu de 25 ans auparavant.

    « Il n’existe pas de procédure définie permettant à la FCC de donner suite à cette requête au-delà de son obligation de l’examiner et d’y répondre dans un délai raisonnable. Nous attendons une réponse de la FCC et envisagerons toutes les options si elle ignore cette requête », a déclaré Jan Hasselman à SpaceNews.

    « En attendant, nous suivons de près l’ensemble des dossiers individuels. Si la FCC commence à octroyer des licences sans respecter pleinement la loi, il y a de fortes chances que ces questions finissent devant les tribunaux », a-t-il ajouté. Si la FCC répond favorablement à cette demande de moratoire et d'examen approfondi, les futurs centres de données orbitaux devront faire face à de lourdes démarches administratives avant de pouvoir être déployés.

    La FCC réexamine ses règles d’évaluation environnementale

    Cette pétition intervient alors que la FCC réexamine ses règles d’évaluation environnementale pour les satellites. L'autorité de régulation reconnaît que la croissance rapide de l’industrie spatiale a soulevé de nouvelles questions quant à l’application de son cadre réglementaire existant. La pétition fait valoir que l’approche actuelle de la FCC n’est plus adaptée à des projets dont l’ampleur ne se mesure plus en milliers d’engins spatiaux, mais en millions.

    À la fin du mois, la FCC doit se prononcer sur un projet de décision visant à rationaliser et à accélérer son processus d’octroi de licences pour les satellites, même si celui-ci exigerait également des opérateurs qu’ils partagent davantage de données relatives à la surveillance de l’espace afin de réduire les risques de collision. Ces nouvelles mesures ne s’appliqueraient pas à la vague de constellations de centres de données orbitaux proposées cette année.

    Parallèlement, l'autorité de régulation examine actuellement une nouvelle vague de propositions en matière de communications par satellite, après la date limite du 6 juillet fixée pour son dernier cycle de traitement des demandes concernant les bandes Ku, Ka et V. Selon les médias américains, le troisième cycle de la FCC consacré aux applications non géostationnaires dans ces bandes a attiré 13 constellations totalisant près de 140 000 satellites.

    Des défis de refroidissement et de dimensionnement colossaux

    Cette critique intervient peu après l’introduction en bourse de SpaceX, devenue l’une des entreprises les plus valorisées au monde du jour au lendemain. Une large part de sa valorisation de 2 000 milliards de dollars repose sur le projet de centre de données orbital imaginé par le PDG, ce qui illustre une fois de plus à quel point Wall Street s'appuie sur les convictions d'Elon Musk, malgré son bilan désastreux en matière de respect de ses promesses.

    Le refroidissement de ces installations est l'un des plus grands défis d'ingénierie. Dans le quasi vide de l'espace, la chaleur ne peut s'échapper facilement, ce qui nécessiterait des réseaux complexes de tuyaux de refroidissement. Brian McManus explique notamment qu'il faudrait pomper plus de 150 000 livres de glycol par seconde, un débit comparable à celui de barrages hydroélectriques, ce qui reviendrait à « vider une piscine olympique en 40 secondes ».

    En outre, les ambitions de Starcloud en matière d'infrastructures orbitales sont jugées démesurées. Pour atteindre les 5 gigawatts de puissance promis, chaque centre de données couvrirait une surface gigantesque, équivalente à près de 5 000 fois celle des panneaux de la Station spatiale internationale. La masse d'une telle station dépasserait les 113 millions de kilogrammes, soit « plus de six fois la masse totale lancée dans l'espace dans l'histoire ».

    « Même en faisant abstraction des pompes, du liquide de refroidissement, des blindages antiradiations, du carburant, des roues d’inertie, des structures et autres éléments, la station Starcloud dépasse les 113 millions de kilogrammes. C’est plus qu’un porte-avions en orbite. C'est plus de six fois la masse totale jamais lancée dans l’espace depuis le début de l’histoire », a déclaré Brian McManus dans une vidéo critiquant les centres de données orbitaux.

    Dégradation de l'orbite basse et viabilité économique illusoire

    En définitive, les experts concluent que ces projets relèvent davantage de l'utopie destinée à séduire des investisseurs, car dans l'industrie technologique actuelle, proposer une idée en premier permet de récolter d'importantes récompenses financières. Alors, si le projet n’est pas viable économiquement et si l’humanité va perdre sa vue sur les étoiles, pourquoi les hyperscaleurs font-ils tant de battage autour des centres de données orbitaux ?

    « La réponse évidente : l’argent, le bon vieux fric. La partie "Elon Musk" de ce projet est franchement géniale, car il détient xAI qui construit les centres de données, SpaceX qui les envoie dans l’espace, et Tesla qui fabrique les panneaux solaires. C’est presque comme s’il se payait lui-même », affirme Dina Genkina, rédactrice en chef chargée de l’informatique et du matériel chez IEEE Spectrum. (Elon Musk est devenu le premier trillionaire de l'histoire.)

    Selon un ancien scientifique de la NASA, les centres de données orbitaux sont « une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens ». Cet ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA a déclaré que les centres de données spatiaux ne sont pas pratiques en raison d'une production d'électricité insuffisante, de problèmes complexes de régulation thermique et des effets néfastes des rayonnements sur les composants électroniques.

    D'après lui, le matériel des centres de données n'est pas adapté à l'espace : « c'est une idée absolument catastrophique qui n'a vraiment aucun sens. Il y a plusieurs raisons à cela, mais elles reviennent toutes à dire que le type d'électronique nécessaire au fonctionnement d'un centre de données, en particulier un centre de données déployant des capacités d'IA sous forme de GPU et de TPU, est exactement le contraire de ce qui fonctionne dans l'espace ».

    Sources : le texte de la pétition (PDF), FCC (PDF)

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Que pensez-vous de la démarche de ces organisations environnementales ?
    La FCC va-t-elle répondre favorablement à cette demande alors que l'IA devient un enjeu de souveraineté ?
    Les experts affirment que les centres de données orbitaux sont une idée catastrophique, mais les milliardaires s'obstinent. Qu'en pensez-vous ?

    Voir aussi

    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

    SpaceX a détruit 260 satellites Starlink en six mois par désintégration atmosphérique, suscitant des inquiétudes environnementales sur leur combustion, alors que la FCC veut les exempter de réglementation

    SpaceX souhaite lancer 100 000 satellites Starlink supplémentaires pour multiplier la bande passante par 100, la contrepartie salée est une aggravation de la dégradation de l'atmosphère et du ciel nocturne

  2. #122
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    Par défaut Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ?
    Est-ce vraiment si difficile de construire des centres de données orbitaux ? L'ambition d'Elon Musk se heurte à l'exigence d'une baisse drastique des coûts et à des défis d'ingénierie considérables

    La faisabilité technique et économique des centres de données orbitaux reste vivement débattue. SpaceX d'Elon Musk ambitionne de déployer un million de satellites alimentés par l'énergie solaire pour supporter les charges de travail de l'IA. Il vise à s'affranchir des contraintes que subissent les centres de données terrestres. Les obstacles incluent la dissipation thermique dans le vide, la protection des composants contre les radiations spatiales et la gestion de la latence entre les appareils. La réussite de ce projet dépendra aussi d'une augmentation sans précédent de la cadence de lancement des fusées Starship et d'une réduction drastique des coûts de transport.

    SpaceX est entrée en bourse le 12 juin 2026, marquant l'une des plus grandes introductions de l'histoire financière, avec une valorisation de plus de 2 000 milliards de dollars. Elle a chuté à 1 700 milliards, en baisse de 25,19 depuis l'introduction en bourse. SpaceX considère les centres de données orbitaux comme sa principale source de valeur future, ambitionnant de lancer une constellation d'un million de satellites en orbite terrestre basse.

    Selon SpaceX, ces satellites seront capables de produire 120 gigawatts pour alimenter des dizaines de millions de processeurs graphiques dédiés au calcul et à l'entraînement des grands modèles de langages. Dans une récente vidéo promotionnelle, Elon Musk et Ian Dahl, directeur de l’ingénierie satellitaire chez SpaceX, ont révélé les projets visant à développer la première version d’un centre de données orbital, baptisé « satellite AI1 » par l'entreprise.

    La vidéo a évoqué les chiffres concernant la taille et la puissance de ce satellite. « Il n’y a pas besoin d’une quelconque magie qui n’existe pas. Une grande partie de cette technologie a déjà été mise au point pour les satellites Starlink V3. En gros, nous ne pensons pas que ce soit un problème extrêmement difficile », a déclaré le PDG Elon Musk dans la vidéo promotionnelle, évoquant le défi colossal que représente la construction des satellites AI1.

    La vision de SpaceX et le scepticisme généralisé dans l'industrie

    Elon Musk et d'autres se montrent enthousiastes face à l'idée de délocaliser les centres de données dans l'espace. Mais certains acteurs de l'industrie restent prudents face à cette annonce. Matt Desch, PDG d'Iridium Communications, a déclaré qu'il y a « des défis techniques considérables à surmonter », et suggère que « cet engouement pourrait davantage viser à doper la valorisation boursière de l'entreprise qu'à répondre à un besoin immédiat ».


    « C’est au mieux une opportunité à très, très long terme, et je me demande si ce débat n'est pas motivé par autre chose que la résolution d'un problème immédiat. Je pourrais bien sûr suivre le mouvement pour essayer, disons, de profiter de cette tendance afin d’améliorer notre valorisation. Mais nous sommes une entreprise pragmatique qui se concentre sur l’obtention de résultats concrets en matière de trésorerie et de croissance », a-t-il déclaré.

    Le sujet a suscité un débat sur la viabilité à court terme de cette technologie, tant en matière de faisabilité que pour savoir s’il ne s’agit pas simplement d’un effet de mode maintenant que SpaceX est cotée en bourse. Pour certains critiques, les centres de données orbitaux relèvent d'une hallucination de l'IA.

    L’une des raisons de déployer des centres de données orbitaux dans l’espace réside dans l’énergie solaire, gratuite et illimitée. D’après le schéma publié par SpaceX, chacun de ses satellites AI1 serait équipé de panneaux solaires couvrant environ 600 mètres carrés, soit environ 1,5 fois la superficie d’un terrain de basket. Ces panneaux solaires produiraient une puissance de pointe de 150 kW et une puissance moyenne de 120 kW pour les calculs.

    « C'est une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », a déclaré un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA. Selon Brian McManus, ingénieur aéronautique, « les milliardaires tenteront de vous jeter de la poudre aux yeux et de vous convaincre que cette technologie est tout à fait pertinente, mais la réalité, c’est que cette technologie est stupide ». Brian McManus évoque les défis techniques majeurs.

    Les défis logistiques et financiers colossaux du projet de SpaceX

    La viabilité de ce projet repose sur des infrastructures et des investissements titanesques. Chaque satellite AI1 pèserait entre 3,5 et 7,5 tonnes, intégrant des panneaux solaires de la taille d'un terrain et demi de basket-ball pour fournir l'énergie nécessaire, ainsi que d'imposants systèmes de refroidissement. Pour déployer cette mégaconstellation, SpaceX aurait besoin de réaliser des milliers de lancements par an à l'aide de sa fusée géante Starship.

    Pour mettre toute cette masse en orbite, il faut une fusée de grande capacité. La fusée Starship V3 aura une capacité de charge utile de 100 tonnes métriques vers l’orbite terrestre basse, mais les ingénieurs de l’entreprise prévoient déjà une version V4 dotée d’une capacité supérieure : 200 tonnes métriques.

    L’idéal pour Starship est la réutilisabilité totale. Les seuls coûts seraient alors ceux du propergol et du personnel chargé de la fabrication et de la maintenance des fusées et des équipements de soutien au sol. Dans une analyse récente, Ars a supposé un coût de lancement idéal de la fusée Starship de 20 millions de dollars, ce qui correspondrait à un coût véritablement remarquable de 100 dollars par kilogramme vers l’orbite basse de notre planète.

    Le poids de l'infrastructure et les coûts s'accumulent rapidement

    Stuart Taylor, consultant dans le secteur des satellites, a déclaré à Ars que SpaceX pourrait envisager d’utiliser un nouveau matériau appelé pérovskite (des rumeurs circulent à ce sujet en ligne) à la place du silicium, ce qui lui permettrait d’obtenir des panneaux solaires beaucoup plus légers. Toutefois, des questions subsistent quant à la stabilité à long terme des pérovskites ; à l'heure actuelle, le silicium reste donc le meilleur matériau pour SpaceX.

    La réussite de ce projet exige donc une réduction drastique des coûts de lancement grâce à la « réutilisation rapide » des fusées Starship. Même dans le scénario le plus optimiste, le coût total de déploiement d'un million de satellites s'élèverait à 1 450 milliards de dollars, impliquant 3 500 lancements par an, et pourrait atteindre près de 1 000 milliards de dollars nécessitant plus de 15 000 lancements annuels dans l'estimation la plus pessimiste :

    • scénario optimiste : capacité d’emport de Starship de 200 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 3,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 20 millions de dollars ;
    • scénario neutre : capacité d’emport de Starship de 150 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 5,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 50 millions de dollars ;
    • scénario pessimiste : capacité d'emport de Starship de 100 tonnes métriques ; masse du satellite AI1 de 7,5 tonnes ; coût de lancement de Starship de 100 millions de dollars.


    Les satellites Starlink d'Elon Musk ont une durée de vie de 5 ans. Arrivés en fin de vie, les satellites se désorbitent et se décomposent intégralement dans l'atmosphère terrestre. Cependant, il arrive que SpaceX perde des satellites lors du lancement ou en raison de phénomènes naturels tels que les éruptions solaires. En février 2022, SpaceX a perdu 40 satellites Starlink, soit 80 % de la charge lancée, en raison d'une tempête géomagnétique.

    En supposant une durée de vie de cinq ans pour les satellites AI1 de SpaceX, la mise en orbite d’une constellation d’un million de satellite, puis son renouvellement au fil du temps, nécessiterait des milliers de lancements par an. Le nombre exact dépend des hypothèses retenues pour chacun des cas ci-dessus :

    • scénario optimiste : 57 satellites AI1 par lancement ; 17 500 lancements au total ; 3 500 lancements par an ;
    • scénario neutre : 27 satellites AI1 par lancement ; 37 000 lancements au total ; 7 400 lancements par an ;
    • scénario pessimiste : 13 satellites AI1 par lancement ; 77 000 lancements au total ; 15 300 lancements par an


    Même dans le meilleur des cas, cela représente 10 lancements par jour. Dans le pire des cas, ce chiffre s’élève à 42 lancements par jour. C'est clairement énorme. L'année dernière, le monde a établi un nouveau record en matière de tentatives de lancement orbital : 329, dont 321 ont atteint au moins une orbite marginale, selon l'astrophysicien Jonathan McDowell. Parmi celles-ci, plus de la moitié, soit 170 tentatives, ont été réalisées par SpaceX.

    Quilty Space a estimé que les satellites Starlink V3, sur lesquels s’appuieront les centres de données orbitaux, coûteraient environ 1 million de dollars. En tenant compte de certaines économies d’échelle, une estimation de 1 million de dollars par engin spatial semble être un scénario optimiste raisonnable, puisque les centres de données orbitaux seront équipés de panneaux solaires nettement plus grands et de matériel informatique coûteux.

    Enfin, il faut compter les systèmes au sol chargés de gérer toutes les données transitant entre l’orbite et la Terre à l’échelle mondiale. Ars a estimé ce coût à environ 100 milliards de dollars pour les trois scénarios. Cela nous amène à nos estimations approximatives du coût d’une constellation d’un million de satellites :

    • scénario optimiste : 350 milliards de dollars de coûts de lancement ; 1 million de dollars par satellite ; coût total de 1 450 milliards de dollars
    • scénario neutre : 1 850 milliards de dollars de coûts de lancement ; 1,5 million de dollars par satellite ; coût total de 3 450 milliards de dollars
    • scénario pessimiste : 7 700 milliards de dollars de coûts de lancement ; 2 millions de dollars par satellite ; coût total de 9 800 milliards de dollars


    C’est une somme énorme, même pour Elon Musk, le premier trillionaire de la planète. Mais SpaceX vient de réaliser l’introduction en bourse la plus lucrative de l’histoire des marchés boursiers. L’entreprise dispose donc de liquidités. Elle en aura simplement besoin de beaucoup plus. Elle a aussi besoin que Starship permette de réduire considérablement les coûts de lancement. Sans cela, rien de tout cela ne semble le moins du monde réalisable.

    Les défis liés aux rayonnements : Elon Musk se montre confiant

    Les rayonnements cosmiques représentent un obstacle technique majeur, bien que l'expérience de SpaceX avec sa flotte Starlink ait prouvé que de nombreux composants informatiques, comme les processeurs et la mémoire, peuvent y résister de manière acceptable. Quant aux puces, l'entreprise prévoit dans un premier temps d’utiliser des puces Nvidia Rubin dans son architecture de base avant de fabriquer ses propres puces de pointe à terme.


    Sam Waldman, physicien ayant travaillé chez SpaceX de 2012 à 2018 sur l’avionique de divers programmes, dont Starlink, a déclaré que les alimentations électriques et d’autres composants sont plus vulnérables aux rayonnements, mais qu’il existe des techniques éprouvées pour remédier à ce problème.

    En 2025, Starcloud a mené des essais approfondis au sol sur un GPU Nvidia H100 avant d’en installer un sur un petit bus de satellite et de le lancer dans l’espace. L’objectif était de déterminer si une puce utilisée dans les centres de données terrestres pouvait résister aux vibrations du lancement et aux rayonnements de l’espace. Selon Philip Johnston, cofondateur et PDG de Starcloud, « jusqu’à présent, la puce Nvidia a donné de bons résultats ».

    D’après les premières données transmises par le vaisseau spatial, il estime que des puces telles que la H100 peuvent être adaptées à l’espace avec un blindage modeste. « La durée de vie sera la même qu’au sol, et on pourrait même avancer qu’elle pourrait être plus longue », a déclaré Philip Johnston. Selon les experts de l'industrie, l'expérience de Starcloud constitue une première donnée utile, mais ne représente pas une conclusion définitive.

    HP a mené des expériences avec des ordinateurs haute performance à bord de la Station spatiale internationale dans le cadre de son programme « Spaceborne ». Google a testé son module de calcul TPU V6e Trillium et a constaté qu’à long terme, les rayonnements ionisants peuvent entraîner des défaillances. Mais l'entreprise a constaté que les appareils devraient pouvoir fonctionner de « manière fiable » dans l'espace pendant environ cinq ans.

    Qu'en est-il du problème crucial de la dissipation thermique ?

    Selon les experts de l'industrie, évacuer la chaleur générée par les équipements informatiques est probablement le plus grand défi technique en orbite spatiale. En l'absence d'air dans l'espace, le refroidissement par convection est impossible, forçant les concepteurs d'équipements à s'appuyer sur le rayonnement thermique, un processus faible qui nécessite de gigantesques panneaux en aluminium et de gros tubes de fluides de refroidissement.

    La NASA s’est déjà attaquée à ce problème à une échelle comparable à celle des projets de SpaceX. Les six radiateurs de la Station spatiale internationale, qui utilisent de l’ammoniac comme fluide de refroidissement, ont une masse totale d’environ 6 tonnes métriques. Ensemble, ils dissipent environ 70 kW de chaleur, ce qui correspond à peu près à ce qu’Elon Musk devrait faire pour le prototype actuel de ses centres de données orbitaux.

    Sam Waldman a déclaré que SpaceX avait acquis une expérience dans la gestion de ce problème grâce à ses satellites Starlink. Starcloud travaille également sur cette technologie. Le PDG Philip Johnston a déclaré que les deux tiers de ses ingénieurs travaillent sur le développement d'un radiateur à faible coût et de faible masse pouvant être déployé dans l'espace. Ce concept s'apparente à la technologie utilisée par la Station spatiale internationale.

    L’un des problèmes pour tirer des conclusions sur le refroidissement, tout comme pour les panneaux solaires géants et la rentabilité des lancements, est que nous ne disposons pas vraiment de points de référence pour des constellations orbitales véritablement gigantesques. L'industrie manque d’exemples concrets permettant de déterminer si le refroidissement de centres de données à grande échelle est réalisable avec la technologie actuelle.

    Les limites imposées par la latence dans les échanges de données

    La latence, c’est-à-dire le temps que mettent les données pour se déplacer d’un point à un autre au sein d’un système, est un facteur critique dans tout problème informatique. Sans surprise, elle joue un rôle prépondérant dans l’efficacité d’un centre de données orbital, en particulier lorsque ces satellites sont séparés par des dizaines ou des centaines de mètres (voire de kilomètres) tout en collaborant sur des charges de travail distribuées.

    Selon les experts de l'industrie, en l’absence de données précises sur la taille de chaque satellite, sa puissance de calcul embarquée et la distance qui le sépare de ses voisins, il convient de ne pas formuler trop d’hypothèses. L'on peut néanmoins partir du principe qu’une constellation orbitale de satellites effectuant des tâches similaires à celles d’un centre de données sera davantage affectée par la latence qu’un centre de données terrestre.

    Si les calculs liés à l'inférence en IA peuvent s'adapter à cet environnement, l'entraînement de modèles complexes exige une synchronisation ultrarapide qui pourrait être lourdement entravée par la distance kilométrique séparant les différents satellites. De plus, la latence entre les stations au sol et l'espace rendrait ces installations totalement inadaptées pour des tâches interactives ou des services comme les jeux vidéo en streaming.

    La latence, tant de satellite à satellite que du sol vers l’espace, constitue un problème pour les centres de données orbitaux, mais son importance dépend de la capacité à adapter avec soin ses problèmes de calcul au support utilisé. Il s’agit d’un obstacle qui peut signifier que certains types de charges de travail ne sont pas adaptés, mais ce n’est pas un obstacle insurmontable qui fait échouer le concept même des centres de données orbitaux.

    Pour conclure, cette analyse optimiste suggère que bien qu'il n'y ait pas de barrières physiques infranchissables, la concrétisation des centres de données orbitaux de SpaceX d'Elon Musk (ou de Starcloud) exigera la résolution de problèmes d'ingénierie majeurs et des milliers de milliards de dollars d'investissement.

    La force du mythe installé par Elon Musk face à la réalité

    Selon les analystes de Wall Street, si l'on en juge par Tesla, le constructeur de véhicules électriques dirigé par Elon Musk, les fondamentaux économiques de SpaceX ne devraient pas constituer un facteur déterminant. La valorisation astronomique de Tesla repose depuis longtemps sur les promesses d'un robot humanoïde polyvalent et d'un avenir dominé par la conduite autonome, alors que le chiffre d'affaires réel de l'entreprise est resté bien en deçà.

    L'introduction en bourse de SpaceX ne propose pas aux investisseurs particuliers une entreprise génératrice de profits immédiats, mais plutôt le rêve d'un futur lointain qui n'existe pas encore. Bien que les avancées technologiques de l'entreprise en matière de fusées et de satellites soient indéniablement impressionnantes, les experts affirment que le véritable talent d'Elon Musk réside avant tout dans sa capacité à forger des mythes et à vendre du rêve.

    « Les fusées et le réseau de communication par satellite de SpaceX, tout comme les voitures électriques de Tesla, sont certes des réalisations impressionnantes », a souligné Richard Waters du Financial Times dans un récent article. « Mais le véritable génie de Musk réside dans sa capacité à créer des mythes ».

    Conclusion : une idée développée pour le lever des capitaux

    La construction de centre de données dans l'espace n'est pas juste une idée de science-fiction : de nombreuses entreprises clés (Google, Starcloud, SpaceX, etc.) étudient très sérieusement la possibilité de déployer des clusters de calcul dans l'espace afin d'exploiter efficacement l'énergie solaire et de réduire potentiellement les coûts liés aux centres de données. Cette approche leur permettrait également de contourner les réglementations sur Terre.

    Les centres de données orbitaux relèvent d'une promesse technologique séduisante, mais largement irréaliste sur le plan économique et technique. Le coût de lancement, même avec la baisse des tarifs grâce aux fusées réutilisables, reste colossal comparé à la construction d'un centre de données terrestre.

    Les arguments avancés par les promoteurs masquent des obstacles majeurs comme la maintenance quasi impossible en orbite, la vulnérabilité aux radiations et aux débris spatiaux, et la latence de transmission des données vers la Terre. Le calcul économique ne tient que si l'on ignore ces coûts cachés, ce qui suggère que le projet sert avant tout à générer un récit futuriste capable de lever des fonds, plutôt qu'à résoudre un vrai problème industriel.

    Cela fait écho à une dynamique bien connue dans la technologie : l'annonce de ruptures technologiques spectaculaires (informatique quantique, fusion nucléaire et maintenant centres de données spatiaux) sert souvent à capter l'attention des investisseurs et à justifier des valorisations déconnectées de la réalité opérationnelle. L'idée de centres de données orbitaux vient renforcer la bulle de l'IA et permet aux différents acteurs de lever des capitaux.

    En surfant sur l'engouement pour l'IA et le besoin réel de capacité de calcul, ces projets profitent du battage médiatique sans avoir à démontrer une viabilité économique, ce qui alimente le soupçon qu'il s'agit davantage d'un outil de communication financière que d'une feuille de route industrielle sérieuse.

    Et vous ?

    Quel est votre avis sur le sujet ?
    Pensez-vous que les centres de données orbitaux seront un jour une réalité ?
    Que pensez-vous de l'analyse ci-dessus ? L'industrie est-elle capable de relever les défis d'ingénierie ?
    Une constellation de 1 million de satellites pourrait engloutir plus de 1 000 milliards de dollars. Ce projet est-il viable même à long terme ?

    Voir aussi

    « Vanter les centres de données orbitaux relève d'une psychose induite par l'IA ». Cette idée catastrophique portée par Elon Musk est moins une révolution qu'un argument marketing pour lever des fonds

    « Les centres de données dans l'espace sont une idée catastrophique, horrible et mauvaise. Ils ne fonctionneront pas », affirme un ancien spécialiste en électronique spatiale de la NASA

    SpaceX d'Elon Musk veut lancer un million de satellites pour les centres de données IA. Voici comment cela pourrait affecter l'atmosphère et le ciel nocturne : l'encombrement orbital est un désastre en attente

  3. #123
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    Une constellation de 1 million de satellites pourrait engloutir plus de 1 000 milliards de dollars. Ce projet est-il viable même à long terme ?
    Je pense que Musk mène une campagne de communication efficace.
    Nous avons commencé par des articles disant que c'est un fantasme irréalisable nous commençons à avoir des scénarii optimiste, neutre, et pessimiste.
    Aujourd'hui le scénario optimiste est que SpaceX est capable de concevoir et lancer ce genre de satellite. Pas de leur poids, leur couts ou leur quantité.
    Musk fait encore ce qu'il fait de mieux enfumer les gens et lever des fonds.

  4. #124
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  5. #125
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    Le monde actuel si Elon Musk était en capacité de tenir toute ses promesses :
    Je ne suis pas sûr de ça.
    Je pense que Musk a chassé une utopie à une époque (quand il se prenait pour un ingénieur) mais qu'il n'est maintenant qu'un leveur de fond sur base de mensonges.
    Au milieu de ses mensonges il est bien obligé de respecter certains de ses engagements avec plus de retard que n'importe quel projet d'envergure.
    L'image serait ce qu'il vend mais la toile de fond serait bien plus grise.

  6. #126
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    Il manque la billetterie pour ceux qui voudraient passer leur vacances sur Mars

  7. #127
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    Je ne savais pas que l'espace, en fait l'orbite de la terre était le 51ème état américain et que il était sous l'autorité des USA. C'est la destiné manifeste la volonté de dieu que ça appartiennent aux USA. Et surtout qu'ils décident de le poluer ou pas. je fais du mauvaise esprit de l'anti-américanisme
    Consultez mes articles sur l'accessibilité numérique :

    Comment rendre son application SWING accessible aux non voyants
    Créer des applications web accessibles à tous

    YES WE CAN BLANCHE !!!

    Rappelez-vous que Google est le plus grand aveugle d'Internet...
    Plus c'est accessible pour nous, plus c'est accessible pour lui,
    et meilleur sera votre score de référencement !

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